‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 148 sur 158 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

Henning Witte l'assure dans son Diarium biographicum. L'épître dédicatoire de ses Leçons sur les psaumes , en i635 ," témoigne qu'il était déjà mort. On voit dans cette même épitre , qu'après avoir été douze ans professeur à Franeker il avait obtenu son congé pour aller être professeur à Rotterdam.

(A) Il écrivit dii'ers ouvrages contre les Arminiens. ] il avait commencé à disputer de vive voix avec Grevinchovius , ministre de Rotterdam : et n'ayant pu dire tout ce qu'il avait sur le cœur , parce qu'on les interrompit, il continua par Iftires cette dispute , et publia ce qu'il avait objecté et ce qu'on lui avait répondu. 11 s'agissait de deux choses : du rachat de l'homme par la mort de Jésus- Christ , et de l'élection fondée sur la prévision de la foi. Grevinchovius fit une autre édition de leur dispute , à Rotterdam, l'an i6i5 , in-4°. Amésius répliqua par un écrit intitulé Rescriptio scholaslica et brefis , etc.

Il fit aussi un livre intitulé Coronis ad Collalionem Hagienseni , où il réfuta les réponses que les Arminiens avaient faites aux objections des ministres de Hollande. Son ouvrage, intitulé Anti-synodalia , contient des remarques sur les Scripta syn'>daHa des Remontrans. Il fut imprimé à Franeker , l'an 1629 ; à Amsterdam , en 1646 , in-i2 , etc.

(B) Il écrivit pour le puritanisme , dont il était sectateur rigide. ] Vous trouverez dans la préface que je cite (1) quelques extraits de l'ouvrage qu'il publia contre les épiscopaux , l'an 1610 j et vous connaîtrez par-là , que, selon lui , il n'y avait pas d'autres gens de bien en Angleterre que les Puritains. Ceux-ci se faisaient connaître par l'aversion pour la comédie, pour les sermens , pour la danse, pour le jeu , pour les collations : le resie n'était que des joueurs , des buveurs , des jureurs , des enfans de Béiial. Il n'y avait point de milieu entre ces deux extrémités , ou d'abolir l'épis-

(1) Grevincbovii prœfat. Dissertationis Tbeoloj' dr dviabus QaKstiouibus , etc.

AMYOT

copat , ou de faire revenir de l'enfer l'église romaine : Ui scilicet soli inter yinslos viri boni, simplices,quadrali :

quos ex scelerifugio sit cognoscere , quibus ex repuJio spectaculorum , juramentorum , chorearum , alearum , et commessationum , inditum sit nornen puritanorum : reliqui verà insignes aleatores , potatoies , religionis officia susque deque habentes , fersati institores papistaruvi , anibitionibus prauis corrupli , juratores impii , homines denique inini , injusti ,

turpes, et omnes Jilii Belial Adeà-

queuel è medio tollenduni ementitum nunc episcoporura ordinera , Tel denuô papam revocandum ab orco (2).

(2) Grevincliovii prœf. Dissert, de duabas Qusest. , fol. *"*' iij-

AMESTRIS, femme de Xerxès, roi de Perse. Voyez la première remarque de l'article Ma- SISTES *.

• L'article Masistes n'existe pas.

AMYOT (Jacques), évêque d'Auxerre , et grand -aumônier de France , a été l'un des plus illustres savans du XVF. siècle.

Il était ué à Melun , le 3o d'octobre i5i4 *'• Son père et sa mère , gens de bien à la vérité , mais de fort petite condition (A), employèrent toute leur industrie pour le faire subsister à Paris , cil il fit ses humanités et son cours de philosophie au collège du cardinal le Moine. Il avait l'esprit pesant *" de son naturel ; ïnais le travail et l'application remédièrent à ce défaut. Ayant été reçu maître es arts à l'âge de dix-neuf ans , il continua ses études sous les professeurs royaux que François F', avait établis.

Il ouït Jacques Tusan , qui expliquait les poètes grecs , Pierre Uanès , qui professait l'éloquen-

•' En l5i3 , dit Leclerc.

"* i«c/«rc soutient le contiaire.

ce , et Oronce Fine , qui enseignait les mathématiques. Il sortit de Paris à l'âge de vingt-trois ans *', pour aller à Bourges avec le sieur Colin (a) , qui possédait dans cette ville *^ l'abbaye de Saint-Ambroise (B). A la recommandation de cet abbé , il y eut un secrétaire d'état {b) qui prit Amyot chez lui , pour le faire précepteur de ses enfans *-^. Les progrès qu'ils firent sous ce précepteur engagèrent leur père à le recommander fortement à la princesse Marguerite , duchesse de Berry, sœur unique de François I*"^. Cette recommandation fut cause qu' Amyot obtint une chaire de lecteur public en grec et en latin dans l'université de Bourges. Il fit pendant dix ans deux leçons par jour , une leçon latine le matin , et une leçon grecque l'après-midi. Ce fut pendant ce temps-là qu'il traduisit *4 en français \esy4moiirs deThéagène et de Chariclée (c). Cette traduction *^ plut si fort à François \" . , qu'il ne tarda guère à pourvoir d'un bénéfice celui qui

"' Tl n'en avait quevingt-deux, ditLeclcrc; et c'était en i535.

(a) // a été lecteur de François 7"".

*' Ce ne fut pas avec Colin , remarqtie Lelerc, mais avec Canaj-e , depuis avocat célèbre.

(J)) Guillaume Bouchetel, sieur deSassy.

*' Ce fui après avoir pr( fessé publiquement, dit Leclerc, qu' Amyot entra chez Bouchetel, c'est à dire , en i5/J5. La réputation qu'il se fît dans sa chaire lui mérita cette place chez un particulier.

*^ Ce ne fut que depuis qu'il fut chez Bouchetel qu'il s'occupa , dit Leclerc , de traductions II avait d'abord traduit en vers quelques tragédies d'Euripide. Elles n'onl jamais paru.

(c; On appelle ordinairement ce livre /'Histoire Etliiopique d Héliodore.

*' Ce ne fut pas pour cette traduction , mais pour l'essai de celle des Vies de Plutarqiic, qu' Amyot obtint l'abbaye vacante par la mort d« yatable.

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