A FER
Domifins Lucanus eut part à Tlieri- ac ne in lectnlo quidem, nisi ab aliis tage de Mantia , quoique celui-ci eût mot'ebiUur. Quincùam, jœdum misepris bien des pre'cautions pour Ten ramlumque dictu , dentés loi'andos , empêcher (10). Domitius TuUus fut fricandosque prœbebal. Auditum est l'héritier de son frère, préferablement fréquenter oh ipso , quUm quereretur à la fille qui leur était commune. Il de contunieliia debiUtaiis suœ se diavait fait espérer sa succession à bien gitos sen^orum suorur/i quoiidiè linges gens, et s'était procuré par-là gère, f^itebal tamen, eH'ii'erc folebat toutes les caresses , tous les présens, suitentiinte maxirnè uxore . quœ ciiltoufes les assiduités empressées qu'on pam inchoati matrimonii in qloriam met en usage auprès des riches vieil- persévérant id i^erterat (12). Les vertus lards dont on brigue l'héritage ; mais de cette femme seraient sans doute il les trompa tous. La fille qu'il avait plus admirables si elle eût prévu la adoptée fut son héritière, et tous ses longue durée des infirmités de l'homlegs furent destinés à ses parens. Il se me qu'elle épousait. Mais enfin elle souvint surtout de sa femme, car il mérita d'être louée; car si Tespérance lui laissa beaucoup de bien. Elle s'é- d'acheter au prix de quelques dé^^oùts tait déshonorée en l'épousant , vu le très-fâcheux, mais courts, un douaire pitoyable état où l'âge et les maladies très-ample , la trompa , elle ne fit l'avaient réduit. 11 eût pu dégoûter en point paraître par son dépit que sa cet état une femme qui aurait été à condition lui déplût ; elle fit toujours lui dès le temps qu'il était jeune et vi- son devoir de bonne grâce. Qiie de goureux. A combien plus forte raison bons portraits dans cette lettre de devait- il paraître désagréable à une Pline ! Que ce misérable perclus , qui
craint la mort, représente viveinent la faiblesse humaine ! défaut dont nous parlerons ailleurs (i3), et qui en ce temps-là était beaucoup plus honteux dition , et soutint avec tant de cha- qu'aujourd'hui ; car on prenait pour rite la vie infirme et caduque de son une action de courage la résolution mari, qu'elle se réhabilita envers le de mettre soi-même une fin à des mapublic. Ce pauvre homme était si per- ladies trop longues. Quel désordre , dus de tous ses membres, qu'il fallait d'autre côté, que de voir un homme que ses domestiques lui lavassent et qui a une fille et des petits-fils , faire lui curassent les dents ; et de là vint savoir qu'il cherche des héritiers hors
de sa maison , et qu'on n'a qu'à faire le siège de son héritage dans les formes pour prendre la place ! Quel trafic sordide ! quelles ruses ! C'étaient de semblables gens qui trouvaient leur compte auprès de ceux qui briguaient des successions.
épouse quv commençait son commerce par un si mauvais endroit ^ Néanmoins cette femme supporta si constamment tous les déçfoûts de sa con-
qu'il se plaignait d'être obligé chaque jour à lécher les doigts de ses esclaves. Cependant il n'avait aucune envie de mourir (i i). Les paroles de Pline, qui nous apprennent tout cela, et qui contiennent tant de caractères des mœurs , méritent d'être rapportées :
ylccepit ( uxor ) amœnissimas rilfas , ^
accepit magnaui, pecuniani uxor optirna et paùentissima : ac tanto meltiis de uiro mérita, quanta ntagis est reprehensa , qubd nupsit. Nam mulier nalalibus clara , mnribus proba , œtate dccUwis , diii l'idua , mater olim, pariirn decoiè iequuta niatrimonium videhatur dii'itis senis ita perditi niorùo , ut esse tœJio posset iixnri , quant jui'enis sanusqiie duxiaset.
Quippè omnibus nienibris extoi tus et Jraclus Lanlas opes solis oculis obibat :
oniinus tanien et tiotnini rex
(10) Fuil fralrilius Mis quasi Jaio âaltim ut divites Jierent invitissimis à qnihiit facti fssent.
Piioii Kpisioia xriii, iih. Vin', p,ig. 492.
(11) Ibidem , pag. IjÇi'i TOiME I,
Si vis tujieri^ nuUus tibi par^'ttlus aida Liiseril yEneas , nec filia duhtor illo. Jucundwn et carum sterilis fuctl uxor ainicutn (i4).
Mais si cette avarice était lâche , celle des gens qu'elle dupa ne l'était pas moins. Ils eussent été moins blâmables s'ils eussent brigué la faveur d'un homme qui n'aurait point eu d'enfans, et s'ils n'eussent point crié contre Domitius Tullus après sa mort.
On se moqua de leurs plaintes qui fai-
(12) piinius, Epist. xyiii, lib. Vin.
(i3) Dans l'une des remarques de l'article de i4) Juvenal., Sat. V, ivr. 137.
AGAR
saient connaître leur honte j on loua le défunt , et l'on jugea que sa con- Juite était bonne pour un siècle aussi corrompu que celui-là. Servonsnous encore du pinceau de Pline :
yarii totii ciuitale sermones : aluficlu7n , iiii^r/ituw , immemoietn, loquiintur, seque ifjsos, dùm insectantur illum , turpisiimis confessionibus prodiint , qui de illo , ull de patie , (wo , proauo, quasi orbi querantur : alii contra hoc ipsum hmdibus feriint , ouod sit frustralus impiobas spes hoiiLinum , quos sic decipere pro moribus temporuni piudentia est (i5).
(,5) Plinii Episiola XVIII, Ub. FUI.
AFRANIUS (QuiNCTiANUs), sénateur romain , perdu de réputation à cause de ses impudicités infâmes , entra dans la grande conspiration contre Néron , qui coûta la vie à Sénèque , l'an de Rome 8i8. Il avait une raison personnelle de vouloir du mal à
depuis long-lemps (B) , pria son mari d'essayer s'il pourrait avoir des enfans de cette servante , et qu'Abraham, vaincu par ces sollicitations, et faisant même , selon la version de quelques interprètes , un acte d'obéissance (C) , s'approcha d'Agar avec tout le succès que sa femme s'en pouvait promettre ; sa femme , dis-je, car c'était pour son compte qu'elle souhaitait que sa servante fît des eufans ; et , n'en pouvant donner par elle-même à son mari , elle voulait du moins lui en donner par procureur {b). Ceux qui trouveront peu conforme aux manières de notre siècle qu'il ait fallu employer de grandes prières auprès d'Abraham pour de telles choses , et surtout que ces prières soient venues de sa propre fem—
ce prince, qui avait fait contre me, doivent une bonne fois se
lui une cruelle satire en vers. Il bien mettre dans l'esprit que
nia long-temps qu'il fut de celte tous les temps et tous les peu])les
conspiration ; mais il le confessa du monde ne sont point sembla-
enfin , trompé par l'espérance blés. Quoi qu'il en soit , Agar se
d'avoir sa grâce. Il témoigna en souffrant le dernier supplice plus de fermeté que l'on n'aurait dû s'en promettre de la vie qu'il avait menée (a).
XF , cap. XLIX,
(n^ Tacit. Annal, Ub LFI.LXX.
sentant grosse devint si fière , qu'on eût dit qu'elle venait de faire un très-grand exploit ; mais on rabattit bientôt son insolence.
Sara , qui ne put souffrir de s'en voir traitée de haut en bas , la maltraita de telle sorte qu'elle la contraignit de déserter la maison AGAR, servante et puis con- (D). Agar n'y rentra qu'après s'ê-
cubine du patriarche Abraham ^^^ h^'ï'nniée, suivant l'ordre que
était Egyptienne [a] Il y a quel- j^- ^^^ ^^^^^^^ ^^^ • j^^j ^^^
que apparence qu il la pnt a son ^^^^^^ ,^^^^ accoucherait d'un
service lorsqu il revint d iigjpte,
après avoir recouvré sa femme ,
que le roi Pharao avait enlevée.
Mais c'est une fable que de dire ,
comme font les Juifs (A), qu'A-
gar était fille de ce roi. Chacun
sait que Sara , se voyant stérile
{il) Genèse, chap. XFI , c. I.
fils qui aurait des querelles avec tout le monde (E). Elle accoucha
(b) Ecce concliisit me Dominus ne parèrent , ing redore ad ancillam nieatn , sij'ortè saltemex- illâ sttscipiamjîlios ; c'est-à-dire, selon la version de Genève : Foici l'Eternel m'a empeschée d'enfanter; viens , je te prie , vers ma servante , peut-cstre serai-jc édijiéc. de par elle. Genèse, chap. XFI , v. 2.
^i^ AG
lin peu après d'Ismaël , qui fut élevé chez son père jusqu'à l'âge de quinze ou seize ans pour le moins (F). On ne sait pas si la concorde des deux femmes fut bien grande pendant ce tempslà; mais on sait qu'enfin Agar fut obligée de décamper avec son fils. Sara le voulut absolument, et cela pour avoir vu qu'Ismaël se moquait de quelque chose (G).
Abraham congédia la mère et l'enfant , avec un très-petit viatique ; la bouteille d'eau qu'il leur donna ayant été vidée, la pauvre Agar vit l'heure que son fils mourait de soif (H). De peur d'être présente à ce spectacle , elle s'écarta du lieu oii elle avait mis Ismaël. Un ange vint à son secours, et lui découvrit un puits oïl elle remplit sa bouteille ; par ce moyen elle sauva la vie à son enfant. Elle le maria ensuite à une femme d'tgypte. Yoilàjusqu'oii l'Écriture conduit son histoire. C'est sans aucune raison que plusieurs rabbins prétendent qu'Agar est la même que Kethura, qui fut femme d'Abraham après la mort de Sara (c).
Mais cette erreur est infiniment plus supportable que la ridicule superstition des Sarrasins , qui honoraient comme une sainte relique la pierre sur laquelle Agar (I) , disaient-ils , accorda la dernière faveur à Abraham. Leurs écrivains ne marquent pas cette raison, et ne reconnaissent qu'un rapport très-éloigné entre Agar et cette pierre (K). Un auteur cité par Eusèbe voulait sans doute parler d'Agar lorsqu'il disait
(c) Targum Jonatlianis , P<iraplirasis Hierosolyrailana , Jarcliius , R. Eliezer, apud Ileideg. Hist. PatriarcK. , tom. II, pag. l36.