‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 60 sur 113 · TOME H · texte numérisé non relu

TOME H

Archélaiis pour empêcher que les Romains ne brûlassent une tour de bois qui défendait le Pirée : nous verrons ci-dessous ce que c'est ; mais il est très-faux quïl dise qu' Archélaiis se réfugia dans un temple , et que Sylla le tua lui-même au pied des autels.

Je ne pense pas qu'aucun auteur digne de foi ait dit cela ; car c'est un fait notoire qu'Archélaiis ayant contraint Sylla d'abandonner les attaques du Pirée , et de s'attacher uniquement à la ville , eut le temps de se retirer lorsqu'il la sut prise d'assaut (49). Sylla le poursuivit , et gagna sur lui de grandes victoires, et 1 obligea de faire la paix à des conditions désavantageuses. Archélaiis , se voyant soupçonné de malversation (5o) , n'osa se fier à Mithridate, et vint trouver Muréua , qui commandait les Romains. Il fut reçu avec honneur , comme Strabon l'a remarqué en plus d'un endroit :*Hv «Ts ou- Toç 'Ap;\^é^stoç ùioç y.h tuV Ctto lûwa. KCtITlIç <ri/"J,XM)'TÛU Tf^xSévToç (5l). Fuit

hic Archelaus Jilius ejus cui à Sylla et senatu honor est habitas.

Le secret de préserver sa tour de bois consistait à la bien frotter d'alun - Je pense que Quadrigarius est le seul historien qui en ait parlé. Les autres disent que ses tours et ses machines furent ruinées par les assiégeans. H est bien certain que l'alun n'a point la vertu dont Quadrigarius parle. Voici ses paroles : Tum Sulla conatus est et tempore magno eduxit copias ut Archelai turrim unam , quant ille interposuit, ligneam , incenderet. f^enit, accessit , ligna subdidit , submoi'it Grœcos , ignem admouit , salis sunt diii conati , nunquam. quiferunt incendere ; it'a Archélaiis oninem materiam oblet>erat alumine , qund Sulla atque milites mirabantur : et , postqu'am non succendit , reduxit copias (Si). Si 31. labbé de la Roque avait eu connaissance de cet endroit d'Aulu-Gelle, il n'aurait pas dit que« l'his- » toire remarque que Sylla entreprit

(19) /-'/<ie Appian., in IVIitliridat.

(Soi i'Epitonie de Tite-Live marque- qu Archélaiis lui a la Jlolle de Milhriiiale aux Romains. Auri'lius Victor dit que Sylla chassem Mitliridatis prodiliore Arclielai intfioipit.

f5i) .Sirabo, lih. XII, pag. 384. y^rez auisi

lib. xrii , pag. 547.

(52) Jpud Aul. Gt)l. , lib. XV, cap. I.

2,4 ARCHILOCKUS.

autrefois de brûler une tour de avait refusée. Arclulochus prit

» bois qu'un des lieutenans de Mi- }) thridate défendait, et qu'il n'en put » jamais venir à bout , parce qu'elle » était enduite d'une certaine drogue

)) DONT LE NOM n'esT PAS VENU JDSQo'a

}) Nocs , qui avait la vertu de réprii> mer l'activité du feu (53). « Deux choses m'étonnent : l'une , que puisque Quadrigarius a parlé d'un accident si peu ordinaire , tous les autres historiens n'en aient pas fait mention; l'autre, que puisque tant d'historiens n'en ont dit mot , Quadrigarius en ait parlé d'une manière si précise. Ces sortes de faits frappent de telle manière les esprits , que la tour de bois incombustible eût été la dernière chose que les relations auraient omise. Sylla l'eût infailliblement insérée dans ses mémoires.

Plularque , qui les cite si souvent (54) , l'y aurait vue , et n'aurait ,eu garde de s'en taire. Concluons de son silence, et de celui de tant d'autres historiens , que le fait est faux. Mais d'où est-ce que Quadrigarius l'avait pris ? Je crois qu'il n'est pas possible de déterrer l'origine de son erreur.

Il est bien vrai que l'alun de plume résiste au feu , et ne se consume point; mais en frotter une tour de bois et la rendre incombustible par ce moyen , est uns chose que je crois impraticable.

(53) Journ. des Savans , du i^ février 1677, pag. 54-

(54) Plutarch. , in Vilâ Sylla.

ARCHILOCHUS , poëte grec , natif de l'île de Paros (a) , fils de Télésiclës (A) , a fleuri dans l'o-

la chose si à cœur , soit qu'il aimât la belle , soit qu'on eiit ajouté au refus quelque mépris particulier , qu'il rassembla tous les torrens de sa bile, afin de diffamer Lycambe. Il y a de l'apparence qu'il enveloppa toute la famille sous ses pasquinades ; car on prétend que la fille suivit l'exemple du père , et il y en a même qui veulent que trois filles de Lycambe soient mortes de désespoir en même temps (D). Il releva peut-être des aventures également diffamantes et éloignées de la connaissance du public. Il semble du moins qu'il y avait des endroits fort sales dans ce poëme ; car ce fut à l'occasion de cette satire , que ceux de Lacédémonejetèrent un interdit sur les vers d'Archilochus (E) , après avoir considéré qu'une lecture comme celle-là était peu conforme à la pudeur. Quelques-uns ont dit qu'il fut lui-même banni de Lacédémone {b) ; mais ils en donnent pour raison la maxime qu'il avait insérée dans ses vers , quil vaut mieux jeter bas les armes , que perdre la vie. Il avait écrit cela pour sa justification (c). Sa médisance, qui le lympiade 29 (B). Le caractère de mit quelquefois assez mal dans ses poésies a été un débordement ses affaires (E) , et qu'il étendit de médisances tout-à-faitextraor- jusqu'à sa propre personne (G) ,

dinaire (G). On en vit des effets terribles, lorsque Lycambe se pendit , après la satire violente qu'Archilochus avait faite contre lui. L'indignation de ce poëte venait de ce qu'on lui avait manqué de parole. Lycambe lui avait promis sa fille , et puis la lui

(a) Hcrod., lib. /, cap. Xll. Luciauus, in P«en<iol,

ne lui ôta point les bonnes grâces d'Apollon ; car lorsqu'il eut été tué dans un combat , l'oracle de Delphes chassa du temjjle le meurtrier (H) , et ne se laissa radoucir qu'à force d'excuses et de prières : et après cela même , il lui ordonna d'aller dans une

{b) Plular. Inslit. Lacon , pag, aSg.

(c) Vojrci la remarque (C).

ARCHILOCHUS.

certaine maison, pour y apaiser les mânes d'Archilochus (d). Cependant ce meurtre avait été fait de bonne guerre (I). C'est dans les vers ïambiques que ce poète a excellé : il en était l'inventeur (K), et l'un des trois

Suidas , mais aussi dans OEnomaiis , cite par Eiisèbe (i).

( B ) // a fleuri dans l'olympiade 39. ] Les auteurs varient un peu làdessus. Tatien et saint Cyrille ont place Archilochus sous la ^3'^. olympiade (2), Clément Alexandrin l'a placé sous la in^. ; un autre sous la iS". , sous la iS*^. et sous la 19». (3).

poètes qu'Aristarque avait ap— Cicéron l'a fait vivre durant le règne

prouvés en ce genre de poésie ^le Romulus (4). Cornélius Népos le

r \ r\ ■ ii« 1 « „♦ • ^„ .„•„. place au temps de Tullus Hosfilius

fe). Ouintilien le met a certains r^rN u - i » f 1 . v T

V^ 1^ , j j (5). Hérodote veut non-seulement qu il

égards au-dessus des deux autres, ait fait des vers sur l'aventure de

Le grammairien Aristophane Gygès et de Candaule j mais aussi

trouvait que plus les poëmes qu'il ai* vécu en ce temps-là ^6). Eu-

1 • J'\ „i,.i„„u„^ Ât„:^„^ sèbe le fait fleurir dans la 20®. olvm

lambiques d Archilochus étaient .... v j

longs , plus ils étaient beaux (L) L'hymne qu'il fit sur Hercule et sur lolaiis , eut cet avantage , qu'on avait accoutumé de la chanter trois fois en l'honneur de ceux qui remportaient la victoire aux jeux olympiques (f)

piade. Il est facile d'accorder entre eux quelques-uns de ces auteurs :

mais on ne saurait les mettre d'accord tous ensemble ; car la révolution qui se lit dans la Lydie , par la mort de Candaule , et par l'installation de Gygès , tombe sous la 17*.

olympiade (7). La mort de Romulus est une affaire de l'olympiade précé-

■ï, , . ' J , r T^ J , dente. Le règne de 1 uilus Hostihus

II ne S est presque rien conserve . t ^- i 1 •• -

r ^ gjj enferme entre la première année

de ses ouvrages : ce qui est plu- de la 27«. olympiade , et la première

tôt im gain qu une perte , par rapport aux bonnes mœurs (M). Ceux qui partent de plusieurs Archilochus multiplient les êtres sans nécessité (N). Si nous avions le dialogue composé par Héraclide sur la Vie de notre poëte [g) nous en apprendrions

année de la 35^. M. de Saumaise , fort heureux à relever une grosse be'vue de Solin , n'a pas évité de se méprendre de son chef. Solin a été assez étourdi pour mettre dans ua même siècle les trois orateurs de la famille des Curions , Archilochus et Sophocle : Plurimi , dit-il (8) , inter Romanos eloquentid Jloruerunt , sed hoc bonurti hereditarium nunquamfuit

apparemment bien des particu- nisi in familid Curionum , in quâ

larités , et sans doute nous y ^'^ série continua oratores fuêre :

^ -1 maenum nnc habitum est sane en sœ-

trouverions comment il mena en ^J^ ^^^ facundiam prœcipuè et hu

l'île de Thasus une colonie de mana et divina mirata sitnt : quipp

quippe

Pariens (h). Il y avait de l'hon— tune percussores ArchUochi pnëiœ

neur à être choisi pour un tel emploi.

{d^ Voyez Varticle Tettix.

(el Voyez la remarque (K).

{/• Pindar. Olyrap. od. IX , et ibi Jo. Benedictus. Voyez aussi dans les C)i\\idtAez d'Erasme, Archilochi melos.

if^] Diogen. Laërt. in Heraclid.

(Al OEnumaûs , apud Eusel». Praepar.

Evang., lib. Vl, cap. Vil. Vide etiam Perizon. in £liani lib. X , cap. XIII.

(A) Il était fils de Tclésiclès .'] C'est ce que l'on trouve non-seulement dans

ApoUo prodidit , et latronum Jacinus deo coarguenle deleclum ; ciirnque Lysander Lacedœnionius Athenas

(1) Euseb. , lib. ri , cap. VII , Préparât. Evangel., pag. iZQ-.ilein, lib. V, c. XXXlIt, pag. 227.

(2) Vojei Vossias , de Poët. Grjecis, pag. 14.

(3) Anonymus in Descript. Olymp., apud Vosshiin, de Poct. Grwcis , pae- i4-

(4) Ciiero , Tusculan 1 , cap. I.

(5) Cornet. Nepos, apud Gellium, lih. XVII, cap. XXI-

(6) H^roa. , lih. /, cap. XIII.

(7) Voyez Selbus Calvisius , ad ann. Mundi

3a39 , jjag

(8) bolinus, cap. II , subjîn.

AKCHILOCHUS.

obsideret, uhi Sophoclis trai^ici inhumatum corpus jacebat ; identidem Liber Pater ducem monuit per quieîem sepeliri delicias suas sineret, nec prias destilit , etc. M. de Saumaise remarque que l'un de ces Curions a vécu du temps de Jules César, qu'Archilochus a vécu du temps de Tarquin-le-Superbe, et que Sophocle n'est venu que plus de deux siècles après Archilochus (9). Il a donc raison de se moquer de Solin 5 mais il a tort de placer Archilochus au temps de Tarquin-le-Superbe, qui a régné depuis l'an 3 de la 6i«. olympiade , jusqu'à la dernière année de la 67^. : il a , dis-je, tort de le mettre là, puisqu'ailleurs il l'établit sous la 29*=. olympiade : Circiter l'igesimam nonam olympiadevi inclaruit Archilochus (10). Ayant fait la faute de rendre contemporains Archilochus et le dernier roi de Rome , il ne devait pas trouver deux cents ans entre Archilochus et Sophocle ; car la mort de celui-ci arriva dans la 92". olympiade , plus ou moins. Un autre grand homme (11) s'est trop laissé emporter à l'envie de reprendre , lorsqu'il a imputé à Hérodote de s'être servi d'un pitoyable raisonnement pour prouver qu'Archilochus a vécu sous Gygès , c'est de dire qti'Archiiochus a fait mention de ce roi. J'avoue que ce raisonnement serait absurde; mais

on disait qu'elle ressemblait à celles d' Archilochus :

ïn inalos mperrimus Parala lollo cornua , Qualis Lycambe spretus infido gêner (i4)-

Ovide , dans le même esprit, a usé de cette menace :

Postmodo si perges , in te mihi liber iambut Tincla Ljcainbeo sanguine lela dabil.

C'est dans son poème in Ibin, vs. 5i , ouvrage si médisant que ceux qui ont cru qu'il l'a fait à l'imitation d'Archilochus (i5) seraient excusables, s'il n'était pas aisé de connaître par ces deux vers , t's. 53 ,

Nunc quo Battiades inimicum devovet Ibin , Hoc ego devoveo teque tuosque modo,

qu'Ovide s'est proposé d'imiter le poète Callimachus. Il y a je ne sais combien de proverbes qui éternisent la médisance de notre poète : ytrchichilochia edicta,' ApX.'^oXov ttatuç, Arlochuni teris , etc. On trouve le premier dans Cicéron , qui s'en est servi pour désigner les édits que le consul Bibulus faisait afficher. Ce pauvre consul , n'osant sortir de sa maison , ne retint quelque ombre d'autorité

aue pour se venger par des pasquinaes , où il étalait les plus infâmes débauches de César , et disait leurs vérités à ses ennemis : la eam coëgit desperalionem, ut quoad potestate abiret domo abditus , nihil aliud quant per edicta nunciaret (16). C'est ce

il n'est pas vrai qu'Hérodote s'en soit que Cicéron appelle Archilochia edicservi : il n'a fait que supposer, il n'a ta , qui plaisaient si fort au peuple.

tiré nulle conséquence : Toû x-iù 'Ap XÎ^'>X'>( ô nâpioç ko-tÀ tov clÔtov XP^^"'^ yivô/nivoç, sv iâiju!.Ca> TfijUiTpai tTrifAVït^ôii (12). Cujus rei nieminit et Archilochus Parias qui per idem tempus fuit in iambo trimetro.

(C) Le caractère de ses poésies a été un débordement de médisances tout

qu'on ne pouvait fendre la presse dans les rues où ils étaient affichés ; car on s'y rendait en foule pour les lire , et cela faisait crever de dépit Pompée :

Archilochia in illum Bibuli edicta ità populo sunt jucunda , ut eum locuni uhi proponuntur prœ multitudine eo~ rum qui legunt prœterire nequeamus ,

h-Jait extraordinaire. ] De là vient ita ipsi acerba ut tubescat dolore, mi-

qu'Horace a considéré Archilochus comme un homme atteint de la malerage ,

Arehilochum preprio rabies arinavit iambo (i3);

et que, quand on voulut donner l'idée d'une satire souverainement atroce ,

(9) Salmas., Plin. Exerc, pae. Sa.

(.0) Idr,n,ilnd.,pag.Ul,.

(11) Scaliger, in Euseb., /)og. 57, 58, edit. ann. iCfiS.

(12J Herod. , lih. 1 , cap. XII. ( l'i) Uoratins , de Aric Pociicâ , ¥$. 79.

hi mehercu/è molesta quod et eum quem semper dilexi nimis excruciant (i7).PIutarque parle ainsi de ces édits de Bibulus : B/fxoç y.h tk t«v oîiâct^

(l5) Joliannes Tortellins Arelinus , in Com-

Idem, Epod. VI vs. i3.

inentariis de Orlliograpblâ, et Jacobus Lannius, Subsecivar. Lect. , lib. II, cap. IV , apud Dionys. Salvagnium Boëssium , Comment, in Ibin , pag. i/î.

(i6)Sucton., in Caesar. , cap. XX. Vide etiam cap. XLIX.

(i7>Cicer. ad Auic, Epist. XXI, lib. II.

ARCHILOCHUS.

Nec

fiAç (18). Btbulus ilomi abditus non prothit oclo consulatUs sui menses in pullicum , edicta tanlùni proposait maledirtorum et prohrorum in anibos (PompejtiractCœsarem) plena. Quant au proverbe Archilochum te ris , je ire crois point qu'il signifie , comme Érasme se l'est figuré , un médisant qui marche sur les traces d'Archilochiis , ou qui étudie ses livres ; mais un homme q;u , ayant offensé Archilochus , doit craindre la destinée de celui qui mavche sur un serpent , et qui en reçoit tout aussitôt une blessure mortelle. Voyez ce cfue Lucien met en la bouche d'Archilochus contre quelqu'un qui avait médit de lui , Alis cicadam comprehendisti (19) »

et vous ne douterez point que l'explication d'Érasme , quelque conforme qu'elle soit à h» pensée de Suidas, ne soit fausse. Cependant je ne nie jias que TTxTih ne se prenne quelquefois comme terere pour lectitare : oùS'' Aï- <rû);rov ■TriTTûi'THx.stç , a dit Aristophane dans ses Oiseaux (20). Il y a quelques épigrammes dans l'anthologie , qui donnent une trcs-forte idée de la médisance de notre homme : on y exhorte Cerbère à veiller plus que jamais , et même à prendre garde qu'on ne le morde, puisque Archilochus s'en allait dans les enfers (21). Nous verrons dans la remarque (G) qu'il médisait de lui-même.

(D) Il y a de l'apparence que

trois filles de Lycambe soient mortes de désespoir en même temps. ] J'ai dit qu'Archilochus prit la chose fort à cœur 5 mais ce ne fut rien en comparaison de son beau-père et de sa maîtresse. Il se contenta d'une cruelle satire 5 mais Lycambe et ses filles ne trouvèrent leur consolation qu'au bout d'un licou. Horace ne parle que de la penderie du père , et de celle de la fille qui avait été promise à Archiloch.us :

Non Tes et agenlia verba Lycamben.

{li) Plut. , in Pomp. , pag. 644.

(19) Lucian., in Pseiidol. , loin. II, pttg. 548. yorez l'article de Tettix.

(10) Ceci m'a été communiqué par M. de la Monnoie.

(ai) Anth. , lib. III, cap. XXV. Vule etiam Salmajiuu) , ExerciUt. Plinian., pag. 394, 39S.

quem versibut oblinat

socerum tjuant, alris; Nec sponsœ laqueum famoso carminé nec-

C'est dans l'Anthologie qu'on voit que les deux, ou même les trois filles de Lycambe se pendirent (aï). Voyez dans l'article d'HippoNAx (24) quelques exemples de l'efl'et funeste et mortel de la satire. N'oublions pas ce qu'un des scoliastes d'Horace a remarqué , c'est que Néobule ( il nomme ainsi la fiancée d'Archilochus ) ne se pendit pas à cause des satires de son galant, mais à cause du regret qu'elle conçut de la déplorable fin de son père (aS). La plupart des lecteurs seront pour l'anthologie , où Archilochus est représenté comme la cause immédiate.

(E) Ce fut à l'occasion de cette sa'tire , que ceux de Laccdémone jetèrent un interdit sur les vers d'Archilochus.'] Valère Maxime l'assure en termes formels : Lacedœmonii libros Archilochi è ciuitale sud crportari jusserunt , quàd eorum pariini vereciindam ac pudicani lectionem arbitrabantiir. Noluerunt enimed liherorunt suorum animos imbui , ne plus moribus noceret quhm in£;eniis prodesset. Itaque maximum poé'lam , aut ceriè summo proximum, quia domum sibi inuisam obscenis maledictis lacerauerat , carminum exilio multdrunt (26).

(F) Sa médisance le mit quelquefois assez mal dans ses ajîf'aires. ] Pindare m'apprend cette particularité ; car il assure qu'Archilochus , quoique s'engraissant à médire, a été souvent réduit fort à l'étroit :

Ei'cTov ytt.p ma.; lotv , ta ■;toX- X iv- àjUitXctvid.

ymi iX^io-ty TnajvôjUêvov (27).

yidi enim procul existent stvpè in angusliis

conviciatorem.

Archilochum dum malèdtcis odiis pingiiefieret-

Arétius n'a pas entendu ce passage, puisqu'il y a trouvé ce sens, qu'Archilochus s'était bien trouvé de ses médisances , et qu'elles l'avaient élevé à l'éclat et aux richesses, de misérable qu'il était (28). Le mot ■7na,i'vê<râ«.i,qui

(22) Horat.,Epist. XIX, Ub. I, m. i5, 3o, 3i.

(23) Antb., Ub. III , cap. XXV.

(24) Remarque (T).

(25) Scholiast. in Horalii Epod. \l.

(26) Valer. Maxim. , Ub. VI , cap. lit. (37) Pindar. , Pyililor. Od. II , f. 97.

(28) Vojei Bene'diclus ia Pindar. , Od. Il PytUior.

ARCHILOCHUS.

■veut dire s'engraisser, a été cause de son illusiou : il fallait se souvenir , qu'encore aujourd'hui , se nourrir et s'engraisser de riuelque chose, signifie dans le figure y prendre un plaisir extrême. Il ne faut point douter qu'Ovide n'ait eu égard à ce passage de Pindare , quand il a dit dans son poè'me contre ibis , vs. 52 1:

Vlque repfrlori nocuil pugnacis iambi , Sic sil in exitium lingua proterva tuuin,

Nous verrons dans la remarque (.11), que ceux qui disent qu'il en coûta la vie à Archilochus pour avoir médit (29) , se trompent.

(G) Il étendit sa médisance jusqu'à sa pr'pre personne.'] Ce poè'te se plaisait tellement à la médisance , que, non content de de'chirer son prochain , il disait aussi du mal de soimême (3o). C'est de quoi Critias le blâme (3i) : lYoïis ne saurions point sans lui , disait Critias , que sa mère JEnipnne était une esclave ; que la misère le contraignit Je quitter l'île de Paros , pour passer en celle de Thasus ; qu il s'y fit haïr; qu'il médisait , et de ses amis , et de ses ennemis ; qu'il était extrêmement adonné h la débauche des femmes , et fort insolent; et , ce qui est pis que tout cela (Sa) , qu'il a^'ait jeté son bouclier. Le scoliaste d'Aristopliane nous apprend que ce fut dans la guerre contre les Saïens , peuple de Thrace , qu'Archilochus , pour sauver sa vie , jeta ses armes et s'enfuit (33). Aristophane avait employé deux vers de ce poète , touchant cette aventure (34), et làdessus son scoliaste nous donne cet e'claircisscment. Plutarque rapporte les mêmes vers, et quelque chose de plus:

AcTTiS'i y.iv 2stioDv Tiç à.yâ.Xhi'Tcn «v Vift SÂy.vcù

Evroç Àycé/j,»TCiV kÔ-KKittov ovk sôsxœv.

"Ao-TTIÇ 'iKiivn

EpfÎTûù' i^a.Z^Hx.TYiiToy.a.i ci:/Ka,xi'&)(35). Nunc aliquis nosCrà se ex hostibus aspide jaclel

(20) Lescalopier, in Ciceron. , de Nal. Deor., lih. III , pas- 703. Boëssius, in Indice Comment, in Ibin.

(3o) yorrz le passage de Pliilarquc , qui sera cite dans la remarque (M), citation (SS).

(3i) Jpu,l ilLlianum, Var. Hibt., lib. X, cap. XIII. '

(^j) C'est Critias qui parle.

(33) Schol. ArislopVi., in Cnraœd. de Pace. Vojrez aus.ri .Slrabon , liv. XII , pag. S^S.

(3/|) In Comccd. de Pace, circajinent.

(35j Plularcli. , in lustitut. Lacon., pag. îSg.

Sub vepre quam rellqui invitas wlegram^ Illa quidein i'aleat ^ nunc ipse a clade sw^ pentes Emam suo non deteriorem tempore.

Cependant notre fuyard se piquait plus d'être soldat que d'être poète-

Elju) «T' iyci btfi.7rui y.it 'EwAhiota

K«t) Moua-îaiv èpATOV eTcc^OV iTTlÇ' a.y.1voc (36).

Martis régis cultor suin :

jimabile musarum donum ego quoque didici'

Alce'e rangeait de la même sorte les places chez lui : il donnait le premier rang aux armes ; et lorsqu'il décrit sa maison (37) , il ne parle point de livres , mais de casques et de boucliers : tout y sent l'arsenal , et rien la bibliothèque. On sait néanmoins qu'il se tira d'afl'aire dans une bataille à l'aide de ses talons , et non par ses armes. Voyez la remarque (B) de son article.

(11) y4pollon chassa du temple de Delphes le meurtrier d'' Archilochus (38).] Celui qui tua Archilochus s'appelait Callondas Corax (Sg) , et il éiait de l'île de Naxos. La prêtresse de Delphes le chassa du temple, parce qu'il avait mis à mort un homme consacré aux muses : 'EkCm^ih; t/Tra tmî Tlu^isLç, cêç lifilv a.vS'pA Tm p.w(rm Àvvipti- Jt«ç (4°). 11 l'avait tué néanmoins à la guerre , et de bonne guerre , comme nous l'apprenons de Suidas beaucoup

f)lus clairement que de Plutarque. Cea fait qu'on ne doit pas trop s'imaginer que Pline ait eu ici toute l'exactitude nécessaire, lorsqu'il a dit au nombre pluriel : Archilochi poëtce interfectores ylpollo arguit Delphis (40»

Solia , son copiste , ayant voulu faire le paraphraste, s'est mis hors d'état d'être excusé j il a eu la hardiesse de spécifier que ce poète avait été tué par des voleurs : Percussores Archilochi poëtœ Apollo prodidit , et latronum facinus deo coarguente detectum (4^). Eusèbe cite un auteur

(36) Alhen. , m. Xir , cap. VI , pag- 627, c.

(37) JpudMheo., lib. XI F, cap. V, pag. id., A.B.

(38) Plut., de lis qui sera à Numine puniuntur, pag. 560 ; elfusè Suidas , in hfMMKùç.

(39) Idem, ibidem ! vide eliatn Plutarcli. , in Numà, pag. 62.

(40) Plutarch., de iis qui sera puuiunlur, pag, Ka.

MO Plin., /,6. Fil, cap. XXIX.

(42) Soliu. , cap, I , pag, 11.

ARCHILOCHUS.

grec, nommé OEnomaiis , qui donne Je nom cVArchias à celui qui tua Archilochus. Quarè, dit-il (43), «/«t Archilochum occldit Archias à templo quasi scelestus exire au Apolline jussus est : Musarum enim amicurn occiderat. Galien a rapporté les paroles de l'oracle :

lAOUircUiy ôifiTfOVTSt )t*TS«.T*Vêf , ïfl9'

VMOU.

Musarum famuli occisor, templo procul eno (■44).

On a fort blAmé Apollon d'avoir reconnu pour client des Muses , et d'avoir extrêmement loué un poète qui avait écrit tant de saletés. OEnomaiis en fait des reproches à ce dieu (45).

Origèiie et Ensèbe se sont servis de cela pour faire honte aux païens.

To^Toiç vfc^^âijuiv , dit Eusèbc (46) , jc*/ <fi' à>v AÙSiç '0 ' KiraXhoi'^ SttufAâ^ii tov 'Ap;tiXo;tov , sitS'fa. Trtt^To'ta.tç nnrà. yu- VsttJtœv ct.iTXpopî>ny.o3-uva,iç xctt oifipnTcKoyietiç éiç oôJ' Àx-oÛTcti tiç o-ai^paiv âv«p

jwévov. Addamus verb quœ summani in Archilochi comniendationem ejffundlt hominis ejusmodi qui opéra sua omni adi^ersiis mulieres obscenitate perborum intpleuerit , quant ne audire quidcm homo ferecundus possit. Je ne rapporte pas le passage d'Origène ; on le trouvera au livre III contre Celsus, à la page laS de l'édition de Cambridge , en 1677.

(I) Le meurtre d'Archilochus auait été fait de bonne guerre. ] J'ai déjà dit que Suidas nous apprend ce fait phis clairement que Plutarquc 5 mais il me reste quelque chose à dire qui vaut la peine d'être rapporté. On a un petit Traité des républiques, attribué à Héraclide ; l'ordre que la prêtresse de Delphes donna au meurtrier d'Archilochus de sortir du temple , s'y trouve, avec la réponse du meurtrier. Cette réponse est une énigme impénétrable dans la traduction latine. Le traducteur suppose que ce meurtrier répondit : je suis innocent;

(45) Euseb., Prœpar. Evangel., lib. V , cap. WX.IlIy cile par le père Hardouin sur Pline , tom. II , paff- Ï24- Ce ne sont pas les propres termes d' OEnomaiis : c*estseulement sa pensée.

(44) Galen. , in Snasoriâ , lom. II , cap. IX, pag. 10. apud \\ari\uin. , ibidem.

(4.'>) OEnomoiis, npuJ Eu^-rblum , l'rsepar. Evangel., lib. V, cap. XXXIII.

(/fi) Ibidem, cap. XXXII , pag. 3^7.

car je l'ai tué de loin, comme la loi le commande. Voici le grec et la version

(47) :'Ap;^i'Ao;t.ov tov otoihtmv Kôfiat^ ovoyt/.*

È'xT€(Vê, TTfiOÇ dv <f*«"'V ilTTHI T>IV OllSjStV , ï'^lSl VMOÎ/' TOS-TOV él Èl-TTêlV , ÀWÀ KA-

ôiipôç iifJ^i avat^' fJt ;t*'f'*v yà.p vô/<» èWêivît. Quidam Corax diclus Archilochum poëlam interjecit. I laque Py~ thia ad euni atebat, exi templo. Cui is respondit : At punis sum rex , eminiis enim ut lex jubet interj'eci ( Archilochum). Un de mes amis, grand humaniste (48) , m'avoua qu'il n'avait jamais ouï parler, non plus que moi , d'un édit qui disculpât les meurtriers qui tuaient de loin, et qu'il ne croyait pas non plus que moi que Èx ;t{ifccv signifiât emtrtMf. Comme il est intime ami de M. Gronovius , il le consulta sur cette difficulté , et voici la docte réponse de ce savant professeur : 'Ev ;t''f^» vô/<«o*, locutio est propria in prœliis occisorum et occidentium. Quem in illo fen^ore p-ci gladius, uel alia machina, vclbellua deprehendens ad Orcum mittit , is trucidatur «v ^«ifœv vô/uifi' lia omnes Grœci et prceserûm Polybius , ut libro I, cap. 3^, Ka.TcfTra.'Taù/j.ivm a-cep»' éov sv X.*fpSv vô/zû) (TiêtfSjifOVTo. 'O rravu (49) illic pugnantes : quod quidem non sujjîcit, nam et in prœlio multi possunt non pugnantes occidi , et tamen «v X'^^P"'^ vof^u). Rursia eodem libro , cap 67 : toCtouq yetp etÙTaui a,u aunCettvi SlctOfèlipio-^dn kcCtÀ TsiÇ a-vy.- TTMKà.; Toùç Èv X^'p^'V vop-a TrtptTrurljVTAÇ. Il ne reste plus de difficulté, après cette savante réponse : on voit que Corax n'a voulu dire autre chose , sinon qu'il a tué Archilochus dans un combat selon les lois de la guerre.

(47) Jnxta edilionem Nicolai Cragii ad calcem Traclatùs Je Republicâ Lacedsemonior., pag. ig.

(48) Cesl M. Henricius , dont on pourra voir l'rloge dans l'e'phre de'dicaloire du Traité que M. Gronovius pui/ia à Leide , Van 1693, sous le titre de Disqnisitio de Icunculâ Snielianâ qiiam Harpocraten indigetarunt. Je suis bien aise d'avoir celte occasion de témoigner publiquement à M. Henricius ma reconnaissance de la bonté singulière qu'il a de me prêter les livres de son excellente Itibliolhéque.

* Gronovius aurait dû prévenir qu'il y avait faute dans l'Héraclide de Gragius , sans cela cette note est obscure. En eflet, Bayle demande l'explication de ces mots in. .^«'faiv , et la solution (le Gronovius porte sur ceUe phrase «V ^êlDO)» V'i/Ji.ai qui est la bonne leçon. Koeler dans 8oa édition d'tlcraclide ( Hal. Sax. 1804 ) a corrisé la faute de Gragius.

(49) C'esl-a-dire Casaubou.

ARCHILOCHUS.

(K) // a excellé clans les fers ïambiques , dont il était Vinuenteur. ] C'est ce qui paraît par ces vers d'Horace à l'ëpître XIX du P' . livre . vs. 23.

, ^ Pnriot ego primus iamhos

Oslendi Latio , numéros animosque secuUis Archilochi :

mais plus clairement encore par ce passage de Paterculus : JSeque quemquam aliuni cujus operis primus nuctorfuerit in eo perfectissimum prœter Hbmenim et Archilochum reperiemus (5o). II est constant que la poésie ïambiqiie a été' le fort de ce poète : Hx tribus receptis Aristnrchi judicio scripioribus iamborum ad'i^iv maxime pertinebit unus Archdnclius. Summa in hoc ^'is elocutionis , cum i^alidœ tum hreues uibrantesque sententice , plurimum sanguinis atque nert>orum , adeo ut videatur quibusdam quod quoquam minor est , materiœ esse non ingenii i>itium (5i). C'est donc de celle-là que Paterculus l'a fait l'inventeur. Il l'aurait aussi été de la poésie épique , si ce qu'on impute à Térentianus était ■vrai : Doctrinœ laudem ei Térentianus tribuil , ut et epicorum fersuum ini'entionem , libr. de ynetris pag. 86. C'est ainsi qu'on parle dans le Thésaurus F>d>ri, à l'article d'Archilochus; mais il est aisé de voir, quand on consulte le passage de Térentianus Maurus , qu'il s'agit là de l'épode , et non pas des vers épiques. De plus , il ne serait pas certain que l'endroit qui concerne Archilochus le donnât pour l'inventeur de l'énode , si l'on n'apprenait d'ailleurs (5a) cette vérité. Cet endroit pourrait sembler une citation alléguée comme un exemple de l'épode dont on parle en ce lieulà , qui est un vers hexamètre suivi de la moitié d'un pentamètre :

Hoc docium Archilochum tradunt genuisse magiitri Tu mihi Flacce sal es.

Lorenzo Fabri remarque que les Grecs avaient été six cents ans sans auoir d'autres fers que les hexamètres , jusqu'à ce qu'S4rchiloquc en fit entendre d'autres auec tant de succès, que chacun essaya d'en faire de diver-

(5o) Paterc, lib. I, cap. V.

(5i) Quinlil. , lib. X, cap. I.

(5?) De Mariui Victorinus , Art. Grammat. ,

lib. ni.

ses mesures , ce qui fil que la poésie grecque devint si belle par cette variété de uersijication (53).

(L) Plus ses poèmes ïambiques étaient longs , plus ils étaient beaux.ll Cicéron nous apprend cette particularité , en disant la même chose des lettres de son ami Atticus : Ut Aristophani Archilochi ïambus, sic epistola lor.gissima quœqiie optima videtur (54). On a fait le même jugement des harangues de Démosthène.

(M) Il n'est presque rien resté de ses Ouvrages ; c'est plutôt un gain q^i'une perte , par rapport aux bonnes m.œurs.~\ On ne verrait que de trèsmauvais exemples dans les vers d'Archilochus. Il avait témoigné un regret fort violent de ce que le mari de sa sœur était péri sur la mer. Voilà une sensibilité qui pouvait être édifiante; mais il la fit dégénérer en une maxime pernicieuse , savoir, qu'il chercherait sa consolation dans le vin, et dans les autres plaisirs des sens, puisque ses larmes ne feraient aucun bien à son beau-frère , ni ses divertisseraens aucun préjudice.

OÙT8 Tl "J/alp XXctlûiy i'ÀTOy.cHy OUTi

©n'ira), TifTrcexà.z x*( ôsLhlitç l^i- ■TTùùy (55) :

C'est-à-dire , selon la version d'Amyot :

Pour lamenter, son mal ne guérirai; Ni pour jouer , je ne Vempirerai.

Le pis est qu'il ne faisait pas de difficulté de se diffamer lui-même , en remplissant ses poésies de mille sales médisances contre le sexe : Tâv ùtt

xa.) à.Ka}^a.ç'a>ç iipujuhreu , ittuToi Trapa.- ^iiy/ua.ril^avToç. (56). Voyez l'usage que Théodore de Bèze a fait de ce dernier mot dans ses notes sur le I""^. chapitre de saint Matthieu.

(N) Ceux qui parlent de plusieurs Archilochus multiplient les êtres sans nécessité. Il Un passage d'Eusèbe mal entendu est cause qu'on parle d'un Archilochus historien et chronologue,

(53) Ménétrier, Représentât, «n musique, pag. î^"»-

(54) Ciccro. Epist. XI, lib. Xyj, ad Atlic.

(55) Plut., de audiend. Poëlls, pag. 33.

(56) Plut. , de Curiosit. , pag. S20.

ARCHIMÉLUS.

à qui l'imposteur de Viterbe' a eu la hardiesse de supposer un petit livret. Voici ce qu'il y a dans Eusèbe , selon la version latine : Licet ^rchilochus

i>icesimam terliam olympindein

supputa (57). On prétend que cela veut dire qu'Archilochus a suppute de telle sorte les temps qu'il a mis Homère sous la 23®. olympiade. Mais Scaliger a montre que le grec d'Eusèbe ne signiûe autre chose , sinon qu'il y a eu des auteurs qui ont fait tleurir Homère et Archilochus en même temps. Goropius Becanus avait déjà éclairci cela dans le grand et curieux ramas qu'il a fait sur Archilochus, afin de réfuter pleinement les fourberies d'Annius de Vitcrhe (58). Voilà donc le pi étendu chronologue Archilochus réduit à rien. Vossius eût mieux fait de suivre cette correction , que de mettre Archilochus entre les historiens grecs (Sg). Il ajoute que Scaliger le place sous le règne de Darius, fils d'Hystaspes (60) , sans en rapporter aucune preuve. Je n'ai pu trouver cela dans les notes de Scaliger, que Vossius cite \ et je ne crois pas que cela y soit. Vossius, dans un autre livre (61) , ayant parlé de notre poète Archilochus sous la 29*. olympiade, en prometun autre sous la 94*'-i mais quand on l'y va chercher , on n'y trouve qu'un Antilochus. Charles Etienne, et MM. Lloyd et Hofman nous ont donné un Archilochus poète lacédémonien , florissant à Rome sous Tullus Hostilius , et un autre Archilochus fils de Nestor , et tué au siège de Troie par Memnon.

Ce sont toutes chimères : ce dernier s'appelait Antilochus ; et il ne fallait qu'un peu d'attention pour se souvenir que la cour des premiers rois de Rome n'était pas un théiUre propre à des poètes grecs. La plupart de ces dernières fautes se voient dans le Calepin.

^57) Euseb. , in Chron. , ad ann. qo8.

(58) Gorop. Becanus, Origio. Autverp., lib. ly , ce t/uUl du la-dettus se trouve dans la Biblioth. Hispanica de Scbotlus , pag. i-ji et suiv.

(59) Vossins, de Histor. Grœcis, pag. 5.

(60) // monta sur le trône Van 3 de la 6!^' . jljmpiade. Vossius , de Hist. Grsecis , pag. 6.

(6i) Vossius , de Poëtis Gr«cis, pag. i^.

ARCHIMELUS , poëte grec , a fleuri an temps d'Hiéron roi

ARCHIROTA. 281

de SjM-acuse (A) : cela paraît par le présent qu'il reçut de ce monarque. Il avait fait une épigrainnie à la louange d'un navire d'une grandeur prodigieuse , qu'Hiéron avait fait bâtir (a) :

cette épigrainme lui valut mille muids de blé , que ce prince lui fit porter avi Pirée {0). Voilà donc un poëte à ranger avec ceux qui en petit nombre ont trouvé des amiraux de Joyeuse (c).

(a) Voyez-en la Description dans kûiénée, lib. y, pag. 206.

{h) A.llien. , pag. 209.

(c) L'amiral de ce nom donna une abbaye pour un sonnet. Baliac , Entret. VIII.

(A) // a fleuri au temps d'Hiéron , roi de Syracuse. ] C'est-à-dire , environ l'an de Rome Sao , et l'olympiade i36. 11 y a de l'apparence qu'il demeurait à Athènes , puisqu'on fit porter au Pirée le blé dont on lui faisait présent. Je m'étonne que Vossius ait oublié un tel poëte : la récompense de son épigramme le rendait notable. Athénée nous a conservé les dix-huit vers qui furent si largement payés (i). M. Catherinot n'a point rapporté fidèlement l'élat de la récompense. Archiméliis , dit-il (2) , fitt régalé par le roi Hiéron de six mille muids de blé, pour une épigramme de l'ingt l'ers sur son vaisseau.

(i) Allien. , Ith. V , pag. 509.

(2) Cather. , Traité de la Marine , pag. G.

ARCHIROTA (Alexandre) (A) abbé des Olivets {a) , était de Naples. Il composa , entre autres livres , un Recueil des Actions des rois dont l'Écriture fait mention (B) , et le dédia à la reine de Pologne , Bonne Sforce , qui demeurait alors à Bari. Elle lui donna eu récompense une pension viagère de 3oo écus par an. Il vécut cent vingt années ib). M. Konig le fait fleurir en i636, et lui attribue un Com-

(a) C'est une sorte de moines en Italie.

(b) Lancel. de Pérouse , à la page 987 du lii-re intitulé, CUi l'indoviaa è savio.

282 ARE TIN.'

■menlaire sur les livres de Sa- naturellement médisant l'était viiiel et des rois , et un T'raité devenu davantage , à cause des

sur le Vœu de Pauvreté.

(A) Alexandre. \ Larcelot de Perouse (lit dans le corps de son ouvrage inlitnlé Chi iindm'ina è sai'io , que cet auteur portait le nom d'Alexandre; mais à la marge, et dans la Table des matières, il le nomme Af-ostino.

querelles qu'il eut avec quelques autres hommes doctes. Quoi qu'il en soit , il y a des gens désintéressés qui disent que Charles Arétin entendait parfaitement la langue latine et la langue grecque ; et qu'il l'a témoigné

(B) Un recueil des ^actions des rois par quelques versions du grec (c). :ri/£7'!'':!/^!S "irii^'-A^'*;' ''"- H était d'aUleurs assez bon poète

vrage fut compose' en ifalien. Je ne sais si c'est le même que celui qui a pour titre , Discorsi sopra diuersi Luoghi délia Sacra Scritlura. Le catalogue d'Oxford marque qu'il est divise en deux parties, dont la première fut imprimée à Florence, l'an i58t , in-S°. ; et la seconde, dans la même ville, l'an i583, i/z-S". On voit dans le même catalogue que le

(A), et il a fait quelques comédies en prose , dont Albert de Ejb a inséré des morceaux dans sa Marguerite Poétique {d). Mais ce qui marque beaucoup plus clairement son habileté, est qu'après la mort de Léonard Arétin, 443 , il fut choisi pour lui tis la charge de secréépublique de Floren-

rp ... j -"-."-' ">"-v.j,"^, ^,v.^ .^ gj^ iZiao, Il tut cnoisi pc

1 raife de Kolo Paupertaiis parut à ' i i 11 \

Florence, l'an i5So, m-8°., et que succéder dans la charge de

l'auteur de ces trois livres se nomme taire de la république de I

Alexander Archirola. Je crois qu'il ce (B). Nous ne savons pas l'au-

fallait dire Archirota. „^g ^^ .^^ ^^^^^ . ^^^^^ ^j ^^^ ^^^

ARÉTIN (Charles) était d'A- t^i" 4"^ M. Moréri^se trompe ,

rezze dans la Toscane, comme «1 disant que c'est l'année i443

son surnom le témoigne (ce qui (C)- Les auteurs qu'il cite ne di-

soit dit pour tous les autres qui sent point que notre Arétin ait

ont été nommés Arétin). Il tient ^^^^^^ "» volume de lettres *.

un rang considérable parmi les savans du XV. siècle. Pogge lui donne de grands éloges {a) ; mais ils doivent être suspects , à cause que Charles Arétin était grand ennemi de Philelphe , et que Pogge haïssait mortellement Philelphe. Celui-ci se plaint amèrement de notre Arétin, et le représente comme un méchant homme , plein de fraude , et de ruses malicieuses {b). Cela aussi doit être suspect , venant d'un ennemi tel que Philelphe *, qui

Histor. Discept. et II ai Carol. Arelin. ,

(n) Poggins, init.

Invect. in PLilelpIi.

(h) Philc'lplii Kpist anno i/j33, cl Epist. seij

* Joly, qui confirme l'inimitié re'ciprof|iie de Philelplic el d'Aiélin , rapporte uu long

Quelques -uns croient qu'il était frère de Jean Arétin (e) , dont nous parlerons en son lieu. Ils se trompent. Il porta beaucoup d'envie à la gloire de Léonard Arétin son prédécesseur [f).

passage d'une lettre du premier qui soutient, contre l'opinion d'Arélin (qui avait raison), que les deux premières syllabes de Ticinus ( le Te'sin), sont ))rèves, tandis qu'elles sont longues.

(cl Leand. Albert. , Descrip. \\.3\.,pag. 96.

{d) Gesneri Bibliotbec.

* Joly, d'après Montfaucon , Bill. MannscriptnrHtnnova , cite les titres de liuitouvrages de Cil. Arétin. Les sept premiers paraissent, n'être que de petites pietés. Le huitième e.'it la traduction en vers latins, de la Batracliomyomachie , mentiounée dans la remarque (A).

(e) Vossius, de Histor. Latinis , pag. 579.

(/) J'oyez lu rewarque (H) de Varticte de ;Lconarilj AiiÉiiN.

ARÉTIN

(A) Il était.... assez bonpoëlc.'\ Il faut entendre ceci eu égard à ce tempslà : je doute même qu'avec cette restriction , je puisse faire passer mon texte partout : car voici ce que M. de la Monnoie m'a écrit : Lilius Gyialdus, qui a uu des poésies de Charles Arélin , ne les trouvait point bonnes , et la i'érité est que sur les citations qu'on en uoit dans le Dictionnaire de TortelUus^ on a lieu de juqer que c'est peu de cmse. Notez que Tortellius ne cite de lui que des vers élégiaques ; mais le père Labbe (^) cite en deux ou trois endroits une version de la Batrachomy'omachie en vers hexamètres par Charles Arétin.

(B) // fut choisi pour succéder à Léonard Âretin dans la charffe de secrétaire de la république de Florence.'] C'est ce que nous apprenons de Leandre Albert : Diem funclus est ( Leonardus Aretinus) anno post C. N.

MccccxL , letatis suce LXXIV , i'Vorenliœ, riiin illi reipub. diiiti secretis fuissel , et successorem in eo niunere habuit Carolum item Aretinum , et grœcis latinisque litteris erudilissimum , qui etiam ipse quœflam de grœcis latina fecit (i). Joif;nons à ce témoignage celui d'Enée Silvius, encore qu'il soit un peu long; car il nous sert de preuve pour plus d'une chose : Commendanda est , dit-il (i) , multis in rébus Florentinorum prudentia, lum maxime quod in legeniUs cancellariis non juris scientiam ut plerœque civitates , sed oratoriam spectanl , et quœ vacant humanitatis studia. Norunt enim rectè scribendi dicendique artem non Bartolum aut Innocenlium , sed Tullium Quintilianumque tradere.

Nos très ex ed urbe cognovimus , grœcis et latinis et conditorum operumj'amâ illustres , qui cancellariam alius post alium tenuére , Leonardum et Carolum Aretinos , et Poggium ejusdem reipublicce civem, qui secretarius apostolicus tribus quondani romanis pontijîcibus dictdrat epistolas. 11 faut corriger par ce passage l'obcuritç ou l'erreur d'un autre passage d'Ence Silvius qui a mis en peine Vossius.

Voici cet autre passage : Leonardum

(*) Lab., Nova Bibliollieca IUSS.

(i) Leand. Albecl. , Descriplio Italiœ, pag.

(2) ^n. Silvius , Histor. de Europâ , cap.

Liy.

Aretinum ex te primum sensi obiisse ' qui Latium ornavil litteris , quo nemo post Lactantium Ciceroni proximior Juit. Gaudeo Poggium ejus locunt apud Florentinos tenerc. Sed maluissem potiits locum non vacdsie , ne tnnto splendore caruisset Hetruria (3).

Voyez ci -après la remarque (A) de l'article de ( Léonard ) Arétin.

(C) Moréri se trompe , en disant qu'il mourut l'année i44-*-] ^^ '-'■'''• certain que Pogge a succédé à notre Arctin dans le secrétariat de Florence :

or il paraît par la harangue où il félicite Nicolas V sur sa promotion au papatiju'il n'avait encore aucun emploi à Florence l'an i447 (4)' '' f^"*^ donc dire qu'en i447 Cliarles Arétin était secrétaire de Florence; car Léonard Arétin , son prédécesseur, était mort dès l'an 1443. Mais voici une preuve plus démonstrative de l'erreur de M. Moréri. Pogge, dans une lettre écrite sous le pontificat de Nicolas V, témoigne que Charles Arétin l'était venu voir : (Juo priiinim anno dit-il (5) . IVicolaus pontifex quintus , pestis causa, Fabrianum , Piceni oppidum , secessit , ciim me ad terrain novam natalem patriam cunijamilid contuliisem , venit eo poslinodum, rogatus a me qui Florentiani ob negotia publica adibat, Carolus Aretinus. Ce qui a trompé M. Moréri est d'avoir vu que Vossius (6) ne réfute pas Fauteur allemand qu'il cite , et({ui a dit dans son Recueil des jours mortuaires et des jours de nativité, que Charles Arétin , orateur et historien , est mort l'ail 1443 , à Fâgede soixante-quatorze ans. Tout cela convient .si bien à Léonard Arétin , que selon toutes les apparences l'auteur allemand a confondu Charles avec Léonard; et en tout cas , il méi'itait que Vossius lui montrât sa faute , touchant l'année de la mort de notre Arétin.

(3) Idem , ibid. , cap. H.

(4) C'est Vannée de Vc'lection de Nicolas V,

(5) Poggius , inil. Disceptat. /.

(6) Vossius, de Historicis Latinis, pag. 578.

ARÉTIN (François) a vécu au XV. siècle. Il avait beaucoup de lecture, et savait le grec. Il traduisit en latin les Commentaires de saint Chrjsosiome sur

ARÉTIN

saint Jean , et une vingtaine sonne ne lui pouf ait résister. II

donnait ses conseils avec tant de confiance , qu'il assurait les consultans qu'ils gagneraient leurs procès. L'expérience ne lui fut pas contraire , puisqu'on disait

panus , qui fut en faveur auprès ordinairement dans le barreau y

A' Homélies du même père. II traduisit aussi en latin les Lettres de Phalaris (A). On a encore de lui un traité de Balneis Pideolanis *. Jean Antoine Cani-

de Pie II et de Sixte IV, était l'un de ses intijues amis {a).

Erasme n'estimait point le travail de notre Arétin sur saint Chrysostome (B).

Quelques — uns croient que notre François Arétin ne diffère pas du fameux jurisconsulte Franciscus Aretinus , qui était de la famille des Accolti. Mais d'autres ont de la peine à s'imaginer que le traducteur de quelques ouvrages de saint Chrysostome , etc. , soit le même que François Accolti, dont les ouvrages de jurisprudence respirent la plus grossière barbarie , sans aucune ombre de la connaissance du grec. J'ai des observations à produire là-dessus , qui pourront convaincre bien des gens qu'il n'y a ici qu'un seul François Arétin (C). Quoi qu'il en soit, parlons d'Arétin le jurisconsulte. Il étudiait à Sienne , environ l'an i443 {b) , et puis il y enseigna la jurisprudence avec une telle vivacité de génie , qu'on le surnomma le prince des subtilités , et que la subtilité d'Arétin passa en proverbe. Il faisait principalement éclater ce beau talent dans les disputes ; car per-

* Joly, d'après la Blbl. Manuseriptorum noi>a «le Montfaucon, dil que Fr. Are'lin a encore laissé , i". dps Leltres ; 2°. une traduction des T.ellrcs de Diog'ene le philosophe ; 3°. une version de VOJj'-ssre d'Homère.

(a) Tiré (/'Auliort le Mire, Auclar. de Scriptor. Ecclesi.ist. , pag . 268.

{b Panzirol. de Clar. Lepum inlerprelib., lib. II , cap, cm, paff. 2l^g cl ser/rf.

une telle cause a été condamnée par l' Arétin , elle sera djpnc perdue. Il enseigna aussi dans l'académie de Pise, et dans celle de Ferrare. 11 fut à Rome sous le pontificat de Sixte IV, et ne s'y arrêta pas long-temps ; car il vit bientôt que les grandes espérances qu'il avait bâties sur sa réputation seraient nulles. Ce pajie déclara qu'il lui donnerait volontiers la dignité de cardinal , s'il ne craignait de faire tort au public, en ôtant à la jeunesse un si excellent professeur. Lorsque la vieillesse ne lui permit plus de remplir toutes les fonctions de sa charge , il fut dispensé de faire leçon , et on lui continua ses gages. Il ne laissa pas de monter quelquefois en chaire; et, quoique ses leçons fussent sans force, il avait néanmoins beaucoup d'auditeurs : on donnait cela à sa renommée. Un jour que les étudians étaient accourus à des spectacles, il s'aperçut qu'il n'y avait que quarante personnes dans son auditoire , et il s'en fâcha tellement qu'il jeta son livre , et qu'il se mit à crier , jamais VArélin n expliquera la jurisprudence à peu de monde. 11 se retira tout en colère , et ne voulut plus enseigner. Il était d'un naturel sévère , et il ne garda jamais plus d'un mois ou deux le même valet : Ceux quon a loués depuis peu servent beaucoup mieux ,

ARÉTIN

disait-il. On l'honora de la qualité de chevalier , et il passa toute sa vie dans le célibat , et dans

une épargne qu

i lui donna lieu

d'ainasser beaucoup de richesses.

Il ne fut pas moins honoré à cause de sa chasteté , qu'à cause re...., qui pourront

ne , qiioil est tÔv TÙ^ni KxtiCttXt xat» Xty.stt içfi~^t Trâi^tf) aÙtÛv oina-iy, oîixriv opinionem i'ertit pro arroganli.1 (3).

Il remarque en un autre lieu C4 qu'Aratin avait aclievé de traduire les Commentaires sur la I'^. epître aux Corinthiens, jusqu'à la XX*. Homélie.

(C) J'ai des obsers'ations a prochii-

de son érudition. On sera bien aise de savoir la ruse dont il se servit pour apprendre à ses disciples combien il importe de passer pour honnête homme (D).

Quoiqu'il eût destiné ses biens à l'entretien d'un collège, il les laissa à ses parens (c). Il avait un frère qui se rendit fort illustre sous le nom de Benedictus Accol- Tus Aretinus (E). J'en parlerai dans une remarque.

(c) Tiré de Panzirole, de Claris Legum Interprelibus, iib. Il, cap. CIII, pag. 2^g et seqq.

(A) // traduisit en latin les Lettres ^e Phalaris.} Taivu, dans un livre imprimé en Allemagne l'an 1689 (i) , plusieurs curieuses recherches touchant ces Lettres; mais je ne puis m'empêcher de dire qu'on attribue à Léonard Arétin ce qui n'est dû qu'à François : Latine emisit Leonhardus aretinus Florentiœ mcccclxxx- Nous verrons en son lieu {1) que Léonard n'était point en vie au temps de cette édition..

(B) Erasme n'estimait point le trafail de noire Crétin sur saint Chrysoitome. 1 II remarque en deux endroitsla faute que ce traducteur avait faite sur le mot o'Iktiç, dans la version du Commentaire sur la T*^. épitre aux Corinthiens : Quod attinet ad Jîdem benè reddendi Gi'BECai , magis peccatum est ab Aniano , Aretino, et cœleris , quam ab OEcolampadio , qui magis peccat Jestinatione quam imperilid, f^ersionem Francisci Aretini in prioreni ad Corinth. habemus usque ad cap. 3o. Cepigustum quam scitè tractdsset rem , et ecce in ipso slatïm limi-

coni^aincre.

qu'il n'y a ici qu'un seul Prancois Arrlin. ] Proposons d'abord le doute de Panzirole • Liberalibus artihus imbulus non soliim latinis , sed etiani grœtis litleris operam dédisse crediiur, et Joannis Chrysnstomi in D. Joannem et lipistolam primam Pauli ad Corinthios Co'umentnria latinafecisse; vereor tamen ne is sit Accoltus , cum quœ in jure scripsit , illum stylum non oleant , neque ullum seruent linguce grœcœ vestigiunt (5). Puis voyons ce que M. de la Monnoie m'a écrit sur ce doute-là (6). « François Accolti d'A- » rezz,o ayant écrit ses conseils , et ses )) autres ouvrages de jurisprudence , » d'un style qui témoigne non-seule- » ment une entière ignorance du grec, M mais aussi du latin , j'ai douté com- )) me Panzirole que ce tVit ce même » François d'Arezzo qui nous a donné )) des versions du grec , la diction des- « quelles ne cède point à celle de la w plupart des autres humanistes de )> son temps. Je voyais que le juris- » consulte prenait le nom d'Accolti et )> les qualités de docteur et de cheva- » lier, au lieu que l'humaniste était » simplement nommé Franciscus Arc- » tinus. Cependant, ayant eu depuis » peu communication d'un exemplaire » des Epîtres de François Philelphe )) imprimées à Venise, in-folio^ l'aa » i5o2, édition très-rare et plus am- )> pie que les autres de XXI livres , » j'y ai trouvé de quoi revenir de mou » doute, par la lecture de plusieurs » de ces Epîtres , où Fauteur parle » d'un François d'Arezzo son disciple, » savant également dans le droit et )» dans les oelles-lettres. Le temps et )> les circonstances font connaître » évidemment que c'est celui dont

(i) Decas Decadura Joh. Alberti nwn. S.

{1) Dans la remarque (G) de Vartide de ^Léonard) AftSTin.

(3)Erasm., Epise. LIX , Ub. XXVI . pag. 1478. rojet aussi Epistolâ IV , Ub. XXVUI , pag. iSgi.

Fabricii, l4) P''S- 'Sgi.

(5) Paniirol. , de Claris Legum Inlerpret; , iib. II , cap. CllI , pag. 249.

(6) M^ de U Monnoie, hcjBa<'<}ues maniuciit.

ARÉTIN

3) Volaterran , écrivain presque coni> temporain , fait mention à la fin de 3> son XXF. livre. Outre ses compo- 3> sitions de droit , ses traductions de J> saint Chrysostome, des e'pîtres de 3> Phalaris, et de celles de Diogène le 3) Cynique , on lui attribue un Traite }> des Bains de Poussol , dont il n'est 3) pourtant pas auteur, et qu'il n'a » fait que dédier au pape Pie II , par 3> une lettre assez mal conçue. Il avait i) aussi composé un livre de la Vie et i> des Mœurs de saint Antonin , archei> vêque de Florence. Philelphe , let- 3) tre XII du livre XVll, parle de j) cet ouvrage avec éloge. Dans le >j XXVIII*. livre des Lettres du même }> Philelphe il y en a six qui s'adresj> senl F'r/incisco Arretino, Equitiau- ■» rato ne jureconsullo, alors profesi> seur en droit dans l'université de i> Sienne. Il lui donne dans la plupart 3) de ces lettres de grandes louanges , 3) sur lesquelles il y avait bien à rabat- 5> tre. Quasi dubitandum sit, lui dit- 3) il dans la première , minus tibi esse 3) apud /lorentissimam islam Ilemp.

3) secundo omiiia , qui i'ir in omni eru- 3) ditionis ac scipientiœ génère prœstan- 3> tissimus sis , atque ed uirtute prce- 3) diius qud non modo ex hominibus )) hujusce tempestatis nemini cedis, 3) sed potes jure cum unii^ersâ antiqui- 3) late de laude contendere. Parla troi- 3) sième , datée du 8 mars i468 , il pa- 3) raît que François d'Arezzo avait 3) alors un peu plus de cinquante ans j 3) raison dont il se servait pour se dis- 3) penser du mariage. Sur quoi Philel- 3) phe lui dit fort gaillardement : Dlam 3> quod ais sentire te debilitatas tibi 3) esse corporis Mj'/es , cùm sis quinqua- 3) genarius , aut paulo ampUîis , id i> nullâ tibi causa accidit aliâ , quain 3) qubd œtatis robur remiseris , ut quo 3) tempore tendendus erat arcus , tum 3) eum tu maxime relaxaueris. Qnod 3) si eam serinasses mediocritatem , i> quam et philosophi probant , et ego 3) seculus sum, consuiuisscs tu sanèet )) pnsteritati et tibi. Dans la IV. du 3) XXVllP. , il lui demande des nou- » velles de ses études : Cœteriim cu- 33 pio ex te nasse quid rerum agas ?

3) JVon enim salis tuo prœstanti inge- 3) nio , singularique doctrinœ esse dui) en , qutid doceas leges et jus cwile, 3) nnm hcec jam tibi nultius sunt inl7 dustrice , cujus memoria diyina est

potiîis qiihin humana. Majora qucedarn te arbitror medilari , nec enim in codent semper t^ersaris ludo , itaque fieri non polest , quin aliquid nofi semper cudas excudasque. Dans la V*. , il le prie de lui faire copier en parchemin l'Histoire d'Ammien Marcellin. Dans une lettre du XXIX».

livre , il lui propose de faire recevoir à Sienne , aux gages de la république , Démétrius Castrenus d* Constantiuople , pour enseigner le grec à la jeunesse. Dans une autre lettre du XXXI*. livre , il lui donne avis du dessein qu'avait le sénat dé Venise de le tirer de Sienne , et de lui offrir une chaire à Padoue : Ad hœc ego , ajoute- t-il , contra locutus sum, et quœ wera esse no^ni , et quibus te delectari existimai'i, quippe qui non essem oblitus quœ mecum nuper ciim ad octobrem Senœ Jouissent , et de temperamento corporis tui, et de istius cœli ,quantum ad te attinet , intempérie loculusfueras. Ce qu'il y a de surprenant est que dans la même lettre il dit que François d'Arezzo est ennemi du style barbare : Dfec illud sanh prœtereunduni censui , Appianum Alexandrinum esse jam ah me niagnd ex parte latinumfactum, quoniam tu nullâ barbariœ linguddeleclaris. Est-ce donc à l'usage de ce temps -là qu'il faut attribuer les expressions barbares de François d'Arezzo dans ses écrits sur le droit ? Il y a , ce semble , lieu de croire qu'il les affectait exprès , de peur qu'en voulant passer pour un écrivain plus poli , il ne fût estimé moins habile jurisconsulte. J'ai parcouru quelques - uns de ses conseils qui sont la barbarie même. On s'est fort moqué du CXLII* , où , en conséquence de l'accord fait entre François Sforce, duc de Milan, et Louis de Gonzague , marquis de Mantoue, qu'au cas que Dorothée, fille du marquis, se trouvât sans diflbrmité de bosse , ou d'autre défaut, à l'âge de «piatorzeans, le mariage s'en ferait avec Galéas , fils du duc , il soutient (|ue le duc était en droit de demander la visite par des médecins tpii verraient et toucheraient la princesse a un partout où il a])partiendrait , suivant l'exigence du cas. Il paraît cependant que cette visite , toute licheuse qu'elle était

ARÉTIN

» dans l'exécntion , était exigible de » droit : aussi fut-elle demandée par » le duc , mais refusée par le raar- » quis. »

Après avoir examiné ces observations de M. de la Monnoie , je lui pro-

mihique tribnit tantas laudes , quantis vellem me non carcre. At est te , inquis , omni doclrin;! prœstantior. Non eo inficias , neque fero graviter me à multis etiam discipulis meis siiperari , id quod sine aliqnà meâ

posai encore quelque doute; et voici laude fien non poti^^nt s.quidem hi de (ruelle manière il confirma de nou- grati esse vo uere. Ctiltc lettre est du veau son sentiment : rous ne dex'cz i".danUl i465, A peu près dans le nullement douter que François d'A- même temps , J anus Pannomus , qui

étuduiil alors en Italie , adressa une épigramme à notre François d'ylrezzo, dont voici les de

rezzo, traducteur de quelques ouvrages grecs , et François d'Arezzo , jurisconsulte , dont nous avons des Coramientaires sur le Droit , et des Conseils, ne soient un seul et même auteur. Kolaterran , qui pom>ait at^oir l'u le jurisconsulte, lui attribue, outre la science du droit , une grande connaissance des belles-lettres {']). Phile/phe , qui écrivait quelques années auparax'ant , dit la même chose. On voit par les témoignages des épîtres que je uous ai citées , qu'il y m'ait de son temps un Franciscus Aretinus , ou Arretinus , ( comme lui et d'autres écrivent toujours) son disciple, chevalier , jurisconsulte , professeur en droit dans l'université de Sienne, homme excellent en toute sorte de littérature. J'ajoute ce passage k ceux que je vous ai déjà envoyés. Il est de la V''. épltre du XX Vi^. livre, laquelle est une invective contre Léodrisio Crivello : At laudas Franciscum Arretinum , et jure (juidem, sed , ut arbitror, dormitans.

Egisli enim praeter ingenium , et consuetudinem tuam. At meretur Franciscus Arretinus , cùm sit tumjureconsultorum omnium prœstantissirans , tum nuliius prœclarœ disciplinte ignarus. Tamen laudari à te flagitiorum omnium scelerumque sentin;1 , dedecorosum est. Jubés ab illo utdiscam : rectè mones, nara non ab isto solùra, sed etiam abs te ipso , si quid boni afferre posses , non invitus discerem. Sed curquera tantoporè laudas , non item imitaris ? lUe prsedicat apud omnes discipulum se meum extitisse ,

(7) Voici les paroles de Volalerran , h la fin ilu XXI'. livre ,pag. 782. Alexander [molensls, <!t Franciscus Aretimis, ambo Scriptis excellentibusniiperrelirtis in memonâ poleritalis vivent. Franciscus, prœler jura , cœteras etiam libérales arles est adeptus , princeps seculi hujus babebatur. Xisti temporc magnâ expeclatione in liane nrbem venit, paiilùque post spe friistratiis remigravit irapari doclrin» sapienliâ vilseqiie instituto, c'um in cœlibatu vixeril, ac opibus inbiaverit qiiat cuniulatistimaj cogoatit lUmlim rcliquit.

leux premiers vers :

Francisée interpres leguin , 6 j4reùne , Sacrarum , JVec miniis Aoniâ nobilis in cilhard.

Il est donc siîr que ce professeur en droit a Sienne , nommé François d'Arezzn , ou Arélin , était savant dans les belles-lettres : il n'est pas m >ins sdr que le nom de famille de ce même professeur était AccoUi. V^ous pouvez l'en croire lui-même. Ego Franciscus de Accoltis de Aretio , dit-il au bas de son CXVIll*. conseil, Decretorum Doctor , Senis ordinariè legens, et illustris D. Marchionis Estensis Consiliarius, et ad fidem me subscripsi, et meos solito signo signari jussi. Les temps se rapportent, f^olaterran dit que François Arétin , humaniste et jurisconsulte , fut à Rome snus Sixte If^. C'est contre le même Sixte que François Accolti écrivit son CLXIII*.

conseil en faveur de Laurent de Médicis et des Florentins que ce pape avait excommuniés à cause du nteurtre de l'archevêque dePise,et de t'emprisonnement du cardinal son petit-neveu. Volalerran dit que François Arélin étant allé a Rome , pjcin de grandes espérances, en jtartit bientôt, voyant que le succès n'y répondait pas à son attente. D'où, je tire la conséquence que François Accolti , qui est le même que le François Arrétin de Volaterran , se chargea d'autant plus volontiers d'écrire pour les Florentins contre Sixte , qu'il se souvint que ce pape l'avait laissé partir de Rome sans reconnaître son mérite. Peut-être même que c'était dans la vue de quelque dignité ecclésiastique dont il se flattait ( comme on l'a dit du jurisconsulte Jason ) , qu'il n'avait point voulu se marier.

Reste le scrupule de la différence qui se trouve entre la diction d' Arélin, professeur en droit, et celle d'Aretin,

ARÉTIN

irndiicteur. Il est urai que cette différence est énorme. Bien que les t^ersions qu'il nous a données ne soient pas en effet d'une fort exquise latinité , on peut dire néanmoins qu'en comparaison de ses ouvrages de jurisprudence , elle est plus que cicéronienne . Quand il aurait l'oulu foire ce qu'ont foii de certains auteurs qui , pour se dii^ertir, ont écrit en style niacaronique , il n'aurait pas mieux réussi : Siint etiain miilti testes, dit-il, conseil LXXXlll^., qui viderunt aqiiara benè ire ad molendinura , et ipsum benè niolere , et stechariam ]ig;naminis benè in piuicto.

£t conseilXlil : Probattir per duos testes nostros quod ista rauliergessit portaturam capitissecundumhabitumnuptarum à sex annis citra. 7^out le liire est plein de ces fleurettes . L'orthographe des mots tirés du grec y est étrangement défigurée. Ony trouue Economus , emologatiôr, cyrothecae , Grisogonus , eniphitheota. J'ai insinué la raison que ce jurisconsulte avait eue d'en user de la sorte , qui est que ses confrères n'écrivaient , ni ne s'exprimaient pas autrement. Son langage , s'il avait été plus correct , n'aurait pas été entendu des gens du métier. François Arétin ou Accolti , comme il vous plaira , eût pu mieux parler ; mais il aimait l'argent , et s'il sejïtt avisé d^emplnyer un style de Papinien, il se serait morfondu dans son étude , on l'aurait généralement abandonné, La même barbarie régnait alors parmi les théologiens et les médecins.

Ceux d'entre eux qui voulurent les premiers introduire la politesse , n'étaient, disait-on, ni théologiens , ni médecins : ils n'étaient que grammai riens. On n'était pas encore bien revenu de cette prévention , du temps de Louis Privés. Ses paroles méritent d'être rapportées : Quae Lyranus et Hugo scribunt , ( dit-il , livre I*''. de Causis corrupt. Art. ) theologica est ; qux Erasmus , grammatica. Idem de Hieronymo, Ambrosio, Augustino, Hilario dicturi , nisi nomeu obstaret , tametsi hîc etiam nescio quid mussant. Quod si Joannes PicusApologiam suam corrupto ilio non scripsisset sermone , haud quaquàm haberetur tbeologus, sed grammaticus.Alciatus, Zasius , Cantiuncula , grammatici sunt , cùm de jure disputant : Accursius est jurisconsultus, rel cùm inter-

pretatur , que, id est, et : ait , id est, dixi: seu, id est, aut. Ça donc été, monsieur, w ' espèce de nécessité à François A, étin, jurisconsulte, de s'accommoder h Vusage de son temps ; et je pense que ces réflexions jointes aux précédentes , suffiront pour vous persuader qu'il ne diffère de l'humaniste que par l'élocution.

(D) On sera bien aise de savoir la ruse dont il se servit pour apprendre h ses disciples combien il importe de passer pour un honnête homme. ] Il se servit de ce stratagème, après avoir vu que les fréquentes exhortations qu'il leur faisait à conserver une bonne réputation ne servaient de rien :

Ubi ( Ferrariae ) studiosos ad faniam boni nominis conservandam sœpè hortatus cùm nihil proficeret ; ridiculum commentum excogitavit, ut quam vint maximnm habeat existimatio , ostenderet (8) . Les bouchers de Ferrare laissaient les viandes à la boucherie toute la nuit. Il y alla avec son valet , avant le jour, et, ayant rompu leurs caisses , il enleva toutes les viandes. Deux e'coliers , qui passaient pour plus pe'tulans que tous les autres , furent accuses de cette action , et emprisonne's. L'Are'tin fut trouver le duc Hercule , et lui demanda leur liberté, et se chargea de toute la faute. Mais plus il soutenait fermement qu'il l'avait faite, plus croyait-on que les prisonniers en étaient coupables : car personne n'osait soupçonner d'une telle chose un professeur dont la gra» vile et la sagesse étaient si connues.

L'afiaire ayant été enfin terminée , il déclara quel avait été son but. C'était de montrer le poids et l'autorité d'une bonne renommée : Qub constantiîis sefoctiautoremfotebatur, eo magis qui in vinculis erant rei credebantur , ciim ob viri gravilatem nemo id de eo suspicari auderet. lie demiim compositd , id se Aretinus ad demonstrandani hominis bonœ opinionis auctoritatem fociise dixit (9). Personne n'ignore que ceux qui passent pour de grands menteurs ne sont point crus, lors même qu'ils disent la vérité. Il arrive tout le contraire à ceux qui passent pour fort ingénus : on les croit lors même qu'ils mentent. Voyez dans Valère

(8) Paniirol. , de Claris Legum Interprct. , pai;. a5o.

(y) Id-, ibid. ,pag. 25i.

ARÉTIN. o^ç,

Maxime ce que peut la bonne opinion Ce pape avait examiné VAnli-

phonaire d'Arétin , et admiré diverses choses qu'il avait apprises

que l'on a conçue d'un homme (lo)

(E) Son frère se rendit fort illustre sous le nom de Benedictds Accoltus Aretinus.] Il naquit l'an i4i5, et après avoir bien fait ses humanités, il s'appliqua à l'étude de la jurisprudence avec tant d'ardeur qu'il ne tarda guère à parvenir au doctorat : après([uoi, tant par des leçons publiques, que par des consultations (ii) , il se mit au lang des jurisconsultes les plus renommés. 11 ne renonça point aux belles-lettres, et il écrivit des traités qui sont une preuve qu'elles ne lui étaient point indifférentes. Son dialogue de PrœsLantid f^irorum sui œi'i tut imprimé à Parme, l'an 1692, sur le manuscrit que M. Magliabecchi avait fourni. 11 fut premier secrétaire de la république de Florence , les sept dernières années de sa vie. Il mourut à Florence , l'an 1466, ;1gé de cinquante-un ans. Son fils Pierre, grand jurisconsulte , ayant été auditeur de rote pendant vingt-cinq années , fut honoré du chapeau de cardinal par le pape Jules II. Il eut un autre fils , nommé Michel , qui fut père de Benoît Accoltus. Celui-ci fut secrétaire de Clément VII, et puis cardinal (la).

Voyez le Dictionnaire de Moréri , au mot AccoLTi.

(10) Valer. Maximus, lib. Ut , cap. Fil, iium. 8.

(11) /ly en a quelques-unes d'imprime'es.

(12) Tire' de la Vie de Benediclus Accoltus, à la télé du dialogue de Prarstanlià Virorum à<x\ :evi.

ARÉTtN (Gui), moine de l'ordre de saint Benoit , vivait dans le XI°. siècle. Il s'est rendu célèbre pour avoir trouvé une nouvelle méthode d'apprendre la musique. Il publia sur ce sujet un livre qu'il intitula Micrologus , et une lettre , qui a été insérée par le cardinal Baronius dans ses Annales, sous l'an 1022.

Il était âgé de trente-quatre ans , lorsqu'il publia le Micrologus , sous le pontificat de Jean XX; et il avait été déjà trois fois appelé à Rome, par le pape Benoît VIII.

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