‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 49 sur 113 · AQUAVIVA · texte numérisé non relu

AQUAVIVA

su la date de V édition du Commentaire heureux pour obtenir sa liberté d'u4quceus sur Pline.] Il remarque ,3^ Ferdinand roi d'Aragon , lors-

que Sigismond Gelenius publia un vo lume de corrections sur Pline , l'an î535, et que, l'année suivante, Béatus Rhe'nanus fit paraître son travail sur re même auteur; et qu'au bout de quatre ans notre Aquseus fît imprimer son Commentaire (8). Il faudrait donc qu'il l'eût publié l'an 1 54o. Or il est certain qu'il le publia en i53o. Je m'imagine que le père Hardouin s'est abusé , pour n'avoir pas su que Gelenius travailla deux fois sur Pline , avant l'édition de i535 (9). Il se peut faire que le livre d'Aquœus soit postérieur de cinq ans aux premières corrections de Gelenius.

(8) Hardninus , Prœfat. , in Pliniiim.

(g) Voyez la lettre LXIX du XXX'. livre «{'Erasme , pag. 1957,

AQU A VI VA (André-Matthieu), duc d'Atri , dans le royaume de Naples , et fils de Jules Aquaviva , comte de Conversano (A), ajouta à l'éclat de sa naissance une érudition qui le rendit très-illustre , vers la fin du XV*. siècle, et au commencement du XVP. Il ne se

que Gonsalve , surnommé le grand capitaine , le voulait envoyer en Espagne , avec les autres prisonniers. Depuis ce tempslà , il jouit tranquillement des douceurs de la vie privée, au milieu des livres , et de la conversation des hommes de lettres , dont il se vit fort loué et fort honoré (C). Il inspira la même ardeur pour l'étude à son frère Bellisaire , qui devint lui aussi auteur (D). Notre Aquaviva aurait été plus heureux , s'il eût été un peu meilleur économe ; mais pour avoir fait trop de dépenses , pendant plusieurs années , il se trouva enfin incapable d'en faire assez. Il mourut à Conversano , âgé de soixantedouze ans , lorsque les troupes de France, sous la conduite de Lautrec , ravageaient la Fouille («); c'est-à-dire, l'an 1628.

1,,. ■,. . 1 la) Ex Jovii Elos. doctor. Vir. , cap.

contenta pas d étudier , et de se lxiii.

familiariser avec les savans : il .>,,,./,,, r , .

Al • j r • j 1- (A) Il était fils de Jules Aqvavwa,

se mêla aussi de faire des livres , ^^'J^ ^j^ Coùersano.2 Ce comte se

et il s en tira honorablement , distingua en plusieurs rencontres par

comme il paraît par l'ouvrage sa valeur, et il commandait l'armée

qu'il intitula L'Encyclopédie , ^"^ tapies lorsqu'il fut tué dans une

^. . ' -1 . x j escarmouche , pendant que les I urcs

et par un autre, ou il traite de assiégeaient Ôtrante, l^an 1480 (.).

la Vertu morale (B). Il fit aussi Son fils, dont nous parlons dans cet

un livre de Re Equestri. Mais article, fut inconsolable de cette perte avant que lettres avec avait donné au métier des armes

le ne ILquestri. iViais arricie,iuiinconsoiaDiei

de s'appliquer aux asse^z long- temps (2) .

^ ^î", '1 -1 (h») lia raitun ouvrai

c tant d ardeur , il ^^ ;„ ^,,.^/^ moralc^, Il

tout ce que sa naissance pouvait exiger de lui ; et il s'y était signalé, encore que la fortune lui eût été fort contraire. 11 s'était trouvé deux fois à des batailles perdues , et y avait été blessé et faitprisonnier. L'étude le consola dans sa prison , et il fut assez

ouvrage où, il traite semble que Paul Jove veuille dire que c'était un commentaire sur le traité de Plutarque de la vertu morale ; et c'est ainsi que l'auteur moderne des notes sur les poésies latines de Sannazar l'a entendu : Librnm nempè nobilem cui Encyclopœdia nomen, itemque Com-

(i) Vorei /'Histoire de Mahomet II , par Gtiillet, lom. II, pag. Z^/i.

(2) J'^oyen les cfl/.r «^ue MnruUe lui adressa, Epigiaram., lib. I , pag. i(i.

Page 1