GNAN
du XVF. siècle. Il prit tellement à cœur son métier, qu'il aima mieux se rendre utile à la jeunesse en s'attachant à l'explication des choses qui embarrassent la première entrée des études , que de chercher de la gloire par l'explication des grandes difficultés (B). Il ne laissa pas d'acquérir assez de réputation , pour s'attirer les morsures de l'envie (C).
Ce qu'il publia sur Térence nous doit convaincre que c'était l'homme du monde le plus patient au travail (D). Je crois qu'il enseigna long-temps dans Lyon *. L'épître de son Térence est datée de cette ville , en août i556 {a). Il l'adresse aux trois frères qu'il enseignait. Sa Grammaire de la la?tgue Grecque a été imprimée plusieurs fois. Il entendait assez bien l'hébreu (b) pour mériter une place dans la Gallia On'entalis de Colomiés , et cependant il y a été oublié.
* Leclerc dit qu'il y enseignait encore en l5bo.
{a) Idibus Augusti.
(i) // écrivit en cette langue une lettre à Pierre Coslus , qui a été imprimée. Voyez Z'Épitoine de Gesner.
(A)]Vatif, si je ne me trompe, de Rahasleins. ] Ce qui me le fait croire est l'é]>ithèfe Rapistagnensis qu'il se donne à la tête de ses ouvrages. Je no trouve point de ville qui puisse mieux donner ce surnom que celle de Rabasteins ; car on la nomme en latin Rapistanum, ou Rapistagnum (i). Je m'imagine que les imprimeurs ont fait une faute dans l'endroit où Papyre Masson a parlé de cette ville : ils ont mis Rupistagni incolis , au lieu de Rapistagni incolis (2). Les trois raves,
(i) Catel l'assure dans la page 356 de ses Mémoires de l'histoire de Languedoc. M. Baudraud a parle' de celle ville sous Rapistanura.
(3) A la page l{()o du Desrriptio Elumiaum Galijae , édition de Pans, en i(J8î.
ANTÉSIGNAN.
dans le Projet de ce Dictionnaire (5) , et joignez-y ces belles paroles d'Erasme ; elles se rapportent à la peine qu'il avait prise d'amplifier un Lcxicon : Scimus hoc laboris genus esse minime glorinsum , prœsertïm quiim pauci reputant quot autores sint excutiendi , ut x'oces aliquot ab aliis prceteritas seligas. p^erùni hoc plus dehe • tiir illis gratlœ , qui publicœ utilitatis gratid non detreclanl ingloriam ac molestiœ plenam industriani (6).
(C) Il a acquis assez de réputation pour s'attirer les morsures de l'enfie.'] C'est ce qu'il marque par un lieu commun que l'on insère trop souvent dans les épîtresdédicatoires. 11 ditqueceux à qui ildëdie son Te'rence lui ont paru extrêmement propres à le garantir de la morsure de ses ennemis : Dignimaximè atque idonei t^idebaminiqui nos- Ira a malewolorum morsu Jortiler et in-
^^......v.,.,.,..,^^,..,^^»» ^ -.w,.!,,!- dustriè tutaripossetis(^^). WxCy a ^\ii:Yt
percfpèrrp^omeruntr'p^iZZ'w de coraplimens qui soient plus faux l'iri ilharafes incubuisse in eam "î"^ ,'^^"'^-1^; ^?? critiques n ont aucun ej^ard a la dignité m a la capacité de celui à qui l'on dédie un livre qui leur semble mauvais. Le sieur Des Accords s'est bien moqué de ces belles espérances que l'on fonde sur la prétendue protection de ceux à qui l'on dédie des livres (8). D'Aubigné trouva si bonnes les réflexions de cet auteur-là , qu'il s'en fit un ornement, après les avoir un peu ajustées d'une autre manière Tq).
(D) Ce qu'il publia sur Térence nous doit com^aincre que c'était l'homme du monde le plus patient au trauail. ] Il fit imprimer en trois façons les comédies de ce poète. Premièrement , il les publia avec de petites notes , et avec les sommaires de chaque scène, et il marqua les accens à tous les mots qui ont plus de deux syllabes : il marqua aussi à côté de chaque vers la manière de le scander. En second lieu , il les publia avec les no-
(5) Voyez la fin au paragraphe VII de ce Projet , dans le tome XV de ce Diclionnaii'e.
(fi) Ei'asm. , prrpfat'ione in Lcxicon : c''est la XXI'. lettre </» XXVIII'. livre, pas. i;oa. Voyez aucvi la fin du I". chap. du XVIII'. livre de THist. Nat. de Pline.
(ij) Antesign. , cpisLol. dedic. Terentii.
(8) Voyez la prrface des Bigarrures cle Des Accords.
(9) Voyez VEptCre dédicaloire de la Confesaion de Sanci.
qui sont les armes de Rabasteins (3) , me persuadent que Papyre Masson , ou les imprimeurs , ont mis la lettre u pour la lettre a.
(B) H aima mieux se rendre utile a la jeunesse.... que de chercher de la gloire par l'explication des grandes difficultés.'] Qu'il nous apprenne cela lui-même : rapportons un peu au long ses paroles; elles marquent un bon cœur , et peuvent être une leçon de morale aux esprits superbes , qui ne songent qu'à mériter l'applaudissement de leurs semblables , et qui ne dirigent point leurs veilles au jirofit de ceux qui ont le plus besoin d'être enseignés. Il venait de dire que plusieurs doctes commentateurs avaient écrit sur Térence ; et puis il ajoute : f^erùm pueri novit'd , ad quos maxime huj'S laboris fructus pertinebat , l'ix ullum ex accuralis et meditatis istorum commentationibus emolumentum
enim i^iri itli grafes curam et cogitationem , quœ sibi summum dignilatem et gloriam esset allatura. Itaque ardua tantiim et obscur'iora int.erpretando explanâsse contenti, minutinra cœlera , quorum doctr'ina et tractatio prœcedere , uel certè conjungi debuerat , lei'iter attigerunt ; ut adolescentuli qui bis studiis initiantur , se ad cognitionem hujus rei , quant ex commuai quddam hominum opinione reconditissimam afbitrantur, desperent posse peri^enire. Ut igilur eos ab hujusmndi desperatione adspem rei'ocarem , ad minima ista me demittere non recusat^i : neque enim hic dif- Jîc'dia tanliim enmiat'imus , sed ne unamquidem totius Terentii sjllabani reliquimus intactam , quam ad unguem non excusserimus , idque absque ulld l'erborum pompa aut magni- Jicentid , sed nudis l'itterarum notis , et melhodo quam potuimus brei'issimd et facillimâ. Doctrinœ opinionem affectent alii : ego pro med i^irili parte me puerorum et formandis et promovendis studiis omnem meam operam addixisse aperlè et ingénue fateor (4).
Conférez avec ceci , je vous prie , le passage de Quintilien que j'ai cité
(î) Catel , Mimoires de l'Iiistoire de Languedoc , pag. 35(>.
(■4) Pctrus Antesigiiauus , Episl. dedicator. Tercnt. , init.
ANTHERMUS. ANTINOÉ ou ANTINOPOLIS. 12^
tes entières de presque tous les auteurs qui avaient écrit sur Térence.
tnûn , il les publia avec de nouvelles notes marginales, et avec la traduction et la jiaraphrase française des trois premières, il mit entre des crochets tout ce qui est dans la traduction , sans être dans l'original en propres termes : il marqua avec des lettres tous les renvois de la version à la paraphrase. Les i^ariœ lectiones ont aussi chacune leurs parenthèses , et leurs marques de correspondance. Il est aisé par-là de connaître que notre auteur était bien patient. Notez qu'il mit dans les deux dernières impressions de son Térence, ce que la première contenait. Matthieu Bonhomme, libraire de Lyon , fut celui qu'il employa à celte triple édition. La date du privilège du roi est de l'an i556.
La patience de cet auteur ne paraît pas moins dans le traité qui a pour titre : Themalis uerborum inuestigandi ratio , et dans sa Praxis prœceptoiiim linguœ grœcœ. Ils se trouvent dans plusieurs grammaires de la langue grecque.
ANTHERMUS , sculpteur , natif de l'île de Chio , fils de Micciade , et petit-fils de Malas , qui avaient été l'un et l'autre sculpteurs , laissa deux fils qui furent de la même profession :
l'un s'appelait Bupalus , et l'autre Athenis (A). C'est contre eux qu'Hipponax écrivit des vers extrêmement satiriques , pour se venger de la représentation ridicule qu'ils avaient faite de sa laideur (a). J'en parle plus amplement dans l'article de ce poëte. Voyez aussi l'article de Bupalus.
(a) Plinius, Historice Natur., lib. XXXKI, cap. V.
(A) Un de ses fils se nommait Athenis. ] C'est ainsi que Suidas le nomme (1). Il était nommé Anthermus dans les éditions de Pline ; mais le père Hardouin a fait sauter cela , et a mis
Aihenis à la place. Voyez les remarques (C) et (E) de l'article dHiFPONAX.
Les dictionnaires historiques de Charles-Etienne , de Lloyd , de Moréri et d'Hofman l'appellent Anthermus , en dépit de Suidas.
ANTINOÉ , ou ANTINOPO- LIS (A) , ville d'Egypte , sur Je Nil (B) , bâtie ou réparée par l'empereurHadrien en l'honneur d'Antinoiis. Elle était la capitale de la Thébaïde , si nous en croyons un auteur du IV*. siècle {a). Cet auteur ajoute qu'elle était si peuplée , que l'on y voyait de son temps jusqu'à douze monastères de femmes [b). Ammien Marcellin la donne pour l'une des trois plus célèbres villes de la Thébaïde (c). Il n'est pas vrai que Léon d'Afrique ait dit qu'elle s'appelle Anthios (C). Voyez la remarque (D) de l'article Antinous : vous y trouverez d'autres choses touchant cette ville.
(a) Palladius , Histor. Lausiac. cap.
XLyiI , apucl Tristaa , Comment. Hisl., tome I , pag. 54i-
(b) Palladius , Histor. Lausiac. , cap. CXXXVII , apiid eundetn , ibid.
(c) Amra. Marcellin., lib. XXII, cap. XVT.
(A) ANTINOPOLIS. ] M. Baudrand dit deux fois dans la même page qu'Etienne de Byzance la nomme ainsi. Je n'ai point trouvé cela , ni dans l'édition de Pinedo, ni dans celle de Berkelius : j'ai trouvé seulement dans l'une et dans l'autre que la ville 'AvTivrjêia., Antinoia ^ s'appelait aussi Adriannpolis. M. Moréri n'a pas pris garde que ce dernier nom , et Adriano[)lc, ne sont pas deux noms différens : il les donne comme tels.
(B) faille d'Egypte , sur le NU. ] Dion Cassius marque positivement qu'Hadrien la fit bâtir au même lieu où Antinous était mort : '0.ç x*i^o\iv sy Tm X,'^fîa> ïv » toi/t' sVatôs , crwoixio-*!, KO.) '(ivopt.â.<ra.i àtt «.î/toÎ/. Ut urbeni in eo loco in quo ille obiisset , restitutam ex eo noniinari uoiueiit (i). Il venait
(1^ XipUil. , m Adri.ino.
ANTINOUS
M. Baudrand ajoute qu'elle esf à quarante-neuf lieues du Nil , vers l'orient. Elle n'est donc point VAnthios de Le'on d'Afrique. M. Moréri ôte trenteneuf lieues à cette distance : On voit ses ruines, dit-il , à dix lieues du IVil. Nous avons prouve dans la remarque pre'ce'dente , qu'Anlinopolis était sur ce fleuve.
ANTINOUS, mignon de l'em-
de dire que , selon la relation d'Hadrien , ce malheureux était tombé dans le Nil : puis donc qu'Hadrien voulait que le monde crût qu'Antinoiis s'était noyé dans cette rivière , il faut que la ville qu'il consacra à ce favori ait été sur le bord du Nil , et proche du lieu où il disait que ce jeune homme avait péri. Pausanias marque expressément que cette ville était sur le Nil : 'Em tço Ns/aû) ttoM; AlyuTrTÎtev iç'iv
ivrmtJfAoç: 'AvTfvôou (2). In yEgypio pereur Hadrien , était natif de apud Nilum urbs de Antmoi nomme gjthvne (a), dans la Bithynie. est rt»pe«««a. Concluez de la que les j \ / 1 j
„.,;„„„..„; =0 „^;or,f i ri,v iîphpq «lu On ne trouve rien touchant sa ra-
mille. Sa beauté embrasa de telle
ruines qui se voient à dix lieues du Nil , selon Moréri , ne sont point celles d'Antinopolis. Concluez la même chose encore plus hardiment contre ces ruines de ville que M. Baudrand a placées à quarante-neuf lieues du Nil.
sorte le cœur d'Hadrien , qu'on n'a jamais vu de passion plus effrénée , ni plus extravagante ,
(C) Léon d'Afrique n'a point dit que celle de cet empereur pour qu'elle s'appelle Anthios. ] C'est en- ^e jeune homme. Cette passion core une méprise de M. Baudrand. Je ^^ ^^ montra jamais plus fu-
ne crois pas me tromper , si j'en at tribue la cause à la liberté qu'on se donne de paraphraser les auteurs dont on se sert. Considérez bien ces paroles d'Ortelius , Anthios hodiè dici ex Joannis Leonis Africœ Descriptione deprehenditur : comparez - les avec
rieuse qu après la mort d'Anti— noiis , car il n'y eut point d'honneurs divins (A) qu'Hadrien trouvât trop sublimes pour cet objet de son amour. Quelques-uns di-
celles-ci de M. Baudrand : IVunc in sent qu'Antinoiis lui avait donné ruinisiacet Anthios dicta, teste Leone j^ pj^g grande marque d'affec
Af'ricano ; vous verrez que si ce dernier écrivain s'était scrupuleusement renfermé dans les bornes du précédent , il aurait donné beaucoup moins de prise. Ortelius pourrait chicaner le terrain , en appli<iuant le mieux qu'il pourrait ce qu'a dit Léon d'Afrique ; mais M. Baudrand ne peut pas recourir aux applications, ni aux conjec
tion qu'on puisse donner ; c'està-dire , qu'il était mort pour lui (B). D'autres assurent qu'il se noya dans le Nil , pendant le séjour qu'Hadrien fit en Egypte , environ l'an 182 de l'ère chrétienne. Quoi qu'il en soit , cet tures : il faut qu'il montre que ce Léon empereur le pleura à chaudes a dit positivement, que l'ancenne j (6) , et voulut qu'on luj
ville Antinoe se nomme auiourd hui , ' . , *" '^ ' , , ^ ,
- - - bâtit des temples et des autels ;
Anthios. Or c'est ce qu'on ne montrera jamais ; car Léon d'Afrique ne dit autre chose, sinon qu'Anthius a été biîtie p;ir les Romains , sur le Nil, du côté d'Asie, et qu'on y voit encore plusieurs inscriptions latines sur des marbres (3). Il en parle comme d'une très-belle ville , que l'industrie et la bonne humeur des habitans rendent très-considérable^ tant s'en faut qu'on puisse le citer comme un témoin (jui dépose qu'elle est tout-à-fait ruinée.
fî) Paiisan. , lib. VI U , png. 944-
(:<) Léon. Al'i-ifon. Dcscripl. Alrio;* , lib.
nu, folio. 660
ce qui fut exécuté avec tout l'empressement qu'on pouvait attendre d'une nation accoutvimée depuis long-temps aux plus honteuses flatteries (C). Il voulut même que l'on fût persuadé qu'Antinoiis rendait des oracles.
Il en courut quelques-uns sur
(a) On nommait atissi cette ville Claudiopolis. Xipliiliii., m Adriano.
{b) Mtiliebritcrjlcyit. Spartian., pa^. i35»
ANTINOUS. lor.
ce pied-là; mais on ne laissait rent pas l'imprudence de marpas de croire qxi'Hadrien les avait quer la cause infâme de son apoforgés (c). 11 fit rebâtir la ville théose, en s'adressant à Antonin cil son mignon était mort , et il ordonna qu'elle portât le nom de ce favori (D). 11 était bien aise qu'on lui vînt dire qu'on voyait au ciel un nouvel astre , qui était
Pins , fils adoptif et successeur d'Hadrien , ou à Marc-Aurèle , adopté par Antonin Plus , selon l'intentiond'Hadrien. Ils touchèrent alors délicatement à cette l'âme d'Antinoiis (E) , et il disait plaie (^); mais Tertullien , plus lui-même qu'il voyait l'étoile éloigné de ce temps-là , et sous d'Antinoiis {d). Ce qu'il y a de des empereurs qui n'avaient pas plus étrange là-dedans n'est pas le même intérêt à l'affaire , ne la comjîlaisance profane que l'on garda plus de mesures. Prudence
avait pour la faiblesse de ce prince , dont on se moquait d'ailleurs i^e) ; mais c'est de voir que, long-temps après sa mort , on ait persévéré dans le culte de cette nouvelle divinité. Ce culte était encore en vogue sous l'empire de Valentinien {f) , lorsqu'il ne s'agissait plus de flatter un prince , ni de craindre l'édit exprès qui avait ordonné cette religion {g). C'était donc par le sot attachement qu'ont les peuples à tout ce qu'ils trouvent établi , que l'on continuait d'adorer
a finement observé , que le luignon d'Hadrien était monté à une condition plus relevée que celle du mignon de Jupiter (F) , puisqu'Antinoiis était à table , pendant que Ganymède versait à boire. Il pouvait dire :
.... Mediis t'ideor discumbere in astris Ciim Joi'C, et Itiacâ porreclum suinere
dexlrâ Immortale merum (i)
De tout temps les hommes du monde ont fait plus exactement leur cour aux dieux de la terre , qu'aux dieux du ciel. Je ne sais
Antinoiis. Les pères de l'Église pourquoiM. Moréridébitequ'Ha-
drien crut Antinoiis changé en fleur et en temple (A) , et même qu'il lui fit bâtir un autel. N'estce pas dire qu'il ne lui fit point bâtir des temples ? et cela est-il plus vrai que le changement d'Antinoiis en fleur?
se servirent avantageusement de cette folle superstition , pour faire sentir la vanité de la religion païenne. Il était aisé de remonter jusqu'à la source , à J'égard de cette nouvelle divinité , et puis de rendre suspecte l'origine de toutes les autres. Ils parlèrent diversement d'Antinoiis , selon les temps : ils n'eu-
(c) Voyez la remarque (D) , à la fin.
{d) Xiphil. in Adriano.
(e) Idem, ibid.
(J") Tristaa, Comment, Historiq, , paff.
(ff) Saint Âthanase contre les Gentils, et Tliéodoret, au VU". Discours sacre', cite' /vrtr Tristan, Comment. Historiq. ,^nç. S^S, disent r/u'il y eut un edit exprès d'Adrien pour le culte d'Antinous.
(A) Justin., Martyr, Apolog. ad Àntuninuni l'iuni; Atlienagoras, ad Alarcum Imperat.
(i) Statius, Silv. IF, ////. ir, vs. lo.
(A) Voyez la remarque (Cj.
(A) L'empereur Hadrien lui rendit toutes sortes d'honneur.t ditnns. ] Je ne m'arrête point à ce £;rand nombn; de statues ou de simulacres qu'il lui fit faire presque par tout le inonde, (i). Je dis qu'il lui fil bâtir des tem-
(i) Xi^liil. j 1(1 Adria::o.
ANTINOUS
pies, qu'il lui ordonna des prêtres et un fait constant, qu''une opération des jeux sacres (2), et qu'il lui consacra magique à laquelle Hadrien faisait trades mystères (3). Pausanias dit que la vailler , demanda que quelqu'un li
religion d'Antinoiis fut établie à Man tinée, avec un soin tout particulier de cet empereur, à cause que la patrie d'Antinous était une colonie de Mantinée (/{). On y cëlébraitdesjeux, tous les cinq ans , en l'honneur de ce favori ; mais pour les mystères qui lui e'taient consacre's, on les célébrait tous les ans. Ceux qui appuient sur ce qu'il y a eu des prêtres d'Antinous qui prenaient la qualité de prophètes , ceux , dis-je , qui appuient sur cela , et qui en tirent la raison de ce qu'il avait un oracle , cherchent des mystères où il n'y en a point (5). Ces prophètes étaient les prêtres qu'Antinoiis avait en Egypte dans la ville qui portait son nom (6) ; ville qui était église mère , et chef d'ordre , dans cette nouvelle religion (7). Or, dans les collèges des prêtres d'Egypte , on nommait prophètes ceux qui étaient comme les doyens et les chefs. Voyez les preuves que le docte Henri de Valois en apporte dans ses notes sur Eusèbe (8) On a une inscription, dans laquelle Antinoiis est placé sur le même trône que les dieux d'Egypte :
c-[/v6povoç Ttùv 8V AiyÔTTTûi 0iâv (9). La dignité d'assesseur des dieux était de beaucoup inférieure à celle-là. Je ne dissimulerai point que le philosophe Celsus avance que les Egyptiens ne soufiriraient pas que l'on égalât Antinoiis à Jupiter et à Apollon (10).
Origène soutient le contraire j mais j'avoue qu'il le dit sans preuve , et que je n'entends point son raisonnement.
(B) Quelques-uns disent qu'il mourut pour Hadrien. ] Hadrien ne disait point cela j mais Dion n'a nul égard a l'histoire de cet empereur , où il avait lu qu'Antinous était tombé dans le Nil et s'y était noyé. Il donne pour
(2) Hcgesippus , apud Ecclcsiastua; lib. IV, cap.
Fusebium, Histor.