ARAS
taU-ns , voici j'en ai gagné cinq autres par-dessus. Le prélat prit tant de plaisir à une réponse si facétieuse , qu'il donna pleine absolution au prêtre.
()uo dicLo tnm farelo perinntiis epi~ scopus , homini l'tniam dédit, La moralité que l'auteur a mise au bas de la fable ne vaut pas mieux que la fable même , par rapport à de semblables profanations de l'Ecriture. Ptusqu'ort m peut pas, dit-il (i), se jus'ijier d un crime par de bonnes raisn ,s , il Jaut recourir a quelque plaisanterie.
il est certain que cela a réuSii en plusieurs rencontres; mais un évêque qui se paierait d'une profanation aussi goguenarde que celle qu'on vient de lire , ne ferait guère rnieux son devoir que le gardien des cinq religieuses.
(C) Prenez garde aux obstrt'ations que l'on nia communiquée^ depuis la première édition. ] <c Les conjectures )) d'Abstémius, inse'rées dans le prej) raier volume du Trésor Critique de i> Gruter , ne sont qu'un extrait de » l'ouvrage intitulé (Jbicurorum loco- )) »«?7t (•2),d'idié au ducd'Urbin. Gru- >> ter, qui nous a donné cet extrait, » a mis au commencement une petite i> note marginale, dans laquelle il dit )) c[ue Laurent Valle a critiqué cet » Abstémius. Je doute fort de ce fait; » nulle trace de cette prétendue crij) tique ne se trouvant dans les œ'u- » vres de Laurent Valle , que d'ailleurs » Abstémius a hautement loué dans » la préface de son second Uecatomy- » ihium , et avec qui apparemment il » n'a pas dù avoir de grands démêlés, }) lui a3'ant survécu toutau moins qua- » rante-huit ans. II est le premier, que » je sache, qui ait écrit le conte des ta- » lens multipliés. Le Bandel, Verville, » et d'autres l'ont depuis rapporté. »
Ces paroles sont tirées d une lettre qui m'a été écrite par M. de la Monnaie.
(i) Fabula indicat, peccala, c'um ratione neqwanl, urbanitaLe diluendà. Abstenu Fabul. ClV.
(i) yojei ci-dessus la citaUon (b) de cet at' ticle.
ABUCARAS (Théodore) a été un prélat (A) fort zélé pour l'orthodoxie , et il l'a fait paraître par plus de quarante dissertations qu'il a écrites , ou contre les juifs , ou contre les mahoraé-
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tans , ou contre les hérétiques , ou en général sur des matières de religion. Génébrard mit en latin quinze de ces dissertations, et les publia. Gretser , les joignant aux autres (B) , que le père Turrien ou lui avaient traduites, donna une édition qui semblait complète (a). Mais il oublia quelque chose ; car M. Arnoldus fit imprimer à Paris, en i685, un Traité d'Abucaras qui n'était jamais sorti de dessous la presse.
Il l'avait trouvé dans la Bibliothèque d'Oxford. Il ne l'accompagna point de notes, parce qu'il n'osa toucher au grand mystère que l'auteur examine dans ce Traité {b) ; c'est celui de l'incarnation et de l'union hypostatique. On est en peine sur le temps auquel Abucaras a vécu. Le jésuite Turrien le croit disciple de Jean Damascène. C'est le placer au huitième siècle. Gretser le fait un peu plus jeune (Q , car il ne le distingue point de celui qui fut si mêlé dans les troubles de l'église de Constantinople au temps du patriarche Ignace et de Photius. Cet Abucaras suivit d'abord le parti de Photius , et se chargea d'aller pour lui en ambassade avec Zacharie , évèque de Chalcédoine , à la cour de l'ejnpereur Louis II. Il devait présenter à ce prince le livre que Photius avait composé contre le pape Nicolas , et l'exciter à secouer le joug du pape. Mais à peine s'était-il rais en chemin, que Basile le Macédonien , qui avait usurpé l'emjîire , après avoir fait mourir l'empereur Michel , le rappela et
{a^ Elle est grec f ne et latine, et imprimée àlngolslad en i6o6, in-!^.
{h) Arnolili jir;ifjtio
ARAS. g5
lui commanda de se tenir coi.
Deux ans après (c) il se présenta au concile de Constantinople , et demanda humblement pardon de ce qu'il avait suivi le parti de Photius , et protesta qu'on l'y avait entraîné par violence et par artifice. Il obtint ce qu'il souhaitait : le patriarche le reçut à la paix de l'Eglise , et lui donna place dans l'assemblée (^;. M. Arnoldus avait connu en Angleterre un savant homme qui crovait qu' Abucaras avait vécu au septième siècle (e). On inséra les œuvres de cet auteur dans le supplément de la Bibliothèque des rères , à l'édition de Paris , en
{c\ En 869.
(iiNicetai Papblagon. inVità Ignatii, apnd CaTe , Hislor. Lillerar. Scriplor. Eccles. , pag. 557.
(e; Ârnoldi prtrfatio.
(A) Un prélat.'] Les uns l'appclleuf archiepiscopum CanVe(i); les antres episcnpum Cariée. Ka^ûv 'EtiVxgtov,, Carum episcopum (2). M. Arnolchi-»
croitqu'Abucaras était évèque deCharan , dans la Mésopotamie : c'a été aussi le sentiment de Jnsias Semler (3). Photius avait destiné Abucaras à la prélature de Laodicée , comme iM .
Cave le remarque.
(B) Gretser, les joignant aux autres."] Le Journal des Sa vans donna une idée très -fausse de l'édition de ce jésuite. Génébrard, dit-on (4), a traduit et publié quinze dissertations de cet auteur . et Gretser les a jointes à ce qu'il a recueilli d'ylnaslase Sinaïte dans deux manuscrits de la bibliothèque de Bal'ière. Si l'on avait entendu le latin de M. Arnoldus, on ne serait pas tombé dans cette faute. Theo'Iori Ahucarce dissertatinnes quindecirn jamdiii latine rertit et edidtt Genebrardus , deindè
(1) Cave, Hislor. Liller. Script. F.cc\es. pag. 55-. Oudio, Supplem., pag. sSg.
(aj Spizelii Spécimen Bibl.; Konigii Bibl. vet. et nova; et Arnoldi prsefat o.
(3) Simler, Epit. liibl. Grsneri.
(4) Journal XXHI de i6S5 , paç. 368, e4ii. dr HoU
ABUDHAHER
Thcodorum Anastasio Sinaïtœ ob argumenti similitudinem conjuiixit Ja-
cobiis Gretserus , deditque ea dimbus codicibus MSS. ducis BauariœMuximUiini (5). On voit'trois chosfs dans ce latin : 1**. que Gretser publia les œuvres d'Abncaras après que Gënébrard en eut publié une quinzaine de pièces : a°. que Gretser les publia sur deux manuscrits du dur de Bavière : 3°. qu'il les joignit avec Auasfase Sinaïte. Il ne paraît pres(|ue rien de tout cela dans le Journal des Savaus.
On n'y voit pas que Gretser ait publie' plus de pièces que Gènëbrard , ni que les manuscrits de Bavière aient servi à l'édition d'Abncaras : et ou y voit qu'ils ne servirent qu'à l'édition d'Anastase, de quoi M. Arnoldus n'avait dît mot. Au reste , il ne faut pas croire que toutes les œuvres d'Anastase Sinaïte aient été publiées avec Tiie'odore Abucaras : il n'y a que le Traité intitulé 'OcTuyàc , i. e. Dux i'iœ adi^e/'iùs acephar'os , que l'on ait joint aux œuvres d'Abucaïas dans l'édition du père Gretser.
(C j Gretser le J ait un peu plus jeune.'] En lisant la préface de M. Arnoldtis, on est presque convaincu que ce jésuite n a osé rien avancer touchant r,1ge d'Ahucaras. Grelàerus i>eio quis fueril jibucaras , qun seculojlnruerit , ab Antonio f^elsero SS. T/ieol. D.
Hcclesiœ Friicngensis canonico , p'teposito Spaltemi, cujus honnri libium suum dedicnt^it, discere uolebat (6).
M. Arnoldus ne disant que cela de Gretser, insinue manifestement qu il n'en faut pas chercher davantage dans la préface de ce jésuite. On y trouve néanmoins d'autres choses , savoir , que l'Abucaïas dont il est parlé dans la vie de saint Ignace, patriarche de Constantinople, est le même que celui qui a composé les Dissertations.
(5) Arnolfli prefatio.
(ti; Id. Ibid.
ABUDHAHER. C'est le nom du chef des karmatiens (A), sous lequel ils profanèreut et désolèrent la Mecque, l'an 817 de l'iiégire (B). Ils dépouillèrent les pèlerins , et en tuèrent 1700 dans l'enceinte même de la Caaba (a) ,
!(i) C'esl ainsi qu'on nomme la partie du
pendant que ces pauvres superstitieux faisaient le tour de cet oratoire sacré selon la rubrique de leurs dévotions. Les karmatiens ne se contentèrent pas de ce carnage ; ils enlevèrent du temple la pierre noire qu'on y vénérait comme un présent descendu du ciel {h) ; ils abattirent la porte du temple, et remplirent de corps morts le puits Zamzam , l'une des plus saintes et des plus sacrées parties du lieu. Pour surcroît d'affliction , Abudhalier faisait m^ille railleries de la religion mahométane; il amena son cheval à l'entrée de la Caaba , afin de lui faire faire ses ordures en cet endroit— là, et il disait aux mahométans qu'ils étaient bien fous de donner à cet édifice le nom de maison de Dieu ; car , ajoutait-il , si Dieu faisait cas de ce temple , // m'aurait déjà écrasé de sa foudre ^ moi qui ai profané d'une manière si outrée {C) celte maison. La dévot'on des mahométans pour ce temple ne diminua point pour cela; ils continuèrent à y aller tous les ans en pèlerinage. Lorsque les karmatiens l'eurent aperçu , ils se résolurent à leur renvoyer la pierre noire, après l'avoir gardée vingtdeux ans. Ils voulurent plaisanter quelque temps après , et se naoquer de la sottise de ces dévotions. T^oilà des gens , disaientils , qui croient a^'oir la [n'erre noire ; mais nous leur en. a^ons envoyé une autre à la place de celle-là : l'objet donc de leur dévotion est un être faux et suppo^ se. Ils songeaient par de tels dis-
temple qui est destinée à l'adoration et à l'oraison.
\b) rojet la remarqua (K) du l'article
AOAK.
ABULFEDA.
cours à quelque chose de plus solide (Dy que n'est le plaisir d'insulter. On leur répondit qu'ils n'avaient qu'à venir voir l'épreuve qu'on voulait faire , et que , si la pierre nageait sur l'eau , elle serait la véritable. Elle nagea effectivement en présence des karraatiens, et ainsi on racla de tous les esprits les doutes et les scrupules que les railleries de ces profanes pouvaient faire naître (c). Voilà un petit échantillon de la légende des peuples orientaux.
Vous trouverez beaucoup de choses curieuses touchant les karmatiens et Abudhaher dans la Bibliothèque Orientale de M.
d'Herbelot (d). Il les nomme carmathes , et il écrit Jbu Tha- Jier le nom de leur chef.
(c) Pocockii Noiae in Spécimen Hist. Arab , pag. 1 18 , 1 19, ejc Abulfed;i et Ahmede ELn Yusef.
{d] Dans l'article CarmatK , pag. 256 et suiv.
(A) Desharmatiens.'\ Cesf le nom d'une secte qui s''ele\a dans l'Arabie, environ Tan 278 de Thégire (t). Le premier chef de cette secte fut un blaspliemateiir et un imposteur qui, attirant dans son parti ceux d'entre les hahitans de la campagne et des déserts qui avaient le moins de religion et de lumières s'acquit une pleine autorité' sur eux. On peut voir dansPocock (1) diverses etymolo-ics du nom des karmatiens. Ils firent peu de chose au commencement , mais ils firent des progrès incroyables. Ils s'emparèrent de la plus grande partie des provinces d'Eraki et de Hejazi ; et se répandirent dans la Syrie , et iusques aux portes du g' and Caire (3).
(B) L'an3f] de l'héi^lre.'] Abulfeda et Ahmed Ebn Yusef marquent cette
Ci) C'est noire année 891.
(2) Pocock. , Xotœ in spécimen Hislor. Arab. , pa^. 371. Ce Spécimen fui imprime' à Oxford en i65o.
(3)Pococl., Not»ia Spécimen Histor. Arab., pa^. 371.