‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 92 sur 113 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

d'autres livres. Il vivait sous Antonin Pius, comme il nous l'apprend lui-même , quand il dit qu'il a connu un athlète qui , ayant songé qu'il avait perdu la vue, remporta le prix de la course dans les jeux que cet empereur fit célébrer {a). Jamais auteur n'a plus travaillé pour un sujet raisonnable , qu'Artémidore a travaillé pour un sujet très-indigne d'un homme de jugement (B). Il ne se contenta pas d'acheter tout ce qui avait été écrit sur l'explication des songes, ce qui montait à plusieurs volumes (C) : il employa de plus beaucoup d'années à voyager , afin de faire des connaissances avec les diseurs de bonne aventure. Il eut vm grand commerce avec eux dans les villes et dans les assemblées de la Grèce , dans l'Italie , et dans les îles les plus peuplées ; et il ramassa partout les vieux songes , et l'événement qu'on disait qu'ils avaient eu {b). Il méprisa les médisances de ces gens graves et à sourcil froncé , qui traitent d'escrocs , d'imposteurs et de joueurs de gobelet, ceux qui se mêlent de prédire (D) ; et , sans avoir égard à ce que les Gâtons en diraient , il pratiqua plusieurs années ces devins. En un mot , il consacra tout son temps, et toutes ses veilles, à courir après des songes ; et il croyait que ce grand travail lui avait fourni de quoi payer de raison et d'expérience (E). Il eut grand soin d'instruire son fils aux

{a) Artemid., lib. I,cap. XXVIII. Voyes aussi le chap. LXyi du même livre.

\b) Artemid. , preef., pag. 3. Voyez ausfi liv. V, pag. a52.

mêmes sciences, comme il paraît par les deux livres qu'il lui dédia. Je m'étonne moins qu'il se soit si fortement occupé de cette matière, quand Je songe qu'il croyait y avoir été poussé

» la petite ville de Daldia est demeii- )> rée jusqu'ici dans l'obscurité , faute » de tels panégyristes : puis donc M que c'est ma patrie du côté de ma » mère, je veux lui témoigner ainsi » ma reconnaissance. » Cela me serait plus suspect de vanité, si j'y voyais plus de façon et plus de mys-

par les conseils , et en quelque ^^j.^ . ^,3^^ Tingénuité avec laquell

manière par les ordres d'Apollon cet auteur s'exprime, me fait luger

(c) • Il prie fort sérieusement qu'il parlait selon l'usage d'alors , et

^ ' ' \ . j„ • „ Atûf '>ans attacher aux paroles les mêmes

paroles idées que l'on y attacherait aujourd'Ilui.Tnv éii7riypa.<^'yi)i f/,ii ôttv/xoio-KÇy ^lô-

o-i'of, iTTiyiyfia.Tr'raLi, ùayrip Toxxà aâv «eTi» èiç ttAXa-Ç 7rpa.yfÂctT(î<tç 7ri7roiri/ji.îvaiv y-'ji lliQhîaiv. T>iv yusv -vo.^ "Ei^ês-ov (rvu.ÇtQvtx.i

KO.) Sti/TMV él' iOLUTtlV TTillIcévOf/.OV ihttt, KCLl

'7roK}<.a>v À^ioXoyotiv KnpuKoev TêTU^JiKêVoti. . Aa.xé'tel.Ji, TroKur/A.tt. Aué'iat.ç x.at,'i où o-^cj'pa. iKXoyifA.civ , ncLt éictro /un ToiouTiev à^Sfoi'i TiruX'^x-îv-' > Ayvûùçti)/ To y-î/Cf^ £'î ^1"- //.ijuivriKi. Aïo ôpiTrrriptee, où<rtf //oi TTUipiéi

VpOÇ /UyiTpOÇ TOLt/Tct èiTToMcufAl ttÙTïj (2).

Àt i^ero de inseriplinne ne mireris quaprnpter Anemidori Daldiani et non Ephesii inscriptum legis , quemadniodùm multos jani alios libros

tous ses lecteurs de ne rien oter

de son livre , et de n'y rien ajouter ; et il leur fait là-dessus une

espèce d'adjuration au nom de

cet œil perçant de la providence

qui prend garde à tout (F). Il a

dédié ses trois premiers livres à

un Cassius Maximus (G) , et les

deux autres à son fils. Ils furent

imprimés en grec, à Venise, l'an

i5i8. M. Rigaut les publia à

Paris , en grec et en latin , l'année i6o3, et y joignit quelques

notes. La version latine qu'il

employa est celle que Jean Cor— diversis argumentis à me conscriptos

narius avait publiée à Bâle l'an habere uidisti. Etenim Ephesum con- ^» . ^, r, •♦ r„;i- „„ tisit ipsamperseipsam celebrem esse,

1539. Artemidore avait tait un .Vz^uperr^Me »m/i05 prœdaros et fide

dignos prœcones nancisci : Daldia autem Lydiœ oppidulum non i^aldè clarum , propterea qubd ejusmodi uiros non est nactum , usque ad me penitùs ignobile permansit. Quapropter ipsi quod mihi a maire patria existit , hcec in nutritiorum. uicent rependo . Il fallait s'en tenir à cette raison , et n'en pas chercher deux autres comme a fait M. Rigaut : l'une prise de ce qu'Apollon avait inspiré à Artemidore dans la ville de Daldia le dessein d'expliquer les songes ; l'autre prise de ce qu'y ayant un autre Artemidore d'Ephèse , il fallait que l'interprète des songes ne se donnât pas le surnom d'Ephésien , occupé déjà par l'autre (3). Cette dernière raison , plus mauvaise que la précédente , a été adoptée pourtant par un homme de mérite (4). Artemidore la réfute

(2) Artemid. , lib. Jll , sub fin. pag. igî.

(3) Kigalt. , Not. in Artemidor. , pag. i.

(4) M. de Tillemonl, au II'. tome de f Hisl. des Empereurs, II'. pari. ,pag. 73i, édit. de Biuxelles.

traité des Augures , et un autre de la Chiromance. On ne les a point (H). TertuUien ne l'a point cité dans l'endroit oii il cote plusieurs auteurs oniro critiques (d) ; mais Lucien ne l'oublie pas , quoiqu'il ne nomme que deux écrivains de cette espèce (e).

(c) Idem, sub fil., lib. II , pag. i6l.

{d) C'est-à-dire, interprètes des songes. Foyez ce passage de Terlullien ci-dessous, citation (i^).

(e) Lucian. , in Philopatr.

(A) // s'est donné le surnom de Daldianus , afin de faire honneur à la patrie de sa mère (iV ] « Ephèse , dit- » il , d'où à la tête de plusieurs livres » j'ai déclaré que j'étais , est assez il- » lustre j)ar elle-même , et par les » louanges que plusieurs personnes « dignes de foi lui ont données j mais

(i) Daldia, petite ville dans la Lydie.

lui-même invinciblement , puisqu'il déclare qu'il s'est dit d'ÉpIièse dans un grand nombre de livres. Il ne songeait donc pas à empêcher que l'on ne le confondît avec Artémidore le géographe. On le connaissait sans doute beaucoup mieux en qualité d'Ephésien , qu'en qualité de Daldien (5).

(B) JEn traînaillant sur les songes il a choisi un sujet très - indigne d'un homme de jugement. ] Quand on ne serait point convaincu par sa propre expérience , qu'il n'y a rien de plus <;onfus , ordinairement parlant (6) , que les idées qu'on appelle songes, il ne faudrait que considérer les propres maximes de cet auteur , pour être

fersuadé que son art ne mérite pas attention d'un homme sage. Il n'y a point de songe qu'Arlémidore ait expliqué d'une certaine manière , qui ne puisse souffrir une explication toute différente ; et cela , avec la même ])robabilité , et avec des rapports aussi naturels pour le moins , que ceux qui servent de fondement à cet interprète. Je ne dis rien du tort que l'on fait aux intelligences , à la direction desquelles il faut nécessairement que l'on attribue nos songes, si l'on veut y trouver un présage àe l'avenir.

Quelle manière d'enseigner leur donnet-on ! Qu'elle serait indigne de leurs lumières , de leur gravité , en un mot de ce qu'elles sont! Si elles ne savent pas mieux instruire , quelle ignorance! si elles ne veulent pas mieux instruire , quelle malignité (7) ! Ne pourrait-on pas se plaindre mille fois de son bon ange , aussi-bien que de son mauvais génie , par ces paroles d'Enée :

£uid nalum ioiies crudelis lu quoque falsis udis imaginibus (8) ?

Ce qui me passe, c'est de voir qu'Arlémidore ait tant travaillé à se persuader une doctrine qui pouvait lui causer mille chagrins: car ne devait-il pas craindre de songer ce que son art lui montrait coiume un songe de mau-

(5) Lucien, dans le Philopatr. , le cite 'AfiTifJi.iSaipov Tov 'Ecpêcriov.

(6) On ne prétend rien dire contre les songes extraordinaires dont il est parlé dans VEcriture.

(7) Conferea avec ceci les Réflexions d'KKTi.- BAN , yîii d'Hysltispe. Voyet, la remarque (Oj de iOn article.

(8) Virgil. , ^neïd. , lib. I, vt. 4<i7-

vais augure ? Il avait trouve' par se^ recherches que , quand un voyageur songe qu'il a perdu la clef du logis , c'est un signe qu'on lui a débauché sa fdle (9). Si Artémidore eût fait un tel songe hors de chez lui , n'eût-il pas cru qu'on laissait aller le chat au fromage dans sa maison ? Aurait-il eu bien à faire de savoir cela ? N'eût-il pas bien mieux valu que cette pensée ne fût pas venue ? Il nous conte qu'ayant songé que sa femme lui avait fait des insultes (10), il en fut le lendemain tout troublé, quand il vit venir vers lui un homme qui n'était pas de ses amis.

Voilà comment , par la vertu de son Onirocrisie, il convertissait un mal imaginaire en un mal réel.

L'objection que je viens de faire , et que je fonde sur l'idée que nous donnent de la nature angélique les docteurs chrétiens , me paraît trèsforte en supposant la vérité de cette idée :, mais si l'on suivait un système^ diflerent de celui-là , et «jui ne lépugne point à la possibilité des choses, on affaiblirait beaucoup cette objection. Ce serait de dire , qu'il y a beaucoup d'esprits, non-seulement plus bornés que l'homme à certains égards par rapport à la manière de s'expliquer , mais aussi plus volages , et plus capricieux que l'homme. Que sait-ou s'ils n'aiment pas à se divertir à nos dépens , et à nous faire courir après des énigmes , où ils mêlent tout exprès du puérile et du frivole , pour se procurer un spectacle plus ridicule ? Que sait-on si nous ne leur servons pas de jouet , comme les bêtes nous en servent? Que sait-on s'ils ne trouvent pas dans le mouvement de nos esprits animaux un obstacle qu'ils ne peuvent vaincre, lorsqu'ils souhaiteraient de se rendre intelligibles? Voyez la remarque (D) de l'article Majus. Quoi qu'il en soit , la raison veut que l'homme se garde bien de faire un art de cela , et qu'il considère un tel art comme la plus chimérique et la plus vaine du toutes les occupations.

(C) Il acheta tout ce qui avait été écrit sur l'explication des songes , ce

(ci) Artem. , lib. f , pag. 255 , num. 17.

£V iiTrVdtÇ ù£piÇî<rS!Ci. Cornariiis traduit ainsi , per somnium visus suin niihi ab uxore nied viiit~ periis et plagis impeli. Artemidor, lib. Il, cap. LUI , pag. i44-

qui montait à plusieurs volumes.^ 3'ai prendie en peu de temps (17): et' déjà témoigné mon étonnement . qu'il pour ce qui est de Denys Héliopolite» y ait eu des personnes qui aient fort je ne l'ai point rencontré dans Arté

travaillé à se CGavaincre de la pré- ~"'' — '^ * ~ "

tendue science des songes. Je ne m'étonnerais pas que plusieurs soi-disans devins se vantassent de la posséder :

ils pouvaient gagner leur vie à cela , et profiter des songes d'autrui sans se chagriner des leurs, car ils pouvaient n'avoir nulle foi pour l'art dont ils faisaient profession. Mais je ne saurais juger ainsi d'Artémidore , ni de tant d'autres auteurs graves , qui ont écrit sur l'explication des songes (11). Ils

midore. On peut nommer à coup sûr Pappus d'Alexandrie ; car il a écrit sur l'explication des songes, comme nous l'apprend Suidas. Voyez ci-dessus l'article d'AcHMET. Entre les modernes , il y a un certain Josué Abrech , qui promet monts et merveilles dans le titre de son livre. Je n'en connais que cela , pour l'avoir vu dans Vander Linden (18), et dans Théophile Spizélius (19). Son ouvrage fut imprimé l'an 1607. Nous parlerons de Junien

y étaient trompés tous les premiers. Ma.tos en son lieu (20). Tout à ce rao- Voici ceux que M. Rigaut nomme ( 12) : ment je rappelle dans ma mémoire que

AiLemon Mdesius , ^ntiphon , Apol lodorus Telmissvtiiis , Apollonius Attalensis , Aristander l'elmissensis , Aristarchus , Alexander Myndlus , Cratippus , Deinelrius Phalereus , Dionysius Rhodius, Epicharnius, Geminus Tyrius (i^) , Hermippus , JYicoslratus jEphesius , Phœbus Aniiochenus , Philochorus , Panyasis Halicarnasseus , Serapion , Strato. Ils avaient tous précédé Artémidore, selon M. Rigaut. Tertullien n'en nomme qu'une partie : Quanti autem , dit-il (i4) , commentatores et ajfîrmatores in haiic rem , Artemon , Antiphon , Strato , Philochorus , Epicharnius , Serapion , Cratippus , et Dionysius Rhodius , Hermippus tota sœculi litteratura. André Schot, outre quelques-uns de ceuxlà , nomme Astrampsychus , Cassius Maximus, et Dionysius Heliopolita( 1 5).

il dit qu' Artémidore a cité ces deux derniers ; mais quant à Cassius Maximus, je ne vois point qu'Artémidore, qui lui dédie les trois premiers livres de son ouvrage , en parle que comme d'un homme qui était curieux de cette science (16) , et qui pourrait la com-

(11) Voyei ci-dessous lepassage deTetUiLWita, citai. (i4)-

(12) Rigalt, Not. io Artemidor., pag. 5. Ii3) AnJré Scbol, sur la IX«. controverse (te

Sénèque; et Jonsius, de Script. Hist. Philosopb., pag. 329, disent Gemiaus Pyrius. Ilja dans /'Artémidore de Higaut , liv. II , chap. XLIX, i'if/.IV(jÛ TOÛ TupitiU.

(i4) Tcrtul. , lib. de Animô , cap. XLVI. Vide eiiam Fulgenl. Mytliolog. , lib. I , cap. XIII, et ibi Munckerum.

(i5) Andr. .Scottiis, in hcec verba Senec» , Controv. IX, Antiphonlis librus vocabat, tanluin in illis somniorum est.

Ariem., lib. III , inil. pag. 164 ; Ub. init. pag. 197.

(.6) IV, in

Lysimachus , fils delà fille d'Aristide, gagnait sa vie à interpréter des songes dans un carrefour. MvMyaovsiêiv'Apç-êi'ïbv

ôuya.TptS'ot/v iù y.a.'Ka. Tritura. Aua-i/uct^nv , oç la-uTov iK, Tnva.Kiov tivoç oiiipoxpiTiKoZ

TTUpÀ <rà 'la.X.Xiirj]; hiyl)f/.lVOV Ka.ôlt^Ôf/.lVOÇ

Koa-Ki (21). Inter Aristidis nepotes ex Jiliâ cognasse oppido pauperem Lysimachum, qui juxta locum , quod lacheum appellatur , sedens uitam interpretnndis ex tabula quâdam somniis toleraret. La misère l'avait réduit à cela. Il eût fait moins de tort à la glorieuse mémoire de son aïeul , si , au lieu de cette manière d'almanach dont il se servait pour répondre aux consultans , il eût manié une alêne et du ligneul, afin de raccommoder de vieux souliers.

(D) Il méprisa les médisances de ces gens graines. . . . qui méprisent. . . ceux qui se mêlent de prédire. ] Ces gens-là ont tort quelquefois 5 et l'on fait bien d'aller toujours son chemin en ces rencontres, sans avoir égard à leur critique. Mais Artémidore se trouvait-il dans le cas ? Etait-il beaucoup moins blâmable que ceux qui, à l'imitation de Catulle , se moquent injustement de la censure chagrine des ■vieux barbons ?

Vivainus , mea Lesbia , alqiie amemus, Rwnnresque senum seferiorum Omnes unius eestiinenius assis (22),

(17) Idem , lib. II , circafin. pag, 161. (iS) De Scriptorib. Medicis.

(19) Specim. Biblioth.

(20) Voyez son article, et le commencement delà remarque (H) de l'article li'ALSX^NDsr.

AB ALEX4NDH0.

(21) Phal-^rus in Socrate, apud Plutarcb., suh fin. Vitœ Aristidis , pag. 335.

(22) Citulli Epigr. V.

Les sages lecteurs n'auront pas beaucoup de peine à juger de tout ceci : je leur en laisse le soin, et me contente de leur mettre devant les yeux les phrases d'Arte'midore. ToÎ/to (Ta Ku.i o'^oJ'pa, SictCiCM/Aivaiy tû)V «v ctyoptt jL.'.stVTÎmv , o3ç (Tîi Trpo'in.Tttç ts koli •j^omtcic

KOU ySœ^oXÔ/^Ot/ç >ll3t.MjÛ<rtV 01 tTl/^VOTTpO- •WWOt/VTêÇ , KoÙ TctÇ i><ppUÇ «tVêlT^ratXOTêç ,

xa.Ta,d)^ov)iV«tî tÎic <AstCo\«ç sVêo-» ttoxxojç (iy.ix)i<7-A (aS). Parùni vero cùm omnes vates ex foro prnfligati essent , ulpotè quos mendicos , prœstigiatores , ac scurras appellant hi qui grai^i simulato i/ultu supercilia contrahunt, ciun eis tamen , onini xpretd calumniâ , per multos annos conversatus sum.

(E) // croyait que son Irai^ail sur les songes lui avait fourni de quoi payer de raison et d'expérience. ] Il faut Tentendre lui-même. 'Aj* t»v Trufcav x.a.\ xstvova Keù jutiprupa, tSùi s^œv xô-j-aiv t?ri^o£/uisii. 'Eyci f/.h ovv TnLVTûnv «tf» S'ià. TTupitç thnM rèct.- TW y.ii\Slv èixho WpctTTêlV till Si KOLI VVX-TOÇ X.HI JUiB' >i/A£/u.a.y Trp'oç

oviipûKpia-tet,v ihcLi (u4)- Seniper experientiam et régulant testes meoruni sermonum adi^oco. Ego itaque ad omnium experientiani jam perweni , neque enim quicquam aliud feci , veritm seniper et noctù et interdiù. circa somniorum judicationem ac interpretalionem versatus sum.

(F) Il fait h ses lecteurs, . . . une adjuration au nom de. . . . la providence , qui prend garde à tout. ] « Si '> quelqu'un )) , dit-il (aS) , « peut " ajouter de nouvelles choses à mon " livre , qu'il les garde pour lui, qu'il » les conserve en pure propriété' ; " cela est plus commode : s'il trouve » que j'en ai dit trop , il n'a qu'à J) prendre ce qui sera à son usage , et

gaut n'a trouve' cet homme nulle part 5 et peut-être, dit -il , devrait-on lire FABIfl ou TATin MAEIMÎÎ :, car Jules Capitolin fait mention d'un Gai'ius Maximus , qui fut préfet du prétoire pendant vingt ans , sous l'empire d'Antonin , et qui eut pour successeur Tatius Maximus. Quoi qu'il en soit, le he'ros du livre d'Arlémidore était Phénicien de nation (26) , grand orateur, et d'un e&|irit si pénétrant que, sans lire tout ce que les auteurs avaient dit , il entendait leurs ouvrages (27). André Schot le nomme Cossinus Maximus , et le distingue de Cassius Maximus (28).

Deux fautes pour une , sans compter celle de la remarque (C) (29). le ne sais si pei'sonne s'est avisé de conjecturer qu il faudrait mettre Claudius Maximus, au lieu de Cassius Maximus. Il y avait sous l'empire d'Antonin Pins un proconsul d'Afrique nommé Claudius Maximus. L'accusation de magie, dont Apulée se défendit , fut portée devant ce proconsul. Il paraît, par divers endroits de son plaidoyer , que ce Claudius Maximus passait pour savant , et pour un homme qui avait été curieux des livres de philosophie : Benè quod apudte, Maxime, causa agitur, quipro tua eruditione legistiprofectà Aristotelis TTipt ÇaSûiv yi\'i(ria!ç, Trifi ^a>a>y Àva.rojunç 5 TTipi îç-op'W muUijuga i^olumina : prœtereà problemata iniiumera ejusdem, tum ex eâdem sectd cœterorum in quibus id genus varia tractantur. C'est ainsi qu'on lui parle dans la page 1 15. Peu après , on l'apostrophe de cette manière : Audisti-, Maxime ., quorum pleraque scilicet legeras aqud antiques philo sophorum. Ailleurs (3o) on lui dit : Multa fando , Maxime, audisti , et plura legendo didicisti , non

me

'» laisser le reste où il est. » Ta KaiTrà. pauca experiendo comperisti ; comn

Tcôv jiiQximv^y.» i^cttpoov, èiov imTtTm nni aussi (3i) An quod multn prœstabili

^CxoLKit 7râ.vToev ]iof/.ll^a)v tov 'Aîrôxxœva.. est, tuâ doctrinâ , Claudi Maxime,

iieliquis ex Ubris non exemplis deum tudque perfectâ eruditione frelus , con-

inspectorem et custodem omnium rêve- temnam stultis et impolitis ad hœc

ritus Apullinem. Il craignait ces tours respondere. 11 semble même qu'il avait

de fripiers , qui ont lieu dans la li- été au commencement philosophe de

brairie , par lesquels on bouleverse profession, et qu'il s'était poussé par

tout le travail d'un auteur , tantôt par ses longs services militaires. Erras. . . des abrégés , et tantôt par des mélanges.

(G) Il a dédié ses trois premiers livres à un Cassius Maximus. ] M. Ri-

(23) Artcm. , in Prœfalione , pag. 3-

(24) l'iein, lib. II , sub fin. pag- 161. (i5) Idem, ibidem-

(26) Arlem. , lib. II , sub fin. pag. itii.

(27) Idem , m Prœfat., pag- 4-

(28) Andr. Schott., inSenecœ Controvcrs. IX

(29) Citation (i3).

(30) Apukii Apologia, pag. i49, volume II ^ édition. Lugdun. , an. i6i4 , i"-8°-

(3«) Ibidem, pag. iS'j.

ARTÉ

si euin fortunée indulgenlid non ex philosophiœ censura metiris ; si firum tant AUSTERE SECT* , iamque diutinœ militiœ non putas amiciorem esse coé'rcitce mediocritati quant delicatœ opu- Icntiœ (Sî).

(H) // aidait fait un traite des Augures , et un de la Chiromance. On ne les a point. ] C'est à tort que Vander Linden assure, même dans rëdition de Merklinus , qu'Aide les a imprime's en grec , que Cornarius les a traduits en latin , et que Rigaut les a publie's en ces deux langues (33). Il faut remonter un peu plus haut pour trouver l'origine de ce mensonge ^ et il n'est pas inutile de faire cette obseryation : elle peut faire comprendre à ceux qui font des abrége's la cause la plus fe'conde des égaremens où ils engagent leur lecteur. Gesner avait dit :

^rtemidorus. . . . scripsit de somniorum interpretatione libros 4 > item de auguras, et manuum inspectione.

Suidas. Hujus autoris quinque libros Aldus grcecè excudit (34). Il avait observe' ensuite que ces cinq livres ne regardaient que les songes. Voici comment Simler abrégea ce texte : Artemidorus. . . . scripsit de somniorum interpretatione lib- 4- Item de auguras, et manuum inspectione. Eos Aldus grœcè excudit. Est-ce réduire en moins de mots ce qu'a dit un homme, ou est-ce le falsifier? C'est plutôt le dernier que le premier.

(Sï) Apuleii Apologia, pa^'. i49.

; (33) Vander Linden , de Scriptis Medicis. (34) Gesner. , Bibliothec.,yo/i'o Ç)6 verso.

ARTÉMISE, reine de Carie, et fille de Lygdamis (A) , suivit en personne le roi Xerxës dans la guerre contre les Grecs (B).

C'était une femme capable des grandes affaires , et qui avait un courage tout-à-fait viril. Se trouvan t donc saisie de l'autorité souveraine , pendant les préparatifs de Xerxès, tant h cause qu'elle était veuve , qu'à cause de la minorité de son fils {a) , elle prit cette occasion de faire parler de

(a) Il .l'appelait Pisindele. Vojez la remarque E) de l'article Mausole.

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