‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 142 sur 158 · BLE · texte numérisé non relu

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comme un homme admirable eu sainteté , et qui faisait beaucoup de miracles (a). // commandoity à ce quon dit , aux strpens :

c'est ainsi que cet historien s'exprime ; mais il dépose sur un autre fait comme témoin oculaire. J'ai vu à son sépulcre , dit-il , un énergumene délivré :

j'jr ai vu un parjure devenu aussi roide qu'une barre de fer ; et après avoir confessé son crime , devenir libre comme il éloit auparavant (b). Quand un homme comme Grégoire de Tours se sert d'un Ofi dit , c'est un signe que la chose n'est pas fort certaine ; néanmoins l'empire sur les serpens * est ce qui passe pour le plus certain de tout ce que l'on attribue à saint Amable. On dirait que c'a été son apanage et son lot; ou, pour parler en Mallebranchiste (c) , que Dieu l'a établi cause occasionelle de la guérison de ceux que les serpens ont blessés. Un auteur moderne qui , tout chanoine qu'il est dans la ville dont saint Amable est patron (d) , ne laisse pas d'avouer, qu'il ne croit pas tous les miracles qui sont rajjportés de lui dans la Vie des Saints (î Auvergne , ni dans plusieurs autres

{a) Grégoire de Tours , de la Gloire des Confess. , chap. XXXIII.

ib Je me sers de la version de l'abbé ie Villeloio.

* Sur cela , Jolj rapporte un conte qu'il donne comme un fait , sur le pouvoir qu'avait contre les serpens un ruban de saint Amable, c'est-à-dire, qui avait touché à ses ossemens sacrés. Il a extrait cela d'une traduction de la Vie de saint Amable , par l'arcliiprêtre Juste , traduction qui parut en 1702, et qu'il reproche à Saj-le de n'avoir pas connue.

(c ! Voyez l'abbé Faydit , Supple'ment ù la Dissertât, sur le Serm. de saint Polycarpe, pag. 3o.

{d) Rioni

AMAMA. 48,

légendes (e) : cet auteur , dis-je, il est assez évident qu'elles signifient

déclare d'autre côté, qu'il croit JI"''I '-'^^it parvenu à l'âge d'homme

fermement que ce saiut a unpou- ,JT''^ ^ avait cinquante ou soixan-

•^ . ^. , r te ans que saint Amable était mort.

i'Oir soui^erain sur les serjjens , Selon cela, la mort de ce saint tom-

parce que tout le monde , depuis berait sur le commencement du VI*.

1 3oo ans {A) , assure en avoir ^i^^le , car Grégoire de Tours n'a

vu des effets merveilleux.... ; '^^'^-7.'!^^" ''"^'^/^"^n'"^ ""''

■^ .jj .j j j ' et 11 est mort 1 an 594 (i). Or SI vers

et que d ailleurs il a eu le bon- la fm du XVII«. siècle il y avait

heur d'en voir aussi lui-mëme{f). i3oo ans que l'on voyait les miracles

Il doute beaucoup de la vérité ^u saint de Riom il faudrait qu'il eût

j» ^ • ^ j-^- ■ X fleuri vers la fin du IV^. siècle • et en

d une certaine tradition qui court „„ ^..^ u «„.,„..„ ^ *"-çic,eien

, 2 ce cas-la , on ne peut pas dire qu un

a tiiom sur ce grand saint, a homme âgé de vingt ans, en 562 ,

savoir, que, quand il alla à Rome ait vécu cinquante ou soixante ans

à pied , le soleil lui servit de ^P'^^s lui.

valet , et lui porta en l'air ses (0 Labbe, de Scriptor. Ecdeslast, . lom I

gants et son manteau , en guise ''' ^^- ■^«P'"'"'^' '-«-' ^- """' - '«« 596. ' de parasol pendant la grande AMAMA (Sixtinus), professeur

chaleur, et de parapluie pen- en langue hébraïque dans l'aca-

danl le mauvais temps (g). Cette demie de Franeker , a été un fort

tradition passe pour si certaine savant homme. Il était de Frise ,

en ce pajs-là, qu'on ne dépeint et il avait été disciple de Dru-

presque jamais saint Amable sius (A). L'université de Leide ,

dans aucuntableau, sans sesgants qui enlève autant qu'elle lîeut

et son manteau soutenus en l'air aux académies voisines leurs plus

par un rajon du soleil. Credat célèbres professeurs , en leur of-

Judœus Apelles [h) , dit-il , no« frant des avantages plus consi-

ego. Cela suffit, sans aucune ré- dérables que ceux qu'ils possè-

flexion de ma part , pour donner dent , tâcha de l'ôler à l'académie

à cet article la forme que ce dic- de Franeker {a). C'était pour

tionnaire semble demander. Un remplir la place d'Erpenius , qui

simple récit de semblables choses avait été l'un des jilus habiles

est un recueil d'erreurs. hommes de son siècle dans les

(e)Faydit, Suppl. à la Dissertât, sur le langues orientales. Amama ne

Sermon de saiat Polycarpe , pag. 102. refusa point cette vocation ; mais

if) Là même, pag. ,01. d'autre côté il ne l'accepta pas

yg) Lameme .pag, \o5. ^ -l > 1 ^ ^

{h)C'estamsi<,ii'aorihographie.-aor^ce, absolument : il uj donna les

dans la Satire V du iiv. /, vs. 100, dit mains quc pourvu que SCS supé-

9^1;/"' ''' ^^'" '''"" ''' "'^'^ '^^ '" rieurs de Frise lui accordassent

son congé. Or c'est ce qu'ils ne

{k) Son pouvoir som'erain sur les firent pas :^') ; et sans doute ils .■.erpe/is est connu depuis ijoo ans.] n- • j 11

Ce calcul ne s'accorde pas exactement améliorèrent de telle sorte sa con-

avec ce qu'on dit dans la page sui- dition , qu'il n'eut pas sujet de se

vante , que saint Grégoire de Tours repentir de n'être pas professeur

n'a uecu qu'environ cinquante ou soi- ^ j^^j^^ Le premier livre qu'il xante ans après saint Amable. 11 n est * '■

pas besoin de prouver que ces paroles (a) En 1626.

ne veulent pas dire qu'il est né cin- «(i) royez l'Épître dédicatoire de l'Anû-

quante ou soixante ans après ce saint : Barbarns BiMicn^.

ASy.

AMAMA.

publia fut un essai d'un très-beau dessein qu'il avait conçu. Il avait entrepris de censurer la version Vulgate , que le concile de Trente a déclarée authentique; et sans attendre que tout sou dessein fut exécuté , il publia la Critique de la version du Pentateuque (c). Voilà par oii il débuta pour s'agréger au corps des auteurs (d). H préparait la suite de cette Critique, lorsqu'il se vit obligé de travailler à une autre chose; je veux dire à conférer la version flamande de l'Écriture avec les originaux , et avec les plus exactes versions.

Cette traduction flamande avait été faite sur la version allemande de liUlher. Il rendit compte de son travail au public par l'ouvrage qui parut (e) à Amsterdam, eu langue vulgaire , intitulé Bj-belsche Conferentie. On a parlé de cet ouvrage dans le Supplément de Moréri (B). Ce soin de collationner occupa beaucoup Amama, de sorte que la publication de ce livre , et celle de quelques écrits de grammaire l'empêchèrent assez long-temps de s'appliquer à la censure de la Vulgate {/)■ Il se remettait à ce travail , lorsqu'il sut que Marin Mersenne l'avait réfuté quant aux six premiers chapitres de la Genèse (C). Quittant donc toute autre besogne , il s'attacha à justifier sa Critique contre ce cen-

(c) Censura Vulgatae latin» editionis Pentateucbi; Franekerœ, 1620, in.^.

(d) Te obsfctricanle ( dit-il à Gomanis ) primus ille adolescentiœ nieœ fœtus in dias luminis oras prodiii. Sixt. Amama, Anti- Barb. Bibl. , pag. 295. Je crois qu'il avait déjà publié en 1618 un petit Traité de Deciniis Mosaïcis , (jui contient 9 pages in-à", et qui a été réimprimé à Londres, l'an 1660.

(e) L'an 1623.

(/■) Sixt. Amama , Anti-Barb. Biblici , p.

seur. Sa réponse est une de»

pièces dont X Anti-Barb ar us Bibliciis , qu'il publia l'an 1628, est composé. Les autres pièces sont la Critique de la Vulgate sur les livres historiques duVieux Testament , sur Job , sur les Psaumes , sur les Livres de Salonion , et quelques Dissertations particulières. 11 y en a une sur le célèbre passage des Proverbes , Le Seigneur m'a créée au corn,— mencement de toutes ses vqyes , oii Amama montre que ceux qui accusaient Drusius de favoriser l'arianisme étaient d'insignes calomniateurs . \] Anti-Barbarus Biblicus devait contenir deux parties , chacune de trois livres.

L'auteur ne donna que la première. On la réimprima après sa mort (D) ; et l'on y joignit le quatrième livre, qui contient la censure de la Vulgate sur Esaïe , et sur Jérémie. Il est impossible de parer les coups qu'il a portés à la Vulgate, et de satisfaire aux raisons par lesquelles il a établi la nécessité de consulter les originaux. Aussi voit-on peu d'habiles Wens de la communion romaine qui nient cela : ils se retranchent à soutenir, pour sauver l'honneur du dernier concile , qu'il n'a point prétendu soumettre le.-?

originaux à l'autorité de la Vulgate. Il n'est pas ici question d'exaininer si l'on peut dire cela dans la bonne foi. Notre Sixtinus exhorta si fortement à l'étude des langues originales de la Bible, qu'il y eut des synodes qui , étant frappés de ses raisons , ordonnèrent que désormais on ne recevrait aucun ministre qui n'eût pour le luoins une médiocre intelligence de l'hébreu et du grec

AMAMA.

de l'Écriture (E). Il ne faut pas oublier parmi ses éloges le zèle qu'il témoigna pour faire cesser dans l'académie de Franeker un

Uuduclion. Sixtinus Amama composn pour ce sujet en flamand un livre inti^ lulë Bybelsche Conlerentie, où il fait voir fort au long les raisons qu'on avait de publier une nouvelle Bible

désordre qui n'y régnait pas avec P""»" '«* églises flamandes. Il assure - ■- ' - """ '- versie>n flamande qu'ils

que

la

moins de débordement qu'aux 7 . , ,

-. ' j»»ii T 1^ ii^a^ent dans leur église, et qui avait

universités d Allemagne. Je parle ^^é prise de celle de Luther , contenait

de l'ivrognerie (F). 11 harangua en de certains lieux plus de fautes

fortement sur cette matière en 9"^ '^^ versets, et il en donne dans

1621. On fut si content de lui en ',f ««7"g« «« gr^nd nombre

, , . . d exemples. Dans ]a nasc 11, M. Si-

Frise, qu après samort, qui arriva ^00 rapporte ceci.... : // est vrai que

le mois de décembre 1629 (g) , les calvinistes des Pays-Bas reje-

on usa de beaucoup de libéralité tèrent leur ancienne version , et en

enverssesenfans, comme Nicolas ^""'P^^^^'^"' "ne nouvelle. Mais s'ils Amama, l'un d'eux, le témoigne avec bien de la reconnaissance , dans l'épître dédicatoire d'un livre (G).

(^) Konig , qui le fait vivre en i63o , et le père Morin , qui suppose dans ses Exercilat. Biblicae , part. I, pag. 61 , qu'il enseignait à Franeker, l'an l633 , se sont donc trompés.

(A) // avait été disciple de Drusius.'] Cela est certain par divers passages de \' Anti-Barbarus Biblicus. Pour ce qui est de Sinesius, dont on le fait disciple dans le Supplément de Moréri , j'avoue qu'il m'est absolument inconnu, et je doute fort qu'on le connaisse dans les Provinces-Unies.

ont suivi dans leur nouvelle traduction lu méthode que Sixtinus Amama propose dans iaBjbeIsche Conferentie, elle ne peut pas être exacte : uar, pour faire sa réjormation , il ne suit que Pagnin , Junius et Tremellius , la Bible de Zurich , la française de Genève , l'allemande de Piscator , l'espagnole de Çyprien de fraiera , l'italienne de Diodati (^), l'anglaise de Genève, et d'autres nouvelles traductions.... défectueuses.

(C) Il sut que Maiin Mersenne l'avait réfuté quant aux six premiers chapitres de la Genèse.^ Ce fut M. Rivet qui le lui apprit; car sans cela, il courait risque de ne le savoir de long-temps : il n'avait jamais ouï dire qu'il y eût un père ûlersenne au monde. Voici comme il parle dans

selon M. Simon, le dessein tle Sixtinus Amama dans ce livre est défaire voir que la Bible flamande, qu'on lisait parmi les protestons des Pays-Bas , et qui avait été traduite sur l'allemande de Luther., était remplie de fautes : et c'est ce qu'il montre foi t bien, ajoute-t-on. Pour donner une instruction plus complète là-dessus , il faut rapporter en propres termes ce qu'a dit l'auteur que l'on cite. Les protestans di's Pays-Bas , c'est M. Simon qui parle dans sa Lettre à M. P.

touchant 1 inspiration des livres sacres , page 10 , n'ont appuyé leur reformation que sur une version flamande , qui avait été Jaite sur celle de Lutiier; mais enfln ils résolurent de travailler a une nouvelle

qui f^ i priorum Lreneseos capitunt adversiis meas stricturas susccpit patrocinium , etiamnùm juxta cum ignarissimis ignorassent. Tu primus mihi indicium, tu voluminis copiant fecisti , tu ad modestam et mansuelam replicationem hortamentis tuis me animdsli. Je m'étonne qu'il n'ait pas inséré dans son Anti-Barbarus l'avantcoureur de sa réponse ; il l'avait publié en l'année 1627 , sous le titre de Epistula TrfiôJ'fo/iAoç ad Marinum Marsennum (2). M. Crenius l'a inséré

(*) Elle n'a paru que bien des années après cei ouvrage d' Amama. Voyez iH. AnciUon, à la page 2 3o du JI'. tome de son Mélange critique de lUtérature.

(\) Elle est datée du 27 de décembre 1626.

(2; Voyei le Cat.ilog. Bibliotheca; Oxodiensis, ou, au lieu de Marsennum, on a mis Mameanaoïi

AMAMA.

dans la III". partie de ses Animadversiones (3).

(D) On réimprima son Anti-Barharus après sa mort.'] Ce fut à Franeker, l'an i656, in-4°. C'est de cette e'dition que M. Baillet a parle' dans ses Anli, à la page 3i5 du 11'=. tome. // ne faut pas oublier, dit-il, I'Anti-

reuses résolutions qui fux'ent prises contre ce désordre ne doivent pas être principalement attribuées à Sixtinus Araama : il suflit de dire qu'il y contribua pour sa part : et , quand il n'aurait fait que haranguer cl que féliciter publiquement ceux qui avaient réformé l'académie sur ce

Barbare, qu'un professeur en hébreu chef, il mériterait bien des louanges

de l'unluersilé de Franeker en Frise, H reconnaît qu'Amesius , professeur

nommé Sixlinus A mania, publia sur en théologie, et Hachting, professeur

le texte de l'Ecriture Sainte, l'an en logique, ayant été agrégés au

i656, i/2-4.° , dans la i^ille où il enseignait.... L'ouvrage est farci de di\^erses petites dissertations et discours qui ne rendent pas son économie fort agréable. Notez qu'on a inséré dans la nouvelle édition des Grands Critiques (4) sa Censure de la Vulgate du Pentateuque, et ses Notes in Libros Historicos , Psalmos , Prot^erbia , et Ecclesiasten , qui n'avaient jamais été imprimées.

(E) Ses raisons portèrent des synodes....à ordonner qu'on ne receifrait aucun ministre qui n'eût au moins une légère intelligence des langues originales de V Ecriture.'] Voici les termes de l'acte qui fut dressé sur cela par le synode de Frise , tenu à

se'nat académique , et se trouvant bien soutenus par le recteur de l'université, entreprirent courageusement, avec un heureux succès , la réformation de ce désordre. Il les en félicite, et leur dédie à cause de cela sa harangue de Barbarie Moriim. On ne sera pas fâché de voir ici comment il s'exprime et les difficultés qu'essuyèrent ces réformateurs. Ad primant occasionem.... intrepidis et commasculatis aninûs horrendas illas et féroces beliuas ebrielatem et licentiam, quœ hic stabulabantur , ex academid ejecistis , ac christianam disciplinant jam desperalam, Deo supra quant il quoquam sperari potuisset benedicente , academiœ redonâstis. Cujus

Harlingcn l'an 1624 : Decretum est ut prœclari et œternd gratitudine dignis- ■' • ■ ... simi facinoris , sicuti inuidiam apud

dissolutam et harbaram juvenlutent susiinuistis , et quasi prœpilatis hastis objecti fuistis soli, iià et œqiiissimiini censeo, ut i.-obis quoque prœ aliis tara egregii operis gloria transe ribatur (6).

in poster um theologiœ candidat i quotquot ad examen ministerii Eccles.

admitli desiderabiint, prœter teslimonia senatus academici et theologiœ professorum exliibeant etiam testimonia professorum ebrœœ et

Qrœcœ linguce , quibiis doceant se in H dit des choses allreuses touchant la prœdiclis linguis eos saltem progressas débauche qui régnait dans quelques

fecisse , ut originalem f^eteris JVo uique Testamenli textuni mediocriter possint intelligere , utqiie in classe istd, cujus examini se offerunt, ejus quoque rei spécimen edere leneantur.

académies. Tous les nouveaux venus s'y enrôlaient au service de Bacchus , avec certaines cérémonies solennelles^ et on les faisait jurer par un saint.

Etienne de bois , qu'ils dépenseraient

11 paraît par le même acte, que ce '^^"'^ 1^"/" argent. Si quelqu'un avait fut la Supplex Parœnesis d'Amama P'i^s d'égard au serment qu'il avait (5), dont on avait distribué des exem- prêté au recteur de l'académie , qu'à plaires à la compagnie qui fit «^ prétendu serment bachique, les prendre cette bonne résolution. écohers débauchés le harcelaient de

(F) // témoigna beaucoup de zèle ^^lle manière, qu'ils le contraignaient, pour purger l'académie de Franekcr î'" "^ ^'^° '^^^^^ \ ^u de faire comme du vice de l'i^-rognerie.] Les vigou- autres. 11 a joint à sa harangue

quelques fragmens des complaintes d'Alstedius sur le même sujet. Bellarmin déplore avec beaucoup de véhémence, dans son XX*^. sermon ,

(3) Imprimée à Leide , l'an ifgg.

(4) C'e.ttcelln de Hollande, en 1698. Vore la Bibliotlieca novorum Librorum , au mois d ftiillrl et d'août 1698 , pag. 453.

(5) Elle/ait partie de Z'Anti-Barbarus Bibli eus , el avait déjà c'tc imprinie'e deux fois.

(6) Sixiln. Àmama m Prceliminar. ATiti-Barbari Biblici.

AMASEUS. 485

î'^'f^^Tf 'i'^'-'iT^ ^«"« l'"°i- l^elle que V italienne , ils n'ont

versite de Louvain (7). ■ -^ , , . . «^ > ^'^ n uml

(G) Un de ses fils a témoigné sa J^'"^'^ ete imprimes {d). Quelrecnnnaissance dans L'épître Jédica- 4"^*"'^'^S disent qu'il mourut l'an toire d'un ^it-re.] Il fut imprime l'an l558, à l'âge de soixanle-neuf id5i. Lest un in-8°. deôoo paces, ansfR) Tl laites ,,„ «i ■ » intitule D.ssarlanonum Marinarum ^"' f ^^ ^' »«'^sa un nls, qu. S ap- Decas , où il y a beaucoup de lec- ^,, I'ompilius , et qui ne déluré, et où , sans s'attacher à la nou- gênera point; car ce fut uu velle philosophie, on s'éloigne très- homme qui sut du erec et oui souvent des opinions d'Anstote. 11 semêla d'en traduire II fJt même n est pas lusciua lorthosraphe «ne c ç-inuimtme l'auteur n'ait innovée. ° ^ * professeur en cette langue à Eou-

(n) Am,n, i , ,■■'.., °^"^ ^^^ ^^ ^"""'^ <ï"^ ses traduc-

{•:) ^mam3 le remarque dans Vepitre dedica- tinns SP Kr»rnPi-o.-,t ; A r

toire de sa harangue de Ebrietatu. HOUS Se DOrnereUt a Oeux frag—

mens du sixième livre de Po

AMASEUS (RoMULUs),profes- lybe (C) : il y fit paraître plul

seur en grec et en latm, à Bou- de capacité que Perot et Muscu

logne,auXVr. siècle (A) , et lus n'en ont témoigné en tradui-

secretaire du sénat (a) , se ren- sant cet auteur (/). Un habile

dit célèbre par son érudition * et homme ne laissa joas de l'accuser

par ses emplois. Il était origi- d'avoir passé tous les endroits

naire de Boulogne , et natif d'U- difficiles , se contentant d'avertir

dîne dans le Frioul. Le pape qu'on en pouvait trouver ailleurs

Paul IJJ 1 attira auprès de soi , l'interprétation (g). Quant à son

pour le taire precepteurd'Alexan- père, l'on convient qu'il s'atta-

dre Farnese son petit-fils (b\ On chait extrêmement à l'élégance

I employa ensuite à des affaires et à la clarté : il étendait ce qui plus importantes : on le députa était trop concis, et serrait ce al empereur et aux princes de qui était trop diffus; il éclaircislempire,et à la cour de Pologne, sait les endroits obscurs (h). Sa

II n'y avait point de savans à Traduction de Pausanias a eu Rome , sous le pontificat de .Tu- besoin de la révision de Sylburles III , qui brillassent plus que gius.

lui. II fut secrétaire de ce pape. ,j 7. - . ^vr, ,■

Tl /-,. ^ A, . ,,. 11, , (a, Ttre du XXT'. lwredeAI.de Thoa, p.

11 ht paraître son intelligence de 432 , et des Additions de m. Tei^sier.

]a langue grecque par la Tra- , i^^' ^"■"="l''"s, Wte>flr Baillet, Jugemens

duCllOnde Pausanias, et par if) c'est le jugement de C^s^nUa. Voyez

celle d un ouvrage de Xéno- Kaillet, /« /«emc.

phon{c). Il a fait aussi un vo- Jf Jl":!!"' '*'^''"'^°'"P"'-' ^- '""'

lume de Harangues , et Scholas (J') ^'^^^ i<^ jugement de m. Huet , l<;

duas de Ratione inslituendi. Pour '"^'"^'

ce qui est des deux livres qu'il (A) AMASEUS (Romulcs) proavait écrits , oii il faisait voir f^sseur en grec et en latm uiunit

que la langue latine est plus "" f ^^''^ T^"^ ^t'''' "^ f^^-^^^

"■ ^ i pas trompe dans cette chronologie :

(a) Voyez la remarque (B). '' "^ fallait donc pas la changer

* Lederc dit qu'd avait quelque rcpxUa- ^^^'^^^ O" » fait dans l'édition "de

iiun à Borne dès i3i3. Hollande, où, au lieu du seizième

b; El non par son neveu , comme Du siècle, on a mis le quatorzième. Il y

Rier a traduit le mot nepos de M. deTliou. avait trois choses à Corriger dans cet

{c)i'E.xpë-Jiiion du jeune Cvrus. article, que l'on n'aurait pas dA

laisser en rtpos : i°. 11 clait trop sec et trop décharné. 2°. 11 devait être sous Amaseus , et non pas sous Romulus. 3°. Il fallait dire , non pas ((U^Amaseus à traduit les oeuvres de Xénophon ; mais qu'il a traduit les sept livres que Xénophon a composes de l'expédition de Cyrus le jeune.

(B) Quelques-uns disent qu'il mourut l'an i558, à l'âge île soixanle-neuf ans-l M. de Thou s'est trompé en mettant la mort de Romulus Amaseus à l'an i558. Car ce Romulus était mort dès l'an i55a *. JYous en auons la preuve dans une lettre de Gioi'an yintonio Seroiie, intime ami de Romulus , datée du 20 octobre de cette année-la, et insérée dans le recueil du Turchi, pag. m. aSy. Voilà ce que M. de la Monnaie m'a fait la faveur de m'ccrire. Au reste, si Amaseus était mort l'an i558, on aurait raison de dire qu'il vécut soixante-neuf ans , car le jour de sa naissance est marqué dans les figures de Luc Gauric au 24 de juin 1489 (i). J'ai trouvé dans cet ouvrage de Gauric trois ou quatre particularités que j'insérerai ici. Amaseus était maigre, de grande taille, chauve, et avait la tête petite. Il fut secrétaire du sénat à Boulogne , et il enseignait l'éloquence dans la même ville, aux gages de trois cents écus par an. Il enseigna ensuite dans Rome , sous Paul 111 , et eut pour cela une pension de six cents écus : Wulu Panli III y ex lecturd in urbe, habcbat 600 aureos. M. de Thou ignorait cela.

(C) Les traductions de Pompilius Amaseus se bornèrent a deux fragmens du f^I^. litre de Pofybe.] Pompilius Amaseus, ayant traduit ces fragineus qui traitent de la discipline miiilaire des Romains, les éclaircit par un Comvienlaire qui est parmi les manuscrits de la Bibliothèque de M. de Thou (2).

Ce manuscrit est en italien. L'auteur a traduit tant en latin qu'eu sa langue maternelle ces fragmensTà.

* Le Duchal confirme celle date de i552.

(i) Koyei le folio .ja, verso, e'dition de f^enise , en iSSî , de ces Figures de Gauric.

12) Voyez lu pag. 453 du Catalogue de celle Bibliothèque.

AMASTRÏS , nièce du dernier Darius , et femme de Denys , tyran d'HéracIée. Cherchez son histoire dansl'article dece Deinys.

AMBOISE

Vous y trouverez aussi la ville d'ÀMASTRis , fondée par celte princesse.

AMBOISE (François d') , Parisien , mérite une place parmi les personnes que la profession des lettres a élevées aux honneurs du monde. Il était fils d'un chirurgien de Charles IX , et il fut entretenu, par la libéralité de ce prince , au collège de Navarre , pendant ses études de rhétorique, et pendant celles de philosophie. 11 enseigna ensuite dans ce collège ; car on trouve , qu'en 1672, il avait déjà régenté la seconde classe pendant quatre ans. On le fit alors procureur de la nation de France. Il s'attacha depuis au droit , et devint fort bon avocat au parlement de Paris ; après quoi , il eut une charge de conseiller au parlement de Bretagne ; et enfin , il fut maîtres des requêtes (a) et conseiller d'état {b). Il voyagea en divers pois loingtains (A). Il publia , pendant sa jeunesse , quantité de vers français , et quelques p/èce^' latines , qui sans doute ne lui semblaient pas des endroits fort honorables*, quand il se vit élevé aux dignités; car ces sortes d'ouvrages sentent un homme qui court après les matières du temps , et qui envoie ses muses à la quête de part et d'autre , tantôt par des compli— mens de condoléance , tantôt par

(a) Ex Micbael. Thirioti Laudalione Ha- Jriani Amboesii. Vide pag. 356, 799 et 800, Historise Gymnasii Navarrfe Joao. Launoii .

{b) Dans L'édition des OEiivres d'Aliélard, i7 a le litre f/'Eqiiilis, Régis in sanctiore Consistorio Cotisiliarii, Ba rouis Charirae, etc.

* Leclerc dit, au contraire , qxic Fr. d'Amboise sejît toujours honneur de sa profession d'homme de lulirc: : et c'est ce que cnnfirnn Jvlj.

AMBOISE, 48

des félicitations ; un homme , en marque que François d'Amboise/ett à un mot, qui aurait été pourvu ^j'j^^'^'^'^^oe Descriptionduroyaume en titre d'office de la charge de '!:'^''Ml^,^Jorsquemonse

1 r J D.„ rr,fluc d Anjou, a présent my de

porteur des compUmens du Far- France, fut esleu roy de PoLn'-ne

nasse chez les grands seigneurs. (2). Voilà l'un de ses voyages. Oifne

On verra ci-dessous les titres de ??'?''^.^t^eterminer par les paroles que

quelques ouvrages de François ieàu rof on .M ^^' ''^ ''"^^ S",°°""

j'i 1 • /D^ Ti J • *^^ y*^^" ^°i' o» sil setrouvaen Polocne

dAmboise(B;. Ils doivent , ce lorsqu'on y fit Feiection du duc din-

me semble , moins contribuer à jou. Ce dernier sens serait le seul

l'immortalité de son nom , que T' !il^**j^'"^iî donner à ces paroles , si

1 • »i ■ j w **" ^^™ier Vau-Privas eût PU la r-nn

h peme qu il a prise de recueillir ...^^ rl'pVrirp t..v .

, 1 ^ ■ ^ 1 r>- il ' "^""^ ^ 'ïcrire très-exactement,

les manuscrits de Pierre Abe- Voyez le TVajie rfe^ Z>eMjse5 de Fran-

lard (C, , et d'y joindre une Pré- cois d'Amboise , où l'on trouve (3)

face Apologétique , qui se voit <ï"'''" ^^i^PS *le cette élection il était

à la tête de l'édition de l'an f,°„^^,' P^^'"^^ chez l'ëvêque de Va-

1616 (D). Cette préface m'ap- Ce Traité des Devises est posthume.

prend une chose que je n'avais II fut imprimé à Paris, l'an 1620 "^ ,

point trouvée dans l'histoire du P^i" Adrien d'Amboise , fils de l'auteur,

collège de Navarre : savoir , qu'il ^.^ ^'^ publia l'année suivante , à Pa-

p • . , ?. "S, un petit Traite de sa façon , mti-

a publie un petit /ra//e du ton- tulé Devises morales,

cile *'■ , et une Préface sur l'His- (B) On verra ci-dessous les titres de

toire de Grégoire de Tours (E) , quelques-uns de ses ouvrages.] Les

dans laquelle il justifie cet histo- ^oic.-El^S^e sur le trespas d'Anne

^ , > . J "^ ^riontniorency , pair et connétable

rien contre les accusations de de France , avec un panégyrique latin

Flacius Illyricus, et l'abandonne et ode francoise sur le désastre de la

sur le sujet des deux Denys , l'A- Fiance en i568 (4). Panégyrique sur

réopagite , et celui de Corinthe*\ ^^"'«'"'«f de monsieur le duc de Guise,

, i. O ' 1 c Henry de Lorraine, et de madame

11 tient son rang, sous le taux Catherine de Clèves , comtesse d Eu,

nom de Thieny de Timophile , en 1370 (5).Ze Tombeau de Messirc

dans la liste des auteurs déguisés , GrMes Bourdin , procureur général du

que M. Baillet a publiée.

J'ai une addition à donner touchant l'édition des OEuvres de Pierre Abélard , ordinairement attribuée à notre François d'Amboise (F).

" Cet opuscule est , dit Leclerc , intitulé: l'Impossibilité du Concile , tel qu'il a e'ie' demaadé par requête au roi, et des Inconvéniens qui en pourraient arriver. Par/.s fibo8), in-8°. de 63 pages, réimprimé à Lyon, 1608, in- 12.

"^ Leclerc dit qu'au lieu de Corinlhe 1/ fallait mettre Paris ; et que d'Amboise soutient que le premier évêque de Paris est saint Denis l'aréopagite.

(A) H voyagea en divers pats loingtains (i).] Du Verdier Vau-Privas re-

(1) La Croix ilu 3Iainc, Bi!4iotli. Fr?n<"a'se , /jflj. 8G.

roi en sa cour de parlement d Paris , tant en trois sonnets , une élégie traduite du latin d'Antoine f^alel , qu'en hendecasyllabes latins, en 1670 [Q), Les Amours de Clion, où se voit un ppè'me intitulé, les Désespérades, ou Eglogues amoureuses, en 1572 (7).

Amours Comiques, contenant plusieurs histoires facétieuses , et entre autres celle qu'il nomme lesJYéap^litaines en i584- Ces Néapoiitaines étaient la tra-

(2) Du Vcrdier, Bibiioth. Française, p. 365,

(3) A la page t\i.

* Jolr remarque que c'est par faute d'impression que les Mémoires de \icéron disent ,626.

(4) DuVerdiej-, Bibliotb. Franc. , pag. 365.

(5) La Croix du Maine, Bibliolh. Française, pag- 87.

(6) Du Verdier , Bibliotbéque Française , p.

(') La frciixdu IMoine, Eibliotb. Frrirr:.ii.-ft^

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