RIS
il fît aussi un voyage ; c'était celle des Hyperboréens. On j^ourrait d'ailleurs eu conclure qu'il ne se servit du vol de sa flèche que dans son second voyage, et par conséquent que ce fut en Grèce qu'Apollon la lui donna. Toutes ces conséquences seraient justes si l'on avait affaire à un écrivain exact, ou si l'on était assuré qu'il a dit les choses telles qu'on les voit aujourd'hui dans ses ouvi'ages ; et alors il faudrait dire que Suïdas a suivi une opinion très-particulière ; car presque tous les auteurs qui nous parlent d Abaris assurent qu'il était Hyperboréen (3) , et que, lorsqu'il fit le voyage de Grèce, il était parti du pays des Hyperboréens j et s'ils parlent de sa flèche volante, ils ne manquent pas de dire qu'il l'avait avant que d'aller en Grèce. (B) Etait porté utr s<i flèche au travers de l'air.'] Les paroles de Jamblique expriment cela fort nettement.
'O'içà) Toj/ îv 'TTrêpCopsoïc "ATréxxaivoç «Tapii-
flêVTI SLÙTOi êTrO^^^^Oi/y.eVOÇ, TT OT a. f/.OUÇ Ti X-Ctl
TiKÔ-yy) Koù tÙ. a.Qa.Tc». SiîCcttviv aiipoCa.- Tœv TfÔTTov Tiv* (4). Cùin jlpolllni, ejus qui ab Hyperboreis colebatur, jaculo sibi donalo inequitaret , Jîui'ios et marin, ac Inca inaccessa per aèrent quodammodo incedens penneabat. RI. Petit, en rapportant ce qui concerne cette flèche , s'est souvenu de ce qu'on débite ordinairement, que les sorcières vont au sabbat à cheval sur un bâton (5). L'un des journalistes, en faisant l'extrait du livre de M. Petit, n'oublia pas les vers de Villon , où un sorcier est appelé un chevaucheur d'escouvettes (6). Je rapporterai tout le passage , parce qu'il donne lieu à une petite observation, fli. Petit nous allègue les rai'issemens d'Klie , le transport d' Habacuc , celui de Pythagoras, et le dard qu'Apollon V Hyperboréen aidait donné h Abaris. C'était un dard nieri'eilleux et fort semblable a ce manche de balai qui sert de chei'al aux sorcières, à ce qu'on dit , pour s'en aller
(3) Ilerodot. lib. IV, cap. XXXVI; Diod. Sicul. , Ub. III, crtp. XI; Apollonii Admir. Hislor., si'Ct. IV; Jambliclii Vila Pytbagorœ , cap. XXVIII , pag. 137 el seq,; Uavpocration, au mot Aka,ptç. Sclioliastcs Aristopban. in F.qiilt.; Eusebius, n. i5G8, etc.
(4) Jainblich. Vita Pylb.igoiîe , pag. 12S.
(5) Pclitus , de SibjUà , lib. II , cap. VII , pag. 200.
(6) Non est , le deust-on vif hrutler, Cçmine un chevauchevr d'escoweUes,
ABARIS
entre deux airs à l'assemblée sabbatique (7). Avant que la petite observation paraisse, il fant que je rapporte ce passage d\in autre journal.
M. Petit raconte , après Jambliclnis , l'histoire ou la fable d' Abaris Hyperhoréen , à qui Apollon avait donné le poui'oir de t'oler dans tes airs , porté par une flèche . comme nos sorcières l'ont au sabbat a califourchon sur un halai (8). Ces paroles s(mt lexplication de ce texte de M. Petit : Auctor est JambUchus , in J^itâ Pythagnrœ , cap. XXf^III, id niunus Abaridi Hyperboreo ab Apolline concessurn fuisse , ut per aërem quocunquè t'ellct cursuni , viagico im^ectus jaculo , tendere posset (9). Chacun voit que repithcte Hyperboreo se peut rapporter pu au mot Abaridi qui pn'cède, ou au mot Apolline qui suit. La langue latine est toute pleine de ces équivoques j mais il est sûr, par les paroles de Jaiuhlique (10), qui sont citées là même (i i) , que cV>t seulement Apollon qui est traite d'Hyperbore'en. Ce serait une chicane tout-à-fait vaine que de critiquer sur cela le journaliste ; puis-
au'outre qu'Abaris a pu être charge' e cette épithète , comme on l'a vu dans la première remarque, on sait bien que les auteurs des journaus sont dispenses de la servitude rigoureuse d'une traduction. Je ne dois pas oublier que la flèche d'Abaris était d'or, et qu'elle lui e'tait si nécessaire pour se conduire, qu'il fut obligé d'avouer que sans elle il ne pouvait pas discerner les chemins qu'il devait tenir (12). Pythagore lui arracha cet aveu en lui faisant une petite malice; il lui déroba cette flèche, et il fallut alors qu'Abaris , étonné comme un aveugle qui a perdu son bâton, confessât ses nécessités. Cela me fait souvenir de certaines gens qui se vantent de trouver avec leur baguette les chemins perdus. Si tout ce que l'on en dit était véritable, je ne crois point que, toutes compensations faites , leur bâton fût moins merveilleux que la flèche d'Abaris j car, si d'un coté il n'a
point la force de les faire voler, il dccouvri; d'ailleurs, non-seulement les trésors, les métaux, les bornes des champs , les larrons et les homicides; mais aussi les adultères de l'un et de Tautre sexe. Un grand philosophe , consulté sur une partie de ces faits en 1G89, répondit que rien de cela ne se pouvait faire sans le secours de l'action d'une cause intelligente , et que celte cause ne pouvait être autre que le démon (i3). En écrivant ceci, j'apprends que le principal de ces devins à la baguette (i4) i a3'ant fait l'été dernier (i.5) à Lyon des épreuves surprenantes de son art , a été mandé à Paris , et que sur ce grand théâtre il a fait tant de découvertes , (ju'il a obligé bien des gens à dire que nous voilà pins en état qii'on n'y fut jamais, de décider, par des phénomènes incontestables, que les démons produisent cent choses, pourvu qu'on les y détermine par le jeu de quelqu'^s causes occasionelles, comme est l'application d'un certain bâton (16). Cela pourrait être d'une efficace rétroactive en faveur du dard d'Abaris ; car pourquoi n'y aurait-il pas eu anciennement une flèche comme celle-là , s'il se trouve aujourd'hui un bâton qui fasse ce que l'on conte de l'homme de Dauphiné? Ce serait une matière à recherches métaphysiques que cette affectation du bâton; car l'ancien proverbe, i'irgula divina, notre phrase commune, le tour du bâton , et ce que les joueurs de gobelets disent à tous coups , par la vertu de ma petite baguette , semblent tirer leur origine de l'usage fréquent que la tradition commune donne au bâton dans les sortilèges. Quelles vertus n'attribuait-on point anciennement à la verge de Mercure ? Les ailes d'or qu'il mettait à ses talons n'étaient point tellement le principe de son vol , que sa verge n'y concourût aussi avec une vertu trèspuissante , et il semble même qu'elle lui ait servi de cheval :
(r) Nouvel, de la Répub.des Leu. octob. 1686, ri. I.
(8) Bibliot Univers. , tome II , pag. iSz.
(9) Petit, uhi suprù , pag. Ig8.
(10) Voyez-les ci-desius , citation (4)-
(11) yé la page igg de M. Petit.
(12) JamblicLus, ubi mpra ,pag. i3i.
El prim'um pedibus talaria neciit Aurea , ijuœ sublimem. alis , sive œquora supra ,
(i3) Le P. Maletranclie , dans\e Mercure Galant du mois de janv. i6g3.
(i4) Jacques Aymar, paysan de Saint- teran en Dauphiné'.
(i5) En 1692.
(16) f ujez ci-après la remarque (C)
ABARIS
Seu terrain , rnpido pariter cumjlamine portant.
Tutn virgain capit : hdc animas itle evocal Orco
Patlente.t, alias sub tristia Tarlara inillit,
Dat sonmos , adiinit</ue , et lumina morte résignât.
Illu FRETus , ai^it veiUos , et turbida tranal
Nubda. (17;.
SI nous avions le Traite sur la verge de Mercure , que Parlhius avait promis (18) , on y verrait assurément une compilation bien curieuse, et peutêtre plus instructive que le Traite du cynique Antisthènes sur le bâton de Minerve. Cette déesse avait aussi son bâton , avec quoi elle faisait paraître les gens ou jeunes ou vieux, selon l'exigence des cas ('9)- La sorcière Circé faisait bien plus que tout cela avec le sien ('20), puisque, d'un seul petit coup de sa baguette , elle transformait les hommes en bétes , et les bêtes en hommes. Erasme, qui joint à tous ces exemples la verge avec laquelle Moïse fit tant de choses miraculeuses (21), devait remarquer que le de'mon , le singe des œuvres de Dieu, a pris son modèle là-dessus pour ériger le biUon en l'une de ses principales causes occasionelles. M. Huet prétend que ce que les poètes ont chanté de la verge de Mercure , etc. , a son origine dans la verge de Moïse (22). Notez que le diable fut bien prompt à imiter ; car les magiciens de Pharaon firent par le moyen de leurs verges quelques miracles qui ressemblaient à ceux du vraiDieu (23). N'oublions point les brachraanes, qui portaient toujours un anneau et un bâton, auxquels ils attribuaient de grandes vertus (24). J'en dirai peut-être davantage sous le mot Rabdomanùe* .
(17) Virgile, Énéid. , Uv. IV, v. 289. Voyez aussi Homère , Iliad. et Odyss. , lif. dern. ; Ovide, Mctain. lii'. I , \. '■!>, au sujet d'Argus ; Horace, ode X, v. 18, et XXIV, v. j6 du /iV. /; Stace, Tliebaid. ZjV. /.
(18) De Virga; Mercurialis potestale et potentid peculiarem Iractalionem satis mysterioden dainus in Superslitionum magno Cunimentario. Bartliius in Stat. Toiii. II , pag. 291.
(19) Homer. , Odyss. N. et TI.
(20) Ibid. K.
(21) Sur le proverbe virgula divina. Chil. i, centur. i, n. 97.
(22) Huelii Demonstr. Evang. Propos. IV, pag. 258.
(23) Vojei les chapitres VII et VIII de l' Exode.
(24) Pl.ilostrat. Vila Apoll. I.ib. III.
* Bajle n'a jamais donne' d'article Rabdomantie.
(C) JEn quel tenips Abaris t'ifait.'] Son ambassade d'Athènes est placée par quelques-uns sous la 2 1*. olympiade; par Hippostrate sous la 3''. , et par Pindare au temps du roi Crésus (25). Eusèhe s'était rangé à ce dernier sentiment , puisqu'il avait situé le voyage d'Abaris et le commencement du règne de Crésus sous la seconde année de la 54^- olympiade; mais il donna peu après dans une honteuse variation ; car il fit fleui-ir ce devin la dernière année de la 82*. olympiade. Abaris hypcrboranus hariolus agiioscitur (2G). M. de Valois semble préférer à tout autre sentiment celui de Porphyre et do Jamblique (27), selon lequel Abaris aura vécu l'an 2 de la 54". olympiade, contemporain de Pythagore. On infère cela de ce que Porphyre et Jamblique rapportent que Pythagore montra sa cuisse d'or à Abaris, prêtre d'Apollon l'Hyperboréen. Si les lettres qui courent sous le nom de Phalaris n'étaient pas un ouvrage fait à plaisir, on devrait être assuré qu' Abaris a vécu en même temps que ce tyran ; mais il n'y a nulle apparence qu'ils se soient jamais écrit les lettres qu'on trouve dans ce recueil. Cependant c'est une raison à alléguer pour montrer qu'Abaris et Phalaris ont été contemporains ; car il y a quelque sorte de présomption que celui qui a supposé ces lettres à Phalaris a observé la chronologie, afin que ses fictions eussent plus de vraisemblance. Suidas met la tyrannie de Phalaris sous la 62=. olympiade. Le sentiment d'Hippostrate pourrait être fortifié par la raison que voici. Suidas observe qu'en la 5*^. olympiade les Athéniens firent pour tous les Grecs les sacrifices qu'on nommait Tlpoinfoa-ta.t (28). Ils se faisaient avant que l'on labourât la terre , et dans la vue d'obtenir la bénédiction divine sur la j)rochaine moisson. Or, le Scoliaste d'Aristophane rapporte que, quand les Athéniens firent pour tout le monde le sacrifice nommé npo«fo«n'*, il y avait eu une famine , ou même aussi une peste par toute la terre , qui avait obligé les peuples à recourir à l'ora-
(25) /tpud Harpocrationem.
(2G) Eiisebii Chron. n. 1668.
(27) Henr. Valesii Nolœ in notas Maiissaci in Harpoi-rat. pag. S'i.
(28) .'tu mut npOJ1/i05-|*l.
ABARIS
cle, et que l'oracle avait répondu que, si les Athéniens ofl'raient un tel sacrifice, le mal cesserait (29). Ce fut donc alors (|ue tant d'ambassades furent envoyées à Athènes , et qii'Abaris y fut envoyé de la part du peuple hyperboréen. Hipposti'ate ne se serait donc guère èioifçné de la vérité en mettant ce voyage d'Abaris sons la 3". olympiade. Si les conjectures de Scaliger sur un passage de Firmicus Maternus , concernant le Poltadiurn , sont bonnes, il y a eu des auteurs qui ont fait remonter prodigieusement le temps d'Abaris ; il faudrait , selon cela , qu'il eût vécu long-temps avant la prise de Troie. Nous verrons bientôt ce que c'est. D'autres Font fait redescendre jusques au siècle d'Alesandre-le-Grand ; il est vrai que ce n'est que par un enthousiasme d'orateur , à quoi si nous voulions prendre garde, nous nous taillerions trop de besogne.
La description que le sophiste Himérius nous a laissée (3o) de l'équipage avec lequel Abaris se présenta aux Athéniens , convient merveilleusement à un barbare; mais il n'était Scythe, dit-il , que dans son habit ; sa langue était grecque , et dès qu'il la remuait , on croyait entendre un discours sorti du milieu de l académie ou du lycée. Quelle absurdité! Platon et Aristote avaient-ils déjà fondé des écoles au temps d'Abaris? Quelqu'un (Si) a voulu concilier ces difficultés en supposant ([u'il y a eu deux Abaris : mais sa supposition est insuffisante i il en faudrait cinq ou six pour bien réussir; deux n'otent pas les divisions : ce n'est pas la peine.
(D) f^ariélé de sentimens qui a fait broncher quelques modernes. ] V'ossius préfère à tout autre sentiment l'opinion de ceux qui font fleurir Abaris entre la 3o*. et la SS"". olympiade. Ce temps-ia , dit-il (32), est, selon Eusèbe, celui de la tyrannie de Phalaris ; Phalnris tyrannideni exercuit ab olympiadis XXX ( il fallait dire XXXi } (in. II , usque ad olynipiadis XXXf^III an. II, teste Eusebio: ov Abaris a été contemporain de ce ty-
(2g) Scboliast. Aristopban. in Equit.
{3o) Jpud Pliotium, pag. ii36.
(3j) Edward. Simsonius, apud Konig. Bibl. Vet. et Nov. . pi^g. I.
iG.
(32) Vossius , de Poëtis GrKcis , cap. III , p.
ran. Il réfute par cette h)'pothèse ceux qui disent qu'Abaris a été disciple de Pythagore ; car il observe que Pythagore fleurit l'an i'"^. de la 6o«. olympiade, et mourut vers la fin de la 70^. 11 remarque qu'un disciple de Pythagore n'a pu écrire des lettres à Phalaiis. Entln il assure (jue tous les anciens ont fait Abaris antérieur non-seulement à Pythagore, mais aussi à Solon. Antiqui omnes de Abari loquunlur, ut non Pylhagora modo , sed Solone etiam anliquiori (33). 11 n'y a guère de solidité dans ces remai'ijues de Vossius; car le même Eusèbe,qui en est le fondement, a situé, en un autre lieu , Piialaris sous l'an 3 de la 53«. olympiade , et le voyage d'Abaris sous l'an 2 de la 54*- Vossius devait prendre garde à cela, et se souvenir que le passage d'Eusèbe , qu'il ne cite pas , a été préféré par Scaliger (34) à celui qu'il cite. Scaliger se fonde sur ce que le commencement de la tyrannie dePhalaris a été placé par Suidas sous Fo- Ivinpiade Sa, outre qu'Orose remarque que Cvrus et ce tyran ont été contemporains (35). Il est donc visible que les conséquences que Vossius a tirées de ce qu'Abaris et Phalaris ont vécu en même temps ne sont guère bonnes ; car Abaris aurait pu écrire à Phalaris après l'olympiade Sa , et voir Pythagore après l'olympiade 60 (36). Quoi qu'il en soit, on n'a pas dû dire que , suivant tous les anciens , Solon a vécu après Abaris; car nous savons qu'il donna ses lois aux Athéniens en la 46'- olympiade {37) , et qu'Eusèbe met Abaris sous la 82^ (38).
M. Mûiéri s'est mal servi des observations de Vossius. Il trouve de l'opposition en ceux qui disent qu'Abaris vivait avant Solon , et ceux qui disent que c'était du temps de Tullus Hostilius , ou d'Ancus Martius , roi des Romains. Ce ne sont pas deux sentimens différeus ; il n'y a point de chronologue qui voulût se fiùre un scrupule d'assurer que ces deux rois ont précédé Solon. Ce passage de Vossius,
(33) Id. ibid.
(34) Scaligeri Ânimadv. in Eusebium , R. 1452 , pag. 84.
(35) Id. ib. n. i3go, pag. 94.
(36) Notez qu Abaris , selon Jatnblitjue , e'iait vieux, quand il fut instruit par Pythagore,
537) Scaliger ubi supra , n. 1422, pa^- 86. 3S) Voyez la remarque prc'cc'denie , cuw tion (26).
AlURIS.
guérit tgilur ( Plialarls ) tenipnrihus TulLi HoslUdet Anci Marlii (Sg) , et le précèdent, ont trompé M. Movéri.
Disons en passant qu'il s'est laissé abuser par ces paroles de Cœlins Rhodiginus : liujus (Abaridis) el Gre/^orins theologus cninmeminit in epiliiphio ad magnum BasiUunt {!^o). Il a cru que saint Grégoire parle d'Abaris dans une épitfiphe qu'il adresse à saint Basilele-Grand (4')- ^^ ^'''^ ""'^n trouvé touchant Abaris dans les vers de saint Grégoire de Nazianze sur la mort de saint Basile. J'espérais d'y rencontiTr les cinq ou six lignes que le Giraldi rapporte comme tirées ex Alonodiâ in dii'um Basilium (42). Le mot de monodia est une adresse vers une pièce de poésie; mais ici c'est une adresse trompeuse. Je me suis tourné vers la prose de ce grand théologien, c'est-à-dire, vers son oraison funèbre de saint Basile, et je n'y ai pas trouvé le quart de la citation du Giraldi. Il y a une erreur particulière , en ce que M. Moréri s'est exprimé comme si cette épitaphe n'eût point été faite pour saint Basile.
(E) Un oracle ambulatoire. ] Clément d'Alexandrie met Abaris entre ceux qui se mêlaient de prédire l'avenir. Tlf'jyviéa-ii es koli TlLi^cfy'of!tç 0 f/.îya.ç
exiant. Le Scoliaste d'Aristophane (47) dit aussi qu'on les avait de son temps. Abaris n'était pas le seul de son métier <(ui errât ainsi par le monde, et qui semiit de toutes paris ses prédictions à tour de bras : c'était le propre des devins; et c'est pourquoi Artémidore prétend que , lors- (ju'on songe qu'on devient propiiète, c'est le plus souvent une marque qu'on voyagera , et qu'on se tracassera; car, ajoute-t-il , les devins ont accoutumé de mener une uie t'agabonde. $êfêi Ji x.a.1 «t^ctTu^/siç 7ro'/.?.a.Kiç kcii tnvAo-ui tço
((ToVTl TOV ÔvêlfOV. cTlO. TO TCt/ç ^CtVTêlÇ TTi-
fivjç-iiy : Portendit sœpè ctiamperegrinatlones et motus hoc somnium ei qui i>idit, propterea quhd t'aies fitam ermbundam agunt (48) . Usa vaieiit cela de commun avec les joueurs de gobelets , et avec toutes sortes de charlatans. Abaris faisait plus que des pi-édictions : on prétend qu'il bâtissait des temples ; celui de Proserpine du Salut, Kôpç IceTÛpaç, dans Lacédémone, fut son ouvrage (49)- Platon en fait un vrai charlatan , ou plutôt un enchanteur qui se mêlait de guérir les maladies avec des paroles (5o).
(F) Qui fabriqua le Palladium.] On doit cette découverte au grand Scaliger. 11 a corrigé en deux endroits at'arns par Abaris (5i) , dans un pas-
(^Z). Prœscientiœ autem Pjlliagnras sage de JuliusFirmicusMaternus (62).
quoque magnus seniper menteni adhi huit , et Abaris Hyberboreus. Nous avons déjà rapporté ( 44 ) Pépithète d'hariolus, dont on le régale dans la Chronique d'Eusèbe. Un commentateur de saint Grégoire de Nazianze a rapporté qu'Abaris parcourut toute la Grèce, et y rendit des oracles (45)
Voici ce passage ainsi corrigé : Palladii eliam quid sit numen nudité. Simulacruiu est ex ossibus Pelopisfactum. Hoc Abaris Scythajecisse perhibetur ; jam quale sit considerate quod Scytha barbarus consecravit.
Estne aliquid apud Scythas humanâ ratione composiium , et illa effera
Apollonius assure le même fait ; et il gens et crudeli atque inhumand sem-
ait de plus que ces oracles subsistaient encore. 'EypiL^t Js xaî ^pa-^o^/c Teth '/â'fu.ii TrifupX-^pmaç, 'li n^i /^■îXf^ Toû vt/v ÔTrâ.çiX-^i'Tiç (46). Scripsil autem et oracula regionibus quas observons lustrabat, qi-ice ad hoc usque tempus
(3g) Vossius , ubi supra.
(4o) Cœlii Rhodig. Antiq. Lect. Lib- XVI , cap. XXII, pag. 881.
(4i) CeUe faute n'est point dans les éditions de Hollande.
(42) Giraldus de Poïlis, Dialogo III, circa inii. p. 119.
(43) Slromat. Lib. /, pag^ 334-
(44) Ci-dessus , Citation (26).
(45) Nicetas in Oral. XX. Ciegor. Naiianz.
(40)' Apollon. Adinir. Hist. Sect. IV.
per alrocitate grassata , in constituendis religionibus rectum aliquid potuit vn>enire ? Simulacrum hoc Trojatùs Abaris vendidit , stultis hominibus l'ana promitlens. Scaliger a corrigé deux fautes presque semblables dans un passage du Scoliaste d'Aristophane (53). Au lieu de /2*fiv , il fait lire
(47) In Equit.
(48) -Artemidor. Lib. III , cap. XXI.
(4f)) Pausanias. Lib. III , pag. 94- J' <^'t aussi que d'autres en attribuaient la construction il Orphée.
;5o) Plato in Charm. pag. 465.
('}!) Scaligeri \ot.i; in Eusrb. n. i454«