‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 111 sur 158 · EON · texte numérisé non relu

EON

à mettre Amphiaraiis au rang des Dieux , exclurent AIcméon des honneurs divins qu'ils conférèrent à son père et à son frère :

ils l'en exclurent, dis-je , à cause de son parricide {h). On remarque qu'un Perse nommé Oronte, lui ressemblait parfaitement [i).

Il y a des historiens qui disent qu'Alcméon , après la seconde guerre de Thèbes , s'en alla en Étolie, attiré par Diomède , qu'il l'aida à conquérir ce pays et l'Acarnanie , et qu'ayant été sommés de se trouver à l'expédition de Troie , Diomède s'y rendit ; mais qu'Alcméon s'arrêta dans l'Acarnanie , et, pour faire honneur à son frère (k) , qu'il bâtit une ville qu'il nomma Argos d'Amphilochus (/). Notez qu'il prophétisa dans l'Acarnanie {in).

(h) Pausan. , lib, I . pag. 33.

(i) Plutarcli. in Arato, pag 1028.

(A) Il s'appelait Amphilochus : t'oyez les remarques de son ariicle.

(0 Strabo, lib. VII, pag. 225. Voyez aussi lib. X , pag. 3l8.

im) Clam. Alex.aadr. Slromat., lib. I, v.

(A) Il s'établit dans un coin de terre que la rivière d'' ylchéloûs aidait formé,'] Il ne sera pas mal d'éclaircir Apollodore par un passage de Pausanias, qui porte qu'Alcméon, après avoir tué sa mère, s'enfuit d'Argos à Psophis, où il épousa Alphésibée, tille de Phégéus (i). Le mariage ne le guérit pas de sa fureur; ainsi il recourut à l'oracle, qui lui ordonna de se retirer sur une terre toute neuve , et faite depuis le meurtre d'Eriphyle.

On l'assura que les furies ne l'y poursuivraient point. Ayant donc rencontré aux embouchures de la rivière d'Achéloiis une terre que les flots avaient charriée, il y prit poste , et se maria avec Callirhoé.

(B) // ne nous reste aucune des Vagédies faites sur son sujet.'] Je ne doute point que les deux vers que Plutarque

(i) Pousaa. , /j7'. VIII , pag, 255.

ALCMÉON

■d rapportes dans l'un de ses livres , ne opinions très-hétérodoxes , COm-

soient pris de quelqu'une de ces piè- ^^^ g j^ lune était éternelle ,

rps Le lieu commun que Plutarque ^ .. * * •4-4

ces. i^c lieu i. j -. ^, , .„ ^ et aue notre ame tournait tou-

rouche en cet endroit est plus impor- f- 4""" """ .,

tant qu'on ne pense : il reearde un lours a la manière du soleil.

défaut qu'on trouve partout. C'est ce- Voilà ce qu'en dit Laërce. Cicélui de ceuK qui reprochent à leur pro- ^.^^ représente mieux le système Chain un vice qu'ils ont eu^-memes 4nosophe ; car, quelle né-

ou qui est plus petit que le leur. Aie- '-'^ '^ 1 r ' ' ^ , , •

méon reproche à Adraste qu'il est gligence n est-ce pas que de choifrère d'une femme qui ajtuë son mari: gir entre tous les astres auxquels

Alcméon attribuait une nature éternelle , celui dont les altérations paraissent le plus , je veux dire la lune? Il fallait donc dire, comme Cicéron a fait {b) , que ce philosophe attribue la divinité à tous les astres , et même à notre âme. Mais comme c'est le propre des méchaus systèmes de n'avoir rien de lié , nous voyons que notre Alcméon raisonnait peu conséquemment lorsqu'il faisait une grande distinction entre les connaissances des Dieux et celles des hommes. Il disait que les Dieux savaient manifestement les choses , et que les hommes ne faisaient que conjecturer (c). Voilà ce que peuvent dire ceux qui reconnaissent un seul et vrai Dieu ; mais ceux qui prennent les astres et les âmes humaines pour autant de Dieux se rendent ensuite ridicules s'ils prétendent que la science humaine et la science divine différent autrement que du plus au moins. Il n'est pas vrai que cet Alcméon soit mort d'une maladie pédiculaire (A).

Adraste lui répond : Et t^ous , ^'ous ai'ez tué votre propre mère. 11 ne faut point faire le Caton et le censeur , lorsqu'on est tout plein de défauts.

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