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avec elle dans l'Italie? Ajoutez à cela , qu'avant son voyage de Metz il n'avait point planté le piquet au pays des Allobroges ; et qu'il était syndic de Metz avant que Maximilien fût décédé. Melchior Adam est tout plein de semblables fautes- Une partie de celles que je viens de marquer sont d'autant plus excusables, qu'on les a faites après Agrippa , qui , faute de mémoire ou autrement , exposa à Marguerite reine de Hongrie, que depuis la mort de Maximilien il avait fait tels et tels voyages , etc. Voyez sa lettre XXI du VI1<". livre. Il ferait beau voir quelqu'un occupé à accorder Melchior Adam avec Thevet. Selon celuici , Agrippa se marie à vingt-trois ans; selon l'autre , il ne se marie qu'après une infinité de voyages et d'aflaires , soûl du travail , et cherchant enfin quelque repos.
(I) // avait protégé une paysanne (■'') accusée de sorcellerie .'] Le dominicain Nicolas Savini , inquisiteur de la foi à Metz , voulait que l'on mît cette femme à la question , sur le simple préjugé que l'on tirait de ce qu'elle était tille d'une sorcière qui avait été brûlée (3i). Agrippa fit tout ce qu'il put pour faire observer exactement les procédures; et néanmoins il n'empêcha pas que la femme ne fût appliquée à la question : mais il donna lieu à faire connaître qu'elle n'était point coupable. On condamna à l'amende les accusateurs (Sa). La peine fut trop douce et trop éloignée du talion.
(K) // promettait de noui'eaux triomphes au connétable de Bourbon.'} Les plaintes d'être employé à des sottises d'astrologie étaient fort propres à déplaire : Scripsi seneschallo , ut admoneat illam ne ad tant indignum artifi-
(*) Cette paysanne était de Vapey [l^illa fapeya ] , -village silué aux portes île Metz , et appartenant au chapitre de la cathédrale. Du reste il avait paru dans le clergé messin , principal accusateur de cette femme , tant de passions basses, et en toutes manières une si grande ignorance des belles-lettres et de la bonne philosophie, qu'à cet égard, dans sa Lettre du 2 juin jSig, Agrippa traitant la ville de Metz d'omnium bonarum liUerarum virlulumque noveica , ce pourrait bien être lui qui, par ces lletnssanles paroles , aurait donné lieu au proverbe Métis avara , scienliantm noverca. Rem. crit.
(:.i) Epist. XXXIX Uhri II , pag. 754.
(32) Epist, XL libri II, pag. 757. Fide eliair. pas- 763,
eiitm ingenio meo cfiutiùs ahutalur , nec m has niigas ulteiiUs impins^ere cnqar, qui multo felicioribus stuJiis lin insert'iie qiieam (33). Mais le pis fut que ces sottises faisaient découvrir des prospérités pour le parti odieux.
« Rediit in raenteni scripsisse me se- )) nescbalio , comperisse me in Borbo- )) nii nataliliis revoUitionibus illura )) frustratis vestris esercitibus etiara
j) in bunc annum victorem fore
» dixique intra me : O infelixpiophe- » ta'. Iioc i^ai.icinio jar/i omneni princij) pis titœ gratiam concacdsti : hoc est 3) ulcus , hic antrax , hic carbo , hir. i> cancer ille , quem noli me tangere » dicunt , quem tu iinprudens tetigisti » eliam cauterio (34)- ■" Ceux qui savent la carte de ce temps-là voient fort bien que notre astrologue ne pouvait pas faire plus mal sa cour à la mère de François \" . qu'en promettant de bons succès à ce connétable.
Agrippa fut dès lors regarde comme un bourboniste (35). Pour réfuter ce reprocbe , il représenta le service qu'il avait rendu à la France en détournant quatre mille bons fantassins de suivre le parti de l'empereur, et en les attachant à celui de François F''. Il allégua le refus qu'il fît des grands avantages qu'on lui promettait quand il sortit de Fribourg, en cas qu'il voulût entrer au service du connétable. Il paraît par la IV^. et par la VI*. lettre du V. livre , qu'il avait des corres- ))ondances étroites avec ce prince au commencement de l'année 1527. Il lui donnait des avis et des conseils , refusant pourtant de l'aller joindre , et lui promettait la victoire. Il l'assura que les murailles de Rome tomberaient dès les premières attaques : il n'oublia que le principal; c'est que le connétable y serait tué: JtvuJ'ata illis prnpinquam slragem suamque perniciem denunciant : mox illa superba mœnia l'ix oppugnata corruere l'idebis. Eja ergo nunc, streniiissime princeps , quem tantce l'ictoriœ duceni Jata constiluunl , rumpe morns , perge intrépide quo cœpisii prospère , aggredr.re forliter , pugna constanter, habes eieciissim.orum militum armatas acies :
adest cœlorum Ja^'or , aderit et justi belli findex Deus; nihil formida^eris,
(33) Epist. XXIX Uhri IV , pnç. 85^.
(34) Agrippa, Epist. LXII Ubril F',pas.SHo. !35) Jbiil.,pag. 8S1.
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ingens siquidem temanet glorice triumphus (36,. La mort de ce connétable , arrivée avant qu'Agrippa sortît de Lyon, me fait songer à trois fautes de Melchior Adam. 11 dit qu'Agrippa, attiré premièrement par le connétable, et puis par le chancelier, s'en alla à la cour de Bourgogne , et se trouva peu après fort malheureux , à cause de la mort de ces deux patrons.
C'est tomber trois fois dans Fanachronisme. 1°. Le connétable était mort avant qu'Agrippa sortît de France , et jamais il n'avait songé à Fattirer à la cour de la princesse Marguerite (37).
2°. Le chancelier Gattinara le voulut bien attirer, mais ce fut à la cour de Charles-Quint ; et c'était une vocation qu'Agrippa distinguait fort clairement de celle qui lui était proposée par rapport à la cour de Marguerite (38). 3°. Il était déjà dans le Pays- Bas lorsque ce chancelier lui faisait faire des propositions.
(L) Agrippa se i^ojrant cassé , murmura , pesta , menaça . ] 11 avait usé de menaces avant même qu'on lui ôtât sa pension : le dépit de n'être point payé de ses gages et de se voir méprisé lui fit dire qu'il se porterait à faire quelque méchant coup : Crede mihi, écrit-il à un ami (Sg) , eô se inclinant res meœ atque aninius , ni tuis precibus illiusque céleri adjuuer auxilio , malo aliquo utar consdio , siquidem et malis artibus nnnnunquàm honafortuna parla est. Après qu'il eut su sa destitution , il écrivit plusieurs lettres foudroyantes , et menaça de faire des livres où il découvrirait tous les défauts des courtisans qui Favaient perdu (4o). Il se porta jusqu'à dire brutalement qu'il tiendrait désormais la princesse dont il avait été conseiller et médecin , pour une cruelle et perfide Jesabel : Nec ultra illam ego pro principe med {jani enini esse desiit } , sed prn atrocissimâ et perjîdd qundam Jesabele mihi habendam decrei'i (40- Q"*' n'aurail-il point fait
(36) Epist. F/ Uhri V, pag. 900. CeUe lettre fui écrite de Lyon , le 3o mars 1327.
(3-) C^esl celle que Von entend par la Cour lie Bourgogne.
(38) Agrippa, Epist. LXXXIVUbri V, p. gSi.
(3q) Epist. XXV Uhri IV , pag. 85o.
(40) Voyez la LU', el la LXII'. du IV'. livre.
(4.) Epist. LXII , Ub. IV, pas- 884. ^OJ" la LU'. Lettre du livre V, toute pleine de-Ju-
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dans une telle colère et clans un tel désir de vengeance, s'il avait eu autant de crédit auprès des démons qu'on a voulu le persuader ? Je ne saciie point que quelqu'un ait dit que cette indignation d'Agrippa devint funeste à quelque personne de la cour de France. Ce niallieureux homme ne fut pas plus satisfait de la cour de Charles-Quint. 11 présenta une requête au conseil privé de ce prince , dans laquelle il se fît tout blanc de son épée, et représenta qu'il pouvait faire du bien et du mal. Ses menaces étaient les plus intelligibles du monde ; mais on y fut insensible impunément: Cogeretis me acceplain ed repulsd injuriant ad noi^aruni reruni licentiam iransj'erre , et vialo aliquo consilio ( ceu quale Hermocles dédit Pausaniœ) iili oportere.... Qiiin et riialis artibus sœpissimè bona fortuna porta est..,. Sed intere'a memineritis inter jEsopi Apologos esse , murent aliquando subi'enisse leoni, etscarabœum expugndsse aquitain (43).
(M; On av'ail.... prévenu contre lui l'esprit de cette princesse. ] Voilà ce qu'il nous apprend là-dessus , après s'être plaint qu'on le laissait mourir de faim : Quod ad te scribani non habeo aliud , nisi quod ego hic egregiè esurio , ab istis aulicis diis totus prœteritus. Quid niagnusille Jupiter {^i), suspicari nequeo. Ego quanta fuerim in periculo , jam primiim resciui; tantum eiiini dictuni est mihi ; prcBi^alueranl cuculliones illi apud Dominant , sed muUebriter religiosam principem , ut nisi illa mox periisset , jam ego , quod maximum crimen est , monachalis majeslatis sacrœque cucullœ reus tanquam in religionem chrislianam impius periturus J'uissem (44)- Ordinairement une maîtresse est plus à craindre qu'un maître , quand on est accusé d'irréligion.
(N) On n'a pas du dire qu'il a été luthérien. ] J'avoue que je n'ai point remarqué dans ses lettres que , quand U parle de Luther, il se serve de paroles ou de réflexions injurieuses. J'avoue aussi qu'il s'informe assez curieuse-
reur , et la XXIII'. du même livre oii il dit que cette princesse serait fort mal conseillée ^ si elle le reprenait à son service, (/fi) Agrippa , Epist. XXII lihri VI ^ pag. 97g.
(43) CVsL-U-dire, Charles-Quml.
(44) Agrippa, Epist. XV Ubn FI, pa^. 968.
ment de ce que Luther on les sectateurs de Luther publiaient sur les matières de controverses j mais cela ne veut pas dire qu'il approuvât les dogmes de ce réformateur. Les plus rigides protestans de la confession de Genève ne pourraient-ils pas donner ordre qu'on leur achetât tout ce que les sectaires de Transylvanie font imprimer; et ne serait-on pas bien ridicule de prétendre sur cela qu'ils sont du sentiment de ces hérétiques .'' Ceux qui embrassaient la réformation de Luther ne traitaient pas ce docteur avec cette indifiérence que l'on voit dans les lettres d'Agrippa , c'est-à-dire , sans le louer ni le blâmer. Si Agrippa était l'auteur de la LXXXIl^ lettre du \\V.
livre, il ne faudrait plus être en doute qu'il n'eût été un bon et franc luthérien ; mais encore qu'on ait mis au titre Agrippa ad amicum , il est certain qu'elle n'est pas d'Agrippa 5 en voici la démonstration : Celui qui a écrit cette lettre marque que sa femme était accouchée d'un fils au mois de novembre i5a5. Or, la femme d'Agrippa était accouchée d'un (ils au mois de juillet précédent : cela est clair par la lettre LXXVP. du IIF. livre, où l'on voit même que le cardinal de Lorraine fut parrain de cet enfant. 11 est donc incontestable qu'Agrippa n'a point écrit la lettre en question. Je laisse à dire qu'il n'était point à Strasbourg , mais à Lyon , au temps que cette lettre fut écrite de Strasbourg.
Ainsi , ceux qui voudraient procurer une telle preuve à Sixte de Sienne, qui a dit qu'Agrippa était luthérien (45), (*) ne lui fourniraient rien qui vaille. Quenstedt a réfuté Sixte de Sienne par le VP. chapitre du Traité de la Vanité des Sciences, où Agrippa traite Luther d'hérésiarque. Cette ré-
(45) Sixti .Senensis Biblioth. Sancta , lib. V , ytnnolat. LXXIII , apud Quenstedt, de Patriis illustr. Viroriira . pai;. i44- Deirio , Di:-quis. , lib. II , quarsl- XVI, et Tannerus .fur le Traité de saint Thomas, de Potentiâ Angelorum, qucest. III, font Agrippa protestant. Vojez Voel. Disp. part. III , pag. 616.
(') Agrippa , au ch. 19 de son Apologie , parle si magnifiquement de Lutlier, et avec tant de mépris des principaux adversaires de ce réformateur , que c'est apparemment là-dessus que -l'csl fondé Sixte de Sienne, pour avancer qu'Agrippa était luthérien. Comme c'ét.nit ici un endroit à alléguer cette pièce, plutôt que cerlaines lettres d'Agrippa , on peut croire que M. Bayle ne l'avait pas lue si exaciement que ces lettres. Rem.