ASTYANAX
ASPASIE de Milet , maîtresse de Përiclès. Nous donnerons son histoire dans la remarque (0) de l'article de Périclès.
ASPASIE de Phocée , maî-
lorsque ce grand homme y était le tresse du jeune C\RUS. Nous donpremier de la république. Ne met-il ^ • . - t i pas la naissance de ce Pompée au dernier jour de septembre de l'an 648 de Rome? Comment accordera-t-il cela
nerons son histoire dans la remarque (C) de l'article de ce prince.
le passage de Ciceron , où il est ASTYANAX, fils unique d'Hec- ; d Asclepiade ? Je sais bien qu il , 1, » i / » v j
■ - -• •-..-.' tor et d Andromaque (A), donna
de l'inquiétude aux Grecs au milieu de leurs victoires , quoiqu'il ne fût encore qu'un enfant. Les vents contraires les empêchant
avec
parlé . . , ,
se peut couvrir de l'autorité de Pline, et que Jonsius lui fournirait un second témoin j mais qui lui a dit que Pline soit plus croyable que Cicéron ?
Qui lui a dit que Jonsius ne se trompe as ? jisclepiades medicus quidam.
( voilà un quidam mal employé : cet de s'en retourner chez eux après Asclepiade est trop célèbre pour me- Ja ruine de Troie, Calchas dé-
riter une épithète si méprisante (Sg), Prusiacus in Bithyniâ philophysicus cognomine sub Pompeio M. i^ixit , teste Strabone , lib. XII {^o). Je n'ai trouvé au Xll*. livre de Strabon , si ce n'est qu' Asclepiade de Pruse était médecin (40* ^^ P^''^ Hardouin attribue à Strabon , qu'il cite 1. XII.
p. 566 , la même chose que Jonsius (4»). 5". L' Asclepiade dont Plutarque fait mention dans la vie d'Isocrate n'était point un poêle tragique (43) , comme l'assure M. Moréri.
clara qu'il fallait précipiter Astyanax du haut en bas des murailles; parce que, s'il devenait grand , il ne manquerait pas de venger la mort de son père , et d'être plus brave encore que lui.
Là-dessus , Ulysse se mit à le chercher ; et l'ayant trouvé , nonobstant les soins qu'avait pris sa mère de le cacher , il le jeta
(H) Il y eut un autre Asclepiade, en bas des murailles («). D'autres médecincélèbre, sous l'empire d' Ha- ^ispnt aue ce. fut Ménélas oui drien. ] Il était de la même ville que le précédent (44) 1 et il fleurit sous
Trajan , sous Hadrien et sous Antonin : il fut aflrauchi par un certain Caipurnius , et il obtint la bourgeoisie romaine , et plusieurs autres prérogatives. Une inscription nous ap- Îtrend toutes ces choses : voyez les ettres de Reinesius (45). Il composa plusieurs livres sur la composition des remèdes tant internes qu'externes (46).
(39) Conférei ce qui a été dit ci-dessus au commencement de la remarque (Y) de Varticle d'Antoine Aknavld , le docteur.
(40) Jonsius, de Script. Hist. Philosoph, , pag. 207.
(4i) Strabo, lib. XII , pag. Bgo.
(4a) Harduin. , in Indice Autor.
(43) Voyei la remarque précédente.
(44) ^^ Pruse en Bithynie.
(45) F.pist. Reinetii ad flofmannum et Ruper- «nm , png. ifj/i.
I/S} Ibidti'n, pag- 3o5.
disent que ce fut Ménélas qui fit cette exécution (b). D'autres l'attribuent à Pyrrhus tout seul, sans dire que les Grecs , ou Calchas , l'eussent jugée nécessaire (c). Quoiqu'il en soit, les poètes, et les faiseurs de romans ont bien su le ressusciter, ou plutôt le faire échapper de la main des Grecs (B).
(a) Servius , in JEaeïd. , lib. HT, i>s. 489
(b) Idem , in jEneïd., lib. II , us. 457.
(c) Pausan. , lib. X.
(A) Il était fils unique d'Hector et d' Andromaque. ] Homère le dit expressément i car il ne faut point douter que ceux qui traduisent 'ExTopiVViv à^cfWMTciv (1), YfAvfils unique d'Hec >
(i) Homer., lliados lib. FI , vs. 401.
ATHÉNAGORAS.
tor , n'aient raison : c'est ainsi que des Goths obligèrent lè&Troyensou
l'entend le scoliaste. Les regrets Sicambriens à se retirer en AUema-
d'Andromaque au XXII^. livre de TI- gne , où ils se divisèrent en deux
liade témoignent clairement qu'elle branches : l'une desquelles fonda en-
n'avait que ce fils. Hector lui don- fin la monarchie française dans les
nait le nom de Scamandrius , et les Gaules ; l'autre s'arrêta' dans l'AUe-
Troyens l'appelaient Astyanax , à magne , et y fonda la Franconie , ou.
cause qu'Hector était la seule défense la France Orientale. Que de chimè-
de la ville (a). res ! M. Moréri , ne conside'rant pas
(B) Les poètes, et les faiseurs de que les auteurs de ces légendes sont
roman ont bien su le faire échap- assez chargés de mensonges, leur en
per de la main des Grecs. } Ils ont dit attribue qu'ils n'ont point dits. 11 im-
que le même fiis d'Hector, qui avait \i\y\e au faux Manethon , et a d'autres
été nommé Astyanax ou Scamander , auteurs de celle trempe, d'ai'oir fait
s'appela Francion, et qu'il fut la tige premier roi des Gaules Francien ou
d'où les rois de France sont sortis (3). François (7), fils d'Hector. Mais ils
Le Manethon d'Annius de Viterbe dit ne prétendent point cela , puisqu'ils
que Franeus , fils d'Hector , fut roi des disent que le roi des Gaules lui donna
Celtes, c'est-à-dire, des Gaulois, sa fille. De plus, quelle négligence
L'imposteur, qui a forgé cette pièce, n'est-ce pas, que de faire connaître
cite dans ses notes Vincent de Beau- Andromaque seulement comme mère
vais, qui dit que ce Franeus s'étant de ce Francion , lorsqu'on pouvait lui
retiré dans les Gaules , après la ruine donner un fils plus réel, je veux dire
de Troie , s'y fit tellement aimer du Astyanax ! Voilà deux fautes de Mo-
roi , qu'il en épousa la fille, et qu'il réri , en voici une autre. Il dit qu'As-
succéda à sa couronne. Je n'ai point tyanax fut précipité par ordre d'U-
trouvé dans Manethon (4) ce que du lysse , et il cite l'Enéide de Virgile.
Pleix lui at^tribue; c'est que Franeus Or, ce poète n'a rien dit de sembla-
ble dans aucun de ses ouvrages.
(7) Cesl mal traduire le nom propre Francns.
ATHÉNAGORAS, philosophe
succéda à Rhémus, roi des Gaules, duquel il avait épousé la fille (5). Je n'ai pas même trouvé cela dans le commentateur de Manethon. Du Pleix ajoute que Trithème , alléguant pour
son auteur Hunnibaud, quivii'aitsous athénien, florissait après le mi- Clot^is 1"., et celui-ci nommant pour \[q^ ^u IF. siècle, et avait beauses garans Dorac et ff' asthald, kisto- „,,^ «1p 7plp nmir l'pvano^lp pI riens Scythes , dit qu'Hector eut deux * u'j-- m '.
fils, dont l'un, appelé Astyanax ou beaucoup d érudition, lout cela Scamander , périt à la prise de Troie, paraît par l'yà^po/og^ie qu'il adressa l'autre, appelé Laodamosifi) ouFran- aux empereurs Marc Aurèle An-
cion , échappa des mains des ennemis , et s'enfuit auec un bon nombre de Troyens en la Pœonie , qui depuis fut dite Pannonie ; et ayant été accueilli humainement du roi des Pœoniens , il s'arrêta en cette contrée sur les frontières de Scythie , et y bâtit la ville de Sicambrie , où lui et sa postérité
tonin , et Lucius Aurèle Commode. Ce fut l'an 1 79 , si nous en croyons Baronius ( a ) , ou l'an ï68 , si nous en croyons M. Dodwel {b). Il n'est pas aisé d'établir solidement que la der-
régnèrent jusques au temps du roi nière opinion soit plus probable Antenor, qui fut tué par les Goths 49.0 que la première (A). Je ne vois ans avant Jésus-Christ. Les violences ^ „,•„„„ ^^ „„ >a
personne qui ne suppose qu A-
thénagoras fut député par les chrétiens à la cour impériale , et
(2) Ibidem, vs. 4o3, et lib. XXII , vs. 507.
(3) yoyez Ronsard , au commencement de la Franciade.
(4i Edition d'Anvers, m-8*>., en iSSa.
(5) Du Pleix , Mémoires des Gaules , tiv. II, chap.XXir.
(0) Diclys de Crète , an livre VI, dit que Pyrrhus emmena prisonnier Laodainaf (ils d'Hector et i Andromaque,
(a)Baron. Annal. Ecclesiast., tom. II, pag, 226, ad ann. 179, nitm. ig , l\o.
[b) Dodwel, Dissertât. Cypriaa. XI , num. 37 , 38 , pag. 261 et seqq.
qu'il y présenta actuellement leur apologie (B) ; mais il y a lieu de douter de ces faits-là , et l'on peut croire assez vraisemblablement la même chose touchant cet écrit , que touchant une infinité de requêtes des protestans de France , qui ont été imprimées, sans avoir jamais été présentées au prince (G). Je ne sais sur quoi l'on se fonde, quand on dit qu'Athénagoras était prêtre (c). On a quelque raison d'être surpris qu'il ait été inconnu à Eusèbe , à saint Jérôme , et à presque tous les autres pères ; car on ne le trouve cité que dans un ouvrage de saint Epiphane (D). Il n'était pas bien purgé de toute hétérodoxie (E) : à cela près , les deux ouvrages qu'on a de lui sont importans (d). Le style en est bon et bien attique , mais un peu trop chargé d'hyperbates et de parenthèses. Ils ont été mis sous la presse une infinité de fois , comme on le peut lire dans M. du Pin, qui a oublié néanmoins quelques éditions (F). Je parlerai d'un roman, qui a paru sous le nom d'Athénagoras (G). Si j'eusse pu consulter la dissertation que le père le Nourry a publiée (e) , j'en eusse tiré sans doute quelques bons matériaux pour cet article ; mais son ouvrage n'est point parvenu encore jusqu'à nous (/), quoiqu'il ait été imprimé l'an 1697. J'en ai vu quelque chose
(r) Le père Labbe , Dissertât, de Script, ecclcsiast., tom. /, pag-. 65, l'assure , et Moréri aussi
{cil L'autre est un Traite de Resurrectione.
(k) C'est la IIl' . du Tl". tome de son Apparalus ad Bihliolliecam niaKimam Velerum Patruni.
(./) J'écris ceci en avril 1699.
ATHÉNAGORAS.
dans le journal des savans (g) , et dans les Acta Eruditorum de Leipsick (h).
(g) Du i3 de mai 1697 , pag:. 33i.
(//) Du mois de décembre 1698 , pag, 554-
(A) Il adressa.... son Apologie l'an
i79,.-> ou l'an 168 Il n'est pas
aisé d'étahlir que la dernière opinion soit plus probable que la première. ] On allègue de part et d'autre beaucoup de raisons. Voici celles de M. Dodwel(i). L'Apologie d'Athe'nagoras est adresse'e à deux empereurs , à qui l'auteur donne les titres à'^rmeniacis , Sannaticis , et quod maximum est , philosophis ■ Cela convient à Marc Aurèle et à Lucius Aurèle son frère, naais non pas à Lucius Aurèle son fils. Celui-ci n'a jamais été nommé philosophe ,et il paraît, par la seconde Apologie de Justin, que ce titre était commun à Lucius Aurèle et à Marc Aurèle son frère. Hune titulum cum Marco Lucium P^erum habuisse communem constat è seciindâ ^polngid Justini (2). Le père Pagi , Dissert hypat. pag. ai6 , se sert de la même raison , et cite Eusèbe , liv. If^ , chap. Xil. Or ce Lucius Aurèle mourut vers la fin de Tan 169. L'Apologie fut donc présentée avant ce temps-là. Je laisse les raisons particulières qui ont fait choisir à M. Dodwell l'an 168 pour l'époque de cet ouvi-age. On lui objecte que l'éloge de sarmatique ne peut convenir à Lucius Aurèle , mort avant que l'on attaquât les Sarmates ^ mais il répond que cet éloge s'est glissé là par la faute des copistes , au lieu de celui de parthique , qui fut donné aux deux frères , avec celui d'arménique , après la guerre d'Arménie (3), Il ajoute que la paix profonde dont Aihénagoras félicite les empereurs (4) , ne peut convenir au temps que Mai'c Aurèle et son fils ont régné ensemble. Il ne dit rien sur la principale objection \ et néanmoins on peut y
(1) DoJvvel. Dissertât. Cyprian. XI, num. 87.
(?,) Idem, ibid. , pag. 261.
Ci) Capitol. , in Vitâ Marc. Aiirel. , cap. IX, pag. 325. ^ ,,...,
(4) 'H o-u^TroLo-tL oix.avfA.ev» tu t/^STêf* «•uvês-êt jictTiietç tipnvtiç à.'TroKAuQva'iV. Vniversus tprrrjritin orbif per vesiram providen^ tiam pn]fitiuldj'ruitur pace. Atlienag. , pag. i4'
ATHÉNAGORAS.
répondre ((nelque chose , comme on le verra bientôt. N'oublions pas qu'il prétend qu'Athénagoras insinue que son Apologie lut faite dans la même olympiade que Peregrin se brûla (5). Cette action de Peregrin appartient, selon MM. Dodwel et de Tillemont (6), à l'an i65j mais Scaliger l'a mise sous l'année 166 (7). Il se fonde sur ce que Peregrin donna ce spectacle pendant la célébration des jeux olympiques. 11 croit que l'ouvrage d'Athénagoras fut présenté aux empereurs dans la même olympiade :
sa raison est que Peregrin se jeta au feu trois ans avant la mort de Lucius Verus , l'un de ces empereurs. Ce raisonnement est meilleur que la preuve que M. Dodwel a fondée sur les paroles d'Athénagoras ; car elles mar
tion de l'Apologie , était le fils , et non pas le frère de cet empereur , et ils le prouvent par les paroles où ces deux princes sont comparés à Dieu le Père , et à Dieu le Fils. Ipsa qidJem oralio longé valldius nobis prœbet arffumentum. Vos quidem , subjicit l'ir disertus , in summâ imperii majestate adeo conjunctis animis orbem regitis , ut indè cœlestis etiara regni contemplationem animo quis coraplecti queat. Ut vobis enim Patri et Filio in potestate sunt omnia, regnoin vos divinitùs collocato , ( régis enim anima , inquit spiritus propTieticus , in manu Dei est) sic uni Deo et filio ejus hoc est Verbo subjecta sunt omnia. IVullus hic est cai'illationibus locus : imperatores non tantiim alloquitur, sed etiam comparationem in-
quent seulement le lieu , et non pas le stituit duos inler terrenos reges , qui
temps où cet homme se brûla. Tlifi '- ■ - *- ■"'•- ' '- "
TMv' Oh!Jf^7rlct.\i (8). Propeurbem Oljrrnpiam. Voyez M. de Tillemont (9). La preuve tirée de la profonde paix de l'empire est d'une telle nature, qu'elle sert aux deux partis : le cardinal Baronius allègue ce fait comme une marque que l'Apologie n'a pu être présentée sous le règne du frère de Marc Aurèle , ni en aucun autre temps qu'en 179 (10). M. de Tillemont n'a pas bien compris la pensée de ce cardinal , puisqu'il lui impute d'avoir inséré que cette apologie n'a été écrite qu'en [ 176 , ou ] 177 , de ce qu'elle marque que l'empire était alors dans une profonde paix (11).
Voici les principales raisons de ceux qui prétendent que l'Apologie d'Athénogoras n'a point été présentée avant l'an 177 , qui fut celui de la promotion de Commode , fils de Marc Aurèle, à la dignité d'Auguste (12).
Us soutiennent que celui qui est collègue de Marc Aurèle dans l'inscrip-
(5) C'est la i36.
(6) Tillemont, Hist, des Empereurs , tom. II, pag. 'jSS.
(7) Scalig. , Animadv. In Euseb. , nuin. 2182, pag. 220.
(8) Atlienagor. , pag. 244-
(9) Tillemont, Hibl. des Empereurs, tom. II,
(10) Baron., ad ann. 17g, num. /^o, pag- 228.
(11) Tillemont, Hist. des Empereurs, pag.
(12) /!/. de Larroque , ayant suivi Eiisèbe , a mis cf;lie promotion sous Van 179. Daniel Larroquanus Matha:i (iiius. Dissertât, de legione fulminatrice , pag- 648.
bus omnia humanitiis loquendo parebant , ac summum coeli et terrœ Dominum qui simul cum suo unigenito imperii orbis uniuersi habenas nioderntur (i3). Voilà comment M. de Larroque a fait valoir cette preuve.
M. de Tillemont y a joint un autre passagCé « Athénagore ('*'') souhaite à » ces deux princes que le fils succède » à son père : ha. ttclTç 7ra.fà. 7ra.rpoc » <ri*J"êX*"'"8* ''■*'*' ^a.<riKiictv . Il parle )) donc à un père et à un fils , dont » l'un seulement possédait l'empire , » quoique l'autre pût avoir le litre » d'empereur, c'est-àdire, à Marc Au- M rèle , et à Commode son fils , et non )) pas à deux frères qui régnaient en- « semble. Il est encore plus clair en » un autre endroit (*') , où il dit , » Tout est soumis h fos majestés , au » père et au fils : dç ù/a.7]/ ttcltpi Kcit ùitti » wivT* mXilpaiTeci : de quoi le père » Pagi (*') n'a pu s'échapper , qu'en » disant qu'Athénagore fait Lucius « fils de Marc Aurèle , quoique ce fût » son frère, afin de faire une allusion » plus juste aux deux personnes de » la Trinité , le Père et le Fils (i4)- " Le père Pagi se servirait là d'un subterfuge qui ne serait guère propre à tromper. Il eût mieux valu se défendre en disant qu'Athénagore n'igno-
(i3) Id. , ibid. , pag. G^ç).
(*') Athfnagor. Lcg. , pag. 4", a.
{") Pag- 17 , d.
('h Pagi , 177 , § f-III.
(i4) Tillemont, Hist. des Empereurs, i»">- ", vas. 106S.
ATHÉNÂGORAS.
rait pas que Lncius Aurèle était ma- pour le frère : Suffridus Pétri (21),
rie avec la fille de Marc Aurèle, et Baronius , le père Petau (22), M. du
qu'ainsi , puisqu'il adressait la parole Pin (23), M. de Larroque , M. de Til-
au beau-père et au gendre, il pouvait leniont , et plusieurs autres savans
bien les considérer comme le père et le tils. C'est ainsi en effet que le père Pagi a répondu à cette objection («ôj.
Il remarque même que c'est aussi la pensée de M. Toinard. L'autre passage que M. de Tillemont cite n'est point concluant : on peut l'entendre de cette façon. Nous faisons des vœux pour i'otre empire, afin que te fils le reçoii^e de son père, comme- la justice le demande. Tlip^i f^h rîiçjipX.îii
■TTlUfa. TroLTpoç.
KAToi tÔ «flX-StlÔTaTOV, cTtot-
<rê;^^MO-Tê T»v ficLiTiKiicLv (i6). Pro imperio uestro oramus , ut etjilius à pâtre , sicut cequissimum est, imperium per mctnus accipiatis. Ce discours est trèsraisonnable , soit qu'on suppose que l'Apologie fut présentée à Marc Aurèle et à son frère , soit qu'on suppose qu'elle le fut à Marc Aurèle et à son Gis. C'est un voeu qui ''-"''
dans
sont pour le fils.
INotons . en passant, une erreur de Grotius. FLoruil j4ihenagoras , dit-il (24) j circa ann. Christi 190 , ut ex libri inscriptione apparel. Cela n'est point juste ; car Marc Aurèle étant mort l'an 180 , le titre d'un livre qui lui a été dédié ne prouve point qu'il en faille faire fleurir l'auteur vers l'an 190.
(B) On suppose qu' Aihénagorasful député... a la cour,., et qu'il y présenta actuellement leur Apologie ; mais il y a lieu d^en douter. ] Voici les termes de Baronius : Orientis quoque ecclesias eâdem esse clade i^exatas , LEGATio pro illis ab Athenagorâ
Alheniensi tune ad imperatores
SDSCEPTA, et apologia pro eisdem tune scripta ac dictis principibus oblata , manifestam certamque fidem faciunt (25). Le père Labbe ne s'exprime pas
l'hypothèse de Baronius , regarderait moins clairement : Legationem susce moins Commode, qui avait déjà ete piT pro christianis inter annum i65
associé à l'empire , que les descendans de Commode. C'est un souhait que la famille de Marc Aurèle possédât toujours la majesté impériale selon l'ordre des successions légitimes en ligne directe. Notez que le père Pagi allègue ce vœu comme une preuve que le fils de Marc Aurèle n'était pas encore empereur. Je réfuterai en un autre lieu (17) ce qu'on infère de ce qu'Athénagoras a dit d'un Alexandre.
Concluons deux choses de tout ceci : la première, que le fondement de la controverse est en ce que les uns
et annum 170 non desunt tamen
qui anno dunlaxat 177 oblatt;m librum illum imperatoribus asserant (26). M. Moréri, traduisant ce passage du père Labbe , s'est servi de ces paroles : Il présenta pour les fidèles a V empereur Marc Aurèle Antoine
une excellente apologie // ai>ait
été eni'oyé a Rome pour les chrétiens , et ce fut depuis l'an i65, jusques en 170. Il n'a pas bien entendu son original , car les expressions du père Labbe signifient , non pas que l'ambassade d'Athénagoras dura depuis
prennent le collègue de Marc Aurèle l'an i65 jusqu'à Tan 170, mais qu'elle
pour son frère , et les autres pour son
tîls; la seconde, qu'il faut bien que
ni les uns ni les autres n'allèguent
rien d'évident, puisque le partage
dure toujours. Scaliger (18), le père
Labbe (19), le père Pagi, M. Dod-
wel , M. Chevreau (20) , etc. , sont
(i5) Pagi, in Baron., ad ann. 177.
(16) At\ienagor. , suhfin. , pag. 3i8.
(17) Pans iarlicle Paris [n'existe pas]. (t8) Scalig., Aniraadv. in Euseb., nuin. 2182,
pag.%20.
(iq) Labbe, de Script, ecclesiast. , loin. I , pag- J23-
(ao) Chevreau, Hist. du monde , (om. //, pag. 353 de la première édition de Hollande :
il met la présentation de f Apologie à l'an i65. M. de Larroque , dans sa Dissertât, de Legiene fulminatrice, pag. 64S , lui attribue de l'avoir mise rt l'an 175. // s'est servi peut-être d'une autre édition.
(21) Suflfrid. Pétri Comment., in Àthenagor., pag' 100 : il choisit l'an 179.
(22) Pelavius , apud Pagi Dissertât. Hypat. , pag. 116 : il choisit l'an 177.
(23) Du Pin , Bibliotliéq. , pa^. fj6,apud Larroquanura , Dissert, de Legione fulminât., pag. 648 : il choisit l'an 178.
(24) Orotius, de Verit. Keligionis Christian. , pag. 128 , apud Larroquan. , ibid.
(25) Baron., ad ann. 179, num. 3Q,pag.
(af)) PUilippus Labbe , Dissert, de Scriptor. ecclesiast. , loin. 1 , pag. I23, I24'
ATHÉNAGORAS.
doit être appliquée à une portion de cet intervalle de temps. Ceux qui savent les fre'quens voyages des empereurs romains en ce siècle - là ne s'esposent point à dire sans en être bien assurés , qu'on leur députa à Rome un tel ou un tel. Disons donc que M. Moréri s'est écarté un peu témérairement de la route de son guide ; il a déterminé la durée et le lieu de l'ambassade ; le père Labbe ne l'avait point fait. M. Dodwel, qui conjecture qu'Athénagoras exerça cette ambassade (27) lorsque l'empereur Lucius Verus retourna à Rome pour y célébrer son triomphe (28J , n'a point de part à notre petite critique, en tant qu'il détermine le lieu ; car cette limitation est une suite de l'hypothèse qu'il a suivie après une étude laborieuse des circonstances ; mais j'ai quelque peine à croire qu'il ait dû dire que ce philosophe chrétien fit réellement la fonction d'ambassadeur.
Ma première raison est tirée du silence de toute l'antiquité. Serait-il possible qu'aucun écrivain n'eût rien dit d'une telle députation , que les circonstances du temps , le mérite du député , et la force de l'apologie présentée aux empereurs , auraient dû rendre si mémorable ? En second lieu , je ne trouve point apparent que , lorsque le nom chrétien était si odieux et si opprimé, Athénagoras se soit produit à la cour impériale , comme député du corps , et qu'il y ait pu obtenir audience , et donner même aux empereurs un long écrit , où , malgré la modération respectueuse qu'il y répand , il représente les infamies les plus ridicules de la religion païenne , et ce qui était le plus capable d'échauffer la bile des persécuteurs. J'ajoute que le titre de cet écrit , la plus forte preuve que l'on me puisse opposer , n'est point une preuve : 'AQnvctyôfiau'A6Yi\/iu.lou cfixotrécpou Xptç-iavoi/ Trfiia^uct Ttift XptC'stvwv : Athenagnrœ Athenietisis , philosophi christiani, legatio pro christianis.
Voilà le titie de la pièce. Mais vous remarquerez, s'il vous plaît , 1°. qu'il y a des manuscrits ou après vpio-èila., 1 on trouve « ai?roMyiA, uel apologia
(27) Legaliim egitpro Christianis. Dodwel., Dissert. Cyprian. XI , nuin. 27, j>ag. 261.
(28) Idem , ibidem.
(29) ; et qu'il y en a d'autres , où , au lieu de Trfis-fiiiet on lit ù.?rohoylct : i" . que le mot TTfia-Çiia. signifie non-seulement une ambassade ou une députation , mais aussi une requête et une prière j TJiv 7rpia-ëila.v non modo legationem , sed et deprecationem ac supplicationem apud Grcecos significare notum est (3o) : 3°. que le titre d'ambassade ne se donne point à la harangue de l'ambassadeur, mais à toute la relation que l'on compose de ses négociations. Ce serait donc une grande impropriété que de prendre ici le mot Tr^io-dlct pour ambassade.
Enfin , j'observe que M. de Tillemont ne s'exprime pas comme les autres écrivains. Oni^oitbien, dit-il, (3i), ffue la religion était alors persécutée dans l'Orient., puis qu Athénagore fut obligé d'y composer une apologie , sous le titre rfe Légation pour les Chrétiens. // l'adressa aux deux Augustes. Il ne parle point d'aucun voyage , ni d'aucune députation , ni d aucune apologie présentée aux empereurs ; il ne parle que d'un ouvrage composé dans le cabinet de l'auteur , et adressé à Marc Aurèle , etc. Chacun sait la difTérence qui se trouve entre un écrit qu'on fait remettre actuellement entre les mains d'un monarque, et un écrit qui est simplement adressé à ce monarque. J'avoue que l'autorité de M. de Tillemont me paraît ici trèsbonne , car il s'était fait une loi de ne pas étendre les témoignages des auteurs au delà de ce qu'ils signifiaient clairement : il se renfermait scrupuleusement dans les limites de ses preuves. J'infère de là qu'il ne trouvait aucun fondement pour cette députation d'Athénagoras , ni pour la présentation actuelle de son écrit apologétique.
Réduisant à peu de mots ce que je juge de ceci , j'ose bien dire que je compare Athénagoras à ces écrivains modernes qui , sans sortir de leur cabinet, ont fait voler par toute la terre une production de leur plume sous le tire de requête des protestans présentée au roi. Ceux qui liront ces sortes
(29) Vide Commentariiim Sufiridi Potri in Allienagor. , pag- 91.
(30) Adam hecbenb. Noise in Athenagor. ,
(3i) Tillemont, Hist. des Emper. , tom. II , pag. 756 , 757 , e'dition de Bruxelles,
ATHÉNAGORAS.
de pièces d'ici à cent ans , ne douteront pas qu'elles n'aient été actuellement présentées; mais nous autres , nous savons bien que cela est faux , nous savons bien que l'an 1680 il courut un imprimé , qui avait tout l'air d'une requête effectivement pi-ésentée au roi de France par ceux de la religion (32). Une infinité de gens le crurent dans les pays étrangers , et dans les provinces éloignées de Paris. J'ai néanmoins oui dire qu'elle ne fut point présentée , et il est certain que les députés des églises qui l'avaient dressée , en désavouèrent la publication. Il parut un autre imprimé de la même espèce , pendant les conférences de Ryswik, l'an 1697 , pièce vagabonde et sans aveu ^ mais qu'on pourra mettre un jour parmi les actes autbentiques, vu que rien n'y marque que cette requête n'ait pas été actuellement remise entre les mains de Louis XIV. Les premiers chrétiens en usaient apparemment de la même manière. Ils composaient des écrits adressés aux empereurs, et les publiaient sous l'espérance qu'il en tombei'ait quelque exemplaire entre les mains de ces princes , et que cela porterait la cour à remédier aux violences que l'on exerçait sur les fidèles injustement accusés. Encore un coup, je me persuade qu'Athénagoras fiit dans le 11^. siècle ce que fit Calvin dans le XVl". Calvin , caché à Bâle dans une petite chambre, dédia à François P"^. son Institution chrétienne , que ni lui , ni aucun autre , ne présentèrent jamais.
Je ne dois pas supprimer que le jour même que je composai cette remarque , je la communiquai à M. Cockburn (33) , qui s'offrit tout aussitôt de consulter là-dessus M. Dodwel. 11 m'a fait la grâce de me communiquer la réponse qu'il a reçue , qui est toute pleine d'une exquise érudition , d'où l'on tire des conséquences en faveur du sentiment que j'ai combattu. Ces conséquences ont de la probabilité.
La lettre de ce savant homme mériterait d'cire imprimée. Je l'insérerais ici volontiers , si j'ert avais la permission : mais ne l'ayant pas , je dois
(Sa) Voyez la remarque suivante.
(33) C'etl un Ecossais , docteur en théologie, et auteur de quelques livres anglais , dont quelques-uns coinbaltenl le Dunrignonisnie
aussi me priver de la liberté de la dispute.
(C) C/ne infinité de requêtes des protestons de rrance. . , ont été imprimées , sans avoir jamais été présentées au prince. ] Le public est si certain de cela , que je ferais une chose trèsinutile , si je m'amusais à le prouver. Mais pour ce qui regarde la requête qui courut l'an 1680 , j'ai sujet de croire que mes lecteurs s imagineront que je me suis trop avancé en niant (qu'elle ait été présentée. Il est donc juste que je propose mes raisons. Je commence par démêler cette requête d'avec plusieurs autres , qui furent dressées en divers temps , et je dis que c'est celle qui fut réfutée par un prêtre nommé Soulier. La réponse qu'il y fit fut imprimée sans son nom. Il est parlé de cette réponse dans la 6*. page des Derniers Efforts de l'innocence opprimée , et dans la page 3o5 de l'Histoire des édits de pacification (34) , et dans le III*. tome de l'Histoire de l'édit de Nantes (35). On trouve même dans ce dernier livre un précis de cette réponse , et Cela comme d'un écrit dont l'auteur était inconnu. Cet historien de l'édit de Nantes assure que la requête fut présentée : il arriua , je ne sais comment , ajoute-t-il (36) , que quelque temps après ellefiit imprimée et débitée publiquement. Je crois qu'il se trompe , et qu'elle fut imprimée et débitée avant qu'on eût pu la présenter. Or , depuis qu'elle eut paru en public , le roi ne l'eût point reçue.
Voyez dans la Vie de M. du Bosc comment le conseil se scandalisa de ce que les députés de ceux de la religion avaient publié une requête qu'ils avaient présentée, mais que le roi n'avait pas encore répondue (37). Ce prince fut tellement choqué de l'impression de cette requête , qu'il la condamna sans la foir , et qu'il fit mettre à la Bastille deux des députés (38).
Ceci se passa environ l'an 167 1.
Quelle apparence , qu'au bout de neuf ans , c'est-à-dire , dans un temps où
(34) De l'édition de Hollande , en 1682. Le sieur Soulier est V auteur de celle Histoire , et il y a mis son nom. Tl se reconnaît l'auteur de la
Réponse à la Requête, à la page 3o5 de cette Histoire.
(35) Liv. XVI , pag. 4o4 et suiv.
(36) Là même.
(37) Vie de M. tlu Bosc , pag. 81.
(38) Lit même.
ATHÉNAGORAS.
les cKoses étaient empire'es , les députes des églises eussent osé publier une requête , après l'avoir présentée au roi , et avant que de savoir sa réponse ? L'auteur de l'Histoire de l'édit de Nantes pourrait éluder ceci , en
aurait été interlocuteur dans le dialogue dont Epiphane donne des extraits.
Or , c'est un dialogue composé par Méthodius contre Origène , et où Mcthodius est l'un des interlocuteurs.
Mais les critiques ont fort bien con-
soutenant que les missionnaires firent jecturé qu'au lieu de S 'Adttvityâp* ,
imprimer la requête des protestans.
Cela , quoique possible , choque toute vraisemblance ; mais voici un fait qui le pressera un peu plus. M. Jurieu composa un livre fort peu après que cette requête eut vu le jour , et il n en parla que comme d'une requête qu'on AVAIT DESSEIN de présenter (Sg). N'estil pas plus digne de foi sur de telles choses , que l'historien de l'édit de Nantes , qui n'a écrit que bien des années après cet événement ? Lorsque je vis l'opposition qui se trouve entre ces deux écrivains , je fis consulter trois des principaux députés des églises , et nommément celui qui passe pour l'auteur de la requête. Les réponses que j'en ai tirées s'accordent parfaitement en ceci : c'est qu'ils ne se souviennent point si elle fut présentée ou non. Ils s'excusent de l'oubli sur le grand nombre d'affaires qui leur passaient alors par les mains , et sur le long et très-fâcheux temps qui s'est écoulé depuis. Je n'ai donc pas lieu de craindre que les personnes raisonnables m'accusent de témérité dans le parti que je prends ; car , outre les preuves que j'ai avancées , je me souviens que la tradition la plus fraîche , et en quelque façon originale , était celle que M. Jurieu a suivie , c'est que la requête vit le jour sans avoir été présentée par les députés.
(D) On ne le trouve cité que dans un oui'rage d'Epiphane.l II faut même corriger le texte , si l'on veut y rencontrer cette citation , Tî auv à Aistfo-
xa-SetTrip iKiX^» ■> ^ 'ABtwttyiptt , yiiii/u.ivov ùtto toZ &iOL (4o). Quidnam igitur tandern Dlabolum esse dicemus ? Spiritum uidellcet qui circa materiam uersatur , quemadmodùm dictum est , 6 Aihenagnra , h Deopiocreatum. C'est ce que portent les éditions d'Épiphane; et suivant cela , il faudrait dire qu'il s'agit là d'un autre Alhénagoras , qui
(39) ^or«?e.f Derniers Efforts de l'innocence opprimée, pag. 6.
(40) Epiptian. advers. H.-eres., num. 64. pag. 544» loin. t.
il faut lire râ 'Adtivctyôff, ab yitheno' gord(4i).
(E) // n'était pas bien purge- de toute hétérodoxie.^ Il admet deux sortes de mauvais anges : l'une comprend ceux que Dieu créa , et qui s'acquittèrent mal de la commission qu'ils avaient reçue de gouverner la matière et de présider à la production des formes ; l'autre comprend ceux qu'ils engendrèrent par le commerce charnel qu'ils eurent avec les femmes : elle comprend , dis-ie , les âmes des géans qui naquirent de ce commerce (4^)- SufTridus Pétri remarque qu'Athénagoras appuie son hypothèse sur deux passages de l'Ecriture mal entendus.
Teslimonia sunl potissimiim duo , sed nialè intellecta , quibus niti uidetur Athenagoras (43). Il n'entend , et il n'applique pas mieux le passage de l'Évangile qui condamne ceux qui répudient une femme pour en épouser une autre ; car il s'en sert à condamner les secondes noces , qu'il appelle sans détour un spécieux adultère.
"H OÎOÇ T/ç S'rê;tâM ,//têVS(V, H ê<|>' êV<7'«t^a>' 0 yttp J'iVTiptlÇ, iUTrpiTTlnÇ èç-i f/.0lXiisi."O; yap ÀV OLTroXUTi^ , ^ilTI, TJlV yvv!tix.a. ÀU-
Tow, x.iti ya,fjinT}^ axXMv , jtcoi;t*T*i. Ot/n ct.7r<j>.utiv iTTiTpÎTraiv «c iTruuTi tiç tjiv 7ra.pôivîst.v, ovTi i7rtya,/!A.ii\i . 'Oyàip siTroç'e-
pmv êStUTSV tÎÏç TrpOTSpoLÇ yUVSLIKOÇ, X.XI it TêSvJixs, //oip^ôç êç"' Tra.pcLX.iKO.XVf/.fJihoÇ ,
■n'ttpstSAivaiv julv thv ^««Jj* toO diau, oVi èv à.pX^ ô ôêàc 'ivst a.vS'pit iTT'Ka.T-i kili y.ia.v yvvctiKoL (44)* Autut quisque nalus est y ità maneat , auL unis nuptiis contentas sit , sccundœ enim speciosum sunt adulterium : Quisquis enim ( inquit ) dimiserit uxorem suam , et duxerit aliam , adulterium commitit : neque dimittere sinens eam , cujus uirginitatem delibaris , neque altérant ducerc. JVâm qui seipsum priori uxore
(4i) Paulus Leopardus, Emendat., lib. 'XIX, cap. IX. Pelavius in Epiphan. , ad Ha-'res., LXIV , num. 21 , pag. 260 , 261.
(4^) Athenagoras, pag. 227, et sequcnl.
{!^'■) Suffrid. Pétri in Athenagor. Apolog. , pag. 3 18.
!'\\) Athenagoras -pag. 298.
ATHÉNAGORAS.
prLi'at, eliamstea mortua sit , adullei est clancularius , citm prituiim. Dei nianum tiansgrcdintur ( quoniam ab initio Dcus ununi uirum et muliereiii unam ). Vous voyez qu'il irapose à tous les hommes la même loi que Dieu n'imposa qu'au souverain sacrificateur (45) : il veut que , s'ils se marient , ce soit seulement avec une fille. Il ne se contente pas qu'ils soient vierges , il veut aussi qu'ils ne choisissent que des vierges pour leurs femmes. C'est errer conséquemment j car si les secondes noces étaient criminelles , un garçon qui épouserait une veuve , serait criminel , et ferait un nouveau crime toutes les fois qu'il
reliqutrunt. Qui per mentis abreptianeni , Spiritu dwino ipsos niowenle , quœ accepenint , elocuti sunt , cùm et Spirilus eodem modo per ipsns operaretur , quo tibicen iii/lat Jintulam. 11 est vrai que la comparaison du Saint- Esprit avec un joueur de flûte est basse , mais le fond de la chose n'est point une erreur.
Ce que j'ai dit de la loi qui fut prescrite au souverain sacrificateur des Juifs , me suggèi'e une conjecture que je m'en vais hasarder. Les premiers chrétiens , qui se déclarèrent si fortement contre les secondes noces , furent peut-être engagés à ce sentiment parla considération qu'il, faut
s'acquitterait des fonctions matrimo- êlre plus parfait sous la loi de l'Évan niales. Il ferait pécher son épouse , or , gile , que sous la loi mosaïque ^ de sorte
selon les règles de la morale , quicon que fait pécher les autres pèche luimême. Dites-en autant d'une fille qui épouserait un veuf. Je ne sais, dit M. de Tillemont (46) , si l'expression (*') dont Athénagore se sert touchant les prophètes , en un temps oii les extases
que les laïques chrétiens sont obligés à observer toute la plus grande régularité qui fût en usage parmi les ecclésiastiques de la synagogue. En efl'et , il semble qu'à certains égards tous les chrétiens soient installés à la sacrifîcature (48). S'il fut donc trouvé à pro-
de Montan commençaient h troubler pos d'interdire le mariage d'une veuve
l'Eglise , ne peut point donner lieu de craindre qu'il n'ait été engagé dans ce parti. Néanmoins , ni Scultet, ni M.
du Pin {*') , n'ont point remarqué cet endroit comme sujet à quelque mauvais sens. Je ne trouve pas qu'on puisse
au souverain sacrificateur des Juifs , afin que cette défense le fît souvenir de l'attachement qu'il devait avoir à la pureté , n'a -t- on point dû croire qu'il fallait mettre tous les chrétiens sous ce même joug ? C'est ainsi peut-
avoir la moindre raison de le soup- être que l'on raisonna : peut-être aussi çonner de montanisme sous un tel pré- que la première origine de cette motexte. Combien y a-t-il d'orthodoxes, raie sévère fut le désir d'ôter pleinequi prétendent que les anciens prophè- nement l'abus de cette espèce de potes étaient ravis en extase , et que leur lygamie , que le divorce rendait frélangue ou leur plume étaient l'instru- quente. Les mauvais plaisans seraient ment du Saint-Esprit? Que pourraient- plus que ridicules , s'ils s'avisaient de ils donc trouver de blâmable dans ces critiquer ce qui fut prescrit au souverain sacrificateur. Il aurait fallu l'assujettir a quelque loi onéreuse , dirat-on 5 mais au contraire , il a été obligé h faire le délicat , et a ne vouloir pas être sert'id'une t^iande réchauffée. Permis aux autres de prendre le reste des autres , lui seul devait être plus difficile , et d'un goût bien plus friand.
Fade et basse raillerie ^ car c'est au rose4seeor«m,9M«?Moses, <7MœEsaias, fond une servitude que de n'avoir quœ Hieremias , quœ cceteri Prophetœ pas le droit de se marier à qui l'on
veut ; et combien y a-t-il de gens sensuels qui , dans une pleine liberté de choisir , préféreraient certainesveuves à toute autre maîtresse ? Mais de plus ,
paroles d'Athénagoras : No^m/^û) koÀ vy.Siç. . . oùx. âvoMTOuç ^«-yovsvjii ovn tbov Mooo-laiç , otfTê Tœv 'Ha-atiof xa.' lipifAiCiU , x.«t< Tffiv MiTrcèv ITpo^îJiTœv , o» xclt ïx.ç'x-
etùroùç Tau èiiou wvêi^//*Toç, aiivnpyoï/iTO 5^J<j)û)V11irat.V' o-t/^;^pMo-*//t£Vow TOU TrvivfJ-C- TOÇ, ÙxTii KCLI £tC/XMT»)Ç, StUAOV l/y.TTViUCrcH
(47). Arbitror vos etiam.... non igna
(45) Lévitique, chap. XXI , vs. i3 eti4.
(46) Tillemont, Hist. des Empereurs, loin. II, pag. •jSg.
(*■) Athenagor. , Leg. , pag. g, d.
f»») Scalt. , ;>flg. 53. Du Pin, lom. I, pag.
(47) Aibenagotas , pa^- ■32- 74'
(48) Voyei la l«. Épître de saint Pierre, chap. II , vers. 5 et 9.
ATHÉNAGORAS.
n'est-on pas aveugle , si l'on ne voit
fias dans cette défense la sagesse du égislateur ? Cette loi n'avertissait-elle pas le grand pontife de s'éloigner plus exactement qu'un autre des moindres déréglemens ? car si une femme n'était pas digne de lui , dès qu'elle n'aspirait pas à ce beau degré de perfection et de gloire où elle eût pu parvenir en préférant un chaste veuvage aux secondes noces , si la seule absence de cette vertu relevée , si , dis-je , cette seule absence qui est moins un vice réel que la simple privation d'un mérite distingué , suffisait à faire qu'elle fût indigne d'épouser le grand sacrificateur , n'éfait-ce point une preuve que Dieu exigeait de lui un cloignement particulier de l'impureté , et un attachement particulier à la conduite la plus exacte ? Lisez ces paroles d'un grand homme : Quin et iUa addeclaraiulam insignein filœ mundiùeni pertinent , qubd si quis de stirpe Aaron teneatur pro/lut^io sanguinis , fetalur ad sacerdotis niensani accedere sacrisque l'esci panibus : item quod quicumque i^itio maculdwe corporis essent dejorinati , subnioi'entur a sacris ministeriis : rursîis qubd ipse ponlifex jubelur i^irginem suœ gentis ducere , à viduâ , repudiald , ac proslitutâ , abslinere. JVon statlni quod ptebi licet , licet et sacerdoti : muUitudini multa conceduntur , à sacerdote suimna re-
quiritur puritas in omni i'ilœporùone gaisg jg ^^^^ écrits d'Athénagoras (49 . Le même esprit a règne dans la composée par Arnaud du Perron (56) -
mscipline chrétienne, autemps même — ;- -i . , . \ ,>.">
qu'elle n'excluait point du sacerdoce les gens mariés (5o) ; car elle en excluait ceux qui avaient eu successivement deux femmes , ou qui s'étaient mariés avec une veuve , ou qui avaient été déshonorés par l'adultère de leurs femmes : et si ce déshonneur leur arrivait dans l'état de cléricature , il fallait qu'ils s'en délivrassent par le divorce , ou qu'ils renonçassent à cet état. Verba sjnodi Neocœsav. cap. 8 hœc sunt : Si cujus uxorem adutlerium commisisse , citm esset laïcus , efidenter fuerit probatum , hic ad ministerium ecclesiasticum admitti non potest. Quod si in clericatu eojam constituto aduUerai'erit , data répudia di-
(4q) Erasmus , in Ecclesiaste, lib. I, pas. 46,47.
(5o) Voyez Duaren., de Sacris Eccles. Mînist. ac BeneCc. , lib. IV , cap. VllI .,pag. 386.
miltere eam débet : si i>ero retinere ejus consortium l'élit, non potest suscepto ministerio perjrui. cap. si cujus , 3^. distin (5i). Voyez la dissertation de M. Morin , ou l'extrait oui en fut donne dans les Nouvelles de la république des lettres (52).
(F) M. du Pin a oublié quelques éditions d'Athénagoras. ] Sa liste est fort ample (53) , mais elle n'est pas toujours bien ponctuée dans l'édition d'Amsterdam (54). Cela cause des brouilleries dans l'esprit, il n'a point marqué l'édition d'Oxford , ni l'édition de Leipsick : celle-là parut l'an 1682 , i/z-i3 , par les soins de M. Fell , évè'jue d'Oxford, et celle-ci l'an 1684 ? i/i-8°. . par les soins d'Adam Rechenberg Elles sont l'une et l'autre en grec et en latin , et accompagnées de notes. Il n a point parlé nun plus du Commentaire de M. Kortholt sur les traités d'Athénagoras. Cet ouvrage fut imprimé à Kiel , Tan 1675 , in-Jolio , et a été inséré , avec des augmentations, dans l'édition de Justin Martyr , d'Athénagoras, etc. , à Leipsick, en 1686.
Notez que Guy Gaussart , prieur de Sainte-Foi à Coulommiers , fit une version française de l'Apologie d'Athénagoras , et qu'il y joignit les notes de Sullridus Pétri. Cela fut imprimé à Paris , in-%°. , l'an 1574 Du Verdier Vau-Privas , qui me l'apprend (55) , fait mention d'une traduction fran-
mais il ne marque ni où ni quand elle a été imprimée (57).
(G) Je parlerai d'un roman , qui a paru sous le nom d'Athénagoras.\ Selon M. Cave , on n'en a vu encore que la traduction française , qui fut imprimée à Paris , chez Daniel Guillemot, l'an 161 a, sous ce titre : Du vrai et parfait amour , écrit en grec , par
(5i) Dnaren., de Sacris Eccles. Minist. ac Beneficiis, lib. IV, cap. VIII , pag. 887.
($2) Mois de juillet 1684, article VI, pag.
(53) Voyez le I". tome de ta Nouvelle niblioifaéque, imprime' l'an 1686.
(54) Je parle ainsi , n'ayant point celle d^ Paris.
(55) Du Verdier , 6ibliothéç|ae françoise , pa.g. 533.
(56) Celuiqui a fait en latin une Continuation de Paul Emile.
(57) Du Verdier , Bibliolhéçiue française, pag. 87 , 88.
ATHÉNÉE
Athénagnras , philosophe alhénien , Juvénal , que ces sortes de lectu-
contetiantles amours honnêtes de Théo- „„ '+ • 1 i- t r '
gone et de Charide , de Pherécide et ""^^ ^J^^^"* ^«^^ fréquentes , et
de Mélangénie. Martin Fumée , sei- <ï"e f ronton prêtait sa maison
gneur de Genillë, avait fait cette tra- et ses jardins aux poètes qui vou-
duction, et l'avait envoyée l'an 1569, laient réciter leurs vers devant à M. de Lamané , secrétaire du car- „ ^i . , .
dinal d'Armagnac. Elle fut trouvée une nombreuse compagnie («).
Îarmi les papiers de Bernard de Sanorry , qui la mit au jour en 1613 (58). Consultez M. Hnet, qui parle amplement de ce livre , et qui conjecture que Philander en est le vrai père (Sg).
Plusieurs autres voulurent bien que leurs maisons servissent à cetusage(è); mais , par malheur pour les poètes, ils leur laissaient
Il nous apprend que ce Fumée se vanta souvent bien des frais à faire (C): d'avoir eu l'original grec , par le c'était à celui qui devait lire son moyen de Lamané , protonotaire du ouvrage , à garnir la chambre ;
cardinal d'Armagnac
Notez que l'édition indiquée par M.
Cave , et qu'il avait vue dans la bibliothèque de M. Vossius, n'est pas la première. J'en ai une , qui est de Paris , chez Michel Sonnius , en 1699 , irt-ia. Le titre ne difl'ère presque en rien de celui que l'on a vu ci- dessus (60). La préface est de Bernard de San-Jorry , et datée de Castres , le i*"^. octobre iBgô. Elle nous apprend que San-Jorry , presque septuagénaire .
avait trouvé parmi ses papiers une copie de cet ouvrage , laquelle ilat'ait fait écrire sur celte qui avait été enrayée à M. de Lamane , et qu'il pria jyi. de Fonbouzart , lequel s'en allait en cour pour quelques siennes affaires.
c'était lui qui payait le louage des chaises. Il y a quelque apparence que l'empereur Hadrien , qui aimait et qui entendait les sciences , se proposa entre autres fins , quand il fit construire l'Athénée , de ne plus laisser les auteurs sous le joug de ces incommodités. Il ne faut point douter que ce lieu ne servît aussi de collège (c) : non - seulement on y lisait des ouvrages , mais on y faisait aussi des leçons. Je trouve même que le sénat s'y
lui faire ce plaisir de se charger de cet assemblait quelquefois (d). On a
étendu le nom de ce lieu sur toutes sortes de collèges destinés à l'explication des sciences et des langues, car on les appelle en latin Athenœa. Il y en a même qui croient que les bibliothèques ont porté le nom &Athenica{e).
œu\'re , et \'ouloir prendre la peine de le communiquer h quelque imprimeur , passant par Paris.
(58) Tiré de M. Cave , Histor. Litterar. de Scriptor. eccleslast. , pag. 4o
(59) Huel, de l'Origine des Romans, pag. ^2. et suif.
* On trouve , dil Joly , des traits curieux sur ce roman dans la Biblioiheca grœca. de Fabricins , liv. V,chap. I, pag. 88, et cliap. VI,
(60) Au lieu de Théogone , mon édition porte Thcogènes , et au lieu de Pherecides , elle a Pherecydes.
{a) Frontonis platani convulsaque marinora
clamant , Semper et assiduo rupiee lectore columnœ.
^b) Stella, clans Martial, Epigr. VI du IV''. livre; Tilinnius Capito, dans Pline , Lettre XII du VIII". livre; Quadratus, dans Z'Epict. d'Arricn, livre III , chap. XXllI.
(c) Voyez, la vemarcjue (A.).
{d) Voyez la reniarçue (A.) , sur la fin.
(e) Salmas., iuTrebell. PoUioa.de Trigenta
et à ceux qui voulaient lire leurs Tyrannis.
ouvrages en présence de beau- ^^^^.^.^ ^ ^^ ^^^ ^.^^^ ^^ ^.
coup de monde. Jl parait par le ^^..^^ ^ ^^ g^ec 'Afl^vi , la déesse des
commencement des satires de beaux-arts et des sciences : on trouva
ATHÉNÉE (A) était un édifice public dans Rome , bâti par l'empereur Hadrien (B) , pour servir d'auditoire aux docteurs ,
ATHÉNÉE
iuste qu'un édifice fait en faveur des Homa foveret ulnis , quoqiie recitante savaus portât le nom de cette déesse. crepUanlis Alhenœi subsellia cuneata DiiHlfiiies-uns ont cru aue c'était un 9Urt<ere«t«r('j). L'étymologiequeDion
Quelques-uns ont cru que c e temple qui lui était consacré ; mais Aurélius Victor ne nous en donne pas cette idée. Gymnasia , dit-il (i) , en parlant de Tempereur Hadrien , doctoresque curare occœpit , adeb quideiu ut etiani ludum ingcnuarum arlium quod Athenœum i'ocant , constitueret. Les autres historiens qui en parlent ne le représentent que comme un lieu à leçons , à déclamations
nous donne est une nouvelle raison contre ceux qui ont pris l'Athénée pour un temple de Minerve : il dit que ce lieu s'appelait ainsi, à cause des exercices des gens de lettres ctTro tîïç h olùtS Tcëv -TTiTTcti^iii/Aha»/ ÀTKï\<riaiç {8). Il nous apprend aussi que le consul assembla le sénat dans l'Athénée , lorsqu'il eut su que les cohortes prétoriennes avaient arrêté les raeurtriei's de Pertinax. h'ob-
lectures : Adylthenœum audiendorum jection qu'on pourrait tirer de ce que et grœcorum et latinorum rhetorum ce/ le sénat ne s'assemblait que dans des
poëtarum caussâ fréquenter processit: "' *
c'est ainsi que Lampridius parle touchant Alexandre Sévère. On cite ce passage dans Calepin , peu après avoir débité que l'Athénée était consacré à Minerve , et que les poètes et les autres écrivains grecs 3' apportaient leurs ouvrages , comme les écrivains latins apportaient les leurs dans le temple d'Apollon. Jugez par -là de l'exactitude de ceux qui ont composé .
ou corrigé ce gros dictionnaire. Cruquius use du même partage ; il envoie les poètes latins au temple d'Apollon , et les poètes grecs dans le temple de Minerve , lequelilnomme Alhénée{2).
Mais continuons à voir ce que les anciens ont dit du lieu en question. Cùm Pertinax eo die processionem quant ad Athenœum paraferai , ut audiret poêlant , ob sacrificii prœsa^iuni distiilisset (3). Un autre dit que Gordien , qui fut empereur, avait déclamé dans 1 Athénée : ubi adoleuit , in Athenœo conlrouersias declamawit (4). Philostrate dit que le sophiste Adrien , qui tint le haut bout à Rome , n'avait pas plus tôt annoncé qu'il haranguerait , que les sénateurs , les chevaliers et tout le monde , accouraient à l'Athénée; Apo^û) ê^aipowv èç to 'Aân'vstiov 'opfAiiç juiçoi (5). Contenta cursu et studio in- Jlanimaloin Athenœum conuolabant.
Ajoutons encore ces paroles de saint Jérôme : Quandb omne Athenœum scholaslicorum vocibus personabat (6) ; et celles-ci de Sidonius ApoUinaris :
Di^nus omnino quem plausibilibus
(1) Aurélius Victor, in Hadriano,
(2) Cruquiu; , in Horat. , Sat. X , lib. I.
(3) Julius Capitolin., in Perlinace.
(4) Capitolin. , in Gordiano.
($) Pliilostr. , in Adriano.
(ô) Hieron. , de Obilu Paulioa; ad Pammacb.
lieux consacrés par les augures ne balance nullement les raisons qui montrent que l'Athénée n'était point un temple de Pallas. Au reste , ceux qui disent que le premier lieu qui a été nommé Athénée était dans Athènes (9) auraient bien de la peine à le prouver. Le bon M. de Marolles se faisait de ce mot-là une idée beaucoup plus fausse , car il a dit dans sa traduction d'Aurélius Victor , qu'Hadrien fit venir des doctes et des gens de lettres de toutes parts , comme s'il eût i^oulu mettre Athènes dans Rome.
J'observerai par occasion que , dans la ville d'Alexandrie , c'était au temple des Muses , que les poètes , les rhétoriciens et les grammairiens s'assemblaient pour fair« montre de leur esprit : 'ATrÂyn Tra^à to rî/unvoi tSv
•yfO./xfjt.a.'rn^Sù't ot Tra.iS'iÇ <foiTœvTîç, TrofoSy- Ttti Totç 'iTTiéii^îiç. Abducit ad jyiusarum templum , qub poëtœ , rhetores , grammatici ventilantes , prœbent suorum ingeniorum specimina. C'est ainsi que parle de la pratique de son temps un auteur du Vl*. siècle , je veux dire Zacharie de Mitylène , dans son livre De niundi opificio. Voyez la page 339 du onzième tome de la Bibliothèque des Pères , imprimée à Paris l'an 1644.
(B.) Il fut bdti par l'empereur Hadrien. 1 Je l'ai prouvé par le passage d'Aurélius Victor : ainsi Casaubon est très-bien fondé à se moquer de Théo-
(7) Sidon. Apollin., Epist. XIV , Ub. IX, Vide etiain Epist. IX eiusd. lib. et Epist. VIII.
Ub.ir. '^ I t- •
(8) Xiphilin. , in Didio Juliano , sub fin. ou Xilander traduit AÔnvetlov par Templum Minervae.
(9) Le Thésaurus Fabri , édition de 1692.
ATHÉNÉE
dore Marsilius , qu'il traite assez durement sans le nomi;ner (lo). Cet homme emploie beaucoup de verbiage dans son commentaire sur Perse pour prouver que l'Athénée , et le temple d'Apollon Palatin , étaient la même chose. Vossius lui a relevé la même faute , et lui a donné pour complice le père Raderus sur l'épigramme LXX du livre X de Martial (ii). 11 aurait pu lui donner pour second complice Savaron , qui , par ces paroles d'Horace
Hœc ego ludo ,
Qute nec in œde sortent cerianlia judice Tarpà (12)
entend qu'Horace ne voulait pas que ses vers fussent lus dans l'Athénée (i3). Il donne cette explication comme les propres paroles d'un ancien scoliaste. Lipse se sert de la même autorité , quoiqu'il avoue qu'un autre vieux scoliaste entend là par œdum le temple d'Apollon Palatin (i4). Si ce savant homme avait songé au passage d'Aurélius Victor , il n'eût point préféré l'explication du premier de ces scoliastes, à celle du dernier (i5).
Voyez en son lieu l'article Tarpa.
(C) Ceux qui prêtaient leurs maisons aux poètes , pour y réciter leurs ouuraf^es fleur laissaient bien des frais à faire. ] L'auteur du dialogue de Causis corruplœ Eloquentiœ m en est garant , lorsqu'il dit , Domum mutuatur , et auditorium exstruit , et Subsellia conducit , ut beatissinius recitationem ejus ei^entus consequatur.
Juvénal me servira de second témoin j car il menace les poètes du chagrin de ne trouver aucun grand seigneur , qui leur donne de quoi se rembourser de la dépense qu'ils auront faite :
Nemo dahil regum quanti subsellia constent. Et quie conduclo pendent anabathra tigillo, Quceque reporlandis posila est orchestra caihedris (i6).
Je ne voudrais pas nier qu'ils n'aient quelquefois récité dans une maison de
louage • mais je ne saurais m'empécher de dire que Vossius le soutient sans nulle raison , puisque les témoignages qu'il en allègue ne signifient rien moins que ce qu'il prétend. Le premier passage qu'il cite est celui du dialogue de Causis corruptœ Eloquentiœ , où l'on vient de voir domum mutuatur , ce qui signifie maison d'emprunt , et non pas maison louée.
Le second est de Juvénal , et consiste en ces paroles :
C'iim jam célèbres notique Poette
Balneolum Gabiis , Romte conducere furnos Tentarenl (11) ; -^
Ce qui ne marque que la maudite stérilité du métier , qui avait pensé contraindre les poètes à faire banqueroute aux muses , afin de gagner leur vie dans quelque emploi mécanique, comme vous diriez la profession de baigneur , de boulanger , de crieur.
Le troisième témoignage est tiré de ces paroles du même Juvénal :
Ipse facit versus , atque uni cedit Homero Propter mille annos ; et si duUedine famte Succensus recilet , Maculonis commodat œdes (18).
Il est si manifeste que , dans ce passage , non plus que dans le précé dent , il n'est point dit que les poètes louassent la chambre où ils récitaient leurs poésies , qu'on ne saurait comprendre comment de telles méprises ont pu échapper à la vue du savant Vossius. Remarquez qu'elles se trouvent dans un livre qui fut imprimé durant la vie de l'auteur (19) , et qui a pour titre, de Imitatione cum oratoriâ tum prœcipuè poëticâ, deque Recitalione Veterum. Ce dernier sujet a été traité amplement par CresoUius dans son Théâtre des anciens sophistes.
(n) Juvénal. , Satirâ VU, vs. 3.
(18) Idem , ïbid. , vs. 38.
(19) A Amsterdam , en 1647 > ovec les losti'» tutiones poé'ticse.
(10) Casaubon Perlin.
Comment, in Capitol. Viu ATHÉNÉE , grammairiea
(..) Vossius, de Imita.. , png. 36. S^'^^' natif de Naucratis en Égyp-
(is) Horat. , Satir. uit., w. 37 , w. /. te , 3 flcuri au IIP. sièclc (A).
/i'Px'"""' ' '" ^*''°" *P°"°°' Epi^t. XIV, C'était un des plus savans hom-
(i4) Lipsius, Episi. XLViii, Ceniuriœ II , Hics de SOU tcmps : il avait tant
" * *■ lu , et il se souvenait de tant de
choses
(i5) Voyez Vossius, de Imitât., pag. 6l. (16} Juvénal., Satirâ VII, vs. 45.
qu'on peut justement le
ATHÉNÉE
nommer le Varron des Grecs (a).
De tous les ouvrages qu'il composa (B) , il ne nous reste que celui qui avait pour titre Les Dipnosophistes , c'est-à-dire, les Sophistes à table {b) , dans lequel il introduit un certain nombre de savans de toutes sortes de professions, qui discourent d'une infinité de choses à la table d'un bourgeois de Rome , nommé Larensius. Il y a une infinie variété de faits et de citations dans cet ouvrage d'Athénée , qui en rendent la lecture très-agréable à ceux qui sont assez habiles pour aimer l'antiquité avec connaissance de cause. Mais il ne faut point douter que les savans qui étaient contemporains de l'auteur , ne jugeassent moins avantageusement de son ouvrage que l'on n'en juge en ce siècle. Ces savans pouvaient aller à la source , et y avaient vu la plupart des choses qu'Athénée leur débitait : ainsi ils ne considéraient son ouvrage que du mauvais côté , que coinme un entassement et une compilation de recueils. Mais pour nous , qui ne pouvons plus consulter qu'une très-petite partie des auteurs allégués par Athénée , et qui ne trouvons que dans son livre cent particularités curieuses dont il parle , nous regardons sa compilation comme un trésor trèsprécieux ; nous la considérons du beau côté , et nous transportons sur l'auteur l'estime que
(a) Voyez la préface de Casaub. sur Athénée.
(b) AÊi7rvoiro<f iç-âv ^iCM'atTrévTê »*» i'ix.a.. Deipnosopliistarum libri quindecini. Vossius aurait mieux fait de ne pas employer deux
fois dans la même page {c'est la 232"=. de Histor. Griccis, ) le term» Asi7rvoiro«piç'iK»y.