ACARNANIE
à la comédie d'Aristophane , où un cochon est le symbole des instrumensde la volupté vénérienne. Allusum , npinor, ad porrellum, quem induclt Aristnphanes in'Ay^!t.pviZ^tv , sytnbolum eonim membrorum , qiiibus obscenœ •-n- Ittplates peraguntitr (lo). Je ne crois
(Dj La modestie n'y paraissait p^is dan-, les l'êlemens des Jèmnies. ] La manière dont Apollonius censure les dames athéniennes nous ap{>rend cela. Ces wnstres pompeux hnbiUeviKns de pourpre , leur dit-il (i/l) , d'incarnatin , de roses sèc/ies et feuilles mor-
pas que Ton entende le mystère de la tes ,jausnes , certes , et autres sembla réponse de Musarium 5 et pour moi, hles , dont fous i^ous rioUe-piollez a j'avoue que je n'y entends rien : c'est guise d'une pratrie au mois de may
pourquoi je ne critiquerai |)as ceux qui assurent que les habitans d'Acarnanie étaient réputés lascifs. .Mais si cela est , je m'étonne un peu que les auteurs n'en fassent pas de mention. Au reste , Erasme ne se trompe point sur la signification figurée du mot /^oifiVx.'jç. Les Latins avaient adopté cette fii^ure. IVnstrœ muHeres , dit Varron (il), maxiriiè nutricts , naturam , qud feminœ surit , in uirginibus appallant porcum , et Qrœrè y^ucr:. Vovez les Origines Italiennes de M. Ménage, au mot Polta. Voici une conjecture dont je ne suis pas content , et que je n'avance ([u'afin d'essayer si elle pourra fournir qticlque ouverture à ceux qui auront plus de génie et plus de science que moi. Chéréas repaissait toujours d'espérances sa courtisane ; c'était son seul paiement (12J : Dès que mnn père sera mort , disait-il , dès que je serai en possession de mon patrimoine , fous di-iposerez de tous mes biens , et je l'ous épouserai. Musaritim, leurrée par ces promesses, lui prêtait son corps et sa bourse. N'avait-elle pas raison de dire à sa mère? f^oici un galant que je ne puis ni plumer ni tondre ; mais c'est un pourceau d'Acarnanie que je nourris: le profit viendra tout a coup. C'est en effet le propre de ces animaux : on ne gagne rien à les nourrir qu'après qu'ils ont été engraissés, etqu'ona fait ponrceia toutes les dépenses nécessaires j mais enfin on se dédommage avec usure. L'Acarnanie était peut-être , comme aujourd'hui la AVestphalie , un pays fécond en pourceaux. C'est de là peut-être que les traiteurs des grandes villes de la Grèce faisaient venir beaucoup de cochons pour les nourrir ( 1 3) , et voilà pourquoi la courtisane se servit de l'épithète àxctfvotvioç.
(10) Idem, ibidem.
(11) Varro , de Ke rusticâ , lib. II , cap. IV. {12) I.uciani Uialog. Mfrelric., pnj;.72i, 722.
d'oii est-ce que l'ous en ai'ez aiurc l usoge ? Car il ne se frnui'e point que les femmes de V A' nrnanie se soient onc ainsi attiflèes. C'est ainsi que le traducteur français s'exprime. Le traducteur latin i,'i5; avait dit : Coccmeœ alque eliam purpureœ cmceœque vestes undè a vobis sumplœ ? Ciim ncque Acarnanides muHeres ita exornentur.
On voit manifestement qu'Apollonius n'eût point raisonné de la sorte si les femmes d'Acarnanie n'eussent eu la réputation de s'iiabiller d'une manière immodeste. Il semble que cela puisse favoriser les dictionnaires (jui assurent que les Acarnaniens étaient diffamés comme gens lascifs ] mais , au fond , la conséquence serait tirée un peu par force. Ces auteurs-là ont besoin d'une autorité plus précise. Artus Thomas n"a rien compris dans les paroles d'Apollonius , qu'il s'est mêlé de commenter. Les Acarnaniens , dit-il (l6j , ont été autrefois Jort adroits à la course des chariots , au rapport^ de Pausanias , livre 6 et dernier des Eliaques , ayant este le temps pissé tenus pour gens sages et Jort grands politiques , pour avoir si bien dresse leur estât et leur république , qu'il y en a qui disent qu'Aristote a fait cent cinquante livres sur le seul argument du gouvernement et lois île cette nation : mais les livres se sont perdus avec la police ; voilà pourquoy Pliilostrate parle icy de leurs femmes. Ole misérable commentaire ! le sens du texte y est pris tout de travers.
l,E) // n'est point vrai que Cicéron
Tpî(^'jllT>, f^eliili cauponariis mulieres cx.guos poicellos nulriunl. Atlien. , lib. XI K , pag. C56.
(i4) PIiilosT. in Vitâ Apollonii, lib. IV, cap. yil. Je me sers de la version de Vigénère.
(i5) Alemanns Rbinuccinus , pa^. 167.
(16; Artus Thomas, sieur d'Embry, Annotât. sur la Viea'Apollonius, Uv. IF, chap. VU , pag. 800 du i". i'ol.
ACCARISÎ.
parle d'une ville qui eût nom ^carna- «ie.] M. Morëri l'assure pourtant, /'^lle est dans la Sicile , ajoute-t-i! , et célèbre par un temple dédié à Jupiter. Il cite Cicero , Or. in f^errem , et 1^6;t'iiis in lib. P' jE/ietd. M. Uofman va beaucoup plus loin j car il marque deux circonstances : Tune (|ue cette ville était proche de Syracuse ; l'autre f|u'elle fut brûle'e par les Goîtjs. îl avait lu tout cela dans Charles Etienne. La vérité' est que Cicéron parle non d'Acarnanie , mais d'Acradine , l'une des quatre parties de Syracuse. Ea ianta est urbs , ut ex quatuor urbibus maxintis constare dicatur , quaruni una , etc.. altéra auleni est urbs Syrncusis , cui no'ue.i Acradina est : in qud forum maximum ^ pulcherrimœ porticus , ornalissimum prytnneum , amplissima est curia , temphimque egregium Jovis Oly'mpii (17). Servjus, cite' par M. Moreri , a dit seulement que l'Acarnanie est une partie de TÉpire (18) , non pas un petit pays d'Egypte , comme veut M. Hofman (19).
(17) Cicero in Verrem, Orat. VI , Jotio 77 verso .
(18) Servius in lib. T^, ^neid. vs. 298.
(if)) Item re^iuncula jt^gypti. Servius in JEneiii. , lib. V ; Holmao , voce Âuroania.
ACCARISI (François) , jurisconsulte italien , né à Ancône , fit ses études à Sienne. Bargalio et Benevolente y enseignaient la jurisprudence avec assez de réputation. Il eut pour eux beaucoup d'amitié , mais pour le premier bien plus que pour l'autre. Les raisons de cette inégalité étaient naturelles : Bargalio avait eu toutes sortes d'ouvertures de cabinet pour cedisciple(a) ; il l'avait loué extrêmement dans une harangue qui est imprimée et qui contient les éloges des Accarisi , et il lui avait commis en mourant le soin défaire imprimer sa belle Dispute de Dolo. Le premier emploi public de notre Accarisi fut d'ex-
!à) Ab dlofaclnsf lierai omnium suoritm studiorum parliccps. ViC. Eryllirieus, Pioacotli II, cap. X\K.
pliquer les Institutes à Sienne ; ce qu'il fit pendant six ans. On lui commit ensuite l'explication des Pandectes ; et , comme plusieurs ultramontains allaient étudier à S enne , le grand-duc Ferdinand V . voulut qu'ils trouvassent un professeur qui expliquât le droit civil de la manière que Cujas l'avait expliqué.
Accarisi fut choisi pour cette charge, et s'en acquitta dignement ; après quoi il fut promu à celle de professeur ordinaire en droit , vacante par la mort de Bargalio, et la remplit avec gloire pendant vingt ans. Sa réputation se répandit : toutes les universités d'Italie le souhaitèrent et lui offrirent des conditions très-avantageuses. Il résista long-temps à ces tentations par la considération des douceurs dont il jouissait à Sienne. Mais , à force de revenir à la charge , on le gagna enfin , et on lui fit perdre la résolution qu'il avait prise de mourir dans son premier poste , résolution qui n'a presque point d'exemple parmi les personnes de son caractère (A). Ce fut Rainuce Farnèse , duc de Parme , qui le fit succomber à la tentation en ajoutant aux promesses qu'il lui fit , et à la g!oire de succéder à Sforce Oddus et à Philippe Marini, le grade de son conseiller dont il l'honora.
Le grand-duc ne souffrit point qu' Accarisi fût long -temps au service d'un autre prince. Il le fit revenir bientôt (B) en lui donnant la première chaire de jurisprudence dans l'université de Pise. Accarisi quitta donc le duc de Parme , et alla exercer à Pise l'emploi qu'on lui avait pré-
ACCARÎSI.
sonté. Il l'exerça jusqu'àsa mort, qui arriva quatre ans après : ce fut le 4 d'octobre 1622 qu'il mourut à Sienne. L'auteur {b) qui me fournit cet article , et qui est le seul que M. Moréri ait cité , ne dit jjoint qu'Accarisi ait écrit divers traités de Droit, ni que Rainuce Farnèse ait tâché en vain de l'attirer. Ce soat deux faussetés de M. Moréri , qui d'ailleurs n'a pas entendu ce que c'est que //^ JSon. Oclobris ; car il s'est imaginé que cela signifiait le 26 septembre. Nous lui marquons une autre méprise dans la seconde remarque.
(6) Janus Nicius Erjthraeus , Pinacoth- II, cap.XXr.
(A) Réiolulionqul n n presque point d'exemple parmi les personnes de son caractère.'^ Un des plus ordinaires défauts des professeurs est de ne pouvoir se fixer aux académies où ils commencent d'avoir de l'emploi. Au lieu de regarder cette première vocation comme une espèce de mariage, ils ne la considèrent que comme un engagement passager , que comme un intérim , et une place d'entrepôt. Ils y demeurent en attendant mieux. Ils n'ont pas plus d'attachement pour la seconde mcation que pour la première, et ils attendent h planter leurs tabernacles pour la dernière fois qu'ils soient parvenus aux meilleures chaires On a dit de quelques personnes qu'en peu de temps elles font tout le tour des religions : il y en a d'autres qui font aussitôt qu'elles peuvent tout le tour des académies. Quelques-uns de ceux qui ne déménagent pas se font bien payer leur constanct;. Il en coûte une bonne augmentation de gages à qui veut les retenir. Tacite , qui a sans doute compris bien des défauts 30US les termes de professa) ia lingua (i) , n'en eût pas exclu celui dont je parle s'il l'avait connu. Les gens d'église ne sont pas exempts de cette petite infirmité : on sait les plaintes des moralistes rigides contre certains pré-
fi) Taciti .Vnual., Uh. XIII, cap XIV.
ï II
lats (jiii, commençant par un évèrlié d'un médiocre revenu, passent de degré en degré justju'aux plus éminenfes métropoles. C'est une poljgaraie spirituelle, ou quelque chose de pis ; car , selon l'esprit des anciens canons {"i), il se contracte un mariage spiiituel entre un pasteur et son troupeau. Les communions à plus petits bénéfices n'ignorent pas les efl'ets de cette humeur.
Parci'us ista viris iainen objicienda memenlo (3).
(B) Il le fil retenir bientôt.'] Voilà le succès de tant de sollicitations et de gratifications que le duc de Parme avait employées pour attirer Accarisi.
Il l'eut enfin , je l'avoue ; mais on le lui ôta bientôt par les mêmes voies dont il s'était servi pour l'ôfcr aux autres. M. Moréri dit pourtant qu'Accarisi n'alla point trouver ce duc, et qn'tZ aurait trop fait de l'iolence à son inclination s'il eiil quitte sa patrie , oit il était arrêté par les bienfaits de Ferdinand , grand-duc de Toscane.
Nouvelle faute que l'on ne saurait excuser; car nous lisons dans Nicius Erythraeus que , lorsque Accarisi alla servir le duc de Parme , il y avait pour le moins vingt ans qu'on lui avait conféré la nouvelle charge que le grand-duc Ferdinand avait fait créer dans le collège de Sienne. Nous lisons aussi dans le même auteur qu'Accarisi ne professa que quatre ans à Pise, où il fut appelé peu après son engagement de Parme. Or il mourut en 1622, quatre ans après qu'il eut accepté la chaire de Pise. Il faut donc que le duc de Parme soit venu à bout de son dessein environ l'an 1616 , auquel tem[>s il n'y avait point de grandduc qui se nommiU Ferdinand. M. Moréri dit lui-même dans l'article Médicis que Ferdinand I mourut en l'année 1609 , et que Ferdinand 11 succéda à son père l'an 1621.
(■j) iVe virginatis pauperculœ scc^etaiê conlempld diliorii udulterœ qiicBial ampl.exut. Hieronvmi Epist. ad Oceanum, lom. II , pag. 744cile dans TAvis aux Jésuites d'Âix sur an Ballet, etc. , paç;- "i",.
(3) Virgil. Eclog. UI , vs. 7.
ACCARISI (Jacques) , natif de Bologne , et docteur en théologie. Je n'ai rien à ajouter à ce que M. Moréri en a dit, si ce
112 ACCIAIOLI.
n'est, 1°. qae les Harangues c[u.^i\ sur son tombeau est de la façon a données au public sont des pie- de Politien. Les ouvrages qu'on ces qu'il avait récitées à Rome , a de lui se réduisent à la T'raà Cologne ,àMantoue et ailleurs; duclion latine de quelques Vies 1°. qu'il a professé la rhétori- de Plutnrqne (A) , à la f^ie de que pendant quatre ans à Man- Charlemagne , et à des Com— toue , dans l'académie que le duc menlaires sur la Morale et sur Ferdinand y établit l'an 1627 {a), la Politique d' Arislote. Cette vie (a^Ex Aut. Mirao, Script. Eccl. Sa=c. ^^ Charlemagne ayant été quel- XVII ,pag. 35i. quefois jointe avec celles de Plu- ACCI AIOLI (DoNAT) , homme t^^^q^^ ' » «^0»"^ lieu à une étranillustre tant par son érudition ge bévue de George Wicelms. Il que par les emplois qu'il eut à a «^^bité cette vie comme un ou- Florence sa patrie, a fleuri dans ^rage de Plutarque (/) , tant il le quinzième siècle. Il aurait pu était verse dans la doctrine des devenir beaucoup plus docte qu'il t^mps. Quelques-uns ont accuse ne l'a été , si les affaires publiques Acciaioli de plagiat (B) , par raplui avaient permis de donner plus po^t au Commentaire sur la Mode temps à ses études , et si la dé- i-^'^ d'Aristote ; d'autres ont oulicatesse de son tempérament ne t^e les louanges qu ils lui ont l'eût empêché de jouir d'une Ion- données pour ce livre (C). Il a eu gue vie (a). Sa probité et son dés- beaucoup de part à 1 estime du intéressement n'ont pas besoin cardinal de Pavie , comme il pad'autres preuves que du peu de l'aï* P^r les lettres qu il en recebien qu'il laissa à ses enfans. Ses ^'^i*' «t que l'on trouve parmi filles furent mariées aux dépens celles de ce cardinal qui ont ete du public {b) , comme autrefois publiées.
celles d'Aristide ; et cela marquait ?'^ trouvera ci-dessous un sup-
en même temps combien sa pa- plement considérable (D) *.
trie était satisfaite des services (/) /« Hagiologiâ , /o/ i-j^, apud Nos-
j 11 •. J 1 • f\„ T„ sium lie Hist. Lat. , pU". 624.
qu elle avait reçus de lui. Un 1 a- . j^,^ ^ ,„^^/J lu corrigé plusieurs
Vait envoyé en France pour de— choses dans un long- et ennuyeux article , et
J J ^r^„«,,„o ^^^*-r.o. ^a -nt il y revient encore dans ses additions et cor-
mander du secours contre lepa- ^J^.^^^ Chaufepœ donne la liste de quel.
pe Sixte IV, qui harcelait extre- ques ouvrages d' Acciaioli omis par Bajle.
mement les Florentins; mais il ... r, , r^ j m .
J, • ' (A) Ua nuelquei y tes de F'ular-
mourut avant que d avoir passe ^^^^ ^ „ ^^'^^^^^^^^ traduit quatre, si
les Alpes (c). Ce fut à Milan , au „ous en croyions Vossius f i) it Konig
mois d'août ï473 * : il courait (a) : celle d'Annihai, celle de Scipinn ,
sa trente-neuvième année {d). celle d'Alcibiade, et celle de Drmé-
o f ^ X ' ' n trius: mais, comme i! ne parait pas
Son corps fut porte a Florence, ^,^^ ^j ,^, ^j^ j^ Scipion, n. la vie
et enterré dans l'église des Char- d'Annibal pai-Plutaniue, soient dans
treux(e). L'épitapheque l'on voit la nature des choses, il est beaucoup
plus probable qu'Acciaiolus a com-
(a) Jovius in Elo^iis, cap. XVI. ^^^^ Jg gç,,^ ^j^çf jgj, ^jgg ^^ (.pg jJeuX
{h) VoUi^rr lib. XXr. j^ capitaines (3) , quMl n'est pro-
{c^ Jovius in Eloons, cap. \ri. *> i v /j i i
* Jolj dit que c'est en \[^']%. f,^ Vossius He Pist. Lat. , pag. 624.
(rfi Varillis, Anecd. de Floreme, ;;. ID9. (2) Konigii Bitil. vet. rt nov. . pag. 4.
(«} Jovius UJ ElogiJs, et//;. Xyi. (■33„Poteiaotlu-i, de Scrlpi. Flor. , pag. 5i ,
ACCIAIOLI.
iir-i
babie qu'il les ait traduites du grec, trant qu'Argyropylus n'avait point C'est à quoi Vossius ne semble pas fourni les matériaux de rou\rin»e avoir pris garde. Apparemment l'a- mais en disant q 'Acriai oli a\ait inbréviafeurde la Bibliothèque de Ges- diqué sa source (8j. QutI aveu peutner lui a servi de mauvais guide. Le on demandfr plus authentique que père Mëne'trier assure qu'Acciaioli fut celui-ci? Jnann-s AruyrovYlus Èy-
Z'/ritius, cùni FL-irtnt'ce inter cce'era phUasnf'Inœ -pera Ansiotelis lihrns qui ad JMicnniackuni di monhvs icribitntur, miri/icé csset cr,m ■lerus , eos
un imposteur en se vantant d'avoir traduit siir le grec la vied'Annibal(4)- (B) Quelques-uns ont accust Acciuio/i de plagiat.'] On prétend qu'il s'appropria les Leçons de Jean Argyropyliis , et qu'il en biliit le commentaire qu'il publia ïur la morale d'Aristote , sans rendre à chacun ce qui lui appartenait. Scripta, quœ sub nnmlne Âcciaio!i ed de re rircumferunlur , non Acciaioli commenlaria , sed Ar
tnn nnminc latinos Jlcit , puùticèque deindè explicuit , non sine inagnd uudientiuni npprobalione : baient enim iibri 2 summam diifnitateni . admimbilenique doctrinam , orJintni werô propè singularem. llaque , si iccurala et exquisitri quœdam ej p^annlio accédât.
gyropyli Piœleclinnes Florentiœ ha- magnum auditoribua njf renlj'rui.rurn
bitce, et ab Acciainlo desciiptœ edilae- qund egn jam indè iib initio ntecum
que a plerisque existimantur. C'est consideram una cum pleri'ique ahis ,
ainsi que parle Simon Simonius dans qui huju^ qwiqnc prœcepioiis discipU-
l'epître de'dicatoire d'un livre impri- nani sequuntur, in lis audendis prce-
me' en i56^ (5j. Gabriel Naude' renou- cipuam curant ddigentiarnquc alhi-
vela cette accusation long-temps après bai Poiteà l'cib cùm \'ider,-ni kos
d'une manière fort positive. Àrgyiopylus Byzantinus , dit-il (6), cujus Prœlectiones Florenliœ habitas nr>n absque ntanifesto pingii crimine sibi pnsicn uindicai^it Donntus Acciainlus.
M. .Moréri a confondu la Morale d'Aristote avec le Commentaire sur celte morale : On a même cru , dit-il, que la Morale d'Arislote à IVicomachus , que Donat ai'nit publiée , était de la Jacon du même Argyrnpyle ; mais f^nlaterran Soutient le contraire. Voilà comment cet auteur savait traduire le latin le plus aise , je veux dire le latin de Vossius : il avait lu Cfs paroles dans Vossius : /wô, commentar-a illa in IVicomachid Ai istotelis multi arbitrnntur non tpsius esse Acciaiuli , sed Prœlectiones esse Argyrnpyli, ub Acciaiolo autem ilescriptas , inque lucem emissas. IV hil taie tamen de eo f^xlaterranus (-j). C'est confondre deux fois les choses ; c'est prendre le commentaire pour le texte : c'est prendre le silence d un homme pour la réfutation formelle d'une accusation Le
ro cuni libros a le et nb iis omnibus , qui ingenio ueltenienter excellant , Ubcnti.'siniè Idgi , ulieriiis progredieuduni ratas EXFOSiTiONEM HCJt's DOCTOKis, accommodatam prœcipaè menti plulosop'ii , litteris viandare cumlitui , ut li , qui adesse non potutrunt , — hœcquœ nos EX E3US ORE accepiml's perciptre cl ipsi pro arbitrto pussent; quare tr/iductioncm illius ac ordinem explicanili pluribus uerbis srcuti sumus, latd interdiini et djffiisd orali'ine ulcnles, ut ej p'anatio apertu mnais magisquc omnibus esset communis tg). Si Vossius avait eu connaissance de le passage, se serait-il contente d'opposir aux accusateurs d'Acciai oli le silence de Volaterran ?11 pouvait lire cela dans un ouvrage de Gesner fin) N'est-ii pas bien èlrang:; qu'un pauvre auteur qui avait si so;eu»ielleiaent déclaré dans sa prëlace qu'il ne donnait qu'une traduction paraphrasée des leçons d'Argyroi>vlu3 ait été pendant long-temps accusé de plagiat ?
(C) Outre les louantes.] Cela paraît
docte Conringius a justilié notre Do- par ic parallèle du texte de Paul Jove nat contre Naudé^ non pas en mon
le du i-xprerfemenl : ilictavit proprio Marte Vitam Annibalis et Scipionis
(4) ymez le Journal des Savans du i septembre i6g7, pa^'. 654-
(5) Sim. Simoaii Commeatar. in Arislotel. Eth.c
(6) Vautlsi Bibliogr. polit, pag. i6. (:; Vossius, de Hist. Lat. pag. 6i^.