‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 155 sur 158 · A M PHI · texte numérisé non relu

A M PHI

fiis de Mélampus (A) , qui avait reçu en don une partie du royaume d'Argos , pour avoir rendu un grand service aux femmes de ce pays-là {a). Ce partage du royaume fut une semence de discorde , dont on remarqua les grands effets au temps d'Adraste, roi d'Argos , qui se vit contraint d'abandonner ses états , ne se pouvant maintenir contre la faction d'AmphiaraïiS {b). Celui-ci avait fait mourirTalaiis, père d'Adraste , et s'était saisi de la couronne (c) . On jiacifia cette querelle par le mariage d'Ampluaraiis avec Eriphyle, sœur d'Adraste; de sorte que ce dernier fut rétabli. J'en parle ailleurs {d) ; et cela sans oublier les nouvelles brouilleries oii Eripliyle , qui fut choisie pour arbitre, décida en faveur d'Adraste, au préjudice de son mari. Le tour qu'elle fit à son époux pendant les préparatifs de l'expédition deThèbes fut une vilaine action. Amphiaraiis , averti par son esprit prophétique qu'il périrait dans cette guerre , ne voulait pas y aller, et se cacha : mais sa femme, gagnée par un présent, découvrit oii il étai t (e). Il fallut donc que , malgré lui , il accompagnât les autres princes à l'expédition de Thèbes. Elle fut très-malheureuse , et il y périt d'une façon étonnante, car la terre ayant été entr'ouverte par un coup défendre , il fut englouti dans cet abîme , avec son chariot (B).

Ceux qui disent que ce malheur

(") ^ojez l'article r?c"MÉLAMPUS.

(ù) Pindarus , Od. IX Nemcor. , p. 608.

(c) f^oyez le Commentaire de Benoît sur Pindare, là même , pag. 608, 609.

idj Dans la remarque (F) de l'article Adraste.

(e) Vojez l'article d'A.ZcnioN ,^ls d' Amphiaraiis,

ARAUS.

lui arriva le jour inêiue que l'armée s'approcha de Thèbes {f) se trompent : il ne mourut que le jour de la retraite; et le siège avait duré quelque temps. Cette funeste aventure a servi de thème à quantité d'écrivains; d'oii il est venu que les circonstances n'en ont pas été rapportées uniformément. Il y a eu des réflexions assez mauvaises sur cette espèce de mort (C). On a cru qu'Amphiaraïis sortit des enfers (D) , et l'on a marqué la scène de sa résurrection {g). Il fut mis au nombre des dieux : on lui consacra des temples : son oracle fut trèscélèbre (E) : les jeux qu'on institua en son honneur {h) firent du bruit. On croit qu'il excella principalement à deviner par les songes (F); mais il ne se borna point à cela : il fut l'inventeur des divinations qu'on fait par le feu. Il conçut un ressentiment si vif contre sa femme , qu'il ordonna aux enfans qu'il avait eus d'elle de la tuer , dès que l'âge le leur permettrait {{). On lui a donné de grands éloges , et entre autres celui-ci , qu'il travaillait à être honnête homme , et non j)as à le paraître (G). Grand sujet à réflexions (H). Apoliodore , si je ne me trompe , est le seul qui l'ait inséré dans le catalogue des Argonautes (k); car Apollonius, ni Hyginus , ni Valérius Flaccus , ne l'ont point fait. On le compte parmi les gens sages qui ont eu

{f) Charles Etienne, et Lloyd , dans leurs Dictionnaires: Olivier sur Val. Max., lii>. P'JII vers lajîn , et plusieurs autres.

(g) Voyez dans la citation (^5).

(h) Vojez Benoît sur Pindare , Ode VII Olymp. , pag. i[^3.

{i) Cela Jiit exécuté par AlcmÉON, son^ls. Voyez son article.

yk) Apollodorus, lib. I,pag. 53.

AMPHIARAUS.

le malheur d'être engagés à des

entreprises dirigées par des étourdis (I). C'est sans doute un sort déplorable , et qui n'est que trop commun. La manière dont il consola une femme qui pleurait la mort de son fils (R) demande une note. Je voudrais savoir le détail du procès que les partisans firentà ses prêtres (L). J'ai montré ailleurs (/) la nullité d'un raisonnement par lequel on voulait prouver la certitude de ses prophéties. Il laissa bien des enfans fM) , dont l'un fut le fondateur de Tibur en Italie. Pline fait cette remarque , en rapportant des choses fort singulières touchant la longue vie des arbres.

(1) Dans la remarque (F) de l'article MÉ-

LÀMFUS.

(A) // était arrière-petit-fils de Mélanipus. 3 Voici la généalogie d'Amphiaraiis. Son père Oïciès était fils a Antiphates , fils de Mélampus , fils d'Amythaon, fils de Créthéus et de Tyro , qui était fille de Salmonée , qui comptait Deucalion pour son bisaïeul paternel (i). C'est ce (jue vous trouverez dans Diodore de Sicile. Si vous consultez Homère (2) , il ne vous mènera que jusqu'à Mélampus , père d' Antiphates , père d'Oïclès , père d'Amphiaraiis. Chacun de ces deux auteurs donne Mélampus pour le bisaïeul d'Amphiaraiis ; mais il n'est que son aïeul dans le scoliaste d'Eschyle , qui range ainsi les filiations : Àraphiaraijs , fils d'Oïclès , fils de Mélampus , fils d'Amythaon , fils de Créthéus, fils d\Eole , fils d'Hellcn , fils de Jupiter (3) . Souvenons-nous qu'Hypermnestra (4), fille de Thestius (5), était la mère d'Amphiaraiis , et qu'il y a des auteurs qui disent qu'il était fils d'Apollon (6;. Notez qu'on trouve dans Apollodore , aussi-bien que dans le scoliaste d'Es-

Ct) Tiré de Diodore de Sicile, ZiV. IV, ckap. I.XX, pag. 25r , 258.

(2) Homerns, Odyss. , lib. XV, p. tfio, Ifii. (S) Scliol. ^scli. in Septem ad Thebas, vs. 5^5. (^) Pausan., lib. II, pag. 63.

(5) Hygio , cap. LXX.

(6) /./. ibid.

chyle , que Créthéus e'tait llls d'yole (7). Il était donc frère de Salmonée, de Sisyphe , etc. Avant qu'il épousât Tyro sa nièce , elle avait eu de Neptune deux jumeaux , Pélias et Néleiis (8;. Il eut d'elle trois fils : ylvson, Amythaon et Phères (9). L'aîné fut père de Jason. Consultez Apollodore , qui vous apprendra qu'Amphiaraiis était parent de presque toutes les personnes illustres de la Grèce.

(B) // fut englouti dans un aLînie, ai^ec son chariot. ] Pindare et Apollodore sont de ceux qui disent qu'un caup de foudre entr'ouvrit la terre , et que ce fut un coup de grâce de Jupiter j car, sans cela, Amphiaraiis eût eu la honte d'être tué par Périclymène , qui le poursuivait :

0 <r A^<^iàpMÏ <rXÎ3-iv KipaLuvû 7ra.y.Qnt.

Zêl/Ç Toè.V /SatâwÇ"êpVOV X^'''^"'- t

KpI/^j,£v <r' i^a' ITTTrOlÇ ,

(Toc/fi Tlifix.Kvy.'iy^u TTf/v ySto. TVTrîvTtt fj.a.'X^a.'và.i 6f//tc)v <tiV/^i/vSî)//têv (10).

Amphiarao auletu.

diffidil fulmine advers'as omnia violenta Jupiter lalo peciore ierram, occulla'.'itque illum cuni eqitis ^ hastd Periclvment priusquàni terga percussus , pugnacem aniinutn pudejieret.

Vous voyez là , et dans un autre passage du même poète (1 i), qu'Amphiaraiis et son chariot tombent tout à la fois dans le précipice. C'est la tradition la plus commune (12); mais quelques-uns ne laissèrent pas de dire qu'il tomba de son chariot pendant le combat , et qu'ensuite le chariot fut transporté vide dans un autre lieu (i3). Ils se fondaient sur ce que le temple d'Amphiaraiis était un peu éloigné d'un certain village qui se nommait Harma , et qui ne portait ce nom qu'à cause de son chariot. Ils prétendaient que le temple fut bâti où le prophète mourut , et que le village Harma fut bâti où le chariot fut transporté (i4)- Pausanias lui donne

(-) Apollod. , lib. I, pag. 27, 43.

(8) Id. ibid.

(9) Id. ibid., pag. 45.

(io Pindari Nemeor. Od. IX, pag.Git, 6iî. Vorei Apollodore, /iV. ///, pag. igS.

("11) Pind. Od. FI Oly.np. , pa^. <|8. (■«21 Voyez, Diodore de Sicile , /iV- IV, chofi.

Lxviir

(i3) Sirabo, lib. IX , pag. 2:8.

(i4) Id. Cbid.

536 AMPHIARAUS.

^e nom cle ville , et marque preci- //*vTt7ov , éVro^ ^r/^ôvr* tôv 'A^<fiat/i««v,

sèment qu'on la bâtit où Ton préten- ce; <f>)o-< 2G<fiiK>.>iç

dait que la terre avait englouti Am- 'eJ^J^t^o f *y{(Vat 0»?ai('* xôv»ç,

phiaraiis et son chariot (i5). C était . - .

fa prétention des Tanagriens ; car

ceux de Thèbes indiquaient un autre

lieu , situé sur le grand chemin de

Potnies à Thèbes , et environné de

colonnes , et dont on contait deux beaux miracles : l'un , que les oiseaux

ne se reposaient jamais sur ces colonnes ; l'autre , qu'aucune bête ne

touchait à l'herbe qui croissait en

cet endroit-là (i6). Etienne de By-

zance, faisant mention de la ville de

Harma, dit une chosa entièrement

<ff.ce (22).

Circa quem lociim oraculumfuit Ainphiaraï , olïm cultum : iibi Jus^ientem Aniphiaraùm , ut ait Sop/iocles ,

u Thehanus hausil pulvis hialu prapele , • Arma et quadrigas absorbens siinul et virum. »

Strabon veut prouver que l'oracle d'Amphiaraiis, au territoire d'Orope , était situé au même lieu où ce devin fut englouti par la terre ; et il apopposée à la tradition , et à l'auteur porte en preuve deux vers de Somême qu'il cite (17); car il assure phocle, qui témoignent que la terre que cette ville fut ainsi nommée, se fendit dans le territoire de Thèbes , parce qu'on disait qu'Amphiaraùs , pour engloutir Amphiaraiis et son monté sur son chariot , s'y retira , et chariot. Saumaise critique cela avec que les habitans ne voulurent pas le beaucoup de raison (aB). Isaac Vossius livrer à ceux qui le poursuivaient a pris le parti de Strabon 5 mais , en

(18). N'est-ce point prétendre qu'il sauva sa vie, et démentir une infinité d'auteurs, qui content qu'il fut abîmé dans les entrailles de la terre ? Le grand Saumaise s'est imaginé qu'il manque deux ou trois mots à cet article d'Etienne : c'est à-dire , qu'aprés avoir fait mention du chariot d'Amphiaraiis on avait parlé de celui d'Adraste; de sorte qu'il faut rapporter à ce dernier ce qui concerne le refus des habitans (19). Cette conjecture est ingénieuse , et on la peut confirmer par un passage de Strabon, où il est dit que les habi-

cette rencontre, il a fait voir qu'une envie trop ardente de trouver des fautes dans les écrits d'un adversaire est un guide dangereux. Desinat qiioque mirari , dit-il ( 24 ) , quôd multi Ompuni urbem in rei^ione sire asro Thebano collocârint. Rectè enirn hoc ab illis factuvi , ciiin Oropus non sui juris , ied propria J'uerit Thebanorum. Hoc manifeste Dicœarchus docet, « (fê ToXH Tiâv 'ClpuTrltev oiKUit ©hCûjv sri . En premier lieu , la proposition de Dicéarque , prise généralement, et pour tous les temps, n'est point vraie. Orope fut un long sujet

tans de Harma, dans la Béotie, sau- de dispute entre les Athéniens et les

• — 1 ^ .1 — 1 \„ ^ — -,i,„,.:^f Xhébains. Ceux-là en acquirent enfin

pleinement la possession , après que Phihppe de Macédoine eut pris la ville de Thèbes (25). En second lieu, de ce qu'Orope apparteuait aux Thébains, il ne s'ensuit pas qu'elle fût au territoire de Thèbes , in agro Thebano. Un auteur, cité par Plutarque , assure que la ville de Harma fut bâtie où se donna le combat entre les Argiens et les Thébains, et ou Amphiaraiis fut englouti (26). C'est

(22) Strabo, Ub. IX, pag. 275.

(23) Salmas. Ejercit. Plin. in Solin., p. 167. (24; Isaac Vossiui in Pompon. Melam., p. i52.

(25) Pausan. , lib. I , pag- 3i. ^orez dans les Notes de Pinedo sur Etienne de Byzance , au mot^f<i*7rÔç, quelques passages qui prouvent que cette ville appartenait aux Athéniens.

(26) Trisimuchus , lib- III , de condilis Urbibus, opuA Plutarch. iv. PartiUglis , pag. la'.

vèrent Adraste , après que son chariot eut été brisé en ce lieu-là (20). On ne peut point faire une semblable conjecture en faveur d'Eustathius. On doit dire sans hésiter, qu'il a écrit (21) que celui que les habitans de Harma sauvèrent était Amphiaraiis, et non pas Adraste.

Notez que Strabon est tombé dans une bévue que Saumaise n'a pas manqué de censurer : 'EvTatt/ôçt (Ts toi/,

K*/ TO 'A^^IIStfâêlOV Èç-i TET»jM>l/*SVOV TTOTê

(i5) Pausan. , lib. IX , pag. 296.

(16) Id. ibid. , pag. 288.

(17) Il cite le IX^. livre de Pansanias.

(18) Stepli. Byzantin, yoce Apy.a..

(19) Fo/ei les Notes de Berkelius sur cet endroit de Steph. Byzantin.

(20) Strabo , lib. IX , pag. 278.

(21) Eastalliius in Iliad., Ub. II, pag- 26G.

AMPRTARAUS.

une faute de géographie , mais l>c;ui- dam conjectnrani {■■etciis aânotatoris coup moins ritlicule (jue ce que conte propnnere , per hune casiiui altudi à le nit-me auteur, que le jour qui pré- paganis scriptoribus ad uiridiclam di

céda le combat, un aij^le enleva la lance dWmphiaraiis pendant que les généraux dînaient ensemble : Tayant portée bien haut , il la laissa retomber : elle se ticha dans la terre , et Ae\ int un arbre. To (Ts tta-j sv £v 7 « Jâ<|)- TJi iyîviTa. En terra injixa in lauruni est mutata (27). Voici des paroles du scoliaste de Stace , qui ont été critiquées : Civiias in illo l^co pott est condita, in quo hiatus terrœ Amphiaraum recepU, quœ yimphinrma i'Ocatur , ut Homerus ait , c/uôd illic currus queni Grœci ôify.a. wocant décident, in quo etiam oraculum est quod grœcè Aniphiaraon t'ocatur.

Barfhius (28) prétend que ce scoliaste allègue mal à propos le témoignage d'Homère, puisqu'on ne trouve rien de semblable dans le livre de l'Odyssée où il est parlé d'Amphiaraiis (39). Il ajoute, que peut-être le nom d'Homère est entre Jà par !a faute des copistes, et que si l'on ne suppose point cela , il faut dire que le scoliaste a fait un péché de mémoire qui lui est assez familier, et à beaucoup d'autres : f^el alium erf^b auctorem nominat'it intiuso nunc Uo- Ttieri titulo Lutatius , i>el errorem errai'it nec ipsi insolituni, nec aliis paris momenti auctoribiis infrequentem ( 3o ). Cette critique n'est pas

vinam in sacerdotes hebrœi populi , Datamum nimirUm et Abiramum , quns non riic rébus sacris miniilrantcs Deus omnipntens coram onini illu gente wii'os ad injeros per hiatum terra: subitum deje.ceril. Ei rei respondere nonnihil etiam posleriiis dicti wocabulum ; facile enim ex Abirarao gentilium dtUria Amphiaraum Jecisse , quem , IsraèUld génie jani eo loco reniotd , quo loco ista absorptio accident, consecrâsse postmodum, Satana instituente oraculum. El indè cultum impii hominis aliorsiim longé latèque propagatum (32).

(C) ii y a eu des réflexions assez mauvaises sur cette espèce de mort. 3 On a cru que l'ordre de la nature y avait été renversé : cet ordre , dis je , selon lequel les parties d'un composé qui se dissipe doivent retourner chacune en son lieu: par exemple, quand l'homme meurt , son âme doit s'envoler vers le ciel, d'où elle a été tirée, et son corps , pris de la terre, y doit retourner. Amphiaraiis n'avait point joui de ce bénétice; la terre l'avait englouti en corps et en iàme : elle ne s'était pas contentée de reprendre ce qui lui appartenait, elle avait aussi retenu ce qui ne lui appartenait pas.

Le devin Thiodaraas lui en fait une espèce de reproche

juste : il la fallait diriger ailleurs. 11 Liceat,precor, ord.nebM

tallait dire premièrement, que la ville " ...

qui fut bâtie où Amphiaraiis périt , s appelait Uarma, et non Amphiarma.

Secondement, qu'Homère s'est contenté de la nommer, .sans faire aucune remarque étymologique "Oit ifjie^ âp//.at êVê//ovTO, quique circum Uarma habitabant (Si). En troisième lieu , que l'oracie de ce prophète n'était point à Harma.

Finissons cette remarque par un passage de Barfhius , qui nous apprendra qu'on prétend que les païens ont fait allusion à l'aventure de Coré et d'Abiram : Placet non plané absur-

(27) Id. ibid.

(28) Barthius in Sut. Theb. , Ub. VIII , vs. i07 , lom. II , pag. 83i.

(29) OJyss. XV, w. 245.

(30) Bartliius in Slatii Theb. , Ub. VIU , tout. II , pag. 83i.

i3j) Homer. lli»d. , Ub. II , vs. 49y.

Pugnaces ej/lare animas , et reddere cœlo. iVc râpe tain subilis spiranlia. coipora bustis. Ne propera: veniemus enim qtto limite cuncU Qud licet ire vid (33).

Un commentateur dit là-dessus : Iniquitas manijesla Telluri hic erprobratur , qud animam. Auiphiaruï cuni corpore egeril deorsiim (34J. Il venait de rapporter une doctrine d'Epitharme , qui est très-belle : L'homme avait été fait par l'assemblage de deux parties : elles se séparent, et chacune retourne d'où elle était l'enue , la terre a la terre , et l'esprit en haut . il n'y a rien l'a de mau^'ais. Kct>,wç oùv 0 E^ri-

X<t-fiy-^C C-U'»iKfl9», CfllS-i , X.SlI iTlSXfl'S)! ,

KoLi ÀTTtiKBi]/ oSiv nhbi TrÂKty, yx f/.iv ik yxv , ■;rviûfite(, Se àvaT»" tÛv ii X.a.\i7roi 5

(32)Bartli. in VU lib. Tbel>aid. Sutii , vs. -84 , pag. '-3, lom. III.

' (33;Siatius, Theb. lib. VIU, fs. 333.

(34) Bartbius in Suiium, tom. III , p. 8G2.

AMPHIARAUS.

tùéi h. Prœclarè igitur Epiclmnnus , concretum , inquit, fuit et discretuin est , reditquc undè i-'enerat , terra deorsitm , spiritus sursiim. Qidd ex hls omnibus iniquum est ? JVihiL (35). On trouve cette pensée dans les écrits de plusieurs païens (36) , et même d.ms les poésies de Lucrèce, comme je Tai dit ailleurs (37). C'était pour le moins connaître en gros la vérité : mais ceux qui s'imaginaient que l'âme d'Ampliiaraiis n'avait pas joui de la liberté de se réunir à son principe, se trompaient grossièrement. Quand même elle n'aurait pas été immatérielle, mais de la nature des astres, elle aurait trouvé aisément une bonne issue pour remonter. Les poètes qui dirent qu'il vivait encore quand il arriva dans les enfers, mettaient plus d'obstacles an retour de son esprit vers les régions célestes ^ car il semble qu'il soit plus facile de gagner le haut, si l'on commence à y tendre un peu au dessous de la surface de la terre , que si l'on senfonce jusqu'au centre, avant que de commencer son vol vers le ciel : mais ces fantaisies poétiques sont trop éloignées du sérieux , pour mériter que l'on s'y arrête , et je crains que mes lecteurs ne trouvent mauvais que je copie ceci :

■ . . Eece allé prœceps humut, ore profundo

DissilU , inque vicein tiinuerunt sidéra , et unibrœ.

Illuin inger.s haurit specus , et transire parantes

Mergit equos , non arma manu, nonjrena remisit :

Sicut eral, reclos defert in Tarlara currus (38).

A la vue des Parques , il vivait encore : elles ne rompirent le lil de sa vie qu'après avoir eu bien peur de voir ce prophète en chariot dans les Ça3's infernaux :

Quin comin'us ipsa

Falorum deprensa colus : visoque paventet Augure , lune demiim rumpebanL slamina Parcœ (3g).

On trouvera moins étrange que j'observe la contradiction où ce poète s'est jeté. II suppose qu'Amphiaraiis,

OU) Plutarcli. de Consolât. , pag. 110.

(36) yorec. Barlhius , qui en cUe plusieurs dans son Commentaire sur Stace , tom. II , p. 2S4.

(87) Dans la remarque (E) de l'article Prudence.

(iS) Statiiis , Thebaïd.. lib. VU , vs. 81G.

(3yj Id. ibid., lib. nu ,vs. XI.

un })eu avant que d'être englouti , rendit à Phœbus les enseignes prophétiques , comme une chose qui ne pouvait pas être portée au royaume de Plu ton :

Àccipe commissum capiti decus, accipe laurus Quas Erebo dejerre nefas (4o).

Ailleurs, il suppose que Phœbus avoue que son prophète descendit dans les enfers avec toutes les enseignes de sa charge :

, Utinam indulgere precanti

Fala darenl ! en ipse mei ( pudel ) irritut

arma Cultorit, frondesque sacras , ad inania vidi Tarlara , el in mernel versos descendere vul-

tus (4i).

Barthius , qui a relevé cette faute , observe qu'il y en a plusieurs do même nature dans la Thébaïde de ce poète : Hoc genus plurlma conrd^'et Ttiagnanlmus hic unies , et duodecint tamen annorurti limani rejerre i'ult suani Thebaïdent (4^).

(D; On a cru qu Amphiaraûs sortit des enfers.'] Quelques auteurs aflectent de dire qu'il disparut : 'Ajw^iâ.pa.aç et ;t*V!)i/3->tç T«ç yviç îjUTriiTôov i'iç To X^'^y-'*- IJ.iTo. Tw ap^stTûç at^iîiVJK syîviTo (43). Amphiar.ms wero déhiscente terrd cadens in hiatum cum curru inconspicuus euasit. ApoUodore ajoute cette raison : c'est que Jupiter lui donna l'immortalité : 'O é% a-ùt toi ci.pjua.Ti.... i>ipù(p^ti x.aù Z«t/c 'à9âva.Tov ctoTov iTT^Îno-iv (44)- ^•s «^erô absnrptus est et posteà nunquàin visus : illuni enini Jupiter immortalitate donauit. Voilà qui peut obliger les hébraïsans à dire, que les païens ont fait allusion à l'histoire d'Enoch. Il y a d'autres auteurs qui ne biaisent point : ils supposent qu'Amphiaraiis mourut, et qu'il descendit actuellement au royaume de Pluton \ mais qu'ensuite il remonta aux régions supérieures. Ils indiquaient même le iieu par où fut faite son ascension. C'était une fontaine , proche du temple que ceux d'Orope ''45) lui bâtirent. Le culte de cette fontaine était singulier : on n'y faisait point de sacrifices j l'eau n'en était employée ,

(4o) Id. ibid. , lib. vu, vs. 784.

(40 Id. ibid. , Itb. IX, vs. 652.

(42) Barth. in Statium , tom. III , pag. 773.

(43; Diotl. Sictilus, lib. IV .

(441 Apollocloni'i , lib. III , pag. iç)3.

(4'i) Vdle silw'e entre V jtllique el la Be'otie»

AMPHIARAUS.

ni aux purifications , ni à se laver les mains : seulf ment ceux qui £;ue'rissaient d'une maladif par le moyen de roracle jetaient une pièce de monnaie d'or ou d'argent dans cette fontaine.

°Eç-» cTs flfCDTr/oiç TTinyii TrKna-iov tov vxoû , «V ' hy.<^ia.^tt.rju xa,A.oi/9-iv , oùVe St/ovTeç ot/tTtV êç cii/Tiiv , où <r' iTTiKet^a-ptrlotç « X.h~ riSi Xf'*'"'^^' vo//i^ovTêc. Nôa-ou ifs «Kas-- 8Ù3->iç À^S'fi y.a.vTiùfj.dLTdçytvnfjii'iov , kclâsç-M^êV Àpyufoi tki^itveti x.a.1 ;^pï/î-iv S/T/-

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