AUGE
AUGE (Daniel d'), en latin l'Institution d'un prince chrétien, tra-
Augentius , était de Villeneu- ^"'"; ''" ^''^^ deSjnèse, éuéque Je
1 » A 1 * j- ' j Cyrene , avec une U raison de la irait:
ve-1 Archevêque , au diocèse de jy^biesse, traduite du grec de Philon
Sens en Champagne (a). Il a vé- juif, imprimée à Paris, l'an i555 ;
eu au XVr. siècle, et il se fit es- Quatre HomiUes de saint Macaire
timer par son savoir et ses écrits Egyptien , imprimeras à Paris , et de-
^■i . , . j. u f / puis a Lyon , 1 an i^bg; Impure a no-
(A). On Im destina, des 1 an 1^74 ^^^ ^j t^ertueux enfant Antoine The-
(i) , la charge de professeur Un , fils de noble Guillaume The-
royal en langue grecque dans lin (-i) , auteur du lit^re intitulé Opusluniversite de Pans, et il en
prit possession l'an iS'jS. Elle était vacante par la mort de Louis le Roi (c). II avait été précepteur du fils de ce François Olivier qui fut chancelier de
cules divins , en laquelle est traité du urai patrimoine et succession que doivent laisser les pères a leurs enfans.
Cette épître est imprimée au commencement desdits Opuscules divins, à Paris, l'an i565. Il les revit et les corrigea. 11 fit imprimer à Paris , l'an 1 556 , une Traduction française des
France. C'est ce que j'apprends plus belles sentences et manières de de l'épître liminaire d'un livre parler des Epures familières de Ci-
qu'il dédia à Antoine Olivier , évêque de Lombes , et oncle de son disciple (d). Elle est datée de Paris, le i*'. de mars i555.
céron (3). Voilà ce que je trouve dans la Croix du Maine et dans du Verdier.
Je n'y ai point vu les Notes sur un poème de Sannazar, desquelles j'ai parle dans le corps de cet article.
Je ne saispas bien le temps de sa ,,, ^« ^^,^'. les.ouvrages de Daniel
. A . 1 d Auge celui qui me paraît le plus
mort , je sais seulement, que jigne de curiosité est le Discours sur
François Parent, son successeur l'arrêt qui condamna le loup -garou.
dans " la profession des lettres Bo^in m'apprend que cet arrêt fut
i «„ ^v. « i'„^ donne par le parlement de Dole, le 18
grecques, entra en charge 1 an de\^nvier i583, contre Gilles Garnier
(a) La Croix du Maine, Biblioth. française , pag. 68.
(b) Du Breul, Antiquit. de Paris , page
(c) Là même
Lyonnais, et qu'on l'imprima à Orléans et à Paris et à Sens. Il en rapporte les points principaux : « C'est à savoir 3) que ledict Garnier le jour de sainct j) Michel, estant en forme de loup-ga- » rou , print une jeune fille de l'aage
{d) C'est le poëme de Sannazar intitulé » de dix ou douze ans près le bois de la De Morte Chrisii Laraeniatio. Dan. d'Auge „ Serre, en une vigne, au vignoble
lefil imprimer à Paris avec des notes de sa façon , l'an l557 , in-t^".
(e), Du Breul, Antiquit. de Paris, pag-.
(A) Il se fît estimer par ses écrits. ] Qui sont : Oraison consolatoire sur la mort de messire François Oliuier , chancelier de France , imprimée à Paris en i56o; deux Dialogues de l' Jnuention poétique , de la vraie Cognaissance de l'Art oratoire, et de la fiction de la Fable , imprimés à Paris l'an • 56o ; Discours sur l'arrêt donné au parlement de Dole en Bourgogne, touchant un homme accusé et conx'aincu d' être loup -garou, imprimé (i) ;
(i) La Croix du Maine, Bibliotlicque française,
)) de Chastenoy près de Dôle un quart j) de lieuë , et illec l'avoit tuée et w occise , tant avec ses mains sem- )) blans pattes, qu'avec ses dents, et » mangé la chair des cuisses et bras )> d'icelle , et en avoit porté à sa >) femme. Et pour avoir en mesme « forme un mois après pris une autre w fille, et icelle tuée pour la manger ,
(a) C'était un gentilhomme d'Auvergne.
(3) Du Verdier, Biblioth. française, pag. 248.
* Dans rédition de 1720 l'alinéa qui termine cette remarque est parmi les articles omis , à la page 3o3g, et l'on y dit de mettre cette addiliou après le corps fie l'article. Je crois que c'est une erreur. Cet alinéa me paraît être la suite de la remarque. J'ai d'ailleurs pour le mettre ainsi l'autorité de l'édition de i^Jo et des éditiom postérieures.
AUGUSTIN. 549
M s'il n'eut esté empcsché par trois soutint la plupart des dogmes » personnes , comme il a confessé : et ^^^^ beaucoup de chaleur. Ayant » quinze lours après, avoit estrangle , ' > <-■ 1 i
>, un jeune enfant de dix ans, au vi- demeure a Carthage quelque
» gnoble de Gredisans , et mangé la temps, il retourna à Tagaste , oii
)) chair des cuisses, jambes, et ventre il enseigna la rhétorique avec tant
). d'iceluy : et pour avoir depuis en d'applaudissemens , que l'on fé-
J) forme d homme , et non de loup, ,. .\^. , j, ^- /-i •
). tué un autre garçon de l'aage de 'icitait sa mère d avoir un fils si
» douze à treize ans , au bois du admirable. Cela n'empêchait pas
» village de Pérouse, en intention de cette sainte femme de s'affliger ex-
5. le manger, si on ne l'eust empes- trêmemeut à cause de l'hérésie de » che, comme il contessa sans lorce ^, . j 1 j m 1 . -.
» ny contraincte^ il fut condamné son h Is, et de la débauche ou il se
i> d'estre bruslé tout vif, et l'arrest plongeait. Il retourna à Carthage
» fut exécuté (4). l'an 38o , ety enseigna la rhétori-
r (4) Boain, Démonomanie des sorciers, lio. II, que avec uiie réputation trës-cflo-
chap. VI , pne. 208, 200, édition de Lyon, '■■ /^ f . 1 j-i ^
i5()8, in-8°. rieuse. Le tut alors qu il hxa son
AUGUSTIN rSAiNT) , l'un des incontinence, qui avait été vague
plus illustres përes de l'Église , et répandue sur plusieurs objets,
naquit à Tagaste dans l'Afrique I' W^^ ""^ concubine , et s'en
le 1 3 de novembre 354. Son père, contenta, et en eut un fils qu'il
nommé Patrice, n'était qu'un appela ^^eorfa/«^ , Dieu-donné ,
petit bourgeois de Tagaste ; sa mère s'appelait Monique , et avait beaucoup de vertu. Leur fils n'avaitnulle inclination pour l'étude (A). Il fallut néanmoins qu'il étudiât : son père le voulut avancer par cette voie , et l'envoya faire ses humanités à Madaure. Il l'en retira âgé de seize ans, pour l'envoyer faire sa rhétorique à Carthage. Saint Augustin y alla vers la fin de l'an 37 1 (a). Il s'avança fort dans les sciences , mais il se plongea dans la débauche des femmes (B). Il voulut lire l'Écriture Sainte ; mais la simplicité du style l'en dégoûta : il était encore trop grand admirateur de l'éloquence païenne pour trouver son compte dans la Bible. Il avait en général une forte envie de connaître la vérité; et ayant cru la trouver dans la secte des manichéens , il s'y engagea , et en
(a) Du Pin , Bibliotli. des Auteurs ecclésiast., t07n. III , pag . i58.
et qui eut beaucoup d'esprit (C).
Il devint un peu flottant dans sa secte, parce qu'il ne trouvait personne qui répondît pleinement aux difficultés qu'il avait à proposer (D) : néanmoins il ne changea pas de profession ; il attendit de plus grands éclaircissemens. Monique, sa bonne mère, l'alla trouver à Carthage , pour tâcher de le tirer de l'hérésie et delà luxure, et ne désespéra de rien , quoiqu'elle vît que ses remontrances fussent inutiles. Il chercha un nouveau théâtre à son esprit , et se résolut d'aller à Rome; et pour n'être pas détourné de ce dessein , il s'embarqua sans en rien dire à sa mère , ni à Romanien son parent , qui l'a vait entretenu dans les écoles (^).
Il enseigna dans Rome la rhétorique avec le même succès qu'à Carthage : de sorte que Syramaque , préfet de la ville, ayant su qu'on demandait à Milan un ha-
(b) Son père était mort environ l'oit 37'?.^
Sâo AUGUSTIN
bile professeur en rhétorique , le 3c) i , par Valère , évêque d'Hip-
destina à cet emploi l'an 3H3 Saint Augustin fut fort estimé à Milau : il alla rendre visite à saint Ambroise , et en fut fort bien reçu. Il allait à ses sermons beaucoup moins par un principe de piété , que par un princijiede curiosité critique. Il voulait voir si l'éloquence de ce prélat méritait la réputation à quoi elle était montée. Dieu se servit de ce moyeu pour le convertir :
les sermons de saint Ambroise firent une telle impression , que saint Augustin se fit catholique l'an 384. Sa mère , qui l'était venue trouver à Milan , fut d'avis qu'il se mariât , afin de renoncer à la vie déshonnête qu'il menait.
Il consentit à cette proposition et renvoya en Afrique sa concubine ; mais comme la fille qu'on lui destinait pour épouse ne devait être en âge nubile qu'au bout de deux ans , il ne put faire une si longue résistance à son naturel : il reprit le commerce d'impureté. Enfin la lecture des
pone. Quatre ans après , il devint coadjuteur de ce prélat , et il rendit des services très-impor— tans à l'Église par sa plume et par sa piété , jusques à sa mort qui arriva le 28 d'août 4^o (d).
Le détail de sa vie épiscopale et de ses écrits , serait ici superflu :
on peut le trouver dans le Dictionnaire de Moréri , et dans la Bibliothèque de M. du Pin; et si ces messieurs n'avaient passé trop légèrement sur la vie déréglée de saint Augustin, j'aurais pu me dispenser entièrement de cet article. Mais , pour la plus grande instruction du public , il est bon de faire connaître les grands hommes à droite et à gauche. L'approbation , que les conciles et les papes ont donnée à saint Augustin sur la doctrine de la grâce , fait un grand bien à sa gloire ; car sans cela, les molinistes dans ces derniers temps , auraient hautement levé la bannière contre lui , et mis à néant son autorité. Nous avons fait voir
Épîtres de saint Paul, les solli— ailleurs (e), que toute leur politique n'a pu les contraindre à bien sauver les apparences , et à ne lui point porter indirectement de rudes coups. Il est certain que l'engagement oii est l'église romaine de respecter le système de saint Augustin, la jette dans un embarras qui lient beaucoup du ridicule (E). Les arminiens, n'ayant pas les mêmes ménagemens à garder , en usent
citations et les larmes de sa mère, les bons discours de quelques amis , attirèrent sur lui le dernier coup de la grâce ; il se sentit bon chrétien , prêt à tout quitter pour l'Evangile : il renonça à sa profession de rhétorique , et il se fit baptiser par saint Ambroise , la veille de Pâques , l'an 387. L'année suivante , il s'en retourna en Afrique. Il avait perdu sa mère àOslie, où il devait s'embarquer (c). 11 fut ordonné prêtre l'an
(c) Tiré de /'Histoire ecclésiast. de Jean le Sueur , (om. ///, à l'an 388, pag: /j84 e' 5«iV. de l'cdilion in-ii.
{d) Du Pin , Bibliotlie'q. des Aut. eccle's. , tom. 111 , png- i58.
(e) Ci-dessus dans les remarques (C) , (D) et (L) de l'article de Jean Adam , jésuite. Vous y verrez divers jugemens qu'on a faits de saint Augustin. Voyez aussi /'État de la Faculté' de The'ologie de Louvain , en 1701 , pag. 207.
AUGUSTIN
sincèrement avec ce saint père de l'Église (F). Un savant critique français a beau se servir de termes respectueux , on ne laisse pas de connaître qu'il méprise de tout son cœur les Commentaires de saint Augustin sur l'Écriture (G).
M. Claude , qui a condamné dans ce père l'approbation des lois pénales en matière de conscience , se serait exposé lui-même à une rude censure , s'il avait encore vécu trois ou quatre ans (H).
Un médecin de Paris a publié une remarque assez singulière;
» étudié, et compris tout seul, sans j) le secours d'aucun maître, tous les » livres d'Aristote, tjui concernent la » logique et la théorie , et qu'il avait » dans le même âge composé d'excel- » lens écrits , pour découvrir et ré- » futer les erreurs de beaucoup d'au- » teurs(2). » L'écrivain qui a pris le nom de Christianus Liberius , a débité la même chose (3). M. Baillet les réfute fort solidement tous deux , par les Confessions de saint Augustin j et il découvre la cause de leur méprise.
Croyons, dit - il (4), que ceux qui les ont trompés pourraient auoir lu douze pour vingt dans l'endroit où saint Augustin en a parlé. Ce saint reconnaît qu'il aidait près de vingt ans lorsqu'il lui tomba entre les mains un
il a prétendu que ce grand saint traité d'Aristote qu'on nomme les dix
avait la force de boire beaucoup , et s'en servait quelquefois , mais sans s'enivrer. Nous rapporterons ses raisons , et celles d'un journaliste qui le réfute (I). Je ne dirai pas beaucoup de choses sur les éditions des OEuvres de saint Augustin (K). Plusieurs de ses traités ont été traduits en notre langue.
(A) // n' avait nulle inclination pour l'étude. ] Par le portrait que saint Augustin a fait lui-même de son enfance, on peut connaître qu'il était ce qu'on appelle un garnement. Il fuyait l'école comme la peste ; il n'aimait que le jeu , et que les spectacles 5 il dérobait tout ce qu'il pouvait chez son père ^ il inventait mille mensonges pour échapper aux coups de fouet dont on était obligé de se servir contre son libertinage. Furta eiiam faciebam de cellario parentiim et de mensâ , uel gulâ imperitante , vel ut habereni quod darem pueris ludum suinn mihi , quo pariter utique delec-
tabantur , tamen vewlentibus Fal-
lendo innumerabilibus mendaciis et pcedagogum et magistros et parentes amore ludendi , studio spectandi nugaloria , et imitandi ludicra inquietudine (i). Par là on réfute ce que Léon Allatius a débité , a qu'à l'âge de }) douze ans , saint Augustin avait
(t) Aiiguit. , Confess., lib. /, cap. XIX.
Catégories , dont il auait entendu parler a Carlhage auec beaucoup d'ostentation {*) Il le lut seul , et l'entendit parfaitement. De sorte qu'en ayant conféré depuis ai^ec ceux qui disaient l'auoir appris avec beaucoup de peine d'excellens maîtres , qui le leur avaient expliqué non - seulement de vive voix , mais aussi par desjîgurcs qu'ils en avaient tracées sur le sable , ils ne lui en purent dire davantage que ce qu'il en ai'ait compris de luimême en particulier . Il témoigne aussi qu'a cet dge il lut et entendit sans le secours de personne tous les livres des arts libéraux qu'il put rencontrer. Jl dit la même chose des mathématiques , et nommément de la géométrie , de la musique et de l'arithmétique.
(B) // se plongea dans la débauche des femmes. ] Il commença de trèsbonne heure, car à l'âge de seize ans il s'abandonna aux instincts de cette furieuse passion. Ubierani, dit-il (5), et quant longé exulabam a deliciis domils tuœ , anno illo sexto décima cetatis carnis mœ , ciim accepit in me scep- Irum , et toias manus ei dedi vesaniœ libidinis , licentiosœ per dedecus hu~ manum , illicitœ autem per leges tuas ? 11 passa cette année dans l'oisiveté, parce que son père n'ayant pas de quoi
(3) Léo Allatius, in Apib. urbanis, pag. i^6, apud Baillel, Enfans célèbres , pag. 59.
(3) Christ. Liberius, de Scrib. et leg. Libris, pag. 178, cite par Baillet, /« même.
(4) Baillet, là même, pag. 60, Gi.
(*) Confess., lib. IV , cap. XVI.
(5) Coufcss. , lib. II , cap. II.
AUGUSTIN
l'entretenir à Carthage, amassait peu à peu l'argent qui lui était ne'cessaire pour l'y envoyer. La joie de ce bon père fut grande , lorsqu'e'tant au bain avec son fils, il s'aperçut des progrès
sagesse. Prohibebat me sanè Alypiui ab uxore ducendd, causons nullo modo nos passe securo otio simul in amore sapientiœ t'itère sicut jam diu desiderai'eramus , si id fecissem (ii). Saint
prématurés de la nature (6). 11 ne put Augustin lui avoua ingénument qu'il s'empêcher d'apprendre cette nou- ne lui serait pas possible de se conte
velle à sa femme : il sentait déjà je ne sais quelle petite joie de grand-fière , en voyant que son fils était sitôt prêt à se marier. Quinimb ubi me itle pater in halneis uidit pubescentem et inquiéta indutum adolescentid , quasi jam ex hoc in nepotes gestiret , gaudens matri indicavit (7). La mère de saint Augustin eut plus d'inquiétude que de joie de cela 5 elle craignit que les désordres n'en commençassent plus tôt, et c'est pourquoi elle lui fit de très-sérieuses remontrances de s'abstenir du sexe et surtout de l'adultère. Secrelo memini ut monuerit cum solicitudine ingenti ne J'ornicarer , maxivièque ne adulterarem cujusquam, uxorem. Qui mihi monitus niuliebres videbantur , quibus obtemperare erubescerem (8). Mais il ne fit aucun cas de ces bonnes exhortations : il contracta une si forte habitude d'incontinence , que lors même qu'il eut renoncé au manichéisme , et qu'il se préparait au baptême, il prit une nouvelle concubine, à la place de la mère d'Adéodat , en attendant que la fille qu'on lui destinait pour femme eût atteint l'âge nubile (9). Il fallait attendre près de deux ans (10). Il est remarqua
nir, et lui allégua les exemples de quelques sages mariés , qui avaient été fidèles à Dieu et à leurs amis. 11 ajouta qu'il y avait une grande différence entre ces plaisirs passagers qu'Alypius avait goûtés et puis oubliés, et ceux dont lui Augustin s'était fait une habitude , qui deviendraient même plus doux sous le beau nom de mariage»
Alypius fut si touché de ce discours , qu'il résolut de se marier , afin , disaitil , « de connaître par expérience ce )) que saint Augustin trouvait plus » charmant que la vie même. » Cùm me itle miraretur quem non parfi penderet , it'a hœrere uisco illius uolupta~ tis , ut me affirmarem quotiescunque indè inter nos quœrœremus , cœtibem uitant nullo modo passe degere , atque ilà me dejenderem , ciim iïlum niirantem uiderem , ut dicerem multimt interesse inter illud quod ipse raptint et furtim expertus esset , quod pœnè jam nec meminisset quidein, atque ideo nullâ molestiâ facile cnntemneret , et delectationes consuetudinis mece , ad quas si accessisset honestum nomen matrimonii , no7i eum mirari oportere cur ego illam vitam nequirem spernere, Cœperal et ipse desidtrare conju-
ble que dans la dispute de saint Au- gium nequaquam uictus libidinetalis
gustin et d'Alypius sur le mariage et le célibat , Alypius , bien loin de persuader à saint Augustin le célibat , se laissa persuader le mariage. Alypius menait une vie chaste : il avait goûté en passant , et comme à la dérobée , le plaisir vénérien au commencement de sa jeunesse , mais il s'en était retiré de fort bonne heure. Il déconseillait le mariage à saint Augustin , comme obstacle au dessein qu'ils avaient formé de vivre ensemble dans l'étude de la
(6) C'était contre la bienséance connue même des païens , qu'un fils et un pire se baignassent au même lieu, frayez les Offices de Cicéron, lit: /, citap. XXXF; Valère Maxime , liv. II , chap. I, num. 7; Plularque, dans la Vie de C.Tlon l'ancien, png. 348.
(•3) ConCess., lih. II , cap. III.
(S) Ibidem.
(9) Ibidem, lib. VI , cap. XV.
(10) Ibidem , cap. XIII.
i^oluptatis , sed curiositatis. Dicebat enim scire se cupere , quidnam esset illud sine quo fita mea quœ illi sic placebal , non mihi uita , sed pœna videretur (la). Ils ne se marièrent néanmoins ni l'un ni l'autre , et ils vécurent dans la continence.
(C) // prit une concubine, et
en eut vjijils , qu'il appela Dieudonné , et qui eut beaucoup d'esprit. "] Mon lecteur sera sans doute bien aise de trouver ici quelque chose sur ce bâtard : j'en dirai ce que je trouve dans M. Baillet. « Adéodat n'avait que » quinze ans , lorsque son père fut » baptisé 5 mais il était alors si avan- » ce , et son esprit avait déjà reçu » tant de lumières , qu'il passait bien
(11) Ibidem, cap. XII,
(12) Ibidem^
AUGUSTIN
» des personnes âgées , et beaucoup j) de ceux que l'on considère dans le 3> monde pour leur gravité et leur )> littérature. Saint Augustin composa » vers le même temps un livre en M forme de dialogue , intitulé : Du » Maître. Adéodat et lui sont les deux J) personnages qui s'y entretiennent , M et il prend Dieu à témoin que tout » ce qu'il fait dire à son fils dans cet » ouvrage est entièrement de lui , w quoiqu'il n'eût alors que seize ans.
» Saint Augustin ajoute qu'il avait )) vu de cet enfant plusieurs choses » encore plus admirables que ce que » nous venons de rapporter. Enlln , >» tout esprit fort qu'il était, il dé- » clare que la grandeur de l'esprit de » son fils l'épouvantait. Adéodat reî) eut la grâce du baptême avec son » père , et il mourut peu de temps » après (i3). »
(D) Il ne trouvait personne qui répondît pleinement aux difficultés qu'il aidait à proposer. ] Saint Augustin avait l'esprit pénétrant : il était rhétoricien de profession ; il entendait la dialectique. 11 est aisé à un subtil et éloquent disputeur de former des doutes et de trouver des répliques : il ne faut donc pas s'étonner qu'il embarrassât les docteurs manichéens. Il ne faut pas même s'étonner qu'il embarrassât plusieurs catholiques , et que les faibles réponses qu'ils faisaient à ses objections le confirmassent dans ses hérésies. Il avoue qu'à son dam il avait remporté sur eux mille victoires : tant il est vrai que chaque orthodoxe ne doit pas se mêler de la dispute, et qu'à moins que d'avoir affaire à un hérétique de sa volée, on ne peut, naturellement parlant, qu'endurcir son antagoniste. Ç)K«t/«/n«oaria ijictoria penè ntihi semper in disputationibus proveniebat , disserenti cum christianis imperitis ; que successu creberrimo gliscebat adolescentis animositas , et impetu suo in perficaciœ magnum ntalum imprudenter f>ergebat (i4).
(E) L'engagement où est Véglise romaine de respecter le système de saint yiugustin , la jette dans un embarras qui tient beaucoup du ridicule. ] 11 est si manifeste à tout
(i3) Baillet , des Enfans célèbres, pag. 63, ex August. Confess. , Ub. IX, cap. F"/.
(i4) August., de duabus Aaim.
homme qui examine les choses sans préjugé et avec les lumières nécessaires , que la doctrine de saint Autustin et celle de Jansénius , évêque 'Ypres, sont une seule et même doctrine , qu'on ne peut voir sans indignation que la cour de Kome se soit vantée d avoir condamné Jansénius , et d'avoir néanmoins conservé à saint Augustin toute sa gloire. Ce sont deux choses tout-à-fait incompatibles. Bien plus , le concile de Trente , en condamnant la doctrine de Calvin sur le franc arbitre , a nécessairement condamné celle de saint Augustin j car il n'y a point de calviniste qui ait nié , ou qui ait pu nier le concours de la volonté humaine et la liberté de notre âme au sens que saint Augustin a donné aux mots de concours et de coopération et de liberté. Il n'y a point de calviniste qui ne reconnaisse le franc arbitre , et son usage dans la conversion , si l'on entend ce mot selon les idées de saint Augustin. Ceux que le concile de Trente a condamnés ne rejettent le franc arbitre 3u'en tant qu'il signifie laliberté d'inifférence. Les thomistes le rejettent aussi sous cette notion, et ne laissent pas de passer pour très-catholiques.
Voici une autre scène de comédie. La prédétermination physique des thomistes, la nécessité de saint Augustin, celle des jansénistes, celle de Calvin, sont au fond la même chose , et néanmoins les thomistes renoncent les jansénistes, et les uns et les autres prétendent qu'on les calomnie , quand on les accuse d'enseiqner la même doctrine que Calvin. S\l était permis à l'homme de juger des pensées de son prochain , on serait fort tenté de dire que les docteurs sont ici de grands comédiens , et qu'ils n'ignorent pas que le concile de Trente n'a condamné qu'une chimère , qui n'était jamais montée dans l'esprit des calvinistes, ou qu'il a condamné saint Augustin et la prédétermination physique : de sorte que , quand on se vante d'avoir la foi de saint Augustin et de n'avoir jamais varié dans la doctrine (i5), on ne le fait que
(iS) M. Basnage montre clairement que te'glise romaine , dans le concile de Trente et ailleurs, a de'cidé contre saint Augustin et contre d'autres conciles. Voyez son Histoire de la Religion des Eglises réformées , lom. II , paj^. /\^i et siiiv.
554 AUGUSTIN
pour garder \e décorum , et pour ëvi- de ses forces. In scripturis exponendis ter la dissipation du système qu'un trrocinium meum sub tantâ snrrinyr.
issipation du système q aveu de la vérité produit nécessairement. 11 y a des gens pour qui c'est un grand bonheur que le peuple ne se soucie point de se faire rendre compte sur la doctrine, et qu'il n'en soit pas même capable. Il se mutinerait plus souvent contre les docteurs , que contre les maltotiers. Si l'ous ne connaissez pas , leur dirait-on, que (^oiis nous trompez, ivoire stupidité mérite qu'on uous enuoie labourer la terre ; et , si i^ous le connaissez , cotre
tyrociniuni meum sub tantâ sarcinœ mole suc cubuit (*). J'avoue que M. Simon ne cite pas Pierre Castellan sans le blâmer. Mais pouvait-il , écrivant en France , ne pas se servir de quelque ménagement .'* Je ne puis , dit-il (i8), approuver les emporternens de Pierre Castellan , grand-aumônier de France , qui accuse saint Augustin acec trop de liberté , en lui reprochant de n'avoir fait que rêver, lorsqu'il a expliqué l'Ecriture Sainte. Ceux qui ont écrit contre lui , ont très-bien su
méchanceté mérite qu'on cous mette lui reprocher le peu d'accord qu'il y
'a entre l'estime qu'il c eut faire paraître pour les écrits de saint Augustin , et le jugement qu'il en fait ; et ils se sont servis de cette occasion , pour donner une idée fort désavantageuse de ce père (19)- On ne peut , disent-ils , se former une autre idée du bienheureux saint Augustin , que d'un déclamateur , qui dit tout ce qui lui fuient en la tête , a propos ou non , pourcu que cela s'accorde acec un certain système platonicien qu'il s'était
entre quatre murailles , au pain et à l'eau. Mais on n'a rien à craindre :
les peuples ne demandent qu'à être menés selon le train accoutumé 5 et , s'ils en demandaient davantage, ils ne seraient pas capables d'entrer en discussion : leurs affaires ne leur ont pas permis d'acquérir une si grande capacité.
(F) Les arminiens en usent sincèrement acec ce saint père de l'Eglise. ] Il n'a tenu qu'à eux de chica-
ner le terrain comme les jésuites ; formé de la religion chrétienne ; d'un
mais ils ont trouvé plus commode d'abandonner entièrement saint Augustin à leurs adversaires , et de le reconnaître pour un aussi grand prédeslinateur ( c'est un terme fort usité parmi eux ) que Calvin. Les jésuites en auraient fait autant, sans doute , s'ils avaient osé condamner un docteur que les papes et les conciles ont approuvé.
(G) Un sacant critique français
méprise de tout son cœur les Commentaires de saint Augustin sur l'Ecriture. ] Je parle de M. Simon : voyez son Histoire critique du Vieux Testament (16) , où le principal éloge qu'il donne à ce père , est d'avoir connu son insuffisance. // a très-bien remarqué, dit-il (1 7), les qualités nécessaires pour bien interpréter l' Ecriture : et comme il était modeste, il a avoué librement que la plupart de ces qualités lui manquaient , et partant , on ne doit pas s'étonner si l'on trowe quelquefoispeu d'exactitude dans ses Cornvientnires sur V Ecriture Il reconnut bientôt que l'entreprise de répondre aux manichéens, était au-dessus
(16) Liv. III, chap. IX.
(17) Là même, pag. 3f)7 , 3f)8.
esprit qui se perd à tous momens dans les nues , et qui se laisse emporter à de froides allégories ; qu'il débile comme des oracles ; d'un nomme erifin , qui n'acait aucune des qualités que doit acoir un interprèle de l'Ecriture Sainte. Ils donnent de tout cela quelques exemples bien forts. M. Simon , dans sa réplique , ne s'est pas fort attaché à défendre saint Augustin. On sent bien que son cœur n'était point là : il donne quelque chose à la bienséance , et beaucoup plus à l'intérêt de critiquer son adversaire (20). On peut remarquer en divers endroits de ses écrits qu'il croit que , puisque saint Augustin n'a pas fait difficulté d'abandonner les pères grecs sur les matières de la grâce , personne ii'est obligé de le suivre préférablement aux pères grecs. Ce subterfuge serait bien commode, mais il n'y a pas
C) Lib. I, Rétractât. , cap. XVIII.
(18) Histoire critique du Vieux Testament,
(ig) Voyez le livre inlilule' : Sentimens de quelques Tliéologiens de Hollande sur l'Histoire critique du Vieux Testament, png. 357 *' ni'V., et la Défense de ces Sentimens, pag. 348 et suiv.
(20) Vorez la Réponse aux Sentimens de quelques théologiens île Hollande , pag. 202 et suiv., et la Héponse à la Défense des Sentimens, pag. 198 et suiv.
AUGUSTIN
moyen âe s'en servir ; car , puisque la doctrine de saint Augustin sur la grâce a été approuvée par l'Eglise, il faut que toute doctrine opposée à celle-là soit à rejeter j et ainsi , tout ce que saint Chrysostome a pu dire de favorable au molinisme est un dogme particulier , et flétri , pour le moins implicitement , par l'approbation authentique qui a été donnée à saint Augustin. C'est ce que j'ai appelé ci-dessus un embarras qui jette
de ne s'éloigner jamais des opinions de ce sai/ant éuéqiie , ni que ces mêmes opinions soient des articles de foi , m enfin qu'il faille abandonner les autrès pères , lorsqu'ils ne s'accordent point entièrement ai^ec lui. L'église nous apprend dans les mômes leçons du bréi'iaire, en parlant de saint Jean Chrysostome (*), que tout le monde admire sa manière d'interpi éter à la lettre les livres sacrés , et le juge digne de ce qu'on a cru de lui j savoir.
l'église romaine dans une espèce de que saint Paul , qu'il a singulièrement
ridicule. Je rapporte les paroles de honoré, lui a dicté plusieurs choses.
Castellan : elles sont notables , et sa J'ai toujours eu beaucoup de uénéra-
Vie n'est pas un livre fort commun tion pour ces deux 'grands hommes ,
en ce pays-ci. Ut divum Augustinum qui sont encore aujourd'hui l'admira-
contra hcereticos de hominis chrisliani tion des églises d' Orient et d' Occident ;
justifie atione disputando , proximè mais ne s' agissant que de l'explication
ad difi Piiuli senientiam accessisse de certains passages de V Ecriture ,
fatebatur, it'a, linguarum ignortitione, sommasse fréquenter atque etiam délirasse sacra explicando assei'erabat :
ciimque bonarum artium magis non ignorons quam peritus dici posset , non salis idoneum esse judicabat cui de artibus disserenli legendo tenipus transmitteretur qui minime olin abundaret. Eam quoque stili ylugustiniani anfractuosam sinuositatem esse , et sermonis omni elegantid uacui impuritatem addebat , ut ab homine liberaliler in litteris educato citra fastidium legi uix posset (21).
Depuis la première édition de ce Dictionnaire , j'ai vu l'éclaircissement que M. Simon a donné pour remédier aux plaintes des jansénistes. Mon intention, dit-il {22), n'a pas été de diminuer en quai que ce soit l'autorité de saint Augustin , que j'ai toujours reconnu être le plus habile théologien
sur lesquels saint Augustin et saint Chrysostome ne sont pas toujours d'accord , j'ai cru qu'il m'était permis de suii're les interprétations de saint Chrysostome, lorsqu'elles me paraissaient plus littérales. Cette diversité , qui ne regarde nullement le fond de la doctrine n'empêche point qu'ils ne conviennent entre eux sur les points essentiels de notre créance. J'aurais pu , h la vérité , parlant de saint Augustin dans mon Histoire des Commentateurs , garder plus de modération pour ce qui est des expressions, \et j'ai même rapporté quelques termes du cardinal Sadolet, qui semblent trop durs ; mais je n'ai jamais eu dessein de combattre la doctrine de ce saint docteur , qui a réfuté avec tant de force les hérésies de son temps. ]\ ajoute qa'ils'est proposé pour son guide le cardinal Gaspard Contarin, qui jugea qu'il y avait
des églises d'Occident, et avoir mérité un certain milieu à prendre entre ceux les grands éloges que tant de papes qui , sous prétexte d'être les ennemis
lui ont donnés Je conviens que
l'Église nous assure que ceux qui ont enseigné la théologie par art et par méthode ont pris saint Augustin pour leur maître et pour leur guide.
Ce sont les paroles du bréviaire romain , mais elles ne signifient pas que ces maîtres de théologie , qui ont suivi saint Augustin dans la manière de traiter cette science , aient été obligés
(21) Pctrus Gallandius, in Vitâ Castellani, pa/i. 44 , 45.
(22} Simon , préface des Nouvelles Observations sur le texte et les versions du N. T. imprimées a Paris, en iCgS, 10-4".
des hithériens, s'approchaient trop de l'hérésie de Pelage , et ceux qui , ayant quelque teinture des écrits de saint Augustin , étant très-éloignés de sa modestie et de sa charité , prêchaient au peuple des dogmes trèsembarrassés , qu'ils n'entendaient pas eux-mêmes , et qu'ils ne sauraient expliquer qu'en se jetant dans des pa-
(*) Inlerpretandi rationein el tnhterentem sen tenlice sacrorurn libronttn explanaUonem onines admiinntur, dignumque exislimanl cui Paulus apo\loUiSy tjuem ille mirificè coluii, scribenti el prardicanti inutla dictasse videalur. Breviarium Romiintim.
AUGUSTIN
radoxes. « J'ai cru , continue -t-il , ï> que je ne pouvais mieux faire , que }) d'imiter ce grand cardinal, ayant à j> re'pondre à quelques the'ologiens de » Hollande , qui m'avaient objecte )) que la tradition de l'Eglise n'était )) point constante et certaine, en don- » nant pour exemple les matières de :» la grâce et de la pre'destination , » sur lesquelles l'Eglise avait suivi et » autorisé la doctrine de saint Augusî> tin , quoiqu'il se fût éloigné , di- « saient-ils , des pères tant grecs que 3> latins qui l'avaient précédé. Je leur » ai fait voir que la diversité que l'on » y pouvait trouver n'était que sur » des choses qui n'avaient point été » décidées comme de foi , et sur quel- » ques passages de l'Ecriture, qui pou- » valent être expliqués diversement ; )) et qu'ainsi l'on ne devait pas accu- )) ser l'Eglise de n'avoir point été » constante dans la tradition. » Pour peu qu'on examine cela , on découvre que c'est un fard , ou un plâtre , qui ne peut tromper que les gens simples j car d'où viennent , je vous prie , les controverses les plus capitales? N'estce point de ce qu'on explique diversement quelques passages de l'Ecriture ? Pourquoi donc employez - vous l'idée de cette diversité pour nous faire entendre que saint Clirysostome et saint Augustin ne difi'èrent en rien d'essentiel? Est-ce un accident, estce un accessoire , à la doctrine de la grâce, que desavoir en quoi consistent les forces de l'homme pécheur , et quelle est l'essence de sa liberté ?
JN'est-ce pas plutôt une partie fondamentale de ce dogme ? Si donc ces deux pères sont opposés directement dans l'explication de la nature du franc arbitre, il est sûr que leur discorde concerne le fond , et que [l'Église n'a pu adopter l'hypothèse de l'un, sans rejeter celle de l'autre. Ou bien il faudra dire qu'elle approuve une vérité , sans condamner la fausseté opposée ; car enfin , quoiqu'il fût possible qu'ils se trompassent tous deux , il ne l'est point que l'opinion de tous deux soit véritable. Il faut donc, ou que ceux qui suivent les explications de saint Clirysostorae se trompent, ou que ceux qui suivent les explications de saint Augustin enseignent une fausseté. Voilà , encore un coup , le grand embarras de la communion de nome.
Elle se voit obligée d'approuver ceux qui donnent tout, et ceux qui ôtent tout à la grâce , par rapport au consentement de l'homme. Une partie de ses docteurs disent que l'homme forme ce consentement avec une pleine liberté de le refuser ; l'autre partie enseigne que la grâce produit ce consentement , sans laisser à l'homme la force prochaine de le refuser. Les uns ou les autres débitent une fausseté qui ne roule point sur une vétille, mais sur un point de très -grande conséquence. Cependant l'église romaine avec son infaillibilité prétendue ne condamne rien là- dessus. Si elle condamne le jansénisme , elle est contrainte de déclarer en même temps qu'elle ne condamne point saint Augustin (23) : c'est défaire d'une main ce que l'on a fait de l'autre. Notez en passant ces paroles de M. Simon :
La diversité n'était que sur des
choses qui n'avaient point été décidées comme de Joi.Cest-à-dire, que, pourvu que l'on ne débite le mensonge que sur les points qui n'ont pas été encore décidés comme de foi , on ne laisse pas d'être fidèle et bon chrétien : notez , dis-je , ce privilège de la conscience errante. Notez aussi, qu'encore qu'il fût permis de n'être pas du sentiment de saint Augustin , lorsque les matières de la grâce n'avaient pas été encore décidées comme elles le furent au temps de ce père, il ne s'ensuit pas que depuis ces décisions il doive être libre aux écrivains du XVII*. siècle de revenir au sentiment de saint Chrysostome ; car voici une remarque solide d'un théologien qui ne peut pas être suspect à M. Simon : « Dans les disputes touchant la « grâce , l'élection et la prédestina- » tion , on a moins d'égard aux an- )) ciens pères qui ont vécu avant l'hé- » résie des pélagiens , qu'à ceux qui )) sont venus depuis ; et on en a beau- » coup plus aux latins qu'aux grecs , « quoique postérieurs à cette héré- » sie.... Or, entre les latins, dont nous j) avons déjà vu que l'autorité le de- )) viiit emporter au-dessus de celle des » autres pères , les théologiens conn viennent que saint Augustin est
(23) Vojei la réponse qui a ùé faite par un janse'niHe à M. Leydecker. Il en est parle' dans /'Histoire des ouvrages des Savans, en 1697, pag. 25i.
i> celui auquel on se doit le plus j) arrêter : car, non-seulement, tous les » docteurs qui sont venus depuis lui , » mais les papes mêmes , et les conci- D les des autres évêques , ont tenu sa » doctrine touchant la grâce j pour « certaine et pour catholique , et ils » ont TOUS CRO que c'était une sufli- » saute preuve de la ve'rité d'un sen- » timent , de savoir que ce saint l'a- )> vait enseigné (2^). »
(H) M. Claude 5e serait exposé à une rude censure , s' il eût ^é-
cu encore trois ou quatre ans. ] J'ai deux choses à montrer : l'une que M. Claude a trouvé mauvais que saint Augustin ait approuvé les lois pénales contre les hérétiques • l'autre que , s'il avait vécu encore trois ou quatre ans , il eût été censuré d'avoir censuré saint Augustin.
I. Pour prouver la première de ces deux choses , je n'ai qu'à rapportet les termes dont M. Claude s'est servi dans une lettre qui a été rendue publique. Il avoue que saint Augustin aidait l'esprit admirablement beau , l'imagination abondante et heureuse , marquant presque partout une grande piété , une grande justice et une grande charité ; mais il ajoute qu'il y a une chose qui flétrit extrêmement sa mémoire , savoir , qu'après ai'oirété dansdes senlimens dedouceur et de charité touchant la conduite qu'on doit tenir eni'ers les hérétiques , les contestations qu'il eut avec les donatistes réchauffèrent tellement , qu'il changea du blanc au noir, et soutint hautement qu'il fallait persécuter les hérétiques (aS).
II. Les actes du synode des églises wallones des Provinces-Unies , tenu à Amsterdam au mois d'août 1690, établissent invinciblement la seconde chose que j'ai à prouver; car c'est ici l'une des propositions que cette assemblée conda nana, /e magistrat n'est point en droit d'employer son autorité pour abattre l'idolâtrie et empêcher les progrès de l'hérésie. Cette proposition , dis-je , est l'une de celles que le synode déclare solennellement et unanimement fous ses , scandaleuses, per-
C24) Petav. Dogmat. theolog. , tom. I, lib. JX, cap. VI , cité par M. Arnauld , Difficult. propos» à M. Sleyaerl, part. IX , pag. 100.
(iS) foyei la LeRre écrite de Suisse, imprimée à Dordrechl, en 1690 , pag. 20.
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nicieuses , destructives également de la morale et des dogmes de la religion. Le synode comme telles les proscrit , les interdit , et les condamne , défendant sous les dernières censures à toutes personnes ecclésiastiques et séculières de les débiter , ni dans les chaires, ni dans les conversations particulières, et ordonnant très - expressément à tous les consistoires de son ressort de redoubler leurs soins et leur vigilance pastorale à proportion du danger qui menace leurs troupeaux , de réprimer sans distinction et sans complaisance tous ceux qui se trouve^ ront coupables , en suspendant les particuliers de la sainte cène ; et à l'égard des ministres, ils les suspendront de leur charge jusqu'au prochain synode, en appelant à ce jugement deux pasteurs des églises voisines (26). Si M. Claude eAt été en vie pendant la tenue de ce synode (27) , on n'aurait pas peut-être condamné la proposition que j'ai rapportée, médira quelqu'un.
Je n'en sais rien ; mais , quoi qu'il en soit , on ne peut nier que son sentiment n'ait l'eçu le coup de foudre j car il est visible que saint Augustin n'a établi autre chose , sinon que les magistrats doivent réprimer les hérétiques , en les soumettant à certaines peines. Or le synode d'Amsterdam établit cela avec tant de force , qu'il met la proposition contraire dans le nombre des erreurs pernicieuses pour lesquelles il veut qu'on excommunie les laïques , et que l'on suspende les ministres : il a donc décidé la même doctrine que M. Claude avait condamnée dans saint Augustin j le sentiment de M. Claude a donc été fulminé par ce synode.
Si M. Claude a été surpris que saint Augustin soit passé du blanc au noir , d'autres s'étonnent encore plus que les ministres fugitifs de France (a8) soient passés tout de même du blanc au noir.
(26) Voyei. ce qui a été publié des Actes de ce syaode , dans le T.nbleau du socinianisme , pag. 5(>5.
(27) // était mort au mois de janvier 1687.
(28) Ils étaient en beaucoup plus grand non' bre dans le synode , que les ministres wallons, et ils ont agi de concert avec les ministres réfugiés en Angleterre. Voyet les Actes de ce synode, touchant la VIII'. lettre du Tableau du SociDianisme , pag. SSg et suiv. L'auteur de ce Tableau assure, pag. 558, que l'arrêté et ié» déGnitions de ce synode ont été fAÎts d'une ni^-nière uDanime.
AUGUSTIN
Car, au lieu quesaint Augustin changea cierge' de France s'est fort servi des d'opinion, à cause que les lois des etn- raisons de saint Augustin , pour justipereursavaientfaitcesserun schisme, fier la conduite de la cour envers les les ministres rëfugie's ont change' de reformés. On a fait imprimer à part sentiment lorsque la ruine de leurs en beau français tout ce que saint Auéglises par l'autorité du souverain giistin a publié sur cette matière. Un était encore toute fraîche, et que la protestant en a donné la réfutation dans plaie était encore toute sanglante. Si la 111*. partie du Commentaire philoon leur avait demandé , pendant que sophique sur Contrains-les d' entrer. les édits de persécution ne cessaient Voyez (3o) les réflexions qui ont été de pleuvoir sur le parti, ce qu'ils pen- faites sur le préjudice que fait à la saient de la conduite d'un souverain bonne cause l'autorité de ce saint. On qui assujettit à diverses peines ceux a été surpris que M. Poiret ait tâché de ses sujets qui ne demandent que la de l'excuser. Voyez l'Histoire des ouliberté de prier Dieu selon les lumières vrages des savans, au mois de mai de leur conscience , ils auraient ré- 1692, page 358, et au mois d'août de
pondu qu'elle est injuste j et dès qu'ils la même année , page 552. se sont vus en d'autres pays, ils ont (I) Un médecin.... apré\ prononcé anathème sur ceux q damnent l'usage des lois pénah
]ui coules contre les errans. Cela doit servir d'exemple de l'instabilité des choses humaines : il y a bien à moraliser là-dessus
étendu que ce saint bui'ail beaucoup.... mais sans s'eniiTer. Nous rapporterons ses raisons et celles d'un journaliste qui le réfute.'} Le médecin dont je parle est M. Petit. Le chapitre où il traite de
Celui qui fut le promoteur de ces cela est intitulé :^t£/eri.S.^MguitinMwi décisions synodales avait déjà passé non in^alidum potorem fuisse (3i). Il du blanc au noir ; mais c'était en met d'abord le fondement de sa préquelque façon par un privilège spé- tention dans ces paroles de saint Aucial, et par une dispense prophétique gustin : Ebrietas longe est a me ; miqui ne tirait point à conséquence pour sereberis , ne appropinquet mihi. Crales autres. Sa Politique du clergé, son pula * autem nonnunquàm surrepit Préservatif, etc. , avaient condamné servo tuo; misereberis , ut longé Jiat hautement l'usage des lois pénales en à me (32). C'est-à-dire, L'ivresse est matière de religion. 11 avait traité loin de moi ; wous aurez pitié de moi , amplement de cela dans sa Réponse à Seigneur, ajin qu'elle ne s'en approl'Histoire du Calvinisme , et pour le che. La crapule surprend quelquefois moins il avait donné à connaître qu'il i>otre serviteur; vous aurezpiliéde lui, souhaitait de réfuter solidement les afin qu'elle s'en éloigne. Il semble apologistes des lois pénales. Il est vrai qu'il y ait là une espèce de contradicqu'il avait ruiné d'une mam ce qu'il tion ; car la crapule étant l'effet de l'iavait tâché de bâtir de l'autre , et presse, comment peut-on avouer, sans qu'il tomba dans une pitoyable con- se contredire , qu'on ne boit jamais tradiction , qui l'a exposé à des raor- jusqu'à s'enivrer, et que cependant on tifications terribles dans plusieurs succombe quelquefois à la crapule ? écrits qu'on a publiés contre lui 5 mais
enfin, lUSque-là, on ne pouvait pas le parM-îluet, ministre de Dorl,pag. lii et
convaincre d'avoir dit nettement et '^4- , ^ . , ,
• • '™„v,f 1» r.11; ^t 1p non Cp n'a (3o) Ofln^t la Défense des Sentimens de quelprecisement le oui et le non. Le n a \ théologiens de Hollande sur l'Histoire criété qu'en conséquence des révélations ,iquj, p„g. 355 et suivantes. qu'il a cru recevoir d'en haut sur la ^,^^^ ^^ ^.y, ^^ ^^„ ;.,,^^ intitule: Ho-
per les sectes par l'autorité nu oras de saint Augustin. Crapuia, y
Si'Culier. Il s'est imaginé que ces gens- «tre pris pour l'excès dans le manger. Cette
là lui faisaient une querelle person- '^ZV::''^::^':^'^l^'Z^^t
nelle, et qu ils conspiraient contre son note de plus de trois pages pour défendre son
Explication de l'Apocalypse (29). Le opinion. (î()) Voyet. /'Apologie pour les vrais Tolérans, (3») Augvislin., lib. X, Confess., cap- XXXI
AUGU
M. Petit justifie par l'autorité d'Aristote , que la crapule est le dernier période de l'ivresse , que c'est la douleur de tête qui reste lorsque le sommeil a dissipé les vapeurs du vin, et lorsqu'un homme qui s'était enivré recouvre la connaissance, et n'est plus dans l'aliénation d'esprit qui lui ôtait le sentiment. Il confirme cela par un passage de Pline et par des vers du poète Alexis; et voici comment il lève la contradiction apparente. 11 suppose que ce grand saint avait la tête assez forte pour pouvoir boire beaucoup de vin sans perdre l'usage de la raison , mais non pas sans en être incommodé le lendemain : Quodedesset cerebri ac mentis firniitale, ut posset, in eâdem vini quantitate quœ multos ad insaniam redigeret, ralionis usum conser^'are (33).
Sur ce piedlà un homme peut avouer qu'il ne s'enivre jamais , quoiqu'on quelques occasions il se sente tourmenté de la crapule pour avoir trop bu; et il doit reconnaître en cela un certain défaut qui l'oblige à implorer la miséricorde du Père céleste, o'ic «obis dubitatio illa uanescil, findicaturque Augustinus a turpitudine eorum , qui rationem suani uino obruere non dubilant : non tamen a culpd omninô, ipso judice , qui tantiim i^ini hauriret, indè ut crapulam aliquando incurreret, nec posset sibi inter pocula temperare, quin nimio pfitu interdiim i'aletudini suce incommodaret- Qud de re ibi misericordiam Dei implorai (34)' M. Petit excuse saint Augustin sur la qualité du climat où il habitait, et sur la coutume des Africains , et se propose cette objection : Il est probable que ce grand homme mettait en pratique ce qu'il conseillait aux autres : or il a loué ceux qui se contentent de vivre d'herbes et de lard , et de boire deux ou trois verres de vin pur : Duœ ■ el très i'ini meracœ poliones propter diligentiam ualetudinis sumptœ cum olusculis et lardo laudantur (35). On répond qu'il est vraisemblable que saint Augustin ne se tint pas tellement assujetti à cette règle, qu'il ne la passât quelquefois entre ses amis et ceux qu'il priait de manger à sa table épis-
(33) Petrus Petitus, fiomeri Nepentlie.': , pag. l38.
(34) Idem, ibid. , pag. i3ç).
(35) Augustin., in iiiro de Moribus manicligeorum , apud Petitum , ibid. , pag. 140-
STIN, 55^
copale : F'elim et mihi illud conccdi , non miniis probabile ; non itahimc regulœ illi addictum vixisse , ut non eum uini moduni nonnunquam inter amicos , et meusœ episcopalis hospites bibendo excederet (3G}. Car autrement il faudrait conclure qu'il ne vivait que d'herbages et de lard , ce qu'on ne pourrait penser sans une folie monacale , Qund putare cucuUatœ esset dementice (37).
Voyons ce que M. Cousin a répondu à cet étrange paradoxe de M. Petit : c'est ainsi qu'il nomme ce sentiment (38). Il veut qu'on lise le chapitre entier des Confessions d'où le passage a été tiré (39). On verra que saint Auguitiny représente la disposition oit il était à l'égard du boire et du manger, et déclare qu'il avait appris de Dieu a ne rechercher les alimens que comme il aurait recherché les remèdes , et à user de la même sorte des uns et des autres. Il dit que , suivant ce principe , il est toujours en garde contre le plaisir , lorsqu'il satisfait aux besoins de la nature; qu'il se fait une guerre continuelle par les jeUnes et par l'abstinence ; qu'il réduit soutient son corps en servitude , et entend sans cesse la uoix de Dieu qui lui crie : Ne graventur corda vestra in crapulâ et ebrietate (4o). M. Cousin demande 51 un éwêque qui a wécu de la sorte , peut être soupçonné d'ai^oir bu quelquefois ap-ec excès ; il assure qu'tï n'y a point ici de distinction à faire; que saint Augustin n'a jamais bu qu'autant que la nécessité le demandait ; et qu'ainsi quand il dit crapula autem nonnunquam obrepit servo tuo , il prend le mot de crapula dans un autre sens (4i) Outre celui d'Aristote, auquel il signifie la chaleur et la douleur causées par le fin pris avec excès, il en peut ai'oir encore au moins deux autres , selon l'un desquels il est pris pour l'excès du manger , et selon l'autre pour le plaisir même de manger et de boire.
Ce n'est pas au premier que saint Augustin l'a pris , car il était aussi éloigné de manger avec excès, que de boi~
(36) Petitus , ibidem.
(37) Idem, ibidem.
(38) Journal des Savans du 17 juin 1689, pagi 426 , e'dilion de Hollande.
(39) Là même , pag. 427.
(40) Là même.
(4i) La mime, pag. 4i8.
56o AUGUSTIN.
re avec excès. Il n'a donc pu le pren- débauche de uin ou d'autres liqueurs dre qu'au second; et avouant que, bien qui enivrent. Crapuler , ajoutc-t-il qu'il s'efforçdl de résister continuelle- veut dire boire sans cesse , s'enivrer Tnent a la tentation du plaisir , qui se salement et continuellement. Le dicînet comme en embuscade au passage tionnaire de l'académie française des alimens nécessaires pour apaiser confirme ces définitions. Mais il n'y a la faim et la soif, et pour entretenir point de conséquence à tirer d un la santé , néanmoins il s'y laissait siècle à un autre , quant au sens des quelquefois surprendre. Celte surprise termes. L'usage le fait varier prodiarrive aux plus parfaits, à ceux qui gieusement. La distinction entre l'irefusent tout a leur corps , et qui ne le vresse et la crapule était certaine au nourrissent que de jeûnes et d'absti- temps d'Aristote et au temps de saint nence. M. Cousin continue ceci en in- Augustin. Cela est encore plus clair diquant plusieurs choses que Possi- par le passage de ce père de l'Église , dius a rapportées touchant la sobriété que par celui de ce philosophe. La de saint Augustin, Je crois qu'il n'eût question est de savoir en quoi consispas mal fait de donner de bonnes tait cette différence au temps de saint preuves des deux significations du mot Augustin. Si M. Petit avait répliqué à crapula qu'il a jointes à celle que M. M- Cousin (47) , il aurait débité sans Petit a si bien prouvée. doute beaucoup de littérature , et je C'est à mes lecteurs à prononcer sur pense qu'il n'aurait pas oublié ceci : cette dispute : je me contente de leur c'est que les auteurs qui, comme Arisindiquer les raisons des deux parties, tote, traitent dogmatiquement un su- 3'ajoùterai seulement que j'ai consul- jet, descendent dans le détail des genté plusieurs dictionnaires , sans y res et des espèces, et observent la protrouver la moindre trace de la signi- priété des termes destinés à signifier iication que M. Cousin veut que l'on les différences des espèces , ou les difdonne au mot crapula dans cet en- férens degrés d'une même qualité ; droit-ci. J'ai même trouvé qu'il y a mais les poètes et les orateurs quittent des médecins qui soutiennent que l'i- bientôt cette exactitude , ils introduivresse et la crapule signifient la mê- sent un usage plus dégagé, ou bien ils me chose, et que ceux qui y cherchent s'accommodent à l'usage du public , des différences s'amusent à des dispu- qui fait prendre indifléremment les tes de mots. Qui differentiam cra^^u- uns pour les autres , en mille renlam et ebrietatemTïn^^""' Myni^eL'xyi- contres , les termes quelles docteurs en. Foës,pag. 353. Z)tc«. num. 47^ avaient distingués. (42). Il est certain que dans Cicéron (K) Je ne dirai pas beaucoup de les termes de crapulam edormire, cra- choses sur les éditions des œuvres de pulam exhalare , veulent dire la mê- saint Augustin.^ M. du Pin en a donme chose que les mois français cuver né une liste (48) qui n'est ni aussi amson vin (43). Plante emploie dans le pie , ni aussi exacte que celle que les même sens crapulam. amovere (44) > journalistes de Leipsick en ont donnée crapulam edormire ( 45 ) j crapulam (49). Or, comme il est très-aisé de edormiscere (^6). On sait aussi que consulter ces auteurs-là, il serait bien présentement notre mot crapule est superflu de les copier ici. Je dirai plus odieux que celui d^ivresse , car il donc seulement que la meilleure édisignific le degré le plus excessif de l'i- tion des ouvrages de ce père est celle vrognerie. C'est, comme le remarque qui a paru à Paris par les soins des bé- Furetière , une uilaine et continuelle nédictins de Sainl-Maur. Elle est divisée en dix volumes infolio , comme (42) Jacob. Pancratius Bruno , in Lexico me- quelques autres , mais elle a donné un dico pa|. 385. r„'„„ nouvel arrangement ou une nouvelle
Ui) yovei la II*. Plulippiqne de Ciceron, ■ 1 u .. 1 Ip,-
chap. XJl,eLla F///". Vetrine , /<>. ///, économie dans chaque tome. Le P' . chap. XI.
(44) Plaut. , in Pseudolo, act. V, scen. I, (^'j) Il n'a pu le faire ; il était mort avant que yf^ 35. son Nepenthes eut vu le jour.
(45) Idem , in Mostell. , acl. V, scen. II , (4») ^ojet sa Nouvelle Bibliotliéque des aaj,j I. leurs ecclésiastiques, tom. III, pag. 257, e'di-
(46) Idem , in Rudente , act. II , icen. VII, lion de Hollande.
vs. 28. (49) Dans leur moit de janvier i683 , pa§. 3
AUGUSTIN
et le II*. furent imprimés l'an 1679 ^ le III*. fut imprimé en 1680; le IV*.
en i68i 5 le V*. en i683;le VK et le VII*. en i685 ; le Vlll*. et le IX*. en i688^ et le X*. en 1690. Ce dernier volume contient les ouvrages que saint Augustin composa contre les pélagiens.
Il a paru une Lettre de l'abbé D*** aux RR. PP. Bénédictins de la congrégation Je Saint-Maur , sur le dernier tome de leur édition de saint Augustin (5o)- L'auteur de cette lettre prétend qu'ils ont eu pour but de favoriser le jansénisme, et que les preuves qu'il en apporte sont convaincantes. J'ai ouï dire que cette lettre embarrasse d'autant plus les bénédictins qu'il y a quelques évoques qui leur demandent compte de leur conduite , et qui les menacent de faire défendre dans leur diocèse la lecture de cette édition de saint Augustin. Ces savans pères ont donné des éclaircissemens là-dessus, et ont satisfait le public à l'égard de ce reproche. Voyez la Lettre d'un théologien à un de ses amis ,
contient 79 pages in-ia , et il a été imprimé l'an 1699. On y apprend, entre autres choses , 1°. qu avant qu'ils eussent rien publié pour leur défense, un inconnu... leur adressa un écrit qu'il eut soin défaire débiter dans tout Paris, ai'ant que de leur en envoyer aucun exemplaire (53j ; 2°. qu'il avait donné pour titre à son ouvrage : Lettre d'un abbé commendaïaire aux révérens pères bénédictins de la con-^régation de Saint-Maur ; 3°. que comme celle que l'abbé allemand avait écrite contre ces pères s'était appelée la Bénédictine allemande , on appela celle-ci /rt petite Bénédictine , et tout le monde disait que la cadette valait bien l'aînée; 4"- '/"« l'auteur ne fait le personnage , depuis le commencement jusqu'à la fin , et ne parle le langage des jansénistes , que pour mieux se faire entendre des bénédictins (54) ; 5**. que la petite Bénédictine piqua et réveilla les gens du parti, qu'ils songèrent dès lors à soutenir le nouvel Augustin, et que M. l'abbé du Guet alla à l'abbaye offrir sa plume à la
sur un libelle qui a pour titre Lettre congrégation de Saint-Maur ^^55) j de l'abbé *'**, etc Elle fut achevée 6°. que la petite Bénédictine n'avait
d'imprimer le 22 de février 1699, et contient 88 pages in-12 5 mais elle n'a point terminé le différent. Il a paru un Mémoire d'un docteur en théologie, adressé a messeigneurs les prélats de France, sur la Réponse d'un théolologien des PP. bénédictins a la Lettre de l'abbé allemand (5i) : et l'on soutient dans ce mémoire que tous les reproches qui avaient été faits aux bénédictins sont justes, et que ces pères y ont très-mal répondu. On remarque (53) qu'ils ont envoyé de Rouen à Paris une seconde réponse à l'abbé allemand, et que le père de Sainte-Marthe souffre même, dit-on, volontiers qu'on la lui attribue. Les bénédictins ont ré-
pas encore été vue de tout le monde , qu'une autre plus petite et plu-s agréable se montra tout à coup (56) ; elle était intitulée : Lettre d'un bénédictin non réformé aux réuérens pères bénédictins de la congrégation de Saint- Maur , et venait de la même source que la petite Bénédictine i 7°. que les bénédictins délibéraient encore quand on vit prendre l'essor à une quatrième Bénédictine, qui était d'un sérieux à faire croire qu'elle sortait uéritablement d'un cloître : elle avait pour titre : Lettre d'un bénédictin reformé de Saint- Denis , pour servir de réponse à l'abbé allemand , h l'abbé commendalaire, et au bénédictin non ré-
pliqué , et n'ont point fait taire leurs formé (5"]} ; 8°. que la première répouantagonistes. Il a paru d'autres écrits se des béné(iictins partit de Saint-De-
pour et contre, dont je ne saurais donner le détail , puisque je n'en ai vu qu'une petite partie. J'ai vu le livre intilulé : La conduite qu'ont tenue les pères bénédictins, depuis qu'on a attaqué leur édition de saint Augustin. Il
(5o) Cette pièce est imprimée Van i6gg : elle contient 72 piges l'n-ii,
(5i) Imprimé l'an 1699. // contient 128 pages in-it.
{33) Pag. 121.