‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 36 sur 113 · VIE · texte numérisé non relu

VIE

ANTOINE (Marc), l'un des triumvirs * , connu ordinairement en français sous le nom de Marc Antoine sans queue , était petit-fils de Marc Antoine l'orateur , et fils de Marc Antoine le Crétique. M. Moréri a parlé amplement de lui ; c'est ce qui fait que je n'en parlerai point. Les faussetés que j'ai recueillies sur ce chapitre pourront trouver place , ou dans l'article de FulviE, ou ailleurs.

La seule chose que je veux dire ici de ce triumvir , est qu'il publia un traité touchant son ivrognerie (A).

* Chaufepié a consacré ua long article à Marc Antoine le triumvir.

(A) // publia un traité touchant son ivrognerie.'] C'est un fait, dont les e'crivains modernes ne parlent guère :

il est néanmoins fort notable , et il se trouve dans Pline (i) : Tergilla Ciceroni M. F. hinos congios simul haurire solitum ipsi objicit : Marcoque yigrippœ à teviulento scyphum impactum. Etenim hœc sunt ebrietatis opéra. Sed nimirùni hanc gloriani au- Jerre Cicero uoluit interfectori patris sui M. Antonio. Is enimante eumavidissimè appréhenderai hanc palmam , edito etiatn uolumine de sud ebrietate : quo patrocinari sibi ausus , approbawii plané ( ut equidem arbitror ) quanta ntala per temidentiani terraruiH orbi intutisset. Exiguo tempore ante prcelium Actiacum id wolumen euomuit : quo facile intelligaturebrius jam sanguine ciuium , et tantb magis , eum sitiens. Je m'étonne que Plutarque n'ait rien dit d'une telle sinjjularilé, et que Suétone n'en fasse nulle mention.

(0 Pl»niu8 , Itb. XI y, subfiii. , cap. uh-

INE

ANTOINE (Caïus), frère du précédent , servit sous Jules César dans la guerre contre Pompée, et fut contraint de se rendre aux ennemis , faute de vivres , avec les troupes qu'il commandait dans l'IUyrie (a). Après la mort de César , et pendant qu'il était préteur , et que Marc Antoine son frère était consul , il fut envoyé dans la Macédoine pour y apporter l'arrêt du sénat qui donnait à Marc Antoine le gouvernement de cette province.

Mais quelque diligence qu'il eût faite , il fut primé par Brutus , et il tomba même entre ses mains (b). D'abord Brutus le traita honorablement , et lui laissa les marques de sa préture ; mais quand il se fut aperçu que Caïus Antoine tâchait de lui débaucher l'armée , il le mit sous bonne garde , et puis il le fit mourir lorsqu'il eut appris les proscriptions du triumvirat , le meurtre de D. Brutus , celui de Cicéron , etc. Marc Antoine , après la bataille de Philippes , ayant Hortensius en son pouvoir, l'immola aux mânes de son frère. Cicéron parle quelquefois de C. Antoine dans ses Philippiques, et toujours en mal (c).

(à) Glandorp. Onomastic, pag^.So, ex Caesare , Lucani Pharsal. libro IV, Eulropio.

{b) Il fui pris par Hortensiiis , qui le livra à Brutus.

(c) Glandorp. Onomastic. exPlutarcLo, j« M. Antonio , etc.

ANTOINE (Lucius), frère du précédent , eut les défauts de son frère le triumvir , sans en avoir les bonnes qualités. Il ne manquait pas pourtant de courage. 11 était tribun du peuple, l'année de la mort de César ,

ANTOINE. 143

pendant que son frère Marc était va grâce de telle sorte devant consul , et que Caïus , son autre Auguste, après la conquête d'Éfrère , était préteur. Il fut con- gypte , qu'il fut avancé aux sul l'an de Rome 7 1 3 , et triom- charges de degré en degré , et pha le premier jour de son con- enfin au consulat, l'an de Rosulat de quelques habitans des me 744- H épousa Marcella , Alpes, qu'il fit accroire qu'il fille d'Octavie; et par ce moyen , avait vaincus , quoiqu'il ne leur étant devenu gendre de la sœur eût rien fait qui fiit digne du d'Auguste , pour laquelle ce triomphe , et qu'il n'eût même prince avait une extrême consiexercé aucune charge dans leur dération , il tint le premier rang pays. Mais Fulvie , femme de dans la faveur , après Agrippa , Marc Antoine , et belle-mère gendre d'Auguste , et après les d'Octave César, laquelle faisait fils de l'impératrice. Mais il paya alors à Rome tout ce qu'elle vou- d'ingratitude son bienfaiteur , lait , lui procura par son seul puisqu'il fut un des premiers crédit cet honneur- là. Cette qui corrompirent sa fille Julie, même femme impérieuse, vou- ce qui, joint à quelques soup— lant se venger d'Octave, qui avait cous de conjuration , le fit conrépudié sa fille , excita Lucius damner à la mort. Il y a des Antoine à prendre les armes historiens qui disent qu'il se tua contre lui , prenant pour pré- lui-même pour prévenir l'infa— texte la protection des habitans mie de son arrêt (a). Il avait de la campagne , dont on avait étudié sous le grammairien assigné les terres aux sodats. Les L. Crassitius (b), et il composa troupes qu'il assembla ayant un poème de douze livres en été introduites de nuit dans vers héroïques (c), et quelques Rome , il en chassa Lépidus , traités en prose. C'est à lui l'un des triumvirs , harangua qu'Horace adresse l'ode II du le peuple , et lui déclara que , IV*. livre. Il laissa un fils qui suivant l'intention de son frère , était encore extrêmement jeune, il voulait abolir le triumvirat, et qui s'appelait Jules Antoine. Cette promesse répandit la joie L'empereur relégua ce jeune gardans la ville. On le déclara /my^e- çon à Marseille , sous le spécieux rator : il marcha contre Octave prétexte de le faire étudier. Il César ; mais, n'osant tenir la cam- lui fit rendre des honneurs fupagne , il s'enferma dans Pé- nèbres assez singuliers ; car il rouse , où il se défendit jusqu'à fit ordonner par le sénat que ses ce que la disette de vivres le os seraient portés dans le tomcontraignit de se rendre. Octave beau des Octavius (d). Il paraît lui donna ensuite la liberté , et que ce fut là la fin de l'ancienne depuis on ne trouve point ce et puissante famille Aivtoma , qu'il est devenu (a). dont Tacite dit qu'elle avait été

fa) Glandorpii Onomastic. , pag-. Si , ex r \ ^t m t> , i ;■# n ^

Dione etc. 'réf " > (a) Vell. Palerculus , /i6. //, ca;;. C.

(i) Suet. deillustr. Grammat. cv3;>. -Y/'///.

ANTOINE r Marc-Jules) , fils W in''tuiéi),om«/t<E. Veius .nurpresHo-

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