‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 41 sur 113 · APICIUS · texte numérisé non relu

APICIUS

pendit de désespoir, voyant qu'il aidait dissipé tout ce qu'il aidait. M. Moréri cite Sénèque lib. de Consol. Cela est trop vague , puisque nous avons trois traités de ce philosophe intitules : de Consolatione . 11 fallait citer celui qu'il adresse à sa mère. On y voit qu'Apicius s'empoisonna pour avoir trouvé, par le calcul de ses biens, qu'il ne lui restait que la somme de aSo mille livres, toutes ses dettes payées ( 18^ : yKrti aliéna oppressus , raliones suas lune primiim coactus inspexit. Superfulurum sibi sestertium ccnlies coniputauit , et inclut in ultimd faîne tnclurus si sestertio centies i^ixisset , ueneno ^'itam Jinii^it. Quanta luxuria erat , cui sestertium centies egeslasfuil(^ig)l Martial a fait là - dessus cette épigramme :

Dederas , Apici , bis tricenlies venlri , Sed adhnc supererat centies tibi laxum.

Hoc tu gravaLus , ne fatnetn et sitim ferres y Suinind venenurn potione duxisti.

Nil est, Apici, tibi gulosius factum (20).

N'avoir pas suivi l'auteur qu'on cite, quaat au genre de mort , est une petite faute j mais on a ôté à cette histoire tout son merveilleux , lorsqu'on a supprimé la somme qui restait à ce prodigue. La citation d'Athénée , /tV. II , ne vaut rien du tout. Enfin, M. Moréri devait savoir qu'il y a eu trois Apicius , et ne se borner pas à un. Charles Etienne prétend que l'Apicius dont parle Sénèque (2 ij, se pendit , et qu'il avait publié un livre d& Gulœ Irritamentis , qui est encore aujourd'hui entre les mains de tout le monde. Il n'y a point de bon critique qui croie que l'ouvrage que nous avons de Re culinariâ soit ae l'Apicius dont Sénèque fait mention (aa) ; quoi qu'il en soit , voilà sur quel original M. Moréri a fait une partie de ses fautes. C'est de là qu'il a tiré qu'Apicius se pendit, qu'Apicius écrivit un livre des Délicatesses du manger. II fallait aussi en prendre qu'Apicius avait encore aSo mille francs ; car c'est un fait que Charles Etienne

(18I Je me sers de l'évaluation de Lipse sur les Annales de Tacite, iiV. IV, chap. I.

(19) Seneea, de Consol. ad Helvlam, cap. X.

(20) Martial., Epigr.XX//, Ub. III.

(21) Charles Etienne le cite in libre de Consolatione ad Albinam. Casaubon, sur Athénée, pag. 23 , cite de même.

(23) Vojii Iti remarque (B) , yers lajin.

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n'a point, omis. Lloyd a suivi en tout Charles Etienne , excepte qu'il n'a point dit que l'ouvrage de Gulœ Iirltamenlis soit aujourd'hui entre les mains de tout le monde. 11 a considérablement augmenté l'article , en copiant ce que Lipse a remarqué sur les trois Apicius : mais il n'a point su que le passage de Suidas , touctiant les huîtres envoyées à Trajan au pays des Parthes , se trouve dans Athénée.

La mémoire des plus grands hommes leur fait faux bond raille et mille fois. Voilà Lipse qui cite deux fois Athénée au sujet des Apicius , et qui ne se souvient pas d'un troisième endroit d'Athénée , aussi notable, pour le moins, que les deux autres (^S).

S'il l'eût consulté , il n'eût point eu de soupçon que le mot Trajan fût corrompu dans Suidas. Hofman n'a fait que copier Lloyd , hormis qu'il a cité plus de passages. Ses citations ne sont pas toujours bien justes ; car , par exemple , il cite Sénèque de Consolât ione ad Albin, et de Oonsol. ad Elbiam, comme si c'étaient deux ouvrages. Casadbon (24) attribue à Athénée d'avoir dit que plusieurs gâteaux portaient le nom du premier Apicius:

mais il est certain qu'Athénée dit cela du second Apicius , de celui qui •vivait sous l'empire de Tibère : Et^srsTo (Tê x.n'và, Toùç tiQifmu ;|^pôvof ç stvMp tiç AttikioÇ , TThoua-ieeTATCiç , Tpv<^>lT>tç , à.^' ou TThiUKoùvraiv yhn TroKKct 'ATriKia, ôvo- ^«ifêT*f 125). Tiberii sœculo l'ixit Apicius , fi/' ditissimus , luxu solutus , h quo coniplura placentarum gênera Apicia nominant. Dalechamp a laissé dans la traduction d'Athéuée une faute dont il était facile de s'apercevoir.

Elle est au IV*". livre , page 168, E. Athénée , ayant rapporté ce que Posidonius avait dit touchant le premier Apiciu* , homme diffamé pour sa gourmandise , ajoute : Uifi Ss 'Atti-

xiou TUU KOÀ att/TOt/ 'iTTf àc-OùTto. eTistCoMTOw

iv Tû7ç ?rpœToic iifiyiKcty.iv j ce qui signifie que , dès le commencement , il avait parlé d' Apicius , qui était farneux lui aussi par sa gourmandise.

Ainsi la version latine est fausse : Antcà nos quoque istius Apicii ob im' tnndioum luxum J'amosi meminimus ; •elle est , dis-je , doublement fausse

(7.3) C'est celui du liv. /, pag. 7, A. (54) tn Allicn., pag. 23.

(25) AtUeu. , pag. 7. A.

lUS.

car elle ne répond point à la force des mots grecs , et elle impute à Athénée un mensonge. Il n'est point vrai qu'Athénée eût déjà parlé de l'Apicius dont Posidonius avait fait mention. Dalechamp marque qu'Athénée , au 1I1«. livre, a parlé du même Apicius dont il s'agit au commencement de la page 7 (26) : je crois que cela est faux. Je ne dis rien sur ce qu'il cite Cœlius, l. 5, cap. 3o (27). il veut parler de Coelios Rhodiginds , dont le V. livre n'a que quatorze chapitres :

c'est le chapitre XI du IX*. livre qu'il fallait citer (28). Cet auteur dit là plusieurs choses d'Apicius ; mais s'il falsifie partout ailleurs ce qu'il cite , comme il falsifie en cet endroit un passage d'Athénée , malheur à ceux qui le donnent pour leur caution.

Athénée , selon lui , raconte qu' Apicius , cherchant une espèce d'écrevisses à Alexandrie , avec une extrême diligence , apprit qu'on en prenait de fort grandes sur les côtes de Libye : tout aussitôt , il fit voile de ce côté-là ; et ayant trouvé qu'on lui en avait fait accroire , il maudit le pays , et s'en éloigna , bien résolu de n'y retourner de sa vie. Ce n'est nullement ce qu'Athénée rapporte : il dit qu' Apicius mangeait à Minturne, dans la Campanie, une espèce de sauterelles d'eau , qui surpassaient en grosseur les écrevisses d'Alexandrie ; et qu'ayant appris qu'on en trouvait en Afrique , qui étaient d'une grandeur démesurée , il s'y transporta sans délai et avec bien des incommodités. Les pêcheurs , avertis de son arrivée , lui allèrent au-devant avec les plus grosses sauterelles qu'ils eussent pêchées : il n'eut pas plus tôt su d'eux qu'ils n'en avaient point qui surpassassent celles-là que, sans avoir voulu prendre terre, il donna ordre qu'on le ramenât à Minturne (29).

L'auteur moderne , que j'ai cité , a eu tort de dire que le manuscrit d'Apicius fut trouvé dans l'île de Maguelonne , par Enoch d'Ascoli , sous le pontificat de Nicolas V. Il s'appuie

(26) Dalecamp. Not. in Atheo. , pag- I^S.

(27* Idem , ibid.

(28) Je ne pre'lcnds pas nier que la I'^. édition de Kliodiginus nejut autrement divisée en livres et chapitres, que celle dvnl tout le monde se sert.

(19) Atlien., lib. I , pag. 7. B. C.

APIEN. APION,

sur l'autorité de Léandre Albert , et sur celle de Philippe de Bergame : Ut tradit , dit-il (3o) , Leander Albertus Bononiensis in Descriptione Ilalice , pag. 267 , et Philippus Bergomas in Chronici continuatione qui M. Caeciliura appellat. Mais ce sont deux écrivains qui ne font aucune mention de Yile de Maguelonne ; et il est constant ([ue le manuscrit ne fut trouvé dans ce lieu-là que par Albanus Torinus, l'an 1529. Philippe de Bergame, sans faire mention du lieu , dit seulement ((u'Enoch Asculanus trouva , du temps de Nicolas V, ces deux livres-ci : Porphyrion sur Horace, et M, Cœcilius Apicius. Il dit cela sous l'année i454llerman Buschius s'accorde avec lui à l'égard du temps. Voici les paroles de Léandre Albert : Cujus { Enochi Asculani ) industria M.. Cœlius Apitius et Pomponius Porphyrio in Horatium circa JYicolaum P^. pontif. inventi ac è tenebris in lucem i^indicati sunl (3i). Volaterban assure que Suidas dit que Marc Apicius composa un livre de Guld. Robert Etienne , grand copiste de Volaterran, assure la même chose dans son Elucidarium Poèlicum. On les en a critiqués : wellem locum indicâssent , dit notre moderne (32) , hoc enim apud Suidant non reperio.

(3o) Joh. Albertus Fabricius, Bibliotb. Lat., pag. 129.

(3i) Leand. Albertus, in Descriptione Italiœ , pag. 404.

(32) Job. Albertus Fabricius, Bibliotb, Lat., pag. i32.

APIEN (Pierre), en latin Apianus , mathématicien allemand , au XVP. siècle. Je n'ajouterai qu'une chose à ce que Moréri en a dit : c'est qu'on l'accuse d'avoir été plagiaire de Royaumont (A) '*'.

* Leclevc reproclie à Bayle d'avoir traduit le nom de Regiomoatanus.

(A) On l'accuse d' ai>oir été plagiaire de Royaumont. ] Ceux qui grossiront les listes des plagiaires déjà publiées, se pourront servir , s'ils veulent , de ce passage de G.-B. Benedetti : Hœc omnia , dit-il (i), tradita fuerunt et

(1) Job. Baptista Benedictus, de Gnomonum Uinbranimque solarium n:>u, eap. Il , Jolio a.

scriptis mandata ah anlii/uis et à recentioribus usurpala , nt facile deprehendi polest in Erasmo Osualdo qui ontnem Jerè sui primi mobilis ratio-, neni à Petro Apiano deaumpsit ; Petrus uero Apianus hœc eadeni cum fnultis aliis propositionibus à ih/onle- Regio accipiens sibi ipsi ascripsit.

APION, fameux grammairien , natif d'Oasis en Egypte (A), professa à Rome sous l'empire de Tibère («). On ne peut nier qu'il ne fût savant (B) , et qu'il n'eût recherché avec beaucoup de diligence les antiquités les moins connues , et ce qui donne à l'érudition un caractère d'exactitude et un caractère de variété ; mais il avait tout l'orgueil d'un franc pédant (C), et il s'amusait trop à des questions difficiles et peu importantes (D). L'empereur Tibère ne connut pas mal le défaut de cet esprit ; car encore qu'on n'entende pas peutêtre tout ce que ce prince voulait dire (d) , on connaît sans peine qu'il prenait Apion pour un hâbleur , qui étourdissait le monde par une ostentation trop criante de son savoir. Cet homme fut chef de l'ambassade que ceux d'Alexandrie envoyèrent à Caligula , pour se plaindre des Juifs qui habitaient dans leur ville, avec lesquels ils avaient eu de grands dilférens. Il alla à Rome avec deux autres députés. Les Juifs envoyèrent aussi trois hommes (c) à Caligula pour justifier leur conduite. Philon était le chef de leur ambassade. Apion y animé de toute la haine que les

(a) Suidas in Atjoiv.

{b yojez la remarque (C).

{c'; C'est selon Josephe, Aotiquit. Judaig., ('«' ^f'III, chap. X; car Philon, pag-. ioi3^ du que les députes des Juifs etaieaicinq.

176 APION

Égyptiens conservaient de temps ce remède n'empêcha pas qu'il immémorial contre la nation ju- ne mourût de ce mal, au milieu daïque, accusa les Juifs de plu- d'une très-grande douleur (h). Il sieurs crimes , et insista princi- s'était vanté d'avoir évoqué l'âme paiement sur ce qui pouvait irri- d'Homère, pour savoir la pater le plus l'esprit de Caligula ; trie et la famille de ce poète (/). c'est que les Juifs ne voulaient On connaît le titre de quatre ou pas lui consacrer des images (E), cinq de ses livres (G). ni jurer par son nom , pendant II n'est pas vrai qu'Apion raque tous les peuples de l'empire conte qu'Euphranor , voulant lui consacraient des temples et peindre Jupiter, alla à Athènes des autels (d). Un des principaux consulter un professeur qui lisait ouvrages d'Apion était celui des Homère à ses écoliers , et que Antiquités d'Ègjpte. C'est sans ce peintre fit un portrait admiradoute dans cet ouvrage qu'il ble de ce dieu sur la description parla des pyramides assez am- que fait ce poète au livre preplement, pour mériter que inierdeV Iliade d'un Jupiter, etc. Pline l'ait mis au nombre des {k). Cette faute , qui échappa au douze auteurs qui ont écrit sur père Rapin , dans la première cette matière (e). Il parla dans édition de ses Réflexions sur la ce même livre fort désobligeam- Poétique , fut cruellement relement des Juifs; mais il ne se cou- vée par le jésuite Vavasseur (H). tenta pas de les maltraiter dans

i> • 1 - f „ • „ 4- {/') Joseph. , /(6. //, contra Apionem, su6

loccasion que lui en tournireut fin,

ses Antiquités d'Egypte, il fit (i) r oyez la remarque (D).

un ouvrage tout exprès contre (*) Rapio.Kéflex. sur la Poétique, ««m.

. - , o * . 1 1 ■ ' 1 20 , pag. ni. Edition de lonu.

eux [f). Josephe se crut oblige de

réfuter les calomnies malicieuses (A) Apion natif d'Oasis en

dont cet auteur les avait chargés Egypte. ] Je ne saurais comprendre

/■T?\ A • '^4„» ,„:,,+ «^ „;« pourquoi , dans le Dictionnaire de

fr). Apion n était point en vie Vi - • j „ ™ •

\ j ^^r " ce- Moreri , on nous donne ce grammai-

quand cette réfutation tut taite ; ^-^^^ ^^ jeux articles , tantôt sous le

car on y donne une remarque nom d'Apian , tantôt sous celui d'Ap-

sur le genre de sa mort. Ou y pion , sans nous avertir qu'il n'y a

° j < »*+„** ,„„ là qu'un seul personnage. Je ne crois

assure, qu après s être tant mo- ^^'^ ^^,.j ^ ^.^ j^haâles gens qui

que des cérémonies judaïqvies, l'aient nomme Apian j mais je sais

sans prendre garde qu'à certains que ceux qui se piquent d'exactitude,

égards il foulait aux pieds , par «e le nomment poiut Appion. Leur

<^ ,,. i 1 • V raison est que son nom était pris

ses médisances contre les 3Uits , j,^^.^^ divinité des Égyptiens, et non

les anciennes lois des Egyptiens d'Appia , famille romaine (1). Sa pa-

ig) t il s'était VU attaqué d'une trie était horriblement défigurée dans

maladie qui exigea des incisions f^l^''^ =,?« l'avait changée en Osias.

. .^ i 11 Le Supplément 1 a marquée comme il

aux parties naturelles ; mais que ^.^^^J' j^^y^^ remarque qu'Hélico-

{d) Ex Joseplù Antiq.. Lb. XVIII cap. X. "»'« avait dit qu'Apion était de l'île

(e) Plin.us ,hO. XXXri, cap. XIJ. Voj. de Crète ; mais 1 ne faut point don

aussi Ub. XXXV II, cap. V. ter qu il ne tût d Oasis , puisque Jo-

(/) Justin. Paiœn. ad Grœcos , pag. 9. sephe l'assure , et lui fait un crime Clemens Alexautlr. Stroinat. hh.I,pag\ 320.

{g-) Entre autres celle de la Circoncision. (i) Vessins , de Histor, GrKcis , pas- 53»..

APION

d'avoir abjure sa patrie pour se dire Alexandrin (2), Cette accusation de Josephe ne vaudrait rien , quand même il ne l'aurait pas exagérée et re'paudue dans un grand amas de parolesj car Apion, en se disant Alexandrin depuis l'acquisition de la bourgeoisie d'Alexandrie, n'avait rien fait que plusieurs célèbres professeurs n'eussent déjà pratiqué. Le surnom de Plislonices , qu'on lui affecte (3) , était d'une signification tout -à- lait avantageuse (4) j mais ou ne sait pas la raison pourquoi on le surnommait ainsi. Suidas le fait fils d'un homme qui s'appelait Plistonices , 'ATriaa , ô riA£irov<)to^. Sur ce pied-là, le surnom n'aurait rien dit à sa louange. D'autres disent que son père s'apjielail Posidonius , "Aît/ûiv , ô Xlaa-uS'aiviou (5). Il ne serait pas impossible que les copistes eussent changé nxtiç-ûv/xoii en Tïoa-iij'mvlov.

(B) On ne peut nier qu'il ne fiit savant, ] Tatien le traite d'homme très- renommé , ctvitp S^oKi/ji.âi'ra.'r'ii (6). Aulu - Celle en parle de cette manière : Litteris homo mullis prœJitus, rerumque grœcarum plurima atque varia scientia J'uil : ejus libri non incelebres f'erunlur , quibus omnium fermé quœ niirijîca in jEgypto visuntur audiunturque historia coinprehenditur

, (7). Voilà qui regarde sa littérature, «t voici de quoi connaître son caquet et sa hardiesse : Facili atque alacri facundid fuit (8). Mais n'empiétons pas sur la remarque suivante.

(C) // avait tout l' orgueil d'un franc pédant."] Aulu-Gelle nous en dit assez pour nous le faire concevoir sous l'idée d'un fanfaron : In his quœ audivisse vel legisse sese dicit , fartasse a vitio studioque ostentationis

fit loquacior. Est enim sanè quant in

(î) JosepVi. , contra Apionem , lib. II. (3) Pliniiis, lib. XXXVIl, cap. V; Aul. Gellins, lib. y, cap. XIV. el lib. FI, cap.

(4) A'^-Joiv 0 yfict/LtfAATmoç 0 crxsiç-oviJcnç

«^TfXXxâêif. ^pion grainmalicuf, qui TTKilç-ovl- XHÇ id est, siepè victor est cognoininatus. Cleniens Alexandr. Strom. , lib. I , pag, 820.

(5) Jul. Africanus , apud Euseb. Praeparat. Evangel. , lib X, cap. X, pag. 490- Justin. Admonil. ad Graecos , pag. g.

(6) Tatianus , apud Eusebiam, Prœpar. , lib. X, cap. XI , pag. 4ç(3, D.

(7) Aul. Gelliu», ni,. F, cap. XI F.

(8) Idem, lib. FI , cap. Fil.

prœâicandis doctrinis suis fendilator (9). Apion se vanta, avec la dernière ellronterie, de donner l'immorlalité à ceux à qui il dédiait ses ouvrages.

Jamais prédiction ou promesse n'a été plus fausse. Aucun de ses livres n'a pu résister aux injures du tempset si d'autres auteurs ne nous eussent appris qui il était , nous ignorerions aujourd'hui et son nom , et sa personne : il n'a donc rien fait en faveur de ceux qu'il mettait à la tête de ses ouvrages. Rapportons le passage de Pline en son entier : yl/iion quidam grammaticus , hic queni Tibcrius Cœsar cyvibalum mundi uocabat , quiimpublicœ fantœ iympanum, potiiis fidcri posset, immortiUlate donari a se scripsit , ad quos aliqua componebnt ( 10). M. de Tilleraont avoue qu'il n'entend pas ce que Pline dit de notre i^ion en cet endroit-là (11). J'aime mieux avouer la même chose que d'adopter l'interprétation que j'ai lue dans le Supplément de Moréri. // se vantait , voilà les paroles du Supplément , d'immortaliser ceux à qui il dédiait quelqu'un de ses ouvrages. C'est pourquoi l'empereur Tibère l'appela la cymbale du monde : sur quoi Pline dit qu'il fallait plutôt l'appeler le tambour du monde, parce qu'il ne rendait qu'un son desagréable. Mais, premièrement, il n'est pas vrai que Pline rapporte que parce qu'Apion faisait tant de cas de ses épîtres dédicatoires , cet empereur le nomma Cymbahan mundi. En second lieu , Pline ne dit pas qu'il le fallait appeler plutôt tambour du monde :

il se sert de la yihraise publicœ famce tympanum , qui a une force particulière pour représenter cet homme comme une espèce de orieur public , qui , au son du tambour ou à son de de trompe , fait savoir à tous les habitans d'une ville ce qu'on souhaite que personne n'ignore. En troisième lieu , Pline ne dit point qu'à cause qu'Apion ne rendait qu'un son désagréable, il valait mieux l'appeler tym* panum que cymbtilwu. Qui a dit au continuateur de Moréri que la cymbale soit plus agréable que le tambour?

(Dj II s'aïuuiail trop a des ques-

{çt)Idem, lib. r, cap. XI F.

(lo)Plinius, in Prœfalione Natur. HUt, (11) Tillcm. , Hiiloiredes Einperemi, tom. /, pag. 7';6.

i7« API

lions dijjflciles et peu importantes. ] Jali'S Anicainle nomme le plus pointilleux «les grammairiens , ou celui qui recherchait les clioses avec le plus lie curiosité et de scrupule ^ê/Jisp'yô- TctToç yfo.fAy.a.'viKÛv (12). Selon Suidas, ou lui avait donné le surnom de y-'a^,- 6«ç ; ce mot signifie travail , et a plus do force en cet endroit que celui de /xo;tâ>ifôç , laborieux , ou importun , qui, selon la conjecture d'un habile homme (i3), s'est peut-être glisse dans Suidas au lieu de ^ci;tâûç.. Didyme , qu'on surnomma x,"-^"-^'''''^!"'^ (i4J , c'est-à-dire , Vhomme aux entrailles d'airain , eut en la personne d' A pion un disciple qui fut son parfait imitateur. Apion, laborieux comme son maître , eut, comme lui, un surnom qui marquait ce tempérament; je ne pense pas que le disciple fût d'un autre golU que \g maître touchant le choix des matières. Didyme fit des traités sur la patrie d'Homère, sur la véritable mère d'Enée , sur les mœurs d'Anacréon et de Sappho (i5).

Son disciple rechercha si ardemment quelle était la patrie et la famille d'Homère , qu'il se servit pour cela des évocations magiques. H crut avoir fait une remarque merveilleuse, lorsqu'il découvrit que les deux premières h'ttres de l'Iliade, prises numéralement , valaient 48- Sur ce fondement , il assura qu'Homère attendit à mettre le premier vers à la tête de l'Iliade , que ses deux poèmes fussent achevés, et que, pour commencer l'Iliade , on clioisit un terme dont les deux premières lettres marquassent que ces deux poëmes contenaient 48 livres. Voilà qui sent les mystères de la cabale. Cet homme , qui était si grand ennemi des Juifs , ne donnait pas mal dans leurs rêveries, par rapport aux mystérieuses positions des lettres. Quoi qu'il en soit , écoutons ceux qui nous apprennent les faits que j'avance : Quœrai aliquis quœ sint nientiti ueteres iiini^i , ciiin ado'escentibus nobis t'isus /4piongrammaticœ artis , prodiderit cyiiocvpha--

(12) Jul. Afrtcan., apud Euscb. Prstpar. EvaD^cl. , lib. X , cap. X.

(i3) Tillcmont , Hist. d«s Empereurs , lom. I, pas- ^'-fi-

(i4) Amm. Marcellin , lib. XXII , cap. ull. , pag. 344.

(i5; Scneca, Epislol. , LXXXJ'III, pag. 36i.

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