‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 46 sur 113 · n . 11 remarque précédente, cUauonC la · texte numérisé non relu

n . 11 remarque précédente, cUauonC la

tous les temples les images d Apollo- (,5, F,„eb. , .„ nierodem, pag. 54..

(26) Mariellin. ad Augusùnuoi , Eplst. III

f23) Lactan*., aivin. Inniliuion. , lib. F, '""■'■ Augustini Epi»io!as

cap. III , pas- 3io. (l'j) CUaUon [Ji).

TOMF. a. i3

ïy4 APOLLOJNiUS.

parent qu'cun deos suns : multo enim bitées par Philostrate, puisque c'est

jnelior, quoil Jatendum est, yipollo- un auteur dont personne ne fait cas ,

niustuil , (juàm lot stufirorum auctor et que l'on ne met pas même au nom-

tt perpetrator quem Jot'em nominant bre des philosophes. Cette explic.i-

(a8). Le même père remarque que les tion , je 1 avoue , soufl're quelques dif-

païens , qui se moquaient de l'histoire ficultés 5 mais il est sAr qu'Eusèbe

de Jonas, eussent reçu pour très-vë- prétend attaquer le fantôme de Phi-

ritable une pareille aventure, si elle lostrate , et non le véritable Apollo-

eût été racontée touchant Apulée , ou nius. Ne déclare-t-il pas qu'il a tou-

Apoilonius de Tyane : Si h.»c qund jours regardé Apollonius comme un

de Jonâ scriplum est , ylpuleius Alu- savant homme, et qu'il consent qu'on

daurensis , vel ^poHonius Tfaneiis , le place au nombre des philosophes

fecisse diceretur , quorum nailta mua, avec toute sorte d'honneur i* qu'il ne

nidio fidcli auctore, jactitant si rejette que les fables et les vertus snr-

de istis ut dixi quos magos ^/el philo- naturelles dont Philostrate et quelques

sophos laudahiliter nominant taie ali- autres panégyristes ont parlé : et qu'en

quid narraielur, non jarn in ùuccis prenant droit sur Philostrale , il mon-

creparet risus, sed typhus (29). Enliu, trera qu'Apollonius est indigne dètve

je trouve qu'Eunapius écrU'ail au compté , non-seulement au nombre

commencement du cinquième siècle, des philosophes, mais aussi au nom-

qn'Apollonlus n'était pris tant un phi- bre des gens d'une médiocre vertu :

losophe , que quelque chose ipd tenait tant s'en faut qu'on le puisse met-

le tnilieu entre Dieu et l'homme , et tre en parallèle avec Jésus-Christ :

que Phdosirate dei^ait twoir intitulé Miviiv 'iTrurjci-^w/iAtiici tmv toS *ixoç-f «.tow

l' Histoire cni U en a ftitte , la descente ypxi'iiv (A' «ç îi/ôi>v&i/^sv cêç aùx oti yi îv

d'un Dieu sur la terre [io). Ai-jedonc (fixocrocfoiç âxx oi/eT' êv 'eTruiKÎ^t kcli /m-

tort d'assurer que la gloire d'Apol- Tpoïc dvtf'pâ.o-iv â^iov 't^x-flvitv , oùx, oTrccç

lonius dura autant qae le paga- tû a-mTiipi w//œv Xpiç-i» 7r*faTi6êv*i tov

nisme ? 'A^oxxcéviov (3a). Unam modo pcn-

II ne me reste qu'à répondre à l'au- sitemus Philostrati historiam , exhdc

toritéd'Eusèbe, dont M. deTilleraont enim cciiis rationihus cont^incemus

s'est fortifié. J'y réponds facilement , y4pollonium non inter philosophas

parce qu'il est clair, par les faits qui locum , ac ne inter medioeris quidem.

viennent d'être allégués, qu'Eusèbe «c usitalœ probitatis i^iros dignuni

donne dans une hyperbole qui ne pa- sortiri , nedîtm sit ille Satualori nosiro

raît avoir aucune ombre de vérité, ratione aliquâ conferendus.

Comment pourrait-il être véritable (G) // laissa quelques ouvrages

que personne, au te;nj>s d'Eusèbe , qui ne subsistent plus.] l\ avait écrit

ne faisait Thofineur à Apollonius de quatre livres sur V Astrologie judi-

le traiter de philosophe, puisqu'Am- ct^ire (33), et un Traité sur les Sacri-

mien Marcellm, dans le même siè- fices (3^) , pour marquer ce qu'il fal

cle, ayant dit un mot par occasion lait olVrir à chaque divinité. Ce der-

d'une fontaine qui était auprès de mer ouvrage devint fort célèbre : Eu-

Tyane , ne manque pas de se souve- sèbe le cite (35j. Suidas le marque

nir d'Apollonius avec cet éloge : Ubi aussi , et y ajoute un Testament , un

amplissunus ille philosophas Apol- Recueil d' Oracles et de Lettres ■, Qt Va

lonius traditur natiis (3i)? J'aimerais Vie de Prthagore(36). La Théologie,

mieux dire , pour l'honneur d'Eusèbe, dont Eusebe cite un endroit (Sj) , est qu'il parle de Philostrate , en sorte

3ue son sens soit qu'il n'est pas besoin e réfuter amplement les rêveries dé-

(28) August. , Kp'isl IV , ftag. 23.

(29) rjem , Epislola XLIX , pag. 208.

(30) Kunapius, de Vitis Plillosoplior., Piaf., ptif^. II. Je 'ne .lers des paroles de M. de Tilieinuot, Hist. de» Enjpereuia , lum. II, pag. 220.

(Mi) Amm. Marcellin., Ub XXIT, cap. VI, pa,^ 3;».

(3ï) Euseb., in Hierocl. , pag. 5i4-

(33) ïlif'ifAO.VTiict.çoiç'ipcev, De Divittulioiie Axtiorum. l'hiloslrat. , m Vità Apollouii , lib.III, cap. XI U.

(34) Idem, ibid. f'ide eliam lib. ÏV , cap. FI.

(351 Euseb. Préparât. Erangel. , lib. IV , cap- XIII , pag. i5o.

(30) Suidas,m'A«'o^^anoç, pag. 376.

(3^) Euscb. Uemonstr. Evanjel, , lib. III , cap. III , p"S. io5.

APOLLONIUS

peut-être la même chose que l'ouvrage sur les Sacrifices. Apollonius ariut écrit une infinité de lettres : Pliilostrate en a inséré dans son histoire quelques-unes , touti s fort courtes.

V Hymne sur la Mémoire n'est pas un ouvrage d'Apollonius, comme M. de Tillemont le prétend, licite le chapitre XI du P'. livre de Pliilostrate , page i8. Je n'y ai point trouvé cela , mais seulement qu'Apollonius, âgé de cent ans, avait la mémoire meilleure que Simonide ne l'avait eue, et qu'il chantait souvent l'hymne que Simonide avait composée à la louange de la mémoire. Suidas rapporte cela si confusément, qu'il semble dire que ce fut Apollonius qui composa cette pièce. Konig y a été attrapé. Voyez sa Bibliotiiéque, à la page 49- Le Testament, dont Suidas fait mention , iTiaÔM'xH , est sans doute le livre que Philostrate a cité dans ces paroles :

Kot« rfiaâiixcti (Tê Ta 'ATToxxaiv/û) yiypâ.'^eL-

•r«v ^iKo<!-o<^ixv iyîviTa (38) ^ c"est-àdire , selon la version de Vigénore :

Apollonius at'oit de sa part ausu escrit des mémoires par où l'on poufoit aisément cognoiire combien il estait curieux , l'aire presque comme transporté après la philosophie.

(Hj On parle d'un autre philosophe

fait que traduire , on n'aurait point eu sujet de se plaindre; mais il a joint à sa version quantité de notes fort amples qu'il avait tirées pour la plupart des manuscrits du fameux baron Herbert. C'est le nom d'un grand déiste s'il en faut croire bien des gens. Ceux qui ont lu ces notes m'ont assuré qu'elles sont remplies de venin • elles ue tendent qu'à ruiner Ja r. ligion révélée, et à rendre méprisablt-rKcriture Sainte. L'auteur ne travaille pa.s à cela par des raisons proposées gravement et sérieusement, mais presque toujours par des railleries profanes, et par de petites subtilités. C'est donc avec beaucoup de justice et de sagesse que ce livre , qui avait été imprimé à Londres l'an 1680 (4o) , a été sévèrement défendu. Ce nouveau traducteur de Philostrate était un gentilhomme anglais, nommé Charles Blount *. 11 publia , en 1693 , un traité qui a pour titre les Oracles de la Raison , et l'accompagna de quelques autres opuscules de même aloi. 11 fit une fin tragique , en la même année. Il était fort amoureux de la veuve de son frère , et prétendait pouvoir l'épouser sans inceste : il avait fait un traité pour le prouver; mais il ne vit nulle apparence à obtenir le consentement de l'Eglise. Sur cela, il lui prit une pen-

nommé Apollonius de Tyane.'\ C'est sée de désespoir, et il se tua lui-même. Suidas qui en parle, sur la fui d'A- Vo;

gresphon qui avait écrit un livre touchant les personnes de même nom , 7rifi'Oiji.ceyifA(in , de Homonymis. Cc\a fait souvenir qu'un savant homme , que j'ai cité ci-dessus (39) , doute si les anciens ont fait des livres semblables à ceux de Léon AUatius, de Simeonibus , de PieUis , etc. Qu'il n'en doute point ; 6ar outre Agresphon , nous pouvons donner Démétàus Magnes, Quelques sa vans y veulent joindre Denys de Sinope , et Simaristus ; mais ils se trompent. Voyez la remarque (B) de l'article de ce Démétrius , vers la fin.

(I) Une traduction anglaise de cette f^ie... a furieusement scandalisé les bonnes dmes. ] L'auteur de cette version ne l'avait conduite que jusqu'au IIP. livre exclusivement. S'il n'avait

(38) Pliilostrat. , Vita Apollon. , Ub. I , cap. ÎII.

(^9) M. de Sallo. forrz la remarque (F) de l'article Allaxiui , ven le tiatieu^

oyez l'Histoire des ouvrages des Savans (40. Au reste , M. de Tillemont, en parlant de ceux qui ont fait la Vie d'Apollonius, s'estanété à Philostiate.

Allons plus loin. Nicomacpie , qui vivait sous l'empire d'Aurélien , fît la Vie d'Apollonius sur celle que Philostrate asait écrite. Tascius Victorianus en fit une autre sur celle que Nicomaque avait composée. Sidonius Apollinaris en fit une autre, et se régla beaucoup plus sur le modèle de Victorianus que sur cdui de Nicomaque (4'i) Nfjus lisons dans Suidas que Sotéiichus, natif d'Oase en Egypte , avait composé la Vie d'Apoïlonius.

(4o) Le titre marque l'année 1680. // faut que le livre soit demeuir cache plusieurs années ; car il n'a été condamné qu en i6q3.

* Il exUte une traduction française faite par C-istilboa du travail de filoiint, 1774. 4 ^"'""'«s in-i2. I.a prélacc de cette tradiictioa ftançaise est de Frédéric II, roi de Prusse

(4i) Mois de novembre i6g3, pag. i35 , i?G.

(^1-) Ut SidoDii Apolliiiari!) Éuiii. III, Ub.

yiu

,g6 APONE.

Cet auteur vivait sous l'empire d'Au- faisait payer de grosses sommes lëlien. Je ne saurais dire sur quoi Sa- ^^^^^ la visite des malades (B). •varon se fonde , lorsqu'il ««et Plutar- 1 soupçonné de magie , et

riue parmi ceux qui ont écrit la Vie *' *"'' . . f^ . » '

Je notre Apollonius (43). poursuivi par 1 inquisition sur

- " ■ ■' -' j ce pied-là (C) ; et, s il eut vécu

jusqu'à la fin du procès , il y a beaucoup d'apparence qu'il eût souffert en sa personne ce qu'il ne souffrit qu'en effigie après sa mort. Nous rapporterons (c) ce que ses apologistes observent.

Son cadavre, secrètement déterré par ses amis , échappa à la vigilance des inquisiteurs , qui voulaient le faire brûler (D). Il fut transporté en divers lieux , et entin on le plaça dans l'église de Saint-Augustin , sans épitaphe , et sans nulle marque d'honneur (d.) Les accusateurs de Pierre d'Apone lui attribuent des opinions incompatibles : ils veulent qu'il ait été magicien , et qu'il n'ait point cru qu'il y eût des diables (E). Il eut pour le lait une telle antipathie, qu'il n'en pouvait voir manger sans sentir des maux de cœur (e). Il mourut l'an i3i6, à l'âge de soixantesix ans (F). L'un de ses principaux livres est celui tjui lui fit donner le surnom de Conciliator. On fait un conte bien ridicule , c'est que , n'ayant point de puits dans sa maison , il fit porter dans la rue , par les diables , celui de son voisin , quand il eut appris que l'on avait défendu à sa servante de continuer d'y venir chercher de l'eau (/). H eût bien mieux

(K) Sidonius l'a représenté dans une description , où l'on t'oit un héros de pldlosophie aussi grand qu'on en puisse unir. ] Afin que chacun en puisse juger, étalons ici les paroles de Si- 'donius Apollinaris. Il avait écrit la Vio d'Apollonius , et en l'envoyant à un conseiller d'Évarige, roi des Gotbs, voici ce qu'il lui dit : Lege i'iiuni {Jidei catholicœ pace prœfatâ) in •plurimis similem tut, id est, à dii'itibus ambitum, nec divilias ambienteni ; cupidum scientiœ , continentem pecunice ; inter epulas abstemium , inter purpuratos linteatum , inter alahaslra censorium : concreturn , hispidum , hirsutum , in média nationum dtlibutarwn , atqiie inter satrapas reginn tiaratorum myrrhalos , pumicatos , malobatratos , v'cnerabUi squalore pretiosum. Clinique proprio nihiL esui aut indittui de pecude conferret , regnis ob hoc , quœ pererrat^il , non tain suspicioni , quant fuisse suspectui : etfortund regiini sibi in omnibus obsecundanle , il/a tanliim bénéficia poscentem , quœ mage sit suelus oblata prœslare, quam sumere (44)'

(43) S.ivaro, in Sidon. ApoUinar. , pag- ^igi- {(fi\) SiJon. ApolUnar., Epist. UI, Ub. VIII, pag. 486.

APONE («) (Pierre d'), l'un des plus fameux philosophes et médecins de son siècle *, naquit l'an i^iSo (b) , dans un village qui est situé à quatre milles de Padoue. Il étudia long-temps à Paris , et y fut promu docteur en philosophie et en médecine (A). Je ne sais pas s'il mourut fort riche; mais j'ai lu qu'il se

(«) Quelques-uns le nomment Pierre d'Avaiie.

* Pour cet article Joly renvoie aux Mémoircsiiu pèrclNicéron, commesice père relevait beaucoup d'erreurs de Bayle. Wiceroii ne reproche à Bayle qu'une fautequ il n'avait pas l'aile. Voyez la noie sur la remarque (F).

{b) Jacobiis Pliillidui Tornasiiuis, Klog. jllustr. Vir , pug. 22.

(c) Dans la remarf/uc (G).

{d) Tomasini Elog. Virer . illustr. , pag. 2.[\,

(e^ Mercklinus, i/i Lindeaiorenovalo, pag 8-79. Frcheius, in Tlieatro, pag. 1209. Il ciU MÏuccllus Donalus , et Matth. de Gradibus.

(y ),TomazoIGarsoni, Piazza uniyersale di tulle le professioni, discorso C.V.V.Ïf, folii:» 3tiû, verso.

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