TOME H
(10) Idem, lib. XXIX, cap. I.
(11) Idem , lib. XXri, cap. lit, pag. 445.
(12) Jonsius, cleScript. Hist. pbilos., pag. 167. (l'j) Pinedo, in Stepban, Byzantin., pag. 4v9t
num. i5 etpag. 757.
ASCLÉPIADE
dice des auteurs qui sont cite's par Athenee, on entend d'Asclëpiade de Myrlea ces paroles du X*'. livre 5 'KerxKnTTui.hi h Toîç Tpa.yoùS'ov/Lthoiç (i4)- Dalechamp les a traduites , Asclepiades libro de Us quorum noniine editce sunttragœdiœ. Casaubonren censure, et lui fait voir que le titre de cet ouvrage n'était pas du genre masculin TpttyetiS'oùfjiivoi , mais du genre neutre tpctycùS'oùiJ.i^ct.-^ et que c'est ainsi que Plutarque Ta cité (i5). Il ne dit point où l'on trouve cette citation : je dirai donc , pour suppléer à ce défaut, qu'on la trouve dans la vie d'Isocrate , comme on le verra bientôt. Casaubon eût pu ajouter que ce même ouvrage d'Asçlépiade est cité au genre neutre par Etienne de Bysance et par Photius. On le verra tout à l'heure. Ce critique a cru qu'Asclépiade expliquait dans ce traité -là les actions qui avaient servi de matière aux poètes tragiques. Je ne doute point de cela , ni de la faute deDalechamp.
Le traducteur latin de Plutarque a bronché sur le même titre ; car il a rendu ces paroles de Plutarque, 'Aa-xXM'^iatJ'MC 0 tÀ ^fiLya>S^(tiifJ.i^t*. a-uyyptt- ■^Aç, -pur ^ s clepiades tragœdiœ scripton (16). Cela montre assez clairement, sans qu'il faille se servir de la suite de sa traduction (17), qu'il a pris Asclépiade pour un auteur de tragédies.
André Schotfait la même chose , dans sa traduction de Photius. Photius , num. CCLX, i456, parle ainsi : 'Aa--
K.MlTflâ.i'm OÇ TSC. TpstyetS'QÙy.ifu. «rl/Vê-
')/p*->|,«To(i8) : c'est-à-dire, selon André Schot, Ascleplades qui tragoedias scripsit. C'est un abus : TAsclepiade , dont il s'agit là, ne nous est point représenté comme un tel auteur.
Notez en passant qu'il fut disciple d'Isocrate, vous en pourrez inférer en quel temps il a vécu. Pinedo a mieux entendu que le traducteur de Plutarque le sens du ta.otTpcLyctsi'civy.ivut. ; car en traduisant ce grec, 'Aa-zAnTnieTnç é
tÔ, TpCt.yOùé'oÙ/Ut.iVtt ypct«\,Aç h ïç ^.tSKi'oiç
(19) , il a dit , Asclepiades qui de re-
(i^) Atliea. , lili. X, pag. 456.
(i5) Casaub., in Atlien., png. •569.
(i6J Platarch., m Vilâ Isocrat. , pa^. 887, C.
(17) Elle confirme qu'il a prij Tragœdiw scriptor, non pa\ pour un homme qui traite de la tragédie , mais pour un poêle qui compose des tragédies.
(18) Pliolii Fibllotli., cod. CCLX.
(jg) Sicpli. Bysanlin., varlioT parythoç.
bus in tragœdiâ decantatis sex libros scripsit. Ces paroles grecques sont tirées de l'endroit où Etienne de Bysance nous apprend que l'Asclépiade, qui composa ces six livres , était de Tragile ville de Thrace. Je voudrais que Casanbon eût censuré Dalechamp, qui s'est figuré qu'Athénée cite Asclépiade de Myrlea dans le passage que l'on a vu ci-dessus. Gesner a commis la même faute (ao). Etienne de Bysance eût fourni la justification de cette censure. Vous trouverez dans Pinedodeux grosses fautes : il dit premièrement , qu'Asclépiade de Myrlea, disciple d'Apollonius, fut un grammairien qui enseigna sous le grand Pompée dans Rome, et qui avait demeuré à Alexandrie pendant sa jeunesse sous Ptolomée IV. En second lieu , il nous donne à deviner si c'est le même Asclépiade, qui enseigna la grammaire dans la Turditanie, province d'Espagne (21). Je lui représente sur le premier chef, qu'un homme, qui aurait vécu sous Ptolomée IV, et qui aurait enseigné dans Rome au temps de Pompée , aurait été un prodige j car, entre la dernière année de ce Ptolomée, et la mort de Mithridate vaincu par Pompée, il n'y a pas moins de i4o ans. Sur le second chef je me contente de dire, que Strabon dit nettement qu'Asclépiade de Myrlea enseigna la grammaire dans la Turditanie (22). le sieur Pinedo l'avait remarqué lui-même dans un autre Iieu(23). D'où vient donc qu'il en a fait un problème ?
Examinons en deux mots une remarque du père Hardouin. Il dit qu'Asclépiade de Pruse fut ami de Cicéron , et il le prouve par un passage du premier livre de Oratore. Il n'en rapporte qu'une petite partie (24)5 mais le voici tout entier : JVeque i^erô Asclepiades is, quo nos medico arnicaque usi sumus , tùm quiim etoquentid ifincebat cœteros medicos , in eo ipso quod ornatè dicebat , Medicinœ facultale utebalur , non eioquentiœ{i5).
(20) Gesner., in BihVioth. , Jolio Ç)"].
(21) Pinedo, in .Steph. Bysanlin., pag, ^Sj.
(22) Slrabo, lib. IJI , pag. io8,
(23) Pinedo , in Sleph. Bysantin. , pag. 47t)-
(24) Eloqiiens inedicus diciliir Ciceroni , lib. I de Oral. , pag. 2Si , qui se eo medico et amico usum esse gloriatur. Harduinus, in Indice Autor. Plinii, pag. gg.
C25} Cicer. , de Orat. , (il). I, folio 6i , C
ÀSCLÉPIADE.
Il faut savoir que ce n'est pas Ciceron qui parle , mais l'orateur Crassus.
C'est donc de Crassus, et non pas de Ciceron , qu'Asclepiade a été l'ami et le médecin. Prenez garde que Ciceron suppose que Crassus parlait ainsi l'an de Rome 662 (26)^ et n'oubliez pas qu'on parle là d'Asclépiade comme d'un homme qui ne vivait plus. Cela nous fournit une objection contre Pline , qui a dit qu'Asclepiade, ne gagnant guère à la profession de l'e'loquence , se tourna du côté de la médecine au temps de Pompée (27).
11 est sûr qu'en 662 Pompée nctait encore qu'un jeune garçon. Voyez la remarque suivante, num. IV.
Jonsius suppose qu'il y a eu deux Asclépiades de Myrlea ; que le premier fut disciple d'Apollonius le grammairien , et auteur d'un livre intitulé ^lAos-ô^iûJV /SiCai'cdv (TtopôajTiKst, Philosophorum librorum emendationes (28) , et que le second fit des livres touchant la grammaire et touchant les grammairiens {29). Je ne vois pas sur quoi il se fonde pour admettre cette distinction. Sa meilleure preuve serait de dire , qu'Asclepiade de Myrlea réfutait dans sa grammaire un sentiment de Denys de Thrace. In isto opère Dionysii Thracis de partibus grainmaticce sententiam rej'ellit , teste Sexto Empirico (3o). Ce Denys , selon Suidas, enseigna dans Rome au temps de Pompée , et avait été l'un des disciples d'Aristarque. 11 faut donc , me dira-t-on , que l'Asclépiade qui l'a réfuté soit différent du disciple d'Apollonius. J'admets cette conséquence, mais je soupçonne qu'il y a un peu d'erreur dans Suidas. Il me semble qu'un disciple d'Aristarque (3 1) eût été trop vieux au temps de Pompée (32) pour enseigner : je dis donc que Denys de Thrace disciple d'Aristarque n a pas vécu jusqu'au temps de Pompée. Il est donc possible qu'Asclepiade disciple d'Apollonius l'ait réfuté; car cet Apollonius ayant été' bibliothé-
(26) Vide Fabricium, in Vilâ Ciceronis , ad ann. Vrbis 662.
(27) Plln. , lib. XXyi,caj>. III.
(28) Jonsius, de Script. Hist. Fliilotoph., pas- 167.
(29) Idem , ibid. , pag. aoS.
(30) Idem, ibidem.
(îi) Aristarquejlorissait en l'ofympiade i56. (32) Il mil fin à la guerre de Mithridale en L'olympiade 17}).
caire d'Alexandrie après Eratosthène (33) qui mourut au commencement de l'olympiade 146 (34), a pu fort bien être contemporain d'Aristarque.
11 a donc pu avoir des disciples contemporains de ceux d'Aristarque. il n'estdonc pas nécessaire qu'Asclepiade réfutateur de Denys de Thrace , soit plus jeune qu'un Asclépiade disciple d'Apollonius. Je ne sais pounpioi Vossius acquiesce si bonnement à la liaison qui a été faite par Suidas entre la qualité de disciple d'Aristarque , et celle de professeur à Rome au temps de Pompée (35). On le critique avec raison surce qu'il a dit qu'Asclepiade d'Alexandrie lit un ouvrage louchant les peuples d'Attique , et il en donne pour témoin le st;oliaste d'Aristophane. Asclépiades Alexandiinus (*) Toiç Ko/rà, tTîï^MOv i*fi;tovTa.ç consignafit , ut autor est scholiastes Aristopfianis in lYubes (36). Jonsius lui montre que le scoliaste ne dit autre chose , sinon que cet Asclépiade nommait les démarques Tot/c KetTÀTàv <fîï//.ov ctp;^''*'"
(G) Celles de M. Moréri
ne sont pas considérables. ] 1°. Les anciens auteurs n'attribuent pas à Asclépiade de Myrlea, comme il l'assure , l'Histoire d'Alexandre-le-Grand cite'e par Arian, 2°. Dire que Strabon ajoute qu'Asclepiade de Myrlée avait enseigné la grammaire en Espagne , c'est prétendre qu'il avait dit les autres choses que Moréri avait déjà rapportées. Or cela est faux. 3°.
C'est sans raison qu'il met en doute que la relation d'Espagne soit d'un autre Asclépiade , car Strabon la donne formellement à celui-là. 4°- Il ne fallait pas avancer si hardiment que Mithridate était en guerre at^ec les Romains , lorsqu'il tAcha de faire venir à sa cour le médecin Asclépiade ; car nous avons vu ci dessus (38) , que Ciceron parle de ce me'decin comme d'un homme qui n'était plus eu vie l'an 662 de Rome j temps où
(33) Jonsius, de Script. Hist. pbilosopli, , pag. 149.
(34) Vossius, de Histor. Graecis , pag. 108.
(35) Idem, ibid. , pag. i48.
(") Popidi Auici.
(361 Vossius , de Histor. Giaecis, pag' ^"7-
(37) Jonsius , de Script. Hist. PhilofOpb. , pag. 207.
(38) CiMtiOns (ï5) et (2G).