AGUIRRE
uxores , forte quia ex concubinis provcntus illis est amplior. De quo legimus gloriatura in convivioqiiemdam episcopum, habere se undecim millia sacerdotum concubinarioram , qui in singulos annos illi aureum pendant.
Hœc nmnia , et alia forte plura , neque enim integrum Hacteniis contuli , pro more eraserunt adversarii , claruni relinquentes documentum illorum quid editionibus tribuendum sit (laSj.
(ii3) Thomas Crenius, Animadvers. Philoloe. Historié. ,pcirt. 11, pag. i3, 14.
AGUIRRE. La Bibliothèque des écrivains espagnols fournit cinq ou six auteurs qui ont ce nom-là. Le plus considérable de tous est , ce me semble , Michel DE Aguirre , natif d'Aspeitia , au diocèse de Panipelonne , dans la province de Guipuscoa. C'était un jurisconsulte qui , pendant qu'il était membre du collège de Saint-Clément , à Bologne , écrivit pour les prétentions du roi d'Espagne Philippe II sur la couronne de Portugal (A). Il exerça la charge de juge en divers tribunaux du royaume de Naples , etpuis il eut en Espagne la charge de conseiller au conseil de Grenade. Il mourut en i588 {a).
Ceux qui continueront l'ouvrage de don Nicolas Antonio auront un Aguirre infiniment plus célèbre à y placer. Je parle de Joseph Saenz de Aguirre *, bénédictin , l'un des savans hommes du dix-septième siècle. Il était censeur et secrétaire du conseil suprême de l'inquisition en Espagne, premier interprète de l'E-
[a) Eo.' N. Anloaii fiibliotliecâ Scriptorum Hispani* , tom II , pag. 102.
* Ce Joseph Sacnz d' Aguirre, né , dit Lerlerc, à Logrogno, le 2^ mars i63o, mourut le 19 août itigi^. JSicéron lui a donné un J'en bon article dans le tome III de ses Mémoires. Chaufepié lui a aussi donné place dans son dictionnaire^
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criture clans l'université de Salamanque , et avait été plus d'une fois abbé du collège de Saint- Vincent , lorsqu'en i685 il fut honoi-é du chapeau de cardinal par le pape Innocent XI. Il avait entrepris un très-grand ouvrage {b) , et il n'a pas laissé de s'y appliquer tout de bon depuis son cardinalat. Ceux qui voudront s'en former une juste idée doivent lire \e Prodrome qu'il publia à Salamanque , l'an 1686 , ou , s'ils ne l'ont pas, les extraits qu'en donnèrent les journalistes (C).
On l'a cru pendant quelque temps l'auteur d'un ouvrage fort docte contre les décisions du clergé de France de l'an 1682 (D) ; mais on a su enfin le contraire (c). Les conjectures n'étaient pas sans apparence , vu l'attachement de ce cardinal aux doctrines des ultramontains , et l'ardeur qu'il a fait j)araître pour éloigner l'accommodement de la cour de Rome avec la France, qui fut néanmoins conclu au mois d'octobre 1693. La dépense qu'il a faite pour l'impression de deux volumes de don Nicolas Antonio, son ancien ami, est fort louable. J'en parlerai dans l'article Antomo.
(i) L'édition de tous les conciles tenus en Espagne.
(c) Voyez la remarque (D).
(A) // écrivit pour les prétentions du roi d'Espagne.... sur la couronne de Portugal. ] Son livre fut imprimé à Venise , l'an i58i , sous ce titre : Responsum pro successione regni PortagalliœproPhiUppoHispaniarurnRege, adversiis Bononiensium, Patauinonim et Perusinorum collegia. Besoldus l'a inséré dans son Pieciieil de Conseils.
(B) Le Prodrome qu'il publia a Salamanque , en 1686. ] En voici le titre : IS'otitia conciliorum Hispaniœ atque noui Orbis , Epistolarum decretalium
RRE.
et aliorum Monumentorum sacrœ antiquitatis ad ipsam spectantium , magnd ex parte hacteniis ineditorum , quorum cditio paratur Salmanticœ cum JVotis et Dissertationibus , sub auspiciis Catholici Mnnarchœ Caroli II :
studio et ^'igiliis M. Fr. Josephi Saenz de u4guirre. Salmanticœ , apud Lucam Perez , Uni^'ersitatis Typographum , 1686 , i«-8°.
Notez que ce cardinal n'a pas suivi en toutes choses dans l'exécution les idées de son projet. Ceux qui n'auront point les quatre tomes in-folio , qu'il a publiés à Rome , sous le titre de Collectio maxima Conciliorum omnium Hispaniœ et noui Orbis , etc. , n'auront qu'à lire les extraits que les journalistes de Leipsick en donnent dans leurs Acta Eruditorum de l'an
(C) Les extraits quen donnèrent les journalistes.'] Messieurs de Leipsick en parlèrent dans leurs Acta du mois de février 1688. L'abbé de la Roque en donna un extrait dans son journal du i3 de janvier 1687. Je m'étonne que ce journal n'ait point paru dans les éditions de Hollande. L'article qui concerne l'ouvrage dont je parle ici est très-curieux : l'on y donne des avis fort adroitement à M. le cardinal de Aguirre , sur ce qu'il a déclaré qu'il voulait garantir pour bonnes plusieurs décrétâtes que tous les sa\'ans jugent supposées.
(D) On l'a cru l'auteurd'un ouvrage fort docte (1) contre les décisions du clergé de France del'aniGS'î.l En voici le titre : Tractatus de Libertatibus Ecclesiœ Gallicanœ , continens amplam discussionem Declarationis factœ ab Illustrissimis Archiepiscopis et Episcopis , Parisiis mandalo regio congregatis , anno i68'2 ; Auctore M.
C. S. Theolog. Doctore. Leodii , apud Matthiam Hovium, 1684, Superiorum permissu. J'ai lu une préface de l'Abbé Faydit (2), où, entre autres choses , il fait espérer /a réfutation des principales maximes du Traité de Libertatibus Ecclesiœ Gallicanœ adversùs quatuor propositiones Cleri ,
(i) Voyet ce qui en fui dit dans les Nourelles de la République des" Lettres , mois de juillet i685 , arùcle I,
(2) Voyez Vexlrail d'un sermon prcchc le jour de satnl'Poljcarpe àSainl-Jean en Grève, a Pans , imprimé à Lie'ge , en 1689.