‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 149 sur 158 · AMY · texte numérisé non relu

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l'avait composée. Il lui donna l'abbaye de Bellosane , que la mort de François Vatable venait de faire vaquer (C). Ce prince mourut peu après ; et cela fit croire à Amyot qu'il ferait mieux de chercher de l'avancement en Italie , que d'attendre quelque chose de la cour de France. Il suivit donc à Venise Morvillier , que Henri II y envoyait en ambassade. Morvillier se servit de lui dans quelque» affaires, et l'envoya porter à Trente les lettres du roi au concile , en i55i (D).

Lorsqu'on le rappela de son ambassade, Amyot ne voulut point repasser les monts avec lui : il aima mieux aller à Rome , oii il fut accueilli avec beaucoup d'affection par l'évêque deMirepoix.

Il logea chez lui environ deux ans. Ce fut alors qu'en examinant avec ardeur les manuscrits du Vatican , ou Romulus Amaseiis , qui était le garde de cette fameuse bibliothèque , lui donnait un libre accès , il apprit qu'Héliodore , évêque de Trica , était l'auteur des Amours de Théagène. Il trouva un manuscrit de cet ouvrage beaucoup plus correct et plus entier que celui qu'il avait traduit, et il ne manqua pas de faire tout ce qu'il fallait pour être en état de donner une meilleure édition. Les occupations savantes ne l'empêchèrent pas de songer aux intérêts de sa fortune. II fit sa cour bien adroitement au cardinal de Tournon , et il s'insinua si bien dans ses bonnes grâces , que ce cardinal le nomxna au roi lorsque ce prince , l'ayant rappelé en France , le pria de lui indiquer uu bon précepteur pour ses deux

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puînés (d). Ce fut environ l'an i558 *'. Voilà donc Amyot précepteur de deux fils de Henri II.

Pendant cet emploi , il acheva la traduction des Hommes illustres de Pliitarqite , et la dédia a ce prince {e) : après cela , il entreprit celle des OEuvres morales , et l'acheva sous le règne deCIiarles IX, auquel il la dédia. Charles IX lui fit de grands biens- : il lui donna l'abbaye de Saint- Corneille de Compiègne *^, et le fit grand-aumônier de France et évêque d'Auxerre (E) ; et parce que la dignité de grand-aumônier et la charge de curateur de l'université de Paris furent vacantes en même temps *^, il les lui donna toutes deux. M. de Thou se plaint fort de cette jonction (/). Henri III aurait succombé peut-être aux sollicitations importunes de l'évêque de Saint-Flour, qui l'avait suivi en Pologne , et qui demandait instamment la dignité de grandamBÔnier ; mais la duchesse de Savoie, tante de ce monarque, lui recommanda de si bonne sorte , quand il passa par Turin en revenant de Pologne , les intérêts d' Amyot , que non-seulement sa

(d) fis ont régné l'un après l'autre sous le nom de Char/es IX , et de Henri III.

" En 1 554 , dit Leclerc.

(e) Il l'avait commencée du vivant de François I'". , auquel il présenta quelquesunes de ces fies écrites à la main par maître Adam Charles, ecrii'ain de Pans. Roulliârd, ADliquit. de Melua , pag. 6o5.

'^ En 1567 , dit Leclerc. Mais , vers i56^, ce roi lui avait donné l'abhaje de la Roche.

"^ // n'est pas vrai , dit Leclerc, que ces deux places aient vaqué en même temps , et /Imyot n'eut jamais celle de curateur de l'Université. Ce que de Thou appelle Arademia; Parisiensis cura avait ete donné en i55a au cardinal de Chdtillon , t/ui le conser.'U jusqu'en I ù6i.

[/} Tliuaa. de Vilâ suâ, hh. y, p. laaz.

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charge lui fut conservée , mais qu'on y ajouta aussi un nouvel éclat en sa faveur : car quand Henri III fit Amyot commandeur de l'ordre du Saint-Esprit (g) , il voulut qu'en sa considération tous les grands-aumôniers de France fussent à l'avenir commandeurs nés de cet ordre (F).

Amyot , au milieu de ses dignités , n'oublia point ses études : il revit exactement toutes ses versions, et les compara au texte grec ; il y fit bien des changemens : en un mot , il songeait à une édition plus parfaite , oii il voulait ajouter les diverses leçons des manuscrits ; mais il ne vécut pas assez pour mettre la dernière main à ce travail. Les guerres civiles et l'esprit rebelle de ses diocésains lui causèrent mille chagrins (G) : il fut volé en revenant des états de Blois , l'an i58g. Il mourut le 6 de février iSqi * , courant sa soixantedix-neuvième année (H). II avait prêché quelquefois le jour des fêtes solennelles. Il employait la langue latine en composant ses germons , quoiqu'il les prononçât en français. Il avait une coutume fort particulière en prêchant : il tournait du côté du peuple l'ouverture de la chaire , et se tenait assis au milieu sur un fauteuil. Il se mêla de poésie, et n'y réussit pas (I). Voilà ce que J'ai extrait d'une Vie d' Amyot , commencée par lui-même , et achevée par sou secrétaire (h).

(g-) A la première institution de cet ordre , le 3l de décembre iSjS.

* // afait, dit Jo/j', soixante et dix-neiif ans, trois mois et huit jours.

(h) Elle est en latin, et n'a pas été imprimée ; mais Sebastien RouUiard , avocat au parlement de Paris , qui l'a lue, en a publié nn extrait dans les Aatiiuiles de Melua , p.

ox.

Ses traductions ont été son plus bel endroit (K) , quoique les sentimens de tous les critiques ne lui soient pas favorables (L) à cet égard , et qu'on ait même voulu dire qu'il y a été plagiaire (M).

Quelques-uns l'ont accusé d'avarice(N).L'abbéde Saint-Réal a su mille particularités curieuses qui ne sont point dans la Vie d'A— myot (i). On les peut voir dans le Dictionnaire de Moréri : c'est ce qui aurait fait que je ne m'en serais pas servi , quand même je n'aurais pas douté qu'elles fussent véritables. Si j'ai quelques supplémens ou quelques éclair— cissemens à joindre à ce que l'on vient de lire , je les mettrai dans

les remar

ques

6o5 et suif. C'est de son Extrait que j'ai tiré cet article. [Cette Vie avait été imprimée , comme le dit Leclerc , dans la Nova BiLliollieca maiiuscriptorum Li))rorum du père Labbe , 165^, in-J'olio , pag.b7.l et suif.

(i) Voyez son Traité de l'Usage de l'Histoire. M. Teissier en a pris ( en le citant ) , tout ce qui concerne Amyot , et l'a mis dans ses Additions aux Eloges tirés deM. deïhou, tom. II, pag. i52.

* « Bayle , comme tous ceux qui ont

• parlé d' Amyot, a oublié, dit Jolj- , un

• ouvrage de ce Prélat: in Caroli noni régis

• christianiss. ininiatururn obituni Kpice-

• dium.... Cette pièce est insérée dans un re- » cueil imprimé sous ce titre : Jnvictiss. » Galliarum régis, Caroli noni, piissimi, jus-

• tissimiquepnncipis tumiilus Paris, iHerel,

• iSj^i in-l{°. ' Cette pièce, mentionnée dans la Biblioth. bistor. de la France, (e'ilit. de Fontette ) a io8 fers. Nicéron parle d'un volume d'OEafi-es mêle'es {d' Amyot), Lyon, Frellon , i6i i , in-8°. M. Barbier ( Examen critique et Complément des Dict. bistoriques ) pense que ce volume, que personne n'a pu voir , ne peut être que les OEuvres morales et mêlées de Plutarque , de la traduction d' Amyot , imprimées à Lyon , ches Paul Frellon, 1611, 2 vo/. in-è°. qui ont pu être reliés en un vol. in-8°. ; mais dont lo titre , abrégé et dénaturé par quelque libraire, aura induit en erreur le père Niceron. On a. il y a quinze ans, imprimé pour la première/ois un ouvrage d' Amyot, intitule: Projet de l'Éloquence royale, composé pour Heuri III, roi d^France, Paris, l8o5, in 4».

AMYOT

Soi

Les choses que M. Varillas rapporte touchant Amyot sont pleines de faussetés (0). Il en faudra faire la critique : cela peut servir à débrouiller le chaos.

(A) Son père et sa mère.... étaient de fort petite condition. ] Quelquesnns disent que le père d'Amyot était vn courrojreur de Melun (i) : selon d'autres , il fnisoil et vendoil des bourses et aiguillettes (2) ] enfin, selon d'autres , il était boucher. Je trouve trois bons auteurs pour cette dernière opinion , M. de Thou (3) , Papyre Masson /4) ^ et Brantôme. On ne sera

iias fîiché , je m'assure , de voir ici es paroles du dernier un peu au long ^ car elles contiennent une autre particularité , qui ne doit pas être ignorée , quand même elle serait fausse. Brantôme , avant rapporté que Charles IX , haranguant le parlement, dit d'une audace brave et menaçante :

« C'est à vous autres d'obéir à mes i» ordonnances , sans disputer ni con- » tester quelles; elles sont 5 car je sai 5' mieus que vous ce qui est propre " et convenable pour le bien et profit » de mon royaume; » ajoute: «N'ayant '> point encore de barbe au menton , >» il tint ces propos devant ces viens >) et sages personnages, qui tous s'es- 5) merveillèrent d'un si brave et grave » langage , qui sentoit plus son gé- » néreus courage , que les leçons de " M. Amiot son précepteur , qui l'ai> voit pourtant bien instruit , et qu il « aimoit fort , et lui avoit donné " de bons et beaux bénéfices , et fait » évêque de Lizieux (5j , et l'appeloit 5) toujours son maître : et se jouant >' quelquefois avec lui , reprochoit « son avarice , et qu'il ne se nour- » rissoit que de langues de bœuf 5 » aussi étoit-il fils d'un boucher de î> Melun , et falloit bien qu'il man-

(i) Saint-Réal , de l'Usage de l'Histoire, p.

(a) Boulliard , Antiquités de Melun , p. 6o5. (3) Thuanus , Histor. lib. C, ad ann. iSgi, pag. 4o5.

(4) Laniijilius eral, Meloduno oppido orlus, vtr excellenli in^enio^ latine que et grcecè doctis' simus. Carolu! Magistrwn eum appellabal, inter jocos (ivaritiain objtciens et sordes , qubd linguis bubulis ulerelur. Papyr. Masso, in Hislor. \itaE Caroli IX.

(5) // se trompe ; il fallait dire Auierre , et «on Lisieax.

» geast de la viande qu'il avoit veu » appresterà son père: osté cette ava- )) rice , c'était un grand et savant » personnage en grec et latin , tes- » moin les belles et éloquentes tra- » ductions qu'il a faites de Plutarque, )' qu'aucuns pourtant ses envieux ont » voulu dire qu'il ne les avoit pas )) faites , mais un certain grand per- » sonnage et fort savant en grec, qui » se trouva , par bon cas pour lui , » prisonnier dans la conciergerie du » palais de Paris , et en nécessité ; » il le sceut-là , le retira et le prit à » son service , et eux deux , en ca- » chette , firent ces livres , et puis » lui les mit en lumière en son nom : » mais c'est une pure menterie , di- )» soit-on , que les envieux lui ont " preslée , car c'est lui seul qui les a » faits ; et qui l'a connu , sondé son )' savoir et discouru avec lui , dira i> bien qu'il n'a rien emprunté d'ail- » leurs que du sien. Pour fin , il nour- » rit très-bien ce brave roi , et surtout » fort catholiquement. m Si j'avais à mettre en doute les trois basses professions qu'on attribue au père de notre Amyot , ce ne serait point par la raison que son fils n'en a désigné aucune dans le manuscrit de sa vie :

il s'est contenté de marquer qu'il était sorti d'un père et d'une mèro qui avaient plus de vertu que de bien, parentibus fionestis magis quam copiosis (6). Cette raison - là ne me frappe point ; car il y a peu de grands hommes issus de bas lieu , qui ne soient bien aises de passer légèrement sur l'obscurité de leur naissance : le détail les importune sur ce sujet.

Ils vous avoueront en général , tant qu'il vous plaira , qu'ils n'étaient pas d'une condition relevée ; mais n'attendez pas qu'ils vous donnent des mémoires où vous puissiez lire que leur père était boucher , savetier , vendeur d'aiguilles ou d'allumettes , qu'ils ont demandé l'aumône dans leur enfance , etc. Ceux qui avouent de semblables faits , et qui veulent bien qu'on les place dans leur éloge, sont si rares , qu'encore qu'il fût vrai qu'Amyot gueusa quelque temps par les rues de Paris , je ne m'étonnerais pas qu'il n'eût point chargé de cela

{&) Roulliard , Hist. de l'Aniiijuil. de Melnii , pas- ^"^-

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les Mémoires de sa vie. Ainsi je ne re'fiife point par son silence ce que l'on conte de sa gueuserie , et de sa condition de laquais , et de son séjour à l'hôpital d'Orléans (7). Il est vrai que je ne saurais accorder avec ce silence , l'endroit de son testament , où il lègue douze cents ecus à cet hôpital * , en reconnaissance de la charité qu'il y avait éprouve'e (8). On a observe que , dans ses OEmies, il ne s'est jamais qualifié du titre de son pays, et que, pendant son bonheur , il a eujbrt peu d'habitude avec sa patrie (9). 11 avait sans doute la faiblesse de regarder cette ville comme un rabat-joie , et de s'imaginer que ses relations avec Melun ne serviraient qu'à faire causer le monde sur la bassesse de sa naissance. J'ai lu ne'anmoins , qu'il avança quelques personnes de sa famille. // est mort honoré de grands estais, et riche de plus de deux cent mille escus , sans infinis autres moyens qu'il aucit d'ai^aucer ses parens , aucuns desquels se sentent de ses lihéralilez (10).

(B) // quitta Paris , pour aller à Bourges , auec le sieur Colin , qui possédait dans cette uille l'abbaye de Saint-^mbroise.^ Bullart, qui a suivi presque partout les Antiquités de Melun , s'en écarte ici , pour nous apprendre un fait assez inconnu : c'est qu^Amyoi embrassa la proj'ession religieuse dans l'abbaye de Saint-Ambroise de la l'ille de Bourges : mais que l'abbé le jugeant digne d'une vie plus éclatante que celte du cloistre , le fil connoistre au sieur de SacyBouchetel (11). C'est dommage que l'on ne cite personne qui ait laisse' par écrit une particularité si peu connue.

(C) François I^''. lui donna l'(djbaye de Bellosane , que la mort de François J^atable t^enait défaire t>aquer. ~\ Ceci est entièrement incompatible avec le narré de M. de Saint- Réal. Cet auteur veut que , sous le régne de Henri II , Amyot ait été encore dans l'obscurité d'une petite pédago-

{7) Saint-Béal, de l'Usage de l'Histoire, p. '6.

* " Je doute de ce legs , dit Leclerc , Uns » pourtant le nier expresse'menl. »

(8) Là même, pag. ^S.

(Ç)) Roulliard , Antiquil. de Melun , p. 6o5.

(lo) C'est la Popelinière qui dit ctla , p. aSg , de /'Idée de l'Histoire.

(il) Bullart , Académie des Scienc. , tom. I,

gie chez un gentilhomme de ses amis , et que M. de l'Hôpital, qui ne le connaissait point, l'ait uniquement recommandé à cause d'une épigramrae grecque qui avait été présentée à ce monarque (js). Cela ne saurait n'être point faux , s'il est vrai , comme porte le manuscrit de la Vie d'Amyot, que ce docte personnage avait été plusieurs années professeur à Bourges, avant la mort de François 1*^"". , et que ses ouvrages , présentés à ce monar»

que, avaient valu à leur auteur une fort bonne abbaye. Serait-il possible que M. de l'Hôpital n'eût pas connu un Français , dont le public avait vu en i549 , pour le plus tard (i3) , une traduction de 1 Histoire Elhiopique d'Héliodore ? Qui nous a dit que le voj'age de Henri II :\ Bourges ait été fait avant la première édition des Amours de Théagène ? Ajoutons que la Vie maïuiscrite d'Amyot le fait aller en Italie peu après Ja mort de François F'. Accordez cela , si vous pouvez , avec l'abbé de Saint-Réal , qui le fait précepteur à Bourges, pendant le voyage de Henri H à cetteville.

(D) Morfillier l'envoya porter a Trente les lettres durai au concile, en i55i.] Il faut nécessairement redresser ici l'auteur qui me fournit cet artidre (i4)» quoiqu'il assure qu'il a puisé dans une Vied'Amyot, commencée par lui-même , et achevée par son secrétaire. Nous avons une lettre d'Amyot , qui contient la relation de son voyage de Trente. Il écrivit peu de jours après ce voyage à M. de Morvillier , maître des requêtes. Or , bien loin de dire que M. de Morvillier , ambassadeur de France à Venise , l'eût envoyé porter les lettres du roi au concile , qu'il déclare expressément qu'il fut choisi pour cette affaire par le cardinal de Tournon, et par l'ambassadeur de Selve. C'est une preuve convaincante que Morvillier n'était pas alors ambassadeur à Venise : et cela paraît encore plus évidemment par la lettre d'Amyot f

(12) Saint-Réal, de l'Usage de l'Histoire , p.

(i3) Je parle ainsi , parce que du VerJier Vau-Prîvas marque une édition de x549' Or cela ne prouve point qu'il n'y en ail point eu d'antérieure •

(i4) Sébastien Roulliard, Anticjuit. de Ulelua.

AMYOT

car elle est adresse'e à M. de Morvillier en cour. Remarquez bien ces paroles d'Arnyot : Ha pieu a M. le cardinal de T'jurnon , et a M. l'ambassadeur de Sel^e, de m élire pour faire cesle commission , sans que je pensasse à rien moins qu'a cela , njr à chose semblable.... (l5). Il faut noter que non'- seulement je n estais point nommé en celle lettre (i6) ni près ni loin ; mais qui pis est, on n'en afoit pas seulement envoyé la coppie , par laquelle nous peussions scafoir ce qu'il y ai'oit dedans. De sorte que je ne reis jamais chose si mal cousue que cela (17). Ce ne fut donc point le roi qui l'envoya faire ses protestations contre le concile : ce fut le cardinal de Touruon , et l'ambassadeur de France à Venise , qui le choisirent pour porter la lettre au roi , et pour lire mot à mot, devant rassemblée, la protestation de sa Majesté. Il s'acquitta tout-à-fait bien de la commission.

Voici où j'en veux venir. M. l'abbé de Saint-Pvéal pose en fait qu'Amyot était précepteur des enfans de France, avant la négociation qui vient d'être rapportée ^ et il suppose qu'Henri II l'employa à cette affaire , parce qu'il avait reconnu la vérité du bon témoignage que M. de l'Hôpital avait rendu, quand il avait dit au roi qu'Amyot mt^rilait d'être précepteur des enfans de France. Tout cela est réfuté invinciblement par la lettre d'Amyot à Morvillier. Corrigez sans crainte ce mensonge dans du Saussai .• Cœterùm, Amiotus adhuc abbas ad conciliumTriilentinuni ab Henrico II missus fuit , ncgotiorum mai^ni momenti causa [18).

Henri II n'eut aucune part à cela.

(E) Charles IX le fit grand-aumônier de France , etéi^éque d'Auxerre. ] La première de ces deux dignités fut conférée à Amyot le 6 de décembre i56o, par Charles IX , à Orléans. Du Peyrat , qui avait lu les registres des grands-aumoniers de France , rapporte cette date comme extraite du registre d'Amyot (19). C'est donc un

(i5) InstracUons et Missives des rois trèsclirestiens, et antres Pièces concernant le Concile de Trente , pag. \!^ , e'dil. de 1608.

(16) Cesl celle que le roi e'crivail aux pires de Trente.

(17) Instructions , Missives, etc. , pag. 23.

(18) Andr. Saossaias, de Scriplor. Ecclesiast., num. 02.

(19) GuiUaiimc Du Pejrat, Histoire Ecclé-

fait avéré. Or on fait tomber par-là plus de la moitié de l'iiistoire que l'abbé de Saint-Réal raconte touchant la fortune de ceprélat. Ildit qu'Amyot, sous le règne de ses disciples François II et Charles IX, n'avait que l'abbaye de Bellosane , avec la gloire d'avoir prononcé dei^ant tout le concile l3i judicieuse et hardie Protestation de Henri II , et que sa fortune était apparemment pour en demeurer là , sans une rencontre fortuite , qui le porta plus haut qu'il n'aidait jamais espéré , et qui marque admirablement l'esprit de Licour. Ce cas fortuit fut , qu'un jour, à la table de ce prince , on loua Charles-Quiut de plusieurs choses , mais surtout d'afoir Jait son précep~ leur pape — Cela fit impression sur l'esprit de Charles IX, jusque -l'a même qu'il dit que, si l'occasion s'en présentait , il en ferait bien autant pour le sien. Et défait , peu de temps après, la grande-aumôiterie de France ayant vaqué, le roi la donna à Amyot. Tout cela tomba par-terre, dès qu'on consulte les registres de cette grande - aumônerie , où l'on trouve la charge de grand-aumônier conférée à Amjot le second jour du règne de Charles IX. D'ailleurs , François II ne fut pas disciple d'Amyot , mais de Pierre Danès, Poursuivons :

M. deSaint-Kéal suppose que la reinemère , ayant su bientôt ce que Charles IX avait fait pour son précepteur, fit appeler celui-ci dans son cabinet, où, elle le reçut d'abord avec ces effroyables paroles: «J'ay fait bouquer » les Guises et les Chatillons , les Con- » nétables et les Chanceliers , les » Rois de Navarre et les Princes de )) Condé ; et je vous ay en tète , petit » prestolé. » Amyot eut beau protester de ses refus, la conclusion fut que, s'il avait la charge , il ne vivrait pas vingt-quatre heures. L'abbé dit ensuite, qu'Amyot s'alla cacher, et que Charles IX s'avisant aussitôt de ce que ce pouvait être.... entra dans une telle fureur...., que la reine, qui avait assez de peine h le gouverner , et qui le craignait autant qu'elle l'aimait , n'eut rien de plus pressé que défaire trouver Amyot. C'estsupposer que Charles IX était roi depuis long-temps , lors-

siastiqae de la Cour , ou les Antiquités et Recherches de la chapelle et oratoire du loi tl£ Trance , pag. 102 ■

AMYOÏ.

qu'il donna cette charge à son précepteur^ mais rien n'est plus faux : il la lui donna le lendemain de son ave'neraent à la couronne , avant que Catuerine de Me'dicis eût goûte de la re'gence , et qu'elle eût fait bmiquer bien des gens. Tout le monde sait que sou pouvoir fut assez petit sous François 11. Je ne laisse pas de dire que les reflexions de M. de Saint-Keal sur ces faits , considérées en elles-mêmes sont belles et bonnes. Quant à Tévêché d'Auxerre , il fut donné à Amyot, non Tan i568, comme l'assure Du Peyrat (20), mais l'an iSyo (21; , après la mort du cardinal Philibert Babou , qui le possédait.

(F; Henri m \jouIuI qu'en saconsi- Jératinn tous les aumôniers de France fussent a l'avenir commandeurs nés de L'ordre du Hainl-Esprit, ] Voici ce que je trouve sur cela dans un autre auteur : //e«r( /// , en l'année i5j8, instituant iordie du Saint-Esprit, ordonna (^) en Joueur d'Amiot , que son grand aumosnier serait associé au mesme ordre en titre de commandeur , et ses successeurs audit estât : lesquels toutes Jois (dit-il) ne seront tenus J aire preuve de noblesse , ce qu'il adjousta pour gratifier ledit Amiot , lequel n'estoit pas de noble extraction , mais qui entroit au temple de l'honneur par celui de la vertu (aa). Voyez dans du Saussai (aSj la réponse de Henri 111 aux courtisans qui murmurèrent de la promotion d'un homme de si basse naissance. Le même auteur assure qu'Amyot dressa les statuts et les litanies , ou plutôt l'oflice de l'Ordre : Hujus statula et horarias preces scitè et scienter composuit.

(G) L' esprit rebelle de ses diocésains lui causa mille chagrins. ] M. de Thou fait une remarque bien flétrissante ■'' pour la mémoire de notre Amyot; car il l'accuse d'avoir oublié les bienfaits dont les deux princes ses

(20) Hist. Ecoles, de la Coar, etc. , p. 48 1.

(21) On s''est donc trompé dans la table de la Version de Fra-Paolo , où Von a dit çu'Arayot alla ambassadeur à Rome , sous le nom d'évêque •l'Auxerre , en i5G2. 1,'éveque d^Auxerre ^ dont Fra-Paolo par/»", n'était point Jacques Amyot.

(*) L'ordonnance est rapportée au li^reXy'III du Code Henri, lit. Xf , du Saint-Esprit.

(22) Guill. Du Peyrat, Hist. de la Cour, etc., pag. 385.

(2^) De Scriptor. Ecclesiast. , num. 52. * Leclerc trouve la remarque de de Thou /aniJoiulemeiU.

élèves l'avaient comblé , et d'avoir eu trop de complaisance pour la fureur séditieuse et ligueuse de ceux d'Auxerre. L'amour de l'étude et la vieillesse lui avaient fait prendre le parti de la résidence , et il n'eut pas la force de résister au torrent de la rébellion (24)- Sébastien Roulliard n'en parle pas de la sorte : il insinue qu'on le maltraita, à cause de sa fidélité. Les afflictions , dit- i\ (25j , l'accueillirent à la sortie des estais de Bloisl'an 1 689, pource que , par la fureur des troubles qui pour lors s' echaiiff èrent , il fut tout volé et destrousse a my-cheviin retournant a yluxerre, et qu'estant arrivé l'a , lui fut baillé beaucoup de peine par les habitans , voire par son clergé , pour les causes du temps Enfin , petit a petit les affaires s'apaisèrent :

tellement qu'il ne bougea d'icelui lieu, se plaignant toutesj ois journellement de ce que la privation de ses biens et commoditez du passé lui ostoit le plaisir de l'eslude. Sainte - Marthe avoue bien les mauvais bruits qui avaient couru , mais il ne les croit pas véritables (26J.

(H) Il mourut en iSgS, courant sa soixante-dix -neuvième année. ^ M. de Thou s'était adressé à des gens bien mal instruits sur le chapitre d'Amyot , puisqu'ils ne surent lui apprendre, ni quand il mourut , ni à quel âge. Il dit en général , cju'Arayot , dont il met la mort au mois de juillet iSgi , avait passé soixante ans. Sainte-Marthe la met à l'an i Sgï : Triennio post Henri' cum tertium detestabili parricidarum coitione sublatum è vii'is excessitip.']].

(Ij 11 se mêla de poésie, et n'y réussit pas.'} Sébastien Roulliard, son compatriote, l'épargnerait sans doute sur ce sujet, si cela était possible.

Voici ce qu'il en dit : Quant au poème latin qu'il fit sur le sacre du roi Charles IX , on reconnoist par icelui qu'il s' estait fort addonnéh la lecture il' Horace ; mais auroit esté peu adroit en son génie poétique (28). La version des vers grecs en vers français, à laquelle Amyot se voulut assujettir dans son Plutarque , est affreuse. Charles IX la trouvait grossière , en quoi

(24) Thuanus, de Vitâ siiâ , Itb. V, p. 1222. (2.'5) Roulliard, Aniiquit. de Melun , p. 6o5.

(26) Sammarth. in tlogiis, pag. 96.

(27) Ibidem.

(28) Roulliard , Antiquit. de Melun, p. Ci4,-

AMYOT

son opinion ha esté suivie de beaucoup d'aulires (29). Roulliard apporte une excuse pitoyable : Oesl un ramas, dit-il , de d^ers autheurs, et de style différent. Ajoutons son jugement sur la prose d'Àmyot. Tant y ha , dit-il , (jue, selon mon advis , il estoit plus heureux en la traduction qu'en sa composition, soit française ou latine ; car ce que j'en ay veu me semble estrangement pesant et traisnassier.

(Kj Ses traductions ont été son plus bel endroit.^ La première de toutes a c'te' celle des amours de Théagène et de Chariclée ; mais celle de PlularqueWi a procure sa principale réputation II a traduit aussi les Pastorales de Longus{3o), plusieurs Lii>res de Diodore de Sicile *, et quelques Tragédies grecques. La duchesse de Savoie , ne trouvant point dans Plutarque la Vie d'Epaminondas , ni celle de Scipion , le pria de les composer. Il le fit j mais elles n'ont pas été publiées. La pre'face était déjà toute prêle : Pierre Mathieu l'a vue '3ij;ilfautdonccroire qu'Amyot avait mis la dernière main à cet ouvrage. Il n'osa , dit-on (Sa) , entreprendre la traduction de Philostrate, quoique le Roi Henri III la lui eiit souvent demandée : il s'en excusa sur l'impossibilité ; et quand ce prince, ayant vu la version de Vigénère , dit à Amyot : Hé bien , i^ous disiez que Philostrate estoit hors de traduction? Amyot lui répondit qu'il l'avait cru jusqu'à celte heure.

(L) Tous les critiques ne lui sont pas favorables. ] M. Bailleta Irès-heureusement recueilli les éloges que l'on a donnés au Plutarque d'Amyot (33).

Ils sont beaux et glorieux. J'y ajoute ce que j'entendis dire à M. Conrart, en l'année 1675, lorsque quelqu'un lui eut appris que presque tous les exemplaires du Plutarque de M. l'abbé Tallemant avaient péri dans l'incendie

(2Ç)) JLh même.

(3o) Cest ainsi qu'il fallait traduire /? Longi Pœmenica de M. de Tboo , et non pas, comme du Kyer , par les Pœmeoiqucs de Longus.

* Ce sont, du Leclerc, let libres XI à XVII, imprimés en j554 , in-folio, a Pans , chez, Vascosan.

\i\) Bollart le rapporte dans son Académie de» Scienc. , pag. i6S.

(32) Du Verdier Vau-Privas , Prosopogr. , loin. III , pag. iâ'/i.

(33)Baillel, Jogem. des Savans , tom. IV, , pag. Sîi. Vojez aussi Pope Blouat , Ceosur. celebr. Àutor. , pag, 52i.

du magasin d'un libraire. On s'en consolera aisément, dit-il , pendant qu'on aura la traduction d'Amyot.

On Y troui'e les plus beaux tours de notre langue, et la plus heureuse économie de nos périodes. M. Baillet n'a pas recueilli avec moins de soin les ju-

feraens désavantageux : il n'a pas oulié que M. de Thou loue beaucoup plus l'élégance que la tidélité de ce traducteur : Diodnro ac prœcipuè Plutarcho licet majore plerumquè elegantid quamfide gallicè redditis (34).

il a oublié un autre passage de M. de Thou , que .M. de Girac rapporte.

M. de Girac sera le seul dont j'alléguerai les paroles, comme une espèce de supplément au beau recueil de M. P>ailîet. « Pour ce qui est d'Epiti- » mius, » dit-il (35) , « qui est tué » dans Amyot, au lieu que dans le '> texte grec ce n'est que son cheval, » j'aime mieux croire que ce fameux J> interprète s'est servi d'exemplaires w différens de ceux que nous avons , » que de dire , avec .M. de Thou , que » ses versions sont bien plus polies )) quefidèies, et qu'il ne recherchait )) pas tant la vérité , qu'il affectait de » plaire aux oreilles délicates (*'). Je » sais qu'un savant et sage juriscon- » suite (*^) l'accuse de n'avoir pas sea M comprendre une belle antiquité » touchant une loi de Solon ; car au )> lieu d'écrire que ce législateur s'é- » toit vanté quelque part dans ses » poésies qu'il avoil délivré les Athé- » niens de toutes les dettes qu'ils » avoient contractées, et osté les » brandons ou pannonceaux qui étaient » posez en beaucoup de lieux sur les » terres hypothéqiuies , il avoil tra- ') duit , d'avoir asté les bornes qui » paravant faisaient les séparations » des héritages de tout le territoire » attique. Je pourrois ajouter plu- » sieurs remarques sur quantité d'en-

(34) Thnan. Hist. , lib. C, pag. 4o5.

(35) Girac, Réplique à Costar, section L[ , pag. 438 , e'dition de Hollande.

{")Aniiotus hic Pœmenica Longi, Heliodori .^ihiopica , Diodori Siculi Hislorica , ac postremb Plutarchum m linguatn nustram gallt~ cani de Grœcis verleral , sed hune majore ele— gantid quàm fide, dum auribus nosiris ptacere, quîjm de sensus veritate laborare. poilus exisiimat. Tbaan. , de Vitâ suà , lib. V.

C^J L'Oiseau, de l'Action hypoiliéq., liv. lll.

AMYOT

» droits , où le bon Amyot a pris le » change j mais je ne s;,U''ois apj»rouj) ver M. de Meziriac , lequel (*) , )) dans un discours qu'il a fait de la » traduction , après avoir loué l'esi> prit , le travail , et le style de cet » éloquent traducteur en sa l'ersion de )) Plutarc/ue, prétend montrer qu'en i> dii^ers passages , qu'il a remarquez 3' jusques au nombre de deux mille, » il a fait des fautes très-grnsiières. »

(M) On veut qu'il ait été plagiaire.'] On a vu (36) ce que dit Brantôme sur ce sujet. Voyons maintenant ce que d'autres en ont dit. J'ai ouï dire , c'est M. Colomiés qui parle (87) , h M. Patin , quil avait appris du bon homme Laurens Bochel (qui ajail imprimer les Décrets de l'Eglise Gallicane , etc. ) , qu Amyot avoil traduit les f^ies de P lutarque sur une vieille t'ersion italienne de la bibliothèque du roi , et qu'elle était cause des fautes qu'il avait faites. Je ne sai si celte t-'ersion n'est point celle que fit sur le latin , l'an \^%i , Baptiste Alexandre Jaconel de Itielé , qui est dans la même bibliothtquc * . La Popelinicre accuse Amyot de n'avoir pas rendu à Turnebe l'honneur qui lui était dû, puisqu'il n'a point publié les secours qu'il avait tirés de lui pour l'intelligence des passages difficiles (38;. Il prétend que Turnebe lui envoyai! les passages tout entiers tournez en François sur lesquels Amyot était en peine, et que plusieurs autres gens doctes l'aidèrent de leurs bons avis (Sg).

(N) Quelques-uns l'ont accuse d'avarice. ] J'ai cité dans la remarque (A) un long passage de Brantôme , où Charles IX fait la guerre de ce défaut

(*1 M. Pélibson, dans THistoire d« l'Académie, pag. lii.

(36) Ci-dessus , "Remarque (A).

(37) Colomiés, Opuscules , pag. 124, f'ditd'ihrechl.

* Vi->ici comment , dans Ve'dition de la Bibliolhéque choisie de Colomiés, i^Si , La Monnaie parle de cette circonstance : « // est vrai^ » dii-il, (jue cette traduction italienne a e'te' re'im- » primée plusieurs fois in-l\° et in-&° ; mais » comme elle n^a élp faite que sur de tres-inau-

• vaises versions latines que ce traducteur a » rendues encore pires , il ne faut pas s'ima-

• gner qu Amyot , qui , nonobstant les fautes » quon lui reproche , ne laissait pas d''être un

• fort habile homme , fut capable de s^attacher »* à une si misérable copie. >»

(■|8) La Popelin., Idée de l'Histoire accomplie , liv. III , pag. i5c).

(39) La Popelinière , Hisloire des Histoires , pag. iSg.

à son précepteur. Un autre livre m'apprend qu'un jour qu'Arayot demandait un bénéfice de grand revenu , ce prince lui dit : lih quoi , mon maistre , t>ous disiez que si vous aviez mille écus de rente , vous seriez entent : je crois que vous les avez et plus. Sire , repondit-il, l'appétit vient en mangeant; et loutejois obtint ce qu'il désiroit {^o). On prendra si l'on veut pour une preuve équivoque de son avarice les deux cent raille écus de bien qu'il amassa (4<)>

(()) Les choses que M. de f^arillas rapporte touchant Amyot sont pleines de faussetés. ] 11 dit que la cour de François V^. s'étant arrêtée durant quelques heures dans le chdleau d'un gentilhomme de Berry , Amyot, qui était précepteur chez ce gentilhomme, en prit occasion de présenter a sa majesté une épigramme de quatre vers grecs , qu'il venait de composer. Les savons ,qui suivaient samajesté, trouvèrent l'epigramme si belle, que l'on ne jugea pas à propos de laisser plus long-temps son auteur dans une province trop éloignée de Paris. Le roi l'attacha à son service par une pension considérable (42) ■ Tout ceci est plein de transpositions de circonstances; car nous avons vu (43) que l'on attribue à Michel de l'Hôpital le bon eflét que produisirent quelques vers grecs d'Amyot présentés à Henri II. M. Varillas raconte dans un autre livre (44)? qu'Amyot , professeur en grec à Bourges , se fit connaître à la cour par sa politesse a écrire en français , et qu'alors Bouchetel et Morvillier, secrétaire d'état , le rappelèrent à Paris; et après l'avoir ramenée la communion de l'église catholique , le recommandé/ ent au cardinal de Tournon , qui lui fit donner l'abbaye de Bellosane, et la commission de secrétaire d'ambassadeur à f^enise , d'où il partit pour aller a Trente exécuter les ordres du roi, l'an i55i. Voilà comment cet historien réfute dans un ouvrage ce qu'il avait dit dans un autre. Il ajoute qu'Amyot fit un discours

(4o) ProsopograpKiede Du Verdier, tom. III , pag. ^S-'i.

(4i) Voyez la remarque (A) , a lafin

(42) Varillas , Hist. de l'Hérésie, liv- A', pag. 3io , édition de Hollande.

(43) Dans la remarque (C).

(44) Varillas, Hisloire de Henri II , liv. II, pag. 204.

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