‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 83 sur 113 · dire , que de lui imputer toutes sortes · texte numérisé non relu

dire , que de lui imputer toutes sortes

accedendum D. Ficanum , et expo- ^^ mauvaises qualités personnelles.il

nendufn intentioneni nostram. L'auteur g^^ç^j^a ^e dessein avec tout l'emporde la Question curieuse dit bien que

..„ .„ Question curieuse dit bien que le père d'iscrin s'était vanti; d'ai'oir eu commission ou permission de son altesse l'évèque de Liège de faire arrêter

(19) Virgil., Mneid., lih. I , vs. 568. (50) Il est rapporte dans la page 228 de la Question curieuse.

(21) Question curieuse , pag. 198.

(22) Là même, pag. 200.

(23) Dans /'Apologie pour les Catlioliques imprimée en 1682.

(24) Inliudé, Préservatif contre lecbaDgement Je religion.

ARNAULD

tement imaginable ; et, se trouvant en train de médire , il n'épargna quoi que ce soit : il se jeta à travers champs à droite et à gauche , pour trouver plus d'occasions de satiriser;

comparaison cloche, car l'Esprit de M. Arnauld n'est point semblable au chei'al de bois , où l'on enferma les principaux capitaines de l'armée (27) j il ressemble a ces l'aisieaux qui , par

et l'on peut dire de lui, sur le chapi- le conseil d' A nnibal , furent pourvus

tre de la médisance , ce que l'on di sait de Voiture sur le chapitre de l'amour : il l'a éïeaàne depuis le sceptre jusqu'à lit houlette , depuis la couronne jusqu'à la cale. M. Arnauld ne trouvant pas à propos de se commettre avec un houime qui se servait de telles armes , prit le parti de se taire absolument par rapport aux réformés 5 et ainsi, ce que toute la société des jésuites n'avait su imaginer , un seul q ministre l'imaç^ina et l'exécuta heu- J

rensfment : je parle du secret de faire taire ce docteur. Ce n'est pas le seul avantage que l'auteur de l'Esprit de M. Arnauld ait retiré de cette satire : il imprima une telle crainte à cent auteurs qui auraient voulu l'attaquer, et à une infinité d'autres personnes à qui il aurait pu se rendre désagréable, qu'ils n'ont osé s'attirer son indignation. Cela ne doit pas tant surprendre \ car enfin , il y a peu de familles à qui l'on ne puisse reprocher Quelque aventure (aS; , ou qui n'ait es ennemis assez malicieux pour l'attaquer par quelque bon conte , lors- ?[u on sait à qui s'adresser pour le aire mettre sous la presse impunément. L'Esprit de M. Arnauld semblait promettre l'impression à toutes les historiettes scandaleuses qu'on enverrait par la poste, soit qu'elles regardassent un simple particulier , comme le prêtre Soulier ; soit (lu'elles regardassent un secrétaire d'état , comme feu M. Colbert.

Je sais qu'un jeune janséniste, considérant l'eflèt de cette satire, comparait M. Arnauld à l'ancienne ville de Troie, dont les plus braves guerriers, ni mille vaisseaux, ne purent venir à bout , et qui succomba par les ruses d'un transfuge , et par un cheval de bois.

Talibus insidiis perjurique arte Sinonii Crédita res , captique doli ....

Quos neqiie Tydides nec Larissœus Achille s , Non anni domuêre decein, non mille carinœ (26J.

Il est irai , ajoutait-il , que cette

(îS) T^es Espagnolt uni ce proverbe. No oy jsneracioa , do no oya puta ô ladroii. (36) Virgil., TEneïd. , Ub. II, vs. igS.

de pots de terre remplis de serpens.

Voyez Cornélius Népos, dans la vie de ce capitaine carthaginois.

(H) On l'a mis de Cassemblee de B our^-Fontaine. ] L'abus de Dupleix à l'égard du père n'est rien en comparaison de la fausseté que M. Filleau, avocat du roi au présidialde Poitiers, publia touchant le fils en l'année 1654 ; car il n'y a nul lieu de douter, u'ii n'ait mis M. Arnauld au nombre es sept docteurs de l'assemblée de

Bourg-Fontaine fa8). Voici ce que c est en peu de mots. M. Filleau , publiant en 1654 une relation juridique de ce qui s'était passé à Poitiers au sujet de la nouvelle doctrine de Jansénius , exposa qu'un ecclésiastique lui avait dit que , dans une conférence que sept personnes eurent à Bourg- Fontaine , l'an 1611 , il fut délibéré des moyens d'anéantir le christianisme 5 que cet ecclésiastique était l'un des sept personnages ^ qu'il avait rompu quelque temps après avec les six autres, dont il ne restait qu'un en vie , et qui étaient ( J. D. V. D. H. ) (C. J.) (P. C.) (P. C.) (A. A.) (S. V.). Par de certaines circonstances dont ce récit est accompagné , et par le caractère de certains livres qu'on fait entendre n'avoir été publiés qu'en exécution des engageraens de Bourg-Fontaine, tout le monde a cru que les lettres du premier nom désignaient Jean du f^ergcr de Hauranne , abbé de Saint-Cyran ; que celles du second désignaient Corneille Jansénius , évêque d'Ipres ; que celles du troisième désignaient Philippe Cospean , docteur de Sorbonne , évêque de Nantes , et puis de Lisieux j que celles du quatrième désignaient Pierre Camus , évêque de Belley ; que celles du cinquième désignaient Antoine Arnauld, dont nous parlons

(27) Hue délecta vinim sortili corpora Jurt\in

Includunl ceeco laleri , penilusque cavernas Ingénies , uterumque armato milite comylent. Virgil. , yEoeid., W. // , vs. 18.

(28) C'est une chartreuse à iG ou l'j lieues de Paris-

4io

ARNAULD

dans cet article; et que celles du relation juridique , que ces lettres dé-

sixièmc désignaient Sirnon Vigor , signent un autre qui est encore en vie,

conseiller au grand conseil. M. Fil- et qui est trop bon ami de M. A rnauld

leau assure qu'il fut résolu dans cette pour lui être inconnu (3i). M. Pascal ,

assemblée d'attaquer les deux sacre- qui travaillait alors aux Provinciales,

mens les plus fréquentés par les adultes, qui sont celui de la pénitence , et celui de ^eucharistie ; et le moyen d^y patvenir fut oui^erl par l'éloignement que l'on en procurerait , non en témoignant aucun dessein de faire en sorte qu'ils fussent moins fréquentés , mais en rendant la pratique si dijfl cde , et accompagnée de circonstances si peu compatibles avec la condition des hommes de ce temps, qu'ils restassent comme innaccessibles , et que dans le non usage , fondé sur ces belles apparences , on en perdit peu à peu la foi. Le public a cru que cela s'adressait à M. Arnauld, à cause de son îivre de la Fre'quente communion , et qu'ainsi M, Filleau n'entendait que lui , par le cinquième de ces dangereux conspirateurs contre la religion chrétienne , marqué (A. A.) (29).

Comme il ne s'agit pas ici d'cxami

pressa vivement les jésuites de nommer le délateur secret de la conférence , les six docteurs qui y avaient assisté, et en particulier celui qui était désigné par les lettres A. A. , et qui , n'étant point M. Arnauld , était trop de ses amis pour ne lui être pas connu 5 mais on laissa tomber ces sommations, etcen'estquedepuis quelques années , qu'un jésuite d'Anvers fort célèbre, a déclaré au public que cet ami de M. Arnauld était son propre frère Arnauld d'Andilli (3a). On a réfuté cela. Voyez la remarque (B) de l'article Armaold d'Andilli.

(I) On l'a fait aller au sabbat."} Je ne sais à laquelle des deux assemblées M. Arnauld aurait mieux aimé se trouver, ou à celle de Bourg-Fontaine, ou à celle dont feu M. de Maupas, évêque d'Evreux, a quelquefois parlé. Il est certain qu'il a assuré a plusieurs

ner la vérité ou la fausseté de cette personnes , qu'il at'ait appris d'un

conspiration , je me contenterai de dire que M. Arnauld traita cela d'un

sorcier converti , qu'il avait vu au sabbat M. Arnauld et une princesse du

des plus, grands excès de calomnie sang {3 j) , et que 31. A rnauld y avait

qu'on ait jamais vus, et qu'en particu- fait une fort belle harangue aux dia-

lier il se justifia invinciblement de blés (34). S'il eût fallu choisir entre

l'accusation qu'on lui avait intentée, ces deux extrémités , et si la baran-

de s'être trouvé à la conférence de ces gue n'eût tendu qu'à exciter les dé-

déistes (3o) ; car il fit voir , qu'étant né en 1612 il n'avait que neuf ans lorsqu'on prétendait qu'elle s'était tenue. Cette justification est si forte, que non-seulement le silence du dénonciateur , mais aussi l'aveu formel d'un de ses amis , fit connaître qu'on n'avait rien à y répliquer. Le père Meynier , prétendant d'ailleurs que la relation de M. Filleau touchant la conférence de Bourg-Fontaine ne conte-

nions à quelque sorte d'amendement de vie , je ne doute pas que ce docteur n'eût mieux aimé avoir harangué au sabbat, qu'avoir opiné dans la chartreuse de Bourg-Fontaine à l'abolition du christianisme, et à la propagation du déisme.

Ce serait abuser de la patience de mes lecteurs, que de les avertir du ridicule de l'historiette que ce prélat a racontée à plusieurs personnes , et

nait rien qui ne ft\t très-positif, avoua c'est une de ces faussetés que M. Argue JU. Arnauld avait donné des preu

ves convaincantes qu'il n'était pas de cette assemblée : mais il se trompe,

(3i) Ze père Meynier dans le livre intilnle. Le Port-Royal et Genève d'intelligence contre

ajoula-t-il, en ce qu'il croit que par le S. Sacrement .le l'Autel, m.;,nm«« i>Pz.,e,.,

ces A. A. on entend Antoine Arnauld Je lui dis de la part de l'auteur de la

(29) Le 1 V. factura pour les parens de Jansénius , pag. ii et 12, montre t/tie c'est lui i/u'on a désigne dans la Kelation juridique.

(30) Dans sa Lcitri^ à un duc et pair, en i655. Voyez aussi la I". partie du IV. factum des pareas de Janséaius.

en i65(i.

(3a) Le pire Haiart , dans sa Réponse au factum pour les parens de Jansénius. Voyez Z'Hist. des Ouvrages des Savans ,yVmec 1688, et la II'. partie du 1V«. factum des parens de Jansénius ,pag. 2.

(33) C'est apparemment la feue duchesse de I,onguevillr.

(34) IV «. factum des parens de Jansénius, pas- 2.

ARNAULD. 4it

nauld ne croit pas qu'on se doive ja- table , que M. Arnnnld auaitfait abraais donner la peine de réfuter. Voici juration de la foi catholique a Bois-leses paroles (35) : L'intérêt de l'hon- Duc, et qu'il s' j était marié (38). La neur peut être regardé en deux nia- plupart de ceux qu'on appelle zélanières ou par rapport h lu calomnie teurs ne craignent rien tant que l'oren soi\ qui d'elle-même serait atroce, thodoxie de ceux qu'ils accusent. Ils ou par rapport h ceux qui, pnwant en ne font pas comme Dieu , qui ne veut être préi^enus , auraient ensuite très- point la mort du pécheur , mais qu'il méchante opinion de la personne ca- se convertisse et qu'il vive . ils yeulomniée. C'est proprement ce dernier lent que leur accusé se pervertisse, rapport qui oblige a s'en défendre ; et ils sont fâches qu'il ne passe pas car quelque énormes qu'elles fussent, dans le parti ennemi , afai de rendre on les pourrait négliger , si elles véritables leurs accusations. Ils aiétaient de telle nature , qu'il n'y edt ment mieux qu'un autre se damne , point de personne sage qui y pût que s'ils passaient pour des calomniaajouter foi. Par exemftle , ce,quejeu leurs insignes. Voyez ce qu'a dit un M. de Maupas , évêque d' Evreux , auteur moderne (Sg). avait dit autrefois, qu'il avait appris (L) On lui a donne la charge d'éd'un sorcier converti, que M. Ar- cuyer du Goliath Pierre Jurieu. ] nauld avait été au sabbat, et que les Ceux qui ont placé M. Arnauld à la diables avaient admiré la harangue tête des Vaudois lui ont fait sans qu'il Y avait faite, était en soi une doute plus de plaisir que ceux qui horrible calomnie ; cependant aurait' l'ont représenté comme l'écuyer du on voulu que, si quelque brouillon Goliath M. Jurieu : c'est ce qu'a fait avait mis cela dans un libelle, ce doc- M. l'évêque de Malaga dans sa Plainte teur se fdt amusé h le réfuter , et que, catholique , en appliquant le mieux faute de le faire , on eut droit de sup- qu'il a pu à ces deux fameux écriposer que c'aurait été l'impuissance vains une pensée de saint Bernard sur de répondre qui l'aurait forcé à se Pierre Abcilard et Arnauld de Bresse taire , et qu'il y aurait donné les (4©) , ce qui lui donne lieu d'employer mains ? cette conclusion : Isti qui modo sur-

(K) On l'a envoyé commander les rexeruntnovusGolias,etejusarmiger, troupes vaudoises."] La fausseté que voi- Peirvs scilicet, et ART:ixhxivs,facilinegoci n'est guère plus vraisemblable que tio exterminabuntur. Le public a vu la précédente, il y a eu des nouvelles la lettre que M. Arnauld a écrite à ce manuscrites qui ont assuré positive- prélat , où il lui montre qu'il faut ment que cet Arnauld qui est à la qu'on ait étrangement surpris son altéle des Vaudois ; est M- Arnauld doc- tesse (40 , puisqu'on lui a fait prenteur de Sorbonne, qu'il s'est enfin Are \q àocXewv Arnauld pour l'écuyer déclaré , et qu'il fait merveille en Sa- de Jurieu , le Goliath des protestons voie , à la tête des troupes du parti contre le parti catholique. Car , pour- (36). Ce serait une métamorphose suit-il , votre altesse aurait - elle ele bien surprenante , si , à Tiige de capable , si elle avait connu cet Arsoixante et dix-huit ans, un docteur nauld, d'une aussi grande faute de de Sorbonne qui n'a jamais fait qu'é- jugement, que de mettre du même tudier , et qui a tant écrit contre les parti les deux ennemis les plus déclarainistres , était devenu lui-même un rés , et de prendre celui qui a soutenu ministre colonel, qui eût pendu la avec zèle la cause de l'église contre plume au croc , pour ne se servir que ce ministre , pour son associé et son du mousquet et du sabre , travaillant confident dans la cruelle guerre qu'it à faire parler des carabins d'Arnuukl

(38) Troisième plainte de M. AriiauU, pfg. 8.

(3c)) Dan< lu Criliqne générale du Calvinisme de Maîrubourg , pag. 584 ^^ ''' seconde édition.

C4o) Le péril Maimboiirg s*e5i fort joué sur la même équivoque d' Arnauld de ïtrewe, diinx sa Décadence de l'Empire; et le père Théophile Kaynaiild a fait un livre intitule : Arnaldus de lirixià redivivus, in Arnaldo de Luletia.

(4i) On le traite ainsi à cause qu'il était fils naturel de Philippe IV, roi d'Espagne.

encore plus qu'un de ses oncles, fort connu des Rochellois, n'en lit parler sous le règne de Louis XIII (37). Feu M. l'évêque de Liège a ouï dire h sa

(35) Tirées du loin. II F de la Morale pratique, chap. XI , png. 257.

(36) Question curieuse, pag. ^.

(37) yoj-ez les Mémoires du .sieur de Pontis.

4i2 ARNAULD.

fait a l'église ? II est certain que les C'est ce que signifient ces paroles de

deux auteurs qu'on a pris , l'un pour l'avertissement au lecteur : Je n'ai

Goliath, 1 autre pour l'ecuyer de Go- pas cru pnuuoir dire la uérité, et ne

liatli, le sont si peu, qu'il n'est pas pas blâmer la conduite de ce uieux

plus faux que M. Arnauld ait assiste à tartufe, que la justice nu roi très-

!a conférence de Bourg-Fontaine , ou au sabbat , ou à l'irruption des Vaudois , qu'il est faux qu'il soit l'ecuyer du Goliath Pierre Jurieu. Rien donc ne saurait être non-seulement plus froid , mais aussi plus éloigné de la vérité , que les allusions trouvées dans le passage de saint Bernard.

C'est ce que le pre'tendu Goliath n'a pas moins reproché à l'auteur de la plainte catholique , que le prétendu écuyer. Si cet évéque auait du bon goût , dit- il (42) , il n'aurait pas f lit rouler ses violentes in^'ectit^es sur de froides allusions des noms d'Arnauld de Bresse et Pierre Abaillard ^ moulant que M. Arnaukl soit le successeur d'Arnauld de Bresse, et le ministre Pierre Jurieu celui de Pierre Abaillard. // n'aurait pas appelé ce ministre le Goliath ennemi de l'église , et ^rnauld son écuyer. Cet Arnauld et ce ministre s'entendent trop mal pour faire partie ensemble ; et de plus , M. Arnauld est bien d'dge , de taille, et de force a être le Goliath , plutôt que l'ecuyer ; aussi le prétend-il bien , et l'on l'eut bien lui en laisser l'honeur.

Je remarquerai ici un petit défaut de mémoire de M. Arnauld 11 s'est plaint (43) qu'après la froide comparaison d'Arnauld de Bresse ai^ec Arnauld de Paris , et de Pierre Abaillard at^ec Pierre Jurieu , on fait dire à M. l'e'vêque de Malaga , que ce docteur est le Goliath du parti , et le ministre son écuyer. Nous avons vu qu'on lui a fait dire tout le contraire.

(M) On a dit qu'il a^'ait t'té banni de France. ] Un docteur de Sorbonne, savoyard de nation (44) > ^ soutenu dans ses Préjugés légitimes contre le jansénisme , imprimés à Genève (45), l'an 1686 , que M. Arnauld avait été chassé de France par ordre du roi.

(4*) Religion des jésuites, pag. Sg.

(43) A la fin du III'. tome de la Morale pratique, pn^. ■773.

(44) Il s'appelle Vabb^ Je Ville. Voyez let Pfouvilles (le l.-i République des Lettres, juillet 1686 , article VIII.

(45) i^ ne faut pas s'arrêter au titre, qui porte à Cologae , chez Abraham du llois.

CHRÉTIEN A RENDU FUGITIF dans la Hollande. 11 est néanmoins certain qu'il s'est retiré hors du royaume volontairement, et l'on n'en saurait douter, après les lettres qu'il écrivit en 16^9 à M. le chancelier le Tellier , et à M. l'archevêque de Paris , imprimées dans le i*"^. tome de l'Esprit de M. Arnauld , l'an 1684: de sorte qu'il est assez étrange que , deux ans après , l'abbé de Ville ait fait paraître qu'il ignorait une vérité exposée aux yeux de tout le monde, daus une satire qui a tant couru. Mais il est encore plus étrange , qu'en l'année 1690, M. Arnauld ait été contraint de faire imprimer ces deux lettres, pour réfuter ceux qui publient partout qu'il est rebelle à son roi, et qu'il a été chassé de France comme un brouillon (46). Je ne crois pas que l'auteur de son Esprit ait débité un moindre mensonge que celui-là , en soutenant qu'il a été chassé de Flandre. Bien que ce bon homme, poursuit-il (47), croye que ses ai'enlures sont fort enterrées , on n'a pas laissé d'apprendre de bonne part , qu'il avait été chassé des Pays- Bas par ordre du gouverneur. Le terme de chasser, dont l'auteur de la Critique générale du Calvinisme s'est servi , est un peu équivoque. Ils ont fait acroire , dit-il (48) , que la maison de M. Arnauld étaitun rendez-vous de mécontens , qu'on y tenait des conférences pleines de cabales et df. factions, qu'on y préparait des mémoires pour la cour de Rome; en un mot, ils ont obtenu tout ce qu'il fallait pour le CHASSER avec le reste de la troupe. Cela ne veut dire sinon qu'ils obtinrent qu'on donnât certains ordres à M. Arnauld , qui furent cause qu'il se choisit une retraite daus les pays étrangers.

(N) On adit... qu'il avait fait l'Apologie pour les catholiques , afin de recouvrer ses bénéfices.'] M. Jurieu s'est fort abusé lorsqu'il a dit que M. Ainauld avait fait l'Apologie pour les ca-

(46) Quest. curieuse, prt^. 212.

(4nl Kspritde M. ArD,iuld, tom. I ypag. BS. (48) (iiiliquc générale du Calviiiisme de ]>Taimboarg , LcUre V-

ARNAULD

tholiques dans la vue d'obtenir son endroits , il tomba sur des choses qui

rappel en l'rance , afin d'y jouir pai- lui firent assez connaître le génie Je ce

siblement Je son bien et de ses béné- niimstre , comme est cette Jolie culom-

Jices (49 ), et que la crainte qu'on ne nie, qu'on laissait lire à Port Royal les

fit conjisquer ses bénéfices l'a engage livres des sociniens à des enfans de

dans quelques démarches. On ne pourrait gutre mieux convaincre ola de faux par une démonstration géométrique que par la déclaration que M. Arnauld a faite publiquement , qu'il n'a aucun bénéfice ^ car il n'entrera jamais dans l'esprit d'aucun homme raisonnable , qu'un docteur aussi jaloux de sa réputation que celuilà , et qui ne peut s'attendre à aucun moyen d'éviter la plus mortifiante de toutes les confusions, en cas qu'il nie faussement qu'il ait quelque bénéfice, en ait quelqu'un , s'il se trouve qu'il le nie dans un écrit imprimé. 11 ne faut donc que jeter les yeux sur ces paroles de M. Arnauld, pour être démonstrativement convaincu du mensonge de son adversaire. La manière séditieuse , dit-il (5o), dont ils aidaient osé parler Jes affaires de ce pays-là ,

qualité de douze ou treize ans, à qui on enseignait les lettres humaines (5a) j et une autre non moins ridicule , quoique moins atroce, que M. Arnauld, qui

n'a aucun bénéfice , ET QUI n'eN A JAMAIS

RECHERCHE, a écrit l Apolngie des catholiques pour consert^er ses ùén'Jîres. Il conclut de là qu'un calomniateur si outré et si déraisonnable , étant indigne de créance , ne méritait aucune réponse , et il n'a depuis rien lu Je ce lii^re ai'ant que i^otre Défense eiit paru, f^oilà ce que je sais d'original (Hi). 11 est donc arrivé à l'auleur de l'Esprit de M. Arnauld ce que les Latins exprimaient par le proverbe, Cantlierius in porta : il a bronché dès le premier pas.

Notez que M. Arnauld avait un canonicat dans l'église cathédrale de Verdun , lorsqu'il commença sa li-

a obligé CambassaJeur de sa Majesté cence , l'an i638 (54); mais il quitta britannique d'obtenir de Messieurs les ce bénéfice un peu avant que de re- Etats la condamnation du plus em- cevoir le degré du diaconat , l'an i64l

porté de leurs libelles , auquel il leur a plu de donner pour titre l'Esprit de M. Arnauld , quoique je sois peut-être le moins mal traité d'un grand nombre de personnes qu^ils y déchirent sans aucun rapport 'a moi , que ridicule ou imaginaire; n'ayant presque rien autre chose à me reprocher que des intentions cachées , fondées soutient sur des faussetés manifestes : comme lorsqu'ils disent que ce n'a été par aucune i'ue de religion que j'ai fait l'Apologie pour les Catholiques, mais par une une d'intérêt , pour ne pas perdre mes bénéfices , MOI QUE TOUT LE MONDE SAIT QUI

n'en ai AUCUN. C'est ainsi qu'il parle dans une lettre datée du 20 d'octobre 1684 '1 '^^ parle pas moins allirmativementdans un ouvrage imprimé en 1689. Pour le lit^re faussement intitulé V Espv'it de M. Arnauld, t7(5i) n'a jamais eu aucune pensée J'y réponJre ; car lui ayant été eni'oyé quelque temps après qu'il parut , en ouvrant l'un et l'autre tome en divers

(49) Esprit de M. Arnauld, loin. I, pag. 34, 36, 44.

(50) Seconde addil. à ('Apologie pour les Catholiques, pag. l!^.

(5() C'est de lui-même que M. Arnauld parle.

( 0 ) On lui a imputé plusieurs livres qu'il n'avait point composés. ] Nous diviserons cette remarque en quatre sections *.

I. Sans avoir égard à Tordre du temps , je donnerai pour la jjremière fausseté en matière d'attributions de livres , celle qui regarde la Perpétuité delà Foi; car cet ouvrage a donné lieu à l'une des plus célèbres disputes qui se soient jamais excitées entre les catholiques romains et les protestans. M. Claude , qui a été le tenant de ceux-ci, en a remporté la plus belle réputation que jamais ministre se soit acquise ; et M. Arnauld ,

(5i) Voyez la Réfulaùon de ce conte dans la DissertatioD de M. Arnauld, sur le prétendu Bonheur de^^ plaisirs des seos , imprime' en 168".

(â'i) Tome III de la Morale pratique , pag. 237, 238.

(.^J Prœfalie Causx Arnaldinse , pag. vii.

(5.SJ Ibidem , pag xix.

* Joly dit qu<> Bayle e.st fort embarrassé par plusieurs ouvrages attribués par les uns à M. Arnauld , et que d'autres nient être sortis de sa plume. Il y avait certes de quoi l'clrc. Au reste Joly renvoie au Dictionnaire de Morr'ri, dans les dernières éditions duquel on trouve uu fort boa catalogue des ouvrages de ce docteur

4i4 ARNAULD.

qui a e'te le principal tenant de ceuxlà , n'a jamais peut-être employé avec plus d'application qu'alors , toutes les forces de son esprit. On a vu de part et d'autre , dans le cours de cette fameuse contestation , tout ce que le génie , l'éloquence , la lecture , la logique peuvent fournir de plus brillant et de plus fort : cliaque parti prétend avoir remporté la victoire sans que les peines incroyables que le Port-Royal s'est données pour faire venir à grands frais un grand nombre d'attestations du Levant, aient près que de rien servi contre la persuasion où étaient les réformés touchant la foi d

ment, que la Perpétuité de la Foi a été imprimée pour la première fois l'an 1671. Je ne dis pas cela sans avoir pris garde que l'on s'est souvent abusé de cette manière , pour n'avoir pas trouvé dans des préfaces la date qui leur convient. Mon édition de la Perpétuité;de la Foi est la quatrième, et de l'an 1666 ; mais je ne laisse pas d'y apprendre la date de la première , parce que j'y trouve au bas de l'extrait du privilège que ce livre a été achevé d'imprimer pour la première fois le i5 de juillet 1664. La publication de la première réponse de M. Claude est de

l'an 1666, ce me semble (58). L'au

es chrétiens de ce pays-là par rapport teur de sa Vie, n'ayant pas cru qu'un

l'eucharistie. L'ignorance qui rè- détail précis des dates fût nécessaire

gne parmi ces chrétiens , le décri de la dans un abrégé , a été cause que les

nation grecque de temps immémorial sur le chapitre de la bonne foi, la vénalité de signature dont on les croit capables (56), etc., énervent à l'égard des protestans les attestations que le Port-Royal a produites. Mais cela n'empêche pas que cette dispute ne puisse être regardée , mettant à part les préjugés de parti , comme une des plus mémorables et des plus glorieuses occupations de M. Arnauld. C'est donc avec raison que j'ai commencé cette remarque par le premier exploit de ce grand combat.

Je voudrais que l'auteur qui nous a donné un bon abrégé de la vie de M. Claude (57), eût marqué avec la deraière précision l'époque de cette guerre , puisque M. Claude n'avait mis aucune date à la préface de son premier livre. Ce défaut de date peut

savans hommes qui font le journal de Leipsick avec beaucoup d'avantage pour la république des lettres , et avec beaucoup de gloire pour leur ville, qu'on peut à bon droit appeler l'Athènes de l'Allemagne , se sont trompés sur le premier écrit de ce ministre. Ils prétendent que sa première réponse à la Perpétuité de la Foi fut imprimée avant qu'il allât servir l'église de Montauban (Sg) 5 mais la vérité est que la première et la seconde ont été imprimées en même temps , après que la première çut couru quatre ou cinq années en manuscrit , et lorsqu'il n'était plus à Montauban. Revenons au fait.

M. de la Devèze n'assure pas que la Perpétuité de la Foi soit un ouvrage de M. Arnauld : il se contente dédire qu'on l'en croit l'auteur. Les journalistes de Leipsick se renferment dans les

tromper beaucoup de gens; car, par ai-//.

exemple , j'ai la première réponse de m^mes bornes (60) ; mais dans le sup-

M. Claude, imprimée à Paris, chez plement de Morori , où l'on a donné

Etienne Lucas , en 1672. Le titre n'ap- "" ^^rt long article de M. Claude , tiré

prend point si c'est la première ou la seconde édition; et dès la première ligne de la préface, je vois qu'il y a^ait enuiron quatre ans que cette dispute était née , et qu'il y avait un an que le manuscrit qu'on avait communiqué en ce temps-là à M. Claude était imprimé. Si je n'ai point d'autres lumières , je me sens presque invinciblement porté à faire ce faux juge-

(56) Voyez ci-dessous la remarque (S).

(57) À.B. R. D. L. D. P. C-esi-à'dire, Abel Rololp de la Devèie, pasteur. Il e'iail ci-devant ministre a Castres . et a présent il l'est à la Haye.

en partie de l'abrégé de sa vie , on assure tout net que M. Arnauld est l'auteur de la Perpétuité de la Foi. Cependant l'opinion la plus commune et la plus probable donne ce livre à M.

Nicolle * , les trois gros volumes de la

(53) C est-a-dire , selon la date anticipée du libraire ; car je crois que le livre parut en j665.

(59) Acta Eruditor. Lipsiens. , an. 1687 , pag'. G59.

(60) Idem, ibidem ; mais, en i683, pag. 44^ « ils Vnjfirment.

* Croirait-on que Leclerc et Joly reprochent à Bayle d'atlrilmer à Arnauld la Perpétuité de la Foi, dont il ne composa , disent-ils, qne l'épitre dédiiatoirc?

Perpétuité défendue à M. Arnaud , et la Réponse générale au second livre de M. Claude à M. Nicolle. La Question curieuse ne dit rien de positif sur cela , parce que Ténumération qu'on y trouve des écrils de MiM. de Port- Royal contre ceux de la religion ne distingue point ceux de M. Nicolle , d'avec ceux de M. Arnauld.

Notez que le premier tome de la Perpétuité défendue fut imprimé Tan 1669 , et que l'auteur ayant hésité pendant un an s'il répondrait au livre de M. Claude , commença à y travailler au mois de janvier 1667 , et

ARNAULD. 4i5

charité et la justice , si on en considère bien le> circuiislances. La seule raison, ajoute-t-il (64) , que vous ayez Je l'en faire auteur est te témoignage d'un homme que vous dites vousmême être indigne de toute créance , et si décrié pour ses mensonges , qu'il n'est capable que de faire douter des vérités les plus claires , quand il les avance.

III. Le journal de Leipsick attribue à M. Arnauld les Préjugés légitimes contre les calvinistes {65). C'est pourtant M. Nicolle qui en est l'auteur , selon l'opinion générale de tous ceux

acheva ce premier volume au mois de qui sont les mieux instruits de ces juin 1668 161). Notez aussi qu'on le sortes de particularités : et c'est à lui donne à M. Arnauld dans quelques- nommément que l'abbé de Ville l'atunes des approbations qui se voient tribue (66) , dans la préface du livre à la tête de l'ouvrage. Cela doit ôter dont j'ai fait mention ci-dessus , oii toute incertitude. il rétorque contre M.\l. de Port-Pioyal II. L'auteur de l'Esprit de M. Ar- les Préjugés dont ils se sont servis nauld attribue à ce docteur le second contre la réforme. La preuve dont volume de la Morale pratique , mais il se servent M.VI. de Leipsick , n'est pas n'en donne aucune raison. M. Arnauld bonne ; car bien que l'é^êque de Conl'a démenti publiquement. Il est cer- dom et eelui de Grenoble, donnent tain , a-t-il dit (62) , que M. Arnauld leur approbation par un même acte n'est point auteur de la Morale prali- aux Préjugés légitimes , et à trois que. Les jésuites ne la lui attribuent... autres livres dont l'un est constamque sur la foi de M. Jurieu, cet hom- ment de M. Arnauld, ils ne prétende si décrié par ses faussetés et ses dent pas que les autres le soient aussi. mensonges , et qui n'impute cette Mo- On les a joints ensemble , parce qu'ils

"aie h lu. Arnauld , que comme il fait beaucoup d'autres pièces , auxquelles tout le monde sait qu'il n'a pas eu la moindre part. L'accusateur ne s'est pas mis en devoir depuis ce temps-là de justifier ce qu'il avait dit ; Téipiité veut donc qu'on juge que c'est une fausse imputation. 11 faut bien que 'es preuves en soient difliciles à donner , puisque M. l'évèque de Malaga n'en parle qu'en doutant , sur la seule autorité de II. Jurieu. Modo «ttARNALDUs, dit-il (63), «« innuitVs.Tv.vs JoRiEn in suo Sfiritc. L'auteur delà Défense des nouveaux Chrétiens, qu'on croit être le père le Tellier , l'une des meilleures plumes de l'ordre , a été plus décisif que le prélat, quoiqu'il ne paraisse pas avoir d'autre caution que M. Jurieu. C'est pour cela que M. Arnauld lui fait une rude réprimande , et qu'il l'accuse d'un jugement téméraire , qui blesse le plus la

(61) Voyez sa préface.

(62) LeUrc d'uo Tbéol. sur la Déf. des nouv. Clirélieas, pag. 3.

(G3) ^'alholic. Queriiu. , pag. io3. «

étaient sortis tous quatre de Port- Royal presque en même temps. Ces quatre livres sont les Préjugés légitimes , la Réponse générale à AI. Claude , le Renversement de la Morale , et le second tome de la Perpétuité défendue.

IV. On a imprimé à Anvers (67) , en 1689 , la Défense de l'église contre le livre de M. Claude intitulé la Défense de la Réformation. Les journalistes de Leipsick conjecturent ((ue c'est un ouvrage de M. Arnauld (68) :, mais il vient d'une autre main, savoir du père d'Antecourt , religieux de Sainte - Geneviève , chancelier

3fi.

(64) Tom. III de la Morale pratique, pag.

(65) ActaErnditor.,Lips.,<in;i. i683, /Jflg-. 4-^8. 45o ; et dans /'Index, pag. 56i , ann. i6go , pag. i8, SgS.

(66 II le nomme mal Nicol. Quel'on attribue justement, dil-il, à M. Nicol , un des plus polii écrivains de Port-Royal.

(67) Le litre porte : à Cologne , chez Pierre Marteau

(68) Acta Erudilor. Lipsiens., ann. 1690. pag^ 18, et dansV Inieti, pag. 611.

4>6 ARNAULD

de l'université de Paris, comme )> dans la décision des dogmes, elle l'est

nous l'apprend un excellent journa- » aussidans la décision de ces sortes de

Jiste (69). » Jails qui s' ensun^ent nécessairement

Je passe sous silence une erreur du " des dogmes, eiqui sont les mnyensné-

jésuite Papebroch ; c'est celle d'attri- " cessaires par lesquels elle an iue a la

buer à M. Arnauld les livres qui ont " connaissance des t^éntés de foi. Tout

paru sous le nom de Pétrus Aurélius. >' celaestde M. Arnauld. «Voilà qui est

Petrus aurélius t^ero nomine est u4n- net et précis. On affirme positivement

tonius ^rnaldus(']o). Je ne sais que que l'Apologie des Religieuses, et la

dire à l'égard d'un fait que j'ai trouvé réfutation d'un livre du père Annat ,

dans une pièce volante (71) , intitulée sont deux ouvrages de notre docteur.

Défense du Mandement de Monsei- Je ne prétends pas le nier, quoique

gneur l'ti'êque d'^^rras , du 3o dé- d'une part le style de l'Apologie me

cenibre 1697, contre un libelle in- paraisse plus châtié que le sien, et

titulé , Ancienne Hérésie des jésuites de l'autre moins vif, moinsimpétueux,

renouvelée , etc. L'auteur de cette Cette Apologie est un assez gros in-

défense prétend prouver que les jan- quarto divisé en IV parties , imprimé

sénistes ont reconnu l'autorité de l'É- l'an i665. Notez en passant le sort

glise à l'égard de la détermination du des disputes : il n'arrive presque ja-

sens d'un ouvrage; et voici ce qu'il mais, en soutenant une opinion , que

dit dans la page 24. « De plusieurs l'on ait une entière liberté de se ser-

» que je pourrais produire, je me virdemaxiraespurement universelles.

i> contenterai d'un seul qui peut tenir On a quelques autres sentimens à raé-

3> lieu de tous les autres. C'est M. Ar- nager, qui obligent à des restrictions,

}> nauld, le chef et l'oracle du jansé- mais c'est une gène très-incommode 5

)> nisme. Après avoir enchéri dans la car votre adversaire se prévaut de ce

3) quatrième partie de l'Apologie pour que vous exceptez. Cela lui fournit

}> les religieuses de Port-Royal sur J> tout ce qui avait été dit jus(|ue-là }> contre l'infaillibilité de l'Eglise à 3» l'égard du sens des livres , enfin 3) dans un nouvel ouvrage , fait pour 5' soutenir cette apologie même et 5) d'autres de ses écrits, réduit à ne 3) pouvoir autrement se défendre du i) reproche qu'on lui faisait, que ses 3) raisonnemens allaient à détruire 3> la certitude delà tradition, il se vit

des argumens ad hominem, et de fort grands avantages, et c'est presque toujours par-là qu'il se relève de sa chute, après qu'on l'a terrassé. Les

Jansénistes en sont un exemple dans 'Apologie du Mandement de M. d'Arras. Je voudrais bien voir comment ils s'en tireront. Chaque parti souflVe dans cette matière. On ne peut point soutenir l'infaillibilité de l'Église à l'égard des faits ; et , à moins que de

3) contraint de faire malgré lui cet l'admettre, on s'expose à mille incon-

» aveu important et décisif, qui rui 3) nait en peu de lignes ses travaux de 3) tant d'années. Il y a de certains 3) Jaits , dit cet écrivain (*) , dont on 3) conclut nécessairement la vérité 3> d'une doctrine , et ce sont ceux qui 3) contiennent la tradition de l'église. » Par exemple , il s'ensuit de ce que » tes pères ont enseigné unanimement » une doctrine comme de foi, que cette 3> doctrine est de foi... et ainsi, il est

veniens. Quant au livre des Deux chefs qui n'en font qu'un , j'en parlerai en quelque autre endroit. C'est un ouvrage que l'on donne faussement à M. Arnauld : j'ai trouvé cette imputation dans un écrit anonyme, imprimé l'an 1688, et qui passe pour être du père le Tellier. Il a pour titre , Lettre apologétique pour M. Arnauld , etc. On aurait plus de raison de dire que le dogme même des deux

3> clair que l'église étant infaillible chefs qui n'en font qu'un , a été soutenu par ce docteur de Sorbonne dans lapréfacedu livre de la FréquenteCommunion ; mais cela même demande quel(|ucs éclaircissemens. Voyez l'Histoire abrégée de sa vie (72).

(P) On a imputé son silence h un&

(6q) Hist. des Ouvrages des Savans, août 1689, pag. 541 , septembre 1689, pag. 34.

(70) Papebroch. F.liiciil. Hisl. Actor. , in controvcrsiîï C'armelitanâ^ P^g' i^^-

(71) Imprimi'e a Cologne, chez Vandliuning, a la Palme , en iCg8 ; elle contient 5o pages in-i2.

(") Réfut.du livre du père Annal, etc.,^a;^.5.

(73) Pag. 85 et tuivanies.

ARNAULD

fausse raison.^ Les difficultés propo- silence, par rapport au père le Telse'es à M. Steyaert font voir que Tau- lier (77) , ont satisfait peu de gens.

teur du f^oyai^e du Monde de Descartes * n'a pas consulte' exactement l'époque de la (luerelle de M. Arnauld et du père Mallebranche, quaad il a dit que le premier s'y engagea , afin d'avoir un prétexte de ne pas répondre à deux livres qui avaient paru contre lui , l'un composé par uu ministre , l'autre composé par un jésuite. Il faut avouer que le public n'est pas encore trop bien revenu de l'élonnement que lui donnèrent les premières années du silence de ce docteur à l'égard de ces deux livres ; mais il est certain , quoi qu'en dise le voyageur subtil et poli de ce nouveau Monde . que la partie était liée avec le père Mallebranche , avant que l'Esprit de M. Arnauld et les Observations du père le Tellier eussent paru (73), Je ne dois pas dissimuler que les raisons que M- Arnauld a données de son silence ont plu à quelques personnes ^ mais il s'en faut beaucoup qu'elles aient plu à tous les lecteurs. J'ai déjà rapporté un (74) passage qui concerne ces raisons (75); en voici un autre : « Et quant à M. Jurieu, il » s'est rendu si fameux dans toute » l'Europe par ses médisances et ses » calomnies , qu'il n'est plus capable )) de faire du mal à ceux qu'il déchire. » Je sais que deux diverses personnes , » tous deux proleslans , en ont écrit à M M. Arnauld, comme d'un homme M décrié parmi les siens, et dont les » eraporteraens leur faisaient honte ^ » et qu'ils se sont oflérts de lui en- » voyer des mémoires qui le feraient M connaître pour tel qu'il est. Mais » on ne s'étonne pas que M. Arnauld ne » les ait pas pris au mot, et qu'il n'ait » pas voulu perdre le temps à écrire M contre un homme qui n'est fort » qu'en injureseten médisances(76).w Il produit tout incontinent qitelc[ues faits , qu'il prétend n'être que des calomnies atroces publiées par ce ministre. Les raisons , qu'il donne de son

* Le père Daniel.

(■73) Voyez les Difficultés proposées à M. Steyaerl, part. VI , pag. Sg, et suivantes.

(•;4) Ci-dessus, citation (53).

(n5) Il est a la page 23'^ du III'. tome de la Morale pratique. Koyei aussi la page 36i.

(76) Dissertation sur le prétendu bonheur Ae^ pllisirs des sens, pag. 12.

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