ALMAIN
" gens peuvent être emportes , vio- » lens , flatteurs , intéresses , sans » qu'oQ ait droit pour cela de croire « que les passages qu'ils citent soient » supposés. L'on a mohis encore de » sujet de le croire d'Ailatius que » d'un autre , parce que des livres » qu'il a cittjs , lorsqu'ils n'étaieut » encore que manuscrits , ayant été )) imprimés depuis , ont justifié sa fi-
Mais , pour revenir à Léon Allatius , je dois dire qu'il était fort propre à dresser des listes ou des catalogues. Il le fit paraître lorsqu'il publia ses u!4pes urbanœ : c'est un livre qui devient rare , et qui est déjà bien cher en Hollande (12). Il contient une liste de tous les hommes de lettres qui parurent à Rome , depuis l'an i63o jusqu'à i63i , et une liste de leurs
ouvrages. La raison du titre est tirée » délité ; et que d'ailleurs il paraît des abeilles que le pape Urbain VIII » qu'il s'est toujours extrêmement piportait dans ses armes '•'. Il y a une » que de la réputation de savant criautre liste d'Ailatius , qui est moins » tique , et que l'on sait que les connue que celle-là , et qui a pour » gens de cette sorte sont fort éloignés titre Dramaturgia. Elle regarde les » de falsifier les auteurs (lij). » Il est pièces de théâtre et leurs auteurs, certain que M. Drelincourt cite ho- Le livre qu'il publia à Rome l'an 1 636, norablement Allatius, et sn prévaut De Erroribus magnorum virorunt in de sa doctrine louchant la pythodicenJo , contient plusieurs remar- nisse qui fit voir l'ombie de Samuel. <(ues dérobées à Claude du Verdier. Il cite son Traité de JEngaslrimyiho, M. Morhof le lui reproche (i3). publié l'an i63o.
(G) Messieurs de Port- Royal nont ^.^^ R.p„„,, g.„.„lg ^ m. Claude , chap.
pas manqué de répondre quelque chose XIII , pag. 212. à M. Claude , enfai-'eur d'Ailatius. ]
Ils rapportent premièrement une par- ALMAIN ( JaCQUES ) , profes-
tie de ce que M. Claude dit de lui ■ 5^^^ en théoloeie à Paris , dans
et puis, il continuent de cette ma- 1 ,, < -, iv n
nière : « Mais , outre que ces repro- ^^ collège de Navarre , a fleuri au
3> ches en l'air sont toujours de mau- commencement du XVr. siècle.
}> vaise grâce, que les écrits d'Ailatius II était de Sens , et il s'acquit la
5. donnent tout une autre idée de lui, réputation d'un des plus subtils
3> et que ses confrères () en ont parle i- , .• • . j •"-n
« tout d'une autre sorte , en le citant dialecticiens et des meilleurs sco-
M avec éloge ; ils sont encore contre lastiquesde ce temps-lk. Le grand
j) le bon sens : car il y a si loin d'ê- attachement qu'il eut pour la doc-
" tre intéressé ou aigre contre les au- ^^ine de Scot et pour celle d'Oc-
i> teurs que Ion reiute, a être tourbe . j /•> 1 • 1 d- 1 . c ■
.> et capable de supposer de faux pas- '^^^'^ ^t de Gabriel Biel , peut faire
3) sages et de fausses histoires , qu'il foi du caractère de son génie. Il
3) n'y a nulle conséquence de l'un à enseigna la logique et la pliysi-
>. l'autre. Il n'en est pas des vices ^^^ ^ ^vant que d'être agrégé , en
l'année i5o8 , à la maison de Navarre , et il publia des Traités
pas
3j comme des vertus des hommes : ils 3) n'ont nulle liaison entre eux ^ ils sont 3; même souvent contraires : et des
sur ces deux parties de la philosophie en i5o5 et en i5ob. Il fut reçu docteur en théologie , l'an que Us Apes urbauae ont été i^n ; et, l'année d'après, il ex-
..,.'.. ^. ....n.. J fj.^r les soins de J.-A. rabricius en ,. -. , ..-^ i a^
i-^ii II donne aussi i". te titre de deux écrits pliqua , dailS leCOlIegC dC JN 3-
d'Jllalius , omis par le père Nue'ron, aux mé- .,„„„ IpTTT" livrp dp* SpTltpn-
moires desquels il renvoie; 2°. la liste des ou- ^ ^r^^ , 16 111 . llVrC Oes OentCn-
ges promis par Allatius , et non imprime's. CBS. Il fut Cmplové en 06 même
i3) Morh. de Patavin. , vag. 8G. Polyliist. , , , . ^ '' , - t "
temps a écrire pour le roi Louis
(12) On ne l'y trouve point chez les libraires; tnais on ly trouve quelquefois dans ce qu'on appelle Auctions en strie valon. Ce sont les ventes publiques des bibliothèque.
* Jolj note reimprirne'es par
vrag
( pag. 179.
(•) Drelincourt, Dialog de la Descente aux XlIcOUtre le pape JulcS II , et r.nlert, pag. 290 et siiiv. Notez que dans mon ^l l '
édition , qui est la deuxième, il faut chercher pOUr l'autOrite dcS COnCllcS COll-
à la page â^ el aux suivantes et qui concerne , ' ■ . -i j- 1 <^ ;,,i,^,,
Allatius. tre uu ecnt du cardinal La]elau.
ALPAIDE.
Le concile de Pise avait envoyé à soit parle d'Almain. J'y ai bien trouve la faculté de théologie de Paris "° bénédictin nommé Almannus .• le livre de ce cardinal ** , afin qu'elle le fit réfuter. Elle choisit Almain pour cette corvée *'*, et n'eut pas sujet de se repentir de son choix. Ce docteur mourut assez jeune, l'an i5i5. On fit une édition de toutes ses OEuvres (A) à Paris , deux ans ajirès {a). Ceux qui ont dit qu'il était moine se trompent (B).
"Leclerc reproche à Bayle d'appeler Cardinal, à l'occasion d'un livre publié en i5l2, Ciijetan qui n'eul la pourpre qu'en iSiy.
*^ Leclerc assuré qu' Almain entreprit cette réfutation uniquement de son chef.
{a) Launoius , Hislor. Gycun. Navarr. , p. 6ii.
(A) On fit une édition de toutes ses OEuures. ] Ce fut Olivier Lugduneus qui prit cette peine , et qui y
Joignit une Préface, où Alraain est oué très-amplement. Les principaux de ses Ouvrages sont quatre Traités de Morale. Expositio circa decisinnes quœstionum mngislri Gulllelmi Occant de pntestate siimmi Pontificis.
De auctoritate Ecclesiœ et conciliorum. Dlctata super sententias magislri Rnberli H'dcot (i).
(B) Ceux qui ont dit qu'il était moine se trompent. ] Le père Labbe (i) accuse Gesner et son abréviateur Simler , d'avoir avancé faussement ce fait : M. Moréri n'a point manqué de copier en cela le père Labbe. M. de Launoi intente cette accusation à Gesner , mais un peu mieux circonstanciée ; car il le blîime d'avoir dit dans sa Bibliothèque, qu' Almain avait été de l'ordre des franciscains : il ajoute que Possevin , dans son Apparat , s'est contenté de le faire moine (3). Le père Labbe n'a pas employé cette distinction : il a dit qu'Almain a été moine , seTon Gesner ^ mais que, selon d'antres, il a été de l'ordre de saint François. Je ne crois point que Gesner ait dit ce qu'on lui impute; car je n'ai pu lencontrer aucun lieu dans sa Bibliothèque , où il
(i) Laanoliis, Hist. Gymnas. Navar. , p. 6ii .
(2) De Script. Eccl., (cm. /, pag. 488.
(3) Launoii Kist. Gymnas. Pfavar. , pag. 6i\.
un Deneaictin nomme mais on lui assigne pour le temps où il a vécu l'an 890. Quant à Simler , il est fort vrai qu'il a dit que Jacques Almain , moine , a fait un livre contre le cardinal Cajetan, Au reste, M. Moréri n'a pas bien su l'^ge de cet écrivain : iljlnrisscdt encore, dit-il , au commencement du Xf^l^ siècle. Dites plutôt qu'il ne commença à fleurir qu'en ce temps -là.
ALPAIDE , concubine de Pépin , et mère de Charles Martel.
Quelques auteurs assurent , sans beaucoup de fondement , que Pépin se maria avec elle , après avoir répudié Plectrude (A). C'est une opinion assez générale , que Lambert , évêquede Liège, n'eut jamais la lâcheté d'approuver les amours de Pépin pour cette maîtresse , et qu'Alpaïde , indignée de la liberté qu'il prenait de les censurer , fit consentir Pépin au dessein qu'elle fomia contre la vie de ce prélat (B). On ajoute que Dodon , frère d'Alpaïde , fut l'exécuteur de cet abominable dessein ; et qu'après avoir fait ce meurtre , il tomba dans une maladie qui fit naître une infinité de vers sur son corps , et qui l'obligea à se jeter dans la Meuse {a). Lambert a été canonisé : il fut , dit-on , le seul prélat qui osa dire ses vérités à Pépin (C), et il éprouva le même sort que saint Jean-Baptiste. Sa morale était si pure , qu'il ne voulut pas même donner la bénédiction qu'on lui demandait à table pour le verre d'Alpaïde (D). Cette femme se retira enfin dans un monastère {b) , et y mourut. Un
{a) Mézerai, Abrégé Chron., tom. I, pag. 171 , à l'année 707. Cordemoi , Hist. de Fiance, tom. /, pag. 38 1.
{b) Moréri dit que ce monastère a^'oit e'îe
ALPÂ
cloître est ordinairement aux personnes de cette espèce ce qu'était autrefois Ligourue aux banqueroutiers.
fondé par Alpaïde à Orp-le.Grand , dans le Brabant,
(A) Quelques auteurs assurent , sans beaucoup de fondement , que Pépin l'épousa , après ai^oir répudié Plectrude.l M. de Cordemoi (i) remarque qu'ils ne s'appuient que sur le second continuateur de Fredegaire, qui dit que Pépin épousa Alpaïde.
a Mais outre que cet auteur, qui e'cri- »vait (comme tout le monde sait) ■» par les ordres du frère et du neveu 3) de Charles Martel , n'avait garde de » parler des amours de Pépin et d'Al- » jiaïde autrement que comme d'un 1) mariage , il ne dit pas que Plec- » trudeaitété répudiée. Il reste même "plusieurs actes, qui font voir que 3) Plectrude n'a jamais vécu séparée )) d'avec Pépin ; de sorte que , ni se- )) Ion les lois ecclésiastiques, ni selon « les lois civiles , Alpaïde n'a pu être » regardée comme sa femme légitime :
w et , s'il l'a épousée , il a eu deux 3' femmes à la fois. »
(B) Indignée contre Lambert, éuêque de Liège,... qui censurait ses amours, elle forma un dessein contre la i'ie de ce prélat. ] Il ne faut pas s'étonner que le second continuateur de Fredegaire ne dise rien de cette conduite de Lambert , ni des suites funestes qu'on prétend qu'elle eut j il ne pouvait toucher à cela , .sans encourir la disgrâce des parens de Charles Martel , qui se servaient de sa plume : ainsi son silence n'est d aucune force 5 mais l'auteur des Gestes n'en dit rien non plus (2:. Un auteur, qui vivait alors, dit seulement , Que saint Lambert fut tué par un seigneur appelé Dodon , qui voulut venger la mort de deux de ses parens , que les gens de ce saint évéque cwaient tués sans qu'il le sût {i). Si nous savions de quel parti était cet auteur , s'il tenait pour Charles Martel ou pour Plectrude, sïl espérait ou s'il craignait
(i) Cordemoi , Hist. de France , vol. I , p. 38i.
(2) Cordemoi , la même.
(3) Godescalc. in Vitâ S. Lamberti, cap. Vil , cilé par Cofdemoi , là même.