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raient été l'opulence d'Agis et celle des rois de Syrie ?
(B) De la part des femmes."] Les Lacédémoniens étaient les meilleurs maris du monde : ils comrauniquaieut à leurs femmes les afTaires de la république , beaucoup plus qu'elles ne communiquaient à leurs maris les affaires du ménage (2). Au temps dont nous parlons , presque toutes les richesses de Lacédémone étaient tombées en quenouille : elles se trouvaient à la disposition du sexe; et c'est ce ([ui fit échouer le dessein du prince.
Les dames craignirent de perdre tout à la fois leurs richesses , leurs plaisirs et leur crédit ; et peut-être ne se trompaient-elles pas. Mais laissons parler Plutarque. Or, faut-il natter, dit-il (3) , que la plus-part de la richesse de Lacédémone estait pour lors entre les mains des femmes , ce qui rendit l'entreprise plus difficile ; car les femmes y résistèrent , non-seulement paurce que par icelle elles venaient h perdre leurs délices , esquelles , pour n'avoir pas cognoissance du vray bien , elles constituaient leur félicité; mais ausii parce quelles voyaient que l'honneur qu'on leur faisait et la puissance et autorité qu elles avaient a cause de leurs richesses , leur venaient à estre retranchées de tout poinct.
(C) Les signes célestes.] Voici ce que c'est. Une fois tous les neuf ans les e'phores contemplaient le ciel pendant une nuit sereine et sans lune ; et, s'ils voyaient tomber une étoile , ils jugeaient que les rois avaient péché contre Dieu, et ils les suspendaient de leur dignité jusqu'à ce qu'il vînt un oracle ou de Delphes ou d'Olympe qui les réhabilitât {4)- Lysander, se vantant d'avoir vu ce phénomène , intenta un procès au roi, et produisit des témoins qui déclarèrent queLéonidas avait eu deux enfans d'une femme asiatique. Or, il y avait une ancienne loi qui défendait aux Héraclides (5) de faire des enfans à une femme étrangère. Quelle bizarrerie qu'un gouvernement comme celui-là , où la fortune des rois n'était attachée qu'au
(2) Idem , ibid.
(3) Plat. , Va même. Je me sers de la version (i'Amyot.
(4 Plularcli. in Agide, pag. 800.
(5) C'est-ii-dire , aux descendans d Hercule^ du nombre desquels étaient les rois de Lacédémone.
AGREDA. 269
bon plaisir d'un éphore qui avait vu très-fautifs sur cet article. ] Charles
tomber une étoile, ait subsisté si long- Etienne confond cet Agis avec un au-
temps ? tre plus ancien , et le distingue de ce-
(Dj II acquit beaucoup de réputa- lui que les Laccdémoniens pendirent.
tion dans cette campasne.'] Ayant M. Hofman ne commet que la pre-
joint, auprès de Corinthe, Aratus , mitre de ces deux fautes. Lloyd n'eu
général des Achéens , il fut d'a\is de corrige aucune, donner bataille à Tennemi au delà de
Tisthme ; mais il soumit son senti- AGRED4 (a) ( AIapif, d' ) re-
ment à celui de ce général, qui trou- Hgieuse visionnaire , Vt fameuse
va plus a propos de ne point donner ^ ' ^xauxcuac
bataille. Aratus l'avoue lui-même dans P^^ "^ ouvrage que la borbonne
son livre. XJn certain Bâton , de Si- a censuré , a vécu au dix-septième
nope , ne laissa pas de publier qu'Agis siècle. François Coronel son père,
dissuada le combat, auquel Aratus „i fatliPrinT Ac A»-û,to .» -
'1-1 ' 1 ^^\ A-5 il u- '. *-'' v^ainerma ae Areua sa niere .
était résolu 1^6). ^ est-il pas bien etran- . , -.ai ^'
ge qu'un historien débite des choses <î^i demeuraient a Agreda , ville
touchant un général , qui sont démen- d'Espagne, fondèrent un couvent
ties par les relations de ce général? dans leur maison, le iq de ian-
Est-il bien croyable que ces relations ^.^^^ ^g Une révélation parti-
soient menteuses an préjudice de leur ,., ."^ 1
auteur? On peut souôrir cette har- culiere les y poussa. INotre Ma-
diesse pendant quelques mois, et pour ne y prit l'habit de religieuse le
cause ; mais quand les événemens ont même jour que sa mère et que sa
passé ce terme, il ne faut plus contre- o^,,^ «11^ ,/^^ „f„- •
j- 1 j . sœur elle y iitproiession avecsa
dire les grands acteurs. , ' -i"^ r' ■ r "-^■^"
(E) Moréri ne rapporte pas comme ^^^e le 2 de février lb2o{b). Elle
il faut ce que dit ^gis. ] Voici ce que fut élue supérieure l'an 1627 , et
dit Agis en voyant pleurer un des pendant les dix premières années
sergens - ^- — - -' — '— — ' ....--
puisqu justice
grand mérite que les auteurs de' ma sieurs commandemens d'écrire la
mort (7) Au lieu de cela , M. Moréri vie de la sainte Vierge. Elle ré-
lui fait dire : iVe pleure point, car ^^^^^ ^ ^g, ^^^dres jusqu'en l'an
ceux qui pleurent sont beaucoup plus /-, , ,, -' -' .7,
« /^ZaïWre çHe moi. Ce n'est point la ^^.'V qi'flle commença a l e-
seule faute de cet article. M. Moréri crire. lu ajant achevée , elle la
dit faussement , 1°. quau commen- brûla avec plusieurs écrits quel-
cement du règne d'Agis , un éphore /^ ^^^,-^ composés sur d'autres
nomme hpitadeus , lit ordonner que . ,, -T . .
les pères pourraient déshériter leurs ^t'jets;e[le Suivit en cela le COn-
enfans ; 2°. Q^a'^gis rectifia les ter- seil d'un confesseur , gui la
mes de cette ordonnance , qui repeu- conduisait en l'absence de son
pla en peu de temps la ^ille ; 3.« que confesseur ordinaire. Ses supé-
les plus considérables donnèrent les . -^ , . - ■*
mains au dessein d'Agis. Lisez Plutar- fleures et le premier confesseur
que , vous verrez , 1°. qu'il y avait l'c?i reprirent tres-aig7'emenl ,
long-temps qu'Épitadeus avait fait et lui commandèrent d'écrire une
passer son décret : ■^ qu'Agis n'eut seconde fois la vie de la sainte
point le bonheur d y taire changer la *' moindre chose : 3°. que ce furent les
Agis en voyant pleurer un des pendant les dix premières années
gens : Ne me pleure point , car ^^ ^^ supériorité , elle reçut de
squ onmejaitviourir avec une in- -p.- .11 • nr •"' 1
lice si criante , je suis d'un plus ^}^^ ^^ «^ la vierge Marie plu-
gens riches qui s'opposèrent à son dessein. Est-ce consulter les originaux ?
Est-ce les entendre ?
(F) Les autres dictionnaires sont
(6) Plutarcli. in Agide, pag. 802
(7) Plut, in Agide , pag. 804.
(a) On la nomme ainsi ordinairement pour abréger; mais ce n'est point son nom de famille : ce n'est que le nom de la ville oii était le monastère dont elle était supérieure.
{b) La profession de sa sœur fut différée parce qu'elle n'avait pas l âs^e. Journal de^ Savans du 16 de janvier 1696, pag;. 5i, 32. Edit. de Hollande.
AGREDA
Vierge. Dieu et la Vierge lui réitérèrent le même commande— ment. Elle commença d'obéir le 8 de décembre (c) i655. Elle divisa cet ouvrage en trois parties contenues en huit livres , qui ont été imprimés à Lisbonne , à Madrid , à Perpignan et à Anvers.
Le premier a été traduit d'espagnol en français sur V édition de Perpignan , par le père Croset , récollet. Cette traduction fut imprimée à Marseille l'an 1696 {d).
Il y a tant de folies dans cet ouvrage (A), si capables néanmoins de plaire aux dévots outrés de la sainte Vierge , que la faculté de théologie de Paris jugea à propos de le censurer (B). Elle en vint à bout , malgré les oppositions et les vacarmes épouvantables d'une partie des docteurs qui la composent (C). Cette censure, quelque juste qu'elle soit, n'a pas laissé de scandaliser une infinité de gens. On croit que la prévision de ce scandale obligea la compagnie à insérer dans sou acte une déclaration (D) , qui eût été sans cela bien superflue , puisqu'il ne s'agissait point des choses spécifiées dans cette déclaration. N'oublions pas que le père de Marie d'Agreda se fit moine dans un couvent de l'ordre de Saint-François , ou deux de ses fils étaient déjà religieux , et quilj vécut avec un grand exemple et y mourut saintement (e).
Encore moins faut- il oublier qu'on travaille à Rome à faire canoniser Marie d'Agi'eda. Voyez
(c) c'est le jour de la Conception de la Vierge, dans le calendrier.
(d) Tiré du Journal des Savans , du i6 de janvier 1696.
(e) Journal des Savans , du l6 de jam>ier
la remarque (C) , au commencement.
(A) Il y n tant de folies dans cet otiurage.'\ « On y voit qu'aussitôt que » la Vierge fut venue au monde , le )) Tout-Puissant ordonna aux anges » de transporter cette aimable enfant « dans le ciel empyree j ce qu'ils fî- » reut plusieurs fois. Que Dieu assigna « cent de chacun des neuf chœurs des » anges , c'est-à-dire neuf cents pour » la servir , et qu'il en destina douze » autres pour la servir en forme visi- » ble et corporelle, et encore dix-huit » des plus relevés qui descendaient » par l'échelle de Jacob , pour faire » les ambassades de la reine au grand « roi- Que pour mieux ordonner cet » invincible escadron , on y mit à la )) tête le prince de la milice céleste , « saint Micliel. Que la première con- » ception du corps de la très-sainte » Vierge se fit en un jour de dimann che correspondant à Cflui de la créa- » tion des anges. Que si la Vierge ne » parla pas dès sa naissance , ce n'est i> pas qu'elle ne le pft t fairej c'est qu'elle w ne le voulut pas. Qu'avant l'âge de » trois ans elle balayât la maison et les » anges l'aidaient, etc.» 11 y a je ne sais combien de pareilles imaginations.
Voilà les extraits qu'un journaliste protestant en a donnés (i). Un autre journaliste qui est un bon catholique , nous assure (2) , qu'on ne trouve dans les six premiers cliapitres que des insions par lesquelles la sœur Marie de Jésus dit que Dieu lui découvrit les mystères de la sainte Vierge , et les décrets qu'il Jit de créer toutes choses... que, dans le vingtième chapitre (3) , elle fait le récit de ce qui arriva a la sainte f^ierge , pendant les neuf mois qu'elle fut dans le sein de sainte Anne ; qu'elle vient ensuite à la naissance lie la sainte f^ierge , au nom qui lui fut donné, aux ^nges qui furent chargés de sa garde , aux occupations des dix-huit premiers mois de son enfance , a l'entretien qu'elle eut avec Dieu à la fin de ces dix-huit mois , à ses conversations avec saint Joachini et sainte Anne , et aux saints exercice^
(i) Histoire des Ouvrages des Savans, novein. bre 1696, pag. i4o, i4i-
(2) Journal des Savans du 16 de janvier lCi)G, pag. 5v.
(3) Là inéinc y }>ag. 53.
AGREDA
auxquels elle s' occupajusqu' à ce qu'elle la neuvième proposition explique h la fût mise dans le temple de Jérusalem, lettre de la sainte f^ierse les paroles Si quelqu'un s'imaginait que parmi duf^lll'^. chapitre des Proi^erbes et
insinue que par elle les rois sont élevez et maintenus sur le trône , les princes commandent , et les puissans de la terre administrent Injustice (7).
4°. Que la treizième proposition est , que SI les hommes nuaient des yeux assez pénétrons pour voir les lumières de la sainte Vierge , elles suffiraient pour les conduire a l'éternité bienheu-
tant de visions , il n'y a rien qui concerne l'apocalypse , il se tromperait lourdement ; car notre Marie , non contente d'avoir explique' le XIP. chapitre des réve'lations de saint Jean , s'est fort étendue à expliquer le XX*^. par rapport a la conception de la sainte Vierge (4). Il serait bien surprenant qu'elle eût pu voguer sur cette mer
plusieurs années sans donner dans cet reuse (8). 5°. Qu'ouOe ces propositions
e'cueil. Si vous souhaitez de connaître i-l J en a plusieurs autres comprises
le titre de son ouvrage dans la traduc- sous l'article quatorzième , et qui sont
tion de Thomas Croset , lisez ce qui respectivement condamnées comme té-
suit : La mystique cité de Dieu , mi- méraires , comme contraires à la sa-
racle de la Toute-Puissance , abîme gesse des règles que V Eglise prescrit
de la grâce , histoire divine de la vie à quoi il est ajouté que la plupart res-
de la très-sainte f^ierge Marie mère sentent la fable et les rêveries des au-
de Dieu , notre reine et maîtresse , ma- teurs apocryphes et exposent la religion
nijestée dans ces derniers siècles par catholique au mépris des impies et des
la sainte f^ierge a la sœur Marie de hérétiques (9) . 6°. Qu'au reste , lafa-
Jësus , abesse du couvent de l'Imma- culte déclare quelle ne prétend pas
culée Conception de la ville d'^greda , approuver plusieurs autres choses con-
de l'ordre de saint François , et écrite tenues dans ce livre , et principalement
par cette même sœur par ordre de ses les endroits oit l'auteur abuse du texte
supérieurs et de ses confesseurs. de l'Ecriture , en l'appliquant à son
(B) La faculté de théologie de Paris propre sens , et ceux oii il assure que
jugea à propos de le censurer. ] La '^^* opinions qui sont purement scolas
censure qu'elle publia ne m'est connue que par le journal des Savans , où j'ai vu, 1°. que la sixième proposition condamne'e porte , que Dieu donna a la sainte f^ierge tout ce qu'il voulut, et lui voulut donner tout ce qu'il put , et lui put donner tout ce qui n'était pas l'être deOieu (5). 2°. Que la septième proposition est conçue en ces termes : « Je » déclare , par la force de la vérité et » de la lumière en laquelle je vois tous » ces mystères ineffables , que tous les » privilèges , les grâces, les préro^a- « tives , les faveurs et les dons de la •» très-pure Marie , y comprenant la » dignité de mère de Dieu , dépen-
tiques lui ont esté révélée s. Faisons làdessus quelques petites réflexions.
I. En premier lieu , les scolastiques enseignent communément que le caractère distinctif de Dieu et des créatures est que Dieu n'a rien qui vienne d'ailleurs , et que les créatures n'ont rien qui ne procède d'ailleurs. C'est ce qu'ils expriment par les mots barbares d'a^etras et à'abalieitas: d'où ils concluent que tous les attributs de Dieu sont communicables à la créature, hormis Yaseitas; et par conséquent qu'il est possible qu'une créature soit éternelle , a parte ante , et h parte post (10) , et infinie quant à la science ,
T> dent et tirent leur origine d'avoir quant à la puissance , quant à la pré-
3< esté immaculée et pleine de grâce sence locale , quant à la bonté , quant
j> en sa conception ^ de sorte que, sans ^ la justice , etc. Ils enseignent cora-
j) ce privilège , tous les autres paroî- munément que par la puissance obé-
» troient défectueux , ou comme un dientielle , les créatures sont suscep-
j) superbe édifice sans un fondement bibles de la faculté d'opérer tous les
j) solide et proportionné (6). » 3°. Que miracles, et même de la vertu de
(4) Journal des Savans du 16 de janvier 1696, pa^. 53.
(5) Journal des Savans du 26 de novembre 1696, pag. -17.
C6) Joarnal des Savans du 26 de novembre 1696,^(1^. 71-.
créer. Si donc Dieu a conféré effecti-
(7) Là même, pag. 718.
(8) Là même, pag. 71g.
(9) Là même , pag, 720.
(10) C'est-à-dire, qu^elle n^ait ni commer.çerment ni fin.
aya AGREDA.
vement à la sainte Vierge touf ce qu'il et plusieurs nonains qui ont tant a pu lui conférer , il s'ensuit , selon cherché à raffiner, il n'y ait eu encore les dogmes de l'école , dont la sœur personne qui ait dit que la sainte Marie de Jésus faisait grand cas , que Vierge gouvernait seule le monde, la sainte Vierge a existé de tout temps, D'où vient que l'Espagne n'a point qu'elle peut tout , qu'elle sait tout , encore produit des écrivains qui se qu'elle remplit tous les lieux , et qu'à soient vantés de connaître par révélatous égards elle est infinie. Je n'ai que tion , qu'une longue expérience ayant faire de supposer que notre abbesse fait connaître à Dieu le père la capad'Agreda s'est réglée sur les dogmes cité infinie delà sainteVierge, et le bon des scolastiques espagnols j car peu usage qu'elle avait fait de la puissance m'importe qu'elle les ait sus ou qu'elle dont il l'avait l'evétue , il avait résolu les ait ignorés. Elle enseigne nette- d'abdiquer l'empire de l'Univei's ; et ment que Dieu a donné à la sainte que Dieu le fils , ne croyant pas pou- Vierge tout ce qu'il a pu , et qu'il a voir suivre un meilleur exemple, avait pu lui donner tous ses attributs , hor- suivi la même résolution : de sorte que mis l'essence même divine. Cela me le Saint-Esprit , toujours conforme suffit pour tirer la conclusion que j'ai aux volontés des deux personnes dont tirée; et, cela étant, ne doit-on pas il procède , approuvant ce beau dess'étonner que la Sorbonne ait seule- sein , toute la Trinité avait remis le vaeat dit c{ue cette proposition est Jaiis- gouvernement du monde entre les se, tf-méraire, et contraire h la doctrine mains de la sainte Vierge , et que la Je /'.Cffl/î^i/e (i i) ? Une telle censure cérémonie de l'abdication, et celle ne sent-elle pas la mollesse ? Fallait-il de la translation de l'empire, s'étaient se contenter de ces faibles qualifica- faites solennellement en présence de tions ? Suffisait-il d'assurer que l'on tous les anges 5 qu'il en avait été dresse trompe témérairement lorsqu'on se un acte dans la forme la plus auapplique à la sainte Vierge le sens lit- thentique ; que depuis ce jour-là , téral de ces paroles de Salomon : Par Dieu ne se mêlait de rien , et se remet régnent les rois, et les puissansde posait de tout sur la vigilance de Mala terre administrent la justice (12) ? rie ; que les ordres avaient été expé- 11. Voici ma deuxième réfiexion. * diés à plusieurs anges d'aller notifier Ceux qui ont examiné attentivement sur la terre ce changement de gouvertout ce qui s'est dit de la puissance nement , afin que les hommes sussent de la sainte Vierge , et toute la part à qui et comnaent il fallait avoir requ'on lui donne au gouvernement de cours à l'avenir dans les actes d'invorUnivers , ont pris garde que les der- cation ; que ce n'était plus à Dieu , niera venus , voulant enchérir sur les puisqu'il s'était déclaré lui-même emeauteurs précédens , ont été cause que ritus , et rude donatus , m a la samte Ton a trouvé enfin les dernières bornes Vierge comme à une médiatrice , ou de la flatterie. Mais comme les raisons à une reine subordonnée , mais comd'aller toujours plus avant n'ont jamais me à l'impératrice souveraine et abcessé ; car lorsque la dévotion des solue de toutes choses ? D'où vient , peuples doit servir de revenu à beau- encore un coup , qu'une telle extracoup de gens qui veulent vivre à leur vagance est encore à naître ? En avezaise , il la faut réveiller , et la rani- ^ous jamais ouï parler? me demandamer de temps en temps par des râ- t-on un jour. JYon, répondis-je; mais goûts d'une nouvelle invention : com- je ne t^oudrois pas jurer que cette penme , dis-je , cela fait qu'il est utile de sée^ n'ait jamais paru , et encore moins franchir les bornes , il y a lieu de s'é- qu'elle n'éclora jamais de quelque tonner qu'on n'ait pas rompu la bar- ceri^eau malade de dévotion ; et peutrière , et qu'entre plusieurs religieux être que si Mprie d'Agreda eût t^ccu
encore dix ans , elle eût enfanté ce
(11) Journal des Savans , novembre 16961 TO0«4tre (l3) , et nous eilt donné une
p. -ji:-
(12) Là même, pag- 718. (i3) Notez qu'abusant comme elle faisait île i' L. J. Leclerc, et Joly , qui le plus souvent VEcrilure (voyez le Journal des Savans île no-
n'eil que son rrpe'liteur , disent que cette ré- vembre i6y6, pag. 720, ) elle n'eût pas manqué flexion est une imagination creuse , pour ne rien de se prévaloir de ce qui est du dans saint Jean, dire de plus. iliap. V, v. 11 : Le Père ne ju^e peraonne; mais
AGREDA
copie de l'acte de l'abdication , où nous eussions l'u que la 'J'rinité , i^oulant désormais viure en repos , et reconnoîlre les obligations qu'elle afoit à la sainte P'ierge , qui soutenoit si sagement depuis tant de siècles une partie considérable des fatigues de la régence du inonde , n'a^oit cru poul'oir rien faire de plus à propos , ni choisir une récompense plus convenable a ses mérites , que de se démettre ensajafeurde l'autorité absolue sur toutes choses. Il faut pourtant avouer que l'idée de Taction inaliénable de Dieu est si clairement connue dans toutes les communions chrétiennes , qu'il n'y a point lieu d'appréhender que ce monstre d'abdication y pi\t vivre quelque temps , supposé qu'il y pût naître. Nous ne devons pas craindre cela de nos jours : que cela nous suffise ; ne nous tourmentons point de ce que l'on pourra voir dans cent ans d'ici : nostros maneat ea cura nepotes.
III. Je dis, en troisième lieu, qu'il n"y a rien de plus vrai que la remarque de la Sorbonne , que le livre de l'abbesse d'Agreda contient plusieurs choses qui exposent l'Eglise romaine au mépris des impies et des hérétiques.
Bien a valu à la religion chrétienne , que les Celsus et les Porphyres n'aient pas pu la combattre par les armes que de tels écrits infinis en nombre peuvent fournir aujourd'hui. Que n'eût point dit en ce temps-là contre l'Eglise un auteur païen qui aurait eu la véhémence et le caractère d'Arnobe ? Si Henri Etienne , et Philippe de Marnix revenaient au monde, quels supplémens ne feraient-ils point par la mystique cité de notre Marie d'Agreda , l'un à son Apologie d'Hérodote, l'autre à son Tableau des différens de la religion ?
IV. Enfin , je dis que nos prétendus auteurs à révélation se moquent du monde. Ils nous donnent comme révélé ce qu'ils ont appris par la lecture. Voici l'abbesse d'Agreda qui affirme que des opinions , qui sont purement sco'astiques , lui ont été enseignées divinement (i4)-
il a donné tout jngement au Fils : eL dans la /'*. aux Corinthiens, chap. XV, v. 24 > Huand Christ aura remis le royaume à Dieu le Père.
(i4) Journal des Savans; novembre 1696, p. 720.