‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 86 sur 113 · ARN · texte numérisé non relu

ARN

preuves de ses bonnes intentions (A). Pour les satisfaire , il écrivit un ouvrage contre les gentils *, oii il réfuta très-fortement les absurdités de leur religion , et le ridicule de leurs faux dieux.

Il y employa toutes les fleurs de sa l'hétorique , et y débita beaucoup de littérature; mais comme il avait une louable impatience d'être agrégé au corps des fidèles , il se hâta un peu trop en composant son ouvrage (B) : de là vient que l'ordre et la belle économie n'y paraissent pas avec toute la justesse qu'il serait à souhaiter. Le pis est que n'ayant pas une connaissance fort exacte de la vérité chrétienne , il débita des erreurs très-dangereuses (C).

On ne sait point ce qu'il fit depuis , ni en quel temps il mourut. Son ouvrage contient sept livres , et non pas huit , comme ou l'a cru pendant quelque temps (D). Il a été commenté par de savans hoiumes , et imprimé plusieurs fois (E).

* L'article que contient le Dictionnaire de Chaufepié , donne quelques remarques sur les sept livres Adverslis gentiles.

(A) Ai'ant que de l'admettre au nom- Irc des cathécumènes , les éi'éques l'oulurent qu'il donnât des preut^es de SCS bonnes intentions.'] C'est saint Jérôme qui nous apprend ces particularités. Arnohius , dit-il (i) , rketor clams in j4fricd habetur : qui quiim in cit'itale Aiccœ ad declamandum jui'enes erudiret , et adhuc eihnicus ad creduiuateni somniis compelleretur , neque ab episcopo impetraret fuient quant stfmper impugnai'eral , elucuLrat^it adfei siis prislinaru reliqioneni luculentissimos lihros, et tandem i^elut quibusdani obsidibus pietatis foedus impetral'it. Ou le ref^arda comme un ennemi qui voulait faire un traite de paix; mais, avant que de conclure, on voulut avoir des garans de l'observation

(i) Hicronymiis , in CUronico Euscbii , ad aimuin 2 , oljmp. Ï76.

OBE.

de sa parole. On lui demanda des otages , il en donna : ce furent sept invectives contre les païens. Après cela il fut regarde' comme un bon frère , et il fut reçu à la paix de l'Eglise.

(B) Il se hdta un peu trop en composant son cuivrage. ] Commentons ceci par un passage de Baronius. Qund ce/ô opus illud, ut interjîdeles admitteretur , quasi fidei suce uadem festinus absolvit; hinc plané est quôd in eo (ut ait Hieronymus) fuisse visus est inœqualis et nimius , et absque operis sui parlitione confusus. Rursùm wero quod nondùm plenè esset scientiâ reruni chrislianarum imbutus , utpoîè cîim non soliim non fuerit baptismate illustratus, sed nec in Écclesiam inter cathecumenos acceptus (2) ; i^eniâ dig nus est , si aliquibus nœuis i^isus eit commentarius ille esse respersus (3).

(C) // débita des erreurs très-dangereuses, j Nous venons de voir que Baronius attribue l'hétérodoxie , qui se rencontre dans les sept livres d'Arnobe , à la précipitation avec laquelle ils furent écrits ; car l'auteur ne put attendre à les faire qu'il eût eu le temps de se bien instruire de tous les points de la foi chrétienne. L'annaliste veut qu'on excuse les erreurs d'Arnobe : il les représente comme de petits défauts ; mais il est sûr que l'Inquisition ferait aujourd'hui brûler tous ceux qui débiteraient de telles doctrines. Je consens que l'on ait de l'indulgence pour la personne d'Arnobe; il n'en est pas moins vrai que ses sentimens sur l'origine de l'âme , et sur la cause du mal physique, et sur quelques autres matières capitales, sont très -pernicieux. Je l'ai remarqué ailleurs (4). H aurait pu dire à l'égard de nos mystères ce que Perse avoue àl'égard de la poésie, qu'il se mêlait d'en parler avant que de les connaître :

Nec Junte lahra prolui Cahallmo ,

JVec in bicipiti sommasse Parnasso

Memini , ut repente sic poêla prodirem.

Tirliconidasi/ue , pallidamque Prrenen

lUis remillo, quorum imagines lambunt

Hederœ sequaces. Ipse semipaganus

Ad sacra Valuni carmtn ajf'ero noslrum (5).

(2) M. du Pin n'est pas de ce sentiment. Il composa , dit-il, BiMioth. des Auteurs ecclés. , lom- I, pag. ao3 , lorsqu'il n'était encore que catécbuuiène , sept livres.

(3) Baron. , ad ann. S02, nwn. 67, pai^. 788.

(4) Cvnstdici la Table de ce Dictionnaire, au mot Arnolie.

(5,! Tsisius , in Piologo.

ARNOBE

Voici le jugement de M. du Pin. « Il » paraît qu'il n'était pas encore tout- » à-fait instruit des mystères de notre » religion. 11 attaque avec beaucoup » plus d'adresse la religion des païens , « qu'il ne défend celle des chrétiens.

3) 11 découvre plus heureusement la w folie du paganisme , qu'il ne prouve M solidement la vérité du christia- » nisme. Mais il ne faut pas s'en éton- M ner ; car c'est l'ordinaire de tous les M nouveaux convertis , qui , étant ■n encore pleins de leur religion , en » connaissent mieux les défauts , et la M faiblesse , qu'ils ne savent les preu- » ves et l'excellence de celle qu'ils i) embrassent (6). » Je ne vois personne qui parle aussi faiblement des erreurs d'Arnobe, que M. Cave. Il dit que peut-être ce sont des doctrines un peu éloignées de la vraie foi. Dogmata quœdani habel forsan minus calholica, quœhomini è gentilium tenebris recens eruinpenli et noiidùm chrislianœ Jidei elementis salis instructo condonanda sunt (7). C'est pousser la tolérance beaucoup plus loin qu'on ne l'a fait dans la préface de l'édition de Leyde en i65i, où l'on se contente de dire qu'Arnobe s'écarte un peu de l'orthodoxie. Aliis in locis a weritate chrisiiand nounihil recedit , sed hoc coiidonandum illi qui ex Etlinicismi tenebris recens ad weritatem christ ianam perfenerat. Idem huic autori euenit , quod iis solet, qui ex carcere tenebricoso in lucem perducti i'isutn adhuc dubium habent (8). Encore un coup , excusons ce père ; mais ne soyons pas assez simples , pour qualifier obligeamment petites erreurs les dogmes qu'il a débités. Ils méritent, quand on les considère en eux-mêmes , tous les mêmes titres qu'on leur donnerait aujourd'hui, si quelque docteur

ture selon les lieux et les temps : elle est une monstrueuse hérésie, selon le sujet où elle se trouve , et selon le siècle oit elle règne. On l'oit des preuves de cette iniquité de AI. Jurieu dans toutes ses disputes contre les sectaires d'aujourdhui, auxquels il ne pardonne rien , pendant qu'il porte l indulgence et la tolérance pour lespèresjusqu'à un

excès prodigieux (9). Le respect,

que nous ai'ons pour les personnes , ne doit pas nous faire respecter leurs erreurs , quand elles sont capitales. Dans une semblable occasion, on doit appeler scapham scapham , et ligonem ligonera. M. Jurieu veut bien excuser les erreurs d'Origène , à cause de son grand zèle j mais si cpielqu'un nous venait aujourd'hui débiter les rêveries de cet ancien, M. Jurieu ne se croirait obligé à aucun support. Si ces rêveries sont des hérésies et des impiétés , qui changent l'enfer en un purgatoire , et qui anéantissent par ce moyen la crainte des peines éternelles , et la crainte de Dieu , pourquoi les doit - on

supporter dans Origène? (10). La

mollesse avec laquelle M. Jurieu parle des erreurs de saint Hilaire et de saint Jérôme, n'est assurément pas édifiante.

Il les excuse, et dit que ce sont des bévues et des négligences. Mais si un théologien de ce siècle s'allait mettre dans l'esprit de soutenir les mêmes opinions, M. Jurieu se croirait obligé de les appeler des extravagances et des impiétés. Quelle iniquité criante!

Les mêmes choses , qui sont des extra' vagances et des impiétés dans notre siècle , ne sont que des bévues et des négligences excusables au //^*. siècle. Pourquoi cela (11)? Cet auteur prétend connaître la source de ce double poids. Écoutons - le encore.

M. Jurieu leur pardonne , connue des

les avançait. Il faut convenir sans chi- fautes fort légères et fort minces, des cane, qu'un auteur moderne avait erreurs qui, dans les gens de notre fait là-dessus de bonnes leçons à son siècle , sont des hérésies infernales. censeur. Ecoutons-le. M. Jurieu pèse On se pique ordinairement d'un proies erreurs à une fausse balance. Il fond respect et d'une haute estime juge de la doctrine par les personnes, et non pas des personnes par la doctrine. Une même erreur change de na-

(6) Du Pin, Bibliothèque des Auteurs ecclés. , tom. I , pag. 204, col. :i , édition de Hollande.

(7) Gulielmus Cave , Hisloria; Litteraria; pag. 112.

(8) Prœfat. Arnobii , in edil. Lugd, Bal. , «nn. i65i.

pour ceux qui ont le bonheur de vivre plusieurs siècles avant nous , quoique l'on voie en eux toutes les faiblesses et toutes les mauvaises qualités que l'on ne peut pas souffrir dans les

(9I Saurin, Examen de la Doctrine de M. Jur.eu, pag. 681.

(10) Là même, pag. 683.

(11) Là même, pag. 684-

ARNOBE

■modernes. Quand on ne peut pas estimer les anciens , o/i se croit du moins obligé h les aimer , et a donner, par un jugement de charité chrétienne , la plusjfa^orable interprétation que l'on peut à leurs paroles. Au contraire , l'on se pare et l'on se fait honneur d'un zèle enjlammé contre ses contemporains : on ne leur passe rien , et , à leur égard, on est prodigue d''anathèmes. Il semble pourtant que l'intérêt de la religion étant conservé , la charité deurait plutôt s'exercer envers les vivans, qu'envers les morts qui sont morts depuis plusieurs siècles. La charité que ion a pour ces derniers , ne coûte guère , parce que leur mérite n'excite pas notre jalousie et notre eni^ie , et que nous ne les regardons pas comme nos concurrens ; mais pour juger charitablement d'un adversaire qui parle et qui écrit contre nous, et dont la réputation offusque notre gloire , il faut un peu mortifier l'amour-propre; et c'est un sacrijice que Von ne fait pas facilement. Comme M. Jurieu n'a pas eu de querelle avec Origène , et qu'il a des ennemis personnels dans le parti socinien , il ne faut pas s'étonner s'il a plus de tolérance pour celui-là que pour ceuxci (12).

(D) Son ouvrage contient sept livres , et non pas huit , comme on l'a cru pendant quelque temps. ] Tout le monde sait que le petit livre de Minucius Félix a pour titre Octavius.

On le trouve joint avec les livres d'Arnobe dans plusieurs anciens manuscrits. C'est ce qui a été cause qu'il a passé pour un ouvrage d'Arnobe ; et sans doute le mot Octavius , pris pour octavus , a fait illusion à bien des lecteurs. Citons ces paroles de M, du Pin. « Ce livre (i3) a passé » long -temps pour le huitième livre V d'Arnobe j car ayant été trouvé » avec les sept livres d'Arnobe dans )) un ancien manuscrit de la bibliow théque du Vatican. Il fut imprimé » quatre fois sous ce nom (*) , sans

(12) Saurin, Examen de la Doctrine de M. Jurieu, 687.

( j3) Cest-a-dire celui de Minutius Félix.

(*) r.a preiiiièrr , par Sabieus , xki- le manuscrit de Boine , l'an i54î ; ta seconde en Jlliinai^ne, par Gelenius ; la Iroisièine en IJullande, à Leyden, en i552 ; le qualrième , à Bute, par Erasme , en 1S60.

» que personne reconnût son vërita- )) ble auteur. Le savant jurisconsulte » Baudouin s'aperçut le premier de )) cette erreur vulgaire, et fit impri- )) mer, l'an i56o , à Heidelberg , ce n petit traité séparé , avec une sa- )) vante préface , dans laquelle il le » rend à son véritable auteur. Or , M quoiqu'on doive à ce célèbi'e jurisy> consulte l'honneur d'avoir fait le j) premier cette découverte , cepen- » dant trente-trois ans après , Urfin , » faisant imprimer à Rome les ouvra- « ges d'Arnobe , soit qu'il n'eût pas )) vu l'édition de Baudouin , soit )) qu'il voulût se faire honneur de )) cette remarque , sépara le livre de )) Minutius d'avec ceux d'Arnobe , » sans avertir que cela eût été fait )> avant lui , se donnant ainsi tout » l'honneur de cet te décou verte (1 4} • » On trouve la même chose dans la préface du Minutius Félix imprimé à Leyde l'an lôSi (i5). On y trouve aussi , que presque dans le même temps que François Baudoiiin fit voir que le prétendu huitième livre d'Arnobe était l'ouvrage de Minucius Félix , un autre critique eut quelque soupçon de la bévue. Eodem ferètempore id ipsum suboluit etium Hadriano Junio (\6). Cela n'est point exact : il faut dire que François Baudouin n'est pas le premier qui l'ait découverte j car il ne publia ce qu'il savait là-dessus , que quatre ans après qu'un autre eut communiqué cette pensée au public. Son Minutius parut l'an i56o.

Or voici ce que l'on trouve dans un ouvrage qu'Hadrien Junius fit imprimer l'an i556. Amohin qui septem dunlaxat adversiim gentes libros edidit , octavus accrevit , quîim sit Minulii Felicis , Octavius ab inteiiocutorum uno ita vocitalus , novd ratione obliterandi auctoris (17). L'année suivante Baudouin n'était pas guéri de l'erreur commune ; car il cita comme le VIII*. livre d'Arnobe le Traité de Minutius. Sic ille apud Arnr>biuni Cecilius christianos dictilat , citm coëunt , infantis occisi sanguineni lambe-

(i4) Du Pin, Bibliothèque des Auteurs ecclés., tom, /, P'iii. 119, col. 2.

(i5) Celle préface est de Jacques Ouzelius.

(iG) Jacques Ouzelius, in prajalione Minutii Felicis.

(17) Iladrianus Junius, Animadvers., lib. VI, cap. I.

ARNOBE

te (18). Horribilis profecto est

oratio CecUii illius lef^ulcu romani ,

<jui apud Arnoblum lihin octavo hœc

ndhuc christianis objicit (19). Louis

Carrion a donné à Junius Ja gloire

d'être le premier qui eût rendu l'Oc-

tavius à son légitime maître. lUi (Mi-

nutio) octafiim adversùs gantes li-

brum Junius nostcr in Aniniachersis

suis princeps jam olini t^inclicai'it (20).

Carrion parla ainsi dans un ouvrage

qu'il publia à Paris , Tan i583. Citons

ces paroles de M. Joly. Minulil Felicis

veluslissinii scriptoris christiuni Dia-

losus elcsantissinius contra idolorum

vanitatern tant dtu pro octa^>o Arno-

bii adi'erslis génies libro habitus est , quia Minulius ewn sub niniine (Jvtai^ii protulerut, donec a Francisco Baldtiino juvisconsulto anno i56o, Arnobio abductus , et senuinn autori reddituo est, ueluti Nicolaus Rigaltius in Prcefalione ad eumdem Minutium obsert'ai'it (21). Voilà deux sa vans liommes (aa), qui ignorent que Junius précéda Baudouin dans la découverte du vrai auteur de TOclavius. Au reste, je ne crois point que M. Joly ait raison de mettre ce livre dans la classe des pseudonymes. Il prétend que l'auteur, en le publiant, se déguisa sous le nom d'Octavius j il vaudrait mieux, dire, ce me semble, qu'Octavius est le titre de l'ouvrage , et non j)as un nom supposé de celui qui l'écrivit. On ne parlerait pas exactement, si l'on disait que les Dialogues de Platon furent publiés sous les faux noms des personnages qui leur servent de titres. .Vlinucius Félix imita Platon : il voulut que son dialogue portât pour titre le nom du principal interlocuteur. (E) Son ouurage a été imprimé plusieurs fois. ] Si j'avais les livres nécessaires , j'entreprendrais de donner ici l'histoire exacte des éditions d'Arnobe j mais il faut que j'abandonne ce dessein , et que je me borne à quelques notes critiques contre ceux qui nous ont donné la liste de ces éditions. Celui qui a fait la préface de l'Arnobe

(18} Franciseus Balduinus ad edicta vetcrum principum roman, de CbrisCianis, pag. 47, edil. Basil, apnd Oporinum , an. iSSy.

(19) Idem, ihid. , pag. 5o.

(20) Liidov. Carrio, EmcDdat. , lib. II , cap.

xyiii, fui.o 5î. '^

(11) Ola 'diiis Joly, Disserlat. de Terbis Usiiar- ■^'i P'^S- '•4- <-•* livre fut imprimé Van 16G9.

(12) Kigaut e« Joly.

imprimé à Leyde l'an iG5i , raconte, 1°. que la première édilion de ce père est celle que François Priscianensis , Florentin , publia à Kome. 11 ne dit point en quelle aunée^ c'est un péché d'omission qu'on ne saurait pardonner ; a", que Sigismond Gelenius changea plusieurs choses dans cette édition , non pas avec Faide des manuscrits , mais en s'appuyaut sur le9 conjectures de son génie j 3°. ([ue Théodore Canterus , publiant Arnobe avec des notes, se plaignit de la hardiesse de Gelenius ; 4° ^ue Godcscalc Stewechius travailla hien sur ce père : 5°. qu'Elmenhorst joignit à son commentaire la diversité des leçons recueillies, tant des manuscrits et de l'édition faite à Rome l'an \5'\i sur un ancien manuscrit de François Sabœus (28), que de l'édition de Fulvius Ursinus ; 5°. qu'enfin Desiderius Heraldus publia de belles notes sur les sept livres d'Arnobe. J'ai trois choses à remarquer contre cela. Pi'emièrement , la liste des éditions est très-incomplète 5 en second lieu , l'édition de Rome, en i542, n'est point dillércnte de la première , et cependant on la donne ici comme différente ; en troisième lieu , il n'est pas vrai que les remarques de Didier Hérault soient venues après l'édition d'Elmenhorst. Celle-ci est de l'année 1610 , et l'ouvrage d'Hérault avait paru à Genève , l'aa 1597 ' ^t à Paris l'an i6o5 *.

Examinons la liste de M. du Pin (24).

1**. Je remarque en premier lieu, que les noms propres y sont fort défigurés faS). On y voit Canrerus , au lieu de Canterus ; Hernienhnrstius, au lieu à' Helmenhorstius ; Steuuchius , au lieu

(23) Il s'appelailTauste, et non pas François. * L'auteur des Hemaïques insérées dans le

toine XXIX de la Bibltothéi/ue française fOSiédait un exemplaire de réilitlon d'Klmenhor-.t imprimée à Hanau irpis IFechelianis, i6o3, dédiée a Joseph Scaliger; mais le privilège de l'empereur pour l'impression est du 25 mai i582. Il n'est pas naturel, ajoute-l-il , que les héritiers d'André Wccliel , après avoir obtenu ce privilège , aieni laissé dormir l'ouvrage pendant 21 ans sans en laire usage. Cependant la Vihliothpque du Roi ne possède pas d'édition de l'Arnobe d'Elmenhorst antérieure à iGo3 , et c'est aussi la première de cet éditeur que mentionne C. T. G. Schoenemann dans sa Bibliolheca historico-liUcraria patntni latinorum , ouvrage dont il n'a paru que deux volumes, 1792-1794, in-8°.

(24) Elle est a la page 2o5, col. i du I"loin, de sa Biblioth., e'dil. de Hollande.

(25) Je ne me sers que de l'édition de Hollande.

432 ARNOLDUS.

de Stewechius. a". Outre cela , je re- be. Il trouve très-belle l'e'dition de

marque (ju'on nous donne pour l'im- Leyde , mais il s'étomie que ceux qui

primeur de la première édition un l'ont procurée , n'y aient pas inséré

Théodore Priscianensis. C'est sans V^rnobianuscrilicusdeMeursxuSjim-

doute une faute. Nous avons vu que le Florentin franciscus Priscianensis tut le premier qui fit voir le jour aux livres d'Arnobe. Or ce n'était pas un imprimeur. Le Poccianti ue lui donne point cette qualité : il se contente de le faire un bon humaniste , et auteur de quelques livres italiens (26). Je me persuade que ce fut à lui que Faustus Sabeus, Ijibliothécaire du Vatican , communiqua le manuscrit sur lequel fut faite l'édition de Rome de i524 *• Ainsi dans la

primé à Leyde, l'an iSgS, cumhypocritico Minuliano, Il voudrait que, pour le moins , ils en eussent fait mention (28). Ceux qui lui reprocheraient qu'il eût dù lui-même se souvenir des Eclogœ ad Arnobiurti de Jules-César Bulenger (29) , ne seraient pas bien fondés ; car cet ouvrage ne sert de rien , ni pour corriger le texte d'Arnobe , ni pour développer le sens littéral : ce n'est qu'un tissu de citations , qui n'a qu'un rapport très-va-

gue à quelque pensée d'Arnobe. Le préface de l'édition de Leyde, on aura même jésuite donne un coup de bec mal distingué l'édition de François au grand Saumaise , qui avait promis Priscianensis , d'avec celle qui fut des commentaires sur cet auteur , faite sur le manuscrit de Sabeus. Notez que Louis Carrion estime que le manuscrit d'Arnobe, qui est dans la bibliothèque du roi de France , est celui dont on se servit pour la première édition (27). Il s'imagine que puisqu'on la dédia à François 1*' . , on lui envoya aussi le manuscrit. 3°. En troisième lieu, je remarque qu'il n'est pas vrai que les sept livres d'Arnobe aient été imprimés avec les notes d'Hérauld en i583 , ni qu'il faille distinguer l'édition de Hambourg de 1610, de celle dont on venait de parler , je veux dire de celle qui fut accompagnée du commentaire d'Elmenhorst. 4°. Enfin je remarque que Stewechius ne lit point une édition d'Arnobe , à Douai , l'an i634 , son édition est d'Anvers , en i586; et il y avait long - temps qu'il était mort , quand ses Elecla in Arnobium furent réimprimés à Douai , en i634 , cunt Paiatitlis seu Summariis Leandri de saiicto Marlino. Vous trouverez une

et qui ne tint pas sa parole *. Salmasiani autem illi commenlarii tant' diit expeclali , tant sœpè ejus amicorumque litteris proniissi atque jactati , in J'umiim tandem fentosque evanuerunt (3o). Je crois qu'un tel écrit de Saumaise nous eût appris plus de belles choses , que son savant commentaire sur le traité de PalUo de TertuUien.

(28) Phillppas Labbe , Dissertât. Ae Scriptoribus Eccles., iom. I,pag. io5.

(29I Imprimées à Toulouse, Pan 1612, in-8°-

* C'est Claude Saumaise qui donna l'édition de Leyde , i65i , 10-4°., cum nous viri ceîeberrimi. Labbe et Bayle ont iguoré , dit Joly , que ce vir celeberrimus était Claude Saumaise , lequel avait aussi commencé un commentaire sur Arnobe, lorsque la mort le surprit. Fabricius en ayant trouvé le manuscrit, le ùl imprimer dans le tome second des Sancii Hippolyti Opéra , 1718, in-folio. Ce fi^gment de commentaire commence à la page 122 et Cnit à la page i34-

(3o) Labbe, de Scriptorib. Ecclesiast. , 10m. /, png. io5.

ARNOLDUS (Nicolas), profes-

λareille faute à la citation {*) de seur en théologie à Franekei" , a page 43o , où M. du Pin dit naquit à Lesna , ville de Pologne,

qu'Érasme publia Arnobe l'an i56o.

11 mourut l'an i536.

Disons quelque chose du père Lab-

(261 Pocciantius , de Scriplor. Floreotinis, pag. 69.

* i524 est une faute d'impression. Baylc, dans cette même remarque , a déjà dit deux l'ois 1542. Joly aurait dii s'en apercevoir, et n'aurait pas iti reproclier à l'auteur une faute qui n'e.st que de son imprimeur.

(27) Ludov. Carrio , Fmcndat. , lib. I , cap. JX, folio 18. M. du Via l'a^inne, pag. IJ9 du I". toinf de sa BJbliolbiquc.

le 17 de décembre 1618. Sa mère se trouvant veuve , lorsqu'il n'avait que trois ans , prit tout le soin imaginable de l'élever , et le consacra aux lettres. Il fit ses humanités dans le collège de Lesna , entre autres régens, sous Coménius , qui dictait alors à ses écoliersson Janua linguarum.

ARNOLDUS. 433

Il fut créé acolythe (a) au syno- cause que tous les chemins

de d'Ostrorog , à l'âge de quinze étaient occupés par les troupes

ans : et en cette qualité , il ac- du roi , ou par celles du parie-

compagna Orminius (b) pendant ment , il fut à pied à Cambridge;

deux années dans la visite des mais il ne put y entendre aucu-

églises de Pologne; après quoi, il ne leçon de théologie: tous les

fut envoyé à Dantzick, l'an i635, professeurs étaient sous la déten-

et s'y appliqua à l'étude de l'élo- tion , dans le collège de la Trini-

quence et de la philosophie. Il té. Étant de retour à Franeker .

éprouva quelquefois la mauvaise humeur de Jean Bolsac, qui était fâché qu'un jeune homme de tant d'espérance fût calviniste. Il retourna en Pologne , l'an i638 , et cultiva la théologie sermonaire sous la direction d'Orminius ; et un an après , il fut envoyé en Podolie, pour y être recteur de l'école de Jablonow. Ayant exercé cette charge j>endant trois mois , il fit les fonctions de ministre deux ans de suite chez un grand seigneur (c). Comme on remarqua que ses talens pourraient être d'une grande utilité à l'Église , on jugea qu'il fallait lui donner les occasions de les cultiver dans les académies les plus fameuses. Il commença ses voyages l'an 1641 .

il s'attacha à prêcher , même en flamand, et fit tellement goûter ses sermons , qu'afin de le retenir en Frise , on lui dissuada d'aller revoir la Pologne. Il fut jugé très-capable du ministère par la classe de Franeker , qui l'examina , et les louanges qui lui furent données déterminèrent aisément une demoiselle du pays à l'épouser (A). II se maria avec elle l'an i645 , et peu après il fut appelé par l'église de Beetgum. Il la servit fidèlement et constamment jusqu'en l'année i65i, sans prêter l'oreille aux vocations qui lui furent adressées par d'autres églises ; mais cette année-là, il se rendit aux instances des États de Frise , qui le choisirent pour succéder à

Il vint d'abord à Franeker , et Cocceius dans la charge de pro-

y fit de grands progrès sous Maccovius son compatriote , et sous Cocceius. Il fut aux académies de Groningue , de Leyde et d'Utrecht, l'an i643, et retourna bientôt à Franeker, et s'appliqua à l'étude du français et de l'anglais. Il fit un voyage en Angleterre l'année suivante ; et ne pouvant aller à Oxford à

(a) Les églises réformées de Bohême avaient retenu cette partie de l'ancienne discipline.

(6) Surintendant des églises de la Grande Pologne.

(c) Johannes de Potok-Potocki , succame' jarius terrœ Haliciensis.

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