‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 27 sur 158 · ACA · texte numérisé non relu

ACA

fond fort différente (A). Erpéniiis n'a point entendu les paroles d'Elmacin sur ce sujet-là (B).

Ce que je viens de dire (c) et les deux remarques que l'on va voir sont des choses dont je ne me rends point garant : je les rapporte sur la foi d'autrui. Il n'y a de moi là-dedans que le parallèle du sjîinozisme , et je ne suis pas trop persuadé que celui qui critique Erpénius entende mieux que lui l'endroit en question.

(c) Tiré d'Elmacini Hislor. Sarraceo. , lib. II , cap. I, et seq.

(A) D'une secte dont celle de Spinoza n'est pas fort différente.'] La secte dont Abumuslimus faisait profession enseignait une sorte de me'fempsycose qui n'était guère semblable à celle de Pythagoras (i). Celle-ci ne détruisait point les ânies^ elle ne faisait que les envoyer d'un corps à un autre corps : mais l'autre métempsycose est ainsi décrite par le fameux voyageur Pietro délia Valle , dans l'endroit où il fait mention de certains hérétiques mahoméfans qui s'appellent Ehl l£llahkik , hommes de férité , gens de certitude. « Ils croient , dit-il (2; , qu'il » n'y a poiuî d'autre dieu que les qua- » tre éléraens... ; qu'il n'y a point d'â- 3) me raisonnable ni d'autre vie après " celle-ci; mais que tout homme n'est " qu'un mélange des quatre élémens )) dont l'homme est composé pendant ') sa vie , conjoints ensemble et animés » par cette étroite union qui les tient '» liés les uns aux autres, et qui , en « mourant , se résout et se dissipe '> dans les quatre élémens simples, et » par conséquent s'en retourne à Dieu, » duquel il a été ci'éé ; et ainsi de tou- )) tes les autres choses qui sont sur la » terre et dans le ciel : eu un mot , » qu'il n'y a pour tout que les quatre «élémens, qui sont Dieu, qui sont w l'homme , et qui sont toutes choses; » et que, par conséquent, les quatre « élémens sont éternels , et le monde ,

(i^ Bespier , Remarques sur l'état présent de l'Empire Ottoman, par Ricaut , pa^- 66>j.

(2) Pielro Hella \ aile , Lom. III , pag. 392, cité par Berpier, là même.

MAS. io3

» avec toutes ses vicissitudes et chan- » gemens , éternel.» Quelque différence qu'il y ait entre ce dogme et le système de Spinoza, le fond est toujours le même : on tient de coté et d'antre que l'univers n'est qu'une seule substance, et que tout ce qu'on appelle générations et corruptions, mort et vie, n'est qu'une certaine combinaison ou dissolution de modes. Elmacin appelle métempsycose de résolution celle qu'Abumuslimns croyait. (B) Erpénius n'a point entendu les paroles d'Elmacin sur re suj«ii-/à.'\ U lui fait dire qu'AhumusUmus suivit la secte de la succession descendante , prnjîtebatur seclam successionis descendentis (3) . U fallait dire qu'il suivait la sec^e qui enseignait la métempsycose de résolution, f»;o^«e&arMr sectam eitnim qui credunt metempsycosim resolutionis. C'est ainsi que le sieur Bespier a censuré et corrigé la traduction d'Erpénius en cet endroit-là (4).

(3) Elmac. Histor. Sarrac., lib. II, cap. III, pag. loo.

(4) Bespier, Remarq. sar l'éut présent de rEœpire Ottoman, par Ricaut, pag. 665.

AC AGI A ou AC AKI A (Martin) .

Cherchez Akakia.

ACAMAS , fils de Thésée (a) , suivit les autres princes grecs au siège de Troie. Il fut député aux Troyens avec Diomède pour redemander Hélène. Cette ambassade fut inutile quant au dessein principal , mais elle valut à Acamas ce qu'on appelle bonne fortune en fait de galanterie.

Laodice , fille de Priam , devint si amoureuse de lui, qu'ayant appelé en vain à gon secours l'honneur et la honte, elle fut contrainte d'ouvrir son cœur à Philohie , femme dePersée, et de lui demander assistance pour un des plus pressans besoins oii l'on se pût rencontrer {b). Philobie , touchée de compassion , pria sou mari de faire que Laodice pût

fa) Pausania? , hb. I,pag.5, et lib. X, pag. 325 et 3^3.

ACAMAS.

contenter son envie. Persée eut à Rhéa , mère des dieux. Elle lui pitié de cette pauvre demoiselle ; recommanda de ne l'ouvrir que et d'ailleurs, ayant de la complai- lorsqu'il n'aurait plus d'espéran-

sance pour sa femme, il fit ami tié avec Acamas, et en obtint une visite dans la ville (c) dont il était gouverneur. Laodice ne manqua pas de s'y rendre , accompagnée de quelques Troyen-

ce de revoir la Thrace. Acamas aborda dans l'ile de Cypre (C) , et résolut de s'y établir. Phyllis s'en pendit , après avoir vomi cent imprécations contre ce perfide. Il ouvrit la boîte , et se

nés. Il y eut un magnifique fes- trouva saisi d'étranges visions ; il tin , après quoi Persée la plaça monta sur un cheval, et lepous

dans un même lit avec Acamas , auquel il dit que c'était une des concubines du roi. Laodice s'en retourna fort contente , et au bout de neuf mois elle accou-

sa si mal à propos et d'une manière si étourdie , qu'ils furent tous deux renversés ; d'oii il advint qu' Acamas s'enferra dans son épée. Tzetzès raconte cette

cha d'un garçon qu'elle fit élever histoire (/"); mais il a confondu par iEthra , aïeule paternelle d'A- Acamas avec Démophoon (g) ; car

camas (A). Cet enfant eut nom Munitus (B) : nous dirons dans les remarques ce qu'il devint {d).

Acamas fut un des braves qui

c'est de ce dernier que tous les auteurs racontent ce qui concerne la malheureuse Phyllis. Voyez la lettre passionnée qu'Ovide feint

s'enfermèrent dans le cheval de qu'elle écrivit à Démophoon. Il bois (e). Il eut depuis , dans la paraît par celte lettre que leur Thrace , une aventure assez sem- mariage avait été consommé (h).

blable à la première ; mais les suites eu furent très-malheureuses. Phyllis , la fille du roi , devint amoureuse de lui : on passa bientôt aux propositions de mariage ; la belle lui fut promise , dotée de la couronne. Il demanda la permission d'aller faire un tour chez lui ; Phyllis s'y opposa avec toutes les prières dont elle put s'aviser ; et, ne pouvant obtenir de lui qu'un serment qu'il reviendrait , elle lui fit présent d'une boîte consacrée, disait-elle,

J"ioi'P(^o//êVMV, àLpnynv ttîn-vj. lUnmque. sic advocasse , itt (/uantkm tandem posset jain jam pcreiinti mixilium ferret. Parlhenii Erolic, cap. XP^l ,

(c) Elle se nommait Dardanns.

(d) Tiré £/'Hegesi|>pi lih. I de Refius Milesiorurn, ri/c z^(7r Parllienius , Erolicor , cap. XVI : et de Tzetzes sur Lycopliron.

(e) Trvpliiodiirus , de Excicl. Troj». Vide etiam Pausaniam , lib. I, pag. 31.

N'oublions point qu'une des tribus d'Athènes fut nommée Acamantide (D) , du nom de notre Acamas (/) , et cela par la désignation de l'oracle. Etienne de Byzance le fait fondateur d'une ville de la grande Phrygie (E) , et lui fait avoir une guerre contre les Solymes. Je n'oserais décider si la mère d'Acamas était Phèdre ou Ariadne (F). Nous parlons dans la remarque (D) de quelques autres Acamas sur lesquels M. Moréri s'est comporté à son ordinaire.

(y) Tzelzes , in Lycophron.

f^ Qui était wissi^ls de Thésée, {h) Turpitcr hospitiitim lecto cumulasse jugali

Panitct , et lateri conscruisse latus.

Ovid. Epist. Pliyll. Jl, 57.

{i) Pausanias, lib. I, pn^. f), et lih. X, paf; . 325 l'oyez aussi Suidas et Sieplianus Byzantin us.

A C AMAS. io5

(A) Le fît ^lei^r par .Elhra , aïeule cela dans rarficlc Ephore. Je ne sais ■paternelle â' Âcamas.'] Jl faut savoir s'il ne faut pas imputer à un défaut <juc Castor et Pollux, faisant une ir- de mémoire ce que dit Plutarque, que ruption dans l'Attiquc pour recouvrer ce fut Démophoon qui coucha avec Hélt ne leur sœur, prirent la ville d'A- Laodice. Peut-tire l'avait-il lu dans jihidiies. Celait l;i que cette belle avait quelques auteurs que nous ne connaiscté envoyée par son ravisseur. yEthra , sons points peut-être aussi que Tzetraére de Thésée, y avait été envoyée zès avait lu dans quelqu'un de ces en même temps. Ils la firent prison- écrivains perdus que les aventures de nière, et remmenèrent à Lacédémone. Phyilis regardaient Acamas. Quoiqu'il Elle s'y trouva lorsrpte P;1ris enleva en soit, il semble que Ton ait usé de Hélène, et on l'y embarqua pour Troie, compensation et de dédommagement Démophoon et Acamas suivirent les envers ces deux frères. Si Plutarque autres Grecs, principalement afin de ôte d'un côté à Acamas les bons modélivrer cette bonne femme, leur mens passés avec Laodice, et s'il les aïeule , ou en payant sa rançon , ou transporte à Démophoon , d'autre côpar la prise de la ville (i). Ils la ren- té Tzetzès ote à celui-ci les nuits agréacontrèrentdans les rues durant le sac- blement passées auprès de Phyilis, et ca^ement de Troie; et ayant appris les transporte à Acamas. Parlons plus qui elle était, ce ne furent qu'embras- sérieusement. Si Meursius eût bien seiiieris réciproques {i). Ce fut alors pesé les passages où le fils de Laodice qu'j£thra fit reconnaître iVIunitus par est appelé Munitus, il ne se fl\t pas son père Acamas (3). Elle l'avait éle- servi des paroles de Plutarque pour vé; car Laodice lui avait fait confi- prouver que le port de iMunychia n'adence de ce qui s'était passé dans la vait point tiré son nom de Munj chus, maison de Persée. Jean Cornarius a fils de Pantacles, comme on le dit orfait une assez grosse bévue dans sa dinaircment , mais de Munychus , fils traduction de Parthénius : il a rendu de Démophoon et de Laodice (5j. Voices paroles : ôv ùtt' AlSfo. Tfa.i^îvTct/ut.irà. ci les termes de Plutarque : Oî «Tè kai Tpo\a.ç etXaiTiv étiKOf/AO-iv itt Vmov , par tgDto to s^iç J'ia.Câ.KKoua-i , Keti anv îrsp celles-ci , quem sub dio enutritum post M'jiivùX'''^ juvBoKoylttv, ov îit An//.o<f '.Dvtoç Troiœ captivitatem transportai' it in AstoiTiKHç kùÎk^o, 'riKovTn; h 'Ihian trt/vêx.dnritiimAMMahiVweélefé pnr^thra, Ô/js^at t«v A'i'9fa.v xiyjuTi (^i). Alii hune et non pas nourri h la belle étoile, versum rcjiciunt {c'eil celui oii Ho- Kous allons citer Plutarque, qui rap- mère dit qu'Hélène mena yEthra at^ec porte que quelques-uns traitaient tout elle à Troie), et Munychi fabulam ceci de fabuleux. quem ex Demophoonte à Laodice clàm

(B) Eut nom Munitus.'] Il suivit editum Ilii crevisse sub .ïlthr;! memosou père en Thrace , et y mourut d'u- rant.

ne morsure de serpent (^). 11 est nom- (C) Acamas aborda dans File de

me Munychus, Moi/vt/;t^'Çj dans Plu- Crpre-I 11 y avait dans cette île une

tarquc . à la vie de Thésée : mais, puis- montagne nommée Acamas , qui avait

que Parthénius, Lycopiiron et Tzetzès tiré son nom du fils de Thésée. Uésy-

le nomment constamment Munitus, chius l'atteste, et remarque que la

Moi/viToç, il faut croire que le texte de rivière Bocurus, qui passait' par Sala-

Plutarque a été altéré en cet endroit- mine, avait sa source dans cette raon-

là , ou que l'auteur ne se souvenait pas ta"ne. Les géographes parlent du

bien de la vraie prononciation de ce promontoire Acamas , fort notable

mol. Ne nous arrive- t-il pas tous les dans la même île (7). Il y en a même

jours, quand nous citons de mémoire qui observent que toute l'île s'ap-

quelque autour, d'y brouiller quelque pelait autrefois Acamantis [8) 5 mais

syllabe, et quelquefois même plus d'u- ... .. ... , -rrr^i— . 4..-

-' T I ' ^, 1 , , ' ^ , (i)Meursiiis, lib. I, cap. XI r Lect. Atti-

ne.'' Je parlerai plus amplement de car. W par MézWinc, ^ui re;;rend ceUe fn,ur

dans set Comment, sur les Epitres d'Ovide ,

(i) vSchoIiast. Enripid. in Hercul. Paiisan. , „„.> ,A4

l,b. f^P^ë- 342- (6) Plut. mTheseo, .mbfy'. pag. 16.

(^J QuiDtiis Calaber, hb. XIII, vs. 4q6. , \ c i ii viv ri. i M V ,^..

P,,.c=n^,. ;./, Y „„„•;/, ^'^ (-iSlral'O, lib. XIV ; Vlo\em. , Ub. K , cap.

(3) T«lzès sur Lvcôpbron , cilé par Méilrlac, ^' '^ ' P''"' ' ''*• ^' '"P' ^^^[ .^ ^v r sur les Epîires d'Ovide , pag. it^■>.. (8) Ptilonides apud Plin., lib. V,cap. XXXI.

(4) Partlitnii Eroticor., cap. XVl. Slcpliamis, verbo ^î/TTfiijÇ.

io6

ACAMAS.

personne , que je sache , entre les anciens , n'a dit que le promontoire Acainas emprunta son nom d'une ville (^uAccfianie , Athénien , ami des Troyens , qui s'en était Jui , b:itit sur ce promontoii-e , et à laquelle il donna son nom. Cette ville, et Tamitie' de l'Athénien Acamas pour les Troyens , sont aussi chimériques l'une que l'autre. Je voudrais bien savoir où frère Etienne de Lusignan , lecteur en théologie aux frères prêcheurs de Paris , au seizième siècle , avait trouvé cette rare érudition (9).

(D) Une des tribus d'.4thènes fut nommée Acamanlide. ] M. Moréri a[>pelle cette tribu acanmnle ; mais je ne vois point d'auteur français qui ne dise ta tribu acamnntide. Pour n'en faire pas à deux fois , marquons ici une autre erreur de cet écrivain (10).

Il dit qu'Homère, au II''. livre de l'Iliade , fait mention d'un Acamas , prince thrace , qui vint au secours de Priam , et d'un Acamas ^fîls d' Anténor , que sa pudeur admirable fit mettre au nombre des dieux. Il est vrai qu'Homère, au livre cité, parle de ce prince thrace , et qu'il dit ailleuis (pi'Ajax le tua (ii)- Il est vrai encore qu'il parle d'Archilochus et d'Acainas fils d'Anténor , et qu'il les fait bien experts dans toutes sortes de combats , juû.X*'^ S" ê((fÔTê TTst^-Mç ^ mais pour la déification du chaste Acamas , il n'en jiarle nullement. Il s'en faut peu que M. Moréri n'en soit le créateur ; car il le serait , rigoureusement parlant , si Charles Etienne ne lui avait fourni ce fonds à bâtir : F'uit et alius ejusdeni

(9) Hist. de Cypre, fui. 4 et 29.

(10) On supprime ici les autres fautes qui avaient été marquées dans la première édition. [ ' Bavlcy dans sa première édition^ reprochait fncore a Moréri., i°. d'avoir donné douze tribus a Athènes. Bayle n'en donnait que dix. Les éditeurs de Moréri sont depuis venus à cet avis de Bavle; tandis que Bayle lui-même s^est aussi corrigé et n^a plus indiqué le nombre précis des tribus qui tantôt a été de dix , tantôt de douze ; quand on veut donc parler de leur nombre , il faut faire attention à Vépoque dont il s'agit;

3**. de citer le livre i^'^. de Strahon touchant Acamas, promontoire de VVe de Crpre , tandis que c'était le i4'. qttil fallait citer; i". de nommer Acamante le fils de Thésée ; 4°. de dire que Suidât fait mention d^ Acnmanlides , philofophe d'fféliopolis , que Suidas nomme Acamantius. Ces fautes ont été corrigées dans l'édition de Moréri de 1*753, et même dans quelques autres antérieures. Le .Moréri de l'^âc) ne parle plus du promontoire de Cypre.] (m) Homer. lliad., Ib. FI, vs. 7.

norninis filius Antenoris , qui tenipore belli trnjani cœlebs erat , et dits similis habebaliir. Comme cet auteur ne citi; personne pour ce fait-là , je n'ai pu faire des recherches sur ce célibat; et si j'osais donner carrière à la conjecture , je dirais cpie cœlebs a été mis p'Hir celebrisf^dv les imprimeurs, dans quelque livreque Charles Etienne copia , sans que néanmoins je veuille nier qu'Homère n'ait observé quelquefois que tels et tels furent tués avant que d'être maris (12). Mais posons le cas que ce Troyen fût garçon , et qu'on lui ait donné l'éloge de semblable aux dieux , en faudrait-il conclure que sa pureté fut si admirable qu'elle lui fit obtenir les honneurs divins ? Si tous ceux à qui Homère distribue l'épithète S-soê/Kê^oç, avaient été déifiés, que seraient devenues les épaules du pauvre Atlas (i3) ?

(E) Etienne de Bjzance le fait fondateur d'une ville de la grande Phrygie. ] Il la nomme Acamantium. Les géographes n'en disent quoi que ce soit. L'abrévialeur de cet écrivain , ou les copistes , ont estropié de telle sorte ce passage, qu'on n'y saurait trouver le sens , si l'on n'y supplée quoique chose.Mais suppléez-y ce qu'il vous plaira, vous n'en serez pas mieux instruitde la guerre d'Acamas et des Solymes.

(F) Etait Phèdre oti Ariadne. "] Je vois deux savans hommes appointés contraires sur cette question. Méziriac affirme qu'Acamas était fils de Phèdre (i4) ; mais toute la preuve qu'il semble en donner est que Démophoon , frère d'Acamas , était fils de Phèdre : ce qu'il prouve par la lettre que Sabinus a écrite à Phyllis sous le nom de Démophoon. M. de Valois prétend qu'Ariadne était la mère d'Acamas (i5); et il cite pour cela le scoliaste d'Homère (16) : il ajoute que Démophoon était frère d'Acamas , selon ce scoliaste , et qu'Euripide le confirme (17). Ni l'un ni l'autre de ces mes-

(12) Homer., lliad., lib IV, vs. 474.

(i3) Voyez Juvénal, dans la XIll^. satire verset 47, ou il dit :

contentaque sidéra paiicis

Niirainibus miserum urgebant Atlanta minori Pondère.

(i4) Méziriac, sur les Epitres rf'Ovide , pag.

(i?!) ITenr. Valesius in Harpocrat.,pa^. 4 et 5.

(lO) In 'OS'ucrT. O.

(17) Jn lonc.

AC A UN AN JE. lo;

sieurs n'a remarqué c^nll est inutile pour maintenir leur liberté con-

dans cette question qu Aramas et Dé- ^^e les armes romaines ; mais en-

mophotn aient ete frères ; car ils pou- -, ., ,, . . . . -i j-

vaieut r.Mre, encore .|ue l'un flH lils fi" '^^ S épuisèrent et lis perdl-

d Ariadne , et l'autre de Phèdre. rent courage. L'année n'était que

de six mois dans l'Acarnanie (e).

ACARNANTE, pays situé sur Les habitaus de ce pays-là étaient la mer Ionienne, entre l'Etolie fort lascifs , si l'on en croit quelet le golfe d'Ambracie. On dit ques dictionnaires (C). 11 est plus que les Taphiens et les Téléboes certain que la modestie n'y paen furent les premiers maîtres , raissait pas dans les vêtemens des et que réi^bale le subjugua après femmes (D). Il n'est point vrai avQir été établi seigneur des îles que Cicéron parle d'une ville qui voisines de Taphos par Amphi- eût nom Acarnanie (E). trvon (a). On ajoute qu'Aie- J'ai dit que les habitans de ce méon, fils d'Amphiaraiis , s'en pays -là se tinrent long-temps rendit le maître après la seconde unis avec les Éloliens ; mais j'aguerre de Thèbes , et qu'il lui fit joute qu'il y eut souvent des porter le nom de son fils Acar- guerres entre ces deux peuples, et nan {b). Il s'était associé avec que les Étoliens firent de grands Diomède,et ils avaient conquis niaux aux autres. Polybe nous l'Etolie , qui fut le partage de ce apprend cela lorsqu'il raconte dernier. Quelque temps après , que les Acarnaniens , à la pre- 011 les somma de se trouver à l'ex- mière sollicitation qui leur en fut pédition de Troie : l'un d'eux , faite par le roi de Macédoine, désavoir D-omède , fut joindre les clarèrent la guerre aux Étoliens autres Grecs ; mais Alcméon se (y). H leur donne l'éloge d'atint coi dans l'Acarnanie (c). Ce- voir tenu une politique fort louala fut utile, après plusieurs siè- ble , qui est d'avoir préféré l'hoiic!es,auxAcaruanieiis, car ils s'en nête à l'utile, et cela dans les firent à Rome un grand mérite périls les plus pressans {g). (A) ; ayant représenté qu'entre

. 1 /^ -1 » -Z 'e) Macro!)! as, Saturnal., lib. I, cap. XII,

tous les (jrecs il n y avait eu que „' ^^ . . /-

leurs ancêtres qui n'allassent pas (/) Polybii Hist., Ub. iv, cap, xxx. au siège de Troie. Cette belle g, idem, ibidem.

raison fut alléeruée par le peuple ,.,.,,, ^ . r.

, VI 1 1 ( \) ils s en hienl a nome un eramt romain , lorsqu il embrassa leur ,„^^,-,g 3 L'iiistorien Éphore , qui n'aparti contre l'Etolie (B) , tant il vait jamais songé à leur en fournir est vrai au'en certaines occasions l'nccasion, la leur fournit néanmoins, la politique ne refuse point de se •^^.'■' 'l»^"^ ils surent ce qu'il racon- ^ • j' , ^ , ^ , . ,. tait touchant Alcmeon , us son nreservir des prétextes les pius ridi- valurent adroitement auprès des Rocules. Les Etoliens et les Acarna- mains , qui préfendaient que lefonniens se tinrent unis long-temps, dateur de Rome descendait d'Enée- {d) soit pour repousser les Macé- 9-^:* *^ conjecture de Strahon. ToJto.ç doniens et les autres Grecs, soit 'a>,^-,^,u , yo<f/y*^9^. k^V^*' '^r

ià) Stralio, lib. X. pa^. 3^■^. fff'''",^ ' "*' '^'"' «''Tfivo^/stv ira/;' a.ô'r^v

{b) Idem, ibidem, pag. 3l8. (ç«tvw!raT9*i>s').cVT{ç, tè; tù utTO.jrXC'HV

(c) Idem, ibidfm . /Urtioi tÏÏc £T* toi/? TTfO'jôvofÇ rouç exinaiv

(d) Idem, lib. X, pag 317. ç-;<tTM'*f oi/Tê •) xp £v AirahiKo^ K*TX>.iiyifi

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