DIER
3> qu'elle ne se soit pas plus tôt rema « riée. Vous croyez qu'il a fallu de la » magie pour obliger une veuve de » son âge à se marier avec un jeune
(40 Voyez V application qui est faite de ce passage dans les Nouvelles de la République des lettres, septembre i685 , article VII.
{l^1) Apul. , Floridor. , pag. 34i.
(4H) Idem , Apol. , pag. 284.
(4'(} Idem, ibij. pag. 32o.
2i4 APULÉE.
sious dont Pudentilla se serait très- » vous quitte, elle remporte tout ce bien passée. II dit qu'elle n'était ni » qu'elle vous a apporté, vous ne pouhcUe ni jeune , ni un sujet qui pût » vez point vous vanter de retenir tenter eii nulle manière de recourir jj quoi que ce soit qui lui ait apparaux encliantemens , et qu'il ne fau- » tenu. » Il remarque plusieurs audralt pas s'étonner qu'elle eût fait de très inconvéniens des mariages avec grands avantages à un homme comme des veuves , et il conclut qu'il en lui: Quod insûtuipergam disputare , aurait coulé bon à Pudentilla , pour nullam mihi causant fuisse Pudentil- se marier, si elle n'avait pas trouvé en larn i>eneficiis ad nuptias prolectandi. lui une humeur de philosophe : f^ir- Formam mulieiis et celatem ipsi ultro goforntosa, etsisitoppidopauper, laimprobaferunt , Idque mihi t'itio dede- men abundè dolala est, Affert quippe runt talent uxoreni causa ai^aritiœ con- ad maritum nouant animi indolent , cupisse , atque adeo primo dotent in pulchritudinis gratiani,floris rudimenconsressu grondent et uberent rapuisse tuni. Ipsa inrginitatis commendatio {!i-j)..., Quanqu'am quis ontnium i^el jure meriloque omnibus maritis accepexiguè rerum peritus culpnre auderet , tissinta est. Nunt quodcunque aliud in si niulier uidua et mediocri forma , at dolent acceperis, potes ciim libuit ne non (State mediocri , nubere uolens , sis beneficio obstrictus onine ut accelongâ dots et molli condilione inui- peras retribuere ; pecuniam renumeratâsset jw'enem neque corpore , neque re , mancipia reslituere , donto demianimo, nequefortunâ pœnitendum....? grare , prœdiis cedere. Sola uirginitas (48). Il dit que Pontianus fils de Pu- citni semel accepta est reddi nequitur : dentilla ne lui proposa le mariage de sola apud maritum ex rébus dotalibus sa mère que comme une charge, et remanet. f^idua autem qualis nupiiis comme une action d'ami et de philo- t'enit, talis divortio digreditur. Nihil sophe^ je veux dire une action plus offert irreposcibile , sed uenitjam ab convenable à un bon ami de Pontia- alio prœflorata :certè tibi, ad quœ cenus, et à un philosophe, que ne seiait lis , minime docilis •• non minus suspas d'attendre un parti où il pût psctans nouant dontum , quam ipsa trouver en même temps les richesses jam ob unum dirortiunt suspectanda '• et la beauté : Corifider'e sese fore ut sive illa morte amisit maritum, ulscœid onus recipiam, quoniàmnonfor- ui ominis mulier, et infandi conjugii , juosa pupilla, sed mediocri facie ma- minime appetenda ; seu repudio diter Uberorum mihi nfferatur. Sin hœc gressa est, utramuis habebat culpani reputans formœ et diuitiarum gratiâ mulier : quœ aut tam intolerabilis fuit me ad aliant condilionem reseruareni , ut repudiaretur , aut taminsolens, ut neque pro amico neque pro philosopho repudiaret. Ob hœc et alin uiduœ dote facturum (49)- H relève extrêmement auctœ procos sollicitant. Quod Puden- Ics avantages d'une fille sur une veuve, tilla quoque in alio mariiofecisset , si a Une belle fille, dit-il, quelque pau- philosophum spernentem dotis non re- 3) vre qu'elle soit, vous apporte une perisset{5o).
y> grosse dot, un cœur tout neuf , la II y aurait bien des réflexions à
)) fleur et les premières épreuves de sa pousser sur ce discours d'Apulée, si
» beauté. C'est avec une grande rai- fou n'avait autre chose à faire que
-» son que tous les maris font un si cela ; mais , quelque pressé que je
» grand cas de la fleur du pucelage, sois de passer à d'autres articles , je
5) Tous les autres biens , qu'une fem- dirai pourtant deux choses : l'une ,
0 me leur apporte, sont de telle na- que ce bien , que l'on ne retire ja-
» ture , qu'ils peuvent les lui rendre mais d'entre les mains d'un mari ,
» s'ils ne veulent point lui avoir de est fort chimérique : il n'y a ni bou-
j) l'obligation :, elle peut les retirer , langer ni boucher qui voulût faire
w elle peut les recouvrer : celui-là crédit de cinq sous sur cette impé-
)) seul ne se peut rendre; il reste tou- rissable possession ; l'autre, qu'Apulée
;) jours au pouvoir du premier époux, n'avait j)as considéré selon toutes
)) Si vous épousez une veuve, et qu'elle leurs espèces les désavantages des veu-
,, , . , .„„, .... ves. 11 n'a rien dit des veuves qui
(47) Apuleius , Apol. , pag. iii. '■
[à9) Idem, ibid., pag. 332.
^4ç)) Jdfin , ibid. , p«j,'. 32o. '""y Idem, ibid, , png, 352.
APULÉE. 2i5
n'ont pas eu d'enfans : aussi ne se sorcelée. Il ne leur était pas difficile
trouvait-il point dans le cas- Un cha- de faire accroire qu'elle avait e'crit
noine de Paris , qui fut embrasser à cela ; car ils ne lisaient que certains
G. la religion protestante, Tan 1673, mots de sa lettre, détachés de ce qui
eut bientôt démêlé , parmi les fem- les précédait et de ce qui les suivait :
mes qu'il vit au temple , une jeune et personne ne les pressait de lire
veuve , riche et bien faite. Il trouva tout. Apulée les couvrit enûn de hon-
bientôt roccasion de lui parler , te , en faisant lire tout le passade de
et plus il la vit, plus il connut qu'elle la lettre de Pudentilla. Il parut qne
serait bien son fait. Mais comme il bien loin de se plaindre d'Apulée
n'avait apporté de France que l'era- elle le justifiait , et se moquait fîne-
bonpoint des personnes de sa pro- ment des accusateurs. Voyez ses pa-
fession , et quelques lumières sur les rôles, vous y trouverez que les mé-
abus du papisme , on le rebuta un mes termes pi-écisément peuvent être,
peu fièrement. Il me fit confidence ou l'accusation , ou la justification
de ce rebut , et se plaignit moins du d'Apulée , selon qu'on les détache de
fond même de l'afTaire , que des ma- ce qui précède , ou qu'on ne les en
nières (5i). Je lui représentai ingé- détache pas : Bot/xo^svnv yâ-p y.i Si an
nument qu'il avait eu tort de se com- «Tttov «iTistç yay.'nBma.t, stÙToç toUtov
mettre , vu l'état présent de sa fortu- i-rno-ctç oivri Trâvi-œv *îfê7cr6sti , ëstu/uâ.-
ne , et la grande volée de la dame. Çaiv tov a.vJ'pa. , na.) o-TrwS'âZ.ùùM a-înov
Il m'avoua qu'elle était trop riche o<Keî'ov «^îv S^i t/uiou Troiîïo-sn. NSv «Tj ùç
pour un homme comme lui ; mais il //.^x^nfoi ô/uSi; xotKOMÔê7ç t« ÀvATru^uaiv^
faut rabattre beaucoup de ses riches- «.(«^vi'Jiov iTriviro 'A^ouxiîVoç juÂyoç, x.xl
ses, poiiTsai\it-i\, n cause qu'elle n'a lycè /ui/Aâ.yivy.a.t ùtt etùroD. No./ scS
point eu d'enfans ; cela seul y fait Ka) iï^âsTê vSv Trpàç «//s , ïœçêTi a-aeipovœ ,
une brèche de trente ou quarante mille Càm enim uellem nubere propter eas
libres. Sans la présomption qu'elle est causas, quas dixi , tu ipse persuasisti
stérile , je l'estimerais d'autant un mihi, ut hune prœ omnibus eligerem,
meilleur parti que je ne fais , t^u sur- admirans i^irurn , et cupiens reddere
tout que mon frère unique n'a point euni nobis familiarein meâ operâ.
d'héritiers , et que ma famille court IVunc i'erb ciim nefarii et maligni pas
risque de périr, si je ne laisse posté- sollicitant , Apuleius repente magus
rite. Je ne voulus point entrer en dis- factm est , et egoincantata sum ab eo.
pute avec un homme qui avait exa- Certè amo eum. f^enite nunc ad me ,
miné si précisément celte matière : donec adhuc sum compos mentis {^1),
je lui en laissai toutes les compensa- Il exagéra comme il faut cette sorte
lions et les évaluations. Je me conten- de fourberie. Ses paroles sont dignes
tai de croire que l'envie de ne laisser d'être gravées en lettres d'or en raille
point périr sa race avait été pour lui lieux , pour étonner , s'il est possi-
unc vive source de lumières. ble , les calomniateurs qui , en tout
(K) On trnu^'e dans son apologie pays et en tout siècle , se servent de
des exemples des plus honteux arti- semblables infidélités : Multa sunt ,
fiées qu'un calomniateur mette en dit-il (53) , quœ sola prolata calum-
jeu. ] J'en produirai un seulement , niœ possunt t^ideri obnoxia. Cujai'is
afin qu'on voie que, dans tous les siè- oratio insimulari potest , si ea quœ ex
clés , l'esprit de la calomnie a été de prioribus nexa sunt principio sui de-
forger des preuves par des lambeaux, fraudentur, si quœdam ex ordine scrip-
ou par des extraits infidèles de ce que torum ad libidinem supprimantnr. si
quelqu'un a dit ou écrit. Les accusa- quee simulationis causa dicta sunt ,
teurs d'Apulée , pour le convaincre adseverantis pronunciatione quant ex-
de magie, alléguèrent une lettre que probrantis legantur? sa femme avait écrite pendant qu'il (L) Les païens ont dit qu'il ai'ait fait
la recherchait. Ils soutinrent qu'elle un grand nombre de miracles. ] On
avait avoué dans cette lettre qu'Apu- aurait de la peine à croire que cela
lée était magicien , et qu'il l'avait en- eût été dit , si des gens dignes de foi
(50 II n'en parlail jamais sans dire, est mo- C-'") Apul. , Apolog. , pa§. 336. àr» in rébus. (53) Idem, ibid.
APULÉE
ne l'attestaient 5 mais nous voyons que cette impertinence des païens était tellement prônée au siècle de saint Augustin , qu'on pria ce grand prélat de la réfuter : Precator accesserim ut ad ea t^igilantiùs respondere digneris , in quibus nihil ampliùs Dominum quam alii homines facere potuerunt , fecisse t'el gessisse mentiuntiir. ^pollonium siquidem suum nobis et j4puleium aliosque niagicœ artis homines in médium projerunt, quorum majora contendunt extitisse miracula (54). Saint Augustin se con-
(M) M. Moréri a entreuu qu'il n'était point l inwenteur de son Ane d'oTj\ Rapportons premièrement ses paroles. La métamorphose de l'âne d'or <c est une paraphrase de ce qu'il avait » pris dans Lucien , comme celui-ci « l'avait tirée de Lucius de Patras ,
)) dont parle Photius H y a mê-
)> me apparence qu'Apulée tira de sa « source même le sujet de la fable » qu'il a accommodée à sa façon ; car » il savait très-bien la langue grecque » et la latine. « Pour bien juger si M. Moréri mérite d'être critiqué, il
tenta de répondre que si Apulée avait faut comparer avec ce qu'il vient de été un si puissant magicien, il n'eût dire le passage de Vossius qui lui a point vécu , avec l'ambition qui le servi d'original : De cetate Lucii Pa-
trensis non liquet , nisi quod antiquior credatur Luciano , quippè qui indè compilasse uideatur JLucium seu Asinum suum , uti ex Luciano posteit u4sinuTn suum aureurn exscripsit Ap-
possédait , dans une condition aussi petite que l'avait été la sienne ; que, d'ailleurs, il s'est défendu de la magie comme d'un grand crime (55).
On parlait de ses prétendu» miracles
long-temps avant saint Augustin; car puleius. Nisi is potiiis exeodem Lucii Lactance s'étonne que l'auteur qu'il a fonte sua hausit, et hoc sanè cerisimi-
refuté n'eût pas joint Apulée à Apol louius de Tyane : F'oluit ostendere Apollonium uel paria , fcZ etiam majora fecisse. Mirum quod Apuleium prœtermisit cujus soient et multa et ■mira memorari (56). Apulée a eu le
lius est. Nempè ut Lucium in epitomen redegit Lucianus , ita paraphrasin Lucii scripsit Appuleius , sed. ille grcBcè , hic latine (Sg). Il est clair que M. Moréri n'a pas entendu la pensée de Vossius , et qu'il ne devait pas dire
destin de bien d'autres gens : on n'a que l'ouvrage d'Apulée est la paraparlé de ses miracles qu'après sa mort; phrase de celui de Lucien. Il devait
ses accusateurs ne lui objectèrent que des vétilles , ou prouvèrent le plus mal du monde ce qui pouvait avoir l'apparence de sortilège. Mais je ne sais comment accorder saint Augustin avec Apulée. L'un dit qu'Apulée ne put jamais parvenir à aucune charge de judi\:ature : ad aliquam judiciariam reipublicœ potestatem (Sy) ; l'autre se vante d'occuper le poste que son père avait occupé ; son père
dire que Lucius de Patras avait été abrégé par Lucien , et paraphrasé par Apulée. Le raisonnement que M. Moréri enferme dans ces paroles , car il savait très-bien la langue grecque et la latine, ne vaut rien du tout. Mettez en forme ce raisonnement, vous y trouverez cet enthymèœe : // sat^ait très-bien la langue grecque et la latine : donc il a tiré de sa source même le sujet de cette fable qu'il a accom-
dis-je , qui avait passé par toutes les modée a sa façon; c'est-à-dire, donc charges de sa patrie : Inquâcoloniâ il n a pas paraphrasé Lucien , mais Lu-
patrem habui loco principe duumui- ' ^- " '^-^ — *' — — "^
raient cunctis honoribus perfectum.
Cujus ego hocvM in edrepub. exindè ut participare cdriam cœpi nequaquam degener pari spero honore et existimatione tueor (58).
dus de Patras. Cet enthymème est ridicule; il ne faut pas moins savoir la langue grecque pour se servir de Lucien , que pour se servir de Lucius; et il ne sert de rien de savoir la langue latine , pour accommoder a sa façon un sujet emprunté de Lucius.
M. de la Fontaine ne peut-il pas accommoder à sa façon un conte d'Ouvillc ? Il serait d'un plus grand usage qu'on ne pense de critiquer la fausse jn. 'Voyei aussi saint Jérôme sur le psaume logique des auteurs. Lcs jeunes gens ,
(57) Augiisllnus , Epist.
(54) Marcellinos ad Augustin, , Epist. IV , inler Epist. Augustinî. Voyez aussi la. lettre XLIX (le Saint Augustin, pag. 208.
(55) Augustinus , Epist. V.
(56) Lactant. , Divin. Institut., lib. V , cap.
(58) Apul. , Apolog. , pag. 28g.
(59) Vosbius , de Hist, graec. , pag- 5i7 , 5iS.
APULÉE
qui sont nés pour composer, profiteraient beaucoup de bonne beure à une telle critique.
(N) Quelques païens ont parlé de son roman avec mépris. '\ Je n'en veux point d'autre preuve que la lettre où
Questions de table , ses Lettres a Cérellia , qui étaient un peu bien libres j ses Prowerbes , son Hermagoras , ses Ludicra. Il parle lui-même de ce dernier. Legerunt, dit-il (63) , è Ludicris mets epistolium de denli-
l'empereur Se'vère se plaint au se'nat fricio , uersibus scriptum. Nous avons
des honneurs qu'on avait rendus à Clodius Albinus. On lui avait donné entre autres louanges celle desavant.
L'empereur ne pouvait souffrir qu'une telle louange eût été' donnée à un homme qui s'était uniquement rempli l'esprit des contes et des rapsodies d'Apulée : Major fuit dolor qubd illum pro litteraio laudandum plerique duxistis, quîtm ille nœniis quibusdam anilibus occupatus inter Milesins pu-
encore son Ane d'or , en onze livres, son Apologie , ses Traités de Philosophid naturali , de Philosophid morali , de Syllogisnio categorico , de Deo Socratis , de 3fundo, et ses J^lorida. Quant à ses Lettres à Cérellia , je ne veux point omettre la pensée d'un savant critique (64). Il croit que le nom de Cicéron doit être inséré dans le passage d'Ausoue où il est parlé de ces lettres ^ car c'est à Ci-
nicas Apuleii sui , et ludicra litteraria céron qu'on a reproché d'avoir eu des
consenesceret (60). Macrobe a renvoyé aux nourrices tous les romans semblables à l'Ane d'or d'Apulée : f^el argumenta fictis casihus amatorum. re- Jerta quibus l'el mulliim se arbiter exerçait, i^el Apuleium nonnunquhni lusisse miramur. Hoc totum fabularum genus quod solas aurium delicias profitetur , è sacrario suo in nutricum cunas s apientice tractatus éliminât {6 \) .
(0) // avait été extrêmement laborieux. ] Voyez ce qu'il dit lui-même , quand il répond à son adversaire, sur le chapitre de l'éloquence : De eloquentid vero , si qua mihijuisset, neque mirum neque invidioswn deberet uideri , si ab ineunte ceuo unis studiis liitcrarum ex sunimis uiribus deditus , omnibus aliis spretis voluptatibus , ad hoc œvi , haud sciani anne super ovines hojjiines impenso labore , diuque noctuque, cuni despectu et dispendio bonœ valeludinis, eam quœsissem (62).
(P) // avait composé plusieurs lif>rcs.'\ Voyez la dissertation de f^itd et Scriptis Apuleii , que Wower a mise à la tête de son édition , et que M. Fleuri , scoliaste dauphin , a fait imprimer -à la tête de la sienne. On peut dire qu'Apulée était un génie universel : il y a peu de sujets qu'il n'ait maniés. Il a traduit le Phédon de Platon, elV Arithmétique de Nicomachus : il a écrit de Republicâ , de JVumeris , de Musicd ; on cite ses
(60) Jol. Canitolin.
Cladio Âlbîno, caj>.
(61) Macrobius, Saturnalium Ub. I, ,'ap. II.
(62) Apul. , in Apolog. , pag. 276.
liaisons peu louables avec Cérellia , et de lui avoir écrit trop librement.
Sur ce pied-là , il faut lire ainsi dans Ausone : Esse Apuleiuni in vitd philosophum , in epigramuuitis amatorem , Ciceronis in prœceptis omnibus exslare severitatem , in epistolis ad Cœrclliam subesse petulantlam.
(Q) Plusieurs critiques ont publié des notes sur Apulée. ] Philippe Beroalde en publia de fort amples sur l'Ane d'or , à Venise , in-folio, l'an i5o4, qui ont été réimprimées plusieurs fois in-8°. , à Paris et en d'autres lieux. Godescalc Stewechius , Pierre Colvius , Jean Wower , etc.
ont travaillé sur toutes les œuvres d'Apulée. Priceus a publié à part l'Ane d'or et l'Apologie , avec quantité d'observations (65). Les notes de Casaubon , et celles de Scipion Gentijis , sur l'Apologie , sont estimées. Celles-là parurent l'an i594; et celles-ci l'an 1607. La meilleure édition du livre de Mundn est celle de Leyde, en i5gi , in-8°. Nous la devons à Bonaventure Vulcanius. Disons, en passant , que ce traité-là n'est presque que la traduction d'un pareil ouvrage attribué à Aristote. Le livre de Deo Socratis a paru avec les notes de Josias Mercerus (66). L'auteur que je cite vous instruira plus amplement
(63) Td/-m, ihid.
(64) Fredericiis Gronov. , in Âuson. Cent. Nuplial- , in edilione Ausonii , Ainsielodami , anno i6';i , pag. 5i6.
(65) i'Apologie , à Porij, en i635, iii.4°.t l'Ane d'or, à Gouda , en i65o , in-8<*.
(66) .-1 Paris, en 1624 1 in-iï.
AQUiËUS.
de ce qui resjarde les e'ditions d'Apulée (67). 11 n'a point parle en particulier de celle de Bâle , apud Henrlcum Pétri, en i56o, en trois volumes in-8°. ; ni de celle de la même ville , apud Sebastianum Henric. Pétri , en 1620, en deux volumes in-8°.; ni de celle de Lyon, en 1614, en deux volumes in-S". , qui ressemble parfaitement à celle de Leide , dont il articule toutes les pièces, et qu'il met à l'an 161 4- Je ne sais s'il n'aurait point pris le LugJunum de France pour le Lugdunum Batafonim.
(R) Je fie sache point d'autres traductions françaises de V Ane d'or , qu^en i^ieux gaulois. ] Jean Louveau, si je ne me trompe , est l'auteur de la première ; la Croix dn Maine en fait mention sans marquer l'anne'e qu'elle parut (68). Il se contente de dire qu'elle fut imprimée à Lyon. Elle fut réimprimée à Paris , par Claude Micar , l'an i584. Un cerfain J. de Montlyard a donné une traduction de ce même livre, avec un commentaii'e.
Les deux éditions que j'en ai vues sont , l'une jouxte la copie imprimée à Paris , chez Abel l'Angelier, 1612 j l'autre , à Paris , chez Samuel Thiboust, 1623. La préface est assez longue , et contient la critique de plusieurs fautes de Jean Louveau.
Au reste , je viens de m'apercevoir que la Croix du Maine, et du Verdier Vau-Privas ont parlé d'une traduction qui pourrait bien être antérieure à celle de Jean Louveau. Ils disent que Georges de la Bouthière , ou de la Boutière , natif d'Autun , a mis en français la Métamorphose ou l'Ane d'or d'Apulée (69). L'un dit que cette version fut imprimée h Lyon , par Jean de Tournes et Guillaume Ga- ~eau , Van 1 553 ; l'autre , qu'elle fut imprimée par Jean de Tournes, 55 16 (70). Il y a ime faute d'impression dans cette dernière date ^ et il est assez apparent que, pour remettre les chiffres dans leur bon ordre , il faut lire i556. Or , comme le même bi-
bliothécaire a dit que la traduction de Jean Louveau fut imprimée l'an i558 (71)) on a lieu de supposer qu'elle fut postérieure à celle de Georges de la Bouthière.
Depuis la première édition de ce dictionnaire , il a paru à Paris une traduction d'une partie de l'Ane d'oi-.
Le Journal des Savans , du 9 janvier 1696, en fait mention. M. le baron des Coutures publia , avec des notes , en 1698 , sa version française du Traité de Deo Socratis.
(S) On a raison de prendre ce liwe pour une satire continuelle des désordres dont les magiciens , les prêtres, etc. , remplissaient alors le monde. ] Voici ce que je trouve dans les notes de M. Fleuri : Tota porrô hœc Metamorphosis Apuleiana , et stylo , et sententid , satyricon est perpetuum ( ut rectè obserx^auit Barlhius , Advers. l. 5i , cap. 1 1 , ) i« quo magica deliria , sacrijiculoruni scelera , adulterorum criniina , jurum et latronum impunitœ faclinnes , palàni differuntur {72). Il ajoute que les chercheurs de la pierre philosophale y prétendent tiouver les mystères du grand œuvre. Un homme qui s'en voudrait donner la peine , et qui aurait la capacité requise ( il faudrait qu'il en eût beaucoup ) , pourrait faire sur ce roman un commentaire fort curieux et fort instructif , et oîi l'on apprendrait bien des choses que les commentaires précédens , quelque bons qu'ils puissent être d'ailleurs , n'ont point dites. Il y a quelques endroits fort sales dans ce livre d'Apulée. On croit que l'auteur y a mis quelques épisodes de son invention , et entre autres celui de Psyché : Horuni certè noster ita imitator fuit , ut è suo penu innumerahilia protulerit , atque inter cœtera t'enustissimum itlud Psychés 'ETrênT-cxTiov (73). Cet épisode a fourni , de nos jours , la matière d'une excellente pièce de théâtre à Molière , et d'un fort joli ro man à M. de la Fontaine.
(r.'7) Joli. Albcrlus Fabricius , in Bibliolbecâ (7») L'a , ni me , fiag. 716.
Xtiiiaà, pag. li'i et seq. (73) Julius Floridiis , Comment, ad utum
(63) La Croix du Maioe , Bibllolhéque fran- Pelp/nni in Apuleiuin.
cai.>e, poj^. 238. (73) Idem, ibid.,pag. 3.
(fi<)) La Croix du Maine , pag. 118 ; du Ver-
dicr, pag. 448. AQUjEUS (Etienne) en Fran-
('II Du Vcrdicr, Bibliollicnue IVancaise , • 1 17 ^ ■ /*s • 1
pag./i'i^. çais «c / yî/^we (A) , seigneur de
AQUiEUS. 219
Beauvais en Berri (a) , son pays parle ci-dessus dans la remarque (A).
natal , se fit estimer par ses Nous allons parler de sou Commentaire
' ... . *^ sur rline.
actions militaires , et par ses (C) Son Commentaire sur Pline...
écrits (B) , sous le règne de Fran- n'est pas au fond fort bon.'] 11 est plus
cois I". Ce n'est pas que son considérable par sa grosseur que par
Co?}imeniaire sur Pline, qui est ^^ ^•^.^^°'=« qu'il contient. L'auteur ne
, .,, , ^ . cornée qu eu plagiaire, et saute pres-
le meilleur de ses ouvrages , soit g^^ tous les endroits difficiles. C'est le
au fond fort bon (C) ; mais c'é- jugement qu'en porte le père Hardonin.
tait beaucoup , en ce temps-là , Commentarios , dit-il (5), scripsu in
qu'un gentilhomme en put faire °'","" ^^""/. ^'^'""^ ''''^ """If '"''«'f
^ r' r' ■ r quant erudttione insignes. l\ec uero
autant. Le Commentaire tut emendaliones allas habet , quàm quas
imprimé l'an l53o. Le père à Rhenano mutualus est : ei ea ferè in
Hardouin (D) n'a pas bien su quibus salehrarum est aliquid aut am-
cette date * ^"S^^^ solet is ceu fot^eam, securus
prœtergredi. Il tomba dans le défaut
(a) Du Verdier , Bibliothèque française , de plusieurs autres écrivains : il s'ac-
pag. 278. commoda du bien d'antrui , sans
' La Monaoie , dans ses remarques sur la nommer son bienfaiteur ; et il ne le
^^°^ r" ^ï^'°«,.' f|'* '"O""'^ Aquœus en nomma , que lorsqu'il voulut le cen-
1533 : Leclerc du i5Sj. 3^^.^,. Rhe'nanus ne se tut pas en cette
(A) Ils' appelait en français de l'Aiguë. ] C'est ainsi que les Gascons appellent l'eau. Cet auteur se nomme Etienne de l'Aiguë dict Beaulnois * , à la tête de sa traduction de César , à l'édition dont je me sers , qui est celle de Paris, chez Pierre Gaultier , en 1546, trt-i2.
(B) // s'est fait estimer par ses actions militaires , et par ses écrits. ] Voici l'éloge que le Père Hardouin P«"Pe'Ç«/.'* < lui donne: Tir nobilis in primis, ac ^V"^. i>Miothecam instructam , puta
rencontre '^ : voici ce qu'il écrivit à un médecin du cardinal de Mayence:
Moc niirum , quod qiiiim ex nieis castigationibus nonnihil sit adjutus , nusquhnt tamen met nienlionem facit , nisi quoties l'ult raprehendere (6). Le jugement général qu'il fait de ce livrelà mérite d'être rapporté : In primis ipsurn folumen non est exiguum, ex variis congestum auloribus , quod usui pauperculis esse possit , qui non ha-
m.ilitiâ quoque exactâ egregiè sordi dus (i). Les ouvrages qu'il publia sont : Singulier traité, contenant la propriété des tortues, escargots, grenouilles, et artichauts , à Lyon, in-8°. (2) ; Les Commentaires de Jules César de la guerre des Romains , et autres expéditions militaires parlai faictes ez Gaules et en Afrique , à Paris , i53 1 ,
Arislotelem et Albertum de Animalibus , Raphaelem f^olaterranum , ex qiio intégra fermé capita aulor transcripsil bond fide, hoc est, una cum ipsis mendis ne syllnbâ quidem mutatd , Ccelium Rhodiginuni , Colw mellarn etiani, Palladiumque, et similes scriptores. JVam hnc prcecipuc.
habet studio , cilare testimonia auto-
in-folio. Du Verdier cite cette édition Ç""' ''"'. *""".' ^^î'"° J<'ciunt , de uer-
(3). La Croix du Maine parle de celle *". '/'".*. "»«""."'" solhcitus , quod
de Paris, cUez les Aneeliers , en J53q '7 peintus puérile i'ulelur. In summd
(4), mais non pas de celle dont j'ai ^'^^'^ ««^" ^^^ 'Z"' f non magnopere
' jufet, excitet tamen tiCteras, et Pliniiwi
Leclerc présume que Beaulnois a élé mU ipsum fulgo fort/lssis COmmendet ,
quœmihi res in primis grata est (7).
(D) Le père Hardouin n'a pas bien
(>.ir faute il'impression, au lieu de BeaulfoU ou Ih-nufoix, l'auteur écrivant ainsi indifl'éremment le nom de sa seigneurie.
(1) Harduiiius , prtefat. , in Piinium.
(2) Du Verdier, Bibliothèque française , pag. 2';8. La Croix du Maine marque l'e'Uition de Paris , en i53o.
(3) Du Verdier , Bibliothèque française , ptig. a-jS.
W La Croix du Maine , BiUlolhcqn; fran- •;aise , ptig. ^G.
(5) Harduinus, P rie fat. , in Piinium.
* Sa lettre, dit Leclerc, est du mois Je mars i.'iiii ( i532 à notre calcul).
;6) Voyez la lettre de la Centuria Epistolarura Pbilologicarum, publie'e j <zr Golda.^t , pii£. igC, cdllion de ^G-|!^.
(7) Ibidem.