‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 110 sur 158 · ÉON · texte numérisé non relu

ÉON

d'Adraste , périrent dans cette guerre. Leurs fils résolurent dix ans après d'aller venger cet affront , et ils choisirent Alcméon pour leur généralissime. Eriphyle , gagnée encore par des pré— sens , les sollicita à cette guerre.

Thersandre , fille de Polynice , lui avait donné un collier (c) et une robe {d). Alcméon, quelque envie qu'il eût de tuer sa mère avant d'accepter le généralat , marcha contre Thèbes sans avoir exécuté l'ordre d' Amphiaraiis. Cette expédition fut très-heureuse : les Thébains, par le conseil de Tirésias , abandonnèrent leur ville ; on la pilla et on la ruina. Alcméon , transporté d'une nouvelle colère , après avoir su au'Eri— phyle s'était laissé corrompre par des présens contre lui aussi , ne balança plus à la tuer lorsqu'il eut consulté l'oracle. Quelquesuns soutiennent que son frère Amphilochus l'assista dans ce parricide; mais le plus grand nombre des auteurs nient cela. Alcméon, persécuté par les furies à cause de cette action , se retira à Pso— phis dans l'Arcadie , où il expia son crime entre les mains de Phégéus , selon les cérémonies ordinaires en pareils cas , et se maria avec Arsinoé (e) , fille du même Phégéus , à laquelle il fit présent du collier et de l'habit qui avaient été donnés à Eriphyle. Une grande famine s'étant élevée , on eut recours à l'oracle , qui ordonna à Alcméon de se réfugier chez

(c^ Fie z-fou s plutôt à Diodore de Sicile, rjui dit que Thersandre donna seulement le PepI um II ne pouvait pas donner le collier, puisque Eriphyle Valait déjà.

(f/l Nommée en grec FIsTAoç.

{e) Pausan. , lii'. VIll ^ P"S- 255, lanomme Alpliésibee.

ALCM

Acliélous. Il s'y rendit après plusieurs courses vagabondes : il y reçut de nouveau les cérémonies de l'expiation ; il s'y maria avec Callirhoé , fille d'Achéloiis , et il s'établit dans un coin de terre que cette rivière avait formé (A) en accumulant des sables. Callirhoé lui déclara qu'elle ne coucherait point avec lui , s'il ne lui faisait présent du collier et de la robe d'Eriphyle. Cela le contraignit de retourner chez Phégéus , dont il obtint le collier après lui avoir fait accroire qu'il avait appris de l'oracle que la persécution des furies ne cesserait que lorsqu'il aurait offert ce collier à Apollon. Phégée sut ensuite qu'Alcméon avait destiné ce présent à Callirhoé ; c'est pourquoi il donna ordre à ses deux fils de le poursuivre et de le tuer ; ce qu'ils firent : et parce que Arsinoé s'en formalisa , ils la transportèrent à Tégée , dans un coffre , et lui imputèrent ce meurtre. Quelques-uns disent qu'Alcméon , pendant sa fureur , se divertit avec la prophétesse Manto , fille de Tirésias , et qu'il en eut deux enfans {/)• Voyez la suite de tout ceci dans l'article de Callirhoé. Les furies d'Alcméon ont fait un grand bruit sur le théâtre de l'ancienne Grèce {g) ; mais il ne nous reste aucune de ces tragédies (B). Ce qu'on a dit de son tombeau mérite d'être considéré (C). Les Oropiens , qui devancèrent tous les autres peuples

(/■) Tiré de la BiblioUiéque d'Apollodore, liv. III , pag i8" et suiyjantes. Voyez aussi Diodore de Sicile, liv. V , chap. VI,

'g'^ Alcmœon oliin tragicoruin ptilpita lœisavit citm furore suo . nunc nullain sui nominisfabulam habet. Barihius ia Statium, lom II , pag. 4^9.

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