TOME I
ALBUTIUS.
voulu dire que Scévola fut mêle dans sunt libelli , dicehat in Albano funle procès de concussion qui fut inten- dum situm pasiionibus semper vinci a te à Albutitis ; et tellement raèlé , que villa , agrum enim miniis dena millia
de sa condamnation devait résulter la iustification d'Albutius. Je suppose , selon cette conjecture , que Scévola plaida sa cause à la charge d'Albutius,
reddere , villam plus t^icena (25).
Il n'est pas vrai que Lucilius se soit moqué d'Albutius, comme d'un homme qui mêlait des mots grecs avec son
et que de là est venu qu'il a passé latin : Charles Etienne n'a pas pris le pour l'accusateur. Je suppose qu'il se sens de ce poète : il s'est imaginé que tira pleinement d'affaire , ce qui ser- le ;t*'P« appartenait à Albutius j ce-
.. 1 ;i: — j'AiK..4;„o Tû „.,„ pendant, c'est à Scévola et à ses gens
qu'il le faut donner. Messieurs Lloyd et Hofman n'ont point corrigé ces deux fautes. Prenez bien garde que je ne prétends pas nier qu' Albutius ne mêlât du grec à son latin. 3°. Ce que Charles Etienne , Lloyd et Hofman supposent est très-incertain , que le père de l'empoisonneuse Canidia soit le même Albutius dont il est parlé dans la IF. satire du II*, livre d'Ho-
vit à la conviction d'Albutius. Je suppose , outre cela , que ce dernier se
servit des registres du crieur Gra-
nius , pour convaincre Scévola , et
que sa preuve fut Jugée insuffisante.
Granius fut très-aise de l'absolution
de Scévola , et en fut raillé , comme
s'il se fût réjoui que les juges n'eussent
eu aucun égard à ses livres ou à ses
procès verbaux. Voici les paroles de
Cicéron: Bellaetiam est familiaris re-
prehensioquasierrantiSfUtquiimobjur- race. M. Dacier croit que ce sont deux
gat'it AlbiMS Granium , quàd quùm Albutius (36). 4°. Ces trois auteurs de . F I • 7j-. ^/i.,.;„ — /.„ Dictionnaires se trompent lorsqu'ils
prennent l'Albulius de la II*. satire du II*, livre d'Horace pour un avaie fiefle. Nous verrons bientôt que cela est faux. 5°. M. Moréri se trompe
auand il s'imagine que l'Albutius ont Cicéron parle au commencement du /'''". livre des Fins , n'est pas le même que celui dont il fait mention au 1". livre de la Nature des Dieux , et au V*. livre des Questions Tusculanes. 6°. Il n'est pas vrai qu'Horace dise qu'il y avait un Albutius, le plus avare de tous les hommes , qui avait accoutumé de châtier ses domestiques avant qu'ils entreprissent ce qu'il leur commandait , de peur , disait-il, qu'il n'oubliât de le faire s'ils oubliaient de se bien acquitter de ce qu'il leur commandait. M. Moréri , qui donne tout ce discours à Horace, a été trompé par Charles Etienne , encore que ce dernier n'attribue pas formellement à Horace ce petit conte. Voici tout ce que dit Horace sur ce sujet :
Mundus erit, qui non offendet sordidus , atque In neulrain partein cultùs miser. Hic neque
servis Albutî senis exempta , dum munia didil , Sœvus eiil : neque , sicut simplex Nœvius ,
unclatn Convivis prœbebil aquam (27).
ejus îabulis quiddam Albutio probatum uideretur, et valdè absoluto Scœvold gauderet , neque intelligeret contra suas tabulas esse judicatum (-il).
Si l'on voulait d'autres preuves de l'inimitié d'Albutius et de Scévola , je pourrais dire que Lucilius a introduit Scévola se moquant du style d'Albutius (22). Je voudrais bien savoir d'où le père Proust a pris que la colère de Lucilius contre notre Scévola venait de l'amitié qu'il avait pour Albutius , contre lequel Scévola avait plaidé (23) ? Si Lucilius était ami d'Albutius , il a vérifié la maxime , qu'un railleur préfère ses railleries à ses amis (24) ; car nous avons vu comment ce poëte satirique se divertissait aux dépens d'Albutius.
(F) Les Dictionnaires ne sont pas ici exempts de fautes. ] 1°. Charles Etienne prétend que Varron a parlé de noti'e Titus Albutius j et cela , comme d'un poète qui avait fait des satires à la manière de Lucilius , Luciliano stylo. Mais , quand on consulte Varron , on trouve qu'il a parlé d'un Lucius Albutius : Nonne item L. Albutius , homo ( ut scitis ) opprimé doctus , cujus Luciliano characlere
(31) r.icero, lib. //, de Oratore, cap. 70. (22) Voyei ci-déssous la remarque (G). (i3) Proust. Comment, in usum Delphini ia Cicéron. de Orat. , lib. /, num. 72.
(24^ Dwnmod'o rituin
F.xcuiialsibi, non hic cuiquam parcel amico . Horalii Sat. IF, lib. /, vs. 34.
(25) Varro de Ke Rusticâ , lib. III, cap. II
(26) Dacier , Kemarq. sur la Satire /". du II'. livre , pag. l{0.
(27) Horal. Salir. // , lib. II, vs. 65.