‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 110 sur 113 · CI tu gici^ . Signalts quam lu condideras labulis · texte numérisé non relu

CI tu gici^ . Signalts quam lu condideras labulis

Sermone: impromptus laiio , verim attica ^'c'^'!'^, """ ""'?»«'"• ^'''^ mafriV cura relexit

lingua Jedula, quam Umidi cura tegebatavi (21).

Suffecil culU vocibus eloouii(tV\ Il „î„„i„ ta u • ' j

"^ ' 9"mi3;. 11 ajoute qu Arbonus , expose de

Ne nous étonnons point si après sa t^ipps en temps aux coups de la mau-

mort on l'honora de cet éloge : // n'y y^i?^ fortune, et pleurant son fils qui

a personne qui l'imite; il n'y m'ait eu ^^^^^ ™ort âgé de trente ans , se con-

personne qu'il imitât. solait dans ses disgrâces par l'espé-

IndèelperfunclœmanHUœcre.erenaa.il., Z^Zâ""" ^'^"'^l^'T'' ^'^^^^^^ P'"''-

■^'as nostra ilU qubd dédit hune lUulum .- mettait a SOn petlt-fils.

""iT-"^"'"""" ' '""" ^"""""'"'■' '^"*^ Dicebas sed le solatia longa fovere.

Sic nullùm, qui se nunc imitetur habel fii) vF"^^ '"^^ Pf'^^Pf'^f"^'^ manerel honos.

, ■/ •- i„Hi.ei.ur, nauei t^m). £j modo concdus ammarum mixte piorum

Notez qu'il fut honoré de «llpIrniP^ c ^""' '«• "-^«^ «<"« '"'polis habes

^ juL jiuuuie ue quelques Sentis quod quœslor , quod te prœfeclut , et

ctiarges illustres , sans avoir la peine idem >■ j >

de les exercer, et qu'il mourut à l'âge Consul Jionorificomunere commémora (22).

fvo^'r"'^p?^^^i"^^"'^•^^","^''''' f"' Remarquez bien qu'il suppose que

encoreirn,i^f •?*'•,"• ™''^^'^* l'^"'^ ^^ ««° ^»eul n'ignorait point

aurunepartL °"' "''"'"'^^^^^ ^""' '" séjour des bienleureux l'ac-

" ■ coraplissement de l'horoscope , et le

Curia me duplex , et uterque senalus habebat détail des dignités que notre poète

. . ?*r" ^•^^'"■'""' '^o'^inepanicipem (i5). avait obtenues à la cour impériale. Il .".!!!.! ^s*- nioins orthodoxe en un autre en-

Ipse nec affectans , 'nèc 'd'etrectalor'h'on'orum, *^,™i' ' ^^^ ^^ Y ^"^"^^ «'il reste quelque

Pitefectusmagninuncupor Illyrici {16). chosc de nouS OU DOn , après notre

mort :

Nonaginta annos bàcidô 'sine\'corpore tôlô ^'^ """" ' ''"" "''^""^ post fata exlrema

Exegi, cunctisinteger officiislin). -.^. "'''«■""'

rivus adhuc , cevi quod periU meminens ;

Il composa en latin quelques ouvrages Si^e mhil superesl, nec habent longa otia

de médecine, dont Vindicianus dS'» t /f"^"^' , , /• ,/,>

^ -, -, ^ 5 """•' » «uuiviaiiuo ^loy lu libi vixisli ; nos tua fama iuvat(ïi).

et JVlarcellus (19) ont fait mention , . . • / ,.

honorablement. Scaliger affirme qu'il ""^ ^^ ^^^^ ^* ^^^^ ^"* disent qu il

fut médecin de l'empereur Valenti- était païen ont jamais cité ce passage

nien ■ et cela avant même que son fils comme une preuve de leur sentiment,

eût été choisi pour précepteur de (^^ ^" "^ saurait douter qu'il ne

Gratien (20) : je n'en ai trouvé au- f^'- ««^^re en i^ie l'an 388 , et même

cune preuve dans Ausone. ''«" ^9^ ^ e' '/« '' "'«»« '^ecw long-

(B) Son horoscope faisait croire îf"'f " ^ " ?"• (^4) de la punition

qu'il parviendrait a de grands hon- ^" .^y";?" ^lll^?%l T^ Theodose fit

neurs.] C^cilius Argiciul Arborius , P^rir lan 388 (a5). Baronius prouve

son aïeul maternel, entendait l'astre- <!«« P'*"!»" «« consacra a la vie mo-

logie, et avait dressé cet horoscope. f,^«t'f '; /A° V''' 'Tf J"' '

Il le tenait caché, mais sa fille le M" 394 (26 . Ce ne fut que peu d an-

' nées après la vie dévote qu il avait

(12) Auson., m Parental. , cap. I, pag. iio. (^i) Auson., in Parental., cap. IX, pag. 117.

(li) Idem, in Epiced. , pair. 2n8. , , ,. •, •> q

; / , . . D .1 r (^^) Idem, ibid. , pag. ii8.

(la) Idem, m Fareotal. , caif. I , vas. no, /• t\ r i • -n t -u ^ t •

, J , , ,, 1 - f 1 f o- '^"- M) Idem, in Professonbus , cap. I , in

(i5) Idem, m LpiccJ. , pag. 298. ^„g ^ p^g. j48.

(16) Idem, ibid. , pag. 3o2. ^^^^ /„ Claris Urbibus , cap. VII, pag. 237.

(17) Ibidem, png. 3o3. ^ ^^jj ^.^ „(,„ l'an 3f)i , comme Z'awure Vinet

(18) Voyez Scaliger, in Vilâ Ansonii. j„r cet endroit (Z'Aus'one. // esl plus exact dans

(19) Marcell., in Episl. prœfixd, lih. tic Me- la Vie d'Ausone ; il y marque l'an 388.

ilicâ , et cap. XXV ejutd. libri. (2C) ISaron. , Annal., ad ann. Sg') , nnm. 72,

(20) Scaliger., m Viiâ Aiisonii. VS' ^^4-

menée en Espagne, et qu'Ausone avait Ainsi la lecture des ouvrages de saint

blâmée. Voilà ce qui fait juger que Paulin fait tout le contraire de ce que

ce poëte vivait encore l'an 892 , d'où Vossius et quelques autres ont assuré ;

il s'ensuit qu'il vécut long-temps; elle fait voir le christianisme d'Au-

car il était déjà vieux lorsqu'il fut sone , comme l'a très-bien reconnu

fait consul, l'an 379(27). Joignez à cela , que la différence d'âge entre lui et son père était fort petite (28) ; or il survécut à son père , qui mourut à l'âge de quatre-vingt-dix ans.

(D) Il y a d'habiles gens qui croient qu'il n'était pas chrétien.] Vossius est de ce i^mbre : Poêla Juit gentilis , dit-il (2g) , quemadmodiim ex Paullino liquet : ut quœ Christurti célébrant perperam illi sint iributa. Le père Briet assure la même chose ; il ne fait que donner un autre four aux phrases de Vossius : IHx Paullino certum est eum ethnicum fuisse , quare opéra christiana huic adjudicari solita , sine dubio alterius sunt (3o).

M. Borrichius passe plus avant, car il assure qu'Ausone encourut souvent les censures de Paulin , à cause de son paganisme : Religione ethnicus , eo- QUE à Paullino amico , sed christianis sacris dedito , identidem objurga-

tus (3i). Paullinus discipulus Au-

sonii quem colebat ut prœceptorem , sed ut ai^ersuvi h christiana religione subindè increpabat , quemadmodiim ex opère ipsius liquidum est (Sa). Tout ceci nous montre que même les grands auteurs s'épargnent la peine d'aller aux sources , et qu'ils s'arrêtent au témoignage du premier venîi. Ceux qui consultent les ouvrages de saint Paulin n'y trouvent rien qui leur persuade qu'Ausone faisait profession du paganisme ; et dès là qu ils n'y lisent point qu'on ait exhorté fortement ce poète à se faire baptiser, ils concluent qu'il professait l'Évangile. Ils le concluent encore plus certainement de ces paroles expresses qu'ils y rencontrent :

Non reor hoc Sancto sic displicuisse Paren-

Ti(33), Mentis ut errorem credal , sic fivere Chris-

to (34).

(in) Anson. , in Gratiar. Âctione , pag. 70g.

(28) Auson., Epist. I.

(29) Vossius, de Poët. lat. , pag. 55.

(30) Brietlus , de Poët. lat. , lib. JF , pag. 5o.

(3i) Borrich. , Dissertât, de Poëtis, pag. •;3.

(32) Idem, ilnd. , pag. ^4-

(33) C'est-à-dire à Âusone.

(34) Paullinus, i>i F.pistolâ dejore ad Aiisoniuin , in^ne.

Lilius Gyraldus. Christianus quideni Ausonius fuit , ut ex ejus i>ersibus, et item. Paulini ejus discipuli facile colligimus (35). C'est donc sans nul fondement qu'on veut ôter à ce poêle ce qui se trouve à la louange de Jésus- Christ dans le recueil de ses vers. Il est même vrai que , quand on lui itérait le Carmen paschale, et l'excellente pièce qui commence par

Omnipoiens, solo mentis mihi cognite cullu,

comme quelques critiques veulent qu'on lui ôte VOratio paschalis , p-ersibus rophalicis , on ne laisserait pas de trouver dans ses ouvrages de quoi réfuter ceux qui disent qu'il était païen. Or , voyez combien il importe de s'adresser entre les modernes, plutôt à ceux-ci qu'à ceux-là , lorsqu'on ne veut pas prendre la peine de remonter jusqu'aux sources. Si Vossius se fiM adressé à Baronius , il se fùl épargné la faute qu'il a commise , et il l'eût épargnée à ceux qui l'ont copié. Il n'eût jamais pu comprendre , après avoir lu Baronius , que saint Paulin fournisse la moindre preuve du prétendu paganisme du poëte Ausone; car ce savant cardinal rapporte la réponse respectueuse de saint Paulin , et fait voir que les pensées d'Ausone sur la retraite de cet ami ne diffèrent pas de celles que les chrétiens attachés au monde forment tous les jours , quand ils voient un jeune homme de qualité renoncer à tous le?

avantages de la terre , pour se consacrer à la vie monastique (36). On prétend qu'Ausone jugea qu'une Inimeur de misanthrope , qu une maladie de Bellérophon portaient Paulin à se retirer du monde et à renoncer aux muscs (37).

Tristis , egens, déserta eolat, tacilusque per-

erret ^Ipini convexa jugi ; ceu dicitur olim

(35) Gyraldus, Histor. Poët., Dialog. X, pag. 5j4-

(3G) Baron. , ad ann. 3g4i nuin. 84- (37) Je m'exprime ainsi , parce qu'encore tjtir Paulin ail donne' ce sens aux termes (/'Ansnne, ilj^ a sujet de croire que ce n'est pas le vérAnble , et qu'il faut entendre ici une imprécalinn contre celui qui conseillait il Paulin d^ ne pa.* répondre au.v l.ctirrs d'Ausone.

Mentis inopt , talus kominum , et vestigia vi-

tans , Avia perluslràsse vagus loca BellorophonM

tes{i»}.

Mille et mille chrétiens auraient pu faire un semblable jugement : c'est donc une impertinente preuve de paganisme. Arnisaeus, et l'auteur français qu'il cite , e'taient sans doute chrétiens, et cependant ils jugeaient tout comme Ausone , de l'amour de la solitude : ils ont assez clairement donne à connaître qu'ils attribuaient à une humeur me'lancolique la retraite des fondateurs des moines ; Medici liiter signa morbi melancholi rej'erunt , si quis quœrat soliludineni , aut si quem tristis cigat mœror , loruâtJe sei/eruin fiante , uel a Icetis socioruni cœtibus arceat ; et Gallicus quidam non inconcinnus scriptor , ejus ordinis fuisse censetFranciscum, Dominicum, aliosque eremitas, aut anachoretas , qui contra naturœ prœscriptum politicis societatibus se subtraxerunt , in eremos , instar Endymionum , sese abdiderunt, et quo melancholica ingénia maxime afficiebantur , nowum vitœ genus, ajf'ectatœ religionis pallio i^estitum, condiderunt fSg). Baronius n'a pas oublie' de remarquer qu'Ausone fut e'ievé par deux religieuses qui étaient ses tantes (4o). C'est une preuve qu'il était d'une famille chre'tienne. Or, en ce temps-là le christianisme étant sur le trône , et le paganisme étant exposé aux disgrâces et à la persécution , il n'arrivait guère qu'un chrétien se fît païen. Puis donc qu'Ausone fut élevé dès l'enfance au christianisme , l'on doit être persuadé cju'il le professa tout le reste de ses jours j car rien n'est plus absurde que la pensée de Giselin. Il a débité que Claudien et Ausone , entraînés par l'autorité et par l'éloquence de Syramaque , abjurèrent la foi chrétienne , et se replongèrent dans l'idolâtrie (4i). 11 prétend prouver cela par le témoignage de saint Augustin , et par l'étroite amitié que Symmaque leur témoignait en leur écrivant. Le jésuite

(38) Aiison. , Eplst. XXV , pag. 697 , 698.

(3()) Arnisœus, Releclionum politicar. pag. p.

(40) Baron. , ad ann. 3g4 , nuin. 85. Vojet la remarque (Y) , num. Vil.

(40 Viclor Gisellnus, inSclioliis adsecundum lihruin Pi'udcntii contra Symmactium , apud Tbcopliil. Kaynaud. Iloploth. , sccl. II, .terie I, ca/j. Xiy , pag. 56.

qui réfute cela montre que saint Augustin , sans parler d'Ausone , a dit seulement que Claudien avait été attaché au paganisme (42) : ce n'est point prétendre qu'il eût été autrefois chrétien. Et , pour ce qui est d'Ausone , on le justifie , tant par le silence de l'empereur Gratien et de saint Paulin , que par leurs honnêtetés. On aurait pu ajouter que la raison empruntée de l'amitié de Symmaque est la plus faible du monde : ce n'était pointe la conformité de rehgion quijes unissait , mais l'amour qu'ils avaient tous deux pour les belles-lettres.

On ne saurait disconvenir que M.

Baillet n'embrasse le sentiment de ceux qui prétendent qu'Ausone a été païen ; on n'en saurait, dis-je , disconvenir, quand on pèse les paroles qu'il emploie : « Ce sont des défauts qu'il M aurait dû récompenser par quelques » bonnes qualités prises d'ailleurs, et » qu'il devait réparer par des maxi- » mes et des sentimens tirés de la » morale , comme les meilleurs poètes » de l'antiquité avaient eu soin de " faire avant lui. Mais , comme il » vivait parmi les chrétiens , il avait " peut- être peur qu'on ne le confonw dît avec eux , si on lui eût trouvé )> des sentimens trop conformes aux » leurs , touchant les mœurs (43). »

Il est certain que l'on trouve, dans les ouvrages d'Ausone , les plus belles maximes de la morale , et nommément les Apophthegmes des anciens sages de la Grèce. Que peut-on voir de plus moral que sa description du fir bonus (44) ?

(E) // a composé quelques uers lascifs.] Scaliger le père trouvait si sales quelques épigrammes d'Ausone , qu'il jugea qu'il n'y avait que le feu qui fût capable de les nettoyer. JVonnulla ( epigrammata ) adebfœda atque detestanda , ut neque scriptore neque audilore digna , non in spongiam incumbere mérita sint , sed solis flammis expiari posse i'ideantur (45). Je m'étonne qu'on ne dise rien contre les obscénités du Cento nuptialis, qui ont

(42) Theopbll. Raynaudus, Hoploth., secl. II, série I , cap. XI y , pag. ôS.

(43) Baillet, Jugem. sur les Poètes , tom. II , pag. 470.

(44) Pag. 529.

(45) Julius Casar. Scalig, , Poit. , lib. VI ^ cap. V , pag. 761.

principalement excite' la bile de plusieurs autres auteurs. Voici un beau passage de M. Baillet : « Il aurait été » du moins à souhaiter qu'on eût ex- » terminé le misérable Cenlon , c'est- -dire , cette méchante pièce de

un insolent qui avait l'audace de vouloir briller plus que son maître. Il assure, i°. , qu'il garda un tel milieu , que , sans prétendre de surpasser Valentinien , il fit en sorte que sou poème ne cédit point à l'ouvrage de » rapport , qu'il a fait des moitiés de ce prince ; 2°. , qu'il eut l'avantage « vers de Virgile , sur des matières de lui plaire , et que , ne l'ayant » purement ero£i^Mes. C'est avec beau- çoint vaincu, il n'encourut point la

» coup de justice que l'université de » Paris se plaignait , il y a quarante 3> ans, de la malice que ce poète a M eue de faire parler d'une façon très- 5> déshonnête Virgile , c'est-à-dire, » celui des poètes de l'antiquité qu'on » a toujours loué le plus pour sa chas- « teté (^'). Et le père Briet, jésuite , a 3) porté son zèle encore plus loin {*'), « lorsqu'il nous a dépeint cette action » d'Ausone comme un attentat punis- )> sable ^ jugeant qu'il n'y avait pas » moins d'impudence et d'efifronterie w que d'impureté et d'infamie dans » un homme qui avait été capable ]> de commettre une telle infidélité , }) et qu'il y avait quelque chose de 3) plus diabolique qu'humain dans ce 3> pernicieux art de pervertir les choj> ses , c'est-à-dire , de les changer de w bien en mal , pour dresser des pié- 3> ges à l'innocence et à la pureté de }) la jeunesse (46). » Comme bien des gens seront fort aises de lire les propres paroles du père Briet , je m'en

disgrâce que la victoire aurait pu lui attirer. Voilà le langage d'un fia courtisan ; mais, afin de rendre à ce poète toute la justice que la délicatesse de son esprit et de sa plume demande ici , il faut l'entendre lui-même : Piget f^irgiliani carminis dignitatem tam joculari dehonestâsse maleriâ; sed quidfacereni ?

jusswn erat. Quodque est I'Otentissi-

MCM IMPERANDI GENUS , rOgahut qui ju-

bere poterat , S. imperator f^alentinianus , uir meo judicio erudilus , qui nuptias quondàm ejusmodi ludo descripserat , aptis equideni uersibus et compositione festivâ. Experiri deindè volens , quanliint noslrd contenùone prcecellerent , simile nos de eodeni concinnare prœcepit. Quant scrupulosunt hoc mihi fuerit , inlellige. Neque. anteferri uolebam , neque posthaberi :

quiim aliorum quoque judicio detegenda esset adulatio inepta , si cédèrent , insolentia , si ut œntulus eminerem. Suscepi igitur similis recusanti ,

vais les copier : Centones ejus p^irgi- feliciterque et obnoxius gratiam tenui ,

liani non tantiim impurissimi sunt, sed et intpudentissimi , quibus castissimos versus libidinosœ affixit materiœ, opère quod plus dœmoneni quàni hominem saperet , adolescentinm pudiciiice insidianteni. Ausone fit cet ouvrage à la prière de l'empereur Valentinien , qui en avait fait un semblable. Il s'excuse sur cet ordre-là , et il observe qu'un prince ne saurait user d'une manière de commandement plus absolue que celle de la prière. II se trouva bien embarrassé , car, en faisant un mauvais poème , il s'exposait au blâme d'avoir sacrifié grossièrement sa réputation à la flatterie ; et , en faisant un meilleur poème que celui de l'empereur, il s'exposait à passer pour

(*') Réponse de rUniversilé à l'Apologie du père Nie. Caussin , pag. 358.

(*') Philipp. Briet, de Poët. Ulin. , lib. IF, pag. 5o.

(4G) Baillet, Jugem. sur Us Pe«les, tom, il , pag. 47», 471.

nec i^ictor offendi (47). S'il était vrai que le Cenlo nuptialis de l'empereur Valentinien ne cédât pas à celui d'Ausone, il faudrait dire que ce monarque n'entendait pas mal la poésie j et comme , d'ailleurs, il était grave , et d'une pudicité exemplaire , il peut servir de beaucoup à la justification d'Ausone. Omni pudiciiice cuUu domi castus , et foris , nullo contagio conscientiœ v'iolalus obscenœ, nihil incésium ; hancque ob cnusani lanquam retinaculit pelulantiam fiendrat aule regaiis (48). Un si grand exemple peut prouver très-clairement que les personnes les plus sévères et les plus chastes se laissent aller quelquefois à des jeux d'esprit , où les descriptions de la principale cérémonie des noces sont remplies de trop de licence et de trop d'obscénités , car il ne faut

(47) Auson. , in Prtsfal. Cent, nuptial. , pag. 5ooi Soi.

(48) Amm. MwceU., lib, XXX, cof,. IX.

Sgo AUSONE.

point douter que cette pièce de poésie recourir à l'Italie, ne trouve-t-on poin de l'empereur Valentinien ne fût bien parmi les œuvres d'un poète de I

ipereur

gaillarde 5 la matière le demandait Il était question de mariage , et l'on avait pris la chose sur le ton de plaisanterie : Nuptias quondam. ejusmodi ludo descripserat ( Valentinianus)

nt parmi les œuvres d un poète Haye , un épithalame qui , en matière d'obscënite's , ne cède point au Centon d'Ausone (54) ? J'adresse ceci principalement au sieur Riltershusius, qui a regarde comme un monstre ce aptis equidem versibus , et composi- qu'il a vu dans la conduite d'Ausone ; tionefestwd (49)- On peut être très- je veux dire qu'un poète chre'tien de assuré que les vers de cet empereur nom et de mœuis ait écrit lascivene furent pas moins erotiques que vaent : Illud imprimis apud me monstri ceux de l'empereur Gallien (5o). Il instar habet , hominem chrislianum , faut donc reconnaître qu'Ausone trou- et ut apparet , non nomine tantiim , vait quelque excuse , en ce qu'il ne sed et pectore et moribus , adeo scepè faisait son Centon nuptial qu'à l'imi- lasciua atque improba scribere potation et qu'à la prière de son maître , tiiisse , ut nisi nomen ^usoni esset l'un des empereurs outre cela

pure doctrine chrétienne (5i) 5 de pureté de façon que , s'il n'eût pas pratiqué le pagina , u

que , dogme de la tolérance (Sa), on jugerait qu'il ne lui manquait aucun des talens qui conviennent aux monarques les plus orthodoxes. Je ne remarque ceci que pour en conclure que ceux qui mettent Ausone entre les poètes païens , sous prétexte qu'il a fait une pièce aussi lascive que le Cento nuptialis , n'examinent pas les choses assez mûrement. 11 est blâma-

sa vie , lascif a est nobis ita proba est. Je rapporte fort au long cette excuse-là dans un autre article (56). Notons qu'Ausone était si persuadé qu'on le blâmerait , qu'il tâche de se justifier au commencement , au milieu et à la fin de ce petit poème. Nous avons vu ce qu'il a dit au commencement ; nous verrons ailleurs (5^) ce qu'il a dit à la fin. Il ne nous reste que de remarquer ce qu'il a dit au milieu. Sachez

ble , sans doute. Je ne prétends point donc qu'après avoir décrit bien hon-

l'excuser 5 je dis seulement que cette nêtement le festin nuptial , la marche

action n'est point une preuve de pa- de l'épouse , la marche de l'époux ,

tanisme , et qu'elle ne suffit pas à les présens de noces , les vœux de

onner de justes soupçons qu'il ne fut la compagnie, et avoir représenté

pas un chrétien très-orthodoxe , et je assez honnêtement les premiers dis-

prouve cela par les ciiconstances , c'est-à-dire , par le caractère de l'empereur qui lui commanda de composer un tel écrit, et qui l'approuva.

Combien y a-t-il de poètes chrétiens dont les ouvrages sont plus lascifs que ne l'est le Cento nuptialis ! Il en faudrait dégrader plusieurs de la qualité de chrétien , si l'on se réglait à la maxime du Gyraldi. Christianus quidem Ausonlus fuit. . . sed petulantior tarnen et lasciuior quam ut inter christianos numerari dignus sil (53). Sans

(49) Auson. , m Preeful. Cent, nuptial. , pftg- 5oo , 5oi.

(50) Voyez ci-dessus, pag. 436, colon- 2 , au commencement.

(5i) Vofez M. Fléchier dans la Vie de Tbéodosc , pag. 52.

(52) Amra. Marcell., Ub. XXX, cap. XIX, il ibi Valesius.

(53) GyraU. , HistOT. poit. , Dialoî. X, ptig.Sii.

cours des mariés , il s'arrête là , et qu'il avertit ses lecteurs que ce qui lui reste à dire n'étant point couvert d'un voile , c'est à eux à ne point passer plus outre : Hacteniis castis auribus audiendum mysterium nuptiale , ambitu loquendi, et circumitione velaui. î^erîim quoniam et Jescenninos amat celebritas nuptialis , verborumque petulanliam notus vetere instituto ludus admittit, cœtera quoque cubiculi et lectuli operta prodentur, ab eodent auctore collecta : ut bis erubescamus , qui et f^irgilium faciamus impudentem. Vos y siplacet., hic jam legendi

(54) Voyez le Basium XX, sive Epitlialamium de Jean Secundus, pag. io3.

(55) Conradus Riltershusius, Epist. ad Solom. Pantherum.

(56) Voyez la remarque (D) de l'arlicU Vater.

(57) Voyez la même remarque.

modum poniie : cœtera curiosis relinquite (58j. 11 a raison de dire que ce qu'il uomme imminutin (69) sera de'crit en termes fort sales. M. Moréri a été le plus indulgent de tous les hommes : Il y a quelques pièces , dit -il , qu'Ausone at^ait composées durant sa jeunesse , où il donne trop

5gi

toire , pendant la vie de Tcmpereur Valentinien (63). Cela n'est pas vrai : Ausone déclare qu'il ne devait cette cliarge qu'à l'empereur Gratien.

Tôt gradus nomine comilis propter tua incrementa congesti ex tua mérita, te ac pâtre principibus , quœstura commuais, et tui tantiim prœ-

a la liberté de son siècle. Cette cen- fectura benejicii (64). 2°. Scaliger

sure n'est point rigide , et suppose une fausseté , car assurément Ausone

a cru sans raison qu'il y avait une faute dans le code Théodosien , à

n'était point jeune lorsqu'il composa l'endroit où il est parlé d'Auxonius,

leCenton nuptial. Je ne parle point des préfet du prétoire (65j. Il veut qu'on

vers qu'il fit sur une jolie esclave qui lise Ausonius, et non pas Auxonius. 11

s'appelait Bissula , et qui lui avait été n'aurait point demandé une telle cor-

adjugée pour sa portion du butin , rection , s'il avait pris garde que la

après une grande victoire remportée en Allemagne l'an 368, car nous ne savons point à quel degré de licence il les porta : ils sont perdus , et nous pouvons seulement conjecturer qu'ils étaient bien libres, puisqu'il demande des lecteurs qui aient fait la débauche.

Admoneo , anle bihas.

Jejunis nil scribo : meum post pocula si quis Legeril , hic sapieL (Go)

Cela ne convient nullement à ce qui nous reste de ce poème 5 on n'y voit rien d'impur, ni dans les mots ni dans les pensées : il faut donc dire que la plupart des piècss qui le composaient sont péries. Un commentateur a prouvé la même chose par une autre raison , sans songer à celle-là. Il remarque que cette poésie est trop courte présentement , pour avoir pu être précédée de ces préfaces qui s'y trouvent (61) ; et, par conséquent, elle était beaucoup plus longue quand l'auteur l'eut achevée, que nous ne l'avons aujourd'hui. Quoi qu'il en soit , Ausone , qui , en ce temps-là , n'était plus dans le feu de la jeunesse , décrivit, selon toutes les apparences, un peu bien librement , les gentillesses de son esclave : elle lui parut si agréable dès le premier jour, qu'il ne tarda guère à la mettre en liberté (62).

(F) f^oici quelques erreurs de Scaliger. ] 1°. 11 a cru qu'Ausone fut élevé à la charge de préfet du pré-

(58) Âuson. , in Centooe nupt. , pag. 5i3, 5i4.

(Sg) C'est-à-dire , la défloration.

(60) Auson , in Bissulâ , pag. 34o.

(61J yoyez /'Ausone de Tollius, pag. 3^2. (6a) Auson. , in Bissulâ, pag. 'i^i.

personne dont il s'agit dans cet endroit-là du code Théodosien, mourut environ l'an 371, et qu'Ausone exerça le consulat l'an 879, et vécut encore plusieurs années depuis. 3°. Il veut que toutes les lois adressées à Antonius , préfet du prétoire , soient corrigées , et qu'on y lise Ausonius , et non pas Antonius. C'est à tort , car il est certain qu'Ausone fut honoré de la charge de préfet du prétoire d'Italie l'an 376, cinq mois après la mort de l'empereur Valentinien , et que son fils Hespérius lui fut donné pour collègue (66). Nous savons aussi qu'Antonius obtint la préfecture du prétoire des Gaules environ le môme temps. Les choses demeurèrent au même état l'année suivante : Ausone et son fils exercèrent la préfecture d'Italie , et Antonius celle des Gaules ; mais, l'an 378, Antonius eut la préfecture du prétoire en Italie , Ausone et son fils l'eurent dans les Gaules , et ne la quittèrent qu'en 38o. Vous trouverez les preuves de tout ceci dans l'auteur que je vous indique (67).

4". Scaliger a cru qu'Ausone parlait de soi-même dans ces deux vers :

j4ut IlalUin populos, jiquilonigenasque Bri'

tannos P rcefeclurarum liCulo, lenuéte secundo (68).

(63) ScaliR. Ausonlan. T-cction., lib. I , cap. IT, et lih. r , rap. Xm , apud Mb. Petium Rubenium , in Vitâ Mallli Tlieodori , pai;. iG.

(64) Auson. , in Oratiar. Actionc , pag. ^02 , 7o3.

(65) Co-1. Theod. Lege II de Patrociniis Vfrorum. fide Valesium in Amm. Marci-llin., lib. XXIX , cap. I , pag. S'if».

(6G) Auson. , in Gratiar. Artione , pag. 705.

(67) Alberlus Petrus Rubenlus , in VUS Mallii Theodori , pag. in ri seq.

(68) Âuson. , in JSlQsellà , vs. 407, pag. 4iJ).

C'est s'abuser : le poëuie où sont ces deux vers fut compose' pendant la vie de l'empereur Valentinien (69). Or , Ausone ne fut préfet du prétoire qu'après la mort de ce prince (70).

5°. 11 ne faut point croire ce que Scaliger assure , qu'Ausone , après son consulat , exeiça la charge de proconsul d'Asie , et celle de vicaire du diocèse d'Afrique (71). On trouve bien un Auxonius qui était vicaire du diocèse d'Asie l'an 365 , et un autre Auxonius qui était proconsul d'Asie l'an 38i (72) ; mais , que fait cela pour le sentiment de Scaliger? 6.° 11 prend l'oncle pour l'aïeul dans ces paroles : Hoc tanto uiro nascitur Burdegalœ Decius Magnus Ausonius nomine ai^i materni , cognomine pairis (73). L'aïeul maternel d' Ausone s'appelait Csecilius Argicius Arborius : il laissa un fils qui avait nom ^milius Magnus Arborius.

La faute de Scaliger est donc visible.

7.° Il dit qu'Hilaria et JuliaCataphronia , qui avaient fait vœu de virginité , étaient tantes maternelles d'Ausone (74)- Cela n'est vrai qu'à l'égard d'iEmilia Hilaria , car la religieuse Julia Cataphronia était sa tante paternelle (75).

(G) t . • et les principales éditions d' Ausone.] Gesner et ses abréviateurs assurent qu'Aide est le premier qui ait publié ce poète. Ils ne marquent point en quelle année ; mais , s'ils entendent l'édition de Venise, en i5i7, oti les convaincra facilement de fausseté ; car, outre qu'Aide n'était point alors en vie , M. van Eenghem assure qu'Ausone fut imprimé à Milan en lijgo (76), et puis à Venise, l'an 1^96, avec une préface de George Merula (77)- L'édition de Baie, en i523, chez Valentin Curion , est assez connue i celle que Louis Mireiis fit faire

(69) Cela est clair par le vers 45o.

(70) Voyez Riibenius, in Vilâ Mallii Theodoli, pag.-i3-

(71) Scalig., in Vitâ Ausonii.

(72) Ruben., in Vitâ Mallii Theoi\oti, pag. 2^- (■j'i) Scalig. , in Vilâ Ausonii.

(7/^) Idetn , ibidem,

(•jS) Auson. , in Parent-, num. 26, pag. i^o.

(76) Bcughcm, in Incunabul. Typographia;, apud Job. Albert. Fabricium, Biblioth. lat. , pag. 177.

(77) Il y " "" exemplaire de celte édition dans la bibliothèque de M. de Thoti ; elle est in-lolio, et peul-t(re d'Aide.

à Lyon , chez Jean de Tournes , l'an i557, est meilleure que les précédentes : les bibliographes en font mention j mais je ne vois pas qu'ils parlent de celle que Ducheri procura , et à la louange de laquelle Nicolas i

Bourbon fit quatre vers que l'on voit jlj

au revers du titre de l'édition de Lyon , chez Sébastien Gryphius , en i549. Je ne dis rien de l'édition de Plantin , en i568, avec les notes de Théodore Tulman. Celle de Joseph Scaliger , à Lyon , chez Antoine Gryphius , en 1075 , accompagnée d'un lort docte commentaire sous le titre di! Aiisonianarum Lectionum , effaça les , précédentes. Personne n'ignore qu'Elie Vinet est un des commentateurs qui ont le plus travaillé sur les ouvrages de notre poète. Il régentait les belles-lettres à Bordeaux , et se voyait exhorté par plusieurs personnes de cette ville à procurer une édition de leur illustre compatriote :

il tâcha de les satisfaire ; mais il ne trouva aucun manuscrit d' Ausone dans les bibliothèques de Bordeaux , et tout ce qu'il put faire fut de conférer ensemble les éditions. Il rétablit et il corrigea divers passages ; et , en attendant que les commentaires où il devait rendre laison de sa critique fussent prêts , il fit imprimer les OEuvres d'Ausone telles qu'il les avait corrigées. Jacques Goupil , son ami , eut soin de cette édition, qui est celle de Paris , en î55i. Vinet , quelques années après , recouvra un manuscrit qui avait été trouvé proche de Lyon , et qui lui donna beaucoup de lumières :, et , comme cela diminuait ses excuses auprès de ceux qui le pressaient de faire imprimer ses notes , il fit imprimer à Poitiers le poëaie de claris Urhibus , accompagné de soa commentaire , l'an i565. Il envoya un exemplaire complet des OEuvres d'Ausone à Antoine Gryphius , qui le lui avait demandé, et qui promettait de l'imprimer promptement 5 mais , cette édition ne paraissant pas, il fut exhorté de se servir de l'imprimerie qui avait été dressée à Bordeaux sur ces entrefaites. 11 donna donc un autre exemplaire à Simon Millanges , qui commença de l'imprimer à Bordeaux, au mois de février i575, et qui l'acheva au commencement de l'été de la même année. On reçut en ce temps-

AUSONE. 5g3

là l'editioa de Gryphius ; et , parce le Journal des Savans. « La double

que 1« papier manqua à Millanges , on ne put mettre sous la presse le Commentaire de Vinet. On ne l'imprima que quatre ans après l'édition que Millanges avait faite des OEuvres

» préfecture d'Ausone , qui a donné » tant de peine à Scaliger, y est trai- » tée fort nettement. Un voit que , w l'an 3^8, Ausone fut préfet du pré- » toire des Gaules et d'Italie , avec

d'Ausone (78). C'est pourquoi, si l'on » son fils Hespérius; mais il ne fut

veut parler exactement, il ne faut m préfet d'Italie que jusques environ

point dire que la meilleure édition » le mois de juillet, qu'un certain

d'Ausone est celle qui fut publiée à " Antoine fut créé préfet du prétoire

Bordeaux, l'an 1675, avec les Com- » d'Italie, comme il est marqué dans

mentaires d'Elie Vinet. Prœ reliquis « le code. Ainsi la préfecture d'Au-

uero laudanda luculenla Ausonii edi- " sone et d'Hespérius dans l'Italie

tio, cum Commentariis uiri docti Elice » fut interrompue par Antoine j mais

P^ineti i'ulgata , Burdigalœ A. \5']5 \ " il la reprit avec son fils , en 879,

et post ejus obitum A. iSgo , 4 (79) \ car, encore un coup , ces Commentaires ne parurent qu'en i58o. M. Moréri a été exact sur ce point : il s'est seulement trompé à dire que Vinet était de Xaintes ; le mot Santo ne signifiait ici que Saintongeois. La Bibliothèque de M. l'archevêque de Reims fait mention (80) d'un Ausone imprimé chez Millanges , à Bordeaux , 1 an 1675 , avec les Commentaires d'Elie Vinet. Je m'imagine que cette faute est venue de ce qu'on a appliqué à toutes les pièces reliées ensemble la date iSjS , qui ne convient qu'aux OEuvres d'Ausone qui sont à la tête du volume. M. Borrichius a eu tort de débiter, i". que l'édition de Vinet est des meilleures ; 2°. que Vinet a commenté le poème d'Ausone rfe Urbibus (81). N'est-ce pas dire qu'il n'a point fait de commentaires sur les autres poésies d'Ausone ? La meilleure édition de ce poète est celle d'Amsterdam , en 1G71 j mais j'ai déjà averti (8a) que le titre promet faus

» et continua celle des Gaules avec « lui sans nulle interruption , pen- » dant les années 878 et 879 (84). »

Cette hypothèse et cette chronologie ne sont pas conformes au sentiment du sieur Kubenius , que j'ai rapporté.

Si j'avais le livre du père Lacarry, je saurais peut-être lequel des deux a développé plus exactement cette matière.

(H) Trithème a prétendu qu' Ausone fut éuéque de Bordeaux. ] Trithème assure que cet évêque était fort savant dans les saintes lettres , et aussi recommandable par sa piété que par son érudition , et qu'il florissait sous Maxime l'an 3io , et qu'il fit de très -belles choses avec saint Martin , saint Ambroise et saint Jérôme , dans le synode que ce prince fit tenir à Trêves. Voilà un monceau de fables. Vinet observe qu'il y a des gens qui veulent qu' Ausone ait été canonisé : il dit aussi que les habitans d'Angoulême honorent comme l'un de leurs principaux saints un sèment que l'on y a inséré tout en- Ausone qui a été, disent-ils, leur pretières les notes de Mariangelus Ac- naier évêque , et il ne trouve point

impossible que le poète Ausone , ayant été élu évêque par ceux d'Angoulême , ait accepté cette prélatnre (85 j.

Une chronique manuscrite d'Angoulême porte qu'Ausone , disciple de saint Martial, et évêque d'Angoulême, souffrit le martyre quand les Vandales ravagèrent les Gaules (86).

M. de Hauteserre réfute cela par la raison qu'un disciple de saint Martial n'a pu être encore en vie au commen-

(84) Journal des Savans du ii août 1675, fiag. 225 , édition de Hollande.

(85) Elias Vinetus, m Viiâ Ausonii.

(86) AUeserra , Kenim Aquitanicarum lib, V ,

cap. y m , yag. 339.

ourse. Je donnerai un supplément à tout ceci dans l'article d'Hugolin Martellius , à la fin de la remar que (A). N'ayant pas le livre du père Lacarry (83) , je suis obligé de me contenter de ce que j'en trouve dans

(78) Tiré de la Préface d'Elie Vinet.

(79) Joh. Âlbeit. Fabricius, Bibliotb. lat. , pag. 177.

(80) A la page 394-

(81) Au3oniità\t\o selectior est Jos. Scaligeri , et Elite Vineli. Borrich. de Poëtis latinis, pag.

(82) Ci-dessus , citation (6) de l'article de (Marie-Ange) Acccrse.

(83) Intitulé Historia Galliaium sub prsfectis jprsetorio Galliariini.

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