‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 133 sur 158 · C:; CeUe d'Hackius à Leide , en · texte numérisé non relu

C:; CeUe d'Hackius à Leide , en

ALYPIUS.

Vare, tuum nomen ( superet modo Manlua

nobis ^ jManiua vue misera! nimium vicina Cremonœ) Cantantes sublime Jerenl ad sidéra cjgni;

sont appliques par le grammairien Servius à un Alfénus Variis , qui fut envoyé par Auguste au-delà du Pô , pour y commander , après que Pollion eut perdu ce gouvernement. Le même grammairien remarque qu'il y a eu des gens qui ont applique' au jurisconsulte Alfénus Varus , successeur de Servius Sulpitius , ces autres vers de Virgile :

Wam neque adhuc Varo videor , nec dicere

Cinnd Digna , sed argulos inter strepere anser olo-

res (8).

Leur raison était qu' Alfénus Varus le jurisconsulte avait composé quelques vers. Servius les réfute , en montrant qu'il faut appliquer cet éloge au poète Varius , qu'Horace a tant encensé.

(F) On croit que l'Alfénvs de f^irgile , celui de Catulle et le cordonnier, sont le même. Cela n'est pas sans difficulté. ] Un homme qui s'applique au droit avec tant d'ardeur , que non - seulement il efface par ses progrès la honte du métier mécanique qu'il avait exercé au pays natal , mais qu'il succède aussi au plus grand maître de jurisprudence qui fftt alors dans la république de Kome, est selon toutes les apparences assez grave , pour ne point entrer dans les plus étroites liaisons de débauche avec un Catulle , et tels autres galans de même volée , fort efféminés.

Or , l'Alfénus , dont parle Catulle , était de la bande de ces impudiques,

Alphene immemor , atque unanimis J'alse sodalibus (9) ;

il menait Catulle chez sa gai'ce :

Varus me meus ad suos amores Visuin duxerai è furo oliosum , Scorlillum ul mihi ùim repente visum est Non sanè iUepidum nec invenus tum (10).

11 n'y a donc pas beaucoup d'apparence qu'il fût le disciple de Sulpitius. On a censuré Muret, qui avait dit que le Varus qui avait mené Catulle chez son amie était Quintilius Varus ; et

(8) Virgil. Eclog. IX, vs. 35.

(9) Catiill. Eplj;ramm. XXVIII. M. Dacier suj Horat. , Sat. /// , liv. I , cite i'Épieramrae XXVII de Catulle.

(10) Catul. Epigr. X.

l'on a fondé la censure sur ce qu'il y a pour le moins Sy ans entre la défaite des trois légions de Varus et la visite dont parle Catulle (11). Je me sers de cette raison. Il y aurait entre cette même visite et le consulat d' Alfénus (i2j 5o ans plus ou moins : il n'y a donc guère d'apparence que , si le cordonnier de Crémone a été consul l'an de Rome 754 , il ait eu une si étioite liaison de plaisirs et de débauche avec Catulle 5o ans auparavant ; car un cordonnier de province, qui renonce à son métier, pour aller étudier dans la capitale , n'est point un jeune garçon , lorsqu'il est ami intime des gens importans. Joignez à cela , que celui qui rendit un si bon office à Virgile commandait au-delà du Pô , 4o ans avant le consulat en question (i3). 11 y a donc lieu de douter que l'Alfénus qui a été consul l'an ^54 de Rome , soit le même que le bieiifaiteur de Virgile :

car il est rare qu'un homme parvienne aux grandes dignités , lorsque la saison ordinaire de les obtenir est passée depuis fort long-temps. Voilà le cas où étaient à Rome ceux qui , après un gouvernement de province, passaient quarante ans sans obtenir la dignité consulaire.

(11) Scalig. in Catalli Epigr. X.

(12) On le met a Van 754 de Rome.

(i3) Servius in Ecl. IX, vs. 29.

ALFONSE. Cherchez les rois de ce nom sous celui de leur royaume *.

* Cesl-à-dire , aux mots Castille , Na- PLES et Portugal.

ALYPIUS , d'Antioche , vivait sous l'empire de Julien l'Apostat.

Il avait déjà commandé dans l'Angleterre , lorsque ce prince eut la fantaisie de faire rebâtir le temple de Jérusalem , et le préposa à ce travail . Alypius hâtait l'ouvrage avec une grande force , et se trouvait secondé par le gouverneur de la province («).

Il fallut néanmoins qu'il aban-

(a) Voyez la remarque (A).

donnât l'entreprise ; les feux qui sortaient de dessous la terre rendirent le lieu impraticable. Huit ans après il se trouva enveloppé dans l'horrible persécution qui fit périr une infinité de personnes , et qui fut excitée au commencement contre ceux qui avaient cherché par la luagie quel serait le successeur de Valens. Quand ceux qui reçurent la commission d'informer contre les coupables eurent mis les choses en train , ou ne vit que personnes accusées et tout aussitôt condamnées et punies. Alypius , qui s'était réduit à une vie privée pour y jouir des agrémens du repos , y fut attaqué par des délateurs. On l'accusa d'empoisonnement {b). Il fut banni : tous ses biens furent confisqués. Son fils Hiéroclès , condamné à mort pour la même accusation , fut sauvé heureusement lorsqu'on le menait au supplice (c). La nouvelle de cette heureuse rencontre adoucit l'affliction d' Alypius dans son exil.

Il y a beaucoup d'apparence que l'auteur d'un om-rage de géographie qui plut beaucoup à .Tulien l'Apostat, ne diffère point de notre Alypius (A) ; mais je ne crois point que cet ouvrage soit la Description du vieux monde que Jacques Godefroi a traduite de grec en latin (B). Je ne connais pas bien cet Alypius qui fit un 'Traité de Musique intitulé Ei- (jys/<ji'^lh ao-jfjLy.r;, Iiitroduclio inusica, dontCassiodore parle. Meursius est le premier qui l'a publié en grec (d). M. Hofman eût

(6) yoyez la remarque (A.).

{c\ Voyez comment , dans l'article d'HiÉ-

liOCLÈS.

{d) Vossius, de Scient. Malhem., j)ag. 9^. TOJIE I.

ALYPIUS. 449

mieuxfait d'oublier entièrement cet article (C^. Voyez ses fautes dans la première édition de mon dictionnaire (e).

(e) On a cru qu'on ferait mieux de les remettre ci-dessous dans la remarque [C).

(A) L'auteur d'une Géographie, qui plut a Julien i ^postal , ne diffère point de notre Alypius. ] Cet auteur vivait sons Julien TAposfat. On a deux lettres que ce prince lui c'crivit, qui témoignent qu'Alypius était frère de Césarius , et qu'il exerçait une charge considérable (1). Ce dernier caractère convient admirablement à Alypius d'Antioclie qui , après avoir été lieutenant de gouverneur en Angleterre, fut envoyé dans la Judée, pour y avoir l'intendauce de la construction du temple. Ammien Marcellin nous apprend toutes ces choses :

yîmbitiosunt quondarn apud Hierosolymam templum.... instaurare iumptibus cogitabat imniodicis : negotiumque maturandum yi/rpio dederat Antiochensi, qui nllni Rrilannias curai'erat pro prœfectis. C'uni ilaque rei idem fortiter instaret Alypius , jufaretque proi'inciœ rector , metuendi globi flammarufit prope jundnntenta crebris assultibus erunipentes frctre locurti erustis aliquoties operantibus inaccessuni (2). Voici comme il parle dans le XXIX^. livre : Ecce autsnt Alypius quoque ex i^icario Britanniaruni, placiditatis homo jocundœ , post aliusain et reposilani uitani ( quoniam hue usque injustitia letenderat tuanus ) in squalore niaximo l'olutatus ut l'cne- Jîcii l'eus citatus est cuin Hierocle Jîlio (3).

(B) Je ne Cl ois pas que cette Géographie soit la Description du i^ieux monde , que Jacques Godefroi a traduite de grec en latin. ] Cette Description est un ouvrage anonyme , composé sous les empereurs Constantius et Constans. On en avait une ancienne traduction latine fort barbare , que Saumaise communiqua au docte Jacques Godefroi. Celui-ci la fit sor-

(i) Vojrex la remarque (B).

(2) Amm. Marcelliii. , lib. XXIII , cap. I , pag. 35o , ad ann. 363.

(3) Idem, lib. XXIX , cap. I^pag. 55G, ad ann. i'i.

ALYPIUS.

tir de dessous la presse , avec le texte grec , et avec une nouvelle version accompagnée de notes (4). Vossius ne s'éloigne pas de croire que l'auteur de cette Description est le même Alypius qui envoya à Julien TApostat un ouvrage de géogiapliie : mais , si cela est , ajoute-t-il, il faut rlire , selon la remarque de Jacques Godefroi, qu'u4lypius la composa avant que de commander en Angleterre ; car on n'y parle de celle île que sur la foi d' autrui: « Britannia, proi'incia, sicut qui )> fuerunt narrant , faldè maxima- »

Pour moi , je conclurais volontiers de ce passage , qu'Alypius n'a point fait cette Description 5 voici sur quoi je me fonde : Il avait été lieutenant en Angleterre depuis long-temps , lorsque Julien lui donna la commission de faire bâtir le temple de Jérusalem : JVegotiumque maturandumyilfpio dederat Antiochensi , qui olim Britannias cura^'crat pro prtefectis (5j. Il envoya sa Géographie à cet empereur, pendant qu'il commandait sous lui dans quelque province. Il était donc en état de parler de l'Angleterre comme témoin oculaire. Il n'est donc point l'auteur de la Description du vieux monde , dans laquelle on ne parle de cette île que sur la foi de ceux qui y avaient voyagé. Qu'on ne me dise point qu'il a fait deux livres , l'un avant que d'aller en Angleterre, l'autre sous Julien l'Apostat ; et cpie le premier est la Description publiée par Godefroi : car il y a beaucoup d'apparence que s'il eût fait cette Description , il l'eût insérée dans l'ouvrage qu'il envoya à Julien^ et qu'ainsi, l'on ne se fût plus soucié du premier ouvrage. Il se serait donc perdu , et Ton n'aurait pas aujourd'hui le livre que Godefroi a traduit et orné de notes. Au reste , nous apprenons de Julien , qu'Alypius était poète : "Tè-Xu "j/àp , dit-il (6), ka) to. (ftciypâ./ji/ijia.'Tsi.

ttÙTd wp&s-âêic TO!/c lâfASovç. Sunt cnlm in ed (tabula) tum descriptiones prioribus meliores, tum iambi quibus eam exorndsti. Il approuve ensuite la manière dont Alypius traitait les peuples, et le loue de se servir tantôt de

(4) Vossios , de Scient. MatViem. , j>ag. 248.

(5) Amm. Marcellin. , lih. XXIII l , cap. I.

(6) Juliani Epislola XXX.

douceur, et tantôt de fermeté, riifî Si

THV «fioJXJKTiv Tû)V TrpoLyy.ArcDy , sti /iaç-Jiplonç ky-ct Ktti Trpctcoç enrctVTa. TnpoLtvnv 7rpo9u//>ï truvKSoy.ièa. , /ui^cti yà.p TrpçtoTH- Tst ncti trcetfpda-uvtlV OLvépiia. xsLi pûjuK , aa.! TM f/.h Xfn<rbct.i TTfoç Tot/ç tTrtîtKiç â.~

TÙUÇ, TH cTê iTTl Tû)V TTIJVtlpùOV ÀTrO.pO.tTKrti;

Trpoi 'iTTdvôpSoDtny où jmittpâiç îçi (^{lo-iuç , oy<r' ÀpiTiiç ïpyat. De reipublicœ autem administratione qubd diligenter et hunianiter Iransigere omnia sludes gratum est. Etenim lenilatem ac moderationem cum Jbrtiludine et robore ita teniperare ut illâ erga bonos viras utare, hanc ad pravos severècorrigcndns adhibeas , non mediocris ingenii ac virtutis est.

(C) M. Hofman eût mieux fait d'oublier entièrement cet article. ] 1°. En premier lieu, il écrit Alipius; 2°. il dit qu'Alipius d'Antioche est l'auteur de la Description du vieux monde j 3°. que cette Description fut publiée en latin , sous Constantius et Constans ; 4°* qu'il y a un autre Alipius d'Antioche , qui a composé quelque Traité de Géographie; 5°. quec'est Ammien Marcellin qui l'assure. M. Hofman ne dit que cela : il tombe donc dans plusieurs fautes d'omission ; mais le pis est que le peu qu'il dit est tout plein de fautes de commission.

ALYPIUS, philosophe d'Alexandrie , contemporain de Jamblique , et l'un des plus subtils dialecticiens de son temps , était petit comme un nain ; mais son esprit réparait ce défaut-là. Il eut beaucoup de sectateurs auxquels il se contentait de donner des instructions de vive voix, sans leur rien dicter. Cela fit qu'on le quitta pour s'attacher à Jamblique , sous qui l'on pouvait profiter en plus de manières par des leçons et par des écrits. Jamblique, ayant eu quelques entretiens avec notre Alypius , fit grand cas de son jugement et de son génie , et composa même sa vie , oii il loua de plus sa vertu et la fermeté de son âme. Alypius

ALYPIUS

mourut fort âgé , dans la ville d'Alexandrie (a).

(a) £unapiu3 in Vitâ Jamblic.

ALYPirS , évêque de Tagaste, sa patrie (n) , fut un des bons amis de saint Augustin. Il fut baptisé à Milan avec lui , l'an 388. II fit un voyage dans la Pa-

lestine cinq ans après ; et si d'un côté le grand bien qu'il dit de saint Augustin à saint Jérôme servit de ciment à l'amitié de ces deux pères , il semble de l'autre qu'à son retour en Afrique , il refroidit un peu le cœur de saint Augustin. On croit que ce fut en lui rapportant le mal que disaient de saint Jérôme les adversaires qu'il avait à Jérusalem.

Alypius ne parvint à l'épiscopat de Tagaste qu'en Sg-j , un an après son voyage de Palestine. Il assista l'an 4^3 au concile de Carthage , où l'on chercha les moyens de faire rentrer les donatistes dans l'unité. Les grands biens que fit Pinianus à l'église deTagaste lorsqu'il y alla en 409, accompagné des deuxMélanies et d'Albine sa belle-mère , exposèrent Alypius à la médisance ; comme si , par ses beaux discours et par son adresse, il avait trop extorqué de ces bonnes et saint Algustix chari tables personnes. Les habitans d'Hippone murmurèrent furieusement contre lui , parce qu'i Is le regardèrent comme la cause qui leur avait fait manquer la proie qu'ils croyaient avoir entre les mains. Ils avaient obligé Pinianus , bon gré malgré qu'il en eût , à promettre qu'il embrasserait la prêtrise dans leur ville :

ses grands biens les avaient por-

{oj Cest une ^/ille d'Afrique.

tés à lui faire cette violence. Dès le lendemain , il sortit d'Hippone et s'en retourna à Tagaste. II ne se crut point obligé par une promesse aussi forcée que l'avait été la sienne. Alypius fut l'un des sept prélats catholiques qui disputèrent en 41 1 avec sept évéques donatistes , dans la fameuse conférence de Carthage. Il fut député , en 41g , à Honorius , par les églises d'Afrique. Le pape Boniface le reçut avec mille marques d'amitié , et le chargea d'envoyer à saint Augustin quelques lettres artificieuses que les pélagiens répandaient par les églises. On souhaitait que saint Augustin , la meilleure plume du temps , les réfutât. Il n'y manqua point : il employa toutes ses forces {h) ; mais Alypius réfuta encore plus fortement cette hérésie , par les arrêts sévères qu'il obtint à la cour d'Honorius contre les pélagiens (A).

Nous connaîtrions mieux ses actions et son mérite , si nous avions l'ouvrage que saint Augustin promet là-dessus dans une lettre qu'il écrit à saint Paulin (B). Au reste , il s'en fallut peu qu'AK^Dius ne se mariât. ^ oyez la remarque (B) de l'article de

(^) Tiré des Annales de Baronius , aux années qu'on a marquées.

(A) H obtint — des arrêts sévères contre les pélagiens ] Baronius naffîrtne point que les éghses d'Afrique aient envoyé Alypius à l'empereur , pour lui demander l'usage du bras séculier contre les sectateurs de Pelage : il se contente de le conjecturer, et de fonder sa conjecture sur les ordres qui furent espe'die's en la même année par l'empereur Honorius contre les pélagiens d'Afrique. Mais Ai. Maimbourg ne parle point de ceci comme

452 ALYPIUS.

d'une chose douteuse , puis qu'après avoir comparé odieusement la conduite des ministres avec celle des peïagiens , il ajoute (i) : « Ce qui a com- » blé de joie toute la France , est >' qu'une ordonnance si juste a été î> bientôt après suivie de ce grand Edit

V d'octobre, qui a donné le dernier /-ii i • ^ \ r '7-

J) coup fatal à l'hérésie , en défendant »"* Ulybrius {a) , lut préfet de » l'exercice public de la prétendue ré- Rome, sous l'empereurThéodose.

Baronius l'a prouvé par des inscriptions {b). Il ajoute qu'on a plusieurs lettres de Symmaque à

tur, et tu qui nosti quomodo hcec legas 5 propter alinriim cauendam infirviitalent , fratci'nœ notiliœ deblto J'ruudareris.

ALYPIUS ( Faltonius Probus), frère de Q. Clodius Hermogénia-

« formée , renversant tous ses tem- 3> pies , et bannissant ceux d'entre 3) ses ministres qui ne voudraient pas }) renoncer à leurs erreurs. Et c'est i> là justement ce que l'empereur Ho- 3' norius fît contre les péiagiens , à la » requête du clergé d'Afrique , pré- ^■> sentée par Alypius. Car , par Tédit 3) que ce prince lui accorda pour le y bien de toute l'église , celte hérésie » fut exterminée de l'empire : on dé- J) fendit à tous ceux qui pouvaient en- 31 core en être suspects de s'assem- » hier , et l'on chassa de leurs sièges î) ces faux évêques, quine voulurent « pas souscrire à sa condamnation. »

(B) Saint yliigustin avait promis la fie d' /Hypins dans une lettre écrite a saint Paulin. '\ Comme ce qu'il dit dans cette lettre (2) peut donner une idée générale du mérite d'Aljpius , il est bon de le rapporter ici : Est etiarn

cet Alypius (A) ; il cite le Martyrologe romain , qui témoigne que saint Almachius fut tué par les gladiateurs sous la préfecture d'Alypius (B) : enfin il conjecture , 1°. qu'Alypius, gouverneur d'Egypte , avec lequel Jean l'Anachorète eut une conversation (C), est le même que celui dont je parle dans cet article ; 2°. que cet entretien de l'anachorète convertit Alypius. Un savant Anglais * a conjecturé que le martyr saint Almachius est un saint

esi uon ae le lapporiei ii:i ; j:.sc eiiarn • , • • . 1 .•. j

aliudquoistu7nfratreman,pliùsdUi- "^^ginaire , et que le t.tre de

gas , nam est cognatus l'enerabilis et ^ airaanach a produit cette mer-

^erè beau episcopi Aljpii queni toto veilleuse canonisation (D). pectore amplecteris et mérita : nam quisquis de illo i^iro bénigne cogitât ,

de magna Dei misericordiâ et de mirabilibus Dei muneribus cogitât. Itaque ciim legisset petitionem tuain qud desiderare te indicâsti ut historiam suam tibi scnberct , et i^olebat Jacere propter benefolentiani tuain , et nolebat propter t'erecundiam suam , quem ciim fiderim inter ainorein pudorenupie Jluctuantem , anus ab illo in humeros meos transtuli : nam hoc mihi etiani per epistolam jussit. Cita ergà , si Dominas adjui^erit, totum Atypium inserayn prœcordiis tuis : nam hoc sum ego maxime ueritus , ne ille t'ereretur aperire omnia quœ in eum Dominus contulit , ne alicubi miniis intelligenti (non enim abs te solo illa legerentur) non diuina munera concessa hominibus , sed seipsum prœdicare fidere-

(i)Maimbonrg, Histoire du Pontificat desaint Léon , lif. I , png. 35 , édu. de Hollande. (a) C'en la XXXJI^.

{a) Saille Dé/nelriade est fort louée par les pères.

(6) Baronius , ad ann. SgS , num. 18.

* Jolj- nomme ff^afier, auteur de /'Enthousiasme de l'Eglise Romaine, et prétend (jue Bajle n'a composé cet article Alvpius, que. pour essayer de prouver que saint Almachius est un saint irnaf> inaire. Il combat en conséquence Buj-le , Waker et la Croze qui avait rendu compte de Vouvrage de JFaker dans le tome XI de la Bibl. Universelle.

(A) Baronius dit qu'on a plusieurs lettres de Symmaque à cet Alypius.^ Voici ses paroles : Ad eundem quoque Alypium complures extant epistolœ Sjmmachi , deque eo meminit in epistold ad FLn'ianum (i). Il cite la LXXXIF. leltre du II", livre de Symmaque. Dans mon édition je trouve à la LXXXIIF. ces mots : Jamprident domino etjratri meo Alipio comita-

(i) Baronius , ad ann, 3r)5 , num. 18.

ALLATIUS.

Uim sacrum visere atque adiré cupienti.

(B) Saint Alniachiusfut tué par les gladiateurs sous la préfecture d'Alypius.'\ Il avait voulu faire cesser le culte des fausses divinités le jour de l'octave de Noël (c'est le premier jour de l'an), et il lui en coûta la vie.

Voici les paroles du martyrologe, sous le i^''. de janvier: Romœ sancti Almachii martyris, qui, juhente Alvpio urbis prœfecto , ciim diceret , « Hodie i) octat'œ Dominici diei sunt , cessate 3) h superstilionibus idolorum et à sa- » crificiis pollulis , ■» a gladiatoribus occisus est (2). Théodoret , au chapitre XXVI du V^. livre de son Histoire Ecclésiastique, parle d'un moine nommé Télémachus, qui , du fond de l'Orient , vint à Rome , pour travailler à l'abolition des jeux des gladiateurs. Il eut le courage d'aller catéchiser ces gens-là, au plus fort de leurs exercices sanguinaires; mais les spectateurs lui en surent si mauvais gré , qu'ils le lapidèrent. Honorius, l'ayant su , le fit mettre au rang des martyrs, et commanda qu'on abolît ces sortes de jeux. On (3) voudrait réduire à un seul fait ce que vous venez de lire, et ce que j'ai cité du martyrologe. On serait bien aise que nous crussions que Théodoret a nommé Télémachus celui qu'il fallait nommer Alinachius ; qu'il a transporté à l'empire d'Honorius ce qui s'était fait sous celui de Théodose; et qu'il a imputé aux spectateurs l'action des gladiateurs. Sur ce pied-là , il se tromperait en trois choses.

(C) Baronius prétend que ce fut ai'ec Alypîits , que Jean l Anachorète eut une cont^ersation.'] Baronius cite sur cela un long passage (4) , où l'on apprend que le bon Palladius trouva fort mauvais que l'anachorète l'eût quitté, pour aller entretenir Alypius, gouverneur de la province. Le dépit qu'il en conçut lui donna quelque mépris pour l'anachorète, et lui inspira la résolution de se retirer. Il aurait exécuté celte pensée , si l'anachoi^ète ne lui eût fait dire d'attendre encore. Palladius connut alors qu'il y avait un grand fonds de spiritualité dans cet

(2) Baronias , ad ann. 3g5 , num. ig.

(3) Baronius , ibid. , nutn. 20.

(4) Pallad. in Lausiac. , cap- XXJf ; apud Lipoic. , loin. III.

homme, et un talent tout particulier de devinerlespensees.il attenditdonc jusqu'à ce que le gouverneur se retirât, après quoi l'anachorète fit ses excuses.

(D) Saint A Imachius est un saint imaginaire, et le litre de lalmanack a produit celte men'eilleuse canonisation.'\ Ceux qui ne pourront pas se servir du livre anglais, imprimé à Londres en 1688, et intitulé , The Enthusiani of'lhe Church of Borne, c'est-à-dire, L'Enthousiasme de l'Église Romaine, pourront consulter le onzième volume de la Bibliothèque Universelle , à la page iSg. Ils y verront que, suivant les conjectures de l'auteur anglais , quelque moine ignorant du f^Il''. ou T'^lll'^. siècle, voyant au haut du calendrier S. Almanachum, écrit par ahrél'iation, selon la coutume de ce tempslà, S, Almâchum, pi'it ce mot peu usité alors pour le nom de quelque saint , lui donna une terminaison en us , et le plaça au premier jour de l'année.

L'ignorance et le hasard n'eurent pas plustôtmis au monde ce noui'eau saint, qu'il trouwa des martymlogistes qui lejirent tuer dans l'amphithéâtre de Rome sous le préfet Alypius, par les gladiateurs qu'il voulait empêcher de combattre. Aucun ancien auteur ne fait mention de celte sainte hardiesse (5). Alcuin {*) est le premier qui en a parlé d'une manière assez douteuse.

(5) Il est pourtant vrai que Théodoret la donne au moine Télémachus : voyez la remarque (B).

(*) De divin. Oflic. , cap. ÏF.

ALKINDE, ou ALKINDUS.

Cherchez Alchivdus.

ALLATIUS ( Léon) , garde de la hibhothéque du Vatican , natif de l'île de Chic , est un des plus fameux écrivains du XVIF.

siècle. Il était laborieux et infatigable , avide de manuscrits , doué d'une grande mémoire , très-propre à rassembler des matériaux , et digue par conséquent du poste qu'il occupait , quoique d'ailleurs il n'eût pas une fort grande pénétration , ni une manière de raisonner qui sentit un

A LL ATI US.

bon logicien

Je ne paile point des emplois qu'il eut avant que de devenir bibliothécaire du pape; et je n'ai pas même examiné si M. Moréri , qui en a fait mention assez amplement , a eu toute l'exactitude qu'il fallait. Si j'ai quelque chose à dire là-dessus ,

lecture et d'érudition que d'esprit et de jugement. Il découvrait assez bien les fautes de ceux contre qui il écrivait ; mais il mêlait à sa découverte trop d'aigreur et trop d'insulte. C'est ce qu'on peut voir principalement dans les Dissertations qu'il a pu-

ce ne sera que dans les remar- bliées contre M. Creygthon , au

sujet du concile de Florence (a).

On peut connaître son génie et celui de sa mémoire , par les sauts qu'il faisait d'une matière à une autre dans un même volume. M. de Sallo n'a été rien moins que son admirateur en cela (F). Allatius mourut à Rome , au mois de janvier 1669, âgé de quatre-vingt-trois ans {b).

Il avait fait souvent des poèmes grecs. Il en fit un sur la naissance de Louis XIV, où il faisait parler la Grèce. Il le fit réimprimer à la tête de son livre de Perpétua Conseiisione , etc.., qui est dédié à ce monarque. J'oubliais de dire que MM. de Port- Royal n'ont pas manqué de répondre quelque chose à M. Claude , en faveur d'Allatius (G),

ques (A). M'abstenant donc de dire ici ce qu'on peut trouver dans son Dictionnaire, je ne toucherai que certaines choses qui n'y sont point. Allatius a été d'un grand secours à MM. de Port- Royal dans la dispute qu'ils ont eue avec M. Claude, sur la créance des Grecs à l'égard de l'Eucharistie. M. Claude le nomme souvent le grand auteur de M. Arnaud., et nous en fait une peinture très — peu honorable ( B ).

M. Simon ne lui donne guère de bonne foi(C). Jamais Latin de naissance n'a été plus emporté contre les Grecs schismatiques , qu'Allatius , ni plus dévoué au siège de Rome. Il ne s'engagea ni au mariage ni aux ordres ecclésiastiques ; il en donna une raison qui mérite d'être sue (Dj.

Tl serait difficile de trouver dans l'histoire des auteurs une singularité plus notable que celle qui concerne une plume dont il se servait (E). Il a donné au public quantité de livres , soit en faisant imprimer des manuscrits , soit en traduisant des auteurs grecs , soit en composant de son propre fonds. La liste qu'on voit dans le Dictionnaire de Mo-

(a) Voyez le Journal des Savans, du i5 de novembre 1666.

{b) Henn. Witte , Diarium Biograpli. ad ann. 1669. Moréri met sa mort en 1670.

(A) Si j'ai que/que chose à dire de ses premiers emplois , ce ne sera que dans les remarque s, '\ Je trouve dans Lorenzo Crasso (i) , que Leone AUacci (c'est ainsi qu'il le nomme) n'avait que neuf ans lorsqu'il fut porte de l'île de Chio dans la Calahre, où il

trouva la protection d'une puissante famille (2). Au bout d'un certain temps , . j. . . il fut envoyé à Rome , où il étudia

reri ne distingue point ces trois les humanités , la philosophie , et la espèces d'ouvrage , et ne com- théologie , dans le collège des Grecs.

prend pas tout ce qu'Allatius a ^.^ Lorenz» Crasso , Istorla de- Poe.i Greci .

publie. On peut remarquer dans p"»- ^°^- ^ojez aussi ses Eiogii d'Huomiin

j -• 1 , , Letlerati, tom. I, pas. 3q7 el suiv.

ses productions beaucoup plus de (,) cdu des Spindu.

ALLATIUS.

Il fut élu à Naples grand-vicaire de Bernard Justiniani , ëvêque d'Anglona. Il retourna dans sa patrie ; et , n^ trouvant rien à faire selon ses désirs, il revint à Rome où il étudia en médecine sous Jules César Lagalla , et voulut recevoir le doctorat en cette science. Il tourna ensuite ses études du côté des belles-lettres, et enseigna le grec dans le collège de sa nation.

La mort de Grégoire XV lui fit perdre la récompense de la commissiou qu'il avait eue, de faire transporter à Rome la bibliothèque de l'électeur palatin (3). li entra quelque temps après chez le cardinal Bichi^ ; puis chez le cardinal François Barberiu : enfin il reçut du pape Alexandre VII la garde de la hibliofhéq'ie du Vatican. Lorenzo Crasso ne dit que cela dans le livre que j'ai cité, j'y ajoute qu'Allatius avait été long-temps bibliothécaire du cardinal Barberiu.

(Bj M. Claude enfait une peinture très-peu honorable. ] Allatius « était » un Grec qui avait quitté sa religion « pour embrasser la Romaine ; un j> Grec , que le pape avait fait son bi- » bliothécaire j l'homme du monde « le plus attaché aux intérêts de la 31 cour de Romej l'homme du monde )' le plus malin , et le plus outrageux « contre les personnes ; l'homme du » monde le plus animé contie les » Grecs , qu'on appelle schismati- » ques , et en particulier contre Cy- » rille 5 et au reste , un vrai vendeur » de fumée (4) — Son attachement à » la cour «le Rome paraît dès l'entrée » de son livre de Perpétua Consenti iione ; car voici comme il parle en )' faveur du pape (*) : Le pontife ro- 5) tnain , dit-il , ne relève de personne; •» il juge tout le monde , et n'est jugé » de qui que ce soit ; il lui faut rendre j) obéissance . encore qu'il goui'erne » iniquement ; il donne les lois sans » en recci'oir ; il les change com- » me il lui plaît ; il crée les magis- » trats , il détermine les choses de la 1) Joi , il ordonne comme bon lui semn ble des grandes affaires de l'Eglise,

(3) Moréri met cela à l'an i6ii ; mais Heidelberg ne fut pris qu'en 1621.

* Leduchal remarque qu'il fallait écrire Biscia au lieu de Bichi.

(4) Claude , Réponse au livre de M. ArnauJ , /il'. /// , chap. XII , toin. I , pag. 452 , édit. H1-80.

(*) Allât, de Perpet. Cous., lib, I , cap, II.

Quand il poudrait errer, il ne le peut ; car il n'y a ni infidélité , ni illusion , qui puisse aller jusqu'à lui ; et quand un ange dirait autrement , étant muni comme il est de l'autorité de Jésus -Christ , il ne peut changer. L'aigreur avec la-

auelle il traite ceux contre qui il ispute , comme Chytréus , Creygthon , l'archevêque de Corfou , et quelques autres , qu'il attaque de gaieté de cœur , se découvre par la simple lecture de ses écrits : cha-

3ue période les honore de quelqu'un e ces beaux titre , sots , menteurs , hébétés , champignons pouris , bouches infernales , garnemens , impudens , et autres termes semblables (*') , qui ne marquent pas un esprit extrêmement modéré. Pour nous prouver la conformité de l'Église grecque avec la romaine dans les choses essentielles, il prend pour principe de ne reconnaître pour la véritable église grecque , que le parti soumis au siège de Rome ; et , à l'égard des autres Grecs , qu'il appelle hérétiques et schismatiques , il soutient fièrement qu'on fait bien , i ((uand on peut , de les réduire à ' l'obéissance par le fer et par le feu j • qu'il faut proscrire , exterminer , i punir les hérétiques , et , s'ils sont ' opiniâtres , les mettre h mort et les I brûler (*') : ce sont ses termes. » M. Moréri n'avait-il pas beaucoup de raison de le traiter de bon homme ?

Cet éloge méprisant est-il dû à ceux qui ne parlent que de lois pénales , que d'extirpation , que de droit du glaive , que de fer et que de feu , quand il s'agit de savoir ce qu'il faut faire aux hérétiques ?

(C) 31. Simon ne lui donne guère de bonne foi. ] Tout le premier chapitre de l'Histoire Critique du Levant a pour but de faire voir que Léon Allatius s'est emporté sans raison contre Caucus , archevêque de Corfou ^ que Caucus n'a point imputé aux Grecs des opinions , ou des pratiques qu'ils n'aient pas ; et qu'Allatius , pour être agréable au pape Urbain f^lll , qui ai'ait alors formé le des-

(*') Vide Allât. d<- Perpettin Cons., lib. III, cap. Xr, XVI , XVII , XVIII, fiadvers.

Creygtli. passhn.

('^) Allât, de Perpet. Tons. , Ub. II, eaj>- XI JI , et Ub. III , cap XI.

ALLATIUS.

sein de réunir les Grecs afec l'église romaine , par des voies d'adoucissement , a adouci beaucoup de choses danslessentimensdes Grecs. C'estdire assez clairement qu'il a été de mauvaise foi ; car , si Caucus a raison , on n'a pu le contredire par complaisance pour le pape, sans sacrifier la bonne foi à la maxime d'état.

(D) La raison qu'il donna , pourquoi il ne s'engagea , ni au mariage , ni aux ordres ecclesiaiiiques , mérite d'être sue. ] Le pape Alexandre VII lui demanda un jour pourcpioi il n'embrassait pas le sacerdoce. Cest afin , lui rcpondit-il, d'être toujours prêt a me mnner. Mais pourquoi donc , reprit le pape , ne uous mariez-uous pas ? Cest afin , répondit Allatius , d ai'oir toujours pleine liberté de me faire prêtre (5) . Il passa ainsi toute sa vie à délibérer entre une paroisse et une femme : il se repentit peut-être en mourant de n'avoir choisi ni l'une ni l'aulie ; mais il se serait peut-être repenti trente ou quarante ans de suite d'avoir choisi ou l'une ou l'autre *.

(E) C'est quelque chose de très-singulier , que ce qu'on dit d'une plume dont il se servait. ^ Cette particularité vient du même lieu que la précédente, savoir de Jean Pastricius, bon ami d'Aliatius , héritier de ses livres , et principal du collège de propagnndd fide. 11 raconta à dom Mabillon (6) qu'AUatius , s'étant servi d'une même plume (7) , pendant quarante ans , pour écrire en grec , et l'ayant entin perdue , en pensa pleurer de douleur. 11 écrivait avec une extrême vitesse 5 car il copia dans une nuit le Diariuni Romanorum Pontificum , qu'Hilarion Fiancalus , moine de Citeaux , lui avait prêté (8> On ne voulut point permettre à Allatius de le donner au public.

(F) // sautait d'une matière à une autre... On ne l'a pas admiré en cela.'] Voici comme M. de Sallo eu parle , après avoir observé que la principale pièce d'un ouvrage d'Aliatius était

(5) Mabillon, Musœum liai. , tom. /, p. 61. * Joly du quAllalius avait pris les ordres

tnineurs.

(6) Ibidem.

(') Voyez ce qui sera dit dans l'article de'LjmttioT, muine Olivelan. [Cet article n'existe pas.] (8j Mabillon, Musa;uai liai. , pag. 7-.

une plainte de Ja Vierge. « Celfe w plainte , dit-il (9) , a été composée )) par Métaphraste , d'où Léo Alla- ■» tins a pris sujet de nous donner un j; éloge de Métaphraste , écrit par V Psellus. Et , comme Métaphraste » s'appelait Siméon , il a aussi pris 1) de là sujet de faire une très-longue » dissertation sur la vie et les ouvra- )) ges des grands hommes qui ont eu » le nom tle Siméon. Des Siméons , il » a passé aux Simons : de ceux-ci , M aux Simonides 5 entin , de ces derw niers , il est venu aux Simonacti- » des. Ce genre d'écrire est du goût de » Léo Allatius ; car il a déjà fait d'aui> très dissertations sur la vie et les » ouvrages de quelques auteurs qui )) ont porté des noms équivoques , » comme celui de George , celui de » Méthodius , celui de Nicetas , celui » de Philon, et celui de Psellus , sur » tous lesquels il a fait divers écrits. » Ces sortes de desseins sont d'une in- )) vention nouvelle : au moins, ne nous )) reste-t-il rien de semblable dans les » ouvrages des anciens, w Diogène Laërce n'oublie guère de marquer, à la fin de chaque Vie des Philosophes , ceux qui ont porté le même nom qu'eux , et il cite Démétrius Magnés , qui avait écrit un livre Tjfi

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de Uomonjmis pnètts ac scriptoribus (loj. Voyez la remarque (H) de l'article Apoilonics de Tyane. Allatius n'est pas même le restaurateur de ces desseins : Meursius , avant lui , avait publié divers traités de cette nature.

Voyez M. Teissier, dans sa Bibliothèque des bibliothèques , où il donne la liste des auteurs qui ont exercé leur plume sur ce sujet (i •)• i' '^'' appelle Scriplores de Uomonymis. Selon M. de Sallo, il faudrait traduire Homonjmi par ceux qui portent des noms équil'oques ; mais , ne lui en déplaise , ce serait mal traduire. On n'a jamais dit que les princes de même nom , les Charles, les Louis , les Henris , aient eu des noms équivoques. Les noms de cette nature sont ceux qui se peuvent prendre en diflerens sens 5 c'est là leur espèce et leur usage , tant en logique que dans le langage ordinaire.

(g) Journal des Savans , du ig janvier i665.

(10) Diog. Laërt. in Epimenide, Lib. I , nuin.

(11) Teisserii Calai, catalogor. , p.^g. 35j.

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