I.1S Mugere^./o/iogSierfo. fettc , come del Puragon deW oro
(i4) Sorbière, Lettre XV, pag. 73. abbiam dctlo. E da taie essempio ,
(.5J Brantôme, Dames galantes, lo,n. II, ^j ^ ^^ ^^^^^ ^^^^ archetipo
pas- 'H* 1 -l'p. . . ' 1 II 1 II
(16) Cetuu Françoh de Lorraine, général qui in terra délia vera bellezza cordes galères , fils de Claude , premier duc de porale , formar poi le rcgole , leTU- Guise. Ce voyage de Naples se fil l'an iSSg. „,ofji , le misWC , t gradi , C le pTO-
del Regno di Napoli , part. iif,foUo Sg. poitioni delta beltezza mtcra e per-
(18) Il devait dire Julie. JVouj en parlerons
sous le mot GoKii.avs.. (jo) Thuan. , Ilisloriar. lib. XI, ad ann.
(19) Brantôme , Dames illiisUes , pag. iSi. i55» , poif. 222.
fella (ai). Il ne la fait pas moins belle quant à Tâme que quant au corps , et il dit que le Giraldi ayant »;u l'honneur de la voir et de l'entendre parler, demeura tout interdit pendant quelque temps , et incertain si elle était plus aimable à cause de sa beauté' , qu'adoi'able à cause de son esprit : j41 cospelto di questa diuinissima signora condottosi gla il signor Giot'an Ballista Giraldi Cinthio , e conlemplando atlentissiniamente l'ttna e l'altra bellezza che a gli occhi del corpo e a cjuei delta mente gli si rappreseiilai'ano , délia vera bellezza del uollo dalla splendor de gli occhi, dalla soauith délia favella , dalla leggiadria e maesla del semblante , e dalla marni^iglia de' modi e délie manière ueramente angeliche , stelle lunga pezza Ira se stesso attnnito , e stupefatto , e dalla somma bel/eiza del corpo , che primieramente s'fffferiua a gli occhi suoi , dovea tosto resoluersi , che questafosse da lui da amarsi sopra ogn'altra cosa morlale.
Poi vassando subito col pensiero a quella delV animo , che gli si rappresentaua perquei modi e per quelle manière gia dette , si mutai^a di opinione , et risoli'easi , che quella sola bellezza deli animo doi'esse , corne cosa diuina e céleste , con intera humiltà e diuozione adorarsi (22), Le madrigal qu'il composa sur ce problème se trouve à la suite de ce passage.
(H) Un galant auteur. . . consacra plusieurs images à son temple. '\ Ce fut Giuseppe Betussl. Il publia à Florence, en i566, un dialogue intitulé le Imagini del Tempio délia Signora Donna Giot^anna Aragona. C'est un livre de 121 pages, où les éloges de plusieurs personnes du beau sexe sont mêlés adroitement avec ceux de la déesse du temple.
(I) f^oici de nous^elles particularités des brouilleries qui l'obligèrent à s'enfuir de Borne, Pan i556. ] Voici ce que je trouve dans l'histoire du duc d'Albe , imprimée en latin à Salamanque , l'an 1669 , et en français, à Paris, l'an 1699. <( Jeanne d'Aragon, >> mère de Marc-AntoineîColonne, du- « chesse douairière de Palliane, . . .
(îi) Rnscelli, Lettnra sopra nn SonettO (îell' illustriss. Signor Marcliese délia Terza alla dWloa Signora Marches» del Vaslo ,JV.io S'-
(2a) Ru*cclli, là même.
» était restée à Rome; et les Carafles , » qui la gardaient à vue , la rete- » naient , s'il faut ainsi dire , pour » otage. Comme la trêve les rendit » moins soupçonneux , et que les che- » mins demeurèrent libres , la du- » chesse sortit de Rome , avec ses » deux filles, à pied, feignant de s'al- » 1er divertir dans une vigne située à » quelque distance des remparts.
» Quoiqu'elle fût déjà fort âgée , elle » continua de marcher à pied , jus- » qu'à ce qu'elle fût hors de la vue de » la garde de la porte , et de la senti- » nelle; après quoi, elle monta à che- » val, et y fit monter ses deux filles , » que deux cavaliers montés en » trousse tenaient embrassées. Dans » cet équipage , indigne d'elle, mais ') fort convenable à sa fortune pré- » sente , elle se réfugia au camp. Le » duc d'Albe l'y reçut avec une joie » indicible. Comme le grand âge de » cette dame ne laissait aucun soup- » çon , il l'embrassa , et se contenta » de saluer ses deux filles, qui se dé- ■» couvrirent par respect. Il me sem- )> ble , lui dit-il en l'abordant, que je )) i^ois cette fameuse Clélie, qui fuit , )> non du camp des ennemis , dans sa )> l'Hic, poussée h cela par le seul 11 amour de sa patrie ; mais de la ville » dans le camp , portée a cette fuite )) par la force de l'amour maternel. . . ■» La duchesse de Palliane fut char- » mée de l'honnêteté du général espa- )) gnol , et elle le lui témoigna par )) mille remercîmens : néanmoins elle » ne put se résoudre à demeurer au » camp , l'âge de ses filles ne le per- )) mettant point. Le duc y consentit : )) elle se retira dans la Campanie , ac- » compagnée de son fils , et escortée » par un escadron de cavalerie , que » le vice-roi lui donna par honneur , » et nullement par besoin (23). »
Il faut dire quelque chose des malheurs de son mari. Il était prisonnier dans le Chdteau-lVeuf de Waples , ac cusc , par son propre fils d'hérésie et de conspiration contre sa majesté catholique (24); et lorsque le duc d'Albe arriva à Naplcs , l'an i556, il le fut voir dans sa prison (25) , et Vécouta tant qu'il eut quelque chose a lui
(23) vie du Duc d'Albe, /<V. IF,clutp. XIX, pa^- 38(, aVannéf i556.
(ï\) TM même, ckap. Il , pag. î (i.
(iSj La même , png. i:\2.
dire, . . . consola ce bon vieillard autant qu'il luijut possible, lui donna le chdleau pour prison , ayant été jusqu'alors renjermé dans une tour assez étroite , soulagea la misère à laquelle il était réduit, tant de l'argent de sa bourse , que lui assignant une bonne pension sur les biens de son fils, . . , Il ne lui rendit pas néanmoins la liberté : ses accusations se soutenaient par un trop grand nombre d'apparences , et bien des gens les croyaient très'bien fondées. D'ailleurs, il n' aurait point oblige Philippe, qui tint Ascagne dans la prison le reste de ses jours , sans néanmoins lui at^oir ôté les agrémens que le duc aidait eu la bonté de lui accorder.
L'historien remarque que ce fait {•-iG) n'a jamais été bien approfondi ; et il blilme Koè'l le Comte , qui accuse le duc d'Albe d'avoir exercé beaucoup de rigueur contre le père de Marc- Antoine Colonne.
magnificence (A). Les conseils de cette princesse , aussi ambitieuse que belle , lui donnèrent le courage de témoigner qu'il voulait jouir pleinement de tous ses droits (b) ; mais il avait affaire à forte partie : son tuteur était l'homme du monde le plus intrigant , et le plus capable de se soutenir contre les justes prétentions de son neveu. Il était devenu amoureux de la princesse Isabelle la première fois qu'il la vit ; et comnie elle n'était encore l'épouse de Jean Galeas que par procureur , il ne désespéra point de l'épouser , à l'exclusion de son neveu. Il s'ouvrit de ce dessein à cette princesse , et l'assura
(K) Elle éiuii fille de Ferdinand qu'elle commanderait plus cer—
d'ylragon, duc de Montalto.'\ An loinc , son fils , lui succéda à la duché de Montalto , et épousa Hippolyte délia Rovere , et puis Antoinette de Cardona , et fut père d'un autre Antoine. Celui-ci , quatrième duc de Montalto , fut marié à Marie de la Cerda, fille du duc de Médina Celi , et puis à M. Louise de Luna. Il eut plusieurs enfans , qui moururent jeunes , excepté une fille , nommée Marie, qui fut héritière de la duché de Montalto, et mariée en Sicile à don François de Moncade , prince de Paterno (2^).
{26) C'est-à-dire , l'accusation cVAscanio Colonna.
(27) Tiré d'un Mémoire coinm M. Miniiloli.
'nque par
ARAGON (Isabelle d' ) , fille d'Alfonse, duc de Calabre, fils de Ferdinand , roi de Naples , fut femme de Jean Galeas Sforce , duc de Milan. Ce duc était sous la tutelle de Louis Sforce son oncle , avant son mariage , et n'y fut pas moins depuis qu'il eut épousé Isabelle d'Aragon , l'an 1 489 (a) , avec beaucoup de
(a) Corio , ITistor. Ai Mihno, parte VI, paU'. 879, edilioiic deW an. 1646 , in-l\".
tainement si elle l'épousait , que si elle était la femme de Jean Galeas. Cette proposition fut rejetée fièrement. Le tuteur ne se rebuta pas : il fit en sorte que son neveu ne consommât point le mariage ; et l'on dit même qu'il se servit pour cela d'une ligature magique (B). En même temps , il fit négocier à la cour de Naples son mariage avec Isabelle. Ferdinand paraissait y donner les mains ; mais le duc de Calabre ne voulut point y consentir {c).
Louis Sforce fut donc obligé de livrer la proie à Jean Galeas ; mais il ne renonça point à la vengeance , et il se destina pour principale victime Isabelle d'Aragon. // lui retrancha diverses choses qui Jlallaient son goût oit son divertissement (d) , et il épousa une princesse , qui lui
(Z») Varillas, Histoire de Charles VIII , lit>. //, pat,'. 157.
(c) Là même , lii>. 111 , pag. 210 , 211. (cl) Là mâne , liv. II, pag. 157.
ARAGON. 23i
tlisputa le terrain en toutes cho- captivité, qui ne finit que par sa ses. La jeune Isabelle eut tant de mort. Elle eut une autre cousochagrins à essuyer dans ce con- lation , aussi sensible peut-être, Ait, et dans cette espèce de fac- ou même plus sensible quecelletion qui vaut bien la peine d'être là : c'est que sa fille unique, décrite (G) , qu'elle fit savoir à Bonne Sforce , fut mariée à Sison père et à son aïeul, que si gismond , roi de Pologne. Elle l'on ne la tirait pas de cette mi- s'était retirée dans une ville du sère , elle attenterait à sa vie (e). royaume de Naples, qui lui avait Ces princes ne furent pas en état été donnée pour son douaire (/?) , de réduire Louis Sforce à la rai- et elle y vécut d'une manière ,
son ; car il fut l'un des instruraens qui attirèrent les Français en Italie : ce qui abîma toute la maison d'Aragon , qui régnait à Naples. Il poussa son crime jusqu'à se défaire de son neveu if) (D). On eut beau dire que Jean Galeas était mort de trop caresser sa femme , la tradition , qui a imputé sa mort à l'ambition de son oncle, a prévalu (E).
La princesse Isabelle se retira à Naples, après que les Français eurent pris Milan , et parut la plus affligée de toutes les princesses ses parentes , qui se trouvèrent en grand nombre dans File d'Iscliia , lorsque le roi Frédéric fut obligé de se remettre à la discrétion de Louis XII , l'an i5oi {g). Elle ne fit que
qui témoigna que les revers de la fortune n'avaient point abattu cet air de grandeur royale sous lequel elle avait été élevée. Elle mourut d'hydropisie ; mais elle avait eu le temps de faire un voyage de dévotion à Rome sous le pontificat de LéonX. EUeallaà pied au Vatican, suivie d'un grand nombre de dames parées comme des épousées. Toute la ville accourut à ce spectacle {i). Il serait à souhaiter pour sa mémoire , que nous pussions finir ici son article , sans y ajouter une queue qui est un peu incommode; mais nous ne sommes pas les maîtres de ces faits. Ses propres panégyristes se sont servis de la conclusion que l'on va voir. Cette dame qui , dans sa plus grande jeupasser de deuil en deuil pendant nesse, avait fait parler glorieuun assez long temps : elle perdit sèment de sa vertu , donna prise dans l'espace de quelques années aux médisances quand elle fut son aïeul, son mari, son père , sur le retour, et souifrit les gason frère, son oncle , son fils (F). lanteries de Prosper Colonne, La seule consolation qui lui res- avec très-peu d'égards pour la tait fut de voir que Louis Sforce, renommée (G). Sa fille, reine son persécuteur, expia ses cri— douairière de Pologne , s'étant
mes en France , dans une dure
(e) Voyez la remarque (C).
(/■) Conjuge Joanne Galeacio orbata est ; eb (juidi'in liicluosiUs ac miseriùs , qiwd is venejîcio suhlalns crederetur. Jovias , Elogior. lib. f, pag-, i;|22.
(}•■) Gralianus , de Casibus Viror. iUustrium, piig. 4^,
retirée à la même terre du royaume de Naples , y suivit cet exemjîle maternel (H): tant il est vrai que c'est l'écueil le plus ordinaire et le jîlus inévitable
(/() À Ttari. Voyez la Jerniire remarque. [i) Jovius, Elogior. lib. V, pag. (\iz.
de la gloire et du mérite des H ducato di HliUmo. M. Vnrilla?, femmes, lorsqu'elles vivent dans «"tant que je l'ai pu remarquer ne ' Jj ir.li touche point cette particularité : H se
le grand monde ! Elles sont ex- contente de dire que Louis Sforce posées à échouer là tôt ou tard.
SeriUs oc i lis sors exttura.
Notre Isabelle mourut le 1 1 de février i524, comme on l'a marqué dans son épitaphe, rapportée par M. Misson , au II", tome (A) de son Voyage d'Italie.
(A) Pag:e 41 de la troisième édition.
(A) Elle fut mariée à Jean Galeas Sforce, duc de Milan, .... auec beaucoup de magnificence. ] Lisez Tristan Calchus, auteur de ce temps-là (1) , in Nufitiarum Mediolanensium de$criptione. Le père Me'ne'trier en cite un fort long passage , qui contient la description du magnifique souper que B "rgonce Botta , gentilhomme de Lombardie , donna au duc Galeas et à sa nouvelle épouse , lorsqu'il les reçut àTortone, dans sa maison. Chaque
empêcha durant plus de trois m.ois la consommation du mariage (4). Il fait assez entendre que l'empêchement ne venait que de ce que l'on ne soufl'rait pas que les deux parties s'approchassent ^ car il dit que le père de la mariée mit son point d'honneur à ne
pas souffrir que Louis Sforce séparât plus long-temps les deux jeunes époux l'un de l'autre ; qu'il menaça de s'en plaindre à toute l'Europe , et de Carmer pour l'enger sa querelle{5). C'était une grande malice, et une violence bien insupportable, que celle de ce tuteur.
(C) L'espèce de faction qu'elle eut h soutenir vaut bien la peine d'être décrite."] Comme il me semble que M. Varillas a bien réussi dans ce portrait , j'ai cru que je donnerais un fragment curieux , si je rapportais ici ses propres paroles. C'est une pièce d'autant plus nécessaire à cet article ,
service fut accompagné d'une espèce qu'elle sertà faire connaître l'humeur, d'opéra , que le rétablissement de ces \ esprit , et les qualités intérie ures actions en musique commençait ^ '■"■■■ "• rendre agréables par la grâce de la nouueaulé , plutôt que par les autres beautés qu'on leur a données depuis (2). (B) Son mari fie consomma point le mariage , et l'on dit qu'on se sentit pour cela d'une ligature magique.^ Guicciardin assure que le bruit en courut , et que toute l'Italie en demeura persuadée. jE manifesto , ditil (3) , che quando Isabella figUuola d^^lfonso andô a congiugnersi col marilo , Lodoi^ico came ta uidde , innamorato di lei , desidero ottenerla per moglie dal padre : e a questo effetto operà ( cost fu allora creduto /)er tutta Italia ) con incantamenti e con mal'ie che Giot^an Qaleazzo fu per molli mesi impotente alla consumazione del matrimonio : alla quai cosa Ferdinando harebbe acconsentito, ma Alfonso répugna , onde Lodoi^ico escluso di questa speranza , presa altra. moglie ed auutnne fîgliuoli , foltô tutti i pensieri a trasferire in quegli
(i) Konig te trompe lourdement , dt le faire vivre en 1672.
(s) Ménélrier, des Représentations en miisique, pag- 167.
(3)Guicciardini , lib. I, pag. i5.
d'Isabelle d'Aragon. « Louis Sforce » abandonna Isabelle à son neveu...
» et pour lui donner une rivale qui j> la contrôlât en toutes occasions , )) il recherchala princesse Alphonsine, » fille d'Hercule d'Est duc de Ferrare. >) Alphonsine ressemblait à Isabelle )) en toutes choses , excepté qu'elle » n'était pas si belle. Elles étaient )) toutes deux entêtées mal à propos » de leur naissance , puisqu'elles n'a- » vaient rien à se reprocher en ce » point, et qu'il y avait de la bâtar- » dise dans la généalogie de l'une et » de l'autre (*). Elles étaient fières >) jusqu'à l'excès, et leur fierté tenait >> delà plus fine ambition. Elles étaient » plus chastes par gloire que par » tempérament. Isabelle s'était ré- » solue au mariage , et Alphonsine y n aspirait , plutôt pour partager le » pouvoir de leurs époux que leurs » lits. Elles aimaient toutes deux le
(4) Vïrillas, Hijfoire de Loiiij XII, liv. 1 , pag. 47-
(5) Varillas, Histoire de Charte» VIII , iiV, HT , pag. 311-
(*) Bor.io d'Esté, trisaïeul paternel d^ Alphonsine, et Ferdinand, uirul paternel d'isa^ helle , vlaifnl liUuuds.
» luxe ; et , quoiqu'elles eussent été » élevées tlans des maisons où rien » n'était tant en recommandation ») que l'épargne, elles étaient prodi- » gués, et leur huaieur allait à dé- J> penser autant qu'elles en auraient » le moyen. Le duc de Ferrare ne '> délibéra pas un moment s'il accor- " derait Alphonsine à Louis Sforce.
» 11 n'avait point de dot à lui don- " ner, et de plus il avait lieu d'es- » pérer qu'elle serait duchesse de >' Milan. Elle tut donc pi'omptement
son aïeul , des lettres dont il raie encore la meilleure partie (8). £lle «y plaignait de son malheur dans les termes les plus pathétiques dont on usait alors ; elle en faisait une peinture si vive , qu'elle était capable d'arracher des larmes des cœurs les plus durs : elle prétendait ne s'être rendue esclave que par obéissance , et elle menaçait de se donner la mort par ses propres mains, si on ne la mettait bientôt en liberté.
(D) Louis Sforce poussa son crime
» envoyée à Louis Sforce , qui en eut jusqu'à se défaire de son neveu.'] Je me
» deux fils de suite. Cette fécondité » lui donna lieu d'insulter à Isabelle , » qui n'avait accouché la seconde >' fois que d'une fille ; mais la jalousie » avait déjà rais de la discorde en- » tre elles. Alphonsine ne pouvait 5) souflVir que l'on louât en sa pré- "» sence la beauté d'Isabelle , parce- » qu'elle s'imaginait qu'on lui repro- » chait ainsi sa laideur ; et Isabelle >' n'endurait pas plus volontiers que » l'on rendît des honneurs extraorif ditiaires à Alphonsine , parce qu'elle " croyait qu'ils ne fussent dus qu'à » elle. L'une et l'autre demeuraient » dans un même palais , et mangeaient » ensemble. Ellesavaient tous les jours » une infinité d'occasions d'augmen- >' ter leur aversion , et les courtisans » leur en fournissaient la plus grande " partie. Ils étaient fort assidus auprès » d' Alphonsine , à cause que son »• mari distribuait les grâces ; et ils '> n'allaient que par mauière d'acquit » dans l'appartement d'Isabelle. Elle » en était au désespoir j et ce fut bien " autant cette solitude , (jue le peu '> d'argent qu'on lui founiisiait pour » s'entretenir, qui lui fit écrire à son » père et à son aïeul, qu'elle atten- J> terait à sa propre vie , si on ne la >» délivrait de captivité. Alphonsine, 3) de son côté , se lassa tellement d"I- }) sabelle , que, pour s'en défaire, elle >j sollicita Louis Sforce son mari de la » faire duchesse.comme il lui avait pro- » mis, et d'ajouter la qualité de duc )) de Milan à celle d'administrateur 5) de ce duché (6). » M. Villars avait dit dans cette même histoii'e (7) , qu'Isabelle avait écrit au duc de Calabre son père , et au roi de JVaples
(6) Varillas, Histoire de Châties Vltl , ?..-, m , pag. 211.
(7) fo/ei en l(i page i5S.
servirai encore des propres termes de M. Varillas. Voici donc ce qu'il dit sous l'année i494 > après avoir conduit son roi jusqu'à Pavie : « Louis j) Sforce , persuadé qu'il était temps » de se défaire du duc Jean Galeas )) son neveu, lui avait, dit-on, fait » donner un de ces poisons lents qui » produit le mieu.x dans le corps hu- » main les symptômes de l'épuisement, » afin de rendre plus vraisemblable » le bruit que l'on répandit en même j> temps, que le mal de ce jeune prince » n'était venu que de son trop d'at- » tachement à la beauté de sa femme.
» Les médecins n'espéraient déjà plus » sa guérison , quand le roi, passant » par Pavie où il était malade , ne " put se dispenser de le visiter. Sa » majesté ne lui parla point d'affai- 3) res , parce que Louis Sforce avait » demandé avec tant d'instance d'être » présent à cette entrevue , que l'on » u'avait osé le refuser. Elle témoigna » seulement du regret de voir son » cousin germain (''') dans un si pi- » toyable état , et elle tâcha de le » flatter de quelque espérance de » guérison ; mais Jean Galeas , qui se n sentait mourir, et ne doutait pas » que ce ne fût par la méchanceté de M son oncle , profita de cette conjonc- » ture. Il ne pensa plus à soi^ et ne » se souvenant que du fils et de la » tille qu'il laissait au monde, il les » recommanda au roi avec une abon- 1» dance de larmes , qui marquait )i assez , que si sa majesté ne prenait w d'eux un soin particulier, il pré- » voyait qu'on les empoisonnerait aus- » si-bien que lui. La duchesse sa fem-
(8) Il eue en marge ^Histoire de Bcrnardia Corio.
(') Ils éiaienl deux Jils de deux soeurs , princesses de Savoie,
i> me , po» r achever la tragédie, se jeta » aux pieds du roi , selon les auteurs 3) italiens , qui sont en cela plus » croyables que Comines , qui veut j> que ce fût aux pieds de Louis Sforce. 5) Elle était trop lière pour s'abaisser }> jusque-là; et, quand elle aurait pu }> s'y résoudre, elle n'était que trop i> convaincue que sa soumission serait 3> inutile. Elle ne parla pas de ses J) enfans , parce qu'elle supposa que J) les larmes de son mari auraient eu » leur efiet en ce point : elle employa >J les siennes pour son père , et le l'oi « ne lui repartit autre chose, sinon '> que l'expédition de Naples était » trop avancée pour la laisser im- 3) jiarlaite (9). »
(E) On a eu beau dire que Jean Galeas était nwrt de trop caresser sa femme, la tradition de son empoisonnement a préi'alu.l Guicciardin avoue que l'on publia cela ; mais il ne laisse pas de donner pour l'opinion générale de toute l'Italie , que ce prince mourut du poison que Louis Sforce lui avait fait avaler : fu publicato da niolti la morte di Gioi^an Galeazzo essere proceduta da coito immoderato ; nondimenn si credette unii'ersalmente per lutta Italia , che e'' Jus se morto , non per infennita naturale ne per incontincntia , madi oeleno : e leodoro da Pai'ia , uno de' medici regii , il quale era présente quando Carlo lo fisità , aff'ernto ai'erne veduto segni manifestissimi. Ne fu alcuno , che dubilasse che se era slato f'eleno , non gli fusse stato dnlo per opéra del zio (10). Jovien Pontan assure que tout le monde parlait hautement de ce crime abominable de Louis Sforce :
Ludoi^icum Sfortiani qui pubescentem primo , dein adolescentem jani œtatem Joannis Galeatii fralris filii Mediolanensis ducis procuratione hactenits ac patrocinio tutatus est sua , i^eneno illum h medio sustulisse cii^es , adwenœ, peregrini , passlmatque impunè omnes
prœdicanl Fora , porticus , plateœ ,
circulique infiniorum cujusque generis hominum nefandi criminis accu-
salionibus imprecationihus etiani
maxime diris plena undiquè circumsonant (ïi). La foule des historiens va
(Ç)) Varillas , Histoire tic Charles VIII, liv. III , png- 253.
(loj Guicciardini , lib. /, p. i-,aU' ann. i/^q/^. (il) Jov. Paatan.,de Prudeutiû,/i&. IF, iitU.
là, un Bernardin Corio (12), un Pierre Bembus (i3), un Vianoli{i4), etc.
(F). JïlUe perdu dans l'espace de quelques années son aïeul , son mari, son père, son frère, son oncle, son fils. ^ Paid Jove décrit éloquemment cette longue suite de malheurs ; mais il n'a pas toujours observé l'ordre : il a rais la mort du mari avant celle de l'aïeul. Quant au fils de notre princesse, il dit que les Français l'enlevèrent à sa mère , et le transportèrent en France, pour en faire un moine, et qu'une chute de cheval lui causa la mort: In renatione currentis equi lapsu in Heduis exanimatus esse nunciaretur. Hune enini rel im'iia deposcentibus Gallis tradiderat , à quibus cucullati sacerdotis habita in npulenti sacerdotii coenobium idcircà conjectus fuerat , ne Sforziani regni légitimes prolis hœres superesset {\^). Bernardin Corio fait une description touchante de la douleur où cette princesse fut plongée , lorsqu'elle vit tout à la fois son mari dans le tombeau , son fils exclus de la duché de Milan , et la femme de Louis Sforce sur le trône ; Li suoi fautori gridando duca, j'jijto (Ludovico ) il tenipio di dii^o Ambrosio , e le canipane in segno di letitia fece sonare , il morto corpo di Giovanne Galeazo ancora essendo nel donio scoperto, e quasi uniuersalmenle da tutti pianto e condoluto il miserando e pietoso caso. Isabella sua mugliere a Pauia con li proi^eri figtioletti uestiti di lugubre uestimeiUi , corne pregionera si recluse entra una caméra , e gran tempo stette giacendo sopra la dura terra , che non vide aère. Dot^erebbe pensare ogni lettore l'acerbo caso délia sconsolata duchessa, e se piii duro il cuore auesse che diamante , piangerebbe a considerare quai dogUa douea essere quella de la sciagurata e infelice mugliere , in uno punlo uedere la morte delgio^'anetto e bellissimo consorte, la perdita de tutto lo iniperio sua , e li figlioletli a canto orbati de ogni bene, il pâtre efratello con la casa sua expulsi dal Neapolitano Reame , e Ludouico Sforza con Bea-
(12) Corio, Ilistoria Mcdiolan. , part. VII.
03) Petr. Bembus, Hist. Venct. , lib. II , folio 3o.
(i4) Vianoli, Histor. Venct., part. II, pnf;. 20.
(i5) Jovius, Elojior. UL. P' , pa^. 422.
irice sua mugliere nel modo dimoitrata haviergli occupala la signoria.
(G) Elle donna prise aux médisances quand elle fut sur le retour , et foujffrit les galanteries de Prosper Colonne auec très-peu d'égards pour la renommée.'] Paul Jove mappiend cela dans Teloge qu'il a fait de cette princesse. Il le finit par un au reste, qui contient le cas : Cœterùm , in hâc eximiœ uiriutis ftmind improOœ piebis rumor non mediocriler pudoris decus perstrinxit, ou id grui'ior qubd quùni florente ceLate impenetrabUempudiciliani prœtuliiset , in ipsn dcmiini œtatis flexu Prosperum Columnam sibi cultum et afficium assidue tribuentem , sœpèque procaceni ad urbaniores jocos admitlerel (16).
(H) Bonne Sforce , sa Jille ,
suii'it l'exemple maternel. 1 M. de Thou dit beaucoup plus de mal de la fille , que Paul Jove de la mère. Chacun en pourra juger par la confrontation des passages : Eodeni tempore , Bonn Sfortia , Sigismundi ^ugusti Polo-
niœ régis parens filii pertœsa ,
Sarmatid relictd, in Italiam uenit ,
et honorificè f^enetiis excepta est
undè paratam triremeni conscendens in Apuliam ad Bariuni navigavit, cujus urbis possessio genlilitio yiragoniœ gentis jure dotale et hœreditarium illi erat(i']). Ibi soluté et dissentiente à prière witd ratione postea fixit , consuetudine cujusdain Papacaudœ non satis honestè usa, cui et omnia bona testamento prceteritis liberis reliquit , et J'umâ ne bonis decoctis haud niullo posi in sunimdegestate et infamid decessit (18). Voilà ce que dit M. de Tbou de la reine douairière de Pologne. Il prétend qu'après avoir fait banqueroute et de biens et de réputation, elle mourut dans la pauvreté et dans l'infamie. Que sauraiton ajouter à cet éloge ?
(16) Jovius , Elogior. pag. ^2^.
(17) M. VarilLis, dans /'Histoire de Louis XII , liv. I , pag. 47 , dil que Louis Sfortp , se voyant contraint de sortir de la duché' cie Milan , Iransporla à la duchesse Isabelle le duché de Barri et la principauté de Rossano , qui lui avaient été donnés pour récompense d'avoir rétabli la maison d'Aragon sur le trône de Naples.
(18) Ttuanus, Histor. , tib. XFI , <i<i ann. i555, pag. 326.
ARAGON ( Marie d') , femme de l'empereur Othon III , et fille
d'un roi d'Aragon , se diffama terriblement par ses impudicités , qui enfin la précipitèrent dans le supplice du feu. Elle avait eu l'adresse de se procurer pour femme de chambre un jeune homme qu'elle aimait , et qu'elle fit déguiser en fille («). 11 ne faut pas demander si elle usa de modération : son tempérament, et la perpétuité des occasions , disent assez que sa prétendue femme de chambre ne manquait pas d'exercice , et qu'elle était de tous les voyages de la cour.
L'empereur, s'étant aperçu de cette vilaine supercherie , en voulut faire la honte toute entière à l'impératrice ; et pour cet effet , en présence de plusieurs témoins, il fit dépouiller le jeune homme ; et , sur la découverte incontestable de son sexe, il le fit condamner au feu. Il fut assez débonnaire pour ne punir point sa femme : il espéra qu'elle se corrigerait à l'avenir; mais il se trompa : elle devint éperdument amoureuse d'un jeune comte auprès de Modène , et lui fit promptement sa déclaration ; car elle était beaucoup plus en possession de solliciter , que d'être sollicitée sur cette sorte d'affaires. Le comte , aussi chaste que beau , résista à toutes les avances , ou pour mieux dire à toutes les violentes attaques qui lui furent faites ; mais , si en cela il ne fit qu'imiter Joseph , il n'eut pas le même bonheur que
(a) Sccum ?niilie[iri habita circumdu.rit juvenem quocum congrediebatiir quotidiè , qnandoquidein càpro cuhiculiirin ulebatitr; c'est-à-dire, elle menait avec elle le jeune homme de'guisé en fem.me , et lui ordonnait chaque jour te congrès ; car elle le faisait passer pour sa /"emme de chambre. Munslcri Cosmograpliia , itb. III.
lui d'en être quitte pour la pri- bassadeur de France à Constanson. L'impératrice se plaignit à tinople , sous le règne de Ileuson mari que ce comte lui avait ri lï , était un gentilhomme de parlé d'amour, et demanda que Gascogne, qui s'acquitta dignecette audace ne demeurât point ment de son emploi. Le connétaimpunie. Le crédule Othon ne l>le de Montmorenci, examinant
manqua pas de faire trancher la tête à l'accusé. Voici comment l'accusatrice eut son tour. Le comte , se voyant condamné et n'espérant point de grâce , et ne voulant pas néanmoins révéler tout le mystère, avait fait promettre à sa femme , qu'elle le
l'ouverture que le pape Paul ÏII avait donnée , que le seul moyen de tirer Plaisance des mains de l'empereur était de faire venir la flotte turque sur les côtes de Naples et de Sicile , obligea le roi son inaître à négocier sur cela avec Soliman. On choisit Ara-
justifierait le mieux qu'il lui se- mont pour cette affaire. Il n'é-
rait possible auprès d'Othon.
Elle lui tint sa parole , garda sa tête, et prit son temps, lorsque l'empereur rendait justice dans une assemblée générale , qui se tenait au milieu d'une grande plaine , auprès de Plaisance ; elle prit , dis-je , ce temps , pour demander que le meurtrier de son mari fût châtié. L'empereur, qui ne la connaissait pas , lui promit justice, selon toute la rigueur des lois. Là-dessus, cette comtesse lui montra la tête de son mari, et s'offrit de justifier son innocence par Tépreuve du feu. Ses offres furent acceptées.
On fit apporter un fer tout rouge : elle le prit , et le tint tant qu'on voulut sans se brûler, et
tait ni moins adroit , ni moins expérimenté que Laforêt, Rincon et Paulin , qui l'avaient précédé dans cette ambassade. Il se fit des amis à la Porte , qui lui procurèrent un libre accès , et des audiences secrètes; et il sut si bien tourner les choses , qu'il ramena Soliman , que l'on avait un peu prévenu contre les Français. Il ne fut plus question que de savoir à quoi la flotte de sa hautesse serait employée : c'est pour cela qu'Aramont s'en retourna promptement en France , afin de concerter avec son maître les moyens d'employer utilement les secours du grand-seigneur. Le roi et le connétable lui apprirent qu'ils avaient des
puis demanda hardiment la tête intelligences dans l'île de Corse ,
d'Othon convaincu d'être le et qu'il serait aisé de s'en empa-
meurtrier de son mari : enfin rer , pourvu que la flotte turque
elle se contenta de la punition et celle de France l'attaquassent
de l'impératrice , qu'Othon con- en même temps. Il partit avec
damna à être brûlée {b). Ceci se ce projet pour le communiquer
passa vers la fin du X", siècle. au grand -seigneur : mais dès
(i)Go.rn.i.Vitcrl.Chrooic.,^«H..Ym. 9^''^ ^ut débarqué à Malte, il fut
Albert Krantz. Cuspinian. in Otlione III. mstammeut pnc par le graud-
Sigonius, r,7,/ par Maimbourg , Dccadeace maître (o) d'aller trouver les eé-
ue 1 Lninire, c«g. 1 10. , . . P
neraux turcs , qui avaient mis le
AFi AMONT (GaDRIEL d') , am- («) CélaU un Espagnol nommé Omeda,
siège devant Tripoli de Barbarie , dans la place , et assista même à
et d'cinployer son crédit et l'autorité de Henri II , pour les obliger à lever le siège. Il eut cette complaisance , et se rendit au camp des Turcs , lorsque leurs batteries commençaient d'être en état (b). Il eut plusieurs conférences avec Sinan Eassa , et avec Dragut , dans lesquelles il leur remontra qu'ils s'engageaient à une entrejjrise entière-
un festin oii Sinan et Dragut l'invitèrent après leur conquête.
Charles-Quint était trop bon politique pour laisser tomber cet événement : il en prit occasion de publier que la France avait contribué à la prise de Tripoli *. Henri II fit tout ce qu'il put pour répondre à cette plainte (A). Je n'ai pas eu le temps de chercher la suite des négo-
ment opposée au traité que Soli- ciations et des aventures d'Ara— mau allait conclure avec laFran- mont. Je sais bien que ses dépèce , puisque sa hautesse était de- ches furent quelquefois intermeurèe d'accord de n'attaquer ceptées , et que l'empereur s'en que l'empereur , et que Tripoli servit pour reprocher aux Franappartenait à l'ordre de Malte, çais leurs intelligences avec les On lui répondit que les cheva- Turcs (B). La relation de son liers de Malte étaient des parju- ambassade est en manuscrit dans res qui , nonobstant le serment la bibliothèque de M. de La-
qu'ils avaient fait à Soliman , lorsqu'ils en furent traités avec tant d'honnêteté à la sortie de Rhodes , faisaient incessamment des hostilités contre les Turcs.
On ajouta qu'on avait ordre de les chasser de l'Afrique , et qu'on
moignon (c).
Je viens de lire une chose qui doit servir d'addition à cet article : Les lies d'Or en Provence , c'est-à-dire les îles d'Hières ,yi/rent érigées en marquisat par lettres du roj Henri //, ^'éri-
ne pouvait surseoir V exécution Jiées au par leme/it d'y^ix; et de de cet ordre. Aramont ne man- ce marquisat fut investi et ensaiqua ni d'excuses, ni de répliques ; sine le seigneur d'Aramond , et , voyant qu'il ne gagnait rien ambassadeur de France à Conauprès de Sinan Bassa , il se ré- stantinople , pour le tenir en fief solut à partir eu diligence pour du roi ^ à la charge expresse
Constantiuople , afin d'obtenir de Soliman , s'il était possible , qu'on ne prît point Tripoli. Mais comme son crédit et ses intrigues n'étaient point inconnues au Bassa , il ne put obtenir la permission de continuer son voyage , qu'après la prise de Tripoli. Il sauva la vie et la liberté aux Français qui se trouvèrent
(6) Voyez le jugement qiCafail de ceUe conduite M. de Wicquefort , au Tiailé de l'Ambassadeur, liv. li , section F, pag. 110,
de bâtir en ces isles des châteaux , tours et forteresses , jusquà la somme de cinquante mille es eus (d).
Li clerc , après avoir remarque' que foiit l'article Aramont esl sans date fixe, ajoute ; • Au moins Baylo devait-il marquer que li prise de Tripoli est du mois de septembre l55t. Il parait que d'Aramont leviut eu Fiance en l552. •
(c) Varillas, Histoire de Henri II, p. 200.
id] Saiut-Lazare, Histoire des Dignité!; Honoraires de France , pag. ^00, édition de Paris , en i635 , in-8°.
(A) Henri H fil tout ce qu'il put
pour répondre h la plainte Je Charles- sit (3). Le roi de France re manqua
Quint, que d'Aramont et les Fran- pas de produire celte re'ponse dans
vais avaient contribué a la prise de toutes les cours de l'Europe, afin de
Tripoli (i).] Le grand-maître de montrer que ses ennemis débitaient à
Malte accusait notre Aramonl d'à- tort et à travers sans fondement tout
voir pousse le gouverneur de Tripoli ce qui pouvait le rendre odieux : Eas
à capituler. M. de Thou , réfutant literas. . . posteci rex per oratores siios
cette accusation, expose que le con- passlm publicari jussit, qud publica-
netable de Montraorenci, qui était tione compressis Cœsarianorum quere-
alors le tout-puissant, avait chargé lis ac rumoribus , evulgata in gallici
cet ambassadeur de témoigner au nominis invidianijamapariterconquie-
grand-maître rattachement particu- i'it (4). Cela pouvait bien persuader
lier qu'il avait lui connétable aux in- que les partisans de Charles-Quint s'é-
térêts et à la prospérité de l'ordre, taient trompés en cette rencontre; mai»
Cet historien ajoute qu'il a vu des ceux qui n'aimaient pas la France les
lettres où le connétable témoignait excusaient facilement. On s'imagine
beaucoup de chagrin de la prise de sans peine, quand cela s'accommode
Tripoli, et que ces lettres ne doivent avec nos inclinations , qu'il est per-
personne a laque
ble disait fort librement ses pensées probables. C'est à la vérité une source
(•2). Mais lorsque Henri II eut su que inépuisable de faux jugeraensj mais
les partisans de l'empereur accusaient pourvu qu'ils soient utiles , on ne s'en
l'ambassadeur de France d'avoir con- met pas trop en peine,
tribué à cette conquête des Ottomans, (B) On se servit des lettres intercep-
il dépêcha un gentilhomme au grand- tées d'Aramont, pour reprocher aux
maître , pour se plaindre des bruits Français leurs intelligences avec les
qu'on faisait courir , et pour lui de- Turcs. ] Charles-Quint , dans une let-
mander comment Aramont s'était tre qu'il écrivit Tannée 1 552 aux prin-
conduit dans cette affaire. Il déclara ces et aux états de FEmpire, s'étonne
cru ipport N'ai-je
que si son ambassadeur était inno- )> pas , rfà-iZ , les Mémoires d'Aramont cent, le grand-maître en voulût ren- >, dressés à Constantinople, qui font dre un témoignage public. La réponse „ foi de Falliance ménagée contre un du grand-maître disculpa pleinement « prince chrétien entre la Porte et la Gabriel d'Aramont : Quo in negotio „ France ? « Jam quod de communia nullum afficium prœtennisisset ut or- catis cuni Turco consiliis obiter perdini ed in re nostro gratificarelur, hoc stringil , quasi abundè purgatum exiseninia V. M. enixè ac religiosè sibi tiinet , qud fronte excusare potest? injunctum. Prœterea ut quorum culpa atqui pênes nie habeo Aramontii Galea clades accepta esset certà cunclis Ud legati commentarios Byzantii constaret undiquè probationes collegi- scriptos, et ad regem per Costam ceninus , et inquisitione diligenti super ed turionem quemdam jnissos , qui société habitd nihil comperimus quo j4ra- tatis cwn Turcis in Christinni nomimontiuni cladi causani dédisse, aut nis prinripem initœ plénum fidem fadedtttnnis auctorem fuisse credi de- ciunt (5). M. Varillas observe (|^ue le beat. Quinimoex eqùuibus captivis. .. p„pe et l'empereur faisaient déjà leur ditlicimus eum non soliini omni culpd compte d'accuser le roi de France, en facfire, sed multis benefactis totuni j,lcin concile, d'une intelligence avec ordinem sibi devinxisse, ac proindè les infidèles, et de produire sur ce non rectc nec secundiim rationemfac- sujet des lettres d'Aramont interceptuni existimamus , ut is rumor sparsus tées, auxquelles il était aisé de donner
(i) Vonllas, Histoire de Henri II, l'^- /I, /a Tl.nan. , l.b. Vil, subfin.
pac. igS el mit: à Can i.'!,';i. Kojeîfluxxi M. de ^ '
^\L,-Ut: rir,pas.rr>^. , lllr,''"' ,; Y X
(aj A Brissac, qui commandait en Pit'monl. (5) Idem , Ub. X , pag- ni-