‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 3 sur 113 · Il < „, i ■ (r) Spanliem. de Origine AnabapUstarum · texte numérisé non relu

Il < „, i ■ (r) Spanliem. de Origine AnabapUstarum

nomme (juclques villes ou ces sectai- V 202

res furent confondus dans desdispu- ,^\ /^^,„^ ,7,,^.

(4) Vojet la Remarque (KK) de ^article Ma- (s) ^''^"' . '*''^iiOMET. (i") Id. ibiil. , pa^. 2o3.

Jfij Sp.-.nliem de O.-ig. Anabaplist., pag. ij)8. (1 1) Id., ibid.,pag. joî, 204.

ANABAPTISTES

Heu de sûret<Ç si les magistrats ne les fussent exilés (12). Ce fut là (|ue Thomas Schuckcr coupa la tête à son frère, Tan 1537. Il convoqua une nombreuse assemblée , et déclara à la comp;is;nie qu'il se sentait saisi de l'esprit (le. Dieu. Là-dessus il commanda à son frère de s'agenouiller, et prit uneépée. Son père et sa mère , et quelques autres personnes, lui demandèrent ce (ju'il voulait faire : uiyez l'esprit en repos, leur répondit-il, je ne ferai rien que ce qui me sera révélé par notre Père céleste. On attendait avec impatience l'isyue de tout cela, lorsqu'on le vit tirer sou épce , et faire sauter la tête de son frère. Il fut puni par les magistrats selon l'exigence de .son crime j mais il ne donna aucune marque de repentir, et il déclara sur l'échafaud qu'il n'avait fait qu'exécuter les ordres de Dieu. Vous pouvez croire que la sévérité des édits de bannissement fut redoublée à la vue d'un tel fanatisme (i3). A Strasbourg il y eut des disputes et des édits trèsrigides contre cette secte (i4)- On y emprisonna Melchior Hofman , l'un de ses chefs, et il mourut en prison (i5). ÎJle se répandit dans la Moravie , dans la Bohème, dans la Pologne, dans la Hongrie, dans l'Autriche, dans la Silésie. Quelques-uns de ses chefs furent livrés au bourreau. Balthasar Hubmeyer, mené à Vienne , y fut brûlé.

Celte exécution passa dans la secte pour un martyre , et y réchauffa le zèle (16).

Ajoutons à tout cela que la reine Elisabeth, la première fois qu'ils abordèrent en Angleterre, l'an i56o, fit un édit qui leur commandait de se retirer incessamment (17). L'électeur palatin les chassa de ses états l'an 1.594. Les diètes de Spire, l'an 1639 et Van 1544, et celle d'Augsbourg , l'an i55i, firent des décrets barbares et sanguinaires contre eux (18). Philippe II ordonna, en i565, à la gouvernante du Pays-Bas , de n'user d aucune remise ni d'aucun relâchement dans

(ti)Tarbones nrbe ejecll fuêre. Idem, ibid. png. 204.

(i3) Idem, ibid.

(141 Id. ibid. pag. 2o5.

(I5) Id. ibid. pag. 212.

ii6) Idem, ibid.

17) Hoornbeek , Summa controvers. pag.

{li) Idem, ibid.

la punition dt s anabaptistes (19). Consultez les Annales de cette secte , composées par Jean Henri Ottiiis ; vous y verrez une ample énumération des édits qui ont été faits contre elle en plusieurs lieux de l'Europe. Ce que l'on dit de l'artillerie , qu'elle est la dernière raison des rois, Ratio ultima reguiii , se peut appliquer aux lois pénales : elles sont la dernière raison des théologiens, leur plus puissant argument, leur Achilles, etc.

(C) Ils tourmentèrent fort la uillede Munster."] Ce qui se passa dans cette ville depuis que l'anabaptisme y eut pris pied jusqu'au supplice de Jean de Leide est un des plus mémorables événemens du XVF. siècle. On en trouve la relation dans plusieurs livres (*) Voyez nommément la lettre qui fut écrite à Erasme par Conrad Heresbachius (20), l'an 1 536, et qui a été imprimée à Amsterdam, l'au 1637, cum.

Hypomnentatis ac Nous Theologicis , Historicis , ac Politicis , Theodori Strackii, pastorls Budericensis. Voyez aussi le livre de Lambert Hortensius , de Tumultibus Anabaptistaruni ; celui de Jean Wigandus , de ^nabaptismo publicato ; et la Relation d'Henri Dorpius , bourgeois de Munster, publiée l'an i536.

(D) Cette secte s'est guérie de ses principales faiblesses.'] C'est pourquoi les anabaptistes d'aujourd'hui se plaignent t[u'on les réfute comme ou réfutait leurs ancêtres. Un théologien illustre de l'académie de Hollande s'est vu exposé à ce reproche dans une lettre qu'un anabaptiste a publiée en flamand ^ mais il lui a répondu qu'il ne prétend pas imputer à tous toutes les erreurs qu'il a marquées :

tias (sectas) tit minime confundimus in conirouersiis singulis , ita nec notatos errores omnes omnibus imputa-

(iql Idem, ibid. cilans Sltaix Hist. Bclg.

Ub. ïr.

(*) SI. Gavle a omis involontairement , ce semble, le poème héroïque latin en dsux livres , composé par Herman Kerssenbroecli , récité par l'auteur en pleine assemblée de l'universilé de Cologne, et imprimé à Cologne même Tan 1545 , in-8*. La pièce est dédiée à l'évêque de Munsler et d'Osnabnik , François, comte de Waldeck, elle titre en est : Belïi Monasleriensis canlra Anabaplislica momtra gesti , brevis alque succincla deicriptio. Rem. crit.

(20) Il a clé gouverneur des Jils du duc de Cléi'es , et puis conseiller du duc , et il fui au ste'ge de Munsler.

ANABAPTISTES

mus minus voluimtis imputâtes iltis

qui intra Waterlandornm dictas Confcssiones , bond fuie , yirocul fallaciis jh'ennoniticis , hœrere sese profilentur.

Absit ut cuiquani ini'ito et deprecanti Hœresiin impingamus! Sed nec isti aliorum apolo^iani suscipiant , aiit alios esse ac fuisse negent, quos hic Elenchus , sub generaii enthusiastarum et anabaptistarum noniine , ne nesciat jui-entus nostra , coarguit. Faclum tanien nofissimè , ut dizimus ntodô , à Rj'pensi scriptpre Epistolœ in modutn belgico sermone mihi opponendœ. Qui errores hic coniplures notatos diim a suis Waterlandis amotitur , si modo uerè et sincère , hoc ipso non se aut suos in talibus Controt^ersiis peti,sed Jnmilias alias ex dicto grege, inlellexisse dehuit. Frustra ergo est omnis ipsius expostulalio , quasi ignorem quid Rypenses Anabaptisiœ sentiant , aut quasi lectoribus meis imponam (21). Hoornbeek a eu Tequitéde n'imputer point à cette secte les hérésies de quelques particuliers : Hïc quideni imprimis à communibus illorum et sin5;ularibus cœtuunt dogmatis secernenda sunt propria aliqua doctorum ipsorum (22). 11 en marque deux nommément : celle de Jacques Outreman , et celle de Weke Walles. Le premier admet trois essences dans la Divinité , et veut que l'essence du Père soit renfermée dans le ciel, et ne passe point cette borne. L'autre enseigne que Judas était un homme de bien , et qu'il a été sauvé ; qu'il n'a point commis de crime en trahissant Jésus-Christ ; et que les prêtres et les scribes n'en ont point commis non plus en persécutant jusqu'à la mort notre Seigneur j et que l'un et l'autre des deux brigands ont été sauvés. Outreman enseignait à Haerlem en iGo5. Walles enseignait dans le territoire de Groningue l'an iGS^ ; et il était si zélé pour ses sentimens , qu'il excommuniait sans miséricorde tous ceux qui ne les approuvaient pas. On le chassa de la province ; et comme il se retira en Frise , le synode protestant qui fut tenu à Franeker l'an i644) ^^^ ^" sorte qu'on le chassdt (ïS).

(E) File a soiiffert une infinité de subdivisions.] Je craindrais de fatiguer mes lecteurs si je rapportais ici le catalogue de toutes les sectes de l'anabaplisme : je mécontenterai donc d'indiquer un livre où l'on pourra se satisfaire si l'on est curieux de voir cet te liste. Voyez la préface des Annales Anabaptistiques de Jean Henri Ottius.

(F) File se l'ante d'un grand nom' bre de inartyrs."] Si elle n'avait à produire que ceux qu'on a fait mourir pour des attentats contre le gouvernement, elle se rendrait ridicule par son gros martyrologe 5 mais il est sûr que plusieurs anabaptistes qui ont souffert constamment la mort pour leurs opinions ne songeaient point à se soulever. Citons un témoignage qui ne puisse pas être suspect. C'est celui d'un écrivain qui a réfuté de toute sa force celte secte (24)- H remarque que trois choses ont été cause qu'elle a fait tant de progrés. La première est que ses docteurs étourdissaient par un grand nombre de passages de FEcritui'e ceux qui leur prêtaient l'oreille; la seconde , qu'ils affectaient un grand extérieur de sainteté; la troisième, que ces sectaires témoignaient beaucoup de constance h soufji'ir et a mourir. Il prouve qu'aucune de ces trois choses n'est une marque d'orthodoxie.

Voici ce qu'il dit sur la dernière : La troisième marque par laquelle les anabaptistes séduisent les simples et inconstans , est leur constance a souffrir et à mourir. Mais cela est bien trop simple et trop froid pour faire que leur doctrine d'Antéchrist soit bonne et saine ; comme dit sainct Cyprian , la peine ne fait pas le martyr, mais la cause. IJ Fscriture (*) tesrnoigne que ceux-là sont tarais martyrs et bienheureux, qui souffrent pour justice , pour la vérité , et pour le nom de Christ.

Pour laquelle uérité les anabaptistes ne souffrent pas , qui est une chose a desplorer , mais pour une doctrine d'Antéchrist. Et certes les princes et les rois ne tiennent pas bon ordre pour extirper cette secte ; ils font mourir ces poires gens simples , la plus part estans séduicts. Ils deuroyent plustost

(îi) FriHericus Spanhemios F. filius , in (24) Guy de Bres, épîire dédictaoire de la

Klcnctio Controvcrsiarum, jp. ^•^.édil. an. 1694. Racine, Source etFondement des Anaboplistes.

(ja) Iloornbcel, Summa Controvers. , pflg. Ce livre fut imprimé l'an \i65. 189 (*) Mallli. V, II; I Pier. IV, 20; I Jean

(23J Idem. , ibid., pag. SSg, 3go. V/, 3.

ANABAPTISTES

ensuyiTe les bons rois , comme (*') Ezechias et Josias , lesquels ont premier rejecté hors de leur terre toutes idolâtries, et quant et quant ont réformé la l'raje religion : ainsi de^royent-ils faire prcscher la wraye doctrine apostolique publiquement ; lors quand cela se ferait , je croy qu'il ne seroitjà 6esoin de tant de feu pour mettre à mort ees pof'res simples gens séduicts (a5).

Ensuite il prouve par des exemples que des gens qui ne souffraient pas pour justice ont fait paraître un trèsgrand courage. Il allègue le mauvais brigand , les esseniens , les circoncellions, les martyrs papistes, ariens, mahumëtistes , les philosophes Zenon et Socrate. Mais il ne dit rien qui insinue que les martyrs anabaptistes souffraient la mort pour avoir porté les armes contre l'état ou excité les sujets à se révolter. H représente leurs martyrs comme des gens simples.

Voyez ce que je citerai ci-dessous de George Cassander.

Notez, en passant, que cet auteur réfute ses adversaires tout comme les catholiques réfutaient les protestans.

La première marque , dit-il (26J , par laquelle ils trompent et séduisent beaucoup de gens , c'est quand sans sens , jugement , ni raison , ils allèguent une infinité de textes de l'Escriture saincte a tort et à traders , loîit ainsi comme s'ils avoyent mangé la Bible , combien que néantmoins le plus soutient ils ne cognoissent pas un A, pour un moullin a vent (comme on dit), les poivres gens demeurent là tout court, estans ravis en admiration d'ouïr tant d'Escriture , et pensent avoir de grands docteurs entre mitins. Mais je prie tels simples gens de penser qu'il n'y a jamais eu hérésie au monde qui ne se soit tousjours sentie de l'Escriture , la corrompons et destournans pour la faire servir à maintenir leurs blasphesmes , combien que toutesfois l'Escriture ne donne point d'occasion d'erreur et hérésie : mais elles viennent par le contraire , comme dit Christ (*^) : ce que vous errez , n'est-ce pas par ce que vous ne sçavez les Escritures? Quant

(*■) II*. Paralip. XXX et XXXV.

(25) Racine, Source, etc., des Anabaptistes,

(î6j Racine , Source , etc. , des Anabaptistes , pag. 5.

(*») Marc,XU,a4.

à la seconde marque , par laquelle les anabaptistes séduisoient et subvertissoient les cœurs des simples , qui étoit la saincleté contrefaicte , il prouve par des exemples qu'elle est bien souvent le caractère des faux docteurs. 11 est certain que les catholiques avaient à répondre à ces trois difficultés : 1®. que les protestans ne parlaient que de la Bible, et qu'ils la citaient éternellement j 1°. qu'ils condamnaient les danses, le luxe des habits, le cabaret, etc. 5 3°. que plusieurs d'en Ire eux mouraient constamment pour leur religion. On réfutait ces difficultés tout comme l'auteur protestant que je cite les a réfutées. Ceci nous montre de plus en plus le préjudice que la secte des anabaptistes apportait aux protestans; car il la fallait réfuter par des raisons que les papistes faisaient valoir contre ceux qui les avaient employées.

Ati reste , il y a dans le Martyrologe de Genève quelques personnes qui étaient anabaptistes. Notez que ceuxci ont publié deux Martyrologes, l'un à Haerlem, l'an 161 5; l'autre à Horn, l'an 1617. Ces deux ouvrages ont fait éclater la discorde des anabaptistes j car ceux de Horn ont critiqué (27) le Martyrologe de ceux de Haerlem , comme un ouvrage où l'on avait procédé de mauvaise foi. En répondant à cette censure (a8) , on se servit de la voie de récrimination : on accusa les compilateurs du Martyrologe de Horn d'y avoir fourré des gens qui avaient souscrit à la confession des réformés

Juant à l'article de l'incarnation de ésus-Christ (29). Le principal compilateur du Martyrologe de Horn se nommait Jacques Outerman. La préface de ce livre n'est pas moins injurieuse aux luthériens et aux calvinistes qu'aux papistes. Ils y sont tous accusés de tyrannie (3o).

(G) Personne n'a parlé de cette secte aussi équitablement que George Cassander!] Il dit que les mennonites faisaient paraître un bon cœur, un cœur pieux, et qu'ils s'écartaient de la foi par un faux zèle , beaucoup plus que

(1',) Dans la préface de l'édition de 1626.

(28) On y répondu dans un ouvrage Jlamand imprimé à Haerlem l'an i63o , et composé par Hans Alenson.

(5f)) Oltiiis, Annal. Anabapt. fle/ flnn. i6i5, num. (3, pag. 233.

(3o) idem, ibtd. , ad ann. 1626, num. t , p-

ANABAPTISTES

par malice j qu'ils condamnaient les fureurs de ceux de Mnnsler ; qu'ils enseignaient que le règne de Jësus-Clirist ne doit s'établir que par la croix : Ils sont donc , ajoute-t-il , plus dignes de compassion et d'inslruclinn que d'être persécutés ; et il leur applique un beau passage de saint Augustin : Hujus queni dixi Mennonis, cui nunc hic Theodoricus successit, sectatores ferè sunt omnes qui per hœc Belgicce et Germdniœ injerioris loca ; huic anabaptisticœ hœresi affines deprehenduntur, in quibus magna ex parte pii cujusdam animi ari^umcnta cernas , qui iinperito quodnm zeio incitati , errore potiiis quant animi mulitiâ a t'ero diuinarum litterarum sensu, et concordi totius Ecclesiœ consensu desciuerunt , quod ex eo perspici potest , quod Monusteriensibus et hinc consecutis Batenburgicis J'uroribus , noi-'am quandam restitutionem regni Christi , quod in delelione impiorum per t'im externani positum sit , meditantibus , acerrimè semper restiterunt , et in solâ cruce regni Christi instauralionem et propagationem consistere docuerunt :

quojit, ut qui hujusniodi sunt, commiseratione potiiis et eniendatione quam insectatione et perdilione digni videantur. His enim mnllà magis coni^enire l'ideuir quod de Manichœis disputans inqiiit August. (*'):Quanquam Dominus per sert^os suos régna subi'ertat erroris , ipsos tamen homines, in quantum homines sunt , emendandos esse potiiis quàin perdendos jubet... ^tque utinam qui atrociore in hosce miseras sunl anima , mansueludineni et prudentiani hujus sancti t'iri imilentur, qui in disputatione adi'enùs Manichœos, . .

his i'crbis est usus (*'). Illi, inquit, in t^os sœviant , qui nesciunt cum quo labore verum inweniatur, et quam difficile cai'eantur errores. Illi in i^os sœi'iant , qui nesciunt cum quanta difficultate sanetur oculus interioris hontinis , ut possit intueri solem suum, Illi in t^os sœuiant, qui nesciunt quibus suspiriis et gémit i bus Jiat , ut exquantuldcunque parte possit inlelligi Deus (3 1). Voilà ce qu'il dit au duc deClèvcs en lui dédiant un livre où il prouve que la doctrine du baptême des

(*') Contra Epistolam FunJamentl.

(*'') Ibidem.

(3i) Georgius Cassander, prtefal, TraclatU5 àt Buptitmo lofanliiim.

enfans n'a souffert aucune contradiction dans l'ancienne Eglise. Le consentement universel de tous les chrétiens pendant plusieurs siècles lui paraît une si puissante preuve qu'un dogme vient des apôtres , qu'il ne croit pas qu'on puisse mieux l'ëfuter les anabaptistes que par la force de cet argument. 11 en savait la vertu par expe'rience ; car il dit qu'un docteur anabaptiste , prisonnier au château de Cièves , se convertit avec quelques autres de ses adhércns , dès qu'il eut vu le recueil de témoignages qui fait voir 1 antiquité de la tradition sur ce pointlà. Ce fut la raison pourquoi Cassander fit voir le jour à son ouvrage. Disons qu'il conféra deux fois avec des anabaptistes; premièrement à Cologne, avec un certain Matthias, l'an i556, et puis avec le nommé Jean Kremer, prisonnier dans le comté de la Mark, l'an i558. J'ai transposé l'ordre de l'auteur que je vais citer ; car son iteiiim est contradictoire :

Georgius Cassander , dil-il (Sa) , bis cum illis coram disputafit, de quo inter ejus Opéra fol. lîi^ : semel cum Johnnne Kremer, a. cio id lvui captiuo in Coniitatu Marchiœ ; iferitm, a. ci3 ID Lvi , cum Matthid aliquo , Colonias.

(H) Les théologiens protesians ont combattu cette secte auec zèle dans les Provinces-Unies , et ont obtenu des édits pour la réprimer.'} Ils ont provoqué diverses fois à la dispute les anabaptistes. Le S3'node de Horn fit un acte sur cela , et recourut même à l'autorité du gouverneur : Ecclesiœ nostrœ semper bnnum ac utile censuerunt , adi'ersarios ad disputationem et colloquia proi^ocarn. Synodus Hornuna a. c.io P lxxx , et a. ciD lo Lxxvi, iniploratâ eum in finem Gubernatoris Theod. Sonnoji auctoritate.... dccernit prouocanduni , etc.

(33). Trois ou ((uatre synodes firent de semblables actes avant la fin du XVl^.

siècle (34). Les églises trouvèrent bon, l'an 1 599, que l'on composa t un ouvrage qui contînt le corps des controverses anabaptistiques. Arminius, rainis-

(82) Hooinbeeli, Summa Controvers. , pag.

(33) Idem, ibid. Ifolei qu'il transpose les temps : il met le synode de i5-6 après celui de i58o.

(34) Idem. , ibid-

ANABAPTISTES

tre d'Amsterdam , se chargea de cette composition et la commença : il l'interrompit quand il fut professeur en théologie à Leide , et il allégua des raisons dans le synode d'Alcmaè'r, l'an i6o5, qui ne lui permettaient pas de s'appliquer à un tel ouvrage. Le synode d'Enchuyse , l'an 162^ , commit deux ministres à examiner les Confessions des mennonites , et à discuter les controverses. L'un d'eux étant resté seul, l'an 1626, demanda un nouveau second ^ on lui accorda Doreslaar , au synode d'Amsterdam , en 1628. Ils s'appliquèrent diligemment à leur commission, et publièrent eu flamand un très-bon livre , l'an 1637.

C'est un corps de controverses anabaptistiques , où les variations de ces gens-là sont marquéesexactement (35).

L'auteur, qui narre ces choses, observe que les églises prennent garde , conjointement avec le bras séculier , que cette secte ne s'agrandisse : elles sont en sentinelle , dit-il, pour la ré-

Î rimer si elle produit de nouvelles ranches ou si elle veut sortir hors de ses limites : Pro coërcendis aut noi^iter pullulantibus aut sua pomoeria exlendentibus juxta cum polUicis eliam ecclesiœ ui^ilant (36). Il ajoute que les synodes de Frise ne cessent de solliciter les états de la province à exécuter et à renouveler l'édit qui fut publié contre les anabaptistes , l'an iSgS , et qu'on en presse principalement l'exécution à l'égard des nouvelles assemblées , et des nouveaux lieux d'exercice que cette secte ose former. Il ajoute que le synode des anabaptistes, tenu à Haerlem au mois de juillet 1649, ayant fait connaître qu'ils avaient dressé plusieurs nouvelles églises , c'est aux pasteurs orthodoxes à chercher les voies de réprimer ces innovations j et d'autant plus qu'on se peut fonder sur un édit de l'an i65i , par lequel leurs hautes puissances ordonnent qu'il faut mettre les sectes à la raisen , et ne leur permettre pas de se répandre : Sectas cohibendas nique in ordinem redigendas , neque permittenduni in plura loca quhm hodiè sint dif- Jundantur{i'j). C'est ainsi qu'en France l'on interdisait les lieux d'exercice dont ceux de la religion ne pouvaient

OS) Idem , ibid. , pag. SgS , 396.

(36) Idem, ibid-, pag- 3gi.

(37) Idem , ibid. , pag. 392.

pas faire voir qu'ils eussent joui au temps des édits. Voyez la PoUtica Ecclesiastica de Voetius (38) , où il examine si cette secte doit être tolérée : il use de distinction ; mais il penche beaucoup sur la négative, généralement parlant.

(I) M. fan Beuning raisonna un jour sur la tolérance qu'on accorde a cette secte en Hollande avec M. de Tuienne."] M. de Turenne , étant en carrosse avec cet ambassadeur, lui témoigna qu'il désapprouvait la tolérance que les Etats Généraux avaient pour tant de sortes de religions. Je n'ai que faire de dire ici ce que l'on conte que M. van Beuning lui répondit à l'égard des autres sectes 5 je me contente de rapporter ce qui concerne les mennonites : « Pourquoi vouw driez-vous , dit-il , qu'on ne les to- )) lérât pas? Ce sont de si bonnes » gens, et les plus commodes du mon- )) de : ils n'aspirent point aux char- » gesj on ne les rencontre point sur " sa route lorsque l'on est ambitieux ; » ils ne nous traversent point par leur » concurrence et par leurs brigues. II » serait à souhaiter que par tout le M monde la moitié des habitans se fît » un scrupule de songer aux dignités : » l'autre moitié y parviendrait avec » moins de peine, et sans employer » tant d'artifices et de bassesses , et » tant de moyens illégitimes. Nous ne » craignons point la rébellion d'une » secte qui met entre les articles de sa » foi, qu'il ne faut jamais porter les » armes. Quel repos d'esprit pour un » souverain , que de savoir qu'une » telle bride empêchera les mutineries » de ses sujets , quelque chargés qu'ils » puissent être d'impôts et de tailles ? » Les mennonites paient leur part de » toutes les charges de l'élat. ^ela » nous suffit : avec cela nous levons » des troupes qui rendent plus de ser- » vice qu'ils n'en rendraient en s'en- » rôlant. Ils nous édifient par la sim- » plicité de leurs mœurs : ils s'applij> quent aux arts , au négoce , sans )) dissiper par le luxe et par la débau- » che leur patrimoine ou les biens » qu'ils gagnent. On n'en use pas w ainsi dans les autres communions :

» les voluptés et les dépenses de la » vanité y sont une source continuelle

(38) Au livre IF de la I". partie, pag. 538 et suiv.

lo ANABAPTISTES.

1) de scandale et un affaiblissement de dik , gendre de ce David , et publiée

5> l'état. Mais ils refusent de jurer : par Kevius (^3). On imprima en fran-

» voilà une belle aflaire ! L'autorité çais, à Amsterdam , une Histoire des

5' des tribunaux n'en souffre aucun Anabaptistes, l'an lôgSjCtune plus

5J préjudice. Ces gens-là se tiennent ample l'an 1700. Ceux qui ont écrit

i> aussi liés par la promesse de dire contre eux sont Zuingle , Luther, Cal-

" la vérité , que s'ils faisaient des ser- vin , Melanchf bon , Olxolampade , Ur-

« mens. Toute l'utilité des sermens bain Regius , Juste Menius, buUinger,

') que l'on fait prêter consiste en ce Jean Lascus , Guy de Brès , Tafiin

3> qu'un homme qui les viole craint Hunnius , Osiander , Cloppenbourg ,

" un châliment plus sévère de la part Spanheim et plusieurs autres qu'il se-

i> de Dieu, et s'expose à l'infamie , et rait trop long de nommer (44). Mais

y> même à des peines corporelles de je n'oublierai pas le livre intitulé -6a-

" la part des hommes. Les raennonifes t^el , publié 1 an 1621 , par Herman

» craignent toutes les mêmes choses Faukeiius , ministre de Middelbourg,

3) s'ils mentent après avoir donné leur et l'un des pères du synode de Dor-

3) parole qu'ils diront la vérité ; ils dr'ciit. Il montre dans cet ouvrage la

3) sont donc serrés par les mêmes liens diversité énorme de sentimens qui rè-

J) que les autres hommes. » gne parmi les anabaptistes. Ceux-ci

(K) Les Hures que l'on a écrits ton- lui opposèrent une Confession de foi

fhnnt cette secte et contre ses dogmes tiu ils publièrent l'an 1624 ' ^ Amster-

sont innombrables.'] J'en ai indiqué dam. Ils usèrent aussi de rétorsion ^

quelques-uns dans la remarque (C). car ils publièrent une Babel des Pé-

En voici d'autres. Herman JVIodée a dobaptiites {'f5). Antoine Jacob (4^)

fait un livre de Iniliis Sectœ Ana- en fut l'auteur. Notez qu'au commen-

haptisticœ. André Meshovius a fait en cernent ils écrivaient peu de livres j

latin Y Histoire des Anabaptistes. Un mais enfin ils ont eu divers auteurs ,

anonyme a fait en flamand la Succès- et ils ont donné au public quantité

sion Anabaptistique , imprimée à Co- d ouvrages , les uns didactiques ou

logne , l'an i6o3. 11 y a aussi un li- historiques , et les autres polémiques,

vre flamand , imprimé l'an i6o5, de Us publièrent à Horn, en 1624 , une

Origine et Pmgressu Sectarum inter Confession de foi qu'ils munirent de

Anabaptistas. M. Ottius, professeur à passages de l'Écriture et de quelques

Zurich, a fait en latin les Annales autres autorités. Au bout de douze

de cette secte jusqu'en 1671. Tous ces ans ils en publièrent (47) une autre

ouvrages sont mentionnés , ou par fj'ii faisait voir leur concorde. On a

Hoornbeek (Sg) , ou par Micraelius vu des Apologies de leur Confession ;

(4o) , ou par Spanheim (4i). Je n'ai on a vu aussi de leurs Catéchismes et

point vu qu'ils aient parlé d'un livre de leurs Manuels de Religion. Ils ré-

que Cassander a indiqué de cette ma- fulèrent le Manifeste de Zurich , l'an

nière : De origine i-ero hujus Ana- 1644. Abraham de David (48) , l'un

bflptisticœ sectœ , ejusque progressa , d'eux , publia un livre , en la même

et quœ ex hoc capite monstra quant année, contre un ministre de Ilaerlera,

varia et absurda , atque inter se pug- nommé Bon temps. Il l'intitula , Smeg-

nantia prodierunt, luculentè , copiosè, ma Hollandicum contra maculas quas

P. Bontemps Mennonitis adspersit.

Le même ministre fut réfuté par d'au-

(43) Hoornbeek, Siimma Controversiar. , p.

(44) Idem, ihid., pag. 3()4 ; *' Jean VagPt,

summdque cum ftde scripsit JVicolaus Blesdick , qui quod aliquandb hujus- 7nodi crrore per imperitiam eetatis deceptus fuerit , eh nunc instructior et i'ehementior est in iis erroribus refel-

lendis , id quod illi cum B. AugUStinO dans ta ihère qu'il soutint â TfUleinberg , L'an

commune est (42). Hoornbeek parle i688, de Secia Mennonitarum.

-- -- - - (4.')) C est-à-dire ceux qui baptisent les en-

fans.

(46) Ministre anabaptiste et médecin d'Amsterdam.

(4?) A Dordrechl.

(4S) Il se désigna par ces trois lettres, G. V. V., c'est-à-dire, Gérard Vryburg. HoUingeri Bibliolh. Tbeolog., Ub. IH, cap. F, pag. 4:0, 4'2i.

fceulement d'une Histoire de David George , composée par Nicolas Bles-

(39) In Summâ Controvcrsiarnm.

<4o) In Syniagmate (iistor. Eccl.

(l\\) In Klencho Controversiar.

(4») Georg. Cassander, epist. dedicMor. Tractatfts de Baptismo lorantium.

ANABAPTISTES. lî

très ouvrages, ipur V^bstersio accu- ou la précipitation, ou la passion. sntlonuiii erai'uini Pétri Bontemps , Après cela il fut juge à propos de conflit ra /^cr i^. f^. K. 1G43; par Con/u- férer avec eux, et on leur marqua taiio argumentofum quibus P. Bon- trois endroits où ils auraient à s'astemps probars conatur Anabaptistas sembler, afin d'entendre ce que Ton injttrtos esse in Deum et honiines , avait à leur dire. Ils se rendirent à 1643 ; par Spongia ad abluendas ma- l'assignation : on leur proposa , et de cu/a^ Pétri Bontemps contra certam vive voix et par écrit , les principaux Anabaplistarum sectam ; par Jodoci points de la foi chrétienne ; ils n'en re- Ilenrici Lixifium contra ejusdein via- jetèrent qu'un , qui était celui des culas; par Probatin Lixii'ii D. Bon- magistratures. Le sénat, après avoir temps ubi per G. f^. f^. fides potissi- su ce qui se passa dans ces assemblées, viiim authoris et methodus agëndi so- manda quelques-uns de leurs chefs. licitatur (49). Ils comparurent j ils exposèrent leurs (L) On allègue quelques raisons raisons : on y répondit tranquille-

1642 , à M. Hotton , ministre de l'é- pas de se retirer conime des gens qui glise wallone d'Amsterdam , par M. avaient peur de quelque supercherie, Creitinger, doyen des ministres de et ils 1 avouèrent le lendemain , lorsl'cglise de Zurich. La guerre s'étant q« <?« leur denianda pourquoi ils allumée presque dans toute l'Europe , avaient fait paraître qu ils se défiaient l'an 1632, les magistrats de Zurich du sauf-conduit que le souverain leur donnèrent ordre que , conformément a^ait expédié. Cette douceur des maà la pratique usitée de tout temps en gistrats déplut beaucoup a plusieurs semblables cas , les habitans du can- personnes ; cependant on voulut teuton s'exerçassent au métier des armes ter encore les voies de la modération.

par des revues. Les anabaptistes refusèrent d'obéir , et représentèrent à ceux qui se préparaient à l'obéissance que la guerre doit être considérée

On assembla les principaux chefs des anabaptistes : on les aséura que, sans exiger qu'ils prêtassent le serment selon les formules ordinaires , on se con-

comme un châtiment divin, et que tenterait qu'ils répondissent oui ou c'est par la bonne vie , et non par les "O"'' q" «n les dispenserait de porter

armes , qu'il faut défendre l'état. Ils insinuèrent qu'ils aimeraient mieux quitter leur patrie, leurs femmes, leurs enfans , et tous leurs biens , que de repousser par les armes l'ennemi commun. Les bons sujets s'indignèrent de cela à un tel point, qu'ils furent d'avis qu'on exterminât cette

les armes , pourvu que, par leurs prières et par d'autres moyens pieux , ils concourussent au bien public ; et qu'en les engageant à se trouver aux prédications des ministres on ne prétendait pas leur interdire la liberté de désapprouver ce qu'ils jugeraient contraire à la parole de Dieu 5 qu'on vou-

secte ; mais les magistrats cherchèrent l^^t seulement qu ils ne critiquassent des expédiens plus doux. Ils chargé- pa» cela avant que d'en avoir conféré, rent les plus sages têtes du sénat de ou avec un de leurs pasteurs, ou avec

régler avec les thé(Jogiens les plus modérés ce qu'il y aurait à faire dans cette conjoncture. Ce comité se recommanda avant toutes choses aux prières de toute l'église, et puis voici quelle fut sa première résolution : que 1 on n'oublierait rien de tout ce qui paraîtrait propre à guérir les faux scrupules des anabaptistes; qu'on n'en condamnerait aucun , ni à la mort , ni aux galères , et qu'on ne ferait aucune chose qui ressentît ou la cruauté,

(49) Id. ihid.

quelque autre personne ecclésiastique.

On finit par des promesses de protection et par des exhortations pathétiques. Mais, quand on vit que ces gens-là ne changeaient point de pensée , on les exhorta bénignement à se retirer ailleurs : on leur permit d'emporter autant de bien qu'il leur en faudrait pour leur subsistance ; on promit la restitution à tous ceux qui , guéris de leurs erreurs, voudraient revenir; et l'on déclara que les enfans et les femmes qui renonceraient à la secte et ne voudraient pas abandon-

ANABAPTISTES

ner la patrie jouiraient d'une portion convenable du bien des pères et des maris. Les anabaptistes répondirent que la terre appartient à Dieu , et non pas aux magistrats , et rejetèrent ces conditions. Alors on en vint aux taxes et aux amendes ; et parce qu'ils refusèrent de les payer, et qu'ils crièrent à la tyrannie , on confisqua tous leurs biens. Ils murmurèrent encore plus :

ils s'assemblèrent nuitamment ; ils prièrent Dieu de réprimer la fureur du magistrat par )a peste, par la famine, et par telles autres calamités.

Là-dessus on se trouva obligé de recourir à un remède plus fort : on en mit plusieurs en prison. Ils se sauvèrent presque tous (5o) par une brèche qu'ils firent à la muraille , et ne se montrèrent pas moins inquiets qu'auparavant : on les remit en prison , on les exhorta de temps en temps à se convertir , ou à se retirer de bon gré hors de la patrie; ils persistèrent à demander simplement la liberté. Ils offrirent de rendre raison de leur doctrine devant tout le peuple : on leur refusa cela ] mais on voulut bien leur proposer une dispute par écrit , et on leur marqua même les points de la controverse : ils répondirent toujours qu'ils ne pouvaient se défendre pendant qu'ils seraient en prison. Notez que leurs fugitifs semèrent partout des plaintes atroces , comme si leurs prisonniers avaient été maltraités le plus inhumainement du monde (5i).

Voilà une apologie fondée sur la patience très-longue qui précéda les rigueurs ; mais voici d'autres moyens i)lus particuliers , et qui résultent de a nature ou de la constitution du gouvernement en ce pays-là. Les Suisses ne repoussent point l'ennemi avec des troupes auxiliaires ou soudoyées , mais en se rangeant eux-mêmes sous le drapeau 5 et l'un des fonds de leur subsistance est la permission qu'ils donnent de lever du monde chez eux pour le service des étrangers. Il importe donc à leurs souverains que tous les sujets soient propres aux armes, et aiment la guerre. Voilà pourquoi les anabaptistes ne leur convien-

(5o) Iif lendemain de Pâques iG36.

(5i) Tiré d'une lettre rf/> Jean-Jacques Breitinger, datée du i\ août 1647., et ime'rée dans Us Annales Anabaptittici de Jean-Henri Otiius, pag, a88 et luiv.

nent pas , gens qui ne veulent blesser ni tuer personne, et qui, en tant qu'en eux est, intimident les plus belliqueux^ car ils inspirent des scrupules de conscience sur l'effusion du sang humain et sur les passions inséparables du métier des armes.

(M) Moréri n'a pas eu raison de charger celte secte de deux doctrines qu'il lui impute.'] Il a trouvé dans Pratéolus que , selon les anabaptistes , les femmes sont obligées à prêter leur corps à tout homme qui leur demande cette fonction , et que , réciproquement, les hommes sont obligés à satisfaire le désir de toute femme qui leur demande cet ofEce : Dicunt postremo qunnilibet niulierem obligataiu esse ad coèundum cum quolibet uiro eam petenle , et contra eodem vinculo adslringunt omnem uirum ad tantundem reddendum cuilibet mulieri hoc ab illo petenti (52). Selon cela , il y aurait un mariage naturel entre tous les hommes et toutes les femmes : je veux dire que , par devoir, et à peine de commettre un crime , chaque homme serait tenu de contenter quelque femme que ce fiit quand il en serait requis ; et chaque femme serait tenue de complaire à quelque homme que ce fût quand elle en serait requise.

Les devoirs que saint Paul expose (53) , qui font qu'un mari n'a point la puissance de son corps , et la doit considérer comme transférée à son épouse ^ et que celle-ci pareillement doit considérer comme transférée à son époux la puissance de son corps : ces devoirs, dis-je, très-justes et très-raisonnables dans ile mariage d'un avec une, n'auraient point de bornes ; ils s'étendraient de chaque homme sur toutes les femmes , et de chaque femme sur tous les hommes : chose si extravagante , si vilaine , si abominable , qu il est difficile de s'imaginer qu'aucune secte d'anabaptistes l'ait enseignée. Les lois naturelles, selon cela , seraient beaucoup plus impossibles à accomplir que les lois de l'Evangile ; et il serait juste à cet égard de renouveler cette plain te : C'est un joug que nous , ni nos pères , n'at^ons pu porter. En un mot , ce ne peut pas

(Sî) Pratéolus , in Elenclio Ilœreseôn, lib. I , ■pag. v).

(53) Iro. Kpîlre anx Corinlhirii! , chap. VU ^ vs. 4-

ANACRÉON

être une loi de la nature; car la nature n'oblige à rien d'impossible (S/j)- La beauté et la tendresse de conscience , jointes ensemble sous uue pareille loi , seraient un poids qui ferait bientôt crever les plus vigoureux et les plus robustes. 11 n'y aurait point de personnes aussi à plaindre que celles qui seraient belles et consciencieuses.

Et notez que la doctrine de la communauté des femmes n'égale point l'abomination de celle-ci : elle n'ôte paiTla liberté de refuser; elle n'engage pas la conscience à tout acquiescement.

Peut-être ne me tromperai-je pas si

ie conjecture que les faiseurs de Cataogues d'Hérésies , les originaux de Pratéolus , ont forgé cette cbimère en donnant un mauvais sens , ou par ignorance, ou par malice , à l'une des conséquences du dogme de l'égalité des conditions. Il est certain qu'au commencement les anabaptistes enseignaient cette égalité : d'où il s'ensuivait qu'une fille de bonne maison ne devait pas refu.er les propositions de mariage avec un fils de paysan , et qu'un gentilhomme ne devait pas refuser les recherches d'une paysanne.

Si nos faiseurs de Catalogues ont bâti sur ce fondement la doctrine absurde qu'ils ont imputée aux anabaptistes, sont-ils moins impertinens que ce dogme même?

Te ne crois point non plus que ces sectaires aient regardé comme illégitime le mariage des autres chrétiens , et qu'ils aient confondu tous les bâtards avec les enfans des personnes mariées ; qu'ils aient cru , par exemple, que la naissance de Calvin n'était pas moins accompagnée de souillure que celle d'Erasme. i\Iais M. Moréri n'y regardait pas de si près ; et, pourvu qu'il ptU difl'amer les hérétiques, tout lui était bon *.

(54) Impossibili nemo tenelur.

Joly renvoie au Sorberiana « pour quelques » traits asset curieux sur les anabaptistes du » 15*. siècle. .

ANACRÉON , poëte grec , natif de Téos , ville d'Ionie (A) , florissait au temps que Polycrate régnait à Samos (B) et qu'Hipparchus jouissait à Athènes de la domination que son père Pisis-

trate y avait usuqîée. C'est de • quoi l'on ne peut douter lorsque l'on consulte les livres de Platon et ceux d'Hérodote; car l'on y voit qu'Hipparchus fit venir Anacréon à Athènes (a) (C) , et qu'Anacréon était dans la chambre de Polycrate durant l'audience qui fut donnée à un envoyé d'Orètes , gouverneur de Sardes (b) (D). Cambyse était alors roi de Perse : ce que je remarque, afin que tous mes lecteurs puissent se représenter avec plus de facilité le temps auquel Anacréon a vécu. Ce poëte avait l'esprit délicat , et il y a des grâces et des charmes inexprimables dans ses poésies ; ratais il aimait trop les plaisirs : il était d'un tempérament si amoureux, qu'il lui fallait et des garçons et des filles (E) ; et d'ailleurs il aimait le vin.

Ce dernier défaut se fit sans doute remarquer excessivement à Athènes, puisque la statue qu'on y voyait d' Anacréon le représentait comme un homme ivre qui chante (c). Si nous avions tous ses poèmes , nous y verrions une infinité de traits de son humeur voluptueuse (F) : mais le peu qui nous en reste nous la fait assez connaître. On y trouve la passion dont il brûlait pour Bathyllus (G); et si, à cause que l'on n'attachait point alors à cette espèce d'amour une note d'infamie , comme on le fait en pays de chrétienté , il ne mente pas toute l'horreur que l'on aurait d'un poëte chrétien en pareil cas , il faut que l'endurcissement de son

(a) Plato , in Ilipparcho. ^Eliani Var. Hist. lib. FUI, cap. II.

{/>) Herod. lib. m , cap. CXXJ. Fojes aussi Pausanias , /iV. /, pag. 2.

(c) Paus^n, hb I . pa^. 23.

i4 ANACRÉON.

siècle paie pour lui : ie veux dire (A) ^{ f^'t natif de Téos, i^iUê

iv 1- .• V„ 1 ,.„,„„ <i'/o«ie.| Je réfute, dans 1 article Téos,

que Irndignation des lecteurs ^eux qui ont dit r/u'Anacréon était dé doit tomber sur ce temps-la , se- Témm sur le Pont-Euxin. Ion tout ce en quoi elle ne se dé- (B) llflorissait au temps que Polycharge point sur chaque parti- craie régnait a 6 amos.} Je n'ai point r,,l,Pr T,P<;dphpurhpsd'Anacréon marqué d'olympiade, car, pour nu

homme qui a vécu quatre-vingt-cinq ans, il me semble que l'on ne doit point s'enfermer dans des bornes si

étroites. Aussi voit-on que ceux qui le font s'éloignent beaucoup les uns des autres. Ensèbe (i) , qui a choisi la 62*. olympiade , n'a pu empêcher que

culier. Les débauches d'Anacréon ne l'empêchèrent pas de vivre quatre-vingt-cinq ans , si nous en croyons Lucien, qui l'a mis au nombre des personnes de longue vie. On dit qu'il soutenait

sa langueur dans cette grande Suidas n'ait mieux aimé la 5u*. , et vieillesse eu mangeant des raisins que M. le Fèvre de Saumur n'ait mieux séchés, et qu'un pépin qui s'ar- ^î^^ la 72^ (2). Mais ne décidons , , ' ^ . \, ^ ^, -.T rien sur Suidas : son texte est assurereta a son gosier 1 étrangla. Va- ^^^^ corrompu ; et il n'est point par- 1ère Maxime attribue une fin si donnable à ses traducteurs d'avoir douce à une faveur particulière laissé passer l'épouvantable bévue qui

des dieux (H). Personne, que je «> t'.?"f- ^"jJ',' q»'Ana"éon a

, ,^' ' 1 i- • I vécu du temps de Polycrate, tyran de

sache, na marque le lieu ni Je Samos, dans la 5a«. olympiade ^ ou,

temps de sa mort (I) , ni décidé selon d'autres, du temps de Cyrus et

comment s'appelait son père(K). «le Cambyse , dans l'olympiade aS*. Il

On a plusieurs traductions de ses paraît , par Hérodote , que Polycrate , .^ T . • ., j -et Cambyse moururent environ en

poésies (L) ; mais il y a des cri- ^^^^ ^^^^^^ (3^. Eusèbc les fait cor.-

tiques qui ne croient pas que tous temporains sous la 63'. olympiade , et

les vers qui courent aujourd'hui il a raison : il n'est donc point vrai

sous son nom soient de lui [d). "if^ f?'"«= ™^"':^ ^"*^'« ^"^, f 7^,^' ^ , ,, , ^ ^ olympiades, m faire remonter Lyrus

Ceux qui ont parle de ses amours ^^^^ 55c olympiade , où Pon met ov-

Ïiour Sapho n'ont point consulté dinaircment l'époque de la monarchie

a chronologie, comme nous le des Perses à la 25"=. Vossius fait dire à

ferons voir dans l'article de cette Guidas qu'Anacréon a vécu dans la

^ f , f 61®. ou la 02*^. olympiade (^jj ; c est ce

femme. On dit qu un présent que ^^,,^0^ ^^ jj-ou^g point dans le Suidas

Polycrate lui avait fait en argent imprimé. Quant à M. le Fèvrc , qui a

l'embarrassa de telle sorte, qu'il choisi la 72^ olympiade pour le temps

/• ^ 1 -. - iirécisdela vie d Anacreon, il est plus

fut quelques nuits sans pouvoir [^^.,^ ^^ ^^.^^^ ^^^ ^^^.^^,;^, ^^^ ^^

dormir, et qu il alla le rendre a montrer que ce poète n'a pas vécu en

ce prince. Cela n'est guère vrai- ce temps-là. M. le Fèvre raisonne

semblable , quoique Stobée nous ainsi : Anacreon vint à Athènes du

•i j ' A ■ i * „ temps d llipparchus : cehn-ci avait

en ait donne Anstote pour ga- ^^f^^e nommé llippias, ^m 5o//ic,*.«

rant. Giraldi ne cite pour cela Darius , fils d'Hysiaspes , d'entre-

que les recueils grecs d'Arsé- prendre le vriyage qu' il Jïl contre les

yJthcniens. Cela étant, dit-il, ^ous

(1) Calvisius lui fait dire qu'Anacréon njleuri dans la 25=. olriniiiaiie. Je ne trouve point cela dans i'Fusèbe de Scaliger.

(2) Vies des Poètes grecs.

(3) Ileroil. , lib. m , cnp. CXX , et fpqq-

(4) Vossius de Piiet. Gr^c, pag. 0.1 nolman le copie i mais Morcri , ton autre copiste , a mis Co au lieu de Cii.

nius (e).

(fijTanaq. Fah. Not. in Anacr. Mademoisclli: le Fùvrc sajille, n'est pas en cela toujours d'accord ewec lui. Voyez sa pre'face sur Anacreon.

(e) Gyrald. Ilistor. Peiit. Dialog. IX,pag. /(.y T.

ANACRÉON

(*nyez précisément l'année 489 aidant Jésus-Christ, et l'olympiade 'ji. Yà.-

voiie que l'expédition des Perdes con tre les Atliéniens , de laquelle il s'agit ici , et où Darius ne se trouva point en personne, quoique la plirase de M. le Fèvre le signifie, regarde la 7a*. olympiade, et 1 an 4^9 avant Jésus- Christ (5) j mais il faut savoir q"ie ce

prétendu voyage de Darius ne fut fait le prix des beUes compositions et la que vingt ans après qu'Hippias eut mente des personnes rares : j" -'■--

M. le Fèvre de ce qu'il a dit qu'Hip-

parchus , fils de Pisistrate (9), eni^oya il l'cos un i'aisseauci cinquante rames, ai'ec des lettres fort cii^ites et fort obligeantes , par lesquelles il conjurait Anacréon de passer la mer Egée , et dejaire un uoyage ci Athènes , l'assu-' rant que sa uertu Ironiserait lit des admirateurs qui ni- connaissaient pas mal

été chassé d'Athènes (6j, et qu'il en fut chassé la qnalrième année après la mort d'Hipparchus , et la dis-huitième après la mort de Pisistrate , d'où il faut conclure qu'Hipparchus avait dominé quatorze ou quinze ans. Il est donc très-possible, 1°. qu'il ait fait •venir Anacréon à Athènes trente ans avant que Darius, fils d'Hystaspes, suivît les instigations d'Hi[)|)ias contre les Athéniens ; 2°. que la mort d'Anacréon ait précédé de quelques années la 72®. olympiade , et l'année 489 avant Jésus-Christ, marquée si précisément par M. le Fèvre, comme le temps précis où Anacréon a vécu.

Voici une autre lemarque. Il écrivit ses poètes grecs en lôSg (7). Or, dans 8on Anacréon, imprimé en 1660, il fait fleurir ce poète cinq cent cinquante-cinq ans avant Jésus-Christ , pUis ou moins, et il accorde à Suidas qu' Anacréon a pu vivre en la 52*.

olympiade, puisqu'il a i^ecu familièrement, dit-il, ai'ec Polycrate , qui florissait au^ même temps qu' Arnasis régnait en Egypte. M. le Fèvre a été donc un peu trop flottant sur la chronologie d'Anacréon. On ne dira jamais, sans se tromper, d'un homme qui a pu fleurir dans la 52*. olympiade, que la 72*. olympiade est le temps précis où il a vécu. D'ailleurs, c'est mal prouver qu'un homme a pu vivre dans la Sa®, olympiade, que de le prouver par la raison qu'il a été bon ami de Polycrate, contemporain d'Araasis ^ car ces deux princes sont morts, celui-ci à la lin de la 64®. olympiade, et celui là deux ans après (8).

(C) Hipparchus le fit fenir a Athènes.] Je ne prétends pas critiquer

(5) Voyet Calvisius.

(6) Pclavii Kationariuai Temporiiin , pari, I , Ub. II r, cap. II I et part. II, lib. III, cap. IX.

v7) y^iirrt la fin de laprrfaçe, (S) Vojrei.Ca\\ii,a$,

garde de critiquer cela , ni sous j)rétexte que je ne trouve dans Platon autre chose que ceci , 'E:t' 'Kva.nfUvrct.

TOI TiliOV WSVTMKÔvTOflOV CSJ^StÇ «xÔjMI3-£»

ik Ttiv TTaXtv (10} ; Il fit i^enir dans notre i'ille Anacréon, natij' de Téos , en lui eni>oyiinl un vaisseau de cinquante rames : ni sous prétexte (ju'Elicn se renferme dans la même généralité (11): car, outre que M. le Fèvre pouvait avoir appris dans des livres qui ne me sont point connus les particulaiités qu'il rapporte , les lois fie la. vraisemblance veulent qu'Hipparchus ait écrit ou ail fait écrire obligeamment à Anacréon^ et ainsi l'on peut supposer tout ce que M. le Fèvre su[)pose : on le peut, dis-je, supposer avec d'autant moins de scrupule , que la plupart dix temps une narration serait trop sèche et trop dégoûtante si l'on ne faisait qu'une version littérale des originaux. Mais, quand il nous donne Platon pour son auteur, j'avoue que je ne saurais m'empecher de le reprendre.

(D) Il était dans la chambre de Polycrate lors de l'audience donnée à un envoyé de Sardes.^ (>'est tout ce que nous en apprend Hérodote : cependant je suis fort sûr que M. le Fèvre a pu dire, comme il a fait, que Polycrate, tyran de Samos, tint Anacréon d'ordinaire près de sa personne, et voulut qu'il eiU part en ses aJfaireS et en ses plaisirs; car, étant certain d'im coté cju'Anacréon a été chéri de Polycrate (12), et de l'autre que les principales aflaires de ce tyran n'étaient t[ue de se bien divertir (i3) , on ne risque pas beaucoup en croyant tout ce que je viens de citer de M. le

(q) Moréri el Hofman disenl Pliilostrate. (10) Plato in Hippaiclio.

UiWTJian. Var. Ilist. , Ub. VIII , cap. II. (lîj Paiisanias, Ub. I , pa^. i ^liaa. Var. Histiir. . Ub. IX, car- ly. Slrabo, /,/,. Xlf. \i'i) Athea., Uh. XII , cap. IX, X.

i6 ANACRÉON.

Fèvre. f^ous le savez , ajoule-t-il; car Voyez aussi Ciceron an IV*. livre des

il n'y a pas encore deux ans qu'on li- Tusculanes , et Suidas.

soit Hérodote a la table de monsieur (G) On uoit dans ses uers la passion

ment inférer qu'Aiiacreon ait eu part me de mauvais soupçons sur l'aoïilii: dans les affaires de Polycrate. Je suis de notre poète pour Smerdias , Fun

fâché que des gens de beaucoup d'es- des mij;nons de Polycrate C20). Ce qu'il

prit et de beaucoup d'érudition aient y a de plus merveilleux, c'est qu'Élieu

cru , sans l'examiner , que Platon et se fonde sur cette raison générale ,

qu'Hérodote ont dit tout ce que ce sa- que personne ne doit accuser Anacréon

vant critique leur piête. Il fallait d'incontinence et d'intempérance: M«

mieux distinguer le texte d'avec la yâ.p tk >Î//?v Sia.Qa.Khî'rai Trpo; Qicèv tcv

brodure de celui qui cite. not»T>iv tov Tmov, /m «T' ÀKoKaç-av si'va.»

(E) // était d'un tempérament si MyiTce {21). IVemo enimperDeos hanc

amoureux , qu'il lui fallait des gar- calumniam impingat Teio poêla , ne-

cons et des filles."] Outre Batliyllus et que eum internperantiœ aut incontinen-

Smerdias , dont il sera parlé ci-des- tiœ arguât. Polyciate devint furieusc-

sous (i4)> il aima le beau Cléobulus. ment jaloux quand il s'aperçut que ce

11 avait pensé le tuer entre les bras poète s'était insinué fort avant dans

de sa nourrice, en le choquant rude- les bonnes grâces de Smerdias, par

ment, comme il marchait de travers les vers flatteurs qu'il avait composés

un jour qu'il avait trop bu; et non pour lui. La jalousie le porta à faire

content de cela, il dit dos injures à raser ce garçon (22). Le rival, qui

cet enfant ( i5). La nourrice lui sou- comprit bien ce que cela voulait dire,

haita qu'un jour il le louât plus qu'il usa de souplesse et fit des vers là-des-

ne l'avait blâmé alors. Son vœu fut sus, où il ménagea adroitement Poly-

exaucé : Cléobulus devint très-beau ; crate- Ceux qui se souviendront de ces

Anacréon l'aima , et fit bien des vers quatre vers de Pétrone, C. 109,

pour lui (16). Voilà une belle puni- q^^^ solum forma detus est, cecidêre ca-

tion, et une nourrice bien vengée. ^UU,

m Si l'on avait tous ses poèmes , on Vemantesque comas tristis abeeil hjems.

\ >.,.., , . ' . I Nunc umbra nudata sua latn. tempoia mœ-

aurait une injimte de traits de son nu- j-ent,

meur voluptueuse.] Voici quelques Areaque aUrUis ridel adusta jiilis ;

passages recueiUis entre plusieurs au- concluront de l'action de Polycrate

très, ou il est parle du contenu de ,jj ^.^^j^ ^^^^^ ^^^ ^^^ ^^^

ses poésies : Aao;roç « Av^«fê»v 0 7ra.a<i, ^^^,^5^ ^^ ^^,^^^^ ^ ^^ j^ ^^. j. •^^^.

^twou T«v^o.«<r.v £ÇctfT«^*ç /^ee«ç (17;. j,j^ Strabon remarque qu'Anacréon

Ineptus anacréon qui totamsuampoe- ^ ^^^^^, partout dans ses poésies ce

sin ebnetatis mentinne contexuerit^ tyran de Samos :ToiT6) ^t/vsf.Wev 'Avct-

T«V A£<rf,*V T^TTOKKfim iyff^i^ 'f'^T.- ^^.^^^^ ^.^ .^^ ^-^ ^ J ^J^^^ ^^.

Ka 7r^M,<^<Li (18). Anacréon leius , qui ^^^. ^,^^,^ ^^^ ^-^-^ ^„^^,.^o« Ly-

primus post Leshiam 6apho ma§nam ^ .^^^^ ^^ menlione ejus opplevU sua car-

carmmum suorum parlem in eapri- ^^.^^^, ^,^^^ Vossius a eu raison de

mendis amoribus consumpsit. Voici eouclure qu'il ne faut pas être surpris

comment Horace a parle des amours ^^^^.^ ^^ ^■f^^ ^-^^^ Poljcrati , dit-il

d Anacréon : ^^/jj , carus fuit. Quod mirum ! ciim

Non aliter Samia dicunt arsUse Balhyllo versions suis eion ctlebraret. Il fallait

Jnacreonia Teïum, imprimer, Qiiid mirum, citm versi-

OuiversœpecavatestudineflevUamoreiniiQ). , ^ ■ *■ ■ , ,/m

^ '^ '^ ■^ * " ius iM(i eum <eieifa/ef .' iNous verrons

(i4) Dans la remarque (G). dans l'articlc de Bathyllus comment

(i5j Maximu» Tyriu», Orat. XI, circa ini- , .,.

^■^,„* ' {20) mian.y»i.liht., lib.IX,cap. If ■

(16) DioQ Clirysostome en rapporte ifuelques- (^O Idem , ibid-

(22) Idem. ibid. Voyez aussi Athcnét , (1-) Allifn., lib. X, cap. KII , pOQ l\-><j. li.ll, chny. IX.

(lé) Pau»»nios , Ub. /, J/a«. ^S. i^'^) S'rabo , lib. XIV.

( 1 p). Heraj. Ei>od, XIV-, vs. 9. ('4) Vosî-iui , J c foct. Grœcis , pa-^. 12.

ANACRÉON

M. le Fèvre a justifié les amours d'Anacrëon.

(H) Un pépin.... l'étrangla. Valère Maxime attribue une Jin si douce h une faveur particulière des dieux. '\ Voici ses paroles : Cui quidem ( Piudaro ) crediderim eàdern benignitate deorum et tantum poèlicœ facundice , et tant placidum vitœ finem attributum; sicut Anucreonti quoque , quamvis statum humanœ filce modum supergresso , quem ui^œ passœ succo tenues et exiles cirium reliquiasjouentem unius grani pertinacior in aridis faucibus humor absumpsit (25).

(I) Personne n'a marqué le lieu ni le temps de sa mort.'] Suidas dit bien qu'Anacrëon, chassé de Tëos à cause de ia révolte d'Histieus, se retira à Abdère dans la Thrace ; mais ce n'est point dire qu'il y mourut : c'est seulement nous fournir de quoi le con- I'ecturer avec quelque vraisemblance.

la effet , Anacréon devait être fort âge en ce temps-là, vu que les victoires remportées par les Perses sur les fauteurs de la révolte d'Histieus sont de beaucoup postérieures à la mort d'Hipparchus , et tombent dans la 71*.

olympiade. Au reste , l'on peut conjecturer de ce passage de Suidas qu'Anacrëon s'était retiré à Tëos en sortant d'Athènes , où Hipparchus l'avait fait venir ^ ce qui rend assez vraisemblable qu'il s'était aussi retiré à Tëos après la ruine de Poljcrate , et que ce fut là qu'Hipparclius lui envoya le vaisseau à cinquante rames , comme M. le Fèvre l'assure. Il ne faut pas s'étonner qu'Anacrëon ait choisi Abdère pour son asile ^ car c'était une ville que ceux de Tëos avaient bâtie après avoir abandonné leurs maisons, lorsqu'Harpagus, lieutenant de Cyrus, se rendit maître de l'Ionie (26). Strabon ne désigne point ainsi leur transmigration : il se contente de dire que , du temps d'Anacréon , les Téiens , ne pouvant souffrir les injures des Perses, se retirèrent à Abdère (27). Cela peut être réduit à l'événement dont Hérodote a parlé 5 car l'invasion de l'Ionie par Harpagus se fit dans la 69® . olympiade , temps auquel Anacréon faisait

figure.

(25) Valer. Maximas , Ub. IX, cap. Xll. Voyez aussi Pline , liv. Vil, chap. VII. (36) Herod. , Ub. I. cap. CLXFIII.

l273Strabo, lib. XIV.

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