‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 36 sur 158 · ACHMET · texte numérisé non relu

ACHMET

que la disette. ] Si Ton rencontre dans pour soa e'toile polaire , en faisant vo-

cel ouvrage le récit de plusieurs pro diges et de plusieurs traditions miraculeuses, ce ue sera pas un signe que je veuille les faire passer pour ve'riitables ; je ne crains point les délateurs de ce coté-là : si c'était mon inteution, je n'en rapporterais que très-peu. Je sais bien qu'en ces sortes de matières, la crédulité est la source de la multiplication , et qu'il n'y a point de meilleure pépinière que celle-là (38 .; mais enfin , on en abuse avec tant d'excès,qu'on guérit tous ceux qui ne sont

guer la flotte de ses marchandises (Sa) , les deux maximes que j'ai rapportées. Nous verrons dans !a remarque (Q) de l'article de Pyrrhus , roi d Épire , une fausseté de Camerarius touoliant un prétendu miracle de notre Achille.

(32) Quartier pour la dureté veut , le galimalhias de celte Ji%ure.

ou . SI l on

ACHMET , fils de Seiri'm. Ou a un livre de sa façon qui con-

pas incurables. La crédulité est une tient l'interprétation des songes,

mère que sa propre fécondité étouffe selon la doctrine des Indiens, des

tôt oi/tard dans les esprits qui se sei- Perses et des Éevptiens. Il fut

vent de leur raison. Il aurait été de . j •+ j 1 ^^

IV j ' A. 1 * 1 j • traduit du grec en latin , environ

linteret des païens qui ont voulu dei- o •- .,^-i>uvfn

fier leurs héros , de ne leur attribuer 1 a» HO» , par Léon Tuscus [a] ,

que peu de miracles : la maxime tt^jov qui le dédia à Hugues Echérien

iyxo^u ff«Tk , dimidiwn plus toto , et r^). Ou le publia en latin , l'an

cette autre, «eo/af/niffiis, étaient ici r ^7\ -1 r ^

' - ^ ' 1 077 [o) , sur un manuscrit fort

de saison. Ceux qui ont tant multiplié les saints suaires, les images de la sainte Vierge faites par saint Luc , les cheveux de la même sainte, les chefs de saint Jean-Baptiste , les morceaux de la vraie croix , et cent autres choses de cette nature, devaient aussi songer à ces deux maximes ; car , à force de redoubler la dose , ils ont énervé leur venin , et ont fourni tout à la fois le poison et l'antidote : ipsa sibi obstat magnitudo (29). Achille, dans l'île de Lfuce , a eu la même destinée qu'en allant à Troie : les mêmes miracles qui ont pu tromper les lecteurs , les ont pu détromper ; comme !a même lance dont il avait blessé Télèphi; , lui fournit l'emplâtre qui guérit parfaitement la blessure.

y^ulnw in herculeo quœ quondam feceral hoste, Vulneris auxilium Pelias hasla lulil (3o).

^rsus et ^moriid juvenis qud curpide vulnus Senserat, hdc ipsd cuspide sensilopem (3i).

Mais je ne songe pas que le nombre de ceux qui se desabusent par la multiplication des prodiges est si petit , en comparaison de ceux qui ne se désabusent pas , que ce n'est pas la peine de changer son train et de prendre

(28) Prodigia eo anno multa nunciala <unt , gttte qub rnagis credebant siinplices ac religiosi hûmines , eo eliain plura nunciabantur. T. Li- Tius, lib. XXXiy, cap. 45.

(20)) Florus , in Vroœm.

(3o) Ovid. Remed. Amor. , v.t. ^-.

(3i) Propert. lib. Il , Elcg. I. , vs. ù\.

mutilé qu'on trouva dans la bibliothèque de Sambucus (c) ; mais on le donna comme un ouvrage d'Apomasares(6?). Le docte Leunclavius fit savoir lui-même cette méprise au public dans ses Annales des Turcs (e). M. Rigault est le premier qui a publié cet ouvrage en grec. Il le joignit, à cause de la conformité des matières , avec l'Artémidore qu'il fit imprimer à Paris en l'année i ( îoS .

Il ne changea rien à la traduction latine de Leunclavius , et ne fit point de notes sur le texte (/").

Il croit qu'Achmet , fils de Seirim , n'est point différent de celui dont Gesner a fait mention.

Celui de Gesner était fils d'Ha— bramius et médecin , et a composé un ouvrage divisé en sept livres , et intitulé Peregrinan-

(a) Bigallii Prsef. libri Achmetis.

(b) Leunclavius , à Francfort , in-^.

(c) Bartliius , Advers. lib. XXXI, cap.XIV. {d) Id est Aburaasher seu Albumasar. f^ide

Catal. Oxoniens. pag^. 35.

(c) Rigaltii Pr^f. in Achmet.

(/') On le dit pourtant dans le Catalogue d'Oxford , pag. 5.

ACHMET. j-j-i

tiiim viaticn , qui était en grec qu'on n'avait point traduit à la dans la bibliotliéque de don Die- lettre, et qu'on avait retranché gue Hurtade de Mendoza , am- bien des clioses. Ce qu'il y a de bassadeur à Venise de la part de considérable, c'est que le nom l'empereur, lorsque Gesner com- d'Achmet et celui de Seirim sont posait son livre (g). Jean-Antoine au titre du manuscrit avec ceux Sarrazin possédait le même ou- de SjTiiacham , de Darani et de vrage (/z) , comme il l'assure dans Tarphan. Le premier de ces trois ses notes sur Dioscoride. Les deux derniers personnages {m) était exemplaires grecs de la bibliothé- interprète des songes à la cour que du roi de France , sur les- du roi des Indes, et le second l'equels M. Rigault publia le livre tait à celle de Saanisan , roi de des Songes, ne portent point que Perse ; et le troisième à celle de l'auteur se nommât Aclimet, fils Pharao, roi d'Egypte (n). Barde Seirim. Il est vrai que, com- tliius conjecture de là qu'Achme le commencement y man- met et Seirim étaient aussi deux que, on peut soupçonner que, interprètes de songes dans quellorsqu'ils étaient entiers , le nom que cour barbare. Quoi qu'il en de cet auteur y paraissait à la soit, l'ouvrage a été compilé par tête. Mais enfin ce ne sont que un chrétien , car l'auteur le comdes conjectures qui peuvent être mence au nom de la Sainte Trifortifiées par une autre considé- nité(o). M. Rigault ne i^egarde le ration : c'est qu'on a écrit d'une texte grec que comme une anmain plus fraîche le nom d'Ach- cienne traduction de l'ouvrage, met sur l'un des deux exemplai- L'original était en arabe, res. Ce nom ne paraissait pas Lambécius fait fleurir Achmet dans l'exemplaire dont Léon Tus- au IX". siècle , à la cour de Macus se servit au XIP. siècle pour moun , calife de Babylone. M. du faire sa traduction : c'est ce qu'on Cange n'est pas de ce sentiment, infère de la version italienne que Voyez son Glossaire grec , au mot l'on a de cet ouvrage , composée MaaoOv. par Tricasso (/). M. Rigault en , ^a i. i ■ . . « , ..

^ . , , , ' 1? 1 » ('«) Syrbacham, jn e^i/ione Rigaltii.

a tire le prologue , et 1 a donne („) Cda pamU par h commencement du

en latin , quoiqu'il estime que ce t^'- < '^" ''''• <=' du iy<:. chapitre du livre.

n'est point Achmet même, mais (°) ^"•>'" ^''■^" '^'^ "'"'P- "■

Léon Tuscus qui l'a composé {k). (A) Hugues Échérien. ] Barthius le

Barthius avait la traduction de nomme Uugonem Eleriarium , et dit

ce Léon , et il croit que son exem- ^ue c'était un excellent auteur, scrip-

1 • r 4- ' "4, \ * torem œi'o suo luculentum (i). Il v a

plaire tut écrit au temps m.eme f t r • j /> .i *

\ , 1 r, une laute d impression dans Barthius

de ce traducteur (/J. Les echau- aussL-bien que dans ces paroles de

tillons qu'il en donne font voir M. Rigault , Rugoni Echeriano dedi-

cat'il. Il fallait dire Hugonem Eteria-

(g-) Gesn. Bibliolli. yb/io 2, verso. num , Hugnni Eteriano. Allatius, au

(A) Ri(,'aU. Pr;ef. ira Acliraet. chapitreXI dulivre II </e /'er/;er«o co«-

(t) Palrice Tricasso des C resars , ifTan- sensu Ecclesiœ Occi/lentalis et Orien-

Juan. ^qxe5 /a Bibliothèque de Du Verdier. lalis , écrit mal Hugo JE therianus.

P^S- 940- Baronius , Bellarmin , et plusieurs au-

(A) Ex Prafal. Rigaltii. ' ' ^

\i) Bartbii Advtrsar. lib. XXXI, cap. XIV. (i) B«rtb. Adrerj. llb. XXXI , cap. Xir.

1^4 ACIDALIUS.

très écrivent Hugo Etherianusj mais (c). On lui avait imputé à tort un

Eterianus est plas correct. C'est le nom d'un auteur ecclésiastique du XIP. siècle. Ceci m'a été communiqué par M. de la Monnaie.

ACIDALIUS (Valens) aurait

petit livre (G) qui fut imprimé l'an i5i)5,dont le sujet était que les femmes ne sont pas des animaux raisonnables , mulieres non esse homines *. J'ai lu quelété un des bons critiques de ces que part qu'il était médecin (H) , derniers siècles si une plus Ion— et qu'il aurait fait des notes sur gue vie lui eût permis de porter Aulugelle s'il avait encore vécu

à leur perfection les talens qu'il avait reçus delà nature {a). Il naquit à Wistoch , dans la Marche de Brandebourg ; et , ayant vu diverses académies d'Allemagne ,

quelque temps {d). Il paraît par ses lettres qu'il avait travaillé sur Apulée. M. Baillet l'a inséré parmi ses Enfans célèbres, ayant dit qu'^7 travaillait sur Piaule à dix-

d'Italie, et de quelques autres sept om dix-huit ans , 5rt/?5/?<7/7er pays , où. il se fit fort aimer (A) , de diverses poésies latines que il s'arrêta à Breslaw , capitale de nous avons de lui, et qui sont de laSilésie. Il y attendit assez long- même temps. Un de ses premiers temps quelque emploi ; mais , ouvrages imprimés est le Velcomme rien ne venait, il passa leius Paterculus , qu'il publia à dans la communion romaine , et Padoue l'an iSgi. Il dit lui— y trouva bientôt le rectorat d'une même qu'il eut honte de ce fruit école (B). On dit qu'à peine qua- précoce de sa plume (e), et il s'être mois furent expirés , qu'il lui tonna qu'on eût voulu le réim— arriva un accident tout-à-fait primer en France (y). Lipse, qui étrange. Il suivait une procession lui écrivit quelques lettres rem-

du saint Sacrement , et il tomba tout à coup en frénésie. On le porta chez lui , et il mourut bientôt après. Quelques-uns dirent qu'il s'était tué lui-même (C). Ce

plies d'estime et d'amitié ig) , le regardait comme un grand homme à venir. Jpse Valens ( non te fallam augur) gemmula erit Germaniœ vestrce , vivat modo.

fut dommage ; car il avait de l'es- C'est ce qu'il écrivit à Monavius , prit, et il travaillait beaucoup

Cette grande application fut la cause de sa mort , si nous en croyons M. de Thou {b) , qui dit que , pour avoir trop veillé en composant ses Divinations sur Piaule (D) , il devint sujet à un mal (E) qui l'emporta dans trois jours , le 25 de mai iSgS. Il ne faisait que commencer sa vingtneuvième année (F). Nous avons plusieurs ouvrages de sa façon

(a) Adolescens summœ spei et enidilionis. Thuan. Hist. lib. CXIII , pag. 687.

{b) Ibidem.

(c) Koyez la remarque (D).

* 3. C. Leuschncr a publié : De Valentis Acidalii vitâ, moribus et script is commenta tio; Leipsic , i^Sy.in-S"., où il cherche à prouver que V . AcidaliHS n' est pas atileur de V ouvrage qu'on lui attribue , et dont il existe une traduction française par Querlon , sous le titre de Problèmes sur les Femmes, i']l\l\, in-12; et une traduction libre par Clapiès , sous le titre de Paradoxes sur Jes Femmes , etc. , l'j&i , in-i2.

{d) Nisi juveni illi fala quietem miserahililer properassent. Sciopp. de Arte Critic. pag. 18.

(e) Val. Acidal. Epistolar. p. 70, 78, 127.

(/)Val. Acidal. Epistolar. /Ja^. 160, 161, 209 , 255.

(g) La X'. et la XXFI". de la Centuria ad Ital. et Hisp..

ACIDALIUS

en 1 594 , comme on le peut voir au commencement des letti'es d'Acidalius.

(A) Où il se fît fort aimer.'] Par le commerce de lettres qu'il entretenait avec Vincent Pinelli, Jérôme Mercurial , Antoine Riccobon , Ascai^ne Persio , etc. , on peut voir la considération qu'avaient pour lui les illustres d'Italie : il avait demeuré trois ans en ce pays-là (i).

(B) Le rectorat d'une écoZe.] C'est Larthius qui l'assure : Rector scholœ Neussanœ jactus , dit-il (2). Je crois qu'il fallait dire Neissanœ ou Nissanœ. rseisse , qu'Acidalius nomme toujours Nyssa dans ses lettres , est à trois ou quatre lieues de Breslaw. L'évêque de ce nom y réside (3). Celui qui l'était alors avait pour son chancelier Jean Mathieu Wacker, qui aimait les sciences et les savans. Il fit venir Acidalius à Neisse, et le logea chez lui. Voyez les lettres d'Acidalius (4). Je n'ai point remarqué dans celles qu'il a écrites de ce lieu-là qu'il ait jamais fait mention du rectorat de l'école.

(C) Qu'il s'était tué lui-même (5).] Christien Acidalius , frère de Valens, n'a pas osé franchir le mot quand il s'est plaint des calomnies qui avaient été répandues touchant la mort de son frère j mais il ne faut plus douter, après ce que Barthius avait écrit dans un de ses livres , que le sujet de ces plaintes ne fût le bruit que l'on fît courir qu'Acidalius s'était tué : chose qni ût bien pousser des exclamations en chaire. Voici comme parle Christien Acidalius, après avoir dit que son frère fut enterré pompeusement: Ul mirari satis nequeam calida muUorum in judicando niniiiin prœcipitnntiuni et temerariorum ingénia , qui et ipsius morbi et Inci etiam sœpè ignari, quicqiiid nialedicendi libido dicla^'it , l'el jCama quœ

Tatnjicti prai.'ique tenax quant nuncia veri ,

(i) Valens Acidal. in Epist. , pag. 20g, 2i5.

(2) ^pud Konigii Bibliotli. pag. 6.

(3) Ni^sa. ad jluvium cognoininfm , epi'copi JF^ratiflafiensis sedet. Banc, in Cluverji Introd. lib. III , cap. XIII, pag. 196, edit. Ainsi, anno 169-.

(4) Pag, 228 , 3i8.

(5) Barthius ar/zi£ écrit cela de sa main sur son exemplaire des Poe'sies (i'Acidalius. Vojfeu Konigii Biblioth. vet. et nOT. pag. 6.

de obitu ipsius sparsit , propagare porrà in exleras etiam regiones et propugnare , imà nescio quas non tragœdias etiam in concionibus ad plebem , ubi regnare soient, excilare non erubuerunt (6). 11 ne nie point que son frère n'eiit eu des transports au cerveau qui bouleversèrent sa raison: Grai'issimum illudfebrium acutarum symptoma paraphrenitidem aliquotiessensU , quod extremum tiialorum animam etiam sud sede ejecit (7). Mais il soutient que de très-habi!es médecins , et la famille de M. Wacker, chez qui Valens était malade , l'assistèrent jusqu'à sa mort. 11 n'y a peut-être rien sur quoi la fabuleuse renommée débite plus de mensonges que sur les maladies et sur la mort des hommes illustres : c'est pourquoi les prédicateurs , et en général tous les moralistes , devraient être extrêmement réservés à faire des réflexions là-dessus. On ne saurait se défier autant qu'il le faut de la téméraire crédulité ou de la malice artificieuse de ces sortes de nouvellistes.

(D) Ses Divinations sur Piaule."] Il eut d'un côté le plaisir de les voir annoncées dans le catalogue de Francfort (8) , et de l'autre le déplaisir de faire cent plaintes contre la lenteur de son libraire. En un mot , elles ne parurent qu'après sa mort. Barthius fait cas de cet ouvrage. Pauci, dit-il (g),

eum comici locum assecuti sunt so-

lus ./acidalius rectum sensum percepit, ut alia multa in comico. M. Teissier dit qu'on estime fort le Commentaire d'Acidalius sur Quinle-Curce (10). Il le dédia à l'évêque de Breslaw, qui l'en récompensa bien , comme les reraercîmens le témoignent dans la LXXXIX''.

lettre de l'auteur. Il fit des notes sur Tacite, sur les J^II panégyriques, et sur P^elleius Paterculus ,' outre des harangues , des lettres et des poésies (1 1). Ce dernier ouvrage, inséré dans les Délices des Poètes allemands, contient des vers épiques , des odes et des épigramraes que Borrichius ne trouve que médiocres (12). Sa dissertation

(6) Clristian. Acidalius in prœf. Epist. Valentis Acidalii , Hanoviœ editarum , anno i6o6- (•;) Id. ihid.

(S) Valens Acidal. Epist. pag. 317 , 326.

(9) Barlh. in Statium , tom. I , pag. 239.

(10) Teissier, Eloges tirés de M. de ïhou, tom. II , pag. 2i5.

(11) Là même.

(12J Borrich. Liissert. de Poet. pag. 12Î.

ACIDALÎUS.

de Constitutione Carminis Jilegiaci entre les mains un écrit que plusieurs plaît à Barthius (i3). personnes avaient déjà fait copier :

(E) Il deuint sujet a un mal.2 M. de c'est celui dont il est ici question. II

(E) Il devint sujet Thou n'explique point quelle était cette maladie ; mais on apprend d'ailleurs qu'Acidaliuss'e'chaiiiià tellement le sang lorsqu'il employa trop de veilles à commenter Plante , qu'il fut sujet depuis ce temps-là à des fièvres chaudes. Voici comme son frère en parle : Uratislai^lœ , quœ Sdesionim inetrnpolis, per sesquiannum phis minus ulrumque se ?nUii prœstitit ( prœcejitorem et patrem ) ^ donec indè IVvssam euocalus Jàntiliari morbo suo , quem ex nintiis uigiliis in adoniandis PLaulinis Dn^inalionihus suis contraxerat , bdiosi alihs etiatn habitiis ju^enis , febri scilicet acctissima opprimerctur (i4)- H fut grièvement malade plus d'une fois en Italie , et il écrivait à ses amis que la fièvre était son mal ordinaire en ce pays-là. Voyez ses lettres , à la page 97 et à la 11 -2.

(F) IL ne j'uisait que commencer sa uingl-neuviènie année."] C'est ainsi que je traduis ce latin de M. de Tiiou , ciim i'ix anninn 28 excessiiset. Du Plier \r-^(\ml, n'ayant pas encore atteint sa i^ingt-Jiuitième année. Je laisse à juger aux lecteurs s'il a mieux rencontré que moi. M. Baillet ne donne que vingt-sept ans et quelques mois à notre Acidalius (i5). Il a peut-être découvert que l'on n'avait pas appris à M. de Thon avec toute sorte d'exactitude l'âge de ce jeune auteur

question, le lut^ et , l'ayant trouvé plaisant , il le copia , et l'ofl'rit à son libraire comme une copie lucrative. Il ne l'exhorta pas néanmoinsà la mettre sous la presse : on crut sans doute qu'il sufîisait de lui dire qu'elle pourrait le dédommager du uiauvais débit de Quinte- Curce : mais on lui déclara que c'était à lui à voir ce qu'il voulait faire là-dessus, et à bien examiner si les railleries trop libres de la pièce ne le commettraient pas. Cela ne refroidit point le libraire : il se hâta d'imprimer. On cria terriblement contre la dissertation 5 on le mit en justice : et, parce qu'il avoua d'où la copie lui était venue , on se déchaîna d'une manière épouvantable contre Valens Acidalius, qui s'étonna qu'on s'alarmât tant pour des jeux d'esprit. Obstupesco adjudicia sœciili nostri, et tant irritabiles animas illorum ( bonos non tango) èioKo'youjuhwf. Jocos nemoferè jant adniiitit , eV ex leidssimâ quisque re graueni cnlnmniandi caussam et ansatn captai (19). 11 pria son bon ami Monavius d'intercéder pour le libraire auprès des magistrats et des professeurs de Leipsick , et de faire en sorte qu'ils ne fissent rien qui pût flétrir l'iinnneur de lui Acidalius. Il craignait de n'en être pas (piitte pour les difl'amations dont on l'accablait : il n'était pas sans quelque peur que l'on

(G) On lui aidait imputé h tort un n'excitât contre lui la fureur du peu

petit lii're , etc.'] Geisler l'a justifié de cette fausse imputation , comme il paraît par ce passage de Placcius : Prioris (i6) auctor quomodo non ex i'ero sil habitas Valens Acidalius , uide apud Geislerum decadis 3 n. 8 (17).

Nous parlerons de cette dissertation dans l'article Gediccus : mais, sans aller plus loin , je dois dire ici sur quel fondement elle fut attribuée à noire Acidalius. Comme il cherchait à dédommager le libraire qui avait imprimé son Quintc-Curce, et qui se plaignait souvent d'y avoir perdu (18), il lui tomba

(i3) /nCIaudiar. apud Konigii Bibliotli. p. 6. (i4) Christ. Aeidal. prcpfal. Epistolar. Val. Âcidalil.

(i5) Faillet, Jugem. sur les poët. num. i346.

(16) Cesl-a-dire , Dissertalionis Mulieres noa fsse li'oniines.

(17) Placcius de Aoonymis , prtg. 72.

(jèj Vl ^eiiiis hoininutn lunri ciipidum est,

pie , et surtout il désirait passionnément de n'avoir rien à démêler avec les prédicateurs. JVomen sic traductuni jam in vulgus caiumniosis fabulis salis sit, quod est niniio plus salis : ulterius ne quid furori populari concedalur. In primis à theolcgis et concionatoribus ne quid noceatur niihi , cum quibiis nolo commitli , nec quicquam magis opto quàm illorum iribunitiis ediciis nrinqu/im misceri , nec scriptis publicis incessi (20). Il mourut peu de mois après; et comme la mémoire du scandale que causa la publication de ce livre était encore toute

ctitn aviditati ejus emolrimentuin ediiiotùs non salis ri^'pondisspt , quesiutn persœpi: de jaclmd sud. Valens Acidal. Episl. Apolog. ad calcein Epi>tolaruni.

(19) Acidalii Epislola Apologet. ad ealcem £pi^tola^. ,

(30) Ibid.

ACINDYNUS.

fraîche , on fui beaucoup plus dispose à crier et à tempêter sur le genre »le sa mort : Quœ calumniarum et mendacLoruni lerna inclè potissiinùm naia est, qubd recens adhuc esset fabula illa in iipologelicd epislolâ salis refutata , quœ multorum aniniis altè nimis insederat, ut facile esset iniprobis quid^is in ini^idiaryi t/ahere, con^'iciis prascindere , et è plaustio quasi calumnïari (21). Au reste, il assure que l'e'crit en question courait depuis assez longtemps de main en main , et qu'apparemment il avait été composé dans la Pologne.

Peu de gens s'étonneront qu'Acidalius ait cru qu'il aurait afiaire à une trop forte partie s'il se commettait avec les prédicateurs ; car, comme on est fort enclin à mal juger de son prochain , on se figure assez ordinaire- •ment qu'ils ressemblent à Eole :

^ole , (namque tibi divùm paler atque homi-

num rex , Etmulcere dediljluclus et tollere vento) (22);

mais de telle manière qu'ils sont plus capables d'exciter une tempête que de l'apaiser. Ce dernier effet demande des hommes graves :

T'wn pietaie gravein ac tneritis si fottè vi-

rum quem. . . .

Ille regii dicUs animas, et pectora mulcel (23).

Il n'en faut pas tant pour produire l'autre.

(H) Qu'il était médecin."] On lui donne cette qualité dans un ouvrage de Scioppius (24 )• Il arriva en effet jusqu'au doctorat : mais ce fut seulement ad honores ; car il ne pratiqua jamais , et n'eut jamais envie de pratiquer. Il n'y avait que les maladies des manuscrits qu'il se proposât de guérir. Medicum th Tr^â-^n nec ago , nec agere proposituni unquavi fuit :

cerlo consilio tanien inter ejus artis candidates nonten dedi , nec pœnitet , eo , quod petii , indè jam ablatn , etc. (aS). Un peu auparavant il avait dit , Dabam illic (in Italiâ) me to7ç ' K^x.\n- TrtiSitn, quorum sacris et In Italidfuelam initiatus : ce qu'il dit ailleurs (26)

(21) Christ. Acidal. prœf, Epist. Val. ÂciJal. (22; Virgil. .Eneid. lih. I, vs. 05.

(23) Ibidem, vs. l5l.

(24) .Scioppius, de Arlc criticâ , pag. i8.

(25) Val. Aciilal. Epist. pag. ai5, ae *tiam pogJiQi, 209.

(26) Ibid, pag. 24n-

XOME I.

signifie davantage , Indè rediens cum soUrini illorum (studiorum medicinae) honore.

ACINDYNUS (Grégoire), moine grec du XIV\ siècle. Il se joignit à Barlaam , qui , depuis son entrée dans l'église grecque, avait pris à tâche de confondre les liésycastes qui s'étaient fort multipliés parmi les religieux du mont Athos. Les hesjcastes étaient des dévots contemplatifs dont le nom fait assez connaître que dès ce temps-là il y avait des quiétistes dans le monde. Ils croyaient voir dans le fort de leurs oraisons une lumière semblable à celle qui parut sur Jésus-Christ lors de la transfiguration à la montagne de Thabor, et ils disaient que cette Imnière était incréée , quoiqu'elle fût très-distincte de l'essence de Dieu {a). Acindynus, secondant l'impétuosité de Barlaam , écrivit contre les illusions de ces fanatiques , et fut un des tenans contre eux dans un concile de Constantinople. Mais il eut le malheur de rencontrer des antagonistes qui avaient plus de crédit que lui ni que Barlaam , et qui leur firent essuyer bien des censures et bien des condamnations en divers conciles. Le mauvais succès qu'il avait eu à celui de Constantinople , environ l'an iSSy , ne l'empêcha point d'accuser publiquement d'hérésie les fauteurs de Grégoire Palamas.

C'est pourquoi il se vit cité par le patriarche de Constantinojile, l'an i34i. Il se trouva au concile , et fut condamné à se taire , sous peine d'excommunication.

(a) Voyez les auteurs cités par le père Maimbourg, Histoire du Schisme des Grer«, liv. y, pag. 149, l5o. Edit. de Holl.

,.8 ACIND

j Six ans après on le poussa encore plus vivement, parce que Jean Cantacuzëne, qui était devenu empereur , aimait Palamas. Les censures et les excommunications qui tombèrent à diverses fois sur la tête d'Acindynus , le réduisirent enfin à une vie plus tranquille et tout-à-fait obscure.

Jacques Gretser , jésuite allemand, publia à Ingolstad, en l'année i6ib , les deux livres d'Acindynus , De essetiliâ et operatione Dei. Léon d'Allazzi a publié un poëme {b) et quelques fragniens de ce même auteur (c), qui , ayant eu la destinée de passer pour hérétique assez long-temps (A), a trouvé enfin des juges plus éclairés et plus équitables (B).

{b) Gia;c. Orlhod. lom. /, à pag. 766 , ad 770.

(c) In lib. H. cap. XVI, de Conseusu, etc. apud Appendic. Cave , Hist. Liter. Script, Eccles. pag. il\. Consultez cet /.ppendix , touchant cet article- ci.

(A) Dépasser pour héi étique assez long-temps.'] Comme dans la chaleur de la dispute on ne songe qu'à presser son adversaire , on ne s'éblouit que trop souvent à un tel point, qu'on ne s'aperçoit pas que l'on passe d'uae extrémité à l'autre, ou qu'au moins on pousse ses raisons si loin , qu'elles prouvent trop. Je ne doute point que Barlaam et Acindynus n'aient par là donné prise à leur adversaire Palamas, et qu'étant orthodoxes dans le fond , ils n'aieut quelquefois raisonné en hérétiques. Pratéolus n'a pas manqué de les placer dans son catalogue; mais il est impossible de rien comprendre dans l'arrêt de leur condamnation, tel qu'il le rapporte. Ce qu il y a de moins obscu>- dans son livre, à l'égard de Barlaam et d'Acindynus, est que le concile qui fut coiivoq'ié pour les condamner fut célébré en présence du bi nlieureux tt très-célèbn; empereur Micliel Andronic Paléologue , et de Jean son lils , sous Henri Vil , empereur d'Allemagne , < t le pape Jean XXII, environ l'an i3i3 de Je-

YISÛS.

sus-Christ (i). Tout cela fourmille de fautes, car, 1°. dans le siècle (a; dont il s'agit ici il n'y a point d'autre empereur de Constantinople qui puisse être traité de bienheureux par un catholique romain que Micliel Paléologue 11 se réunit avec le saint siège, et il mourut dans cette union. Or il ne se nomme pas Michel Andronic ; il n'eut point de fils nommé Jean , et il mourut l'an ia83. En second lieu , l'empereur dont le fils se nomme Jean ne se nomme qu' Andronic Paléologue , ne commença de régner qu'en iSaS, et n'eut point pour contemporains Henri Vil et Jean XXII. EnGn , il est faux qu'Acindynus ait été condamné environ l'an i3i3 Le père Gaultier n'oublie point dans ses tables chronolo$;iques Barlaam et Acindynus : il les loge au quartier des hérétiques , et cela sur le témoignage de Pratéolus.

(B) ^ trnuvf enjin des juges plus équitables ] Voyez les auteurs cités par M. Moréri : je veux dire Pontanus sur Cantacuzène, et les Annales de M. de Sponde. Voyez aussi celles de Bzovius , le père Gretser i3) , le père Maimbourg il^), et les auteurs qu'il cite dans l'ouvrage indiqué à la marge.

fil Prateoli Elencb. Haeret. pag. 86, edil. Colon, ann. i6o5, in-^.

(2) On prend ici ce mot en gênerai pour Ve'pnce de cent années , à les commencer oîi Von veut.

(3) Gretseri Noix in CaDtacnzennm , et in editione Ac.nttyni.

(4^ Maimbourg , Hist. du Schisme des Grecs, liv. V.

ACINDYNUS (Septimius) fut consul de Rome avec Yalérius Proculus , l'année que Constantin, fils du grand Constantin, fut tué auprès d'Aquilée 'a). Il avait été gouverneur d'Antioche , et il arriva une chose sous son gouvernement qui mérite d'être rapportée. Saint Augustin en fait le récit {b). Un certain homme ne portant pas à l'épargne la livre d'or à laquelle il avait été taxé, fut mis en prison par Acindynus , qui lui jura qu'il le ferait pendre

(a> 'En .3^0, selon Calvisius.

(61 Âugust. Je SermoneOomini in monte.

lib. I , cap. xri.

At:iNDYNUS.

ne recevait cette somme le le galant à sa maison de

s il lie leccvaii uciic suiuij-ic ic i-c gaiiiui, a sa maison ae ciimijajour qu'il lui marquait. Le terme gaej , n'eut pas plus tôt aperçu allait expirer sans que ce pauvre cette tromperie qu'elle s'en plaihomme se vit en état de satisfaire gnit publiquement. Elle en dele gouverneur. Il avait à la vé- manda justice au gouverneur, et rite une belle femme, mais qui lui raconta le fait d'une manière n'avait point d'argent : ce fut fort ingénue. Acindynus comnéanmoins de ce côté-là que l'es- mença par se déclarer coupable pérance de sa liberté lui apparut, puisque ses rigueurs et ses me- Un homme fort riche , brûlant naces avaient fait recourir ces d'amour pour cette femme , lui bonnes gens à de tels remèdes : offrit la livre d'or d'oii dépen- il se condamna à payer au fisc la dait la vie de son mari, et ne de- livre d'or ; ensuite il adjugea à manda pour toute reconnaissance la femme la terre d'oii avait été que de passer une nuit auprès prise celle qu'elle avait trouvée d'elle fc). Cette femme , instruite dans la bourse. Saint Augustin par l'Ecriture que son corps n'é- n'ose décider si la conduite de tait point sous sa puissance , mais cette femme est bonne ou mausous celle de son mari, commu- vaise (A), et il jjenche beaucoup niqua au prisonnier les offres de plus à l'approuver qu'à la conce galant , et lui déclara qu'elle daminer (B) , ce qui est assez surétait prête de les accepter, pour- prenant (C). Nous avons vu civu qu'il y consentît, lui qui était dessus (e) le même relâchement le véritable maître du corps de sa de morale dans saint Chrysostofemme , et s'il voulait bien ra- me , au sujet de la conduite d'Acheter sa vie aux dépens d'une braham et de Sara.

chasteté qui lui aiJpartenait tout (e) Dans la remarque (A) de Varlicle Abi-

entière et dont il pouvait dispo- i«;i.ech.

ser. Il l'en remercia, et lui or- (a) N'ose décider si la conduite de

donna d'aller coucher avec cet cette femme est bonne ou mauuaise.'\

homme. Elle le fit , prêtant mê- Cela est clair par ces paroles : JVihil

me en cette rencontre son corps ^'' '" '^^'^'■'"" P'^nemdi.puioUceot

•T cuique œstimare quod l'élit (i). Aila son man , non par rapport aux i^u..^ ii ,net en question si la chastetédésirs accoutumés , mais par rap- d'une femme perdrait son inte'grité port à l'envie qu'il avait de vi- en cas que , pour la vie de son mari , vre (d). On lui donna bien l'ar- et par son ordre elle couchât avec un ^ ' , . . . autre homme. Acnipulnsius disputari gent qu on avait promis ; mais p^test utrùm ilUus mulieris pudicitia on le lui Ôta adroitement , et puis l'iolaretur , eliam si quisquam carni on lui donna une autre bourse oii «jus commixtus foret , àim id in se il n'y avait que de la terre. La f^ri pro marit, ^itd nec iUo nesciente -, ^ c j • ^^" 7"°c'c permilteret , nequaquani bonne temme, de retour a son fidem deserens conjugalem, etnotestalogis (car elle avait été trouver tem non abnuens maritalem (2) ? Rivet , ayant cité ces paroles , ajoute (3}

(c) Pollicens pro iinâ nocte , si ei misceri vellel , se aiiri librain dalurutn. Auguslinus, do Serm.DomiQi in Mon te, lih.l ^cap.'X.VI.

(d Illa corpus non nisi marilo dedit , non roncitmbere , ut solet, sed vivere cupienti. Auiîustinus , ihid.

(i) Angast. de Sermone Domini in Monte,

lib. /, cap. xri.

(1) Augustinus contra Faust. Manich., hb. XXII, cap. XXXVII.

(3) Riveii Exercit. LXXIII in Gènes. Op<r. tem. I, pap. aSi

ACINDYNUS.

que saint Augustin rapporte que le sait sans avoir dessein de sauver sa cas arriva sous l'empereur Consfan- vie, devient innocente lorsqu'on la tin (4/ » lorsque Acindynus, etc. fait pour sauver sa vie. Le prisonnier

(B; Bcanrnup pl'is à l'apprower d'Acindjnus aurait fait un honteux quh la comlnuiner ] Cela parait ina- maqnereHaj^e , el consenti à un adulnifesttrmf nt par ces paroles : Non ttà tère proprement dit , s'il avait permis est ctiitunandum ne hoc etiam fcmi- à sa femme de coucher avec ce calant, na , i^iro perntiuente , facere pnsse t'i- aGn de gagner une livre d'or^ mais dealur; qnml omnium sensus exclutht. parce qn il n'y consent qu'afin de sau- Quaniqu'am nonnul'œ ctinsœ pnssint versa vie, ce n'est plus un consenteexutere itbi el uxi.r juariti consemu ment à l'adultère , c'est une chose perpro ipso ntarito hocjncere Jcbeie wi- mise. Qui ne voit que si une telle dentur.... Nthil lue in aheram partem morale avait lieu, il n'y aurait point dispulo... SeJ lamen nniroto liocJiè<,lo de précepte daus le Décalogue dont la (savoir celui delà femme dont le mari crainte de la mort ne nous dispensât? était en jirison sous Acindynus) non Où sont les exceptions en faveur de ila respuit hoc sen'sus hiunanus , quod 1 adultère? Si une femme n'est pas In illd mulitre ifiro jubenle commis- obligée d'obéir au commandement de sumest, qiienuidmodùm anle'a , (iini ne point souiller son corps quand cela sine ulln e.remplo res ipsa ponertlur, peut épargner à son mari le dernier horruimus (5) Je ne sais donc sur quoi supplice, elle ne sera point obligée à .se fonde le tjiéojogien prolestant que y obéir quand il s'agira de sauver sa i'ai cité dans la remarcjue précédente, propre vie j car Dieu n'a pas exigé de lorsqu'il assure que saint Augustin nous que nous aimassions personne penche plus vers la condamnation que plus que nous-mêmes. On pourra donc vers la justification de cette femme *. impunément transgress^-r la loi de la Quojaclo Acindyni explicato, li.be- chasteté atin d'éviter la mort. Pourrum unicuique permiitit Augustinus quoi une semblable raison ne rendraœstimaie quod uelil , quann'is in eam t-elle pas permis l'homicide, le vol, partem propensior wideatur , quôd id le faux témoignage, l'abjuration de sa fîerl non liceat (C). religion , etc. ? Les plus grands hom-

(C) Ce qui est assez surprenant."] Vin mes sont sujets à donner à gauche et grand théologien comme lui ne de- à s'égarer dans les chemins les plus vait-il pas savoir que notre vie, qui unis. Est-il bien difficile de connaîn'est qu'un bien temporel et périssa- tre que saint Paul n'a point prétendu ble , ne nous doit pas être assez pré- qu'un mari pût disposer du corps de cieuse pour nous sembler digne d'être sa femme en faveur du tiers et du rachetée par la désobéissance à la loi quart j saint Paul , dis-je , lorsqu'il a de Dieu? Car, comme cette désobéis- dit que la femme n'a point la puissance est un péché qui nous soumet à sance de son corps et que cette puisune peine éternelle et à un mal rao- sance est à son mari? Cependant vous rai qui ble-sse un être infini, il n'est voyez que saint Augustin s'emb.irrasse pas moins conire la prudence que con- dans ces paroles de l'apôtre, et qu'il tre la droite raison d'aimer mieux fait grand fond sur la distinction macommettre un péché que perdre sa nto jubenle poiestatein non abnuens vie. Je ne dis rien des abîmes de cor- inaritalem. Nous verrons ailleurs (7), ruption que l'on ouvre de toutes parts qu'il s'est servi de cette doctrine de sous nos pieds, en nous disant qu'une saint Paul pour justifier Abraham et chose qui serait un crime si on la fai- Sara touchant le concubinage d'Agar.

Ecoutons un théologien qui , pour avoir vécu plusieurs siècles après ce père, ne laisse pas d'être meilleur moraliste sur ce point. Qud in re Csavoir l'aventure de la femme dont le mari était prisonnier d'Acindynus) et dit que, bors iVxrmple qu'il jllègii. ," et rrlmè TTiirum est tnlem OC tantunt viruni pofait horreur, et q,.e d.ns o.t e xem,1e il ne ré- lume dubiture , cùni ex sacrû scrip-

voUr pa, tant. I^.-J. I,eclerc de/end aussi taint Augustin.

(6j Kivuli Oper. tom. l,pas. aSi. (ijl Dans la reinarijut (I) rfr VarUclr Si»*.

(4) Il y a Coo^tanlius dans l'Ouvrage de

saint A il Justin que j'ai cite.

(■1 Autçi.sl de Sermone Domini in Monte, lib. I.cap. Xri.

* Julr ne ciinlrste par les IrilPs eile's par Buvle ^ mais il prend la défpn\e de taint ,4u- ^'U.rtm, qui opine seulement par corap;traison ,

ACONCE. ,81

turdconstetapertissimèmalumalufiiod ériger en auteurs; mais on n'y

pœnœnunquam e.^e rtdimendumma- ^^^^^^.^ ^^^ ^^.^-^ ^ ^ ^^

lo culpœ , et uitnm polius esse dcpo- 1 , , ^ ■ .,

nemlà u , quàm ut eam nobis aut ulils ^'^^de (c; , qui est une bonne piece

idjacientes ex quo Deus oj- (B) , quoique l'auteur ne l'eût pu-

r. /Vullo mndo iiaque cen- bliée que coinnie un essai (d). Il

serueinus i Jtnderrtu

sendum al Uciluni esse adu/leiii renie dium i^el manto , ce/ lixori l'itnndœ alterius nccis causa ; quin poliùs morteni ex pectare convenu , iinà t'eiô ultra €3 piftere , quhin alterutrius castitat-'m pf'idere , ob cujits cnnsen'aHonetn ntultœ pudiclssimœ feminœ non solU.ru ah aliis occidi suslinuerunt , sed etiani {quod tamen probare nolini) sibi ipsis uim intulerunt, non solàtt inter Eihnlcas. sed ctiam inter Christianas (8).

Il cite Texemple de Sophronie : j'en parlerai en son lieu.

Lisez les /tmœnllates Juris de M. Ménage, au chapitre intitule, de Marlli lenocinio : Adullerarwn viros ordinuri non poiuisse. C'est le X*. chapitre de cet ouvrage. Voyez-en la page ôi de l'édition de Leipsick , en 1680 ; in 8°.

(3) Riveli Oper. , tom. I , pag. i8i.

ACONCE (Jacques), en latin AcoNTius, philosophe, jurisconsulte et théologien , naquit à Trente, au XV P. siècle (o). II embrassa la réfornaation ; et , ayant passé en Angleterre au temps de la reine Elisabeth , il

avait compose en italien un ouvrage touchant la manière de fortifier les villes, lequel il mit luimême en latin pendant son séjour en Angleterre (e) ; mais je ne crois pas qu'on l'ait jamais imprimé. Il travaillait aussi à une logique (/) , à quoi la mort apparemment l'empêcha de mettre la dernière main. Ce fut dommage; car c'était un homme qui Sensait juste, qui avait beaucoup e discernement et beaucoup de pénétration. Il s'était formé l'idée la plus raisonnable de cet ouvrage , et il se croyait obligé d'y travailler avec d'autant plus de soin , qu'il prévoyait qu'on allait passer dans un siècle encore ph<5 éclairé que celui oii il vivait (C).

Sa conjecture était bien fondée (D). Il n'a pas eu sur la religion les mêmes principes que Calvin :

il penchait beaucoup vers la to—

reçut mille marques de bonté de ,^/^^^^^ -j ^ ^^^ ^^ .^^^^ ^^^

cette princesse, comme il le te^ ^^-^^^ maximes qui l'ont rendu

moigiie à la tête du livre qu il lui r i j- - 1 ii ■ 1

V'i-^ 1 ^,1 o ^ 1 lort odieux a quelques theolo-

dedia (A). C est le fameux recueil jens protestans (E) J'ai trouvé

des Stratagèmes du Diable , ^Mi J^^^ J^ ^^^^.^^ concernant ses

a été si souvent traduit , et si souvent imprimé. La première édition est celle de Bàle , en 1 5b5 : l'auteur mourut peu après en Angleterre (Z»). Jacques Grasserus en procura une seconde édition à Bàle, Fan 1610, où l'on trouve bien la lettre d'Aconce de fuitione edendorum Libroruni , dans laquelle il donne des conseils si salutaires à ceux qui se veulent

(a) ^loTéri lemet faussement au XV'. siècle, yb) Grassirus , in Epistol. ad Lectorem , irùlio Sirala"emalum SaUncÇ.

aventures *. Il dit lui-même ^ en passant, qu'il avait employé une bonne partie de sa vie à l'é-

(c) Voyez-en le titre à la Jin de la remarque (B).

(rf^ Pnst illnd tempus , quo excidil no^is inchoatum Uludde Methndo Opusculuin. scis me bis sedem ac lociim mutasse. Argenloi aium primo , deindè m .-ingliam Acoiitius, in Epist. ad Joli. Wolfium Tigurincim de Ratioiie ed-^ndornm librorurn /ag- ^'O. Elle est datée de Londres, le 2,0 de noi>embre l562.

(e) Aconlius, Epistula ad Wolfium ;). 4 lO.

(/) Ibidem, pag. l\ll.

* On voit dans Chaufepié que J Acorea laissa quelques-uns de ses papiers à J.-li.

Qo ACO

tude de Bariole , de Balde , et de semblables écrivains barbares , et plusieurs années à la cour (g^). ^ La lettre d'Aconce , qui a ete publiée l'an 1696 (^2), fait voir un esprit exact qui entendait la bonne logique. Elle est datée de Londres, le 5 de juin i565 , et sert d'éclaircissement à une chose qu'il avait dite de Sabellius , et qui avait été critiquée. î^otez qu'encore que laplupart des théologiens protestans regardent cet homme avec horreur, il y en a parmi eux qui l'ont fort loué (F).

Castiglioni qui publia une pièce italienne de lui intitulée : Ona Esortazione al timor di Dio', con akune rime italiane, nuovaraente messe in luce : Londres , sans date.

(g) Idem , ibid.

{h) Par M. Cre'nius, à la page l32, et suiv. de la II'- partie des Animadversiones Philologicœ et Hisloricse.

(A) Jt la tête du livre qu'il lui dédia.'] Au lieu d'epître dëdicatoire, il se conienla d'une inscription canonisante , qui commence par Div.c Elisa-

BETH£ , A>-GU£ , FraXCLE , HiBERNIi; Re-

GVfM. Il déclare qu'il lui dédie son livre, afin de lui témoigner sa gratitude : In signum memoriamque gratl animiob parlumejus liberalitate, quùin in Angliam propter Ei'ani^eticœ veritatis professionern extorris appuUssel , humanissimèque exceptas esset, lilterarum otium. Il dit dans sa lettre à Wolûus , que sa pension soulageait en quelque sorte son indigence, et lui donnait quelque loisir pour étudier :

Ut autem quicquid est operœ id istam in artem (muniendorum oppidorum) conferrem , ex parte priuatis sum rationibus adduclus, eteniin in hoc \'oluntario rrieo exilio inopiam UTCUN- QUE sub'ei'al, et otii ad alla sludia suppedilal JSOJS'NIHIL, impelrato viihi ai hujus sapientissimœ atque optiinœ Reginœ liberalitate honesto stipendia (i). Quelles restrictions! et qu'elles marquent qu'il est difficile de contenter les exilés !

Notez qu'il obtint cette pension ,

(i) AcoDtii Episl. ad VSfolfium , <Ie Rationc eilfixlorum Ubrorum , pag. ifii.

NCE.

non pas en qualité de théologien, mais en qualité d'ingénieur : cela paraît par la raison qu'il allègue pourquoi il donnait son temps à un ouvrage de la fortification des villes.

(B) Qui est une bonne pièce."] C'est le jugement qu'en a fait un savant cartésien (3), dans une lettre qu'il écrivit au père Mersenne , peu après que les Méditations de M. Descartes eurent vu le jour. « Il témoignait goûter sur toutes choses la méthode avec laquelle M. Descartes avait traité son sujet ; il en admirait les propriétés, et relevait les avantages qu'elle avait sur celle des écoles ordinaires : mais surtout, il estimait son jugement et les raisons pourlesquelies il avait préféré la méthode analytique ou de résolution, à la méthode synthétique ou de composition, tant pour enseigner que pour démontrer. Il n'avait encore trouvé rien de semblable jusque-là hors le petit livre de la Méthode, composé par Jacques Acontius, qui, outre cet excellent traité , avait ., encoi'e donné un bel essai de la mé- I) thode analytique, dans son livre des Stratagèmes de Satan, qu'il con-

- seille de lire à tous ceux qui aiment » la paixde lÉglise, quoique Acontius

n'y soit pas exempt des préjugés de sa communion, et qu'il ait eu intention d'y favoriser ceux de son

- parti (3). » Cette petite pièce d'Aconce, sous le titre de Methodus sit'e recla ini^estigandarum tradendarumque Arliuni ac Scientiarum ratio, fut insérée, l'an i658, dans un recueil du dissertations deStudiis benè inslituendis , qui fut imprimé à Utrecht.

(C). Qu'on allait passer dans un siècle encore plus éclairé que celui où il t'/Vaù.] Il faut l'entendre luimême : Voici ce qu'il dit après avoir touché les autres raisons qui rendaient fort difficile l'exécution de son projet. Intelligo eliam me in seculum incidisse cultum prœter modum . nec tam certè i^ereor eorum , qui regnarenunc videntur, judicia, quàni exorientem quandam seculi adhuc paulb cultions lucem pertimescor. Elsi enim multos habuit habetque cetas nostra uirns prcestantes,

(1) Healnerus. Sa leUre est datée du 29 d'août 1641. Vijjez Baillet, Vie de Descartes, tom. II,

(,•■) Gaillet , là même.

ACONCE.

adhuc tamen uiilcre uideor nescio quid triiigis futurum (4).

(D^ Sa conjecture était bienjondée.'} Je crois que le XVi*. siècle a produit un plus grand nombre de savans hommes, que le XVile^ et néanmoins, il s'en faut beaucoup que le promit r de ces deux siècles ait eu autant de lumières que l'autre. Pendant q le le règne de la critique et de la pliilologie a dure', on a vu par toute l'Europe plusieurs prodiges d'e'rudifion. L'étude de la nouvelle philosophie et celle des langues \ivaules ayant introduit un autre goût, on a cessé de voir cette vaste et cette profonde littérature; mais en récompense, il s'est répandu dans la république des lettres un certain esprit plus fin et accompagné d'un discernement plus exquis : les gens sont aujourd'liui moins savans et plus habiles. Aconce avait donc raison de voir en éloignement un siècle qui serait un juge plus à craindre pour !a logique qu'il m^itait, que ne le pouvait être le siècle d'alors. Ce n'est pas moi, au reste, qui m'érige ainsi en luge de la supériorité de notre siècle : je ne fais que me conformer au sentiment des connaisseurs les plus fins.

« Nous sommes dans un temps, dit l'un » d'eus (5;, où l'on devient sensible au » sens et à la raison plus qu'à tout le » reste. En quoi on peut dire, à la n louange de notre siècle , que nous }) connaissons déjà mieux le caractère i> des auteurs anciens, et que nous » sommes plus entrés dans leur esprit j) que ceux qui nous ont precédés. La » diflerence qu'il y a entre eux et nous >j est qu'on se piquait bien plus d'é- » rudition dans le siècle passé que i) dans celui-ci.... C'était le génie de )) ce temps-là , oij rien n'a été plus en y> vogue que la grande capacité et 3> une profi)nde littérature : on étu- » diait à fond les langues : on s'appli- » quait à réformer le texte des an- » ciens auteurs par des interprétations j) recherchées , à pointiller sur une 3) équivoque , à fonder une conjec- )) ture pour bien établir une correc- ■» lion : enfin , on s'attachait au sens » littéral d'un auteur , parce qu'on » n'avait pas la force de s'élever jus- )) qu'à l'esprit pour le bien connaître,

(4) Acontii Ep 5t. ad WolGum , pag. 4i2.

(5) Le père Rapin , dans la préface de la Comparaison de Thucydide et de Tite-Live-

» comme on fait à présent qu'on est » i)lus raisonnable et moins savant , » et qu'on fait bien plus d'état du bon « sens tout simple que d'une capacité » de travers. »

(E^ O lieux à quelques thénlnqiens pro(est<ins. ] Afin qu'on ne m'accuse point d'avancer ceci en l'air et sans preuve , je citerai les paroles d'un ministre de la Haye. « Jucohus ^con- ■» tius , dit- il (6) , ( de qun jure quod » de Origene dici soltt, ubi benè ne- » nio meliis ; ubi malè , nemo pe- » jus , ) .... fuit. ... vir verè doctus , )) sed ingenii ut acris quidern , ita et ') elatioris , et juslo liberalioris ■ quin » à nescio quali scepticisnio et irtdif. »J'ere/itismo in ipsam Theologiam » introducendo hnudquaquam alieni , » quod traclatu suo de Stratagematis » Satanse tcstatuni salin fecit , libello » (Simone Goidaitio jndice) omnium » malorum psssimo (*). f^oetius ei )> ndscribit {**), quod vel imperitè vel » subdolècommunemconfessioniscon- » ceptuni moiitussit, sub cujus vesilio « militari pnssunt et ipsi Ariani. » Ce qui vient d'être rapporté de Simon Goulart ne se trouve point , que je sache , dans ses livres : je crois qu'on ne le tient que d'Uytenbogard , qui a dit dans quelqu'un de ses ouvrages que lorsqu il étudiait à Genève, il tut ctnsuré de la lecture d'Acontius par Simon Gou'art , et averti que le livre des Stratagèmes de Satan était le plus méchant livre du monde , esse librum omnium malorum pessinium .n). J'ai trouvé un autre passade de Voetius concernant cette matière :.ce docteur y met Aconce j)armi les hérétiques

aui sortirent d'Italie sous le prétexte e la réformation (8; \ et il assure que si l'on avait pris garde au venin qui est c^ché dans quelques endroits de son livre (***), on l'aurait excommunié ou contraint de signer un formulaire d'orthodoxie. Judicetiir quis (induis in herbd latueril , q-^bd hic t^ir infundamentalibus assertionibus nunquani tÔ ô^oovs-iov trium personarum staluerit,

(6) Saldeniis, de Libris . etc., pag. 33^, 338-

(') Trigland. Hisl. Eccleï. pag. 232.

(**) Voetius , Politic. Ecoles, part. III , »>• Indice , et pag 3i , 398.

(7; Uyienbojard, Hisloria, Belgicè conscripta , cap. I , pag. 7, edit. in-t^.

(8) Voetius , Disput. thcol. loin. I,pag. 49^.

(***) Pag. ij4, >ï3, 341, edil. Basil. An

i84 ACO

nec adversarios , Samosatenuni , Photinum , Anium , Eunomium , Pnettmatomachos , aiit eorum errores rejecerit , contentus solos illos rejectos , qui negarenl filiuni non esse alium à pâtre (9).

(F) Il jr en a parmi les prolesfans qui L'ont fort loué. ] M. Crénius fournit des preuves de ces deux faits. Il observe (10) que Conrad Bergius déclare qu'Aconce a raisonné prudemment et pieusement. Ce Bergius était ministre et professeur en théologie à Brème. Le livre où il parla de la sorte est intitulé : Praxis catholica dii'ini canonis contra quasuis hœreses et schismata, etc., et fut imprimé à Brème , Tan 1639 , in-8°. Rivet, en ayant eu un exemplaire ex dono autoris , y écrivit quelques remarques dont je rapporte celle qui concerne Aconce.

3îiror cur {pag. 524)» t<^nti Jaciat l'ir doctus judiciurn Aconlii, hominis ambiguës fidei et Socinianorum wel prodromi , l'el comniilitonis , cujus rei gratid ab Arminianis loties recusus est et commendatus , etiani in l'arias linguas bulgares translatus. Huic homini scopus J'uit , ut ex toto libro apparet , ad tant pauca necessaria doctrinam christianam arctare , ut omnibus sectis in christianismo pateret aditus ad mutuam communia nein. f^eliern docliss. et pium virum à talibus laudandii et imilandis abstinuisse (^Ji).

Le livre qui me fournit ce passage , m'apprend aussi qu'Isaac Junius (12) , ministre deDelft, mettait Aconce, les remontrans et Socin dans la même classe , et le regardait comme un homme qui voulait réduire à l'unité toutes les sectes et les enfermer dans une même arche , comme Noé enferma toutes sortes d'animaux dans la sienne, où elles furent conservées quoiqu'ellc-5 se nourrissent de diflërentes pâtures. On voit dans le même livre le jugement quePeltius faisait d'Aconce:c'estqu'en réduisant à un petit nombre les points nécessaires au salut, et en demandant la tolérance pour les opinions qui combattaient les autres articles , il n'y avait point d'hérésies à quoi il n'ou-

(9) Voelias , Dispot. Tlieolog. tom. I, p. Soi.

(10) Thom. Crenhis , Aaimadv. Philolog. ït Historicar. , par(e //, pag. 32.

(11) Rivet, apud Crenium, ibid; pag. 3o.

(12) Isaac. Juuins in Examine Apologia; Rcmonslraiilium , pag. 45 , apud Crenium , ibid.

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