AMÉLIUS
sa rétractation en plein auditoi- fin le silence de Porphyre , de quelle
re. Lonein , dont le goût était î°''*^'^, n'est-il point contre Suidas ?
4 o ' . . .o j Porphyre rait mention d Amehus a
SI sur et la critique si redouta- ^^^^ moment dans la Vie de Plotin ,
ble , trouvait à la vérité trop de et il n'aurait jamais dit un mot des
verbiage dans les écrits d'Ame- études qu'il aurait faites sous la dis-
i- , „• :i i„ „,ûtt„;* „ûo^ cipline d'un tel maître. Suidas pour-
lius; mais il le mettait nean— '.. ,. • . .. ■ t^i -
.' . 1 j i- rait bien avoir ete trompe par 1 heo-
moms au petit nombre des phi- ^oj-et , qui appelle Amelius le chef
losophes dont les ouvrages lui de l'école de Porphyre (3) , v'est-a
semblaient dignes de considération (B). Il écrivit une longue lettre contre celle qu'il avait reçue d'Amélius , touchant les manières de la philosophie de Plotin. Amélius était un dévot du paganisme , grand observateur des nouvelles lunes et des fêtes (e) (C). Il avait cité dans l'un de ses livres le commencement de l'évangile de saint Jean , pour confirmer la doctrine de Platon.
Eusèbe a rapporté ce passage (/) ;
dire , selon l'interprétation de M. de Tillemont , de l'école de Plotin où Porphyre éludiait (4). Ausii Suidas le fait maître de Porphyre : ( c'est M. de Tillemont qui parle. ) On peut mettre encore entre ses disciples Castricius Firmus , homme.... qui rendait toutes sortes de serfices à .Amélius.
Voilà donc un auteur moderne qui donne dans l'erreur de Suidas , et qui va même plus loin ; car il est visible par la Vie de Plotin , à laquelle il nous renvoie touchant Castricius , que c'était du vivant de Plotin que Castricius avait à Rome un si grand attachement pour Amélius. Or il est
^^ • P 4. incontestable que, pendant que ce
mais non pas aussi amplement ^^^.^j^^. ^ .^.\ r^^, jj ^^^^ ^^i^j
que Théodoret {g) et que saint
Cyrille {h).
(e^ Tiré de la Vie de Plotin , composée par Porphyre.
(/) Dans sa Ptseparat. Evangel., lib, XI, eap. XIX.
(g) Graec. Affection. , lib. II , p. 5oo.
(h) In Julian. , lib. FUI.
(A) Suidas assure que Porphyre fut disciple d'Amélius. ] Porphyre dit lui-même que lorsqu'il commença d'être disciple de Plotin, il y avait dixhuit ans qu'Améliu3 étudiait sous ce philosophe (i). Il ajoute qu'il fut le condiscipled'Amélius pendant six ans; après quoi , ils partirent de Rome , lui pour aller en Sicile , et l'autre pour aller à Apamée. Ils demeurèrent pour le moins jusqu'à la mort de Plotin au lieu où ils s'étaient retirés. Or, comme Porphyre avait alors environ trente-huit ans, et qu'il avait eu à Rome plus de réputation qu' Amélius, il n'y a nulle apparence qu'il soit devenu son disciple. Joignez à cela qu'Amélius , en lui dédiant son Apologie de Plotin , le prie d'en excuser et d'en corriger les défauts {•?.). En-
''i) Porpbyr. in Vilâ Piolini.
(2) Ibidem.
eu de disciples. 11 était disciple de Plotin , et ne dressait point autel contre autel.
(B) Longin — le mettait au petit nombre des philosophes dont les outrages lui semblaient dignes de considération. ] Ce nombre était si petit qu'il ne comprenait que deux auteurs, Plotin et Amélius. La gloire de ce dernier en était d'autant plus grande :
cependant cela ne fit pas que ses écrits ne déchussent assez tôt de leur première réputation. Eunapius les met dans la même catégorie que ceux de deux autres condisciples de Porphyre , et prononce cet arrêt contre tous : 'Suyyfâ.f/.f/.a.ri yi o-ùrm TSfis-œ- ÇêTai' ?.ô').oç Si mÙTùëv ouSs l'iç (5). Quorum extanl quidem i^olumina, sed existimatio prnpè nulla est (6). Il en donne pour raison qu'ils étaient destitués des ornemens du langage , et purement dogmatiques.
(C) Jl était grand observateur des nouvelles lunes et des fêles. ] Je n'i-
(3) Theodor. Grsecar. Affect. , fag. 5oo.
(4) Tillemonl, llist. des Emper., tom. III, pag. 1084, édition de Bruxelles.
(5) Eunap. in Vitis Sopbislarum , pag. 20- (6 Je rapporte la version (i'Hadrianns Juiiin^,
où il me semble que propè est supeijlu.
AMÉSIUS.
gnore pas , qu'au lieu des noui^elles lune-' , il serait plus sûr de tlire , ties premiers jours du mois , comme a fait Marsile Ficia ^7) j mais j'ai cru que mon expression serait plus facilement entendue. Voici les termes de Porphyre : <fiXo8iiTou (Tj ■yiyovrjro; tou 'A//êAi'ot/ , xa/ Ta. lê^ot xatT-à vo:/jM«v<*v , xa,/ tÀç êopràç iuTTipiiovroç (8). Qu'on aille dire après cela que les philosophes sont des impies ! S'ils Tavaient e'te', ils n'auraient pas tant écrit en faveur du paganisme : ils n'auraient pas e'té les seules plumes que les chrétiens eurent à combattre ; car poiules prêtres et les sacrificateurs , ils ne se mêlèrent pas de cela : leur ignorance les en dispensait.
(7) Per Calendas sacra faceret , dit-il. (s) Porphyr. in Viîâ Plotini.
AMÉSIUS (Guillaume), Anglais de nation , fut fait professeur en théologie à Franeker, l'an 1622. Il se mêla beaucoup dans les disputes des Arminiens , et il écrivit divers ouvrages contre eux (A). C'est un des théologiens réformés qui ont traité avec le plus d'exactitude et de méthode les cas de conscience. Il est presque inutile de remarquer qu'il écrivit contre Bellarmin (a), car personne n'ignore qu'en ce temps-là les ouvrages de ce jésuite étaient la butte de presque tous les controversistes proiestans. Amésius fit un livre intitulé Medulla theologiœ. Il écrivit aussi quelque chose contre les sociniens et contre la métapliysique^ et pour le puritanisme, dont il était sectateur rigide (B). Il publia ce dernier ouvrage en Angleterre, l'an ibio. Je ne dis rien de ses Leçons sur les psaumes , ni de son Explication des épttres de saint Pierre. Il ne mourut pas l'an lôBg, comme le sieur
(n) Son livre s'appelle Bellarminus encrvatus.