‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 53 sur 113 · GON · texte numérisé non relu

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si belle , et il particularisa de telle sorte les perfections de son corps (B) , qu'il s'est trouvé des auteurs qui ont dit qu'il l'avait flattée , et que l'amour l'avait jeté dans les hyperboles (C). On a même prétendu que sa qualité de médecin lui avait donné des privilèges qui l'avaient enflammé d'amour (D). Ces pensées me paraissent fades {a). Ce ne fut point seulement par sa beauté qu'elle se fit admirer : le courage, la prudence et la capacité des grandes affaires la distinguèrent extrêmement des autres femmes de qualité {b). Sous le pontificat de Paul IV , elle eut part aux résolutions qui furent prises par les Colonnes contre les intérêts de ce pape. On l'aurait emprisonnée , si l'on n'avait eu quelques considérations pour son sexe ; mais en cette considération , on se contenta de lui défendre de sortir de Rome.

Elle ne laissa pas d'en sortir bien adroitement (c) (E) , afin d'être plus en état de seconder les entreprises de son fils, qui était ce Marc-Antoine Colonne , qui acquit dans la suite tant de gloire à la bataille de Lépante.

il ne paraît pas qu'en ce tempslà elle fût bien avec son mari ; car elle était entièrement dans les intérêts de son fils : or il y avait une mésintelligence si outrée entre le père et le fils (F) , que celui-ci contribua à l'emprisonnement de l'autre pour crime d'état. Chose fâcheuse , qu'une dame d'un si grand mérite fût

(a) Voyez la remarque (C).

(b) Voyez la remarque (E).

(c) En l556. Voyez la Vie du duc d'AIhe, el ci- dessous la remarque (\],

d'ailleurs en mauvais ménage les jésuites , puisqu'elle fit rebâ-

avec son mari ! Cela n'est point tir l'église de Saint- André , que

aussi rare qu'il devrait l'être l'évèque de Tivoli leur donna

parmi les personnes de son sexe l'an i566 (i). Jusqu'ici, je n'ai

qui ont de si grandes qualités, rien dit de sa généalogie : il est

Elle témoigna beaucoup de con- bien temps que j'observe qu'elle

stance , lorsqu'en 1 55 1 elle per- était fille de Ferdinand d'Ara-

dit son fils aîné. Ce que l'Arétin gon , duc de Montait© (K) , troi-

lui écrivit là-dessus est assai- sième fils naturel de Ferdi-

sonné de grands éloges. Voyez nand l". , roi de Naples, le Vr. livre de ses lettres , au feuillet 5 (d). Elle avait une '^^ ^

sœur , qui fut fort belle jusque (A) Les beaux esprits de son temps

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