FUI
Ci) Pausan. , lib. VIH,pag. 244.
(4) Id. , ibid.
(5) Voyez Casaubon, et Saumaise , jur Spart. Vit. Adr-iàn. , ^ag. lî-j, 143.
(6) Hegcs., apud Euseb. Hist. Eccl., lib. JV, cap. VIII.
(7) Voyez la remarque (D).
(8) /Idcap. VIII, lib. IV.
(y) Vide Spnnli. , de Numism. , ptrg. 637. (lo) j4puU Ori^en. , lib. III, pag. i33.
vrât son âme volontairement et qu'Antinoiis accepta cette condition. L'abréviateur Xiphilin nous a dérobé apparemment quelques circonstances qui éclaircissaient un peu ce mystèrcj car il n'est point vraisemblable que DionCassius ait rapporté une telle chose d'une manière si coupée, ou plutôt si étranglée. Quoi qu'il en soit , on ne peut conclure de la narration de Xiphilin , qu'Antinoiis ait donné sa vie pour sauver ou pour prolonger celle d'Hadrien. On en doit plutôt conclure qu'il la donna , afin que , parl'inspec tion de ses entrailles, les devins pussent connaître l'avenir que cet empereur cherchait. Et qu'on ne me dise pas , avec un de nos antiquaires (i i), que si ce n'eust esté que la seule curiosité de t^oir des entrailles d'un garçon pour un effet de domination, il n'estoit pas nécessaire d'exposer a cette espreui'e celui qu'il aimoit le plus de tous les humains ; il y ai'oit assez d'autres enjans d'exquise beauté en tout ce grand empire ( si la beauté y ser^>oit (■2) ) qui eussent peu estre employez a cet infâme mystère : qu'on ne me fasse point, dis-je , cette objection ; car cet écrivain en a reconnu lui-même la nullité , en ajoutant tout aussitôt ces paroles : il se pouu oit faire néanmoins que le secret de cet art nécromantique requérait que ce fust lui , comme son mieux aimé, qui fust sacrifié pour rendre le sacrifice plus efficace. Il devait ajouter ce que Dion dit nommément , qu'il fallait une victime volontaire : or , les autres jeunes enfans que l'empereur eût destinés à ce sacrifice , ne s'y fussent pas soumis de bon gré.
Croyez-vous qu'il ne fallût pas faire une horrible violence à ces beaux enfans qu'Héliogabale livrait à ses magiciens? Cœdit et humanas hostias , lectis ad hoc pueris nobilibus et decoris per omnem Ilaliam patrimis et matrimis , credo ut major esset utrique parenti dolor. Omne deniquè magorum genus aderat illi operabatiirque quotidiè hortante illo, et gratiasdiis agente qubd amicos eorum inuenisset, quiim
(11) Tristan, Commentaires bistoriq., lom. I, pag. 541.
(n) Il ne /allait poinl parler de cela en doutant. Vojtz l'Apulùgie d'Apulée , pag- Soi.
ANTINOUS
inspiceret exta puerilia et excuterel donné à cette fleur ; mais on devine hostias ad ritum gentilem siium (i3). aisément que l'intention de Pancrates La magie de ces siècles-là demandait était d'honorer la mémoire de ce fade ces sortes de victimes , et saint Jus- vori. J'ai cru pendant (jutlqne temps tin remarque qu'elle choisissait des que ce passage d'Athénée avait donné enfans dont la pudicité fût immaculée, lieu au mensonge du sieur Moréri NêKwo/xa.yT«r*i //êv yÀp kai a.1 liS'ict^ôti- que j'ai rapporté sur la fin de cet arpcBv TTciiS^aiv 'eTroTrTfùo-tiç (i4)- IVecyo- ticle ; mais j'ai changé d'opinion mantice ipsœ et incorruptoruin puero- après avoir lu ces paroles d'un auteur rum speculariœ inspectiones. Sur ce moderne i Hadrian... donna le nom île pied-là , Antinoiis eût été un sujet ce misérable ( Antinoiis ) a une ville fort mal propre. Revenant à Hadrien, d'Egypte.... comme aussiil le conféra je dis qu'on doit, ce me semble, suppo- à un astre , à unejleur , a des temples, ser 1". qu'il ne consentit à immoler h des sacrifices , à des oracles et à des son mignon, que pour le besoin le jeux de prix , biej en fit un dieuÇtg),
dans l'avenir : j'aimerais mieux donc vres qu'il consultait, suivre Aurélius Victor que Xiphiliu. (D) Hadrien fit rebâtir la ville où
Voici ce que dit Auréli us Victor : (>Mœ Antinoiis ttait mort , et il ordonna
quidem a!ii pia uolunt religiosaque , quelle portât le nom de ce favori. '\
quippè Hadriano cupienle fatum pro- J'ai suivi le traducteur de Xiphilin ,
ducere , ciim voluntarium ad vicem qui ne parle que d'une ville réparée ,
magi poposcissent , cunctis retractan- quoique Xiphilin se soit servi du mot
tibus, Antinoum objecisse se referunt <r:/voixiVai. D'autres , n'y regardant pas
(i5). Joignez à cela , si vous voulez , desi près, disent qu'Hadrien bâtit une
ces paroles de Spartien : De quo ville , qui porta le même nom qu'An-
( Antinoo ) varia fama est , aliis eum tinoiis : no?^iv sWis-sv ê^rav^z/zov Avtivôou
devotum pro Hadriano asserentibvi (ao). Urbem condidit Antinoo cogno-
(>6). tninem. Elle était dans la Thébaïde et
(C) On lui bâtit des temples et des se nommait anciennement Besa , qui
autels.... avec l'empressement d'une était aussi le nom du dieu particulier
nation accoutumée aux plus honteuses qu'on y adorait. Casaubon l'assure
flatteries.'] Casaubon met entre les (21), et remarque que les Égyptiens,
basses complaisances que l'on eut pour laissant aux Grecs le nouveau nom,
la passion d'Hadrien ce que fit le poète continuèrent de l'appeler Besa ; mais
Pancrates (17). Or voici ce qu'il fit. 11 il se trouva des gens qui , par l'union
montra comme un miracle à Hadrien, de l'ancien et du nouveau nom, la
une fleur de lotos , qui était sembla- nommèrent Besantinoiis. C'est ce que
ble à une rose , et lui dit qu'il fallait fit Helladius , qui y était né (22). N'ou-
la nommer Antinoïenne ; et qu'elle blions pas que le tombeau d'Antinoiis
était née dans le lieu qui avait été ar- y était. Nous l'apprenons de ces paro-
rosé du sang du lion que lui Hadrien les de saint Epiphane : 'Clt h 'Avt/vooç
avait tué à la chasse. L'empereur prit ô sv 'AvTivioy xs^oiJêt/^êvoç x-a.) o-t)v Kwim-
tant de plaisir à ce discours, qu'il or- fimTrx^'tm KÛfAivttç ùttq' AS'ficLvoZ Kct'n'zà/ytt
donna une pension à Pancrates dans (23) Ad hune modum Antinoiis in
le »tu4ee d'Alexandrie (18). Athénée urbe sui nominis cum lusorio navig'io
n'explique point pourquoi ce poè'te sepultus ab Adriano in Deorum nu-
voulait que le nom d'Antinoiis fût merum relatus est. Nous apprenons
(i3) Lampridius , la Vilâ Heliogab., cap.
riii.
(14) Justin. , in Apologiâ, pag. 65. Voyez Saumaise sur Spartien in Adriano , pag. i36, et Apulée, in Apologiâ, pag. 3oi.
(i5) Aurel. Victor, m Cœsaribus.
(i6) Spartian. , png. i35.
(l'j) Casaub., in Spart. Vit. Adriani, pag. 187.
(18) Atben. , Ub. XF, cap. VI , pag. 677.