TOME II
(3) Beza, apud Pbilippum Pareom, in VilS Davidis Parei , pag. 5']. Voyet aussi une lettre du même Bèze , parmi celles des ÂrmiaieDs , pag- 26, édit. de Van 1684.
(4) Plillippus Pareus , ibidem.
(5) I". Epître aux Corinthiens, chap. FlJtt, ys. i.
enchantans; c'est ce qui éblouit, c'est ce qui fait perdre terre. C'est na ëcueil dont les jeunes gens , qui ont l'esprit fort subtil, ne peuvent être trop admonestés de se bien donner de garde.
(C) On l'aidait bien calomnié au sujet de son voyage d'Italie.'] Parmi tant de maladies populaires de l'esprit humain , je ne sais s'il y en a de plus blâmables et de plus fécondes en mauvais effets , que la coutume de lâcher la bride aux soupçons. C'est un
(D) Le chagrin de foir sa réputation jflétrie.... affaiblit sa santé et
le fit mourir en 1609.] Il y a beaucoup d'apparence que ce chagrin contribua plus qu'aucune autre chose à sa mort prématurée. Ce fut un mauvais levain qui aigrit les humeurs peccantes , et qui compliqua sa maladie en mille manières. Quiim indomita mali pertinacia ipsi quoque arti ( Medicinse ) faceret opprobrium : allias enim depxa quam ut euelli posset, noua in dies excitabat symptomata.
souvent gemir , et s écrier comme autrefois un prophète , malheur h moi ! ma mère , pourquoi m'auez-uous m.is au monde! etc. Rapportons un long passage de Bertius. 0uid mirum
chemin bien glissant; on y est bientôt fehres , tussim , hypochondriorum ex éloigné du point d'où l'on est parti, tensionem , expirandi difficultatem , On passe facilement d'un premier oppressionem a cibo , laboriosos somsoupcon à un second; on ne s'arrête nos , atrhopiam , arthriiidem , nullamguère à la possibilité ; on court vite que œgro pausam uel requiem cnnceà la probabilité , à la grande vraisem- débat : accessére postea dolores in inblance: et bientôt ce qui ne passait testinis , ilio , et colo , cum obstrucque pour apparent est débité comme tione nerwi optici finistri et ejusdeni certain et incontestable , et l'on fait oculi obfuscatione (8). On l'entendit courir en peu de temps par toute une ville cette prétendue certitude. Les grandes cités sont plus sujettes à ce désordre que les autres. On débita dans Amsterdam qu'Arminius avait baisé les pieds du pape , qu'il avait eu sicommotus fuerit Jamœ suce , salutis
des liaisons avec les jésuites , qu'il * '-' ^- '- — -' - — - - -
s'était fait connaître à Bellarmin , qu'il avait abjuré la religion réformée. Tout cela était faux ; et néanmoins on fit impression par ces mensonges sur l'esprit des magistrats qui entretenaient ce jeune homme. Laissons parler l'auteur de son oraison funèbre.
Inter damna (itineris Italici ponebat ) qubd in ampUssimi senalûs Amsterdamensis offensiunculainob idfactum tune temporis incurrisset, suffundentibus frigidam quibusdam , quos omnino prœstitisset judicia in ipsius reditum suspendere. Hinc ergo sumptd Qccasione , spargebatur in uulgus illum pontificis solearn deosculatum , quem nonnisi in confertd turbd , ut reliqui spectatores , i'idisset ; nec soteat bellua honorem istum nisi regibus ac principibus déferre (6) : jesuitis adsuewisse, quos nunquam audiuisset :
Bellarmino innotuisse, quem. nunquam conspexisset: Religionem orthodoxam abjurasse , pro qud paratus esset ad sanguinis usque proj'usionem decertare (7).
(6) Bertius se trompe ici; il y a desimpies particuliers qui sorti admis à cet honneur.
(7) Bertius , in Orationc funebri Jacobi Armiuii.
et laborum dispendio ; quiim ne firo bono quicquamfamâ sudsit antiquius, neque Christiano salute,nequeS. Théologies doctori petitis ex scripturd demonstrationibus ? Oppressio, inquit Siracides , insanire facit sapientem.
Eadem huic dolorem , ex dolore niorbum conciliawit , ex morbo mortem. O tetruni , et t^iperinum , exque imo tartaro excitatum malum ! Quoties illum ex prophetâ prifatïm etiam cum gemitu exclamantem audivimus l Vae mihi, mater mea , quare genuisti me , virum discordiae in universâ terra ? Nec fœneravi , nec fœneravit mihi quisquam;ettamenomnes maledicnntmihi. Re^'ocauitiameii seipse nd rationis et tranquillitatis septa(Q). On ne peut songer à cela , sans déplorer la vanité des choses humaines. Nous regai'dons la stupidité comme un grand malheur .Les pères qui ont les yeux assez bons pour s'apercevoir de la bêtise de leurs fils, s'affligent extrêmement : ils leur voudraient voir un grand génie, une haute science, et, s'ils'se trouvent dans ce cas-ln, leur joie est presque infinie. C'est bien souvent ignorer ce
(8) Tdem , ihid. , folio **ij verso.
(9) Idem, ibid. ,fol. ** verso.