‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 12 sur 158 · ABA · texte numérisé non relu

ABA

ACstpiv ; et , au lieu de yJst:i<r«tc, il f;iil lire A^'âcitToç ] ce c|ui fait un sens beaucoup plus intellif;ible.'OTe <r« ;tst(' Afst-

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Trf'^Txy'^fi-j'j/y.i-y^uç'ACifiSo;. Le sens est, qu'Abaris , étant allé dans la Grèce , jiour consultei" Apollon , ou pour lui faire des offrandes, s'arrêta à son serlice, et écrivit les oracles qui por I aien t encore le nom d'Abaris. i\I. de Valois corrige (54) de son côté un endroit de Proclus '55), où Pytbagore est cité êv Tç? TTflç 'aSciçov K^yoù -^ il croit qu'il faut lire ' ACstciv. Ainsi il v aurait eu un ouvrage de Pytbagore (56) adressé à notre Abaris. Ce qu'il y a de certain , c'est que Pytbagore , si Ton en croit Jamblique (5r) , expliqua son Traité de la Nature , et son Livre des Dieux à cet Hyperboréen. Plutarque fait mention d'un livre intitulé abaris , et composé par Héraclide (58) , où l'on voyait, je pense, toutes les aventures vraies ou romanesques de ce fameux Hyperboréen. Au reste , je m'étonne que Scaliger , qui était en si bonne bumcur de nous découvrir des fautes , nous ait renvoyés au Giraldi, comme à une source de docte instruction touchant Abaris : car , quelque savant que soit le Giraldi , il n'a pas été fort exact sur cet article (Sg). 11 dit que Valérius llarpocration a parlé des merveilles de la flèche ^ et qu'au rapport d'Uérodote , elle fit voler Abaris jusque sur les terres des Hyperboréens. Mais il est sûr qu'Harpocration ne parle point de la flèche , el qu'Hérodote ne parle point du vol d'Abaris, ni ne désigne aucun lieu particulier où cet homme fftt allé. Cliarles Etienne et Moréri ont commis cette dernière faute : Legatus ^4thenas t'eniens nd suos Hypeihoreos reJiit nihil coinedens , dit Charles Etienne ; retournant de Grèce en Scythie , U fit ce long l'oyage sans manger , dit Moréri ; et elle est plus digne d'excuse que la précipitation qui a poussé le premier à dire que nous avons enco-

(54) Valesii iVote in notas Mauss. in Harpocralion- , p^- 8 j.

(55) In Timajum PUtonU , pag. i4i-

rS'i) Corifer quœ Jamblicb. ubi supra, cap. XIX, pag. 92. (5;) Jambl. ibid.

(58) Plut. Quomodô audiendi Poët. inilio. {59) Vojez la remarque (D) vers la fin.

RIS. i3

re les oracles d'Abaris. C'est avoir copié sans jugement , et sans considérer que depuis le temps qu'on pouvait parler ainsi ces oracles ont été perdus. Nous ferons ailleurs (60) une réflexion générale sur les bévues qui naissent de ce principe.

( G ) Prédire les Lreniblemens de terre , etc. ] Porphyre attribue cette vertu à Pytbagore , comme aussi celle de chasser la peste, et d'arrêter la grêle , de calmer les orages , et de faire cesser les tempêtes sur la mer et sur les fleuves , pour procurer à ses amis un heureux trajet (61). U ajoute qu'Empédocle , Epiraénide et Abaris ayant appris cela de Pytbagore , le pratiquèrent en plusieurs rencontres ,

TT'jKKAX*' ÎTrtTiTihiKiV 0.1 TOlslt/Tct. Uu aU-

teur moderne (62) , ayant rapporté que Phérécyde , précepteur de Pyiliagore '63) , et qu'Anaximandre et Abaris (64) , prédisaient les tremblemens de terre , fait cette demande assez plaisamment : N'esl-ce point , dit-il, qu'a considérer la terre comme un grand animal , ils aidaient l'art de lui tdler le pouls et de reconnaître par-là les compulsions qui lui déliaient arriver ? Or , soit que la flèche d'Abaris fi\t linstrument avec lequel il exploitait tantde merveilles , soit qu'elle n'y contribuât pas , il est -siNr que les voyages de cet bommc-là pouvaient être d'une grande utilité au genre humain. Voyez la remarque suivante.

(H) Qu'on attribue a in baguette de Jacques Aymar {QS).'\ Jamais chose ne fit plus de bruit et ne donna occasion à tant de livres. Je viens d'apprendre que ceux qui s'en promettaient tant d'avantages et tant de victoires sur lesmécrcans , se trouvent bien loin de leur compte. La seule histoire de tout ceci mériterait un article 5 et peut-être en toucheronsnous quelque chose sous le mot de Rabdonianiie * , ou en quelque autre occasion. Mais , quoi qu'il en soit , je

(60) Dans la remarque sur l'article Balecs (Jean) , à la fin.

(61) /n Vitâ Pvlliagor.

(62) La Mothe le Vaver, tome XI , pag. \2';- (6S) Il cite Diog. Lacrt. in Pherecyd. Ciceron. P. de Divin.

(64) Touchant Abaris , il cite Apollonius , surnommé Dyscole, cap. V. C'est le même que fat cite ci'dessus.

(65) Voyez, ci-dessus la remarque (B).

* Voj'et 1(1 note ' , pag. 10.

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ne me dédirai pas de ce que j'avance concernant Tutilite de cette baguette.

Entre les mains d'un aussi grand voyageur qu'Abaris , elle eût porte' la reformation des mœurs par tout le monde , beaucoup plus efficacement que ne l'ont pu faire tout ce qu'il y a jamais eu de missionnaires et de prédicateurs. Car, si un tel homme revenait au monde , la jalousie , ce fléau de tant de maris, en serait bientôt chassée. Les Italiens et les peuples orientaux n'auraient que faire de donner des geôliers à leurs femmes , ou d'être eux - mêmes leurs propres Argus. Chacun s'en fierait à leur bonne foi : on n'aurait qu'à les recommander à la baguette, Et non seulement les hommes se délivreraient d'un soin pénible (66) et qui ne sert quelquefois qu'à hâter leur infortune ; mais ils se verraient eux-mêmes dans la nécessité de garder la foi conjugale , lorsqu'ils auraient besoin de cette réputation. La tenue des grands jours jetterait moins de terreur dans l'.lme des criminels que l'arrivée d'un Abaris. Le plus grand nombre des crimes, les péchés les plus dangereux, savoir, ceux qui se commettent dans l'espérance que le public n'en saura rien , cesseraient entièrement au souvenir de la baguette ; et ce serait alors que l'on pourrait dire :

Tuliis bos etenim prata perambulal, Nutrit rura Ceres , alinaque FauslUas.

Culpari mcluil Fides , Nullis polluilur casta domus slupris.

Laudanlur simili proie puerperœ.

Cu'pain pana preinil cornes. (67).

J'avoue qu'il est difficile de comprendre que le démon , l'ennemi juré du genre humain , ait choisi de telles lois d'engagement avec l'homme ; et c'est à quoi ne prennent pas assez garde ceux qui ne sauraient soufll'rir , ni qu'on révoque en doute les vertus de la baguette, ni qu'on les explique mécaniquement.

(I) Le règne de cette baguette a été fort court. ] A peine a-t-il duré dans Paris autant de temps qu'il en a fallu pour composer et pour imprimer un

(66; Panœque graves in calibe vitd,

El gravior caulis ctatodia vana mantis.

Âusonii idyll. XY.

(67) Horatii Od. V. , M. IK

article de ce Dictionnaire. M. le prince de Condé, dont les lumières ne peuvent être que fatales aux imposteurs et aux crédules , vu l'éducation d'où il les a prises , a renversé tous les trophées des partisans de Jacques Aymar. Ce pauvre homme a échoué d'une manière si pitoyable dans les essais qu'on a voulu faire de ses forces à l'hôtel de Condé , qu'il y a perdu toute sa réputation (68j. Le public a su comment les choses s'y étaient passées : il n'y a plus de lieu à chicaner sur l'incertitude'^ puisque c'est par l'ordre de ce grand prince que le monde a été informé de ce détail.

Aussi ne se retranche -t- on point dans cet asile ; on tâche seulement de donner quelque raison de ces infortunes de la baguette , comme je le dirai ci-dessous. Ceux qui ont dit que les fauteurs de ces devins avaient mal choisi leur temps , et que ce n'est pas dans un siècle aussi philosophe que celui-ci qu'il faut produire ces genslà , ont eu , à certains égards , quelque sorte de raison ^ mais, tout bien compté , ils ne raisonnaient pas juste. 11 y a plus de particuliers présentement qu'autrefois qui sont capables de résister au torrent et de combattre les illusions, je l'avoue^ mais, à cela près , je vous réponds que notre siècle est aussi dupe que les autres : et , api'ès ce que nous avons vu au sujet d'une explication de l'Apocalypse , qu'on ne nous vienne plus dire , le monde n'est plus grue. 11 l'est autant que jamais j toutes les impostures qui flattent ses passions lui plaisent; il n'a point de honte d'être convaincu qu'on l'avait tromjié; il n'en respecte pas moins le trompeur ; il n'en crie pas moins contre la foi de ceux qui n'ont pas été trompés. Voici ce qu'un de nos nouvellistes (69) vient de nous apprendre en confirmation de cela :

« Les témoignages d'un grand prince » et la lettre d'un des premiers ma- » gistrats du Châtelet sont de si for- » tes preuves contre Jacques Aymar, » qu'aucun de ceux qui ajoutent foi 3) aux effets prétendus de la baguette 3> n'a osé les contredire. Mais ce qui 3) fait voir le ridicule des esprits cré-

(68) yorft Lettres Historiques , et le Mercure Politique du mois de mai ib^i.

(69) Mercure Historique du mois de mai lôgSj pag.' 565.

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» dnles , cVst qu'il n^y en a presque » aucun (jui se soit rendu. M.Valle- » mont , qui vient de publier un » traite de ta pliyiic/ue occulte de la 5) bai^uelle di^'inatoire , prétend ex- » pliquer comment le paysan deDau- « phiué a pu se tromper dans les » épreuves que lui a fait faire M. le )) prince, quoiqu'il ait véritablement » la vertu et les talens dont il se van- J) te. Ces sortes de philosophes , de » même que les explicateurs de pro- » phéties , car ce sont des gens assez » d'une même trempe , sont des ma- » nières de visionnaires qui ne veu- » lent jamais avoir tort , et qui , en- » core que convaincus de la fausseté ;> des choses qu'ils ont avancées, trai- » tent d'esprits forts les gens de bon » sens qui ne donnent pas dans leurs M chimères. »

Depuis l'impression de ce que je viens de dire, trois ou quatre années s'écoulèrent sans que j'entendisse parier de Jacques Aymar. Nos nouvellistes l'avaient perdu de vue , et l'avaient abandonné dans sa retraite : mais eniin ils le remirent sur leur théâtre , au mois d'avril 1G97 j *^' *^^1* poiu" lui faire jouer un rùle bien divertissant, et qui d'ailleurs pourrait être d'une merveilleuse utilité, si le conte qu'ils rapportent était véritable. Il y a quelque temps , disent-ils (70) , que le prieur des chartreux de f^iLleneuvelès-Ai^ignon passa par Orani^e a^/ec Jacques Aymar, par le moyen duquel il prétendait découvrir quelques bornes perdues. Mais , par occasion , on l'employa h un autre usage. On aidait exposé depuis trois jours un enfant a la porte ducoui>entdes capucins; lerecleur de l hôpital requit Jacques ylymar d'en découvrir l'auteur. Celui-ci y consentit ; se transporta h la porte des capucins , oii ion aidait rapporté i enfant; et, a la uue d'une foule de peuple , il suii'it le chemin que le mou^'emenl de sa baguette lui indiquait ; et alla tout droit dans un village du Comtat Prenais sin , nommé Camaret ; et de là dans une métairie , qu'il assura cire le lieu où, l'enfant était né. J'oubliais de dire qu'en chemin Jaisant il rencontra un homme à chei'al ; et que , par le mou^'ement de sa même baguet-

(70) Mercare Historique et Politique , mois d'avril 1697, p^S- 44° i 44'-

te , il reconnut que c'était le père de l'enfant exposé. Le juge du lieu, ou de son propre mouvement , ou a la solUcittition des personnes intéressées, pria Jacques y/jniar et ceux qui le faisaient agir , de ne plus faire de recherche , et qu'il fernit reprendre l'enfant ; ce qui a ttr exécuté. Je fais trois observations sur ce récit. La première, quil n'est pas certain que ce ne soit pas une fable ; car combien y a-t-il de gens qui se divertissent à forger des contes , qu'ils font insérer dans les nouvelles publiques î ils les envoient à un auteur , sans se nommer; ils choisissent une scène un peu éloignée; et, après tout , ils savent que peu de gens feront des informations. Ma seconde observation est que , quand même tout ce qu'on rapporte dans le Mercure Historique serait véritable, on ne pourrait pas faire taire les incrédules. Jacques Aymar , diraient-ils , savait la route qu'il fallait j)rendre : un faux-frère , parmi ceux qui connaissaient l'intrigue de r accouchement , fut ravi de donner l'alarme , et d'ouvrir un beau champ de causerie. En tout cas, il serait un homme à excepter de la règle, I\ul prophète en sou pays : la honte qu'il essuya dans la capitale du royaume ; cette suite , dis-je , de mauvais succès dont M. Buissière (71) a publié une relation exacte , ne l'eût pas décrédité dans sa province. Je remarque , en troisième lieu , que cette propriété de la baguette aurait de très-bons usages dans le monde. Elle déchargerait le public des fondatious qu'il a fallu faire pour lentretien des enfans trouvés ; car elle ferait connaître ceux qui les ont mis au monde, et on les obligerait à les nourrir. De plus , elle augmenterait la crainte des suites , qui est un frein de l'incontinence, sans lequel les désordres de l'impureté seraient beaucoup plus fréquens et plus scandaleux. Le sexe féminin, plus souvent bridé par cette crainte que l'autre , et quelquefois moins , garderait mieux le dépôt.

Choisir à l'écart une petite maison , pour y accoucher ; y faire venir une

(y) M. Buissière, apothicaire de M. le prince de Conde , est iaut/'ur du livre qui a pour litre , Lettre à M. l'abbé D. L. sur les véritables effets de la baguette de Jacques Aymar, par P. B. à Paris , chet Louis Lucas, 16^.

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sage-femme les yeux bandes , et par la baguette ; qu'il y joindra la relaune route détournée; faire porter tion de la recherche (^4) que fit Jacl'enfant au milieu des rues, pendant ques Aymar des meurtriers ((ui avaient les ténèbres de la nuit; cela, et le assassine un archer du guet dans la reste des précautions, serait inutile , rue Saint-Denis; et qu'afin que les en cas que la baguette eût la vertu partisans de la baguette soient enlièdont on parle. Elle marquerait le che- rement de'sabuse's, i! y joindra encore min jusqu'à la chambre de l'accou- la confession faite à i\l. le prince de cheraent, mieux qu'un chien ne suit Condé par Jacques Aymar, qu'il ne la piste d'un lièvre jusqu'au gîte. Elle sauait rien de tout ce qu'on lui m'ait mettrait fin à tant de parjures (72) qui attribué , et que ce qu'il ai>ait failjusse commettent par ceux qui ne veu- qu'ici n'avait été que pour gagner sa lent pas se charger de la nourriture ide. Cet aveu sincère lui attira un pred'un bâtard , comme la mère les y sent de trente louis d'or, c/uc S. A. S. voudrait obliger , en se pre'sentant luijit donner , afin qu'il se retirât le pour cela sans aucune honte devant plus promptement qu'il pourrait dans les juges. son t'illage, parce que , n'étant pfus

Comme rien n'est aussi capable de sous sa protection, les personnes qu'il détromper les crédules que de faire avait accusées h faux l'eussent fait voir que Jacques Aymar est tombé arrêter. M- Robert m'a dit , c'est M. d'accord lui-même de sa fourberie , Buissière qui parle , que , si on l'avait je veux mettre ici ce fait -là dans la mis entre ses mains , pour en faire "dernière évidence. J'ai là-dessus une justice, il l'aurait fait condamner aux preuve plus positive que le témoigna- galères , la preuve étant sans réplique. ïje de IVI. Robert , procureur du roi au La même lettre m'apprend qu'un Châtelet de Paris. La lettre (73) qu'il garçon de quatorze ans , qu'on avait e'crivit au père Chevigni , assistant du instruit , avait déjà abusé beaucoup de père général de l'Oratoire, contient personnes; mais, comme cela était seulement quelques-uns des mauvais trop près des faits de Jacques Aymar, succès de la baguette, et puis ces pa- il trouva les esprits en garde. Le petit rôles : « J'ai oui dire que depuis , en garçon échoua , à la confusion du j) plusieurs autres expériences faites gentilhomme qui l'avait produit. 5) à Versailles et à Chantilly , sa ba- M. Buissière fut chargé de l'examiner j » guette n'avait pas été plus heu- il le trouva assez rusé pour son âge : 5> reuse ; que même il avait été con- on le tint enfermé quelques jours , sans

V vaincu de supposition , et l'avait aucune communication au gentilhomi> avoué : mais je ne le sais que par le me ; un peu d'argent, quelques pro-

V bruit commun, n'ayant pas cru de- messes de l'établir, et quelques menais voir prendre aucun soin d'une pa- ces , firent qu'il avoua tout. Cette 1) reille fadaise , qui marque combien lettre de M. Buissière est datée de 3) les hommes sont faciles à donner Paris, le aS de juillet 1698. Joignons 3) croyance aux choses nouvelles , et à cela l'extrait d'une lettre de M. Leib- 3) qui leur paraissent si extraordinai- nilz, que l'auteur voulut bien que l'on 3) res. « Voici plus de précision, publiât dans le journal de M. Tenzé- M. Buissière m'a fait l'honneur de jius , l'an 1694, avec celle (^5) de m'écrire que MM. Dodard et San- M. Robert. Il assure qu'il a ouï dire veur , membres de l'académie des à madame la duchesse d'Hanovre , sciences , l'ont sollicité à donner une belle-sœur de M le prince de Condé , seconde édition de sa lettre , et à s'y qu'elle avait reconnu dans son hôtel, nommer ; qu'il la fera donc réimpri- à Paris , les impostures de Jacques mer et qu'il y mettra son nom , puis- Aymar, etqu'elle opina conformément que monseigneur le prince de Condé à ce prince , cpi'il valait mieux faire t'eut bien qu'il le fasse , par son or- connaître au public la fausseté de ces dre, pour désabuser les partisans de choses que de la laisser inconnue,

(72) Le conle porte que Jacques Aymar reconnut qu'un cavalier qui passait était le père de cet enfant expose'.

(73) Elle est imprimée avec celle de M. Buissière , citée ci-desius.

(74) M. Robert en a parlé dans sa lettre.

(75) M. Pasch , à tapage 778 de l'ouvrage^ cité ci-dessus, nomme f.lieulgni le père , a qui ceUe lettre fut écrite. C'est apparemment une

faute d'impression , pour Clie vijni.

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30US prétexte que la persuasion de la trats de I yon , qui firent prendre le baguette avait fait peur à quantité meurtrier que lacqnes Aymar a^ait de srelp'rats et procuré la restitution découveit à Beancaire, eussent mode quelques vols. Elle de'claia que nace' de faire briMer tout vif , romme Jactjues Aymar avait enfin avoué la un maltieureux magicien, Tauteurde fraude , et qu'il en avait demandé par- la découverte, et qu'ils lui eussent

don, et qu'il avait dit pour ses excuses , que sa liardi sse avait moins contribué à la conduite qu'il avait tenue que la créilnlilé d'autrui. (-6) Is ( princeps Condseus ) ^vriiarum Lugduno accersh'erat inda^inis causa : excussum multis nindii honiuncirtnem et depreliensuni tandem ad confesiionem fraudis adegit ; quant sihi ignosci petiit supplex , et grai'iara metuens , causatus nnn tant proprid aiidacid , quant aliei'd credu/it^tc hominumfalli uolentium , et velut ohtrudcnlium sibi , quœ alioqui ne jactare ausus fiusset , sese in /lœc iwpulsum eh tandem peri^enisse,^ undè prdem commode non pntuerit refene. Facile

présenté le bourreau avec tous les instrumens de la question . ils lui eussent fait avouer comment il avait appris tout le secret de l'assassinat , et qu'il trouserait à Beaucaire , en tel et tel lifu, i'un des assassiis. Il est très-apparent que des persoi r.es qui voulaient le mettre en réputation , afin de partager avec lui le profit de la baguette , lui firent jouer ce lole. M. Buissière reuiaïque dar,s son imprimé (';8) que cet homme avait une caL/a'e de gens qui le prônaietit partout à Parii , tt quijirent mettre dans le HJeicure Galant du mois de Jt trier i6g3 qu'il avait trouvé ceci et cela; et il n'y eut jamais rien de plusjnux.

condonafil hnmini magnanimus pria- La prévention était telle, qu'il auiait

ceps; sed erant , qui suaderenl dis- gagné des sonira-s immenses s'il avait

simulari coniperta , et conseruari fa- pu se maintenir. Jugez si ses partisans

mam kominis uel artis , utili dolo , n'avaient pas de fortes l'aisons de le

quàd constaret, furibus aliisque ma- seconder. « 11 n'y eut jamais d irapos-

/(5 hominihus magnum vietum fuisse " ture plus accréditée que celle-là

mjectum, et ob famam ad^entanlis alicubi rerum furtivarum pretia fuisse relata : sed ducissœ pariler nostrœ ac principis egregii sententia fuit , potinreni hal/endam lationem reritatis. M. Leibnitz a joint à cela une réflexion très-digne de lui, qu'il vaudrait bien mieux examiner de quelle manière tant de personnes de mérite avaient pu être trompées à Lyon , que de rechercher les causes physiques de la prétendue vertu de la baguette. (77) Et scripsi nuper Parisios , utilius , et examine dignius , mihi uideri problem.a morale vel logicum , quontodo lot uiri insignes Lu^duniinfraudem ducti fuerint , quant illiid pseudo-physicum , quod tractai'it P^allemonlius , meliori materid dignus , quontodo virga corylacea tôt miracula operetur ?

Nam moralis illa quœstio , excussa pro dignitate , multonim errorum popularium origines sœpè speciosas aperiret. Je m'imagine que , si les magis-

f76)Lelbnizius apud Tenzelii Colloq. meustr. anni 1694- ./^ rapporte ceci comme je le trouve dans V ouvrage de M. Pasch , docte professpur en philosophie à Kiel . de Inventis no- Tantiquis , pag. 779, e'dit. 1700.

(77) 'i-.e.'ihnWivi apud TeDzelii Colloq. menstr. anni 1694 , page 779.

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