‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 85 sur 113 · JONAS · texte numérisé non relu

JONAS

ARNISiEUS(HENNiNGUs), natif d'Halberstad , et professeur en médecine dans l'académie deHelmstad , a été un philosophe et un médecin fort estimé vers le commencement du XVI F. siècle.

On fait beaucoup de cas de ses ouvrages de politique , oii il établit un dogme directement opposé à celui d'Allhusius (A). H fut appelé en Daneinarck , et s'y transporta , et y eut le grade de

ARNTS^US.

conseiller et de médecin du roi (a). L'académie de Helmstad perdit beaucoup par cette retraite (B). On a débité faussement qu'il fut professeur à lëne (C) , et qu'il laissa sa bibliothèque à l'académie de ce lieu-là. On au-

rait pu dire , sans se tromper , qu'il fit des leçons dans l'académie de Francfort-sur-l'Oder , avant que d'en faire dans celle de Helmstad (b). Il avait voyagé en France et en Angleterre (c). Il mourut au mois de novembre i635 (d). Je donne les titres de plusieurs de ses ouvrages (D).

(a) Witte , in Diario Bio^. ad anit. l635. (i) ArniscEUS, prœf. lib. de Jure Majestatis. (c) Idem, ibid.

{d) Witte, Diarium Biograph. ad aniiHm i635.

(A) // établit dans ses ouvrages de politique un dogme directement opposé à celui d'Allhusius (i). ] Car il soutenait que l'antorité des princes ne doit jamais être violée par le peuple. Voyez son livre de Auihoritate Principum in Populum seniper inuiolabili , imprimé à Francfort, l'an 1613. Voyez aussi ses trois livres de Jure Majestatis , imprimés au même lieu, l'an 1610 , et ses Relecliones Polit icœ , imprimées aussi à Francfort, l'an 161 5. 11 n'acheva point ce dernier ouvrage , qui d'ailleurs a paru très-beau. Opus prœclarum, sed imperfectum (2). Il a donné un catalogue de ceux qui ont soutenu que la souveraineté appartient au peuple , dogme qui , au jugement de Boeclerus , est très-pernicieux, et le pivot des rébellions : A fatah hoc

et pestilenti errore suspensa est

omnis illa rebellandi liccntia quam f^ariis l'OcabuUs prœscribunt (3). Boeclerus ajoute que c'est une chose déplorable qu'il y ait de très-grands hommes dans cette liste ^ et il mar-

(i) Voyez l'article <l'Ki.T:nvi\vs.

(2) Bosius , de ComparanJâ Priidentiâ civill , nam. 20. .

(3) Borclerus in f'.rot. de Jure Belli el Pacj!, lib. I , c,ip. m , num. a, pas- ^ïG-

que les diffe'rentcâ passions qui les ont poussés de ce cote-là : Patronos et prœcones nej'ariœ phllnsnphiœ recensuit Arnisaeus principio libri de Auctoritate Principum in Populiim setnper inviolabiii. Fuisse in illis magnns l'iros , dolendutn : quorum aliquns animus arro^ans , elatus , indomitus , ad fingendam et pingendam libertatcm sloïco supercilio forte impulerit : alios metus oppressionis et tyrannldis eo ei'ibraverit , ut potestatem ciuilem benc cnnslitutnm negnrtnt, nisi populo subjiciatur : nonnullis commentitiœ sapienllœ species placuerit , ut tali tanquani teiriculamenlo reges, né in tyrannidern eluberen' tur, retentatos cuperent (4)- Si Ton faisait un tel catalogue la présente année 1699, il serait beaucoup plus long; car le dogme de la supériorité du peuple est devenu à la mode depuis quelque temps. Grotius loue beaucoup un ouvrage politique d'Arnis.-eus (5).

(B) L'académie de Helmstad perdit beaucoup par la retraite d' Arnisœus.'\ C'est ce que te'moigne Conringius , qui le qualifie œternum Juliœ academiœ et incomparabile nrnamentum (6). f^ir incomparabilis , dit-il en un autre livre (7) , à quo civilis philosophia in academiâ Juliâ ut alibi nusquam , fuit excidta , et simul imperii quoque ut aliarum rerumpublicaruni l'eterum recentiumque historia , etiamsi spantm quldem , accuratè tamen satis est inculcala.. ., illius in Daniam discessu simul ulrumque hoc studiorum genus fuerit heic quasi cnnsepultum.

(C) On a débité faussement qu'il fut professeur à lène.] Cela se trouve dans une e'dition d'un écrit de Bosius de Comparandd Prudentid civili. Mais cette e'dition fut désavoue'e par la veuve de Bosius. Voyez l'avertissement qu'elle fit mettre au-devant du même livre , quand elle le fit imprimer exempt des fautes qui le défiguraient dans l'édition précédente.

(D) f^uici les titres de plusieurs de ses ouvrages. ] Outre les traités de politique dont j'ai déjà fait mention (8),

(/,) Tdem,ibid.

(5) Grotius , de Imperio sumuiar. Potestat. circa sacra , cap. III , num. 8.

(6) CoDring., de civili Prudenlià , cap. XIV.

(7) Iilnn, in Dedicat. Exercilal. de Repub . Imperii German.

(8) Dans la remarque (k).

ARNOBE. 47.7

il fit un livre deSubjectione et Exemptione Clericorum ; un autre de Potestate temporali Pontificis in principes y un autre de Trans/atione Imperii romani ; un autre de Republicd ; un autre de Jure connubiorum (g) ; un autre qui a pour titre Doctriiui politica in genuinani methodum quœ est ylristolelis , reducta , et ex probatissimis quibusque philosnphis , oraloribus , jurisconsultis , historicis , etc. , breuiler comportata et explicata. J'ai vu cet ouvrage de l'édition d'Amsterdam , en 1643 : il est très-docte et très-solide. Il écrivit aussi sur la médecine : ses Obser^'ationes aliquot anatomicœ furent imprimées à Francfort, l'an i6io, iu-4"- Sa dispute de Lue uenered cognoscendd et curandd, le fut à Oppenlieira , en la même année, in-4° (lo). Je ne sais point la date de la première édition de ses Disquisiiinnes de parlas' humani legitimis terminis , ni de ses livres de Prœseri'atione h peste , de hydropum Essenlid cl Curatione , de Apoplexid et Epilepsid cognoscendis et curandis (n). Quant à ses écrits de philosophie , il faut savoir qu'il fit des Notes sur la Logique de Crellius j Epitome metaphysices ad mentem ^ristotelis , de Constltulione et partibus metaphysicœ ; f^indicice pro Aristoiele de subjecto metaphysicœ et nnturd entis ; Disputatlones vin metaphysicœ ; Epitome doctrinœ physicœ.

(9) Vo\e%le Diarium Biograph. de Witte , ai ann. i635.

(10) Voyei Lindenius reno%'atas, pag. Sgo.

(11) Witte, Diaram Biograph. ad ann. i635.

ARNOBE , professeur en rliétorique à Sicca , dans la Numidie , vers la fin du IIP. siècle , fut attiré par des songes à ia profession du christianisme (a). II s'adressa aux évêques , pour leur demander son admission à l'Eglise : mais comme ils se souvenaient de la véhémence avec laquelle il avait toujours combattu la vraie foi , ils se défièrent de lui; et avant que de l'admettre au nombre des catéchumènes , ils voulurent qu'il donnât des

(a) Voyez la remarque (A) .

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