‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 108 sur 158 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

(F) Sa Inanité l'empêcha de dt venir plus habile.'] C'est le sentiment de Pierius Valerianus : Non displicuisset mihi, dit-il [l'i] , Alcjonius, si quantum stflo profcceral , timicorum consilium de rtbus adliibere woluisset, qui nisi ipsimet sibi tantum armgdsset

futuius oinninô fuerat è primonbus[ niuUam enim Grœcis , Latinisque litleris opérant impendtrat et diiciplinis ^ariis oblectatus eral.

(G) Sa médisance lui attira beaucoup d'ennemis.] Ecoutons encore le même témoin : Is eo primitm injclicitnlis incoiumodnflagellatus est, quôd diintde lilteratis omnibus inalè sentit dicacissimd omnes obtrectatione lacerabiit, undè omnium tant doctorum quant imperitorum in se odium concildrat.

Voyez ci-dessous la remarque (K;,

(H^ Le supplément de Moreruie faut rien sur cet article ] 1°. On n'a pas pris garde que ï'Algmnus des Anecdotes de M. Varillas est une chimère des copistes. 11 y avait sans doute Alcionius dans l'original de ces Anecdotes , et par conséqut-nt il ne fallait pas distinguer de Pierre A t cyonius , que Moréri a\ait fort bien placé au XVl^. siècle, le prétendu Algionius.

Cela me fait souvenir que Claude du Verdier, page 73 de sa Censura in omnes penè auctores , dit que Petras Avionius a marqué beaucoup de fautes dans le livre d'Apulée de Itlundo.

L'errata corrige AAonius par Alcioniiis. Néanmoins on a cité Ai^ionius dans la page 56 du Plngiariorum Srl- /aèwi, imprimé à Amsterdam, en i^g^, avec les Amœnitates Theologico-P/ii-

(22) Celui de Sapieatiâ , et celui de Consolatioiie.

(l'i) Pier. Valerian. de Liuerat. Infelicii. , p. 63.

ALCYONIUS.

lologicœ de M. Almeloveen. 2°. Il fullait considérer que , selon M. Varillas, ce prétendu Algionus, ayant déploré les ravages que l'armée de Charles-Quint fît à Rome sous Clément VII , devait être donné au XVI*^. siècle. 3°. Ce qu'on a tiré des Anecdotes n'a été purgé d'aucune faute.

(I) De sai'ans Immmes ont fort loué Alcyonius et ses traductions. ] Je me contenterai de rapporter ce qui fut écrit à Erasme par Ambroise Léon de Noie , l'an i5i8. Cet ami , qui était

de se souvenir de lui quand il composa les dialogues de Interpretalionc.

Joignons aujourd'hui à Léon de Noie un autre témoin. Je trouve que Gabriel Naudé loue beaucoup les versions d' Alcyonius. C'est dans son traité de Fato et Kitœ Termina. Il dit que ce traducteur, ajant discuté trois objections que l'on pein faire contre ceux qui disent que le traité de 3Iundo est un ouvrage d'Aristote, se tourne ensuite de toutes parts pour n'être pas obligé de convenir que c'est un ou-

un fort habile médecin , lui apprit vrage supposé : Dijficultates ejusmodi

que le sénat de Venise avait fait pu- amoliri ientet ; alque ne supposititium

blier, à son de trompe, que tous ceux hune J'œtum , queni una cum legitimis

qui aspireraient à la profession des aliis elegantissimè de grceco latinum

lettres grecques, vacante par la mort J'eceral, agnoscere cogeretur, verlil se

de Marc Musurus , eussent à se présen- in omnes partes, tandemque lus i^eibi

ter, et qu'on destinait deux mois à prendre leurs noms et à voir ce qu'ils étaient capables de faire sur les auteurs grecs : Statutuni est tempus duorunimensiurn, quo competitores et nomina dent et Legendo et aperiendo •^rœcos aulores osléndant qui i^iri sint

concludit : sed morositatem ejus geueris quœstionum grammaticis relinquamus (26).

(K) On trouue quelque chose qui le concerne dans les lettres de Longolius . et qui n'est pas honorable.^ On a déjà vu (27) qu'au sentiment deLongueil.

et quantum lingud et ingénia polleant le visage d' Alcyonius , à la nouvelle de /./\ A 1 :,„T„'^ „: t „!.. 1.^ „..ui;„„i: I- i'„' . -i .] c ' i-.'j„

(34)- Ambroise Léon ajoute que plu sieurs des disciples de JVIusurus se préparaient à disputer sa succession, et qu'Alcyonius , l'un des plus polis d'entre eux , s'était fait connaître par des traductions admirables. Il vaut mieux exprimer la chose selon l'oiùginal : Inter eorum elegantiores anus Petrus Alcyonius mu/ta c grœco in romanum sermaneni elegantissimè l'ertit. JYam oratianes plerasque Isocratis ac Demosthenis tanld Arpinitate expressit , ut Ciceronera ipsum nihilominùs légère videaris. AristotelisfjfMe mulla uerlil tant candide , ut Liitium gloriabundum dicere possil : en Aristotelem nostrum habemus. Idem ipse juuenis , ut est litterarum oplimaruni utrarumque viaxiuius aluninus , ità tui quoque amantissimus , ac studiorum tuorujn laudalor summus (25). Erasme , répondant à cette lettre le i5 du mois d'octobre de l'année suivante, lit faiie des complimens à Pierre Alcyonius , et avoua qu'il n'avait jamais ouï parler de lui. Il serait à souhaiter, dans ce partage de sentimens sur la qualité des traductions d'Alcyonius , que le savant M. Huet lui eiU fait l'honneur

(24) Eiasml Episiol. XXFIIl lib. X, pag. S3o.

(25) Idem, pag. 53i.

la publication de l'écrit de Sépulvéda serait un objet divertissant. Voici quel que chose de pis. Alcyonius, ayant souhaité passionnément de porter une lettre de Longueil à Marc-Antoine Flaminius, partit sans la prendre; sur quoi l'on fît cette réflexion : JVôsti hominis ingenium : ille enim et cœnœ quam ei opiparam hic dederamus , et laudum quibus a nabis ornatissimus discesserat , et litterarum quas sunimâ contentione ut J'estinanter scriberem peri'icerat , oblitus profeclus esse dicitur.

\)uod i/os idcircà scire i'olui , ut meis verbis hdc de inhumanilnte cum eo expostuletis (28). On ajoute qu'il y avait l.'i un coup de bonheur, parce qu'on avait coulé dans cette lettre certaines choses que l'on souhaitait quil ignorait autant que tout autre. N'est-ce pas insinuer qu'on le croyait fort capable d'ouvrir une lettre ? Quanquhm id ipsum de quo queror non omnino incommodé nabis cecidisse uideri possit , ea eniiThiis litteris incautè commiserain , quœ illum in primis celatum essecupiebam. Perfecerat scilicet pris-

(26) Gabriel IVaudaïas , de FatO et Vila; Termino , pag. 82.

(2'^) Dans la remarque (B).

(28) Chrislopl). Longolius, Epistol. XXI lil/ii II, foUa 2o3, verso.

ALC

tinœ nostrœ co/tsuetudinis usus ut niagis c/uibuscum agereni in mentem mihi ^eniret,quain eut. litleras daturus essem satis meminissem (29). S'il est le personnage designé dans une autre lettre de Longolius (3o), comme un habile homme le conjecture (3i), quel {)ortrait faisait-on de lui! quelle malhonnêteté, quelle rage de médire, ne lui attribuait-on pas ! quel mépris n'avait-on pas pour sa personne ! Ce qui pourrait taire douter que Longolius parle de lui en cet endroit-là , est que peu après il nomme Alcyonius, sans aucun signe de mauvaise disposition j mais ce sujet de douter n'est pas une preuve convaincante , puisque d'ailleurs ce portrait-là est conforme à celui qu'un autre auteur du même siècle a donné d'Alcyonius. On venait de dire que Pierius Valerianus était un homme sincère, et tout aussitôt on remarque : Dii/ersœ naturœ est Petrus Alcyonius f^enetus , mordax et maletltcus , nec pudens magis quarn pru-

dens rnitlo de hoc nebulone plura

qui bellum bonis omnibus indixit -, fiagris et Juste coèrcendus (Sa). Notez qu'on avoue qu'il avait fait de bons vers lyriques et ïambiques , et qu'il se vantait d'avoir composé une tragédie excellente sur la mort de Jésus- Christ 1,33).

(29) Idem, ibid. folio 2o4-

(30) C'est la XX'. du II'. livre.

(3i) M. de la Monnoie : c'est lui qui m'a indique' ces passag»"^ de Longolius, ou Longueil.

(32) Lilius Greg rius GyraIJus , de Poët. sai temporis Dia/0^0 /, pag. 5^2 , eiiit. 1696.

(33j Idem, ibid.

ALCMAN , poëte lyrique , florissaitdans la 2^^. olympiade (a).

Les uns disent qu'il était de Lacédémone , les autres qu'il était né à Sardes , ville capitale de la Lydie. Ce qu'il y a de bien svir , c'est qu'il a eu droit de bourgeoisie dans Sparte (A), et que les Lacédénioniens se sont fait honneur d'avoir fourni à la Grèce un belesprit comme celui-là (B). Il avait fait quantité de vers dont il ne nous reste que peu de chose, cité par Athénée, oupar quelque autre

'.'j) Suidas, m 'A?.;:.uav

-AI AN. 4o3

ancien auteur. Il était d'un tempérament fort amoureux, et il passe pour le père de la poésie galante (C). Il semble même que l'on ait dit qu'il fut le premier qui introduisit la coutume de chanter des vers d'amour dans les compagnies (6). On nous a conservé le nom de l'une de ses maîtresses (c) : elle s'appelait Mégalostrata , et se mêlait de versifier. S'il s'en fût tenu là , on n'aurait pas eu tant de sujet de se plaindre ; mais on parle aussi d'un Chaeeron , duquel il fut amoureux (d). Alcman a été l'un des grands mangeurs de son siècle (e). Cette qualité aurait eu de fâcheux inconvéniens, si la poésie avait été en ce temps-là sur le pied qu'on l'a vue souvent , peu propre à faire vivre son maître. Il mourut d'une maladie assez singulière ; car il fut mangé des poux (/). Il ne faut pas le distinguer du poëte Alcmœon (D) ; et je ne vois point la nécessité de reconnaître deux Alcmans , l'un de Lacédémone , l'autre de Messène (E).

(b) Atiien. , hb. XIII, pag. 600.

(c) Id. ibid.

{d) Idem. lib. X, pag. 416.

{ei Id. ibid , et Mliaa. Var. Histor., lib. I, cap. XX y II

(yj Aristotel. de Histor. Anim. , lib. V cap. XXXI; Ptin., lib. XI, cap. XXXIII ; Plutarch. in Sjllâ , pag. 474-

(A) Il a eu droit de bourgeoisie dans Sparte. ] Cela paraît par une épigramme que Plutarque a inséi'ée dans son Traité de l'Exil (i). On y fait dire à Alcman , que s'il avait été élevé dans Sai'des , la patrie de ses ancêtres , il serait un pauvre prêtre de la déesse Cybèle , destitué de ses parties viriles • mais qu'il se voit à présent citoyen de Lacédémone, bien instruit aux lettres grecques , ce qui le reiid supérieur aux rois de Lydie. L'inter-

(i) Op«r. Morallnm p.ig. Sut).

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