‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 61 sur 113 · TOME U · texte numérisé non relu

TOME U

de cet auteur. Voila ce que nous en dit Possevin dans son Apparat {a). Pour dire quelque chose touchant cette invention de Gui Arétin , je dois remarquer que c'est lui qui a trouvé les six notes , ut, re , mi, fa, sol , la. On veut que les noms de ces six notes aient été empruntés d'une hymne qui contient ces vers sapphiques.

VT queant Iaxis Mira gcslorum, SOLve poltutis

RE sonare fibris FAmuli tiiorum , LAbiis realum ^b).

Il n'a fallu pour cela que prendre la première et la sixième syllabe de chaque vers. Il y en a qui prétendent que le mot gamme , si ordinaire dans la musique , est venu de ce que Gui Arétin s'étant servi des premières lettres de l'alphabet pour désigner ou pour coter ses notes , y employa la lettre G , que les grecs appellent ^ammay et qu'il le fit pour marquer que la musique était venue de Grèce (c). Ceux qui lui attribuent un livre contre Bérenger se trompent (A).

(a) Pa§^. 6p4.

(6) Vojez Vossius, de Musice, pag. C^o.

(c) Furelière, aji mot Gamme.

(A) Ceux qui lui attribuent un livre contre Bérenger se trompent. ] Vossius a donné dans cette erreur, et a établi par-là qu'il florissait sous l'empereur Conrad lejeuncj et qu'ainsi ceux qui l'ont placé cent ans après n'ont pas eu raison (i). L'erreur dont je parle ici est venue de ce qu'on a confondu Gui Arétin avec un autre moine nommé Guitmond , qui était du couvent de Saint-Leufred , ordre de saint Benoît , dans le diocèse d'E -

(i) Vossius, de Miisice, pag- ^a,

vieux que d

ARÉTIN

, et qui devint cardinal et ëvê- fait ^ , et qui est cité par Magius 'Aversa en Italie. Ils étaient à ^^^ Laurent Valle était fort de

ses amis , et lui a dëdié ses livres de Latind Elegantiâ (C). Yossius, qui assure qu'il était frère de Charles Arétiri (c) , se tromperait fort, s'il n'en avait point d'autre preuve que les paroles de Volaterran , auquel il semble nous renvoyer. Volaterran ne dit rien de cette fraternité prétendue (D).

Il y a de bons connaisseurs qui croient que Tortellius n'a-

cardinal et évtque d' Aversa ; qu'il vait qu une médiocre littérature ,

peu près contemporains j car Guitmond est mort environ l'an 1080.

C'est lui qui a fait trois livres de Keritate corporis et sanguinis Christi in Eucharistiâ , adversiis Berengarium , qui ont été imprimés à part, et dans la Bibliothèque des Pères (2). La cause que j'assigne de cette erreur est si vraie , que le même Vossius dit expressément , en un autre endroit , qu'en 1070, sous le pontificat de Grégoire Vil , a fleuri Guido , ou Guidraond , natif d'Arezze , patrid Aretinus , premièrement moine dans le monastjsre de Saint-Leufred , au diocèse d'Evreux, en Normandie, et puis

un poste considérable , les beaux esprits de ce temps-là lui donnèrent de grandes louanges , dont quelques-uns ensuite se rétractèrent. Philelphe fut de ce nombre (E). Je dirai ailleurs (d) que Tortellius fut bibliothécaire de Nicolas V.

* Bayle , dit Joly , de même que ceux qui ont parle' des écrits de J. Arélia , a oublié qu'il a traduit quelques F'ies de Plutarque, imprimées à Rome, l^jo, in-tbiio, Paris, l52i , in-folio, Bâle , i5^2, et 1544, i°-fol- Joly cite , d'après la Bil/l. nianuscriptorum nova de Moulfaucon, trois autres ouvrages

renger (3).

(2) Vide Lalibeuin , de Script. ,Ecclesiast. , om. I , pag. 402.

(3) Vossius, de Scient. Mathem., pag. gS.

ARÉTIN (Jean), surnommé Tortellius , passe pour l'un des savans hommes du XV*'. siècle.

Il composa une T^ie de saint Aihanase (A) , à la prière du pa pe Eugène IV. Il fut admis à la confidence de Nicolas V, dont il était camérier (flï). Il était agréable en conversation , et il se distingua glorieusement des autres ^^ J- ^■'é'in ; et il ajoute qu'il croit que c"est , - un autre Jean Arétin, médecin, gui serait

savans ses contemporains, en ne déshonorant pas , comme ils faisaient , par des disputes violentes et injurieuses , la profession des belles-lettres. Il était principalement versé dans la connaissance de la grammaire , comme il le témoigna par son livre de Potestate Litterarum (B). La Bibliothèque de Gesner rapporte les titres de plusieurs autres ouvrages de Tortellius ; mais on y

a oublié un Lexicon , qu'il avait rement que Toilellius ne fit que la

traduire en latin : Divi Alhunasii (a) Jovius, Elogior. cap. CVIH, KHam JL'ugenio expctenti latinamjc-

auteur d'une histoire manuscrite de la médecine (dont parle le père JNiceron , au tome XXV de ses Mémoires) et de deux autres écrits aussi manuscrits, cités par Montfaucon.

{b) Magius , Miscellan. , lib. II, cap.

(c) Vossius, de Hist. Lat., pag. 5yg.

{d) Voyez dans l'une des remarques de l'article IMicolas V, le passage de la I'*. Lettre du livre XXVI de Pliilelplie. [Bayle n'a pas donné d'article à Nicolas V; mais voyez la note ajoutée sur la remarque £.]

(A) // composa une Vie de saint Athanase.] PaulJove insinueassezclai-

ARÉTIN

cit (i). Gesner le dit beaucoup plus Laurent Valle. Voici les paroles de expressément : Alhanasii Alexandii- Gesner : Joannes Toitelluis, natione ni Vitam ad Eugenium ponlijicem in Aretinus , Laurentti F'allœ amicisiilatinum transtuUl ( a )■ Mais Vossius mus , ad quem eleganiiarum linguœ lui attribue en cela beaucoup plus latinœ sex libros perscripsil. Nicolai que la fonction de traducteur : Alha- postmodiim pontificis cnntubernalis " ^ et studiorum ejus inlirnus cornes (6).

Des compilateurs qui, par l'envie de faire un gros livre en peu de temps , ou pour d'autres raisons, ne clierchent jamais hors de la page qu'ils ont sous les yeux l'instruction qui leur est nécessaire , feraient aisément trois grosses fautes , pour peu qu'ils joignissent leurs conjectures à ce texte de Gesner. 1°. Ils diraient que Tortellius a fait six livres des Élégances de la langue latine, et qu'il les a dédiés à Laurent Valle j 2°. qu'il devint après cela domestique du pape Nico-

nasii F'itam ex wariis , Eiigenu postulato , consarcinauit ; et il cite Paul Jove et Volaterran (3). La citation de Paul Jove ne saurait être tout- à fait exacte , comme chacun le peut voir par la confrontation des paroles.

Cellede Volaterran n'est pasplusexacte, car voici ce qu'il a dit : Joannes ( Aretinus ) , cognomento Tortellius , romance ecctesiœ subdiaconus apud Eugenium quarlum fuit- Orlhogiaphiam , vitamque Alhanasii , ac nonnulla alia consciipsit (4). Vossius assure que Wicelius a mis cette vie de saint Athanase dans son Hagiologia. 11 conjecture que Tortellius est l'auteur de la Vie de saint Zenobius , évêque de Florence , insérée dans la compilation de Surius , sous le 25 de mai. La raison de sa conjoncture est

las V, et son homme d'étude, et que ce fut le grand succès de son livre qui lui procura cet honneur j 3". que Nicolas V siégeait l'an 1420; car puisque Gesner met en ce temps-là l'état florissant de Tortellius, et que le sens prise des circonstances du temps , et commun nous dicte que cet état £lode ce que l'auteur de cette Vie a nom rissant doit être placé au temps que

7 — !.;„.. „./.-,,„ ^„..„..„ Tortellius était en faveur auprès de

Nicolas V, il s'ensuit que, selon Gesner , ce pape siégeait au temps que j'ai dit. La vérité est qu'il fut élu l'an 144? ) et que Tortellius était déjà son homme d'étude et son camérier lorsque Laurent Valle lui dédia ses Elégances. Je ne sais ce que veut dire Moréri sur cet article avec sa citation vague de Valère André. Que ne consultait-il Vossius et Paul Jove , qui lui eussent fourni quelque remède contre la maigreur ?

(D) f^ossius le fait frère de Charles Arétin. f^olaterran ne dit rien de cette fraternité prétendue. ] J'ai bien raison de la nommer de la sorte , puisque Tortellius , parlant de Charles et de Léonard d'Arezzo , les qualifie simplement ses compatriotes : A doctissiruis l'iris nostrœ œtatis, dit-il (*' j, et conterraneis mets Leonardo et Curolo Arretinis ; et lorsqu'il fait mention de Charles , il dit toujours : ou Caroliis Arretinus conterraneus meus, ou Carolus noster Arretinus ('''').

(f!) Gesneri Bibliolheca , /o/io 458, ex Tritberaio.

(") Dans la /''. partie de son ouvrage au chapitre de VY grec.

(*^) Dans la II''. partie qui contient les mots par ordre alphabétique.

Joannes archipresbyter Aretinus

(B) Il a témoigné sa connaissance dans la grammaire , par son lii're de Potestate Litterarum.] « Ce que Vola- )) terran appelle Orthographia, Paul » Jove un livre dePolestaleLilterarum, » Gesner Commentarii Linguœ Lati- ■» nœ , et Magius Lexicon , n'est » qu'un seul et même volume de Torj) tellius , en deux parties , dont la » première, qui est fort courte, con- )i tient quelques chapitres sur l'inven- » tion , le nombre , la figure , la n prononciation , et l'assemblage des » lettres de l'alphabet. La seconde , » qui est fort longue , contient un )> catalogue alphabétique des mots « latins , la plupart tirés du grec , » desquels il enseigne ou tâche d'enw seigner l'orthographe (5). »

(C) Laurent P^alle lui a dédié ses livres de Latinâ Elegantiâ.] De la manière que Gesner s'est exprimé , il n'y a personne qui ne jugeât que c'est Tortellius qui a dédie cet ouvrage à

(i) Jovius, Elogiorum cap. CVIII., fS- '^^^■

(2) Gesneri Biblioth., folio 458.

(3) Vossius, de Hist. Lai. pag. 579.

(4) Volaler. , lib. XXI , pag. 773.

(5) M. de la Monooie , remarques manuscrites.

ARÉTIN

Ceci m'a été communiqué par M. de la Monnoie. Rapportons les paroles de Volaterran , et celles de Vossius 5 on verra si le dernier a pu se fonder sur le premier ; Carolus et Joannes Arctini nohilia temporis illius ingénia , quorum aller scriba Florentinforum Leonardo suceessit ; aller Joannes cognomento Tortellius romance ecclesice subdiaconus apud Eugenium quartunifuit (^). Voici ce que Vossius rapporte : Joannes Aretinus cognomento Tortellius Caroli Aretini , qui post Leonardum Aretinum scriba fïorentinorwn fuit , fraler , ronianœ ecclesice subdiaconus apud Eugenium If^..... prœter grande de orthographia i/olumen , etiani ylthanasii f^itani.,..

consarcinai'il , ut prœter Joi'ium auctor est yolalerranus lib. XXI Anthropol. ubi et hosce Aretinos Jratres nobilia illius temporis ingénia appel- Lit (8). Si l'on s'était contenté de dire qu'ils étaient parens , on aurait pu ge fonder sur ces paroles de Philelphe : Putabam Carolum Arretinum rediisse niecunt in gratiam. Ita enini Joannes Arreiinusejus necessarius tuis ^>erbis mihi renunciârat (9) ^ car quoique necessarius se prenne quelquefois

E quorum numéro principatum mihi tenere insus est Joannes Tortellius Aretinus , qui cùm et grœcam et latinam titteraturam nofisse fideri vull, utramque ignorai^isse apertissimè déclarât (10).

(10) M. de la Monnoie in'a fourni ceci.

ARÉTIN (Léonard) est plus connu sous ce nom qui lui a été donné à cause qu'il était d'Arezze , que sous celui de Brunus , ou Bruni , qui était son nom de famille *. Il a été un des plus habiles hommes du XV*. siècle (A). Il apprit le grec sous Émanuel Chrysolore, comme il le raconte lui-même {a); et ayant fait connaître son mérite au pape Innocent VII, il en obtint, quoique jeune , la charge de secrétaire des brefs , de laquelle il s'acquitta dignement sous ce jîontificat, et sous les quatre suivans {b). Il fut ensuite secré-

pour ami intime , Philelphe, cepen- taire de la république de Floren

dant , et la plupart des écrivains de „„ f^\ „+ „™„,.„ 1 j

. I r 1 t • ce f cl , et amassa beaucoup de

ce temps-la ne 1 emploient jamais que i • / .x vî '

dans le sens de parent, ou a allié. Cette observation est de M. de la Monnoie.

( E ) Philelphe fut du nombre de ceux qui se rétractèrent des louanges qu'ils avaient données a J . Aretin. ] Je citerai dans l'article de Nicolas V une lettre de Philelphe, datée du i*".

d'août 1465 , où la littérature latine et grecque de Tortellius est bien louée *. Mais voici ce que le même Philelphe écrivit le 2g de mai 14^3 : f^ideo quosdam nosUœ tempestatis homines , qui cm/m magnum de se quiddam voluerunt in arte grammaticd profiteri, in maximos errores deuenerunt.

(■•j) Volaterranus , lib. XXI , pag. 773.

(8) Vossius, de Hist. Lat., /;a^. 679.

(9) PliilelpVius , Epist. , lib. IX.

" Bayle n'ayant pas donné l'article Nicolas V , voici du moins le passage qu'il avait promis et qu'a transcrit Joly • vir gravis ac diseitus Joannes Tortellius , Arrcliiius , tjiiein profiter erudilionrm lalinm gra!cce(jue titleralurcc , nobilissimco illi sua: Bibliothecœ idem Nicolaus Quinlus prcejeccrat , etc. Cette lettre , dit Joly, «t la prcraicrc du livre XX'VI.

biens (d) , tant parce qu'il vécut dans le célibat (e) , que parce qu'il fut excessivement bon ménager. Il traduisit de grec en latin quelques p^i'es de Plutarque (B) , et la Morale d'Arislote.

11 composa trois livres de la Guerre Punique , qui peuvent servir de supplément à quelquesuns de ceux qui nous manquent de Tite-Live (C). Il composa aussi V Histoire des choses qui se

* Chaiifepié contient quelques particularile's extraites , soit du Poggiana , de Lenfant, soit de sa pre'face de VHisloire du Concile de Pise.

(a) Lcon. Aretinus, llistor. Rer. Italicarum. l'ide etiam Joviuni, Elogior. cap.

(b) Jovius, Elogior. cap. IX.

(c) Leand. All)erti Descript. Italise.

(f/) Jovius, Elogior. cap. IX.

{<■') Yolalcrranus ^ lib. XXI, pag'. 772.

ARÉTTN.

Jlrent de son temps en Italie (D) , celle de la République de Florence, celle de l'ancienne Grèce (E) , et celle des Goths. Mais cette dernière, qui lui fît beaucoup d'honneur , pendant que l'on ignora qu'il n'avait fait que la traduire du grec de Procope , attira sur sa mémoire une espèce d'infamie {f) , dès qu'on sut aj)rès sa mort , par les soins de Christophe Persona *', que Procope , dont il avait supprimé le nom en s'appropriant son travail , était le véritable auteur de cette histoire des Goths (F). Il composa plusieurs autres livres , dont on peut voir le catalogue dans la Bibliothèque de Gesner , et mourut l'an i443 , âgé de soixante - quatorze ans (G) , à Florence , où l'on voit son tombeau de marbre dans l'église de Sainte-Croix [g). Pogge fut un de ceux qui le critiquèrent (H).

M. De la Mare, conseiller au parlement de Dijon , publia en i653 un catalogue des livres de Léonard Arétin , lesquels il avait dessein de faire imprimer.

Je ne pense pas que la chose ait jamais été exécutée *^. J'ai ouï dire , qu'on a trouvé depuis peu , parmi les manuscrits de la bibliothèque d'Oxford , un exemplaire de lettres de Léonard Arétin , où il y a XL lettres qui n'ont jamais été imprimées , et que cela pourra bien donner

(/) Jovius , Elogior. cap. IX et CXVI.

*' Le Journaldes Sai>ans (novembre 1742), remarque que L. Are'tin reconnaît avoir mis Procope à coatribution; que d'ailleurs Pogge l'avait dit avant Persona. C'est au veste encore Vossius qui a induit ici Bayle en erreur.

[g) Idem , ibid. , cap. IX.

*^ Elle ne l'a pas été' quoique La Mare ne soit mort qu'en 1687.

l'envie de travailler à velle édition *.

une nou-

* J.-A. Fabricius donna en 1724 une o'dition des Epîlres de L. Arplin. Elle hissait: encore beaucoup à désirer ; et L. Meliiis en donna une nouvelle édition beaucoup plus ample et plus correcte, et augmentée de deui livres, Florence, 174I1 deux, parties, iii-S' On en rend compte dans le Journal des Savans , de novembre 1742, pag. G60 et suiv.

( A ) // a été un des plus habiles hommes du Xf^^ . siècle. ] Selon Paul Jove , c'est Léonard Arétin qui a le premier rétabli en Italie Téclat de la langue grecque (1). Philelphe lui donne beaucoup d'éloquence, et un grand fonds de génie «ta'crudilion (a). Pogge (3) et Laurent Valla {ff) l'ont mis au-dessus de tous ses contemporains en matière d'éloquence et de science^ mais Floridiis Sabinus le loue un peu plus sobrement , et ne donne pas une idée avantageuse de son latin (5) ^ à quoi Erasme ne s'accorde pas trop mal (6). Enée Silvius loue beaucoup notre Arétin dans sa lettre Ll , et nous apprend que les Florentins avaient conféré sa charge à Pogge. Sur cela , Vossius remarque qu'Enée Silvius et Léandre Albert ne s'accordent pas , celui-ci disant , dans sa Description d'Italie , que Charles Arétin succéda à Léonard dans le secrétariat de la république de Florence. Voyez ci-dessus l'article de ( Charles ) Arétin (7), où nous prouvons par Euée Silvius lui - même , que Léandre Albert a raison.

(B) // a traduit quelques f^ies de Plutarque. '] Savoir : celle de Paul- Emile , celle des deux Gracques, celle de Pyrrhus, celle de Sertorius, celle de Démosthcne , celle de Marc Antoine, et celle de Caton d'Utique (8).

Les imprimeurs ont fait une étrange bévue dans le Dictionnaire de Moréri , en mettant f^ers de Plutarque pour yies de Plutarque.

(i) Joviu!>, Elog. , cap. IX, pag. 27.

(2) Philelplius , Convivioram lib. I , et Epist. ad eitm scripta.

(3) Poggius, in Philelpb. Invect. II.

(4) ^pud Pbilelph. Invect. I , in Vallam.

(5) Flor. Sabin. advers. Calumniat. Ling. Lac.

(6) Erasm. , i'k Ciceron.

(•;) Dans la remarque (B).

(9) Gesner. , in Biblioth.

de là vient que Badius Ascensius a rais le nom de Polybe à la tête de cet ouvrage, dans son édition de Paris (lo),

(D) celle des choses qui se fi-

<>ç)i ARÉTIN,

(C) // a compose trois litres de la GueiTe Punique , qui peuvent sentir

de supplément a Tite-Li^e. ] Les

deux premiers de ces trois livres *' traitent de la première guerre Punique, qui nous manque dans Tite- rent de son temps en Italie. ] Cet ouî.ive ; le troisième traite des désor- vrage commence au schisme qui s'edres où les Carthaginois tombèrent leva contre le pape Urbain VI, en 1378, par la mutinerie des soldats , et par et s'étend jusqu'à la victoire reraporla révolte des peuples 5 comme aussi lëe par les Florentins auprès d'Andc la guerre contre les Gaulois , et glare , l'an i44ocontre ceux d'IIlyrie , toutes choses (E) — celle Ae l'ancienne Grèce.] qui nous manquent dans l'historien Cet ouvrage s'étend depuis le géné- Romain (9). L'Arétin n'a presque fait ralat de Tbéramène et de Thrasyque traduire le grec de Polybe, quoi- bule chez les Athéniens , jusqu'à la qu'il l'a nié dans sa préface *' j et mort d'Epaminondas. C'est comprendre quarante-cinq ou cinquante ans.

(F) On sut , par les soins de Chris

*' te livre d'Arétin est, dans l'édilion de i537, intitulé : Leonardi irelini de belto Punico libri duo , quorum piior bellum v4er Romanes et Carthaginienses priinum conlinel , aller seditionpin mUitis conductUii el populorum Jfricie à CarthagtnierKibuf defeclionem : bellum item Jlljricum et GalUcum. Le premier livre porte pour titre particulier : de bello Punico Uber primus; l'autre: di" bello Carlhaglniensium cum Jfricanis el aliis sociis geslo ; item de Illyrico et ^allico liber secundut. Bayle en donnanl trois livres à l'ouvrage de bello Punico, et en disant que les deux premiers traitent de la première Tuerre Punique, a copié une faute de Vossius qu'il cite plus bas. Cependant Nicéron , tom. i5, pa". 28q, dit : ■< Il y a des éditions oh cette his- « loire est divisée en trois livres. >■

(q) Gesnerus , in BibliotViecâ.

*^ Maittaire [annales Typograph. , tom. IV, paf^. 661 ) che un Polybius historicus de primo „ .

bello Punico , latine , Leonardo Aretino inter- Procope que VoSsiuS devait parler prête, Brescia, 1498, in-folio, qui para.l être le ^.^^^ l'endroit OÙ il s'agissait du plamême ouvrage que celui qur fut imprime en . , ,, . , . r-i t ■ ■ vi î- »

Tsin , et dont le litre est rapporté plus haut, giat de l Aretin. L est amsi qu il faut

Le titre de lélition de 1498 n'annonce point dire , CC me Semble , et UOn paS plariotention de s'approprier le travail d'autrui.

L'édition de i537 ne contient pas de préface ,

du moins dans l'exemplaire que j'ai sous les

yeux. Dans l'édition de la traduction de Tite-Live

(par Berclioire ) faite en i5i5 et probablement

dans la précédente qui est de i486, on a inséré

«ne traduction de l'ouvrage d'Arélin ; et dans le

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