ANTIPATER
général
des armées romaines , qu'Hyrcan gagna le dessus (a).
Sous son gouvernement , Antipater disposait de toutes choses ,
solut de prévenir l'inconvénient, et n'en trouvant point de meilleure voie que d'ôter du monde Antipater , il s'en défit par le
et il le faisait à l'avantage des poison (/). Il se rendit coupable Romains , toutes les fois que en cela d'une noire ingratitude ; l'occasion s'en présentait. Cela car celui qu'il fit mourir l'avait fit que les généraux de la repu- comblé de bienfaits , et lui avait blique , un Scaurus , un Gabi- même sauvé la vie (g). Antipater nius , un Cassius , l'honorèrent de plusieurs importantes commissions , ou déférèrent beaucoup à ses conseils (b). Il rendit un service signalé à Jules César , pendant la guerre d'Alexandrie :
il lui amena et des vivres et des troupes , et il paya de sa personne courageusement; de sorte qu'outre bien des louanges , il obtint de Jules César le droit de bourgeoisie romaine , et l'administration de la Judée (c). Les plaintes d'Antigonus (d) ne purent rien contre lui. Son application aux affaires , et son habileté, le mirent dans une si haute considération , qu'on ne l'honorait guère moins que s'il eût été revêtu de l'autorité royale selon les formes (e). La manière dont il se précautionnait contre les revers de la fortune , en donnant à l'un de ses fils le gouvernement de Jérusalem , et à un autre celui de Galilée et le commandement des troupes , fit soupçonner avec raison qu'il cherchait à n'avoir personne audessus de lui , ni de nom , ni d'effet. Un Juif nommé Malichus , plein de ces soupçons , ré-
(a) Joseph., Anliquit. , lib. XIV, cap. II, et seq.
{bi) Ibidem , cap. IX, et setj.
(c) Ibidem cap. Xir, et XV.
{d) Il était Jils d'/iristobulc.
(e) Joseph , Anliquit. , cap. XVII.
laissa entre autres enfans le fameux Hérode , qui fut roi des Juifs (h).
(J^ Ibidem , cap. XIX.
{^) Ibidem, cap. XVIII.
ifij Sa femme , nommée Cypris , était de grande maison dans L'Arabie. Joseph, de Bell. Jud. , lib. I, cap. VI.
(A) Iduméen de nation ] Eusèbe le fait Ascalonite (i). Une troupe de brigands , dit- il , qui await pille nn temple auprès d' Ascalon , amena auec le reste du butin Antipater dans l' [damée , oii il demeura , parce que son père n'eut pas de quoi le racheter. Ce que je dirai dans la remarque suivante réfute ce conte. Phofius me paraît ici un peu blâmable. En donnantl'extrait de Josephe , il assure qu'Hérode était fils d'Antipater, qui avait servi dans le temple d' Ascalon : 'O toÛ 'AvriTrirpou
Toy 'ATKHKCeviTOU tou JêpoJoj/Xoc (a). Ce
n'est point dans Josephe , qu'il trouvait cela ; et ne'anmoins où sont les lecteurs qui ne s'imaginent que tout ce que dit Pholius est dans les livres dont il parle ? Ailleurs (3) , il dit qu'Antipater e'tait d'Iduraée et de la ville d'Ascalon, et grand ennemi d'Hyrcan, pour l'amour d'Aristobule. Celte dernière faute ne doit pas être impule'e à Photius ; car toute la suite de soa discours montre qu'il associe Antipater à Hyrcan. C'est à ceux qui ont publié cet auteur, qu'il faut adresser ses plaintes quant à cela ; mais il est responsable de l'autre faute. Ascalon n'était pas une ville d'Idumée ; et après tout , ce n'est pas Josephe qui a dit qu' Antipater était d'Ascalon. Or cest
(i) Euseb. , Hist. Eccl. , lib. I , cap. VI ; et VII, rx Africano.
(i) Pholius, Biblioth., num. LXXVI , pas.
(3) /</p/n, ihid. , num. CCXXXVIII , pnj,'. €j^.
i32 ANTOINE.
de Josephe que Photlas donne là Tex- sans presque point de surnom.
tiait.
(B) Illustre par sa naissance. ] Son père , nomme Antipater , fut gouverneur d^dumée, sous Alexandre Jannée, roi des Juifs. Eusèbe le nomme Ile'rode et le fiiit vaiet d'un temple, et si pauvre , qu'il ne lui Ifut pas possible de racheter son tils, qui était tombe entre les mains des voleurs :
Tot/TQV «Tê 'HpaiJof tivÔç 'A(rx.a.Aû)V/'TCii/
Tùïv TTlpt TOt tiU) ToZ ' ATrltt^hfCV^Ç Ufioélù-
Âa'V >ixK:jv/ut.ha>v yiyovîvAi (4)- Uuic fera Meroclem querudam Jtscalonitam iiniim ex numéro sert^orum templi ^■ipollinis quod Ascalone est palrem.
fitissr. Mais les savans ne doutent point qu'en cela Eusèbe , et Africain tpi'il copie, n'aient suivi de mauvais mémoires , et qu'il ne faille ajouter plus de foi à Joseplie , qui assure que îe roi Alexandre et la reine son e'pouse donnèrent le gouvernement d'Idume'e à Antipater, et que celui-ci gagna par la multitude de ses présens l'amitié des Arabes et celle des habitans de Gaza et d'Ascalon (5). En un autre endroit. Josephe, parlant d'An-
On ne trou\ e pas que la branche patricienne ait duré long-temps , ni qu'elle ait produit d'autres personnes mentionnées dans l'histoire, que T. Antonius Me- RENDA, et Q. Antonius Merenda.
Le premier fut l'un des décemvirs abrogés à cause de la fierté tyranuique d'Appius Claudius , l'an 3o4 de Rome , et l'un de ceux qui s'exilèrent volontairement , et dont les biens furent confisqués , après le procès qui fut fait à App. Claudius , et à Sp. Oppius {b). Le dernier fut tribun militaire , l'an 333 de Rome (c). Mais la branche plébéienne a duré long-temps , et a fleviri avec un très-grand éclat
(A) ; car outre qu'elle a pu se glo rifier d'avoir possédé deux fois le tipater le fils , remarque qu'il était le generalat de la cavalerie, six principal d'Jdumée , tant par l'anti- fois le consulat , une fois la cenquité de sa famille, que par ses ri- gure , trois fois l'honneur du chesses (6). Hégés-ppe dit du même ^^- },^ (^j elle s'est vue , en
Antipater, qu u était illustre par ses t l -t^^ , -,
ancêtres dans sa patrie (7). De tout ia personne de Marc Antoine le temps , on a aimé à ravaler la nais- triumvir , maîtresse de la moitié de l'empire. Nous allons faire des articles particuliers pour les principaux de cette ancienne maison (B).
on a aimé à ravaler la nais sance de ceux que la fortune fait monter au sommet des dignités (8). Au reste, l'ambiguïté d'un passage de Josephe a fait que quekjues- uns s'imaginent que l'aïeul d'Hérode ne s'appelait point Antipater, mais Antipas.
(4) Euseb. , Hist. Eccl. , lib. I, cap. VI. Vide ibi Valesium.
(5) Joseph., Aoliquit. , lib. XIV, cap. II.
(6) Iilem, de Bell. Jud., lib I, cap. V.
(7) Hegesipp., de Excid , lib. I , cap. XIV.
(8) Voyez la remarque (A) de l'article Tou-