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très-digne , on aurait un peu réfréné l'audace de ces plumes séditieuses , qui accusent si facilement et si témérairement d'athéisme tant d'honnêtes gens. M. Descartes écrivit le -26 de mai 1645 au sieur Tobie yindré , pour le remercier en son particulier de ses bons ojffices, et pour le prier de présenter en son nom ses très-humbles actions de grâces aux juges. F'oyant qu'on avait traité fort doucement son adi^ersair^, quoique punissable de la peine des calomniateurs.. . il ne laissa point de reconnaître que les juges lui m'aient donné toute la satisfaction qu'il auait souhaité et qu'il pouvait légitimement prétendre, a Car, dit-il {^)afi.x inagis- » trats d' Utrecht , les particuliers n'ont » aucun droit de demander le sang ou w l'honneur , ou les biens de leurs en- M nemis. C'est assez qu'on les mette » hors d'intérêt autant qu'il est pos- » sible aux juges. Le reste ne les tou- » che point : mais seulement le pu- ■» blic. « Le texte de ma remarque ra'obligeant de toute nécessité à parler des bons offices rendus à M. Descartes par Tobie André , j'ai cru que mon lecteur serait bien aise , sans changer de page , de savoir en gros l'issue de ce procès.
(C) Il témoigna son amitié pour M. Descartes pendant sa vie , etc. ] On en vient de voir une preuve. Ajoutons qu'il était le fauteur des disciples de M. Descartes, et qu'il lui attirait autant de sectateurs qu'il pouvait. Ce fut par ses conseils que Clauberge devint cartésien (5) j et ce fut une conquête glorieuse et utile à tout le parti.
(D) . ... et depuis la mort de cet illustre philosophe. 3 II prit la plume pour lui contre un professeur de Leide, nommé Revius et publia une vigoureuse réponse l'an i653 , intitulée Methodi Cartesianœ j4ssertio, opposila Jacobi Revit. . . . PrœJ. Methodi cartesianœ considerationi theologicœ.
La IF. partie de celte réponse parut Tannée suivante. Il écrivit aussi l'an i653 , contre M. Fiegius , pour soutenir les remarques que 31. Descartes avait faites sur un programme ((ui contenait une explication de l'esprit humain (6). Il enseignait dans sa mai-
(4) Tntn. III des Lellrcs, pcig. J7. Vojez la Vii: de Descartes, pag. ■>.3'j.
(5) Claiiber^. Epist. Pedicator. IiOgicw.
(6^ Le lUie de cel écrit est / Brevis irplicttio
son la philosophie cartésienne , encore que sa profession ne l'appelât point à cela , et lors même que Tâge avait extrêmement afi'aibli ses forces. M. Desinarets m'apprend ces particularités à
ANDREINI. 89
par cette sorte de qualité. Voici toutes ses qualités : Isabella Andreini , Comica Gelosa , Academica Intenta , detta VAccesa.
l'occasion d'un proposant suisse qui YA\e avait une chose qui n'est pas n'osait aller aux leçons philosophiques j^^ ^^^^ communes parmi les ex-
de Tobie André'; car il craignait qu'on ne le sût en son pays et que cela ne fOll ain obstacle à sa promotion au ministère : iVec dfj'uil unus ex iltis , cujus nomini parco , heiiè alias dodus , et in philosophiamcartesianamwaldè propensas , qui diirn hic esset , professas est non audere se frcqiientare cotlegia carlesiana Cl. Toùiœ Andreœ {qui clinicus licet , quod sunimoperè doleo , Deunique fcneror ut illi suas vires restituât, ea solet habere in superpondium suœ professionis , nec enint ad phdosophiam , sed ad linguam grœcani et historias est uocatus ) ne hoc in sud patriâ rescirelur , et stiœ promotioni obesset {•]).
brevi explicalioai mentis humanae Dn. Henrici Hegii reposita.
(7) Maresiiis, in Jiidicio de Theologiâ pacifica Witticliii , imprimé Van 167 1.
ANDREINI (Isabelle), native de Padoue , a été sur la fin du XVP. siècle, et au commencement du XVII*. , une des meilleures comédiennes d'Italie. Ce n'était pointle seul endroit par oîi elle se faisait admirer : elle faisait des vers en perfection. On
cellentes actrices : c'est qu'elle était belle; de sorte qu'elle charmait sur le théâtre, et les yeux, et les oreilles, en même temps(A).
Le cardinal Cinthio Aldobrandini , neveu de Clément VIII, la considéra beaucoup , comme il paraît par quantité de poésies qu'elle composa pour lui , et par répître dédicatoire de ses ouvrages. Elle vint en France, et y fut favorablement reçue par leurs majestés , et par les personnes les plus qualifiées de la cour {b). Elle composa jilusieurs sonnets à leur louange , qui se voient dans la seconde partie de ses poésies. Elle mourut d'une fausse couche , à Lyon , le j o de juin 1604, dans la quarantedeuxième année de sa vie. Son mari , François Andreini , la fit enterrer dans la même ville , et l'honora d'une épitaphe (B) , qui témoigne qu'elle avait beaucoup le sait, non-seulement par les de piété et de chasteté. Il a fait éloges qu'une infinité de savans savoir au public, depuis ce tempset de beaux esprits lui ont don- là , qu'il la regrettait (C) et qu'il nés (ce serait une preuve un l'estimait beaucoup. La mort de peu équivoque), mais aussi, par cette comédienne mit en pleurs les ouvrages qu'elle fit sortir de tout le Parnasse : ce ne furent dessous la presse. Les Intenti (a) que plaintes funèbres , en latin de Pavie crurent faire honneur et en italien. On en imprima
à leur corps en l'y agrégeant.
Pour leur témoigner sa reconnaissance, elle n'oubliait jamais dans ses titres celui ^ Acadtniica Intenta; et sans doute elle songeait aussi à se faire honneur
(a) C'est ainsi çu'oii nomme les académiciens de Pavie.
beaucoup à la tête de ses poésies , dans l'édition de Milan, en 1 6o5*.
On n'y oublia pas l'inscription ingénieuse qui avait été faite à
{bi y oyez l'épîlre dédicatoire de la II'. partie de ses poésies.
* yojez ma note sur la fin de la remarque '^).
ANDREINI.
sa louange , pendant qu'elle était ^- ^- ^•
encore en vie, pai J^ljl^ms m ^.^^^^^^ prœdiia. honesimis ornamentum.
teanus , professeur en ce tempslà à Milan (c). Outre des sonnets, des madrigaux , des chansons et des églogues , on a une pastorale de sa façon , intitulée Mirtilla. On a aussi des lettres , qui furent iraprnnees a Venise, 1 an j^ tendresse conjugale de François
prœdi maritalisqup piidicitiœ decus, ore facuiida, mente fecunda , relij(iosa , jlia , Musii arnica , et arlis sceniciB capul , hic resurreciionein expectat.
Ob aborlum obiil 4 tdiis Junii 1604, annutn as;ens ^2,
Franciscus Andreinus mœslissimus posnit *.
La remarque suivante fera savoir
1610 *. Elle chantait bien, et jouait admirablement des instrumens , n'ignorait pas la philosophie (d) , et entendait le français et l'espagnol.
Andreini.
(C) Son mari a depuis fait sai'oir au public qu'il la regreltail.^ La préface de ses Brnuure deL Capilano Spauento nous apprend qu'il était natif de PiStoye , et, que pendant qu'il fut dans la troupe des comédiens Gelosi , il se plut beaucoup à jouer le personnaj^e d'un Rodomont. H prenait le titre de Capitan Spai'ento da VaW Inferna , et il quitta le personnage où il s'était principalement signalé, qui était celui d'amant: lo Insciai di recitare la parte inia principale , laquelle era qnella deW innamornto . Celte troupe d(; comédiens s'acquit une réputation surprenante : mais la mort d'Isabelle Andreini fut le commencement d'une triste décadence. Son mari ne songea , , plus qu'à changer sa qualité d'acteur
(A) Elle charmait et '«*rej'.^^f j«* en celle d'auteur, et il choisit pour la
matière de ses ouvrages celle où il
(c) Voyez la remarque (A.).
* Le volume in-4°- <le «es lettres est daté de 1607 et non de 1610. <• On remarque, dit M. Ginguené , dans la Biographie universelle , on remarque comme une singularité l)ihliograpliiquo, que la date del'épitre dédicatoire adressée au duc de Savoie , porte . ainsi que le frontispice du livre, la date de itNjy, et que cependant Isabelle était morte en l6o4- »
{d) Voyez les vers à sa louange , à la télé de ses poésies.
oreilles.'] Cela fournissait bien des pensées aux flatteurs. On mit au bas de son portrait : //oc /lisf/icœ eZo<jf«eMtiœ capul, lectnr , admirnris ; quid si audUor sies ! Les antithèses et les pointes d'ÉryciusPuteanus roulent làdessus pour la plupart :
ffanc vides, dit-il, el hanc audis :
Tu disputa , Argus esse malis ut videas , An Midas ul audias.
Tanùim enim sermonem vullus Quantum sermo vulttnn commendal :
Quorum aUerulro alterna esse poluisset ,
Ciim uultwn omnibus simulacris emen-
datiorem , El sermonem omni Suadd venusliorem pbssideat.
(B) «Sort mari l'knnora d'une épitaphe.'] Quand ce ne serait que pour désabuser cetix qui parlent tant de la rigueur de l'église, par rapport à la
s'était exercé sur la scène , je veux dire les rodomontades d'un capitan.
11 fit des Dialogues ou des Ragir>najiienti en prose , et leur donna le titre que j'ai rapporté ci-dessus. L édition dont je me sers , qui est la quatrième, est dé Venise , en i6a3 , iii-4°. ; mais, comme le privilège est daté de l'an 1607 , on doit placer à cette dernière année la première édition. On voit à la tête du livre les complaintes du Berger Corinto alla defunta sua Fillide ( il la nomme sa femme) , et alla sua Boscareccia Sampngna. Jamais amant ne poussa plus loin les expressions passionnées et ne murmura plus fortement contre la rigueur inexorable du destin. Ce sont sans doute les regrets d'Andreini siu' la mort de son Isabelle. Mais voici des paroles qui ne laissent rien à coujecturer : Finito che ine , e uenuln meno il tailla viia dileltissima con-
de comédienne tout joignant l'espé- * Joly rapporte «me .intre cpitaphe qui acrance de la résurrection : compasne celle à latiuollc l^ajle a dû se borner.
sépulture de comédiens en terre sain- Jaissonv, nen ; te , ie copierai ici l'épitaphe d'Isabelle /« qne tenm Anilreini , où l'on voit sa profession ^'c'" « ^•<«^<^'
ANDRELINUS.
sorte (la qualefu lume e splenclore di quella firtunsa e honorata compagnia) J'ui da molli amici miei consigliato h scrifere alcuna cnsa et dnnarla alla stampa, per lasciar qualche memoria di me , e per seguitare l'honorafo grido délia moglie mia , la quale ai'eua lasciato al mondo con tanla sua gloria , e con ianto suo honore , i7 suo beliizzinio canzoniero , In sua bellissima Mirtilla jn\>ola boscareccia, eilconipendio délie sue bellissime LettereÇi"), Il y a un Jean Baptiste Andreini qui a fait une tragédie intitulée La Florinda , imprime'e à Milan, en 1606 *.
(]) Prefal., del Capitano Spavenlo.
* Joly dit qu'il était fils rf'Isabelle, et que ce fut lui qui publia le recueil ile i6o5, cité dans le texte.
ANDRELINUS (P. Faustus), natif de Forli , en Italie, a été pendant fort long-temps professeur en poésie dans Tuniversité de Paris. Louis XII le fit poëte couronné (a) : je ne sais point si la reine Anne de Bretagne , ou quelque autre reine , l'honora de sa protection spéciale; mais je sais bien qu'Érasme , qui l'avait connu fort particulièrement, a dit qu'il était , non-seulement poëte du roi , naais aussi poëte de la reine (A). Il ne s'est pas contenté de faire des vers ; il a écrit aussi en prose quelques Lettres morales et proverbiales, qui ont été imprimées diverses fois. On en fit une édition à Strasbourg, l'an iSi^, et une autre sur la seconde révision de l'auteur, l'an i5ig f^). Reatus Rhenanus y joignit une préface, cil il les loue beaucoup (B). Elles ont été commentées par Jean Arboréus, théologien de Paris.
La plupart de ses poésies sont
{a) Faustus Antlrelinus item pni-ta snavissiinus à Ludmnco XI/ , Francùp re/^e , laureâ coronatus. Leand. Alherti Descript. Ital , pag. 478.
(6) Gesnpri Bibliotlieca , png. 5''3.
des distiques: ils ont été impi-imés, avec le commentaire dont Josse Badins Ascensius les voulut bien honorer ; traduits vers pour vers en français , par un poëte de Paris , qui s'appelait Etienne Privé (c). Celte traduction parut l'an i6o4, et n'est propre qu'à faire mépi-iser Voriginal.
Jean Paradin avait déjà mis {d) en quatrains français une centaine des distiques *' qu'Andrelinus adressa à Jean Riizé , tre'sorier géne'ral des finances du roi Charles l^JII ,pour leremeixier d'une pension forte et honorable que ce prince lui faisait payer avec des soins extraordinaires ; et qui ne méritait pas le déshonneur que ce plaisant poëte a pensé lui faireen nous donnant lieu de croire qu'on lui payait ses vers au quarteron oit au cetit (e) (C). Les poésies d'Andrelinus ontété insérées dans le premier tome des Délices des poètes italiens , quoique les connaisseurs les aient peu estimées (D). On met sa mort à l'année 1 5 1 8 (E). Les lettres qu'il avait écrites en proverbes ont été jugées dignes d'une nouvelle impression, à Helmstat, en 1662, selon l'édition de Cologne de i5og (f). Les mœurs de cet auteur n'étaient pas de bon exemple *^ ; mais on
(c) Baillet , Jugemens sur les poètes , tom. III , pag. 121.
(d) En 1545.
*' L'ouvrage d'Audrelinus est intitulé ; Hecatodisticon , i5i2 et i5i3, in-4^. C'est de l'un de ces distiques qu'est extrait le vers cité par Bayle dans la remarque (Ij de son nrticle Apelles.
(e) Baillet, Jugcm. sur les poètes, citant CoUetet, pag. 118, 125 et 126 de /'Art poétique.
if) Morliosii Polyliistor., p«^. 258.
"Joly remarque qu'Andrelinus était ecclésiastique et chanoine de Bayeux, comtne on le voit par le titre du son livre intitulé : Publii Fausli Aiidrelini canunici Baiocensis
9^. ANDRELINUS.
l'épargna là-dessus , à cause qu'il tanna placet (i). On voit parmi les
donnait du lustre à l'université lettres d'Érasme (a) deux ou trois bil-
Ao D„^.o 11 r 4- -1 lels qu Andrelinus lui écrivit d'un
de Fans. 11 tut si heureux, que style si laconique, qu'en comparaison
Ja liberté qu il prit de piquer les les lettres de Brutus passeraient pour
théologiens ne lui fit pas des af- longues- Erasme , qui lui répondit en
laires. C'est Érasme qui nous apprend ces petites particularités (F).
Notez que j'ai laissé tout cet article dans la seconde édition de
même style , est un peu plus difliis lorsqu'il le prie de faire valoir ses adages (3) , et lorsqu'il lui décrit les plaisirs de l'Angleterre, afin de l'y attirer (4). -le remarquerai en passant que c'e-.t une fort mauvaise coutume ^ , aux auteurs , de ne désigner le temps
cet ouvrage au même état oii il auquel ils écrivent que par le terme était dans la première édition , vague de nunc , jam , etc. Il faudrait quoique l'on m'eût averti qu'il 4« »•« marquassent précisément l'anlo fo]l„+ ÀC ^ j- née: caroutre qu'il y ades livres aux-
ie lallait reiormer en divers en- i' » m i • ■ a
j . . , . quels on travaille plusieurs années de
droits. J ai cru qu il y aurait plus suite , ou qui ne paraissent que longde modestie à donner à part les temps après que l'auteur y a mis la corrections qui m'ont été iudi- dernière main n'y en a-t-il pas qui
s impriment plusieurs fois? A quoi se peut-on fixer alors , si l'on rencontre un hoc anno, un nunc, et choses sem-
quées (G). Vous les trouverez cidessous dans une remarque *.
deregid in Genuenses vicloriâ , libri très. Paris, l5o9, in-^".
* Malgré les corrections faites par Bayle, P. Marchand, tome II, pag. 269, dit que cet article n'est pas un des meilleurs de son Dictionnaire. Il reproche surtout à Bayle de n'avoir pas fait mention d'un fameux dialogue contre le pape Jules H, intitulé : Julius , etc., qui non-seulement a été attribué à Andrelini , mais réimprimé avec ses initiales sous ce titre : F. A. F. ( Fausti Andrelini Forojuliensis), Poetœ regii Libelbis de obitii Julii ponlificis maxitni , anno clomini m. d. xm , in-8°., sans adresse , dont il existe une traduction française intitulée : Dialogue entre saint Pierre et .Jules II , à la porte du paradis , suitri de la doctrine catholique louchant l'autorité des papes , Amsterdam, 1727, m- 12. Bayle, au reste, a parlé de cet opuscule à l'article Jules II, remarque (IN). Il n'ose affirmer de qui est l'ouvrage. Baluze et Wolfius le croyaient d'Érasme. Joly l'attribue à Ulric Hutten (dans ses remarques sur l'article Jules II).
(A) Erasvie , .... dit qu'il était poète du roi et de la #ei«e.] Voici comme il en parle ; F'austus ylndrelinus , Fnroliviensis , pnëta non soliim laureatus , veriim eliam regius , atque etiani , 51 Diis placet , regineus, wetus congerro meus , qui plus quant triginta jam. annns in celeberrintâ Pnrisiorum Acadennn poëticeii docet , in carminé quod de Pavimenio Parisiensi inscripsit, ût/rt/fionem (Syraousana Mensa) inylng/oî derivavil , 3Jensa, int/uiens, Bri-
blables? Voici Erasme , qui nous parle d'Andrelin comme d'un homme plein de vie, et qui enseignait depuis trente ans la poétique dans Paris. 11 dit cela dans un livre imprimé Tan i546, où la préface n'est point datée , mais où il y a une épître dédicatoire datée du s 3 d'août iSaS. Cela n'est-il point capable de faire croire qii'Andrelin vivait l'an iSaS ? Et ne faut-il pas recueillir de là que les plus grands hommes , quand ils revoient leurs ouvrages pour une nouvelle édition , y laissent mille choses qui ne sont plus vraies? J'ai remarqué ce défaut dans la dernière édition de la grande Histoire de France de Mézerai.
(B) Bealus Rhenanus mit une préface à ses lettres , oii il les loue beaucoup."] Voici les paroles de Gesner :
Beatus Rhenanus in Prœjatione conimendal lias epislolas tanguant eruditas , lepidas et utiles. Etsi enim hic » aulhor, {inquit) in nonnullis opus- )) culis genuino poëtarwn more lasci- }> l'iusculus sit , hic tnnien inlegrum » ac modestum oratorem agit (5). '»
(C) On a lieu de croire qu'on lui
(i) Erasm. Adag. LX^III , cent. II , cliiliad. II.
(1) Lili. y , pag. 3 16, edit, Londinensis.
(3 et 4) Erasmi Eplsl. XXIII ^ el X libri Ky ■pag. 321 cl 3i5.
(5) Gesnerl Bibliolli. ,/.■«. 573,
ANDRELINUS.
et une goiitCe Je sens. "ApXiTAi ^î^tai y.h TrorxfAli, voÛ cTe ç-a.Xa.y/u'^ç. Il dit, sur la loi de François Luisinus , que Couslantin Lascaris faisait le même jugement de Longolius ; mais qu'on fa fait plus justement d'Andrelin , dans les })oësics duquel il ne manquait qu'une syllabe , comme Erasme le disait fort ingénieusement. Cette syllabe e'tait voùç, qui signifie sens , entendement , esprit. Si je savais où Erasme a parle d'une manière si peu
payait ses i^ers au quarteron nu au cent.]M. Baillet apporte pour preuve de cela ces quatre vers, traduits du latin d'Andrelinus , par Paradia {6) :
Croissez , mes vers , soyer, en plus grand
nombre ; Car c'est aux frais et salaires du roi. Seure richesse, empeschant tout encombre , Exige vers en copieux arroi,
La dixième eglogue d'Andrelin nous donne une chose rare : c'est un poè'te
qui , bien loin de se plaindre de l'in- . - . .
gratitude de son siècle et d'accuser les <=o"fo«'»e aux grands complimens et
muses de ne procurer pas du pain à 'i"V^'"''/'Q «joges au A a écrits h An-
ceux qui se mettent à leur service, '*'''^''" ^^>',' J? Redirais. Je ne doute
reconnaît que sa pension était copieu- P°'".' '•"'^ f jugement fait par Jules
se: et que lorsqu'il récita devant ^"^a'^S*-'''; d" .poete i-austus , ne con-
Cl.arles VIII son poème sur la con- cerne celui-ci , plutôt que Geriiardus
quête de Naples * , il en reçut un sac '^'.'"s'".s- faustiJaciUtas , dit-il (9),
d'argent , qu'il pouvait à peine porter '^"^«"'" '« scnbendo secundo plausu
sur ses épaules. excepta est , scholas tamen sapit tUa
juniorum, a qud nlliil uliud quàm hoc
Dum stupeo lotus visu dejîxus in islo, ipsuni expectes.
Juniler ecce venu masno slipatus honore ; ipy /!.. .,,„. * " i< - c r» -»
Jpse olim vuhus .nt/r nutrUus agrestes ^^^ ^" '"f *« """^^ «.^ «««eC 1 5 1 8. ]
Admiror primo aspectu : mox poplile Jlexo ^^ ^^ Citerai point la Bibliothèque lie Anie ipsum quœsita Jovem mudulamina Konig , ni les Lettres du savant Keinec ■;■ ."., n I sius à Daumius (lo). J'ai un témoin
Scdicel ut bello claramexpugnavu aperlo i.o y -jj. >» ai uu iciuoin
Parthenopem , patrios victorque redivii in
agros , Quamvii Hesperio vetitusjoret orbe régressas, rfescio qud nostri captas dulcedinp cantùs Ipsejuil, fulvi saccuin dona^'it et œris Vix islis delalwn humeris , cunclosque per
annos
contemporain, qui, dans une lettre datée du 6 de mars i5i8, remarque que cette année avait emporté quelques hommes doctes : Hic annus multos exmùos uiros tuî similes absumpu ■ I j , I I ,,*''' Marcum Musurum /ioinœ , tum
Fensio larga datur, qualem non lentus habe- i • • i • '
bal archiepiscopum designatum , et ante
THyrusumbrosis-resonans sua gaudia suivis, nunc Paleotum Camillum , Lutetice
Fauslum immorlalitate digniim (ii).
(D) Les connaisseurs ont peu estimé On aurait tort de conclure de ces pases poésies.'] Vossius nomme trois au- rôles, qu'Andrehn est mort l'an i5i8''teurs qui enfermaient de grands riens car il est certain que Musurus moudans une grande multitude de paroles rut l'an i5i7 (12). (7) : le premier est l'orateur Anaximè- (Fj Cest Érasme qui nous apprend nés, le second est Longohus, aussi ces peli les particularités.] On strahi^n orateur le troisième est le poète An- aise de les voir ici en orieinal • Paridrelin Quant au premier il rapporte siensis Academtœ candorem ac cU'ilique iheocrite deCliio, le voyant prêt tatem jam otun sum admiratus , a haranguer, se mit a dire : Une rivière de paroles commence a couler,
(6) Jugem. sur les poêles , tom. III , pag.
Ce doit être là qu'Andreliniis ayant dit, ce semble , que des conquêtes et <le< victoires du roi Charles VIII, quoique bieulôî évanouies, la flétrissure (stigmata) en demeurait pourtant empreinte surle front des Italiens. Brantôme qui au lieu de vera stigmala, lisait vera stemmata\ fait dire à ce poète que les victoires et faits belliqueux du roi Charles VIII étaient sur le front des Italiens autant de belles marques el enseignes, Voyei Brantôme, Hommes illustres français, tom. iy,pag. aS. , Rem. crit.
(7) Yossius , Institut. Poélic.,p«^. a.
, qua' tôt annos Faustum tulerit, ncc tulerit soliiin , weriim etiam aluerii e^exerit
1,8) royei la XXIII'. lettre du y. livre (i'Êr.isme.
(9) J.il. Cxs. Scalig. , de Poelic. , lib. VI , pas- :3<i. rorez Baillet, Jugem. sur les Poètes, loin. III , pag. laa.
(10) Pag. \5.
(11) Erasm. Episl. XX, lib. III, ad Pelrum Barbuium. Fojez aussi l'Epht. XXI K du II', livre.
* Joly, d'après Ravisius Textor , affirme qu'Andrcliui est mort le 25 février i5i8.
(12) Vofez les remarques sur son article.