ABE
baye nommée Livri dans le diocèse de Laon (i). L'abbaye de ce nom est au diocèse de Paris. Enfin je trouve dans l'acte par lequel l'université de Paris prêta serment de fidélité à Henri IV, le 22 d'avril 1694, jy trouve, dis-je , entre ceux qui le signèrent , un François Abély , abbé d'ivri, prédicateur et aumônier du roi (a). C'est à ceux qui en auront les occasions sous la main à vérifier si l'on n'aurait pas ici assemblé sur une seule personne ce qui ne convenait qu'à plusieurs (3).
Mes doutes m'ont procuré un bon éclaircissement , que j'insère ici. « L'Aunoi , ou l'Aulnoi , est fort bien. » C'est l'abbaye de Notre-Dame de Li- « vri, en l'Aunoi , in Alneto (4) , de » l'ordre de saint Augustin , dans le » doyenné de Chelles , diocèse de Pa- ») ris. II faut supposer que, pour par- « venir à cette abbaye, Antoine Abelli » passa de l'ordre de saint Dominique »' dans celui de saint Augutin, ce qui » est une cliose fort aisée , et qui se M pratique tous les jours. A l'égard de » François Abely, abbé d'ivri, je crois » qu'il y a faute, et que ce François, » qui fut apparemment successeur ») d'Antoine, doit être qualifié abbé de » Livri, M Cet éclaircissement m'a été communiqué par M. de la Monnaie.
M. l'abbé Baudrand m'a fait savoir que cette abbaye de Livri est a trois lieues de Paris , en allant l'ers Meaux^ dans un petit quartier qu'on appelle l'ytulnny , où. il y a dix ou douze villages , et dont on ne sait plus les confins. Ces deux éclaircissemens lèvent suflisamment mes difficultés.
(i) VoyeT, TEtat de U France, imprimé en t68o , tom. // , pag. 3ii, 3 12.
(7) Voyei /'Flisl. du collège de Navarre, par M. de Launoi, pag. 372.
(3) Cela n'arrive que trop aux bibliographes.
(4)'Claud. Robertus, in Nomeuclaturà abbatiarum Galli.%.
ABELLY (Louis), ëvéque et comte de Rhodez , mort le 4 octobre 1691 , âgé de 88 ans {a) , était de Paris , et il y fut curé de Saint-Josse. II a composé divers ouvrages , et entre autres un Traité de Théologie , intitulé
(a) Mercure gcilant d'octobre 1691.
LLY.
Mediilla théologien (b), qui a été cause que M. Despréaux lui adonné l'épithète de moelleux (A) , et qui est fort éloigné des maximes des jansénistes (B). Il a fait aussi la Vie de Vincent de P mile ., instituteur et premier supérieur général de la congrégation de la mission ; un livre sur les Principes de la morale chrétienne ; un autre sur les Here'sies ; un autre sur la Tradition de l'Eglise ton-chant le culte de la sainte Vierge^ etc. Ce dernier ouvrage, imprimé pour la seconde fois à Paris , l'an 16^5 , fit un grand plaisir aux protestans , parce qu'il leur fournit de bonnes armes contre les convertisseurs , qui voulaient leur faire accroire que, s'il y avait quelque chose d'excessif dans cette espèce de dévotion , ce n'était que des pensées monacales ou des abus que les évêques corrigeaient journellement. Ce même livre servit à ceux de la religion contre celui de M. l'évéque de Condom(c). En effet, M.
Abelly se rendit le protecteur des pensées les plus outrées concernant la dévotion envers la vierge Marie. C'était ruiner les efforts de l'autre prélat , et les vues de ceux qui ont publié ou approuvé les Avis salutaires de la sainte Vierge à ses dévots indiscrets.
M. Abelly était docteur en théologie de la faculté de Paris ; il fut fait évêque de Rhodez lorsque M.
de Péréfixe , précepteur du roi , monta à l'archevêché de Paris , et il résigna son évêché à un autre lorsque son grand âge ne lui jier-
(6) La première édition est de Paris , en l65i. On jr en fil une sixième en deux volumes in- 12 , l'an 1659.
. f) Intitule' Exposition de la Doctrine de l'Eglise catliolique.
ABELLY. 69
uiît plus d'en exercer les fonc— M. Abelly fût entièrement perdue , et lions , et se relira dans la maison q"e presque aucun auteur qui en eût J c ■ + T Tl ^A.rA\r.A^r.^ P^""'*^ °^ subsistât, et quil n'y eût
de Samt-Lazare. Il révéla dans p^int de note à la marge ciu Lutrïn visla \ ie de M. ^ incent un secret à-vis de moelleux , quels raouvemens qui plut à beaucoup de monde (C). les critiques ne se donneraient-ils
point pour trouver la raison de cette (A) L'epithète de moelleux. ] Ne e'pithète ! et combien de faussetés no faisons pas difBculte' de remonter un diraient-ils pas (3j ! Je m'imagine que peu haut, en rapportant ce passa- quelqu'un , mal satisfait des conjectuge ; car , outre qu'il ne faut pas crain- res de tous ses prédécesseurs , dirait endre que la longueur de la citation de- fia que l'écris ain Abelly avait été caplaise à personne , elle servira à con- ractérisé par cette épithète à cause
qu'on avait voulu faire allusion aux offrandes d Abel, qui ne furent point s^ciies comme celles de Gain , mais un véritable sacrifice de bêtes. Il citerait sur cela le sacrum pingiie dubo , nec macrum sacriftcabo : il dirait que les parties des victimes n'étaient pastoutes également considérables , et que la graisse , sous laquelle il faut aussi comprendre la moelle , était d'un usage singulier. Plus il serait docte, plus le verrait-on courir d'extravagance en extravagance , et accumuler des chimères. En cet endroit, comme en plusieurs autres , verrait-on vérifiée l'espérance dont il est parlé dans la IX®.
satire de M. Boileau :
El déjà vouf croyez, dans vos rimes obscures, ,. . .1 Aux Saumatses futurs préparer des tortures,
iLludiom enfin , il en est temps encore ;
Et pour ce grand projet, tantôt, des que Quelqu'un a dit qu'il Serait à souhai
t aurore . ", y*. , ,. . ^ ,
firmer ce que je dois dire dans la remarque suivante.
Alain tousse et se lève, Alain (i), ce savant homme , Qui de Banni vingljoir a lu toute la Somme, Qui possède /ébellr, qui sait tout Baconis , Et même entend, dit-on, le latin d'A Kempis. N'en doutez point , leur dit ce savant cano-
nitte.
Ce coup part , j'en suis sûr, d'une mainjan-
se'niste.
Mes yeux en sont témoins : j'ai vu moi-même
hier Entier chez le prélat le chapelain Garnier. Arnaud, cet hérétique ardent à nous détruire. Par ce ministre adroit tente de le séduire: Sans doute il aura ludans son saint Augustin Qu'autre fuis saint Louis érigea ce lutrin. Il va nous inonder des torrens de sa plume : Il faut , pour lui répondre , ouvrir plus d'un
volume.
Consultons sur ce point quelque auteur signalé; r^oruns si des lutrins Bauni n'a point parlé.
Kaltumera le jour dans l'onde enseveli.
Que chacun prenne en main le moelleux Abellt (2).
Quand ces vers ne contiendraient autre chose que l'accolade de Bauni et d'Abelly, ils signifieraient assez l'anti-jansénisme de ce dernier ; mais ils contiennent plusieurs autres traits qui vont au même but , et qui portent coup. L'auteur a mis en marge une note qui explique la raison ^Vépithète, et il a bien fait. Quand je songe aux conjectures que formeraient les critiques si la langue française avait un jour le destin qu'a eu la langue latine , et que les œuvres de 51. Despréaux se conservassent , je me représente bien des chimères. Car , supposons que la MeduLla theologica de
(i) On désigne l'ahbé Auhert, chanoine de la Sainte-Chapelle, fameux nioUniste , frère de ce M. Auberi qui a fait l'histoire du cardinal Mazarin. Suite du Ménagiana, pag.^, édit. de Hollande.
(2) OEuvrei de Despiéaux , Latrin , chant IV, 169, elc.
ter qu'on fît déjà un bon commentaire sur les satires de cet auteur (4j*- H est certain que celte sorte d'écrits deviennent bientôt obscurs, quanta un grand nombre de choses. Le Catholicon d'Espagne , et la Confession catholique de Sancy , en sont une preuve. Le public est fort redevable à l'auteur, qui publia des remarques sur la dernière de ces deux satires Van 1693, et sur la pi'emière l'an 1696. Il est curieux et pénétrant , et fort propre pour ce travail.
(B) Des maximes des jansénistes.'] Un de ces messieurs s'est plaint fort
(3) Conférez ce que dit le P. Bouliours dans te IV^, dialogue de la Manière de bien penser, pag. 399, au sujet de ces paroles de M. Despréaux, profès dans l'ordre des Coteaux.
(4) Nouvelles de la Rép. des leUres , oct. 1.684, art. V.
* [Ce dessein a été exécnté depuis la mort de M. Barle par M. Brossète. Il publia en 1715 à Genève les OEuvres de De^préaus avec des éclaircissemens historiques donnés par l'auteur même, 2 vol. in-^. On les a réimprimées a Am- .sterdam en 1718, in-ful. et in-4 ; en 1722 a la Haye, en 4 t'ai, in-12. Addit. de ledit. d'A'iul.l
ABERDON,
amèrement de ce que M. de la Berchèie, archevêque d'Aix, avait ordonlië au directeur de son séminaire de suwre Abelly, et de ne plus enseigner la Théologie morale (5) de Grenoble.
Il dit qu^on trouve dans la MeduUa théologien de M. Abelly trois raëc.hans principes, dont le i". reiwerse In plus certaine règle de la bonne conscience, reconnue par les païens mêmes, qui n'ont pas cru qu'il fut permis de faire une chose dont Von doute si elle est juste ou injuste. Le 2°. réduit à rien le plus grand de tous les comviandemens, qui est celui qui nous oblige d'aimer Dieu plus que toutes choses. Le S*^. est directement opposé au soin qu'a pris M. le cardinal G rimai di de faire observer les règles de saint Charles dans le sacrement de pénitence , en marquant un grand nombre de cas dans lesquels les confesseurs doii'cnt ou rejuser ou différer l'absolution. On accuse donc M. ÀbelIy d'enseigner , 1°, que l'on peut suii're une opinion moins probable et ?noins sure en faisant ce qui est péché selon l'opinion contraire , qui nous paraît plus probable ; 1°. qu'il n'est point certain que le précepte d'aimer Dieu plus que toutes choses oblige jamais par lui-même, mais seulement par accident ; 3".
cju'on peut sans scrupule absoudre toujours ceux dont la vie est une continuelle vicissitude de conjéssions et de crimes. Voyez VAuisnux réuérendspères jésuites d' A ix en Provence , sur un itnprimé qui a pour titre , « Ballet M dansé à la réception de monseigneur )) i'archeiéque d'Aix. » On publia cet avis Tan 1687, in-î2.
Il est aisé de connaître qu'il s'agit du livre de M. Abelly dans cet endroit du Ménagiana. « Comme on parlait ») de la moelle d'A..., M, l'abbé le » Camus , à présent cardinal , dit : la i> lu/ie était en décours quand il fit n cela (6). » Nouvelle preuve du mépris des jansénistes pour cet ouvrage.
(C) Vn secret qui plut a beaucoup de monde.] lia fait savoir au public que M. Vincent ne voulut plus avoir
(5) Composée par^. Genct, quele cardinal Grimaldi, prédécesseur de M. de la Berchire , avait fait venir dans son séminaire pour r enseigner lui -même sa Morale, et qui a depuis été fait évéque de liaison.
(C) Ménagiana, pag. 65 de la i". édit. de Ttollande.
de liaison avec l'abbé de St.-Cyran , après lui avoir entendu dire que le concile de Trente n'était qu'une cabale , et une assemblée des scolastiques et du pape ('])■
Un hommequi serait persuadé de cela ne pourrait pasêtre catholique romain.
(7) Alielly, T^ie de Vincent de Paule, liv. II, rliap. XII. ^''ovez les Préjugés légitimes contre le jansénisme, pag. i34-
ABERDON , ville épiscopale cVEcosse , sous l'archevêque de Saint— André , avec une académie. Les Ecossais la noniiueiit Aberdeen. On peut la considérer comme divisée en deux; car il y a Aberdon , à l'eniboucliure de la Doue , et Aberdon à l'embouchure de la Dée. La première se nomme la vieille Aberdon , Old- Aherdeen , et l'autre la nouvelle Aberdon , New-Aberdeen. Elles ne sont éloignées l'une de l'autre que de mille pas. Le siège de l'évéché et l'académie sont à la vieille Aberdon : l'autre est plus riche et plus marchande. L'académie fut créée l'an 1 480 ; l'évèché y est depuis l'an 11 00 : il y fut transféré de Murtlac , comme nous l'apprend Hector Boéthius, historien écossais {a). Cette ville se nomme en latin indifféremment Aberdonia, Aberdonium et Aberdona. M. Moréri a voulu raffiner sur cet article (A), et n'y a ms trop réussi.
(a) Apud Baudranil , Lexici geograpli.
(A) M. Moréri a voulu rajfflner sur cet article. ] Il trouve mau\ais que quelques-uns aient dit qu'Aberdonne ou Aberdoen, Aberdonia, Aberdona, ou Devana, est une ville. // n'y a point de ville, poursuit-il, qui porte ces noms en toute V Ecosse ; mais il y a deux villes , flont l'une est nommée IVeiv- Aberdon , et l'autre Old- Aberdon : et si ce nom se rencontre , ce n'est qu'en quelques livres ou cartes peu exactes.
ABYDE.
a été capable de s'imaginer cela, il est cligne de toutes les duretés que \ossius lui a dites [b) ; car que peut-on débiter de plus fadausles livres. Car où sont les auteurs buleux que la conquête de JéfU— qui ont dit l'e^êchcJ^ ^'' T'^jf ^^'^ salem par Charlemaffue ?
don, l académie de la i'ieiHe Aberdonr -i o
Où sont les historiens t(ui ne se con-
II serait inutile de prouver, que nonseulement dans le lansjage ordinaire , on ne se sert point de la distinction de vieille et de nouvelle Aberdon i, mais aussi qu'on s'en sert tris-peu
tentent pas de dire ylheidon tout court, quand ils veulent designer cette ville episcopale? M. Morëri ne se souvenait pas apparemment de sa critique lorsque , dans l'article d'Ecosse il disait, Saint- André a une iinii^ersiîc , et Akerdonne l'autre ; car, autrement, il aurait dû dire Old- Aberdon.
ABGILLUS ( Jean- ) , fils d'un roi des Frisons, mena une vie si exemplaire , qu'on le surnomma le Prêtre. Il accompagna Cliarlemague à l'expédition de la Palestine, et , aulieude s'en retourner en Europe , comnae fit Charlemagne après la prise de Jérusalem, il poussa jusqu'aux Indes, y fit de vastes conquêtes , et y
(6) O hominem valdè simplicem . ac propi dixerim insipienlem , qui vanis adeà ac sUiliis commenlis habuerit Jidem! Vossius de Histor. lat. pag. 3oo.
ABYDE, ville d'Égvpte. Etienne de Byzance veut qu'elle ait été une colonie de Milésiens (A) , à lacpielle un liomrae nommé Abyde ait donné son nom. Straboa en parle comme d'une ville fort délabrée; mais il dit qu'il paraissait qu'elle avait été autrefois fort grande et la première du pays après Thèbes {a). Le fameux roi Memnon y demeura et y fit bâtir un magnifique palais {b). Le temple et le sépulcre d'Osiris servaient d'un grand ornement à
fonda l'empiredes Abyssins, qui, cette ville, et la rendaient exde son nom , fut nommé Vem- trêmement recommandable. Les
ds seigneurs d'Eî affectaient d'y être enterrés , afin d'avoir leur tombeau au même
jj ire du Pré ire Jean. Waicom^oié pl"' grands seigneurs d'hgvqjte
deux histoires , dont l'une coia prend le voyage de Charlemagne à la Terre-Sainte , et l'expédition qu'il fit lui-même aux Indes. Ce dernier ouvrage contient la description du pays et celle des différens peuples qui l'habitent. Si Sutfridus Pétri [a] a été capable de s'imaginer que ces histoires soient autre chose qu'un de ces médians romans qu'on faisait dans les siècles d'ignorance , et oii l'on fai—
lieu qu'Osiris avait le sien (c).
L'oracle du dieu Bésa n'était pas un ornement médiocre à ce lieulà. Tous les peuples du voisinage avaient beaucoup de dévotion pour cette divinité, qui répondait par écrit cjuand on n'avait pas la commodité de la consulter en personne. Il suffisait alors de lui écrire ce que l'on avait à deman-
sait entrer Charlemagne avec au
der [dj. Cet oracle subsistait entant de hardiesse que si c'eût été core sous l'empire de Constanun héros imaginaire , un Palme- («) Strabo, Ub. XVII, pag. 55g, édit. rin d'Olive , un Huon de Bour- '^^,]^^Z' - .« , / • ./^
' - . , , -, {b\ Memnoms regiaet Osins templo mcly-
deaux, un Geotiroi a la Grand tum. Plia., Ub. r, cap. /Y, Sirabo, Ub.
Dent; si , dis-ie , Suffridus Pétri xrii pag. 559
' ' •• (c) Plutarcli. de Iside et Osir., pag. 3di).
(a) // parle de cet auteur et de ses deux {d^ Amrnian. Marcel., lib. XIX, eap. XII,
livres dans son traite' de Scriplor. Frisiae. p^g- 22" , 228.
72 ABY
tius , fils de Constantin-le-Grand, et causa bien des désordres (B), Abyde était à ySoo pas du Nil , vers l'occident (e) ; mais on y avait conduit un canal qui lui portait les eaux de cette rivière (/). Elle était au-dessous de Diospolis et de Tentjris (g) , et au-dessus de Ptolémaïde (h) , qui était la plus grande ville de la Thébaïde , et aussi grande que Memphis. Les habitans d' Abyde avaient en abomination le bruit des trompettes (C). On a fort parlé des épines qui croissaient dans leur territoire (D) ; on a dit qu'elles étaient toujours chargées de fleurs qui avaient la figure d'une couronne. On croit qu'aujourd'hui elle s'appelle Abulich.
Jean Léon ne dit point ce que M.
Moréri lui impute, qu'elle soit au lieu où le patriarche Joseph fut enseveli (E). Il y avait sur la côte de l'Hellespont une ville nommée Abyde , dont je ne parlerai pas pour le coup , quoique le dictionnaire de Moi-éri ait besoin d'être rectifié à son sujet.
(e) Plin. , lib. V, cap. TX.
(f) Sfraho, lib. XVn, pag, 570.
{g\ Plin., lib. r, cap. IX.
{Il) Strabo, lib. XFIf, pag. 579.
(A) Une colonie de Miles iens. ] Cela n'est guère apparent. J]avoue qu'ils e'tablirentdes colonies en Egypte, mais ce fut proche des embouchures du Nil : leur puissance consistait alors en forces de mer , et leur commerce ne demandait pas qu'ils eussent un poste si éloigne' de la côte que l'était Abyde.
De plus, ils ne s'établirent en Egypte qu'au temps de Cyaxare, roi des Mèdes (i). Or Abyde était considérable avant ce temps là , puisque Memnon y avait non-seulement établi sa cour, mais encore y avait fait bâtir un palais magnifique.
(B) Et causa bien des désordres.'] (0 Strabo , lib. XFI, pag. 55i.
DE
Voici comment. Ceux qui consultaient par écrit l'oracle laissaient quelquefois leur lettre dans le temple, après avoir reçu la réponse (2). Il y eut clés gens malins c|ui envoyèrent quelques-unes de ces lettres i'iConstantiusj et comme c'était un petit génie , soupçonneux , crédule, vétilleux, il se mit dans une colère horrible. Qui ut erat angusti pectoris , obsurdescens in aliis etiam nimiiini seris, in hoc titulo imd , c/uod aiunt , auriculâ mollior, et suspicàx , et minutus , acrijelle concaluit (3). Tout aussitôt il expédia une commission pour faire faire le procès aux coupables ; car on prétendait que plusieurs personnes avaient consulté ce dieu touchant la vie de l'empereur, et touchant le nom de la personne qui régnerait après lui. Le chef de la commission , homme violent et avare , trouva le moyen d'envelopper qui il voulut dans ces procès. Ce fut l'occasion d'une infinité de violences, comme vous pourrez le lire dans Ammien Marcel lin.
(C) En abomination le bruit des trompettes } C'est Elien qui nous l'apprend, pourvu que nous le corrigions selon la conjecture de Berkélius (4).
fLcti'hSuSoç rt AiyuTTTÎu. { il y a dans les éditions d' Elien "aCu ti AiyvTTTÎct ) ««,( AÔKiev TToKtç. Busiritœ , et Abidus jE^yptia , et Lycopolis , tubce sonitum deièstanlur (5). Strabon confirme cette conjecture lorsqu'il dit qu'il était défendu d'employer aucune musique, soit de voix, soit d'instrumens , aux préludes des sacrifices que l'on offrait à Osiris dans son temple d'Abyde (6).
(D) Des épines qui croissaient dans leur territoire.'] Athénée nous apprend ceci (7) : mais il fautoter de son livre le raoi" AÇuX(i\ , ety substituer'ACj/J'ov. C'est »me conjecture très-raisonnable du même Berkélius (8). Voici le fait dont parle Athénée. Les épines qui croissaient autour du temple de Tindium passaient pour être toujours fleuries 5 mais , selon la remarque
(2)Amm. Marcel!., libro XIX, cap. XII, pa^. ^1-j , 228.
(3) Aram. Marcell. ad ann. 35ç).
(4) Berkel. in Stephan. de Urbibus, pag. 14. (.';) yElian. de Anim., Z,6. X, cap. XXriII.
(6) Strabo , Ub. Xri, pag. 56o.
(7) Atben.-eiis, Ub. XV, cap. VII.
(8) Berkélius, in Steph. de Urbibas, pag. \\-
d'Hellanicus (9), cela venaif de ce qu'il se faisait des assemblées en ce lieu-là, pendant lesquelles on jetait sur ces e'[)ines diverses sortes de bouquets. Démétrius rapporte qu'il croissait de cette espèce d'épines autour dAbyde , et qu'il courait une fable parmi les Egyptiens, que les soldats d'Ethiopie que Tithon envoyait au roi Priam , ayant ouï dire que IMemnon avait ëte tué , jetèrent auprès d'Abyde leur couronne de fleurs sur ces épines , d'où il arriva que les fleurs qu'elles produisirent ressemblèrent à des couronnes (10).
(E) Le patriarche Joseph fut enseveli.'] M. Àloréri cite Jean Léon, p. 8. On croit d'abord qu'il indique lu huitième page ; mais on ne trouve qu'au livre 8 ce qu'il faut chercher. Or, voici ce qu'on y trouve : que c'est une erreur de croire ()ue la ville nomme'e Mesre Hatichies[ ceWt oh demeuraient les rois d'Egypte du temps de Joseph et de Moïse. 11 réfute cette pensée, par la raison que ces anciens rois demeuraient au coté occidental du Nil^ ce qu'il prouve par deux raisons : 1°. par la situation de la ville que l'Ecriture dit que les Juifs bâtirent à Pharao ; 3°. par la situation d'un édifice fort ancien qu'on dit être la sépulture de Joseph. Quelques pages après , il remarque que la ville où est cette sépulture est un bras du Nil , et s'appelle aujourd'hui El Fiium. Je n'ai point trouvé qu'il dise rien de notre Abyde.
(9) In -ï^gyptiacis , apud Athen., lib. XV, cap. VII.
(10) Demetrius in Ubri! Rerum ^gvptiaca- Tum, apud Athenaeum, Ub. XV, cap. VII.
ABIMELECH , roi de Guérar, au pays des Philistins , était contemporain d'Abraliam. Ce patriarche s'étant retiré avec sa famille au pays de Guérar, sa femme Sara, tout âgée qu'elle était de quatre-vingt-dix ans (a), ne s'y trouva pas en sûreté : elle fut enlevée par Abmelech, qui la trouva assez belle pour en vouloir faire sa femme. Abraham aurait évité cet accident s'il avait déclaré qu'il
(a) Voyez les dernières remarques de l'aritr.leS}Lh.\.
LECH. j3
était le mari deSara ;raais, comme il craignit qu'on ne le tuât , il se mit à dire qu'elle était sa sœur , et il la pria de dire qu'il était son frère (6). C'était la seconde fois qu'il employait cet expédient (c) , qui sans doute ne mérite point les éloges que saint Chrysostôme lui a donnés (A). On croit que le roi des Philistins fut frappé d'une maladie qui le rendit impuissant (B) , et , quoi qu'il en soit , il est sûr que la providence de Dieu empêcha qu'il ne satisfit la passion qu'il avait conçue pour Sara. Il fut averti en songe qu'elle était mariée avec un prophète , et qu'il mourrait s'il ne la rendait à son mari. Il ne manqua pas de la lui rendre , ni de lui faire des reproches de leurs mensonges.
Abraham s'excusa, entre autres raisons , sur ce qu'en effet il était frère de Sara , né du même père , quoiqu'ils n'eussent pas la même mère. C'est ainsi que l'Ecriture le fait parler. M. Moréri substitue mal à propos aux paroles du texte sacré celles de Josephe , qui suppose faussement qu'Abraham dit que Sara était fille de son frère (d). Il a suivi le même auteur sur un fait dont l'Écriture ne dit pas un mot ; savoir , sur une prétendue alliance contractée entre Abimelech et Abraham lors de la restitution de Sara. L'Ecriture s'est contentée de dire qu' Abimelech fit de grands présens à ce patriarche, et lui offrit la permission de séjourner oii il voudrait dans ses états. Il est vrai qu'il y eut entre eux une alliance; mais elle ne fut faite
(b) Genèse , chap. XX.
(c) Il l'avait employé', Genèse, chap. XX.
(d) Joseph. Anliij., Itb. I , cap. XI.
que quelques années après (e). Ce Rébecca. Cette remontrance et
fut le traité de Beerscebah. Jo— cette ordonnance ne pouvaient
seplie , comme s'il avait eu des venir que d'un bon cœur, et mé-
niémoires préférables à ceux de ritaient bien que nos modernes
Moïse (C), ose mettre ce traité prissent mieux garde à leurs pa—
avant la naissance d'Isaac , au rôles {/)■ La prospéi'ité d'Jsaac
lieu que l'Ecriture le met après changea cette bonne amitié d'A-
la rejection d'Jsmaël, qui n'ad— bimeîech. On lui déclara fran—
vint qu'après qu'Isaac eut été se- chement , lorsqu'on eut vu qu'il
vré. M. Moréri a suivi le même acquérait de grandes richesses ,
guide lorsqu'il assure que le mé- qu'il eût à se retirer. Il obéit , et
me Abimelech témoigna beau- n'ayant pas laissé de prospérer
coup de bonne volonté à Isaac , malgré les traverses qu'on lui
qui s'était retiré au pays de Gué- suscita en divers endroits, à l'oc-
rar. Il ne serait pas impossible casion des puits qu'il faisait fai—
que ce fût le même Abimelech ; re , il se vit recherché d'alliance
mais il y a beaucoup d'apparence par Abimelech , à quoi il répon-
que c'était le successeur de celui dit favorablement {g).
qui avait enlevé Sara(D). Ce qu'il (/) Tursellin, dans son Epit. Hist., pag.
y a de bien certain , c'est qu'une 'O' '^'< «^^ Franekeren 16^2 s'est fort
{••'.. T abuse dans ces paroles : \s3acusGer3v3i aa-
lamine étant survenue , ISaaC se nonœ causa pmfeclus, Dei numine conjugis
retira en Guérar , où régnait pudicitiam aU Abimelecbi régis iibidine in-
alors un Abimelech. La beauté de ''"^'"'t-^"^^'^» chapUre xxri de la Ge-
Rébecca fut cause que son mari nèse.
se servit des mêmes ruses qu'A- (-^) ^^, ^-;^„^, ^„^ ^^-^^^ ^/,^^„
braham avait employées à cause siomelui a donnés.'] Nous toucherons
de la beauté de Sara. Isaac ayant en un antre lieu (1) ce qu'il y a
peur qu'on ne le tuât, si l'on ve- de bl.lraable dans cette dissimulation
* •. , • VI CK . I - 1 d Abraham. Chacun lueera ce au il
naît a savoir qu il fut le mari de ,„i p,^;,.^ ,^„. ,^, .p^hute Le péril que
la belle Rébecca, la fit passer pour l'honneur de Sara avait essuyé la presa sœur. Abimelech découvrit à mière fois semble d'abord devoir renun certain ieu (E) qu'il aperçut '^'"^ «"«i"^ excusable la reiféralion du ■,' ^ ' i. 1 - mensonge : mais , a autre cote, ne entre eux deux, en regardant par semble-t-il pas que l'on est plus excusa fenêtre , que ce n'était point sable lorsqu'on emploie un remède cela, et ayant fait venir Isaac : qui a réussi que lorsqu'on l'essaie?
Quoi que ce soit, \xAà\i-[\, c'est «» "^t-^' P?^ ^or^ de doute que le
^ / , premier essai avait eu tout le succès
votre femme; comment donc avez- .^'Abraham avait espère ? Non-seule-
vous dit , C'est ma sœur ? Quelle ment on ne lui ôta point la vie, mais
conduite avez-VOUS tenue ici ! Peu on le combla de présens , et on lui ren-
s'en est fallu que quelqu'un du dit sa femme sansqu'onl'eftt touchée :
, -^ , . -' /, -' chose a quoi peut-être il ne s était pas
peuple naît couche avec votre attendu. Je me scvs A\m peut-êu-e ,
femme (F), et que vous najez car je n'oserais écrire ce que saint
attiré sur nous un crime. En mê- Chrysostôme osa prêcher : f'^ous sa-
me temps il défendit , sous peine «^^^ , disait-il à ses auditeurs , que rien
- 1 , . ■} p . ne cnasrine plus un mari que de \>oir
de mort, a tous ses sujets de tai- ^^ femme soupçonnée dm-oir été au
re la moindre injure à Isaac ni à poui'oir d'un autre ; et néanmoins
(e) Genèse, chap. XXI , w. 3l , 32. (0 Dnn.t les remarques de l'article Siha.
a obéir ? Qui pourrait jamais assez louer Sar-a Je ce qu'après une telle continence, et à soiidge , elle a voulu s'exposer a l'adultère , et livrer son corps a des barbares , afin de sauifer la vie de son époux (5j ? Je ne pense pas qu'aujourdliui un prédicateur osât nsanier de la sorte une matière aussi délicate que celle là : il donnerait trop de prise à la raillerie des et à sa prudence , qui lui av;iit mon- profanes ; et je doute fort que les ha-
ce juste - ci emploie tous ses cjj'orts pour que l acte d adultère s' accomplisse (2). On devait attendre, après cela , que le prédicateur censurât le patriarche ; mais , au contraire , on voit (ju'il donne de très-grands éloges à sou courage et à sa prudence : à son courage, qui lui avait fait surmonter les mouvemens de la jalousie , jusqu'à lui permettre de conseiller de telles choses 5
tré cet expédient si sAr de se tirer des embarras et des péiils qui l'environnaient. Saint Chrysostôme n'oublia pas de représenter vivement la terrible force de la jalousie , afin de faire comprendre le grandcourage qui avait surmonté cette passion; mais, d'autre côté, il releva la prudence d'Abraham, en disant que , comme il vit que Sara était trop belle pour pouvoir échapper à Tincontinence des Egyptiens ,
bitans d'Àntioche, naturellement raédisans , eussent pu ouïr un tel sermon sans s'émanciper à des réflexions malignes. Saint Ambroise n'a pas donne de moindres éloges à la charité de Sara (6) , et nous verrons, dans l'article AciNDYNus {St-ptimius) , que saint Augustin a été presque dans une semblable illusion. C'est une chose étrange que ces grandes lumières de l'Eglise , avec toute leur vertu et tout
soit qu'elle se dît femme , soit qu'elle leur zèle , aient ignoré qu'il n'est pas
se dît sœur, il voulut qu'elle se dît sœur, parce qu'il espérait de sauver sa vie par ce moyen. Voyez, s'écrie saint Chrysostôme , avec quelle prudence ce juste imagine un bon moyen de rendre vaines toutes les embdches des Egyptiens. Puis il l'excuse d'avoir consenti à l'adultère de sa femme, sur ce que la mort , qui n'avait pas été encore dépouillée de sa tyrannie , insjiirait alors beaucoup de frayeur. 'Oti oi^roi >iv x.a.TcLKuhuc-a. T'jZ B'ctvâ.'TOi/ yi Ttypotvvî?, (Tlst TOt/TO ICStI T« /Um^iict TMÇ yi/ta.ix.<ic
apecrsti >cotva>v»^a.i 0 (Ti'xstioç xstijUovovof^/
VTHCiTA^U.S^a.t Tû) f/.^l/lâj iiç TMV T/IÇ yU- VùLIKOÇ llCçiV hu. TOV S-iviiTOV «Tisttf I/'),»! (3) :
permis de sauver sa vie ni celle d'un autre par un crime.
(B) D'une maladie qui le rendit impuissant.'] Pour éteinare l'ardeur de sa convoitise, Dieu lui envoya une grande maladie qui mit à bout toute la science des médecins. Dieu l'avertit en songe de ne rien faire à la femme de cet étranger. Abiraelech , se trouvant un peu mieux, quelque temps après déclara à ses amis d'où venait sa maladie, et rendit Sara à Abraham.
Voilà comment Josephe conte la chose (7) , peu soigneux, à son ordinaire, de se conformer aux narrations de Moïse , ou plutôt assez hardi pour le
Quia nondiim morlis erat soluta ty- démentir. Car Moïse ne dit - il pas
rannis , propiereh in adulterium uxo- cju'Abimelech , après le songe , se leva
ris consentit justus , et quasi servit de grand matin , et appela tous ses
adu/terio in mulieris contumeliam ut serviteurs , afin de leur communiquer
mortem ejfugiat. Après cet éloge du ce qu'il avait appris en dormant (8) ?
mari , il passe aux louanges de la fera- Aurait-il pu faire cela , s'il avait été
me, et dit qu'elle accepta de bon cœur abandonné des médecins ? Josephe
la proposition , et qu'elle fit tout ce sentait bi<'a la difficulté; mais, pour
qu il fallait pour bien jouer cette co- l'ôter , il suppose hardiment , contre
médie (4- Là -dessus il exhorte les l'autorité de l'Ecriture , que ce prince
femmes à imiter celle-là, et il s'écrie : ne communiqua son songe à ses amis
Qui n'admirerait celte grande facilité
(2) 'Oy.iV TOI tTi'xîtioç ica.'i a-TOi/Ji^îi Kx) rrivra. ttoiÙ, aç-i «iç s'fyov tjiv /noiXiîity 8xfi)V(ti. Clirysost. Ilomil. XXXII in Gènes.
(3> Chrysost. Homil. XXXII in Gènes.
(4) nivTO. TTClit â'Çi T3 écXUX >.a.^i7v. Oinnia facit ita ul fabula eljiclio illa laleant.
«Tiç yUêTît Toira.i/T(iv, x.a.1 sv iiKmia. Toisiô-
TM ÙtTSC T0£/ TOV élKeLlOV Sia.!rûSTa.l, CTOV SIC
TJiv oiKua.v "jvœ^iiv x-sit ê/c^.oi/;êi'av 'eitu-
T«V i^fJctXiV, KSLI (rUVr^Ufictç »vî(r^__(TO -Ici^é'stf(;c«ç. Iii. ib.
(G) Ambr. de Abrali., lib. I , cap. II,
f') Joseph. Antiq., lib. I , cap. XI.
8) Genèse . chap. XX, i-. 8.
que quand sa maladie fut un peu passée , quelque temps après le song;e. Il y en a qui croient qii'Abimelech ne fut point incommodé en sa personne, mais seulement en la personne de ses femmes (g i ■ et que, quand TÉiriture rapporte que Dieu le guérit , cela ne signifie , sinon qu'il leva le scellé qui avait été apposé chez lui sur toute matrice ' lo). Je ne me ferais pas fort tirer Toreilie pour approuver cette explication -y car je ne vois aucune trace de maladie pour Abimelech dans tout le chapitre XX de la Genèse, hormis dans ces paroles du verset 17 : Dieu guérit abimelech , sa Jeninia et ses servantes ; puis enfantèrent. Mais comme le verset suivant ne fait mention que de l'incommodité de ces femmes, il est assez probable ((ue c'était en < ela que consistait tout le mal que Dieu a\ ait envoyé à Abimelech. Je donne ailleurs (i r) la réponse à la question que l'on me peut faire : Pourquoi ce prince , s'il se portait bien, ne satisfit pas la passion qui lui fit enlever Sara ? Je ne m'étonne pas des rêveries que les Juifs ont débitées sur cette aventure ] je m'étonnerais beaucoup plus de leur conduite , s'ils n'avaient pas forgé cent chimères concernant notre Abimelech. ils disent que tous les conduits du corps furent bouchés dans sa maison, tant aux hommes qu'aux bêtes , tant aux mâles qu'aux femelles ; de soi'te que rien ne pouvait y entrer, ni en sortir (12). On ne pouvait plus ni manger ni boire 5 on ne pouvait plus rien chasser du ventre, etc. Les hommes furent d'ailleurs frappés d'une si grande froideur , qu'Abiraelech fut hors d'état d'exercer aucune fonction virile, tant envers Sara qu'envers toute autre. Un célèbre théologien protestant (i3) adopte cette tradition , quant à la dernière partie, et rejette tout le reste comme ridicule ou superflu. Il dit que , comme le diable empêche quelquefois par ses ligatures {i4) que les personne mariées ne puissent se rendre le devoir conjugal , il
(o) Sallani Annal., loin. I,pag. 469.
(10) Genèse , chap. XX, v. 18.
(11) Dans la remarque \{.'.) de Varlicle Sk%K.
(12) Àpud IMercerum. Vide Riveti Exercit. in Gènes., Operum loin. /, pa^. 3q5.
(i3) Rivet, ia-meine. Heidegger le MtU pas à pas, Hist. Palriarcli., (om. II,pag. 16.Î.
(i4) On appelle cela fulgairemenl nouer l'ai- ({uillette.
n'est pas hors d'apparence que Dieu ait envoyé une pareille affliction à la famille d'Abimelech , pour um- bonne et sainte fin , qui était de conserver la pudicitéde Sara , et de faire paraître très-certainement qu'elle n'avait reçu aucune atteinte dans cette maison. Il croit donc que tous les domestiques d'Abimelecii furent frappés du mal de stérilité : les hommes , par une impuissance semblable à celle qui vient des sortilèges ; les femmes, par une entière fermeture des portes de la vie , ou j)ar un rétrécissement qui les rendît inhabiles à concevoir. En i^ot- Ih trop de la riioitié , dira-t-on ; et il suffisait aux desseins de Dieu que les hommes fussent malécifiés •' mais il faut répondre cpie la clôture des parties féminines étant un fait dont Moïse parle nommément , il n'y a pas moyen de le renvoyer comme superflu. Voici deux explications de ce fait qui n'aplanissent pas entièrement le chemin. Les uns veulent que Moïse ait voulu dire que la femme et les servantes d'Abimelech ne purent pas accoucher quand le terme fut venu : elles eurent bien des tranchées et bien des douleurs ; mais ce fut cçmme au temps dont parle le prophète Esaie , f^enerunt filii usque ad os tiiatricis , et ^>is non est ad partant (i5;. Les autres disent qu'il a voulu dire qu'elles ne concevaient plus. La première explication ne peut s'accorder avec la Genèse , à moins qu'on ne suppose que toutes les femmes qui appartenaient à Abimelech se trouvèrent grosses au temps de l'enlèvement de Sara (16) : ce qui n'est point vraisemblable. La seconde demanderait que Sara eûtdemeuré plus long-temps qu'elle n'a fait dans la maison de ce prince^ car il ne faut pas peu de temps pour savoir si tout un grand nombre de femmes a perdu la faculté de concevoir. Ces embarras ont obligé un très-savant interprète à dire que la punition que Dieu envoya sur la famille d'Abimelech fut connue d'une manière qui ne nous est pas connue.
(17). Au reste, les rabbius ne mettent
(i5) Ésaie, cap. XXXVIII ,«s. 3.
(16) L'Eternel avait entièrement resserré TOUTE matrice de la maison d'Abimelech. Gt" nés., chap. XX, vs. 18.
(17) Mercerus apud RIvetum, Oper. lom. I , pag. 3r)5. •
pas une grande différence entre Taf- mus (21). Je crois que tous les anciens fliction personnelle d'Abimelech et historiens ont pris la même licence Taftlicf ion personnelle du premier ra- à l'égard des ^icux mémoires qu'ils Tisseur (18; de Sara. Ils disent de ce- consultaient Ils ont cousu des supplélui-ci qu'il fut atteint de la maladie mens; et , n'y trouvant pas les faits ratnn , qui est le plus incommode de développés et embellis à leur fantaitous les ulcères , et celui particulière- sie , ils les ont étendus et habillés ment qui est le plus opposé aux cor- comme il leur a plu : et aujourd'hui Te'es amoureuses (19). Salomou lar- nous prenons cela pour histoire, chi veut que la plaie de ce roi d E- Ç^) C':*.ait le successeur Je celui qui gypte ait été un mal de tète, causé nuait eiileue Sara.'] Je ne me fonde par un ver, qui s'était formé dans point sur la longue vie qu'il faudrait son cerveau : Moi bus periurbati ce- donner à Abimekch , s'il avait été enrehri ob innaluni ipsi werniiculum , coreaumondelorsquelsaacs'enallaen quo qui taborunt, iis concubitus gravis Guéi ar. Ce voyage est postérieur à l'ajfit, et libeii gignuntur ulcerosi (20). chat que ût Jacob du droi' d'aînesse: Quelques-uns croiront que ces der- on peut donc supposer qu'isaac avait nières paroles gâtent tout; car ils s'i- alors quatre-vingts ans, car il en avait maginent qu'il faut, pour l'honneur soixante lorsque Ésaii et Jacob naquide Sara , que la plaie de Pharao l'ait rent: et Esaii était déjà grand chasseur rendu absolument impuissant. Voyez quaud il vendit son droit d'aînesse, nos remarques sur l'article de cette D'autre côté , Abimelech , qui enleva sainte femme. Sara , était roi et marié avant qu'isaac (C) Des mémoires préférables a ceux \ înt au monde : il aurait donc eu cent de Mi^ïse.'] Il y a long-temps que j'ai bonnes années pour le moins , lorsque conçu de l'indignation contre Josephe, Isaac lit le voyage de Guérar. Maisestet contre ceux qui l'épargnent sur ce ce uneaflaire? En ce temps-là les homsujet. Un homme qui faisait profes- mes ne vivaient- ils pas plus de cent sion ouverte du judaïsme, dont la foi cinquante ans (22 ? On a peine à croiétait fondée sur la divinité de l'Ecri- re, quand on le lit, que des personnes ture , ose raconter les choses autre- habiles (aS) soient capables d'objecment qu'il ne les lit dans la Genèse : ter ces paroles de l'Ecclésiastique, omil change, il ajoute, il supprime des nis potenlatds uita brebis {■2^) ■ comme circonstances; en un mot, il se met en si, en supposant la canonicité de cet opposition avec Moise , de telle sorte ouvrage , il était contre la révélation qu'il faut que l'un des deux soit un que le règne d'un homme eût duré faux historien. Cela est-il supporta- cent ans. Qui ne voit que , si ce pasble ? et n'en faut-il pas conclure , ou sage avait la force qu'on lui attribue , qu'il ne s'est guère soucié de scanda- il faudrait nier toutes les histoires liser sa nation , ou qu'il a cru que le qui apprennent qu'il y a eu des rè°nes sentiment particidier qu'il avait sur qui ont duré plus de cinquante ou la faillibilité, et par conséquent sur soixante ans ? Qu'est-ce donc qui me la non - inspiration de Moïse , était porte à croire que l'Abimelech qui commun parmi les Juifs? Il méritait enleva Sara n'est point le même qui bien que Théodore de Bèze lui donnât traita alliance avec Isaac ? Le voici. Ce ce coup : Hoc ego semel pronu/icio , dernier Abimelech crut bonnement quàdlu nunquamfuhum esse ostendes, sur la parole d'Isaac , que Rébecca n'ési cents est multis locis Josephus , tait que sa sœur; et lorsqu'il en fut mentilum esse multis locis Mosem et désabusé , non pas par les paroles sacrosomnesscriptores ôednospoiiits mais par les actions d'Isaac, il le reislos pro i^eris ipsius Dei interpretibus, prit doucement de son mensonge , sans illum i^erô pro sacerdote rerum sacra- lui dire, i'ous chassez de race; Àbrarum l'aidé iruperito , aique eliani négligente et prophano scriptore habebi- (21) Tli. Bej» , Respons. ad Baldainum ,
Oper. loin. IJ^ ptg- 220.
(18) Pharr.o, roi d'Égi^pLe. (22) Abraham vécut 175 ans, et Isaac 180.
(19; j4pud Mercerum, in Rireti Opte., loin. {l'i) Pererius, in Gènes. .cap. XXKI , Prœf.
^ , pni<- ^95- Saliani Annal., loin. /, pag. Sao.
(20) .■lpud^e'^des^.'Bis^. patriarch., tom. II, (24) La version de Genève parle : Tonte trpag. 154. rannie eside petite durée. Chap. XI, vt. 11
ham votre père m'a^'ait déjà joué le même tour. Or, quelle apparence que, s'il eût e'te' déjà attrapé par Abraham , il eût donné encore une fois dans le même piège ; ou qu'y ayant donné , il n'eût pas fait une aigre censure à Isaac, tant sur les mensonges de
puisqu'il ne dit point à Isaac qu'elle avait été en danger de sa part, mais seulement de la part de ses sujets : et, comme ceux-ci vivaient dans un tel débordement, que toute belle femme étrangère qui ne passait pas pour mariée courait grand risque, je ne vois
son père que sur les siens propres? 11 point de cause plus vraisemblable de
n'aurait pas oublié ceux d'Abraham qui lui avaient causé beaucoup de dommage. Saint Chrysoslôme trouvait si vraisemblable ce que je viens de dire, qu'il avança courageusement en
la continence d'Abimelech envers Rébecca que la vieillesse. // fient un temps qu'on est trop sage, disent les jeunes libertins.
(E) A un certain jeu. ] Quelques-
chaire qu'Abimelech fil des repro- uns se sont imaginé que l'Écriture ches à Isaac sur la supercherie d'Abra- avait voulu exprimer honnêtement.
ham. Rex adhuc fiabens recentem memorinmeorum quœ tempore patriarchce rapta Sara tuLerat, increpabat eunt reumque arguens dicebat , Cur hoc fe-
cisti? Hanc deceptionem et olirn
sustinnimus à pâtre tuo (iB). Mais tout cela n'a point d'autre fondement que les privilèges de la rhétorique, lesquels on étend quelquefois presque aussi loin que ceux des poètes et des peintres.
Pictoribut atque poélit
QuidlibeL audendi seinper fuit tequa potestas (26).
Deux choses semblent favoriser le sentiment que le sieur Moréri a suivi.
1°. Le roi deGuérar, au temps d'Abraham , a le même nom qu'au temps d'Isaac , et il a un général darmée qui s'appelle Picol en l'un et en l'autre temps. 2°. Rébecca , quelque belle qu'elle soit , n'est pas enlevée , comme 1 avait été Sara ; c'est qu'Abimelech avait eu le temps de vieillir, et se souvenait des mauvaises suites de l'enlèvement de Sara. Je réponds, 1°., qu'il y a eu des noms afi'ectés à tous les rois d'un certain pays , comme celui de Pharaon aux rois d'Egypte. Pourquoi celui d'Abimelech n'aurait-il pas été commun à tous les rois de Guérar ?
sous le mot de jeu, le devoir conjugal qu'Isaac rendait à sa femme lorsque par hasard Abimelech , regardant par la fenêtre , rencontra sous ses yeux un tel objet. Piitant quitlani honestè si~ gnijicari eo focabulo copulam carnalem. Sed non fît ferisiniile Isaac prudentissimum et sanctissimum uirum tant incautè rem habuisse cum uxore , ut id per Jénestram prospicere , ut Scriptura inquit, rex posset Abimelech, Credibilius igilur est eo uocabiilo signijicatos esse taies jocos et blandiiias in amplexando et osculando , quales inter conjuges ngitari turpe non est : extra conjii^ium uero nefas est (27). D'autres ne veulent point ouïr parler de cette sorte d'interprétation : ils disent qu'Isaac était trop sage et trop réglé pour avoir si mal pris ses mesures, et que, dans ces occasions, il se gardait bien d'être en lieu où les voisins le pussent voir par les fenêtres. Il faut donc, disent-ils, entendre , par le mot de jeu , certains passe-temps qui, pour n'être pas le dernier acte de la comédie , ne laissent pas d'être trop forts entre des gens qui ne sont point mariés , quelque parenté qu'il y ait d'ailleurs entre eux. Ces passe-temps doivent signifier quelque autre chose que causer familièrement.
Picol était peut-être un nom de char- 1, - ,1
ge. Peut-être aussi que la charge avait que radier , que rire ensemble; car
passé du père au fils. Je réponds , "" f|;ere et une sœur font tout cela
2". , que l'Abimelech d'Isaac pouvait n'être plus un jeune homme, quoiqu'il ne fiU pas celui qui avait enlevé Sara. Je crois franchement que c'était un bon vieillard , puisqu'il ne forma aucun dessein sur la belle Rébecca , laquelle il ne croyait point mariée j et
(25; Chrysost. Homil. LI et LU.
(26) Horat. de Arle poëticâ , ». 9.
très-honnêtement , et sans qu'on en puisse conclure ce qu'Abimelech conclut du jeu d'Isaac et de Rébecca. Cette explication me paraît incomparablement plus raisonnable que la première : et néanmoins, il faut avouer ((ue la tendresse empêchait quelquefois Isaac d'avoir cette grande précaution
(27) Pererius iu Gènes., cap. XXVI.
ABRABANEL.
que les moralistes rigides exigeraient d'un patriarche : car enfin, on ne petit nier qu'Abimelech, regardant par les fenêtres, ne Tait surpris se divertissant avec Rebecca à un certain jeu d'où l'on pouvait conclure certainement
boire. Il serait à souhaiter que la plupart de ces imaginations mystiques fussent inconnues à tout le monde.
(F; Peu s'en est fa/lu que quelqu'un du peuple n'ait couche auec l'otre femme.] Il fallait (|iie les Pliilistins fus-
tre-vingts ans. Saint Augustin, dans ses livres contre Faustus le manichéen, grand frondeur des patriarclies , fait Tapologie d'isaac d'une manière solide (28; 5 et dans le fond, c'est être trop rigoureux que de vouloir qu'un patriarche ou qu'un prélat marié ne puisse prendre de petites récréations avec sa femme sans fermer tous les volets des fenêtres. Car il faut avoir cette bonne opinion de leur prud'homie, que , si la nature voulait passer des petites caresses aux plus grandes , ils se soutiendraient assez sur un chemin si glissant pour donner ordre que Ton ne vît rien des fenêtres du voisin. Cornélius à Lajiide ne sait ce qu'il réfute quand il s'emporte contre les auteuis de la première explication. Judœi inipuri., dit-il f^g) , jncum hune intetligunt cnpulam cnnjui^aleni. Sed apage hos cynicos.Quis credat Isaae publiée, et speclante l'ege, tant inuereeundujii ,
ché avec Rébecca, qui ne passait que pour sœur d'Isaac Nous apprenons de là en même temps qu'ils respectaient le mariage. Quant aux filles , on croyait assez en ces pays-là qu'elles e'taient pour le premier occupant. Témoin Dina , la fille de Jacob , quand elle voulut s'aller promener : on l'erapauma tout aussitôt , on jouit d'elle , et puis on lui parla de mariage (Sa).
(32) Gènes., chap. XXXir.
ABLANCOURT ( Nicolas Per- ROT , SIEUR d'). Cherchez Perrot.
ABRABANEL (a) ( Isaac), rabbin célèbre , naquit à Lisbonne (A), l'an 1437 , d'une famille qui se disait descendre du roi David (B). Il se poussa beaucoup à la cour d'Alphonse \ , roi de Por—
lubricum,et cj nicum fuisse ? Ce n'est tugal , et V fut honoré des plus pas de quoi il s'agit : personne ne j)ré- grandes charges , ce qui dura jus-
tend qu'Isaac fût alors au milieu des rues ; il était dans sa chambre , et n'avait pas bien fermé les fenêtres : voilà tout ; et si c'est trop , vous serez vousmême obligé de condamner le patriarche , et de faire le Caton envers lui. On sait que Caton chassa du sénat un Manlius , parce qu'en plein jour, et eu présence de sa fille, il avait donné un baiser à sa femme (3o). Ce Manlius
qu'à la mort de ce prince; mais il éprouva un étrange changement sous le nouveau roi. Abrabanel était âgé de quarante-cinq ans lorsque Jean II succéda à son père Alphonse. Tous ceux qui avaient gouverné les affaires sous le règne précédent furent chassés ; et
aurait été consul apparemment à la gj ,^^^5 ajoutions foi à notre rabprochaine élection. On cherche des , . ' ■ ■ ,
mystères allégoriques (3i) dans ce jeu ^i" ' nous croirions qu on mad'isaac et de Rébecca , auxquels , sans china sourdement leur mort, sous doute, ni eux, ni l'historien .sacré, prétexte qu'ils avaient dessein de ne songèrent point. Je ne mets pas ij^,j.er au roi d'Espagne la couces sortes d erreuis au nombre de cel- 1 T^ \ °T1 les que je compile : ce .serait la mer à ronne de Portugal. Il ne savait
rien de cela lorsque , pour obéir à l'ordre qu'il avait reçu de se rendre auprès du roi , il s'en al—
^28) Aiigust. contra Fan^t., lib. XXIT, cap. XLf^I. JI. Thiers ciip une partie de ce pas- *age, page !^ de son Traité des jeux et desdiverlissemens,
(ïq) Cornet, à Lapide in Gènes., cap. XXVI, i>s. 8.
Çio) Plutareli. in Cat. P.Iojore, pag. 'i!fi.
(3i) ^^lyezPererius, inCcnes. , cap. XXIV.
[a) On le nomme aussi ALrabaniel , Abar- Jianel. Abarbinel, Abravanel , Avravanel.
A}>arbenel.
So ABRABANEL.
laitàLisbonneendiligence;inais, ce dernier lorsque Charles VIII , ayant appris en chemin ce que roi de France , le chassa de Nal'on brassait contre sa tête, il se pies ; car il fit avec lui le trajet sauva proraptement dans les états de la Sicile (G). Après la mort du roi de Castille. Tous ses biens d'Alphonse, il se retira à Corfou furent confisqués dès le retour et y commença son Com777e77/<7/re des soldats qui avaient eu ordre sur Esaie , l'an i4u5. Il eut la de l'amener mort ou vif. Il per- consolation de recouvrer , par je dit alors avec tous ses livres un ne sais quelle aventure , ce qu'il commencement de Commentaire avait autrefois écrit sur le livre sur le Deutéronome , a. quoi il ent du Deutéronome. Il repassa en beaucoup de regret. Quelques au- Italie l'année suivante , et s'alla teurs chrétiens (D) ne convien— confiner à Monopoli , dans la nent pas que la cause de cette dis- Fouille (b) , où il écrivit plusieurs grâce soit aussi peu fondée sur sa livres. Il acheva son Deutéronomauvaise conduite qu'il ledit, me , et il composa son 5'epac^ Pe- Ils font le même jugement de ses sach (c) , et son Nachalaih Ax'Oth autres persécutions (E). Quoi (</), l'an 1496. L'année suivante qu'il en soit, s'étant établi dans la il composa son Majene Hajes- Castille , il se mit à enseigner et à cJma (e) , et , en 1 4y8 , son Alascomposer. Il fit , en i4B4 , son chmia Jeschua (/'), et son Com- Commentaire sur le livre de Jo- mentaire sur Esaïe. Quelque sué , sur celui des Juges et sur temps après , il fit un voyage à ceux de Samuel ; puis il fut ap- Venise pour y terminer les diffépelé à la cour de Ferdinand et rens qui s'étaient émus entre d'Isabelle, et il y eut des emplois les Vénitiens et les Portugais au pendant huit ans , c'est-à-dire sujet des épiceries , et il fit palusqu'à ce qu'on chassât les Juifs raitre tant de prudence et tant des états du roi catholique, en de capacité , qu'il s'acquit l'es- 1492. Il fit tout ce qu'il put par time et la faveur des puissances, ses prières et ses lamentations II composa à Venise son Com- (F) pour détourner cette terrible mentaire surJérémie , l'an 1 5o4. tempête; mais il n'obtint rien, Quelques-uns veulent qu'il ait et il fallut qu'il sortît , comme aussi composé alors le Commentons les autres , avec sa femme et taire sur Éztchiel et sur les douze ses enfans. Il se retira à Naples, petits prophètes. Il fit eu i5o6le et y composa , en 1 49^ , son Commentaire sur l'Exode , et il Co??imentaire sur les livres des mourut à Venise l'an i5o8(H),à Rois. Comme il était courtisan , l'âge de soixante et onze ans. Il il n'oublia pas de se faire bien va- laissa trois fils : Juda, Joseph et loir parla connaissance qu'il pou- Samuel (I). L'aîné a été médecin vait avoir accmise de la cour de et grand poète, et a composé plu- Portugal et de celle d'Aragon; de ,,, ^ , ,., ,. , , R
o . . 11 {b) Notez çii il y séjourna sept ans. bar-
sorte qu il s msmua dans les bon- tolocci. BiU. vahhia. ,toin. irr, pa^. 873.
nés SràceS de Ferdinand , roi de (c) C'est-à dire, le Sacrifice de Pâ^fues.
T O • 1 11 J'tl ^d. CVi?-« c/(>e, l'Héritage des peies.
Naples , et puis dans celles d Al- ,; Ccst-àdire. les Fontaines du salut.
phonse. Il suivit la fortune de {/) c'est à-Uire , le Prédicateur du salut.
ABRABANEL.
sieurs vers à la gloire de sou père.
On dit que Samuel embrassa le christianisme à Ferrare , et qu'il reçut le nom d'A'plionse, qui était celuiduduc. Abrabanel a fait plusieurs autres livres (K; dont oa ne saurait marquer la date , et dont quelques-uns n'ont pas encore été imprimés. Plusieurs nobles Vénitiens et les principaux des Juifs célébrèrent ses funérailles avec assez de pompe. Son coqîs fut enterré à Padoue dans un cimetière qui était hors de la ville.
On enterra peu après au mêm.e lieu le rabbin Juda Menz , qui avait été recteur de l'académie.
Le siège de l'an iSog ruina de telle sorte les environs de la place , qu'on ne saurait plus discerner ce cimetière. Abrabanel avait de grands dons : il va de pair avec le fameux Maimonides, et il y a même des gens qui le mettent au-dessus de lui. Les Juifs prétendent qu'il a ruiné de fond en comble toutes les raisons et toutes les objections des chrétiens. Ceux— ci , méprisant avec raison tout ce qu'il a dit concernant nos controverses judaïques, font beaucoup de cas de ses autres interprétations. Ils le trouvent subtil , clair , savant , sincère. Il ne canonise point les opinions de ses maîtres , et il censure assez librement le plagiat et les autres fautes dont il les trouve coupables. Son grand défaut est d'avoir été trop sensible aux persécutions que les Juifs avaient souffertes , et auxquelles il avait eu sa bonne part. Le souvenir de cette infortune l'animait d'une telle fureur contre les chrétiens , qu'il les traite avec le dernier emportement. Il n'a presque point 5,9
ToTiiE r.
fait de livre où il n*ait marqué les traits de son désir de vengeance et de son indignation , et il ramenait à force de bras et de machines toutes sortes de matières à l'état misérable oii sa nation était réduite. Il espérait de ranimer par ce moyen la svnagogue mourante (g); et je crois aussi qu'il trouvait là un soulagement à l'oppression de sa bile, qui l'aurait étouffé peut-être, s'il ne s'en était déchargé sur le papier. Il ne serait pas le seul qui se serait bien trouvé de ce remède. On connaît des gens qui eu ont eu grand besoin , quoiqu'ils n'ignorassent pas comme lui les préceptes de l'Évangile. Je ne trouve point son profassorat de Padoue (L) , ni son voyage d'Orient (M). Ce sont des faits où M. Moréri s'est lourdement abusé. Je n'en dis guère moins du voyage d'Allemagne (N).
Abrabanel était un homme infatigable dans le travail de l'étude : il V passait des nuits entières , et il pouvait jeûner fort long-temps. Il écrivait avec une grande facilité : la haine implacable qu'il témoignait contre les chrétiens en écrivant (0) ne l'empêchait pas de vivre avec eux d'une manière civile, enjouée , douce et flatteuse {h).
{g) Ex Actis Erudilorutn Lipsiens, msni. novenib. l63t), pfg- 528 et sei/q.
[h) Bartolocci; Bibliotb. Rabb., toin. II, pag. 875.
(A) Nanuit a Lisbonne.^ ] Ses ancêtres étaient de Castille. E mn';oribuî Casteilam Hispuniœ , ex parenticriis Olyssiponem LusiUiniœ agno^it patriant. C'e^t ainsi que parle le journal de Leipsick (i). Don Nicolas. Antonio
(i) Acta Lipsigos. mens. nof. i586, ;»«5«
ABRABANEL..
veut que la famille d'Abrabanel ait eu son établissement à Séville pendant plusieurs siècles (2). Il l'avait appris de Bartolocci , et il cite (3) le rabbin Salomon ben Virga , cjui a dit à peu près la même chose dans son histoire des Juifs (4j > traduite en lalin par Gentius , et citée ci-dessous.
(B) Qui se disait descendue du roi Dauid. ] Abrabanel a dit quelque part (5) qu'au temps de Ja destruction du premier temple, il passa deux familles de la race de David en Espagne , dont l'une s'établit à Lucène et l'autre à Séville , où elle laissa postérité. Il fait en un autre lieu (6) l'histoire de cette transmigration. Le rabbin Salomon ben Virga introduit un certain Thomas qui fait une longue déduction de la même histoire à Alphonse , roi d'Espagne, et lui débite que la famille des Abrabanel descendait des rois de Juda ^ mais Alphonse n'en veut rien croire , et forme des difEcultés insurmontables contre ces généalogies (7).
Les Juifs , pour se tirer d'embarras , supposent qu' Abrabanel perdit ses livres généalogiques dans le tumulte de ses déménagemens (8). M. Huet rapporte (9) que Manassé ben Israël assure dans son Conciliator que ces deux familles issues de David se retirèrent en Espagne après la ruine du second temple. Ce rabbin avait un intérêt tout particulier à ce conte ridicule j car sa femme était de la famille des Abrabanel (10.) Au reste , il n'est pas aisé de savoir qui est cet Alphonse qui s'entretient si longtemps avec ce Thomas dans le livre de Salomon ben Virga. Quelques-uns l'appellent roi de Portugal (ii); et comme ils veulent que l'Abrabanel dont Thomas lui parle soit notre rabbin , on ne doit pas douter qu''ils ne le prennent pour le roi Alphonse V.
Don Nicolas Antonio croit qu'il s'agit là d'un tout autre Abrabanel , et que
(a) (i) N. Ant. BIW . Hisp , tom. I , pag. 627, rt tom. II . pag. 686.
(4) Ou Sclifveth Jeliuda.
(5) (6) Comment, in Zacliar., cap. XI , fol. 29^, et in II P>eg., cnp. XXV, fol. 3o5; apud Acta Lips. Nov. »686, pag. 628.
{•■) In SchevetL Jehuila , f 11 et set}, apud Acta Lips. Nov. 1686, pag. SîS.
(8) Acta Lips. Nov. \6S6, pag. 529.
(9) Uuelii Ueraonstr. Evaoget. pag. 708. edil. Lips. An. t6y4. in-l^.
(10) /f/pm , ibidem.
(iij Acta Lips. 1686, pag. Sîq.
cet Alphonse est le dernier roi de Castille qui ait porté ce nom-la (12).
Il pourrait avoir raison jusqu'ici j mais il a tort quand il met près de deux siècles entre ce roi et notre rabbin 5 car ce dernier vint au monde l'an 1437 , et ce roi mourut Tan i35o , à l'âge de trente-huit ans.
(C; ^gé de quarante-cinq ans."] Nicolas Antonio a inséré à la fin de sa Bibliothèque d'Espagne ce que le P. Bartolocci lui avait dit touchant Isaac Abrabanel. Il a corrigé par-là quelques fautes qui étaient déjà imprimées dans l'article de ce rabbin ; mais il me semble qu'il n'a point parle exactement lorsqu'il a dit : Juvenis adhuc, sed benè dodus , in CaUellœ regnum transiit , ctim Joanni II , Portugallice régi, parùm esset gratus (i3j II s'agit là d'un âge qui , pour l'ordinaire, n'ait pas pu donner le temps d'acquérir de l'érudition. C'est ce qu'on ne saurait direde l'âge de quarante-cinq ans. 11 est donc certain que l'auteur de la Biblothéque espagnole a cru que le rabbin était fort au-dessous de cet âge quand il s'enfuit en Castille : il s'est donc trompé.
(D) Quelques auteurs chrétiens, etc."} Ils disent qu'Abrahanel méritait bien le traitement qu'il souflrit , et qu'il aurait été puni encore plus sévèrement lorsque sa malice eut été connue , si le naturel débonnaire du roi Jean ne l'eût porté à se contenter de le bannir. Ils ajoutent que les remords de la conscience firent prendre à ce rabbin la résolution de quitter le Portugal , et de se sauver de nuit en Castille , avec une promptitude extraordinaire (i4)-
(E) Ils font le même jugement de ses autres persécutions. ] Ils disent qu'il se fourra à la cour de Ferdinand et d'Isabelle par le moyen de la banque qu'il faisait dans le royaume de Castille^ qu'il ama.ssa de grands trésors en se servant adroitement de tous les artifices de sa nation ; qu'il tyrannisait les pauvres 5 que ses usures rongeaient tout ; qu'il eut la vanité d'aspirer aux titres les plus illus-
(12) Nicol. Anton. BiM. Hisp., tom. I,pag.
(i3) Idem , tom. II, pag. C86.
(i4) iij Actis Lipsiens Nov. i6S6, pag. Sag, Voyez aussi te P. Bartolocci , Tibl. Rabbia. , tom. III , pag. 87/1.
ABRABANEL.
très , et les plus affecte's aux maisons nobles d'Espagne, et qu'étant d'ail leurs ennemi jui-e de la religion chrétienne , il contribua plus qu'aucun autre à la tuinpète ({ui l'accabla avec toute sa nation (i5).
(F) Par ses prières et ses lamenta tioiis.'] Il raconte lui-même dans l'un de ses livres (16) ce qu'il fît en cette rencontre. Salomon ben Vir^a le rapporte dans son histoire des Juifs (17), avec la description tragique des malheurs épouvantables qui accompagnèrent les trois cent mille Juifs qui furent contraints de sortir dans un même jour des états du roi catholique.
(G) Il fit ai^ec lui le trajet de la Sicile. ] Nicolas Antonio , corrigeant , sur les conversations qu'il avait eues avec le P. Barîoiocc-i , son article d'Abrabaael , dit que ce rabbin suivit en Sicile le roi Ferduiand , que les Français avaient renversé du trône , et qu'après la mort de ce prince il se retira à Corfou (i8y Voilà sans doute une faute ; on prend Ferdinand pour Alphonse: c'est avec Alphonse (19) qu'A-
rabanel passa en Sicile, comme le P. Baitolocci le remarque (20) , et non pas avec Ferdinand. Il demeura à Messine jusqu'à ce qu'Alphonse fût mort , au commencement de l'année 1495 , et puis il s'en alla à Corfou (aij. C'est là que fut commencé le Commentaire sur Esaïe , en i^ç)5.
S il n'était passé en cette île qu'après la mort de Ferdinand , on peut tenir pour très-certain qu il n'aurait pas pu y être en i495- Ainsi \' Appendix de Nicolas Antonio aurait eu besoin d'un autre Appendix qui le corrigeât.
{]\) L'an i5o8. ] Le P. Bartolocci mar([ua cette année à don Nicolas Antonio , qui avait déjà fait imprimer que notre rabbin était professeur en lani^ue hébraïque à Padoue , environ l'an i5io. Nous avons ici une preuve
(i5) Act Lips. Nov. 168G, pag. 53o. Bartolocci Biblioth Kabbinica, loin. III , pag. 874-
(ifj; Comment, in Libros Regum, tnil. apud Nicol. Anton Bibl. Hlsp., <om. /, f»ng. 627.
(i-) Âpud Nicol. Anton. Bibl. Hisp., loin. I , pag 627.
(18) Nicol. Anton. Bibl. Hisp., loin. II , pag.
(ici) Il e'iaU Ip II'. de ce nom. Il succéda à Ferdinand le Bâtard, et eut pour successeur Ferdinand II.
(20; Bartolocci, Bibl. Rwbbin. , tom. III, pa^. 87.Ï.
(21^ Idem, ibidem.
de la négligence de M. Moréri. Il avait en main la Bibliothèque d'Espagne de cet auteur, et il ne prit point la peine de consulter les Appendix, qui en font une considérable partie , et qui éclaircissent et corrigent plusieurs endroits de l'ouvrage. Ainsi il nous a donné la faute concernant ce professorat de Padoue , sans savoir que l'auteur l'avait corrigée lui-même à la fin du livre , et s'en était excusé sur ce qu'il avait suivi Buxtorfe. f^enetias indè profectus memoralur , ex qud urbe in Germaniam aut in projessionem Patavinant hebraïcœ linguœ, quod Huxtorfiuni et alios sequuti nos littens in Bibliothecâ nostrd tnandai^imus , priait conferre se. Constat autem f^enetiis eum septuaginta (22) annos natum superioris sœculi anno octat^o dieni suum obiisse. Quocum non benè coni^enit quôd circa annutn décimant projessorem, ut ibidem di.rimus, Palai'inumegerit (aS). C'est ce que dit Nicolas Antonio. Il ne nie pas absolument cette profession de Padoue; il se contente de dire qu'il n'en avait pas bien marqué le temps. Il ne fallait donc point que M. .Moréri nous vînt dire qu'eu i5io Abrabanel enseignait la langue hébraïque à Padoue.
(I) // laissalrois fils : Juda, Joseph et Samuel. ] Il semble d'abord qu'il en aurait laissé quatre,, s'il était vrai, comme le rapporte Nicolas Antonio (24) , que ce Léon , qui a fait des Dialop;ue3de l'Amour, était son tils'^.
Mais il faut savoir que l'auteur de ces dialogues pourrait bien être le même que Juda, fils aîné d' Abrabanel. Ce Juda était nommé vulgairement JMesser Leone (25j. Son livre de l'Amour est fort connu ; Denis Sauvage, etPontus de Tiard, l'ont mis en français.
On en cite ordinairement l'auteur
(22) Il fallait dire 71.
(23) Nicol. Anton. Bibl. Hisp., <om. II, pag.
(24) N. Anton. Bibl. Hispan., tom. I , pag. 63o.
* Dans sa lettre à Lacroie, du i*r. mars 1704 , Barle dit : " Il n'r a plus lieu de douter
• que Le'on l'Hébreu ne fut le fils d' -ibrahanel; » et, pnisqu*il a été chrétien , tl faut dire iju'tl » se cofiuprliV. Un de set frèrer, cuinme je l'ai » rappunFdans le texte de l'article, Jit la même
* cho.,e; mais il est surprenant que ni Bano' » locci , ni Nicolas Antonio n aient point parlé I» de la conversion de L''on V Hébreu. »•
(25) Bartolocci, Bibl. Rihbin. , «e-n. ///, pag. 880.
àBKABAKÉL.
sous le nom de Léo Hebrœus. Il est ductions qu'il avait faites de quelques
nomme mestie Ltton ytbarbunel, me- li\res de ce rabbin. Le Commentaire
clic> hehren , dans la traduction espa- sur Hafigée a été' traduit en langue
gnole imprimée à Venise l'an i568. latine par Adam Scherzenis, ef inséré
dans le Ti^oUum orientait , publié à Leipsick, Fan i663 On a publié dans la même ville, en 1686, in-folio, le Commentaire sur Joiue , sur les Juges , et sur Samuel. Voyez ce que l'on a dit de cette édition dans le journal de Leipsick, d'où j'ai tiré cet article. En la même année 1686, ou imprima à Leide le Commentaire sur Osée , auec la préface sur les douze petits prophètes; le tout traduit en latin et accompagné de notes, par François ab Husen. 3L de Veil , juif converti , publia à Londres, l'an i683, la préface d'yibrribanel sur le Léi'itique.
Voyez le journal de Leipsick , au
in-4
Juda AerabaNel quitta son père lorsque les Français conquirent le royaume de Naples, et se retira à Gènes pour y exercer la médecine (26J. Samuel Abrabanel vivait encore sons le pontilicat de Jules III, comme il paraît par la requête qu'il présenta au cardinal Sirlet, protecteur des néophytes ^27). 11 se retira de Naples l'an J540, et emporta avec soi la valeur de deux cent mille écus (28;. Son père lui dédia le Commentaire in Pirke yii'oth, qu'il composa l'an 1496 (29).
(J£) j4brahnnel a fait plusieurs autres lii^res ] Voici ceux qu'on marque
dans le journal de Leipsick (3o) : des mois de janvier 1684. Nicolas Anto- Comtnentaires sur la Genèse , sur le nio vous donnera les titres de quel- Léuitique , et sur les Nombres; Rascli ques autres ouvrages de ce raboin , Amana (3ij ; Sepht r Jeschuoth fl/es- avec le temps, et le lieu de l'impreschicho , qui est un ouvrage sur les tra- sion quelquefois, selon que la Biblioditions qui concernent le Messie j Zc- théque rabbinique de Planta vit a pu le dek Olamim; cela regarde les peines lui apprendre. M. Moréri ne devait pas fit les récompenses de l'autre vie : lie- dire qu'Abrabanel a écrit un Oomplier Jenioth Otam ; c est une histoi- mentaire sur le Thalraud , mais seure depuis Adam; ISlaamar Machase lemenl une pièce du Thalmud intitu- Schaddai; c'est un traité de la pro- lée PjVAe^i^oift. Nicolas Antonio, sou phétie et de la vision d'Ezéchiel con- unique source, lui a pu si bien explitre le rabbin Maimonides 5 Sepher quer cela, qu'il ne de\ait point s'y Atereth Srkenim ; Miphnloth Elnhini tromper. Le père Simon , qui apprend (ii)-^ Srpher Schamaim Chadaschim; beaucoup de choses curieuses tou- Laliahalh Nebhiitn Le sieur Théo- chant les livres d'Abrabanel , observe
iihile Spizélius remarque que Jean que le livre composé par ce rabbin , Juxtorfe le {ils lui a montré un grand smis le titre de Nahalat Avoth, pronombre de dissertations tirées des ou- fession des pères , est un Commentaire vragesd'Abrabanel, lesquelles il avait sur le Traite Pirke Avoth , et que l'un traduites en latin '33;. Elles ne peu- et l'autre ont été imprimés a f^enise ,
vent qu'être semblables à celles du même rabbin, (pie le même Buxtorfe a traduites et publiées avec le livre Cosri. 11 montra aussi d'autres tra-
(26) Bartolorc'i , Bibl. Rabbin., pag. 881.
(27; Idem, ibidi-m.
(i8 Idem, ibidem, pag. 6&S,ex Heg. Davidc Ganz
(39; Idem, ibidem, pag 88i.
(3o) Acta Lips. Nuu. 1686, pag. 53i.
(3i) C'est-à-dire. Taput Fidei II a /te' lia- (luil en lalin par Guillaume Vorstin», (/ imprimé avec ses notes a -Unsterdatt^ en i6j8. r^icol. Anlon, B.bl. Hup., lom. I . fli^. 629.
.3a) C'est-à-dire. Ouvrages de Dieu II y traite ductemeii de la création du monde et examine tCuh Moïse a pris tout ce qui est éci tt dans Ir livre de la Genèse. Simon, Hist. crit. du Vieu» Ti-ft., pag. 5'i- (33) Spiidji Spécimen. Bibl, UnJTrrsil.
in-quarto , en i585; qu'il y o une saluante préjiice de cet auteur au commencement de son livre Nahalat Avotli , où il explique la succession de il tradition parmi la Juifs , ce qui est une chose fort embarraisée (3^).
(L) Je ne troui'e point son proj essorât de Padoiie ] Voyez ci-dessus la remarque (H). Les savans hommes qui nous ont donné (35) un abrégé historique de la vie d'Abrabanel , et qui l'ont suivi presque d'année en année , dej)uis sa sortie d'Espagne jiis(|u'à sa mort , n'auraient pas laissé passer une
(34 Histoire criti<]ue du Vieux Testament, pa^i. 53'.
(.^5; Pans les Acta Lip^itn^. Nov. i(i86,p«J», 5j8 , cl set).
àrrabanel.
Si
circonçfance si remarquable : ainsi , ]e conclus que, puisqu'ils n'en parlent pas, Tautpur nVn a point parle. Or, il n'y a guère d'apparence qu'ayant dit beaucoup de ciioses qui ne lui pouvaient pas faire autant d'honneur qu'une profession à Padoue , il n'eût rien dit de cette char;;e , s'il en avait été actuellement revêtu. El si d'autres que lui en avaient parlé avec quelque fondement , je crois que messieurs de Leipsick ne l'auraient pas lÊjnore, ni voulu passer sous silence.
C'est donc un fait un peu apocryphe, pour ne rien dire de pis.
Joignez à cela que le père Bartoîocci, qui a d'inné une suite exacte des aventures de ce rabbin , ne parle point de cet emploi.
(.M) ni son t'oyage J' Orient."] Je
le tiens pour faux , par la raison que je viens de rapporter, tirée du silence de ces messieurs; mais, quand même ce voyage aurait été effectif, M. Moréri ne laisserait pas d'avancer une grande fausseté. Il suppoie , en premier lieu , qu'Abrab.iuel enseignait la langue hébraïque à Padoiie , en i5io; et , en second lieu , que l'envie de faire éclater sa haine contre les chrétiens l'obligea à passer en Orient pour y uifre ai'ec ceux de sa secte, et que ce fut alors qu'il composa ce grand nombre d'oui^rages que nous aidons de lui. Nous avons vu qu'il mourut l'an i5o8 : c'est assez pour juger qu'on vient de nous dire des chimères-
(N) Ce sont des faits ou Moréri
s'est lourdement abusé. Jf. n'en dis guère moins du voyage d' Alttniagne.'] Je n'osais le traiter de faux pendant
Îue j'étais persuadé que don Nicolas ntoaio avait bien cité Buxtorfe; car, en supposant qu'il l'a bien cité , on doit croire qu'Abrabanel a parlé de son voyage d'Allemagne dans son Commentaire sur Pirke ^it'oth. Projugus ergo is inGermaniam ■Jenil, quoJ ipse ait in Coramentariis ad librum Talmudicura Pirke Ai^otli... Buxtorfto teste in tractatu de Abreviaturis Hebrœo- Tum,pag. 100 (36). Je me réduisais donc à dire , dans cette supposition , qu'il était du moins certain qu'Abrabanel n'alla pas en Allemagne dès qu'il fut exilé des terres du roi catholique, puisqu'ea les quittant , il s'embar-
(3î))N'ic. Anton, Bibl. Hisp., tom. I,pa§.Û3S.
qua pour le royaume de Naples , et qu il y arriva quelque temps après.
Ainsi je ne laissais pas de trouver encore en faute M. Moréri. Abarbinel , dit-il , fut du nombre des exiles. Il se retint en Allemagne , et puis en Italie. Et j'avais lieii d'être d^autant plus surpris de ctte faute , que je savais que don Nicolas Antonio l'avait corrigée après avoir été mieux instruit par le père Bartolocoi. Mais, ayant consulté le livre qu'on a cité, j'ai vu que l'auteur ne dit nullement qu'Abrabanel dise qu'il a voyagé en Allemagne, Voici ce que dit Buxtorfe : Hic titulus (.Morenu, id est, doctor noster) noi'us est., infra ducentos annos nalus in Germanid , indè in ItuUam traductus , quod waldè mirnlus fuit don Isaa') ylb fbinel ex Hispanid in has terras l'eniens , ut ipsemrt scribit in Commentarin Pirke Ablioth, cap. 6 (37). Je ne saurais plus douter que don Nicolas .\ntonio n'ait mal enti ndu Buxtorf • y et c'est une méprise dont il ne s'est pas rétracté dans l'endroit où il nous apprend ce que 1 > père Bartolorci lui avait dit concernant Ahrabanel. Notez que ce père prouve démonstrativement la fausseté de ce voyage d'Allemagne, duquel, dit il (38;, quelques-uns parlent en citant Buxtorfe. Je ne doute point que cela n'arrête la course de cette fausse citation.
(0) Qu il témoignait contre les chrétiens en écrii'ant.'] Ses Commentaires sur l'Eciiture, et principalement ceux qu'il a faits sur les prophètes, sont si remplis de venin contre Jésus-Christ, contre l'Église . contre le pape, contre les cardinaux et tout le clergé , et contre tous les chrétiens en général , mais plus encore contre les catholiques romains, que le père Baitolocci alirait voulu que l'on n'en eût point permis la lecture aux Juifs (Sg). Aussi remanjue-t il que celle des Commentaires sur les derniers prophètes leur a été interdite, et qu'ils n'osent pas les garder. In his etiam pluribus in locis canino dente christianam religionem mordet et lacérât , ideoque meritb
(37) Buxtorf. de Abbreviat. Hebraor., pag . 1 15. edU. secund.
(38; Bartoloc. , Blbliolli. Rabbin., tom. III, pag. 688.
(39) Bartolocei, Biblioih, Rabbin., tans. 131, pasf. 876, 879.
gg ABRAHAM.
illorum lectio et retentio Judœis in- traita avec lui, scellée du signe de
urdicta est, nec ens apud se rttinere j^ circoncision; son obéissance à
auJent , publi"è saltew etpalàm, prop- y^j.^j.q q^^'iJ avait recu de Dieu
ter metum chnsùanomm (4o). ^'immoler son fils unique; la ma-
(4«) Idem, ibidem, pag. 8-;8. nièrc dout cct acte fut empécLé ;
. -OT, 1 -rr n»*j« 1 ' * 1 son mariageavec Kétiira ; saraort
AERAHAM^le pere ^t la sou- àl'âgedeclntsoixante-quinzeans,
che des croyans, était fils de Tha- ^^ ^f ^ - ji^^e auprès de Sara , sa
ré. IldescendaitdelSoe par Sein, iè^e femme , dans la caverne
dont il était éloigne de neuf de- i,^ Macpela. 11 serait inutile cte
grés. L'opmio"jq^/l^/^^t"^'- g^^^endre sur ces choses; ceux de tre l'a^ i3o de Thare (a), me pa- ^^ ^.^, .^^ j^^ ^^^.^^^^ ^^^^ 1^ ^^^^^ raît plus vraisemblable que celle ^^ ^P^ . -j^ ^.^^^^ j^^ prendre à qui le fait naître an 70 du me- j^ ^^^^^^ ^^^ ,^,^^^ ,^^ ^^„^,.^, me Thare. 11 y a beaucoup d ap- 3„„^^, . et pour ce qm est des caparencequ il naquit dans la me- ^holiques romains , ils n'ont pas me ville d ou 1 Écriture Sainte ^^^^^^ ,^^ nouveau dictionnous apprend que son père se re- ^^.^^ j^^ ^^^ instruise; celm de tirapour aller au pays de Canaan ^ Simon et celui de Moréri le (b). C'était une ville de Chaldee f^^^^ ^^^^^ Il serait plus du caqui s appelait Ur. Abraham en ^^^^^^,^ ^^ ^^^^^ compilation de sortit avec son père et s arrêta g^^^^éter aux faussetés et aux traavec lui à Charan jusqu a ce que ^.^.^^^ incertaines qui regardent son père y fut mort. Apres cela j^^^^^^^^^. ^^^-^ ^^ „^^tre serait il reprit son premier dessein, qui ^^ ^^j^ ^^ ^^^^^^^^ j^^ ,^ -^^f^^ avait été le yoyage de la Pales- ^^^^ écrivains ; car que n'atine. On peut voir dans lEcri- tf^j^^int supposé touchant les ture les diverses stations qu il fit ^^^^.^1 ^^ sa conversion (A)! dans la terre de Canaan; son Q^^gi^ exploits ne lui a-t-on pas voyage d'Egypte , ou on lui en- ^^^^ ^^.^^ ^^^^^^^ l'idolâtrie (E) , leva sa femme , qui était aussi sa ^^.^ ^^^^^ ^^ Chaldée , soit dans la sœur de père (c); son autre voya- ^^.jj^ ^^ ^j^^^^^ ^^.^ , Combien de ge en Guerar , ou elle lui tut pa- ^^-^^^^^^ ^j)^ ^ et combien de livres reillement enlevée et puis ren- ^^^ ^^. ^ttribue-t-on pas ! Les
due tout comme la première fois; j^.^^ lui attribuent le privilège la victoire qu il remporta sur j'étre né circoncis (e) et la même quatre princes qui avaient pille ,^^^ qu'à Adam (/). Ils croient Sodome;sacomnlaisancepoursa g J^te âme a été celle de Dafeimne , qui voulut qu il se servit ^.^ ^^ ,^^^^ ^^^^ ^^„^ ^^ ^Ig^ d'Agarleur servante afin d.^oir ^. ^J^^^ l'a remarqué Bartodes enfans (d) ; 1 alliance que Dieu j^^^. ^^^^ ^^ Bibliothèque Rabbi-
* Chaufepié a cru devoir donner lin Slip- nique. LcS mahométailS Se SOUt
plément à cet article. aussi mêlés de contcr des rêveries
{a) c est, selon les Hébreux, le 652' depuis „^,__„„„„. „„ iifltriirrhp COm-
le déluge, et le 200S'' depuis la création du coucei uant ce pairiarcne , com
monde. (g> ^pud Hottingerii Historiam Oritnlal. ,
(i) Genèse, XI, 3l. lib.I, cap. VI.
(c) Voyez l'article de Sara. (/) Entendez ceci de ceux qui, parmi les
idj Fojez l'article c/'Agar. juifs , ont cru la mélcmpsjcose.
ABRAHAM. 8^ me on lepeut voirdansl'AIcoran pierre au soleil apr<3s la mort et dans un des principaux au- d'Abraham (/} ; 2". que ce pateurs nommé Kessœus. Ils lui triarche enseigna la magie aux font faire le voyage de la Mec- enfans qu'il avait eus de ses conque , et ils prétendent qu'il y cubines (jn). commença à bâtir le temple (F). ,7^ -d , \ ■ i> 1,1 « , ,
T 1 " T3U1- *1 ' f\ ■ \ 1 '^^ Barlolocci, Bibl. Rabbin. , tom. lll ,
\ oyez la cibliotlieque Orientale pag. 562.
de M. d'Herbelot, depuis la page ("»' ^'^«'"i ibidem, pag. 594, et tom. i,
1 2 jusqu'à la page 16 : on y trou- '"'^' ^°
ve mille curiosités. Si nous avions (A) Touchant les motifs de sa conle livre qu'Hécatée avait com— f^ersio/z.] C'est une opinion assez composé sur Abraham M , nous y ™'?"*^ ^"'^î^r^ha™ s^^Ç-i avec le lait le ^ • * *t i,- j i, poison de lidolatne, et que Tharé . verrions peut-être bien des cho- [^^ ^,, ^ f^-^^-^ ^^^ ^^.^^^s , et enseil
ses dont on n a pas oui parler, enait qu'il les fallait adorer comme
Les chrétiens n'ont pas voulu des dieux (i). Quelques Juifs ont dé-
ètre les seuls qui ne débitassent ^^^^ qu'Abraham exerça assez long-
• . j il t 1 i A i temps le métier de Thare (a) , c est-a-
point de sornettes touchant Abra- ji^e, quil fit des idoles, et qu'il en
ham : ils lui ont fait planter des vendit. D'autres disent que l'impiété
arbres d'une vertu bien singu— qui régnait en ce pays-là étant 1 ado-
lière CG^ »"ation du soleil et des étoiles, Abra-
,T . . 1 » . ham croupit long-temps dans ce mal-
Voici encore quelques rêveries heureux bourbier. Jp.um longo tem-
des rabbins. Ils disent que la ser- pore Chaldœorum delirto de astrorum
vitude d'Egypte fut la punition dii^initate innutritum fuisse (Sj. Mai-
de quelques fautes qu'Abraham monides donne pour un fait certain
-i ^ . f, . qu Abraham tut eleve dans la religion
avait commises; car il avait con- aes Zabiens, qui ne reconnaissaient
traint les disciples de la sagesse à d'autre dieu que les étoiles (4;. D s'en
prendre les armes , et permis que t"'a par les réflexions qu'il fit sur la
des personnes instruites en la loi °^*"'"^ ^^^ ^f^l'- « fo admirait les
, X. , , mouvemens, la beauté, 1 ordre: mais
de Dieu se replongeassent dans ;i y remarquait aussi des imperfec-
l'idolâtrie. C'est ainsi qu'ils en— tions : et il conclut de tout cela qu'il
tendent les paroles de l'Écriture y avait un être supérieur à toute la
-^;, ;i ^ t ,l.t ^,.','7 ^^.,,^ "^.Q ^„ machine du monde, un auteur et un
ou il est ait qu II arma oio de j . in- c j -.. l-
ï j . directeur de 1 univers, buidascite bien
ses serviteurs nés dans sa maison phibn pour prouver qu'Abraham s^é-
(h) , et qu'il rendit [i) les person- leva jusqu'à la connaissance de Dieu
nés que le roi de Sodome lui re- par ces sortes de réflexions; mais,
j„ j ■+ /L\ T„ ,'« « P^^*^ comme il rapporte, sur la foi du mê-
demandait (k). Le père r>arto- , ''-au u j' p< j
. , , ^^^ , 1 me auteur, qu Abraham , des l âge de locci s echautte beaucoup sur cet- quatorze ans, avait atteint ce haut te matière , et n'emploie pas une degré de lumière , et avait eu le coubonne réfutation (H). Ils disent rage de dire à Tharé , reno/icez « ce
o „i„ ,„j» • „ pernicieux trafic d'idoles avec quoi
aussi , I . que la vue d une pierre '^ , r j ^ ^
, .' >■ . 1-1 i> A i'ous trompez le monde , nous n avons
précieuse qui pendait du COU d A- pas [^ un délateur uniforme de la
braham guérissait toutes les ma- longue idolâtrie d'Abraham. Il est
ladies , et que Dieu pendit cette certain que Josephe, sans avouer que
{g) Joseph. Antiquit., libr. I, cap. VII. (i) Suidas, in Itt-çr^OX-
(k, Genèse, chap.Xiy , t>. 14. (2) Apud Geaehvirà. i;i Chron,
(i) La même. v. 31. (3) Philo, apud. Saliaoo, tom. I, pag. 387.
(A} Barlolocci. Bibl. Rabbin., tom, III, (4) HaimODidcs, Morch.Vevoch ,fa;j. X.Y/'X,
pa;^'. 530. pag. 3.
S8 ABRAHAM
ce patriarche ait etë pendant quelque car quel fond y a-t-il à faire , ou temps infecté d'idolâtrie, soutient égard aux nombres et aux citations, que , par son esprit et par la considé- sur un auteur aussi estroj)ié et aussi ration de Funivers, il connut l'unité falsifié que le Suidas d'aujourd'hui? de Dieu et la providence, et qu'il fut Peut-être avait il écrit , non pas t/uale premier qui osa combattre L'^-des- toize ans , mais cinquante anf. 11 y a »us r*rreur populaire (5j. Il trouva une vieille tradition qui donne ce derjine opposition assez redoutable pour "ier ."^ge à Abraham sortant du giron se résoudre à abandonner sa patrie, de l'idolâtrie. On conte (9) que son Voilà peut-rtre la pn^miére fois qu'on père , ayant eutrepris un voyaj^e , lui s'est exposé au bannissement par zèle commit la vente de ses statues, et de religion. Abraham, sur ce pied-là, qu'un homme qui faisait semblant serait, par rapport à ce genre de pei- d'en acheter lui demanda : Quel âi,'e ne, sous la loi de nature, Cf que saint as-tu? Cinquante ans, lui répondit Eîienne a été, par rapport au dernier AbraLara. Malheureua que tu es , resupplice , sous la loi de frâce. Il se- prit l'autre, tu adores, à iâgv de cmrait le patriarche des réfugiés, non qt"'fite tt'i'' ,ii" être qui /t'a qu un jour! moins que le père dos croyans. Je ne Cela confondit Abialiam. Quelque vois pas qu'on puisse nier que son pè- temps après , ur.e femme lui vint âpre n'ait été un idolâtre , puisque l'E- porter de ia farine, afin qu'il l'otiiît criture sainte l'assure en le nommant 'i"" statues, mais il pjit ui.e J.ache et par son nom (6^; mais tout ce qu'on les brisa, puis mit cette liache entre
fiourrait inférer de là serait qu'Abra- les mains de la plus grande. Ihuré, lara, avant l'âge de discernement, de retoi.r, demande d'où est venu ce aurait été de la religion de son père, fracas. Abraham lui réjiond qu'il s'é- C'est le sort inévitable des enfans d'ê- tait élevé une dspute entre ces idoles tre en cela les fidèles sectateurs des à qui commencerait de manger l'of personnes qui les élèvent. A quatorze fraude qu'une femme avait apportée ; ans, comme le rappoite Suidas, il fit etla-tiessus,ce itieuijueuouiunYtz flus usage de sa raison : il connut l'abîme grand que Its autics , s'e^t Itn- ei les où son père était plongé, et il l'en reti- « brises tous h criups de hatlu . 1 hare' va j de sorte que, quand Dieu lui com- '"i répond que c'est se moquer de lui , manda de sortir de son pays, Tharé et (pie ces idoles n'^avaicnt pas l'esprit voulut être du voyage. Saint Épiphane défaire cela. Abraham tourna tout rapporte que l'ido trie ayant com- aussitôt contre le culte de ces taux niencé au temps de Sarug, bisaïeul dieux ces paroles de son père; mais du patriarche Abraham , les idoles ne Tijaré n'entendit point raillerie : il liconsistèrent »ju'en plate peinture, et vra son fils à l'inquisition. JXimrod, le que ce fut Tharé qui commença d'en grand inquisiteur, aussi-bien que le faire d'argile (j). " conquérant du pays , exhorta d'abord
(B) Quels exploits ne luia-t-on pas Abraham à l'adoration du feu j ensui- faii j'aiiecontre l'idolâliie]} Je iae\nu- te, après quelques réjonses et queldrais pas accuser Philou de s'être con- tjues répliques de part et d'autre, il tredit : encore qu'on vienne de voir 1^ fit jeter au milieu des fldmmes : qu'il débite dans l'un de ses ouvrages C^"e ton dieu l'ienne l'en tirer, lui ditqu'Abraham a été long-temps infecté i^ Haran, frère d'Abraham , fut fort des extravagances des Chaldéens (8) j attentif à l'événement; car il résolut et, dans le dictionnaire de Suidas, *^n lui-même de suivre le paiti qui qu'Abraham connut à l'âge de qua- vaincrait ; d'être de la religion de torze ans les absurdités de l'idolâtrie , Nimrod , si le feu brûlait Abraham , ,„ , et de la religion d'Abraham , si le feu
„£^ wînit' ciLe^t .';..T- '^''- '''"" 7 l*^ brûlait pas. Abraham sortit sain (6j ^ovperf.c, comme Tha,r,pèr^^' Abraham ^1 ^^"1 clu milieu des iJammes; et alors cl de Nachor,onihabue jadis au-delà du {leuve, Kimrodayaut demandé Ven quicroisnioni^en.i h. d'autres dieux. Josué , tu à Haran, et lecu Celle réponse,
(7) Epipl,. a.Ivers. Ilœrts , lib. i , pag. 7,8. •'^ *"'"* ^^ '^^^^ ^ ^bmhani , le fil je-
(8) XaX<f^,V«,; /^AK^'ov T.va ;tf ÔVOV. Per (q) R. Moses Haadar.cli..n in Ber«scbit Rabla, long uni tempus c/ialdaicu imbiUus delirio. Pbi- apud Heidegger, Hisior. l'atriarch. , tom. Il, to, du Ahrahamoy pas- i6i. pai'.'iG.
ABRAHAM. 8
1er c^an* une fournaise. Haran y fut si pouillë de tous ses biens, et condam-
maltraité, qu'il en mourut peu de né au bannissement. Le roi craignit
temps après . en présence de son père que Tautorité et l'éloquence d'un tel
(lo). Laraison pourquoi le feu eut tant homme ne détournassent le peuple
de prise sur lui, est que sa foi n'était d'adorer le feu. Cédréuus fait mourir
pas aussi vive que celle d'Ahraliam , Haran pour une très-mauvaise cause,
et qu'il r'était pas prédestiné à de puisque c'est pour avoir tilché de tirer
grandes choses comme Abraham (ii). du feu les idoles de Tharé qu'Abra-
Cette tradition n'est pas nouvelle, ham y avait jetées. Ce fut en vain qu'il
j)uisque saint Jérôme la rapporte ^ et y tâclia : il fut consumé lui-même
il seuible même l'adopter en ce qui par les flammes.
concerne la conservation miraculeuse (C) Smt dans la ville de Charan.'] d'Abraiiam au milieu des flammes On prétend qu'il y devint convertis- (12 ; car, pour la cruauté supersti- seur,etque, tandis qu'il travaillait à tieuse de Tharé revêtant le person- faire des prosélytes parmi les hommes, nage de délateur an saint oHice contre Sara faisait la même chose parmi les son [)nipre tils, il n'en parle pas. Saint femmes (18); et c'est ainsi qu'il faut Epiphane, qui n'en jiarle point non entendre les paroles delà Genève, où. plus , soutient au contraire que Tharé il est dit qu'Abraham sortit de Chasurvécut à Haran son fils , en punition ran avec Sara sa femme, avec Lot , fils de l'audace qu'il a\ ait eue défaire des de son frère, avec tout le bien qu'ils dieux d'argile, et qu'avant lui aucun avaient acquis, et avec toutei les âmes père n'avait vu mourir de mort natu- qu'Us ai'aient faites (19). On ne veut relie ses enfans (i3;. L'é(piivo(jue du point entendre par-là une génération mot 6V (i4j a pu donner lieu à ces fa- d'enfans , mais une propagation de blés Ceux qui piessent les paroles où foi; et on confirme (20) cette explica- Dieu dit à Abiaham : Je suis i Eternel tion par la métapiiore dont l'apôtre quit'iii retiré d'fJrdei Chiildéens{\5}, saint Paul s'est servi au verset to du s'imaginent qu'il le sauva d'une gran- chapitre IV de son épîlre aux Galates : de persécution, puisqu'il se servit de Mes petits enfans, pour leiquels en- Ici même phrase à la tête du Déca- f'anler je traînaille derechef, jusqu'à logue , pour signifier la délivrance ce que Christ soit formé entrons, li est d'Egypte (16); mais c'est chercher plus vraisemblable que ces âmes, çî/'t/* de.5 mystères sans nécessité. Kous ne aidaient faites , étaient les esclaves voyons aucune tiace de cette perse- qu'ils avaient achetés et les enfans qui cution dans l'Ecriture 5 ainsi l'on étaient nés de ces esclaves, sars que peut mettre, à proportion, au même pour cela il faille douter qu'Abraham rang d;5 pensées imaginaires le feu n'ait tâché d'instruire les infidèles auqui ne (it aucun mal à Abraham , et ce tant que son zèle et sa sagesse le lui que Maimonides emprunte (17) d'un suggéraient, et que, s'il en convertit certain livre qui traitait de l'agricul- quelques-uns pendant son séjour à ture des Egyptiens. Ou y trouvait Charan, ils n'aient pu le suivre an qu'Abraham , aj'anl soutenu dans une pays de Canaan. Il y a des gens qui dispute publique contre les idolâtres veulent que son père n'ait servT les que le feu n'était point digne des bon- faux dieux que depuis son arrivée à neurs divins, fut rais en prison, dé- Charan (21). Cela paraît absurde; car, / \ Ti • , „ ■ , j r comme il est fort probable (11) que
(10) Ils appuient cette circonstance iur laGe' '^ .,, , ', , V, ,i.
nè»e, Xl,28. Cette lamille abandonna la Lbaldee
{il) hidai , apud Lyrannm et Tostatnm, ci- pour éviter la persécution qu'elle avait
tante Sahano , Annal to,n /, pag. 4o,. -^^ j^ Craindre à cause de son éloi-
(12; Hieroa. Iradil. Hrbraic.in Genesim. J . i iv i ia. • -i •. i •
(i3) Epiph. de H«res., lib. I, pag. 8. gncment de 1 idolâtrie , il serait bien
(14, C'est le nom propre d'une ville , et il signifiait aussi le feu. Au II', /iii? rf'Esdras, (iV) Voyei Oa^e\<K, parapJirasle chaldéen , chap IX , la version latine porte : Qui elegistt et Fagiiis qui l'a traduit. Abrabam, et eduxi,ti eura de sgne Cbaldseorum. (iqj Chap. XII, v. 5.
(i5) Genèse, XV, -. (20; y^uyei Salian. Ann., tom. /, pag. l^oQ.
(16) Paulus Burgensi^, in addil. ad Postillam (2i)Toslal.a;(U(i Pererium in Gènes., c«p. XA.
Lïrani in Gènes., cap. XI. (22) Cela est fonde' sur le témoignage de Jo-
(i-) Jpud Pauliiin Burgens. in Addit. ad Ly- sepbe et sur le livre de Jiidllli , citap. V. .S.ii
ran
Poslill. in Gènes. , cap. XI. Voyei son Augustin Faffirme, de Civit. Dei , liv. Xf^l, lorchKcvochim, part. III ,cap. XXlX. chap. XIII.
ABRAHAM
étrange que le chef ne se fût corrompu que dans le pays où il se réfugia.
Jfais il pourrait bien être que le culte des idoles , dont Abraham avait guéri Tharé avant qu'ils sortissent de leur pays , ressuscita dans Tâme du bon ■Bieillartl 5 car, en ces temps d'ignorance, il n'était pas donné à beaucoup de gens de maîtriser pour toujours le penchant naturel à l'idolâtrie. On croit même que Naclior, le troisième fils de Tharé, ne fut jamais bien converti, et qu'il se retira néanmoins de sa patrie, afin d'aller joindre son père à Charan (23;. Ce pourrait bien étj-e lui qui retraça dans l'âme de ce vieillard le culte idolâtre qu'Abraham en avait été. 11 est certain que Laban , petit-fils de ce Nachor, servait les idoles. Quelques pères de l'Eglise ont cru que Tharé n'a été fidèle ni pendant sa vie, ni à l'article de h mort. Voyez les homélies XXXI et ]ÏXXV1I de saint Chrysostome. Comnent le prouveraient-ils? et comment leur prouverait-on le contraire? Il y a sur l'histoire d'Abraham cent embarras où , ni ceux qui soutiennent le pour, ni ceux qui soutiennent le outre , ne raantjuent point de raisons. Mais le pauvre père Bolduc , qui a cm que ce patriarche érigea des monastères à Charan , et qu'il n'amena avec lui dans la Palestine que les moines les plus novices (a^) , n'est point Je ceux qui peuvent alléguer quelque raison.
(D) Combien de sciences.'] Il savait, dit-on, l'astronomie. C'est ce que Béroseett disait, sans le nommer, si nous en crcyons Josephe (aS). On veut aussi qu'il ait enseigné l'arithmétique et l'astronomie aux Egyptiens. Josephe l'assure (26) , et JSicolas de Damas le confirmerait s'il disait qu'Abraham enseigna la géométrie et l'arithmétique aux Egyptiens; mais il ne le dit pas. M. Heidegger, à la page i44 de son tome II, cite le livre IV des Histoires de Nicolas de Damas , comme si l'on y trouvait cela ; m;iis c'est avoir pris les paroles de Josephe pour celles de ce Nicolas , dans le chapitre XVI du livre IX de la Préparation évangé-
(23) f' orez saint Augustin, la même.
(24) f^orez HeiJ., Hist. Patriarcb., tom. II, pag. 88. "
(îS) Joseph. Antiq., libr. l , cap. VII. (26J Idem , ibidem , caj}. VIII.
lique d'Eusèbe. Ce patriarche communiqua aux Phéniciens et aux Egyptiens l'astronomie, à ce que disent Eupolème et Artapan (27) ; mais, après tout , ce ne sont point articles de foi. Les auteurs qui lui attribuent ces choses aflaiblisNcnt le poids de leur témoignage par les faussetés qu'ils y mêlent. L'un dit qu'Abraham a régné à Damas (28) ; un autre dit qu'il séjourna vingt ans en Egypte avec toute sa famille auprès du roi Pharéthon (2g); un autre lui fait l'injustice de penser qu'un des motifs de son voyage d'Egypte fut le désir de connaître les dogmes des Egyptiens touchant la Divinité, afin de les suivre, s'ils étaient meilleurs que les siens , ou de désabuser ces gens-là , s'ils avaient une croyance erronée (3o). Quelques modernes ne croient pas qu il ait enseigné les mathématiques aux Egyptiens (3i). La raison qu'ils en donnent me paraît fausse : c'est , disent-ils , que la détention de Sara auprès du roi d'Egypte donnait tant de martel en tête à Abraham , qu'il n'était guère en état de donner leçon sur des sciences aussi abstraites que celles là , qui, tout comme la poésie , demandent le repos et la liberté d'esprit :
Cartniria secessum scribentis ei otia quterunt.
Mais il fallait prendre garde que Josephe a fort bien distingué les temps : il dit que ce fut après la liberté de Sara qu'Abraham eut des conférences avec les savans d'Egypte, et lorsqu'il avait le cœur content, tant à cause que Pharao l'avait comblé de bienfaits, qu'à cause qu'il était persuadé que sa femme lui était revenue sans avoir souffert aucune atteinte à son honneur.
(E) El combien de llires.'] Il y a un livre de la création qui lui est attribué depuis long-temps (3-i). Il en est fait mention dans le Thalmud (33) : le rabbin Chanina, et le rabbin Hoschaia
(27) .^pud Alex. Polyhist. citalum ab Eusebio , Prap., lib. IX, cap. XVII et XVIII.
(28) Nicol. Daraasc. apiid Joseph. Anliq. , lih. I , cap. VII. Jusiiu le dit aussi , liv. XXXVI, chap. II.
(2g) Artapan, apud Euseb. Prœp., libr. IX, cap. XVIII.
(3o) Joseph. Antiq., libr. /, cap. XIII.
(3i) Vuyei Salian , loin. I , pai;. 4i4-
(.^■2) Vorez la ri'marque 'Aj de VarUcle Ârisa.
(33i Vuyez lieidcjgcr, Hist- Patriarch., tom. II ,fag. i/jï.
ABRAHAM
avaient accouhimé d'y lire la veille Y) Qu'ily cnmmencnahâtirle tem-
du jour du sabbat. L'auteur du livre p'«.] Ils content qu'Adam , chassé du intiuilé Cozri dit qie cet ouvraj^e d'A- paradis, pria le bon Dieu de lui permettre de bâtir une maison, sur le
braham est profond , et qu'il a besoin d'iinr! explication prolixe; qu'il enseigne l'unité de Dieu ; qu'à certains égards , il semble dire des choses bien difiérentes; mais qu'à d'au'res égards il ne tend qu'à un même but. Tous les Juifs n'ont pas attribué ce livre à C'^ grand patriarche. H y en a qui ont déclaré hautement que c'est un ouvrage supp >sé , et qui condamnent la hardiesse du rabbin Akiba , qu'ils croient le véritable auteur de la pièce (34 j • Q lis dcflU potestutein R. Aqulbœ scriharuh Itbruni Jezira , nomine Abrahami patris nostri ,35) ? Le supplément de Moréri a sur ce s-.tjet un article bien curieux , tiré de l'Histoire Critique du père Simon, Consultez-la , aux pages 48 et 556 de l'édition de Rotterdam.
Aux premiers siècles du christianisme, les hérétiques Séttiiens débitèrent une
plan de celle qu'il avait vue dans le ciel; une maison , dis- je , qui fût le lien où il dirigeât ses prières, et autour duquel il marchât par dévotion.
Dieu fit tomber une tente qui ressemblait à. la maison qu'Adam avait vue- Adam se servit de cette tente pour les usages qu'il souhaitait. Après sa mort , Seth bâtit une maison de pierre et de boue sur ce modèle : le déluge la ruina ; mais Abraham et Ismaèl la réparèrent par l'ordre de Dieu. D'autres l'ont successivement réparée à mesure qu'elle se ruinait; et enGn , Héjazus, Tan 74 ^e Thégire , la mit en l'état qu'elle est aujourd'hui : et c'est l'oratoire du temple de la Mecque ''.^1) . Voyez la remarque (I) de l'article Agar.
(G) D'une uerlu Lien singulière.'}
Apocalypse d'Abraham, comme saint Gretser témoigne avoirln, dans un ma Épiphane 'e remarque (36;. Origène a nuscritgrec de la bibliothèque d'Augsndu ouvrage de ce pa- bourg, qu'Abra'iam planta un cyprès.
ci!é un prétendu ouvrage de ce pa triarche où un bon et un mauvais ange sont introduits disputant de son salut ou de sa per*e i^"]^. L'Assomption d'Abraham était aussi un ouvrage supposé (38; La bibliothèque du monastère de Sainte-Croix, sur le mont d'Amara en Ethiopie, contient, dit-on (39) , les livres qui furent composés par Abraham dans la vallée de .Marabré , où il enseigna la philosophie a.
ceux par le moyen desquels il défit les
qu iinranam planta un cypr un pin et un cèdre , qui se réunirent en un seul arbre; chacun néanmoins retenant en propriété ses racines et ses branches : que cet arbre fut coupé , lorsqu'on prépara les matériaux du temple de Salomon ; mais qu'il ne fut point possible de l'ajuster en aucun endroit : que Salomon, voyant cela, résolut de le faire servir de banc :
que la sibylle, y étant menée, ne voulut jamais s'y asseoir, et qu'elle pré-
cinq [^o) rois qui ai'uient pris Loth son dit que le rédempteur des hommes neveu. Au reste , l'ouvrage de la créa- mourrait triomphamment sur ce bois :
tion, supposé à Abraham, fut imprimé à Paris l'an i552, traduit en latin par Postel , et accompagné de notes.
Piittangel, juif converti , et professeur à Konigsberg , en donna une traduction latine avec des notes , Tan 1642
(34) Abraham Zachat, in. libro Judiaslo, pag. 52 , apud Heidegger, ib:d.
(35) Piœfal. Il Zobai -MantuaDi, apud eumd. Heidegger, ibid.
Çid) Kpipii.Tn. aJvers. Haeres., pag, 286.
(3-) Origen. Homil. XXXV; in Lucam, apud Hiidegger, ibid.
(38) In Synopsi Attianasii , liber., t^ui Assamptlo Abrabami diciCur, inler rejeclos rumeraiur. Heidegger, ibid.
(3p) Kircherus, dans le Gallois, Traité des Bibliolbéques , po^'. 142, e'd.t. de Paris. (4o) Il fallait dire quatre.
',4iJ Spizelii Spccim. Bibl.
que Salomon l'entoura de trente croix d'argent, et que cette situation dura jusqu'à la mort de Jésus-Christ (43).
Cela me remet en mémoire le chêne de Mambré , sous lequel on prétend qu'Abraham ait quelquefois cherché la fraîcheur (44)- On a dit que ce chêne vivait encore sous l'empire de Constans (45). Diys, id est, quercus Mambre juxUiHebron . in qud , usqucad œlaiem infuntiœ ineœ et Conslantii
(42) Ex Pocockii Xotià in Specim. Hist. Arab pag. ii5.
(43) Gretser. de Crnce , lib. I.
^!^!^) La ver-ion des Septante, Genèse, XVtlIj r. I , favorise cela.
(45;iiidor. , ;,*. xrri, cap. ni, apud
Bonifacium , Histor. Ludicr,, pag. 385. // eut mieux fait s'il eiil cite' ce que je cite de saini. Jerc-ni.
9'-î ABRAM.
régis impenum, terelynthus momira- humaniste , et il parut à ses subatur peri'etus, et annns niiiiiniludine • ■ ^ i xi ' i •
imncans^suhqnâhnbaa^it Abraham. P^^^urs assez grand théologien M'uo aiitem cultu ab ethnuis habita pour être élevé à la profession est, et uelut quodnm insigni noinine en théo'ogie dans l'université de
TJZT'' ^^% ^\ 'I"^^'l"^^-"."^ ™f: Pont-à-Mousson. Il exerça cette me ont pousse 1 extravagance jusqu à dire qu on l'a vu il n'y a que trois cents ans. Il ne faut pas. disent ils , le distinguer de celte canne de Seth que le voyageur Mandeville (ô quel témoin !; vit proche de la ville d'Hébron (47)-.
(H) Et n'emploie pas une bonne re-
exerça
charge pendant dix-sept ans , et mourut le 7*. jour de septembre i655. llavaitenseigiié les humanités avant que de commencer la profession en théologie (a). Il publia plusieurs livres (A). C'est une
futatinn.'] Il prétend que ces paroles chose assez étrange qu'ayant été
t^JZ,^^ Sodome, donnez-moi les un auteur de distinction il ait été
personnes, et preiuz les biens pour -^ j ,
i'ous f48) , signifient, selon le sens lit- *' peu Connu dans les pays etran-
tëral et véritable, /rt/jsez rentrer duns g^rs (B).
(a) r/rerfeNallian. Sotuel , BiLl. Societ. Jesu, ptig. 622.
le culte des idoles ceux que vous ai'cz instruits en l'otrejoi; mais qu'Abraham protesta devant tout le peuple qu'il n'en ferait rien. L'auteur cite les (A) Il publia plusieurs lit^res* '.^Dei versets 22 et 23 du chapitre XIV delà «"'• « sur la paraphrase de l'euangile Genèse, et puis il accuse d'impudence (^^ saint Jean, composée en vers grecs et deblaspliéme les Thalmudistes qui par Nonnus : un Commentaire sur ont dit qu<* le patriarche acquiesça Virgile : un recueil de traités théo
aux demandes du roi de Sodome. lia raison de les condamner, en ce qu'ils supposent que ce prince redemandait des personnes converties à la vraie religion ; car on ne redemandait point les domestiques du patriarche , on i-edemandait seulement les sujets que les quatre rois avaient pris en pillant Sodome (49). Mais le père Bartolocci a grand tort de supposer qu'Abraham ne les rendit pas Ce qu'il cite de l'Écriture est visiblement sa condamnation.
(46) HIeron. In Locis Hebr. Lilt. D. Vorei la remarque (G) de l'article BARCocoEBàs.
(47) ^ojez Ponlfacli Hist. Ludicr., pag. 2S9. Son litre fui imprime' à Denise, chez Baleuniuy, en 1643, ùi-4, el n'imprime à Bruxelles , chez, J. Muinmartiut , en 1656, aussi in-4.
(48) Oencse, chup. Xir, v. 21.
(49) /' est dit au versH 16 qu'Abraham ramena Lot, son frère , et ses biens, et aussi les femmes et le peuple.
ABRAM( Nicolas), jésuite lor-
logiques, intitulé P/irt/vi* f-^eteris Tcstairienti , siue sacrnnim Qnœstionum Libri Xf^ : les Axiomes de la rie chrétienne *^ : et une Gr mimaire hébraïque, en vers latins. Il a traduit en français *' de l'italien de Bartoli la f^ie de f^incenl Carajfa, /.'Jinmihe de Lettres , et la Pauvreté contente {\).
Son Commentaire sur Cicéron est un ouvrage d'un grand travail ^ les analyses de logique y sont bonnes et exactes ; les notes y sont remplies de beaucoup de littérature : mais comme il a versé là-dedans avec trop de profusion les fruits de ses veilles, il est tombé dans une longueur qui rebute les moins paresseux. Ce (Commentaire ne comprend que les oraisons du dernier volume, jusqu'à la 2*. philippique
*i De cviq ouvrages d' /thram donljolr donne les titres et qu'il reproche à Barle d''avuiroublie's, deux sont des manwcrits, et un autre (Dispositio analylica aliquot oralionnm Ciceronis brcvibus tabiilis corapreljpnsa ! , de l'at'en de Joly,
ram, ne au diocèse de Toul * /au partie du Commentaire sur les oraisons de
I» P'Q , , . , ' Cicéron, menlioni.é par Barle.
an 1009 , entra dans la société *i Mr remarque que ce Uure est en latin:
en 1606 , et fit profession du quatrième vœu en 1623. Il était bon
• Jolj le/ait naître à Cherval. D. Calinel , (fans sa Pihlio'lipque de Lorraine, dit à Xtt- I ortfal , près de Charmes.
Axioraata vitœ Chri.-itiana;, iC54
*i Barle, dit Jolr , est excusable d'avoir attribue' ces trois traductions au P . Àbram , puisqii'il tCa fait en cela que suivre le P. Sotuel qui les donne ailleurs et avec raison au P. Thomas Leblanc.
(i) Ex \alliaii. Sotuel, Bibl. Scriptor. Si;ricl. Jesu , pag- Cjî.
ABSTÉMIUS. (^^
inclusivement, Pt néanmoins, il est en le Mire et le père Oudin n'en disent
deux tomrs in-folio. Ils furent impri- pas davantage : relui-ià , dans son
niés à Paris, l'an i63i. Le Commen- ■^uctunum de Scripiorilius EcclesiaS"
taire sur Virgile est beaucoii|) plus ticis , imprimé Tan 1639 j celui-Ci
court; ce qui est cause qu'il a rendu dans son Supplementum de Scriptori-
pliis de service dans les écoles. On *"s ^fc/es/Vjincà , imprimé l'an 1686.
Toit à la tin de sou Pharus Veleris De la manière que .M. Simon cite plu-
Testamenli 2), un long traité f/e sieurs fois cet ouvrage du père Abram
f^erit'iie et âJendacio, où il ne donne (6), on voit bien qu'il en fait cas et
pas dans les maximes des casuistes que ce n'est pas m\ livre tiui méritât
rigides.
M. de la Monnaie m'a averti, 1°. que ce jésuite a supplée, en soixante et onze vers grecs de sa façon, l'iustoire de la femme adultère, qui manquait au Vlli^. chapitre de la paraphrase de Nonnus (3j '' :, 2°. que Reiuésius parle de ce Nicolas Abrara dans la page l55de ses lettres ad H ■ffmnnnum et R'iperiuni. J'ai consulté cet endroit- J'uisset (7). là , et j'y ai trouvé cet éloge : Si me cuni tni mtionibus aiidirc liïc noies , i^el hujus (Nie. Abrami ) auclorituti cède. Est enim sanè ciuaiii dnctissimus , et maxime iduneus ejplicamlo l'uHio.
Joignons à ce témoignage celui d'un autre savant du même pays. .4d intetligf.iidas , adque ad mum t'ansj'erendas nraliones Ciceronis sujjlciet Coiumeiitarius Jo Thomae Fre
d'être inconnu. Mais voici un fait plus singulier. Martin Schoockius, dont le fort était une vaste et prodigieuse lecture , déclara sur ses vieux jours qu'il n'avait jamais ouï parler d'uu auteur qui s'appelât Nicolas Abraham. Uanc si tuitus fuerit nescio quis NlcoLius Abinhanius (jani priuuliis euni nosse inctpin ) prolixo examine haud opus
(6; Hist. Cr!t. Se' Comment, du ^'ûllveau Teslament , chap. XXIII.
Ct) Si h.iockiu'i, de Fieuore unciario, pag. lo-. Il eit imprimé Van 1G68.
ABSTÉMIUS * (Laurent), ne à Macéra ta, dans la Marche d' Ancône , s'attacha à l'étude des belles-lettres et y fit assez de pro-
nisi f/ms tiddere mnlii prniixns Com- gfès. Il les enseigna dans Urbia
et y fut bibliothécaire du duc Guido Ubaido («) , auquel il dédia un petit livre oii il expliquait quelques passages difficiles des anciens auteurs {b). Ce fut sous le pontificat d'Alexandre VI qu'il publia cet ouvrage , et un autre qui a pour titre Hecatomjthium , et qui fut dédié à Octavien Ubaldini , comte de Mercatelli. La raison de ce titre fut tirée de ce que l'ouvrage était un recueil de cent fables (c). Il en doubla le nombre dans la suite.
On les a souvent imprimées (A) avec celles à^s anciens faiseurs d'apologues , Ésope , Phèdre , Ga-
menlarins Nicolai Abrami jesuitœ multd reinm pariétale inslructns (4j.
(B, Si peu connu dans les pays étrangers.'] St^s notes sur la paraphrase de Nonnus furent imprimées à Paris , chez Sébasti.-n Crara)isi, l'au 1622, et il ne paraît pas cpi'Heinsius eu et'lt connais>ance lorsqu'en 1627 i' publia cette mè.me paraplirase a\ei- un grand commentaire. C'est ce qu'il nomme Anstnrchus sacer M. Cave n'avait point non plus ouï parler des notes de ce jésuite, puisqu'il n'en dit rien dans l'endroit où il rapporte les ditlérentes éditions de Nonnus (5). Aubert
(2) Impiiinf' h Parir en 1648 , in-folio.
(3) Ce.t uni' eiri-ur. l'rançoi- N'aiiNius , qui donna unf édition dt* Xonnu? , Cnn i5Hcj, e.^t le\'éiitable auieurde cet endroit suppléé. [M. rïe la Croze ni*a a^'evti que M. .Simon parle de cela a la page 33e de son Hist critiij. des Commentateurs.]
* On voit dans Jtly que Namius a^'ait, en ifi^g , dans son édition de Nonnus , suppléé 36{4 ^'ers ; (i .fon e.xetnple^ Ahrani suppléa par-i vers de ta façon Vhisloiie d'- la ffinnie adultère.
(4 .loh." An reas Bosius île Piudenliâ et Eloi^uetiiiâ t'omparanda . pag. i^^o.
(5 f'i-.tora litlrrari.! .Scriplorum ecclesiasticoruœ , pag. sgq dt Vida, de Lundres , sn i638 , in-foli» .
* Son véritable nom, dit /e Menagiaoa, 1715,111, 4'l, était Be'vilacqiia.
(a Fojrez Gruteri Thés. Crit , tom. I, paff. 878.
[b Opusculum de nonnullis Locis oIjscuris. yide Episl dédient, cjiis Ilecatomytlùi.
{c) Fajei-en Cépitra dJdicatoirv.
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brias , Aviénus , etc. , que Névelet a rassemblées en un corps et accompagnées de quelques notes.
Abstéraius ne s'est pas toujours borné à l'idée de ces anciens originaux; il mêle quelquefois parm.i ses fables ce que l'on appelle un conte pour rire , et il n'épargne pas toujours le clergé (B).
On trouve de ses conjectures sur quelques passages des anciens dans le premier volume du Trésor Critique de Grutérus , on en trouve, dis -je, sous le titre à^Annoiationes varice. Elles sont en bien petit nombre et ne remplissent pas quinze pages. Ily a une préface de sa façon à la tète de l'Aurélius Victor , qui fut imprimé à Venise eu i5o5 {dj. Je ne sais pas s'il survécut beaucoup à cette édition. Il est un de ceux que Laurent Valle a censurés
Prenez garde aux observations que l'on m'a communiquées depuis la première édition (C).
(d) Epilome Bibliot. Gemeri.
(A) On les a soufent imprimées.'] Gesner marf(ne l'édition de Strasbourg , en i552. Celle dont ISëvelet a eu soin est plus moderne de quatrevingt-huit ans. Les notes qu'il y a jointes sont peu de chose; et ce n'est point sans doute pour l'amour d'elles qu'on a renouvelé souvent l'impression. Il n'en a point fait sur les fables d'Abstemius : aussi n'en avaient-elles pas besoin.
(B) Il n'épargna pns toujours le cler- ^e'.] Eu voici une preuve. La CIV*. de ses fables est qu'un prêtre fut commis par son prélat à la garde d'un couvent où il y avait cinq religieuses , de chacune desquelles il eut un garçon au bout de l'an. L'évêque , apprenant cette nouvelle , s'en fâcha , lit venir le prêtre, lui fil une rude mercuriale , et le traita de perfide , de sacrilège , d'homme qui avait ose violer le temple du Saint-Esprit. Seigneur, lui répondit-on, yous m'aidez commis cinq