‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 101 sur 158 · ALCA · texte numérisé non relu

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Il établit que la véritable propreté n'est point outrée , et qu'elle s'éloigne, non -s uleinent de la saleté, mais aussi d'une exactitude trop scrupuleuse et 'rnp recherchée (28). S'il avait vu le soin excessif et servile que l'on prend de la netteté des maisons en quelques endroits de Hollande , il aurait nommé cela une fausse propreté.

Albutiiiset Nœviussont les deux exemples (|u'il apporte de l'extrémité vicieuse : le premier est Texeniple du trop de façon ^ le dernier est l'exemple du trop peu (.le façon. Quelques interprètes ont pris le cliang ■ : ils ont pris Nœvius pour un prodigue , et Albutius pour un avare (2g). Mais peutêtre ne s'agit-il point là d'avarice et de prodigalité : peut-être ne s'agit-il que de propreté et de malpropreté.

Ce dernier défaut est joint quelquefois avec la dépense superflue, il y a des gen-i prodigues , et en habits , et en meubles , et en repas , qui cependant ne passent point pour se mettre bien , ni pour donner aux ornemens de leurs chambres un arrangement bien entendu, ni pour avoir une bonne table.

Quoi qu'il en soit, Ali)utius n'est point ici un exemple d'avarice. Je finis par observer que la barbarie d'Albutius pour ses esclaves n'est pas une chose que M. .Moréri ait forgée : il l'avait lue dans son patron (3n) : mais il n'a point su que la source en est dans un ancien scoliaste : Asper in exigendd à si'igulis impensi ratione castigandoque , adeo ut seri^os nortnumqu'ani castigaret prlUs et cœderet quant peccdssent , dicens uereri se ne cîim peccdssent , cœdere tune ci non vacaret (Si).

(G) Je ne crois pas que ce soit le même que celui dont Horace parle. ] Nous venons de voir que l'Albutius d'Horace était d'une exactitude outrée , qu'il ne pardonnait rien à ses domestiques , qu'il voulait que l'un fît précisément ceci , et l'autre cela , et qu'il entrait là-dessus dans un détail pédantesque. Celui , dont parle Lucilius , qui afj'ectait si fort en tut la politesse et l'élégance des Grecs

(28) Voyei M. Dacier , sur ce passage.

(29) Le vieux Commentateur, Lambin, Cru- •juius , elc. , d. 1.

(30) Cbarles Etienne.

(3i) Yelus Commenlator ia Horat. d. 1.

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qu'il voulait passer pour Grec (32) , était justement taillé pour fournir l'exemple dont Horace avait besoin 5 car tout homme qui affecte les manières des pays étrangers , y mêle je ne sais quoi de forcé et d'exorbitant qui fait passer la chose dans le ridicule.

Voyez ce que font certains provinriaux SI souvent joués par Molière , à l'égard des modes qu'ils ne savent jamais tenir dans le milieu. J'ai de la peine à croire qu'Horace ait amené sur la scène Albutius le Grec, l'Albutius de Lucilius ; mais je ne trouve pas si étrange que Torrent ius ait cru cela. M. Dacier aimo mieux dire que l'Albutius d'Horace était fils de celui de Lucilius. Je crois que l'afiTectation d'Albutius pour le grec regardait le langage principalement , où l'on sait d'ailleurs , par les railleries de Lucilius , qu'il aimait un artifice trop étudié : Collocationis est componere et struere verba , sic ut neue asper eorum concursus , neque hiulcus sit , sed quodammodo coagmentatus et Icet^is.

In quo leptdè soceri (33) persona lusit is qui elegantissimè id facere potuit , Lucilius ,

Quàiii le pidèlexeis composlœ , ut lesserulce

onines jltle, pavimenlo , al<]ue emblemale vermicu-

lato.

Quœ ciim dirisset in Alhutium illudens , etc. (3^). Ces vers de Lucilius représentent une certaine espèce d'écrits qu'on pourrait nommer un ouvrage de marqueterie , un ouvrage à ia mosaïque.

(32) Voyez M. Dacier , Remarques sur la Satire I''. du II'. livre d'Horace.

(33; Mutius l'augure : d ou nous apprenant que Lucilius le faisait quelquefois parler dans ses Satires.

(34; Cicer. de Oratore, lib. III, cap. 43. Vojez aussi son Orator. , cap. 43 et seq.

ALCASAR (Louis de) , jésuite espagnol («) , naquit à Séville , l'an 1554. II entra chez les jésuites , l'an 1 569 , malgré la résistance de sa famille , qui possédait de grands biens. Après avoir régenté la philosophie , il enseigna la théologie à Cordoue et à

(n) On Va fait Portugais dans /Index Je TApocalypse de M. de Meaux. (Bos.suet.)

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