‹ Dictionnaire historique et biographique des géneŕaux FrancaisChapitre 8 sur 12 · TH · texte numérisé non relu

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MONNET de Lorbeav (Louis-Claude, baron), lieutenantgénéral, naquit à Mongar, dans le Poitou, le 1" janvier 176U. 11 entra au service, dans l'arme de l'infanterie, en 1793, et fut fait capitaine de la compagnie franche du département des Deux-Sèvres, le 28 mai de la même année. Il devint, le 25 décembre 1795, chef du 1" bataillon dit le fengeur, formé des volontaires nationaux du même département. Il fit, en ces deux qualités, les campagnes de

I 7!)-"« 1 ro i e t 1795, à l'armée de l'Ouest; se distingua au combat de Hague; fit prisonnier le chef royaliste Charette, dans la forêt de Gatlard, et soumit 60 communes de la Vendée. Nommé chef de la 3 1* demi-brigade d'infanterie de ligne, le 20 juillet 1796, il commanda ce corps à l'armée du l\ h in et d'Helvétie, pendant les campagues de 1796 et 1797, sou9 les ordres des généraux Moreau et Schauembourg. A l'affaire de Sion, dans le Haut Valais, il traversa le torrent de la Morge,à la tête des grenadiers de sa demi- brigade,tourna un pont, fraya un chemin à l'armée française alors tenue en éçhec, et prit d'assaut la ville de Sion. Employé à l'armée d'Italie, pendant les années 1798, 1799, 1800, j 801 et i8ca,il se distingua d'une manière particulière à la bataille de Bussolingo, livrée le 26 mars 1799. Dans cette journée, le chef de brigade Monnet se porta, avec 3 compagnies de grenadiers, sur le pont de bateaux de l'Adige; coupa la retraite aux Autrichiens, et leur fit 4000 prisonniers.

II déploya dans cette action un sang-froid et une intelligence digues des plus grauds éloges, et qui lui valurent le grade de général de brigade,auquel il fut promu sur le champ de bataille. Il commanda ensuite la citadelle de Mantoue, et se lit de nouveau remarquer par sa belle défense pendant le siège de cette forteresse. De l'armée d'Italie, il passa à celle dirigée contre le Portugal. Créégénéral de division, le 3o août 1804, il fut employé à l'armée de Hollande et obtint le commandement supérieur de Flessingue et de l'île de Walcheren (i5* division militaire). Il avait été créé commau-

. daut delà Légion-d'Honneur, le 14 juiu 1804. Il fut chargé, au commencement de l'année 1809, de mettre Flessingue à l'abri de toute entreprise de la part de l'Angle-

terre, qui faisait alors les préparatifs d'un armement considérable que l'on prévoyait être destiné contre la Hollande. Effectivement, le 29 juillet, à 8 heures du matin, le géné. ral Monnet reçut l'avis de l'apparition d'une flotte anglaise, formée en 3 divisions et se dirigeant sur 3 points de l'île deWalcheren. 11 fit ensuite toutes les dispositions convenables pour repousser l'ennemi, dans le cas d'un débarquement. Le 3o juillet , à 5 heures et demie du soir , l'ennemi effectuai décente au Breezand, etdébarqua environ 18,000 hommes, qui furent bientôt après suivis de 12,000 autres. Une demi -heure après le débarquement, la fusillade s'engagea ; et, dans un instant, l'attaque devint générale. La grande supériorité de l'ennemi , le feu extraordinaire des vaisseaux, et l'évacuation du fort de Haack par les troupes hollandaises laissèrent à découvert la droite des troupes du géuéral Monnet, qui n'avait sur ce point que 1 5oo hommes à opposer aux ennemis. À la nuit, le général Monnet ordonna la retraite, et les troupes vinrent prendre position sur la route de Flessingue, derrière le Watergam, près de Middelbourg. Le 3i , l'ennemi ne s'occupa que de reconnais* sances. Le 1" août, les Anglais attaquèrent sur tous les points, et leur grande supériorité força encore les Français , à la retraite; mais, malgré tous les efforts de l'ennemi, le général Monnet maintint ses avant - postes à 35o toises de la place de Flessingue. Le même jour, le général Monnet fit commencer une coupure sur la digue de Ramhens , afin d'iuonder le pays , aussitôt qu'on aurait perdu l'espoir de recevoir des renforts suffisants pour repousser l'ennemi, et de le contraindre de se rembarquer. Du i<r au 6, il n'y eut que quelques engagements d'avant- postes, plus ou moins vifs; et, dans cet intervalle, le général Monnet reçut 2900 hommes de renfort. Le 7, les Anglais avaient étroitement bloqué l'île deWalcheren. De ce moment, tout espoir d'être secouru, soit de France, soit de la Hollande, fut interdit au général Monnet. Il fit alors ouvrir la coupure d'inondation, et l'on commença la manœuvre des vannes de la place. Cette manœuvre fut continuée jusqu'à la reddition de l'île; mais le calme cqnstaut de la mer, et plus malheur

, reusement encore le vent ayant toujours élé contraire Jusqu'au 14 août, Pinondation ne produisit pas l'effet qu'on» en attendait. Le même jour, 14 août , le général Monnet fit faire une sortie pour reconnaître la force, les ouvrage» et la position des assiégeants : il s'ensuivit une action qui fut très-chaude. Le 1 1, vers quatre heures de l'après-midi, 10 frégates anglaises forcèrent le passage de l'Escaut, en faisant un feu des plus vifs, de concert avec quelques batteries de terre, qui lancèrent en même temps sur la ville un grand nombre de fusées incendiaires. Le i3, à midi , l'ennemi démasqua toutes ses batteries, armées de 58 pièces de siège , de gros calibre , et commença sur la ville , avec les 10 frégates, et un grand nombre de canonnières, brûlots et bombardes, un feu terrible, qui dura jusqu'au lendemain soir à huit heures. Vers cinq heures et demie de l'après-midi do même jour, et pendant le plus fort de l'action , l'infanterie ennemie fit une vigoureuse attaque sur tous U-s avant -postes français; et, protégée par les batteries de terre et de mer, elle força le générai Monnet de se replier jusqu'au vieux Flessingue. Le i4> à neuf heures du matin, 7 vaisseaux de ligue vinrent se joindre aux 10 frégates, bricks, bombardes, galiotes et canonnières. Tous ces bâtiments, de concert avec les batteries de terre, firent un feu croisé qui enfilait les ouvrages de la place dans toutes les directions. Plus de 1 100 bouches à feu, tirant à la fois sur Flessingue, y portèrent la destruction et la mort. Au commencement de l'action , l'artillerie française riposta assez vigoureusement , malgré l'étonnante disproportion de ses forces; mais en très-peu de temps beaucoup de pièces de la place furent démontées ; quantité d'affûts très-vieux furent brisés et plusieurs mortier» mis hors de service. Enfin, les batteries françaises furent réduites ausilence le plus complet, par le feu de l'immense artillerie anglaise. Le feu prit au principal magasin à poudre de la place, et ce ne fut qu'après beaucoup d'efforts qu'on parvint à l'éteindre. La manutention fut consumée, ainsi que plusieurs édifices publics : le feu prit dans tous les quartiers de la ville, et il fut d'autant plus impossible

H 'en arrêter les progrès qne les pompes étaient dé! miles, et que la plupart des pompiers avaient été tués ou blessés. Le général Monnet n'ayant pas reçu les premiers parlementaires qui lui avaient été envoyés par les Anglais, et ayant mal accueilli plusieurs députai ions de la municipalité de Fiessiogue qui venaient le solliciter de mettre fin aux horreurs du siège, la désolation , le découragemeut, et le m écoulement furent poussés au plus haut degré. A huit heures du soir, le i4> les Anglais cessèrent leur feu , et envoyèrent de nouveau un parlementaire sommer la ville de se rendre. Sur le refus formel du général Monnet , le bombardement recommença avec plus de fureur, et dura jusqu'au lendemain i5. L'ennemi envoya ce dernier jour un troisième parlementaire. Les Anglais avaient embossé leurs vaisseaux à un quart de portée de canon devant tous les fronts de la place, et principalement à l'entrée de» deux ports, marchand et militaire. Ils menaçaient de forcer ces ports, ce qu'ils pouvaient exécuter d'un moment à l'autre sans beaucoup d'obstacles, étant protégés par des moyens tels, que leur emploi était encore sans exemple ; l'ennemi était même parvenu à placer une machine infernale à la chatne du port marchand, sous la protection de sa marine ; le feu de la place était entièrement éteint par celui des 1 100 bouches à feu de l'ennemi; le mur- du baslion n° 1 était en partie écroulé; les premiers postes de l'ennemi du côté de terre étaient à i5 toises de la flèche de Plallendyck; il n'y avait plus d'affûts de rechange, et pas bne seule chaloupe armée ne pouvait être opposée à la nombreuse marine des Anglais. Il ne restait au général Monnet que 2988 hommes en état défaire le service, et se composant de conscrits, la plupart étrangers : cette faible troupe avait affaire à une armée de 5o,ooo combattants; les hôpitaux étaient dans an état déplorable : les plus grands excès se commettaient dans la place, malgré les vigoureux efforts que le général en chef faisait pour les réprimer. Enfin tout espoir de secours était perdu , et une plus longue résistance ne pouvait qu'entraîner la ruine totale de la place et la perte inutile d'une garnison qui , malgré ses efforts, ne pouvait relarder que de

quelques heures la prise de Flessingue. Par toutes ces considérations, le général Monnet, après avoir pris l'avis du> conseil de défense , se détermina à capituler. Après de grands débats entre les commissaires respectifs, la capitulation fut enfin signée et ratifiée , le 16 août, à une heure du matin (1). Le général Monnet fut fait prisonuier de guerre avec les troupes qu'il commandait. Après cinq ans de captivité, le général Monnet rentra en France, le r mai 181 1 , par suite de réchange général des prisonniers de guerre, conclu entre la France et PAngleterre, lors de la restauration du trône des Bourbons. S. M. Louis XVIII le créa chevalier de Tordre royal et militaire de Siiiut-Louis, le i3 août de la même année. Il fut d'abord classé parmi les lieutenants-généraux en demi-solde , et on l'admit ensuite au traitement de disponibilité, par lettre ministérielle* datée du 3o décembre 1818. Il est mort eu 1819 (2). (Etats et brevets militaires, Moniteur, annales du temps.) ' ,

(1) Nous avons sous les yeux un état très-détaillé des forces françaises aux ordres du général Monnet et de celles de l'armée anglaise, commandée par le général Châtam et l'amiral Strachan. 11 en résulte que les troupes françaises ne s'élevaient qu'à 6865 hommes, et qu'elles n'avaient pas un seul vaisseau, ni aucun autre bâtiment de guerre pour appuyer leurs opérations de défense. Les Anglais avaient employé au siège de Flessingue 4* vaisseaux de ligne, 28 frégates, 84 corvettes, bricks, bombardes, etc. , et i5uo bâtiments de transports, au total i655 roi Je*. Leur armée de débarquement était forte de 5o,ooo hommes. En com. parant ces forces si disproportionnées, on ne peut s'empêcher d'être étonné que les Français aient pu faire une résistance opiniâtre pendant 17 jours.

(a) Les auteurs des Victoires et conquêtes des Français, ceux de la Biographie des hommes vivants et quelques autres historiens, ont avancé que Buonaparte, mécontent delà reddition de Flessingue, avait ordonné la réunion d'un conseil de guerre, et que le général Monnet y fut déclaré coupable de lâcheté et de trahison , et coodamné à mort par contumace : ce sont autant d'erreurs matérielles. Aucun conseil dp guerre ne fut assemblé, et il n'y eut de nommé par Napoléon qu'un conseil d'enquête, qui n'entendit que de* témoins à charge, ayant des intérêts opposés à ceux du général Monnet. Celui-ci, absent, ne put réfuter les accusations de ses ennemis; et ce conseil, au lieu de rechercher le»,

• de MONSPEY (Louis- Alexandre-Elysée, marquis), comte tt'Arginy, lieutenant-général et grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, naquit le loaoût 1733. Placé, en qualité de page, auprès de la personne de Mgr. le dauphin, fils de Louis XV, ce prince lui donna une lieutenance dans son régiment de cavalerie, puis lui fit obtenir une compagnie dans le régiment Royal -Normandie. Il commanda cette compagnie, et ensuite une autre qu'il avait obtenue, en i?58, au régiment de Poly cavalerie, dans toutes les campagnes de la guerre de sept ans , à la suite de laquelle it fut nommé chevalier de Tordre royal et militaire de Saint- Louis. Il avait eu plusieurs occasions de donner des preuves de courage dans le cours de cette guerre, et avait reçu deux blessures à la bataille de Minden, le 1" août 1709. Rentré en France, avec l'armée, le marquis de Monspey fut placé, le 3o mars 1566, en qualité d'officier

moyens de justification , fit un rapport rempli de prévention» défavorables au général. Le général Monnet n'a point été jugé, quoiqu'il ait pendant 5 ans sollicité son échange et son renvoi en France, pour y faire examiner sa conduite et se justifier. 11 n'était et ne pouvait être contumace, puisqu'il était prisonnier de guerre en Angleterre.

Les auteurs des Victoires et conquêtes ont rectifié ces erreurs dans l'errata placé à la page 71 de leur XXVe volume.

Ils ont aussi reconnu la fausseté d'uoe inculpation grave qu'ils avaient fait peser sur le général Monnet, lorsqu'à la page 260 de leur XIX- volume, ils avaient dit de lui : « L'enquête a prouvé qu'il exerçait un mo- • nopole scandaleux sur l'exportation des eaux-de-vie, etc. •

La réclamation faite à ce sujet par M le chevalier Monnet de Lorheau, fils du général, insérée dans le Moniteur du 27 août 1821, et rapportée dans le XXV« vol. des Victoires et conquîtes, pag. 72, 73 et 74, démontre la fausseté de l'inculpation précitée, qui d'ailleurs se trouve détraite de fond en comble, par une lettre que le ministre de la marine, Decrès , adressa au général Monnet, sous la date du i5 décembre 1806. Les dons volontaire* que le général Monnet recevait des armateurs iiollandais, pour n'être pas troublés dans le commerce interlope par lequel ils expédiaient leur genièvre sur les côte* anglaises; ces dons, dirons-nous, étaient à la connaissance de Napoléon, qui en autorisait le recouvrement , et qui en faisait employer le produit au paiement des frais dispendieux de l'espionnage qu'il entretenait dans les trois royaumes de la Grande-Bretagne.

supérieur exempt des gardes-du-corps du roi, compagnie écossaise; reçut le brevet de mestre- de-camp, le 3i mars 1769; fut nommé aide-major de cette compagnie, le 27 mars 1773 ; enseigue , le 3j mars 1774» lieutenant breveté, 2e 1" janvier 1776; puis lieutenant en pied, le 5o mars 1781.' 11 fut oréé brigadier de cavalerie, le 5 décembre de la même année; commaudant d'escadron des gardes-du-corps, en décembre 1784» «l maréchal-dé- camp, le 9 mars 1788. Avaut l'époque de la convocation des états - généraux , il avait été nommé, par Louis £VI, membre de l'assemblée provinciale de la province de Lyonnais, et président du département de Beaujolais. £11 1789, il fut élu président de l'assemblée de la noblesse de Beaujolais, et ensuite député de son ordre aux états -généraux. Il accompagna les princes dans l'émigration, et réunit à Coblentz la presque totalité des gardes et des officiers de la compagnie écossaise, que son rang de chef d'escadron et de maréchalde-camp l'appelait à commander. Il fit, avec les princes, la campagne de 179a, terminée par les Prussiens, après l'affaire de Walmy, et dont l'issue devint si funeste aux intérêts de la cause monarchique. Les princes ayant quitté 'armée, le duc de Gramont les suivit, et le marquis de Monspey resta chargé du commandement des gardes-ducorps. Il accompagna le comte de Glairfait dan» sa belle retraite du Brabant. Arrivé à Insberg, au pays de Liège, Je marquis de Monspey reçut l'ordre de licencier les gardes-du-corps ; après quoi, il se retira à Dusseldorff, où il demeura pendant l'hiver de 179a et l'année J793. En 1794, 1 eut le commandement d'un régiment de cavalerie noble, de 400 hommes, qui ne fut composé, tant en officiers que cavaliers, que des gardes-du-corps, et servit, à la tête de ce régiment, sous les ordres de Mgr. le prince de Coudé. Lorsque l'année se rendit en Pologne, le marquis de Monspey eut l'honneur, à Blanckembourg, de présenter à Sa Majesté Louis XTIII son fils unique, le comte Louis de Monspey, lequel, ayant émigré avec son père, avait fait avec lui toutes les campagnes. Le roi le reçut avec bonté, nomma le comte de Monspey capitaine de cavalerie, et

donna au marquis de Monspey une place de commandeur de Tordre royal et militaire de Saint-Louis. Quand le corps du prince de Condë se joignit à l'armée du général Suworow, le marquis de Monspey eut un commandement dans la cavalerie noble, sous les ordres immédiats de Mgr. le duc de Berry. Le corps de Coudé , après la retraite des Russes en Pologne, se joignit à l'armée autrichienne; et, après la suspension d'armes de Léoben , qui fut suivie de la paix, en 1800, la cavalerie noble fut envoyée en Styrie, et cautonnée sur la Save jusqu'à l'époque de son licencie* ment, opéré au mois de mars 1801. Rentré en France, après son fils, et sur les instances de S. A. R. Mgr. le duc de Berry, le marquis de Monspey refusa d'être employé avec sou grade daos le corps des gendarmes d'élite; mais il accepta, à la sollicitation du préfet du département du Rhône, les fonctions de maire de sa commune (Villefrauche-sur-Saône). Il fut ensuite appelé au conseil- général du département , dont il se trouvait président à l'époque de la restauration. Il reprit alors sa place dans les gardesdu- corps; et, quelque temps après, son grand âge lui ayant fait demauder au roi la permission de se retirer chez lui, S. M. lui accorda sa retraite, et le nomma lieutenantgénéral de ses armées , et grand'eroix de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, le 24 juin 1814. Le marquis de Monspey est décédé au mois d'avril 182a, à l'âge de 88 ans, dont 69 avaient été pansés au service. {Etats et brevets m*litaires , Moniteur, Histoire généalogique des pairs de France et des grands-dignitaires de la Couronne, par le chevalier de Cour celles y tom. IL)

vjl MONTAGNAC, voyez Gm».

N M ONT Al (ili ou MONTACU (Joachim Louis) , mcomte de Beaune, naquit le 22 septembre 166a, et fut d'abord connu sous le uom de marquis de Bouzols. Après avoir servi dans divers grades, depuis Te 16 février 1677, il ful crée brigadier, par brevet du 29 janvier 170a. Il obtint le grade de maréchal-de-camp, le 10 février

fil. 58

1704, et mourut le iG septembre 1746. {Chronologie milita irv , tout, l^pag. 634.) *

de MONTAIGU (Joseph) , comte de Bouzols , fils du précédent , entra aux mousquetaire» , en iG85. Il fui créé brigadier des armées du roi, le 29 mars 1710, et maréchal -decamp, le 1" février 1719. Il mourut, le 10 août 1740, à l'âge de 75 ans. [Chronologie militaire , tom. VLll, pag. 66.)

de MONTAIGU, voyez Basset.

de MONTALEMBERT d'Essey (Audré), commandant d armée 1 n'était âgé que de 12 ans, lorsqu'il accompagna André de Vivonne, sénéchal de Poitou, dont il était page, à l'expédition de Naples, eu 1 A la journée deFornoue, le 6 juillet de la même année, il combattit avec valeur auprès du sénéchal, qui l'introduisit bientôt après à la cour du comte d'Angoulême (depuis François Ier). Il eut l'honneur de faire avec ce prince ses exercices, et de se trouver à toutes ses fêles militaires, tournois et courses de bagues. Il y avait acquis une si grande réputation, que le comte d'Angoulême, devenu roi, le choisit, en i520, ainsi que deux autres gentilshommes, pour soutenir, avec lui, entre Ardres et Guines, en présence du roi d'Angleterre, l'effort des quatre plus fortes lances qui se présenteraient. La campagne du Piémont, en 1 535, fournit à d'Essey les occasions de se signaler. Il y commanda 1000 chevau-légers. L'empereur mcnaçantTurin, d'Essey se jeta dans cette ville pour la défendre, et n'en sortit qu'eu i536, pour emporter Ciria par escalade. Le roi s'étant emparé de Landrecies, on prévit que l'empereur verrait avec peiue cette clef du Hainaut entre les mains des Français. Ce motif engagea à la fortifier, et d'Essey, alors lieutenant de la compagnie de 5o hommes d'armes du duc de Montpeusier, en fut nommé lieutenant de roi, cl eut ordre de la mettre en état de défense. Les fortifications n'étaient point encore achevées, lorsque l'empereur eu forma le siège, avec 5o,ooo hommes. La faiblesse de la place, le peu de troupes qui en formaient la garnison, une large brèche, existant au corps de la place ,

et enfin une armée. formidable, composée de toutes les forces d'Espagne, d'Allemagne, d'Italie, d'Angleterre et de Flandre, rien de tout cela n'étonna dEssey. Inspirant à sa garnison le courage dont il était animé, il osa tenter de fréquentes sorties, et les fit toujours avec succès. Il pénétra un jour jusqu'à une batterie, et en enleva une pièce, qu'il fit rouler dans le fossé. Son intrépidité déconcerta l'empereur, qui craignit d'exposer ses troupes aux dangers d'un assaut, et qui se flatta d'emporter par famine une place qu'il désespérait d'avoir de vive forée. Depuis trois mois et demi, d'Essey tenait en échec la nombreuse année de l'empereur, et sa garnison, dépourvue de vivres, ne se soutenait plus que par une fermeté héroïque., lorsque le roi, instruit de l'extrémité des assiégés, vint à leur secours, donna le change à l'empereur, ravitailla Landrecies, et en tira d'Essey avec sa garnison. Les soldats étaient pour la plupart estropiés, et d'Essey était blessé. Sa vigilance continuelle pour la défense de la ville ne lui avait pas permis de se faire panser. Le roi récompensa toute cette garnison, embrassa le brave d'Essey, et le fit gentilhomme de sa chambre. En i54t>, d'Essey eut le commandement du fort d'Oulreaii, dont les Anglais tentèrent inutilement de se rendre maîtres. D'Essey conserva ce poste, malgré leurs efforts, et malgré les ravages que la peste fil parmi les troupes de la garnison. Par pouvoir du a8 avril 1 548, d'Essey , alors capitaine de 5o hommes d'armes, fut fait lieutenantgénéral commandant l'armée que le roi envoyait en Ecosse. Il arriva à Dumbard, le 18 juin, et son premier soin fut de faire passer en France la jeune reine Marie, âgée de 6 ans, destinée à épouser le dauphin. l{ entrepris le siège d'Hadingtou et le poussa vivement; mais le duc de Sommerset, ayant gagné un des espions de d'Essey, jeta 200 hommes dans la ville. Les troupes écossaises s'étant retirées, à peine restait-il fioo hommes à d'Essey, et le duc de Sommersct crut le moment favorable pour forcer le camp des Français. D'Essey* qui soupçonna son dessein, dem in ta du secours à la reine douairière d'Écosse ; et, en ayant obnu, il marcha aux ennemis, les prévint, les battit, les mit

en fuite, et fit 2000 prisonniers, parmi lesquels se trouvait le général de la cavalerie anglaise. Les Anglais «'étant remis en campagne, avec 20,000 hommes , d'Essey fut contraint de lever le siège d'Hadingtou. Quelques jours après, la garnison de cette place en sortit pour insulter les Français : mais d'Essey lui tua 5oo hommes, et culbuta te reste dans les fossés. Pendant qu'il fortifiait le petit Lith, il reçut un renfort de 4 compagnies d'infanterie française. Il chassa les Anglais de Gedburg, prit d'assaut le château de Ferni herit, se saisit de Cornouaille, deTifetde Furid. Les Anglais s'étant emparés de l'Ile aux Chevaux, d'Essey forma le dessein de la reprendre. II y aborda avec des peines infinies, repoussa les Anglais , attaqua le château, et le prit. Le gouverneur ayant été tué, le butin fut distribué aux soldats. Après cette action, il remit le commandement général à de Thermes, qui avait été nommé pour commander à sa place. De retour en France, le roi lui donna le collier de son ordre, en i54<), et le gouvernement d'AmbJeteuse. Cette place venait alors d'être emportée d'assaut , et le soldat furieux se disposait au meurtre et au pillage. Les dames anglaises implorèrent la protection du nouveau commandant : celui-ci les garantit de toute insulte. En i555, le roi lui confia le commandement et la défense de Térouanne. Il y entra, avec 5o hommes d'armes, 200 hommes de cavalerie légère, et 2 compagnies d'infanterie. La place était forte, mais mal pourvue de munitions de guerre» Elle fut attaquée, et bientôt 5o,ooo coups de canon y firent une brèche de 60 pas. D'Essey soutint 3 assauts pendant dix heures; au troisième assaut, étant ton fours sur la brèche, il vit un officier espagnol s'avancer bien au-delà de sa troupe : d'Essey appela cet officier, et ils allaient commencer un combat corps à corps, lorsqu'un arquebusier français tua l'Espagnol. Au même instant, un soldat espagnol fit feu sur d'Essey et le tua. La mort de ce maréchal entraîna la perle de Térouanne, qui fut prise par assaut, le 20 juin 1 553. (Chronologie militaire, tom, l,pag. 201; le président Bcnault, le Fer e Daniel, Vie de d'Essey, dans les

m» cisrÉmAvx français. 4^»

Hommes illustres de l'abbt Péraultf tom. XIII, pu g. 398,

de Tlwu, édition de 1 734, tom. /.)

de MONTALEMBERT, voyez Tbyonde MONTARAND, voyez Brenier.

l»f MONTAUT-BENAC (Philippe), marquis , puis ^«c d* N a\f ailles ^ pair et maréchal de France , naquit en 1619, et entra, à l'âge de 14 ans, dans les pages du cardinal de Richelieu. Devenu enseigne au régiment de la Marine, en i638, il servit, la même année , et en 1659, à plusieurs sièges et prises de places. U fut blessé à l'attaque des lignes d'Arras par les Espagnols. Après le siège de cette place , on le fit capitaine au régiment de la Marine. Nommé meslredc-camp d'un régiment d'infanterie de son nom, le 20 février 1641, il servit à l'armée d'Italie, s'y distingua dans plusieurs affaires, et fut blessé à la prise de Trin , en 1643. Il servait, en 1644, sous le prince Thomas, lorsque le projet d'assiéger Final ayant été abandonné, il eut ordre de se retirer du faubourg où il était posté : cette retraite était difficile. Cependant le marquis de Navailles l'exécuta, à la tête de 1000 hommes, quoiqu'il fût obligé de passer par des défilés, et qu'il lût harcelé par les ennemis depuis trois heures du matin jusqu'à sept heures du soir. Il reçut, pendant cette retraite, un coup de mousquet; mais il perdit peu de ses gens , et sauva le bagage : la retraite fut de cinq lieues. Créé mestre- de-camp d'un autre régiment d'infanterie de son nom, le 4 février 1645, il se démit de celui qu'il avait, en faveur de son frère. Il marcha en Catalogne, au siège et à la prise de Roses , le ao^mai , et vint ensuite servir en Flandre au siège de Lens. On le fit sergent de bataille sur la fin de cette campagne. Au siège d'Orbitello, que les Français levèrent, en 1646, il défendit un fort construit à 1000 pas de la ville , pour empêcher le secours de ce côté -là. Au combat de BozoSo , il se trouva opposé aux Espagnols avec 6' régiments d'infanterie nouvellement levés , qui plièrent à la première charge. Navailles, se mettant alors à la tête de sa cavalerie, chargea deux

/j6j MCTÏOWAIRF. HISTORIQUE

fois les ennemis, perdit d'abord son canon, mai* le reprit et conserva un rideau qu'il avait à sa droite. Il avait été soutenu par />oo Suisses du duc de Modène, dont il ne resta qu'un sergent et 5o soldats. D'Estrades , qui commandait en chef, n'ayant pu joindre les Espagnols à cause d'un défilé qui était devant lui, rallia sa cavalerie, et la mena pour la troisième fois à la charge; la plupart des officiers- furent tués, et cette cavalerie se retira au trot. Il se mit alors à la tête d'une compagnie de gendarmes qui vint à son secours; mais 6 escadrons allemands et un bataillon espagnol marchèrent droit à lui. Pour soutenir d'Estrades, le marquis de Navailles détache 20 gendarmes qui chargent le bataillon; et, avec le reste de la compagnie, il s'avance à 5o pas des Allemands, qu'il arrête tout court par cette manœuvre. Sur ces entrefaites, i5o mousquetaires se joignent à lui, et bordent une hauteur qui le favorisait : sa cavabrie, qui s'était retirée, se remet eu bataille; ce qui donna à Navailles le moyen d'attendre jusqu'à la nuit la fin d'une action commencée depuis huit heures du matin , et dans laquelle , avec 25oo hommes , il avait essuyé le feu de 9000. Les ennemis ayait fait leur retraite, Navailles fit aussi la sienne. Les Français consternés étaient résolus d'abandonner leurs quartiers; mais Navailles , qui pensait plus généreusement, voulut se maintenir dans le sien, et demanda 5oo hommes d'augmentation choisis dans les troupes qui n'avaient point combattu : on les Jui accorda. Les ennemis campèrent à Saint-Martin, à une demi- lieue de sou quartier; et, le trouvant hors d'insulte, ils se retirèrent. Leur éloignement rendit Navailles maître de 3o lieues de pays, où ses troupes eurent pendant G mois tout ce qu'elles pouvaient souhaiter. Créé inaréchal-de-camp , par brevet du 1" août 1647, il servit en cette qualité dans l'armée de Lombardie, sous le duc de Modène. En 1648 , on rappela d'Italie le comte d'Estrades, qui, par ordre de la cour, hissa le commandement des troupes au marquis de Navailles. Celui-ci les réunit toutes à Gazai-Major. Les Espagnols, supérieurs en force, entreprirent de l'y attaquer, ou de lui couper les vivres, et se saisirent do deux

îles qui lui donnaient la communication avec l'état de Modène. Dans cet état de choses, plusieurs officiers opinaient pour la retraite, et voulaient brûler les bagages, et jeter les canons dans le Pô. Le marquis de Navailles n'avait que 5ooo hommes de pied et 5ooo chevaux à opposer au marquis de Caraccène, qui commandait une armée de 11,000 hommes. Navailles, comptant sur la valeur de se9 troupes, et flatté de se voir à la tête d'une armée, à l'âge de 25 ans , prit le parti de combattre le général ennemi. Il avait déjà reconnu le terrain, et choisi le champ de bataille, lorsqu'il reçut une lettre du maréchal du Plessis, qui lui mandait que dans douze jours il le joindrait avec 6ooo hommes , et qu'il ne hasardât rien. Navailles se retrancha, et amassa des vivres. Pendant que 8oo hommes escortaient un de ses convois, il se mit à la tête de 5oo chevaux, s'approcha de l'arrière-garde des Espagnols, qui marchaient à Vigevano , et les engagea dans une escarmouche, à la faveur de laquelle son convoi passa. Le maréchal du Plessis l'ayant joint avec 4ooo hommes, ils se disposèrent à l'attaque des retranchements espagnols, près de Crémone. Le marquis de Navailles commença l'attaque, le 3o juin. Les lignes étaient trèsélevées ; l'eau du fossé le rendait de difficile accès; aussi les troupes furent tellement effrayées au premier coup d'oeil, qu'elles se tenaient sur les bords du fossé, sans oser aller en avant. Navailles descend alors de cheval , et travaille à combler ce fossé : pour éloigner la cavalerie ennemie, il coule son infanterie le long du parapet, et charge un régiment allemand qu'il fait plier. Il passe ensuite, à la tête d'une compagnie de gendarmes, tombe hur les ennemis, et les bat. Les autres attaques ayant aussi heureusement réussi, les Français, au lieu de suivre le gros des ennemis, donnèrent la chasse aux fuyards. Le marquis.de Navailles, avec 4 escadrons, s'aperçut bientôt qu'il n'était point soutenu. Il était alors en présence du marquis de Caraccène, qui , à la tête de 4 escadrons, ménageait la retraite de son infanterie et de ses bagages. Pour ne point donner au général espagnol le temps de reconnaître sa faiblesse, Navailles tombe sur lui si brusquement,

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quil renverse son arrière - garde. Ce fut alors qu'il prit le lieutenant-général don Galéas de Strolzy. Le maréchal du Plessis étant survenu aveu quelque cavalerie, on poussa les Espagnols jusque dans Crémone. Au siège de cette place , le marquis de Na vailles emporta la contrescarpe ; et, malgré 4°<>o Espagnols qui la défendirent, il y fit et y conserva un logement. Quatre jours après, allant visiter les postes, il reçut un coup de mousquet, qui lui perça le cou , et lui cassa le bout des vertèbres. On le porta à Plaisance, d'où il se rendit à Paris. Il servit à l'armée devant Paris, en 1649, ROUS ,cs maréchaux du Plessis et de Gramont. Il obtint le gouvernement de Bapaume, par provisions du 4 mars i65o, et le régiment d'infanterie qui y tenait garnison, sur la démission du chevalier deTilladet, par commission du 1 1 du même mois. Créé lieutenant-général, et employé à l'armée de Flandre, commandée par le maréchal du Plessis, par pouvoir du 20 septembre, il servit au siège et à la prise de Relliel, ainsi qu'à la défaite des Espagnols près de celte place. Il eut un régiment de cavalerie de son nom, à la mort de Georges Blintz, par commission du ?,.">. Il fut nommé gouverneur et sénéchal de Bigorre , sur la démission de son père. On le fit gouverneur de Niort, sur la démission de son beau-père, le 19 février i65i. II servit dans l'armée de Flandre, sous le maréchal d'Ammont , qui s'opposa aux progrès des Espagnols, Détaché avec un corps de troupes, en 1612, il se posta au-delà du canal de Briare pour convrir l'armée du roi, commandée par les maréchaux de Turenne et d'Hooquincourt. Il conduisit l'avant garde de l'armée, lorsque le vicomte de Turenne marchait à Villeneuve-Saint-George, pour attaquer le duc de Lorraine, qui consentit à sortir de France. Le vicomte de Turenne, ayant suivi M. le prince de Condé, passa la rivière de Seine. Le marquis de Navailles, qui commandait l'avant-garde composée de 9 escadrons de cavalerie étrangère, arriva à la pointe du jour à l'entrée du faubourg Saint-Denis, chargea t'arrièregarde des ennemis, la poussa dans le faubourg et lit plusieurs prisonniers. Il s'avança ensuite avec 5 escadrons, tomba

sur les rebelles, au faubourg Saint- Antoine, en tua un grand nombre, et en prit plusieurs. Le prince de Condé ayant rangé ses troupes en bataille à la (été de ce faubourg, Navailles rangea aussi les siennes dans un fond; puis il attaqua et emporta une barricade. Le prince de Condé voulut la reprendre; mais ses troupes furent repoussées avec perle. Le régiment Mcstre-dc-Camp cavalerie ayant passé la barricade, soutenue de quelque infanterie, fut renversé par 4 escadrons des ennemis, et l'infanterie, qui suivait pris la fuite. Le marquis de Navailles, avec le régi* nient de Turenne et un détachement de celui de Picardie, renversa à son tour tout ce qu'il rencontra ; s'assura par là de la barricade , et se mit en état de soutenir les efforts du prince de Condé. Un gros corps d'infanterie et tous les volontaires de l'armée de ce prince donnèrent contre la bar* ricade à trois reprises différentes ; mais Navailles les repoussa toujours II se disposait à une dernière charge, qui aurait entraîne la perte totale des troupes du prince, lorsque les Parisiens ouvrirent la porte Saint-Antoine : ce combat se donna le 2 juillet. Le marquis de Navailles fut fait lieutenant de la compagnie des chevau-légers de la garde, sur la démission du comte de la Vauguyon, par commission du 3o mai 1 653. Il se démit alors de son régiment de cavalerie, et suivit le vicomte de Turenne à la prise de Kethel et de Mouzon. Il investit, le 22 octobre, la ville de Sr.-Ménéhould, qui se reudit, le 26 novembre. A l'attaque des lignes d'Arras, le 25 août i654, le marquis de Navailles, qui commandait les premières troupes, mit pied à terre, et obligea les Enfants-Perdus qui s'arrêtaient sur les trous de marcher à l'angle qu'il avait dessein d'enlever. Il plaça les bataillons daus les lignes abandonnées par les Espagnols; éloigna par un grand feu 4 escadrons qui étaient en bataille; ouvrit les passages avec ses pionniers , et mit en bataille i5 escadrons et 5 bataillons. Le marquis de Navailles devint duc et pair de France, après la mort de son père, par lettres de confirmation données à Paris > au mois de septembre. On licencia le régiment d'infanterie , qui tenait garnison dans Dapaume, el dont il était meslre-de-

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camp, à la fin de la campagne. En i655, il escorta le roi clans son voyage de Flandre. En i656, il commanda les gendarmes el toute la maison du roi. Chargé, au mois de juillet, d'escorter un convoi qui était à Guise, et qu'on destinait au camp du vicomte de Tureune devant Valenciennes, il le conduisit heureusement, quoiqu'il fût obligé de passer à une demi-lieue du camp des ennemis. Il accompagna le roi au siège de Montmédy, qui se rendit le 6 août 1657. Il fut nommé ambassadeur extraordinaire vers les priuces d'Italie, et commanda l'armée d'Italie, sous le difc de Modène , en 1608. Voulant passer le Pô , il détacha 1000 mousquetaires el 1000 chevaux, avec de petits bateaux, à l'insu des ennemis; ces premières troupes étant arrivées sur la rive opposée , il fit revenir les mêmes bateaux pour le passage des autres troupes, et se saisit d'une église située sur le bord du fleuve. Quatre mille chevaux ennemis vinrent pour le reconnaître , mais n'osèrent l'attaquer, et le reste de l'armée passa le lendemain sur un pont auquel on avait travaillé en diligence. Le comte de Fuensaldague , s'étant porté sur le chemin de Marignan à Milan , s'y retrancha. Le marquis de Navailles l'attaqua, emporta 3 barricades, fit beaucoup de prisonniers, el tua 4oo hommes. Il forma, le a5 août, le blocus de Morsac, qui se rendit le 25. Après la prise de cette place, on s'empara de tous les postes occupés par les Espagnols aux environs de Valence, et de Ja province de Lomeline. Le duc de Modène étant mort, le 14 octobre, le marquis de Navailles commanda l'année eu chef, jeta un secours de 800 hommes dans Borscilo, et mit ses troupes en quartiers d'hiver, au mois de décembre. Il obtint, par brevet du 6 avril 1659, la survivance de la compagnie des chevau-légers de la garde pour son fils aîné. Il y eut, le 8 mai, une suspension d'armes, qui fut suivie delà paix des Pyréuées, signée le 7 novembre. Nommé gouverneur cl lieutenant-général du Havre-de-Grâce, sur la démission du duc de Richelieu, par provisions données à Fontainebleau, le 20 juillet 1661, il prêta serment, le 26, et se d£mit alors du gouvernement de Bapaume. On le créa

chevalier des Ordres du roi, le 5i décembre. Il se démit, le 3o juillet 1664, de la compagnie des chevau-légers de la garde, et le 1" août du gouvernement du Havre. On le nomma pour commander en Aunis, à Brouage , et à la Rochelle, avec les appointements de gouverneur (le gouvernement était vacant), par pouvoir donné à Paris, le 12 septembre i665. Il fut fait gouverneur de Lourdes, sur la démission du maréchal d'Albret, par provisions du 25 mars 1668. Nommé lieutenant-général commandant les troupes auxiliaires envoyées en Candie , par pouvoir du 2avril 1669, il y débarqua à la tête de 5oo Français, et attaqua, te 25 juin, les Turcs dans leurs tranchées devant Candie. Il les avait déjà chassés de deux redoutes, lorsque le feu prit à un magasin de poudre, de bombes et de grenades, dont les éclats tuèrent plusieurs soldats; les autres, persuadés que le terrain était miné, prirent la fuite. Le duc de Navailles , pour leur donner le temps de se reconnaître, revint à la charge avec quelques troupes qu'il avait; mais les Turcs, qui s'étaient retirés sur les montagnes, témoins du désordre qui régnait dans les rangs français, en profilèrent, et attaquèrent avec impétuosité. Le duc de Navailles tenta inutilement de rallier ses gens; et le nombre des Turcs se multipliant à chaque moment , il fit sa retraite, après aVoir perdu 800 hommes. Désespérant de sauver Candie, il se rembarqua, le 20 août, pour conserver ce qui restait de 8000 hommes que le roi y avait fait passer eu différents temps, et en laissa seulement 3oo dans la ville. Il commanda sur les frontières de Bourgogne, de Champagne, de Lorraine et d'Alsace, par commission du 27 avril 1673. Il se démit alors du commandement de l'Aunis. Il chassa les ennemis de Beaune et du faubourg de Dijon. Il eut un pouvoir du 20 novembre, pour traiter de la neutralité de la FranoherComté ; mais il n'y réussit point. En 1674 , il se saisit, en Franche-Comté, de la ville et du château de. Saint-Amour, des châteaux de Laubcspine, de Beaufort, de Mornay. Il passa l'Ognon à un gué qu'il avait découvert, dans le dessein de prendre les ennemis par-derrière, pendant que son in-

fanterie passait sur un pont volant. Les ennemis s'étant retirés à Gray, il attaqua Pesme* défendu par 35o hommes d'infanterie et 3oo dragons, qui se rendirent à discrétion. Il euleva ensuite 200 hommes dans un château entre l'Ognon et le Doux, marcha à Gray, et repoussa la cavalerie ennemie: dans cette affaire, il fut blessé de plusieurs coups de mousquet. On ouvrit la tranchée malgré l'inondation ; et après cinq heures de combat , il se rendit maître du chemin couvert. La place se rendit à discrétion, le 28 février, et on y prit 1600 hommes d'infanterie, 400 chevaux , et 600 dragons. Vesoul ouvrit ses portes , le 10 mars , à la première sommation, et Lons-le-Saulnier se soumit aussi. Il investit ^ le a5 avril , la ville de Besançon , qui se rendit au roi le i5 mai : la citadelle capitula le 21. Dôle se soumit le 6 juin. Le duo de Navailles suivit le prince de Condé en Flandre, combattit sous lui à Senef , le 1 1 août , et y commanda la droite de la cavalerie. Ayant chargé une partie des ennemis, postés sur une hauteur, 5 escadrons vinrent à lui, pour l'attaquer en front et en flanc. Le duo de Navailles partagea alors sa cavalerie en deux troupes, et renversa les 5 escadrons ennemis. Repoussé à son tour par 7 autres qu'il rencontra , en poursuivant les premiers, il revint plusieurs fois à la charge , et les battit avec l'aide des gendarmes et des chevau-légers de la garde. Grée maréchal de France, par état donné le 3o juillet 1675, il eut le commandement de l'armée du Roussillon , par pouvoir du i" décembre. En 1676, il conserva Bellegarde que les Espagnols tentèrent de surprendre. Il eutra dans Figuières que les ennemis abandonnèrent à son approche , et y mit garnison. Le roi ayant tiré de son armée de Roussillon 4000 hommes pour les envoyer en Sicile, ce qui restait de troupes prit des quartier d'hiver. Les Espagnols n'étant séparés de l'armée française que par un ruisseau, le firent passer, le 1" juillet 1677, Par 5 escadrons et 7 bataillons. Le marquis de Navailles les repoussa au-delà de ce ruisseau. Attaqué, le 4, à Espouilles par le marquis de Monterrey, il battit ce général espagnol , qui , après un combat de cinq heures , se retira avec perte de 0000 hommes tués ou bles-

ses, et de 700 prisonniers. Le maréchal de Na vailles prit Puycerda , le 28 mai 1678. La paix fut conclue à Nimègue le 17 septembre suivant. Nommé gouverneur, premier gentilhommcs de la chambre et surintendant des finances de M. le duc de Chartres, au mois de mars i683, il conserva ces charges jusqu'à sa mort, qui eut lieu à Paris, le 5 février 1 684- ( Chronologie militaire* tom. III ,pag. 7; Mémoires du Pèred'Avrigny, Hist. milit.de M. de Quincy, Bauclas , Anquetil> Biographie universelle, ancienne et moderne, tom. XXX, pag. 6o4).

dbMONTBARTHIER, voyez d'àstorc.

de MONTRAS , voyez Bàrthoh.

db MONTBAZON, voyez de Rohaw.

de MONTBERON ( Jacques ) , maréchal de France , servit dans les guerres de Gascogne , et se trouva au sacre de Charles VI, en i38o, en qualité d'homme d'armes. Il suivît ce prince dans l'expédition contre les Flamands, en i58a. H passa l'année suivante en Angoumois , étant alors capitaine de i5 hommes d'armes. Il fut nommé sénéchal d'Angoulême, par lettres du 9 août i386; servit dans ce pays, sous le maréchal de Sancerre , et passa , en 1387, en Gascogne, sous le même maréchal, avec lequel il continua de servir les années suivantes. Il entra depuis dans le parti bourguignon. On le fit maréchal de France, par nouvelle création , sous la régence du duc de Bourgogne, dont il était chambellan : sou état est daté du 27 juillet 14 18. Il prêta serment, en cette qualité, au parlement, le 26 septembre suivant. On le destitua, sous la régence du roi d'Angleterre, par lettres données à M eaux , le 22 janvier 1422. il mourut en 1422. {Chronologie militaire , tom. Il, pag. i5o; l'abbé le Gendre, Bauclas , Histoire des Grands- Officiers de la Couronne , Moréri. )

de MONTBOISSIER-BEAUFORT (Guillaume) ,marouù de Canillac , lieutenant-général, obtint un régiment de ebevau - légers, en i635. Il fut créé marécbaMc-camp,

le 20 novembre 1648, et lieutenant-général, le 10 juillet

i652. (Chronologie militaire y tom. IV, pag. 1^2.)

de MONTBOURCHER, voyez du Bordage.

de MONTCHATV voyez de Babbntiw.

de MONTE BEL LO, voyez Labres.

MONTEJEAN (René), maréchal de France, commandait les troupes françaises dans le Milanais, lorsqu'en i563, il les mena, toutes fatiguées qu'elles étaient , contre un ennemi très-supérieur en forces. Les ayant postées dans un lieu désavantageux, elles furent défaites et lui-même fut fait prisonnier de guerre. Il eut la même destinée à Pavie, en i525. Il servit, sous Lâutrec, en i528, au siège de Pavie, qu'on emporta d'assaut. Il présida, au nom du roi, aux états de Bretagne, assemblés pour la réunion de cette province à la couronne : elle se lit par lettres-patentes du 21 septembre i555. Montejeau, oubliant alors la dignité et la modération qui convenaient au caractère dont, il était revêtu , pensa par des saillies indécentes, faire échouer une négociation, qui exigeait les ménagements d'une prudence éclairée. Il partit, au commencement du mois de mars i535, avec d'Anncbaut , pour se saisir du Pas-de- Suze , et commanda dans cette expédition un corps de 12,000 hommes d'infanterie. Turin ouvrit ses portes, le 5 avril, et Chivas se rendit aussi. Les deux commandauts français passèrent la grande Doire, repoussèrent le marquis de Marignan, qui leur en disputait le passage, et se rendirent maîtres du Piémont. Charles- Quint menaçant alors d'entrer dans le royaume de France, Montejeau eut ordre de laisser garnison dans Turin, dans Fossauo et dans Coni seulement, et de ramener le reste des troupes en France.. L'empereur marchait effectivement, au mois d'août j 536, pour assiéger Marseille. Le roi avait défendu d'engager aucun combat ; niais Montejean, croyant pouvoir surprendre les ennemis, s'approcha de l'avant-garde impériale, à la tête de 5 00 hommes de pied et de 1 jo chevaux, et lui doun<v

l'alarme au moment où elle décampait de Fréjus. Cependant Ferdinand deGonzague, qui commandait cette avantgarde, suivit Montejean, l'atteignit entre Brignolet le Luc, et tailla sa troupe en pièces : Montejean y demeura prisonnier. Le roi lui accorda le gouvernement et la lieulenancegénéraledu Piémont, sur la démission de Jean d'Huinières, par provisions données à Pignerol, le 29 novembre 1 557. Il lut pourvu de sa charge de maréchal de France, devenue vacante par la promotion du maréchal de Montmorency à la dignité de connétable : son état, donné a Moulins, est du 10 février i538. 11 était alors chevalier de Tordre du Roi. Il mourut en Piémont, au commencement de septembre 1 55q, et non pas à la fin de i538, comme l'annoncent l'Histoire des Grands- Officiers de la Couronue, l'Histoire de la maison de Gondy, et le Dictionnaire des maréchaussées (1). (Chronologie militaire, t. II , p. 229; Dupleix, Mézeray , Histoire de France, du Pire Daniel; Dictionnaire des Maréchaussées, Histoire des Grands-Officiers de la couronne, Histoire généalogique de la maison de Gondy , tom. II. )

de MONTÉ LÉGIER, voyez de Bernon.

de MONTESQUIOULASSERAN Massencùme-de Montlcc (BlaiseJ, seigneur de Montluc, maréchal de France, naquit au château de Montluc vers l'an i5o2.La maison à laquelle il appartenait était d'une branche de celle d'Artagnan-Montesquiou, l'une des plus illustres de la Guienne. Il était l'aîné de 6 enfants qui n'avaient en patrimoine qu'un faible revenu. 11 fut page d'Antoine, duo de Lorraine, jusqu'à l'âge de 16 ans. 11 entra alors au service comme simple sol-

(1) Le maréchal de Montejean, tout brave guerrier qu'il était, n'avait pas les capacités nécessaires pour commander une armée. Il ne sut jamais ni bien connaître ses forces, ni se précautionner contre celles des ennemis. Emporté par un premier mouvement que la présomption faisait naître, et que le génie ne dirigeait point, il fut battu, presque aussi souvent qu'il attaqua.

«Lit, brusqua la fortune , et ne dut son élévation qu'à sa conduite et à sa valeur. H servit, sons André de Foix-derEsparre, qui reprit, en i5ai, toute la Navarre, et la reperdit en aussi peu de temps qu'il en avait mis à la conquérir. Il combattit, en i5aa, à la Bicoque, aux côtés d'Anne de Montmorency. Lautrec. s'étant enfermé, en i5a3 dans Bayonne, alors menacée par les Espagnols, détacha, pour aller reconnaître les ennemis, 100 gendarmes et quelques compagnies d'infanterie, dans l'une desquelles Montluc avait obtenu une enseigne : le capitaine Carbon commandait toute la troupe. Ils arrivèrent jusqu'à un quart de lieue de Saint-Jean-de-Luz , sur une colline bordée par un ruisseau étroit et profond. Carbon descend de la colline avec 4o chevaux et les 100 gendarmes, s'approche du camp ennemi, et brave, pendant une heure entière, les Espagnols par le son redoublé de ses trompettes. Surpris do l'inaction des ennemis ou de leur lâcheté, Carbon revenait sur ses pas, lorsque 3 de ses cavaliers lui apprirent que l'armée ennemie venait fondre sur lui. Carbon culbuta les premiers qui l'attaquèrent ; mais ils furent bientôt remplacés par de nouveaux escadrons, et la perte de Carbon sembla alors inévitable. L'infanterie française apercevant du haut de la colline l'extrême péril de son commandant, se contentait de s'appitoyer sur sa triste destinée; mais une compassion aussi stérile n'était poiut du goût de Montluc, qui pensait plus généreusement. Il engage alors 100 fantassins à le suivre, passe un ruisseau , jette 20 hommes sur une de ses ailes, avec ordre de coucher les ennemis en joue sans tirer, afin de les tenir par-là dans l'inquiétude, et d'avoir lui-même le temps de fondre sur eux avec plus de succès. A la première charge, Montluc abat 5o chevaux, et jette le désordre parmi les ennemis; Carbon et sa cavalerie en profitent, pour traverser le ruisseau. Montluc, seul avec son détachement, à l'entrée de la plaine, et ayant en tète 800 chevaux des ennemis, court vers une petite éminence escarpée au-delà du ruisseau, et, à la faveur d'un feu terrible qu'il fuit, se place derrière un large fossé. L'ennemi cherche alors un gué : Montluc de son côté s'avance vers

DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. ^-j

le camp; maig les ennemis le suivent, et retardent sa marche. Sur ces entrefaites, un corps d'infanterie se joint à ta cavalerie ennemie. Montluc, déjà couvert par le fossé, se couvre encore d'un marais qu'il rencontre, et marche sans risque pendant un quart de lieue. Au sortir de la tète du marais, il se jette successivement dans plusieurs vergers fermés de haies, et enfin dans un cimetière environné de murailles. La cavalerie et l'infanterie ennemie l'investissant aussitôt, il ne lui restait de libre qu'une issue qui aboutissait à une rue de village. Montluc, doublant le pas, se précipite dans une rivière, et gagne le pont de l'autre côté de celle rivière, où Carbon avait laissé quelques cavaliers pour le soutenir. Ses archers n'ayant plus de flèches, et ses arquebusiers étant sans poudre, Montluc leur fil mettre l'épée à la main. Son intrépide opiniâtreté finit par rebuter les ennemis, qui reprirent le chemin de leur camp. A la vue de Carbon et de ses gendarmes, presque tous démoulés ou blessés, le maréchal de Laulrec demanda ce qu'était devenu Montluc, et Carbon répondit qu'il s'était sacritié , et s'était perdu pour sauver la gendarmerie. Il parlait encore , quand Montluc parut avec toute sa troupe. Lautrec le reçut avec la distinction que méritait le service qu'il venait de rendre, et lui donna, peu ^de temps après, une compagnie de 3oo hommes de pied : Montluc était alors à peine âgé de 20 ans. Le roi ayant réformé, en i5i4, quelques troupes de celles qui étaient en Guienne, Montluc se ressentit de I» réforme. Il redevint volontaire dans l'armée qu'Anne de Montmorency conduisit en Provence contre le connétable de Bourbon. Il combattit avec beaucoup de valeur à la bataille de Pavie , le i\ février i5a5, et y fut fait prisonnier. On le renvoya sans rançon, parce qu'on savait qu'il était hors d'état de la payer. Le brave Montluc rentra alors dans la maison paternelle, aussi peu riche qu'il en était sorti. Il reçut, en 1 5*7, une eommission de capitaine de 800 hommes, et suivit Lautrec en Italie. Employé au siège d'Ascoli, en iSftfr, il y fut blessé au poignet, à l'épaule et au bras, et resta étendu sur la brèche sans connaissance. Ses gens, le croyant mort,

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