TOME II
nous avons pour les raretés qu'il rapporte , qui ne sont devenues des raretés , que parce que les livres d'oii il les avait tirées ne subsistent plus. C'est ainsi qu'il y a tel compilateur, dont notre siècle ne fait nul cas , qui serait admiré d'ici à mille ans , s'il arrivait dans la république des lettres les mêmes révolutions qui ont fait périr la plupart des livres des anciens auteurs grecs et romains. Nous ne pouvons pas répondre qu'il n'arrivera jaiuais rien de semblable. Ne blâmons donc pas ceux qui compilent , ils travaillent peut-être plus utilement pour les siècles à venir , que les auteurs qui n'empruntent rien de leurs confrères. On trouve dans les Dipnosophistes de notre auteur plusieurs traits de médisance , et plusieurs morceaux de la chronique scandaleuse, et bien des contes obscènes. Il ne nous reste point de livre qvii ait été plus maltraité qu'Athénée par les copistes (C) ; toutes les éditions que l'on en a sont très-imparfaites (D). Quelqu'un avait fait un abrégé de cet ouvrage (E) ; M. Moréri s'est voulu mêler de dire un mot de cela , et s'est fort trompé (F).
Tout ce qu'il a dit d'Athénée , et de deux autres personnes de ce nom , est défectueux (G) . Nous verrons en quoi cela consiste dans la dernière remarque de cet article.
(A) Athénée ajleuri au III'.
siècle. 3 M. le Fèvre a censuré Helvicus qui , en citant Suidas , a mis Athénée sous l'empire d'Autonin Plus (i). Ce sont deux fautes j car Suidas
(i) Tanaq, Faber, Epistol. LXIII , lib. I , pag. an, 3ia.
ATHÉNÉE
le fait fleurir sous Marc Aurèle , et ne sa conjecture; c'est que le passaj^c
mérite pas en cela d'être copié , vu dont il s'agit commence ainsi : Puis-
qu'Oppien , qui a dédié un poème à que j'ai fait mention de la ville d'A-
Fempereur Caracalla (a) , mourut lexandrie, Callixène n'avait garde de
avant Athénée. Il ne fallait donc pas parler de cette façon dans un ouvrage
qu'Helvicus plaçât Oppien 5o ans concernant cette ville-là (7). C'est
après celui-ci. C'est une faute que donc Athénée qui se sert de cette
M. le Fèvre lui reproche , cl il sou- phrase , après avoir achevé de rap-
tient qu'Athénée a vécu en même porter ce qu'il empruntait de Cal-
ai^ait composé divers oufra-
en avait écrit un des rois de
gard du temps- K<*J tov oxlyùù tt^o «//«ëv Syrie , comme il nous l'apprend lui- ■ytvô/xivov 'OTrTrtctyo]/ to» Ki'm»* (3) , et même (8). Vossius lui en attribue un qui paulo anie nos cixit Oppianiim autre sur les hommes illustres et les Cilicem , dit-il , en parlant de plu- générau - d'armée qui s'étaient battus sieurs auteurs qui avaient écrit de la en duel (9}. 11 se fonde sur ces paroles pêche. On objectera sans doute , qu'il du IV". livre r'OTt <f« jt*J oî êV(fo^oi xotî ol dit ailleurs (4) , qu'il a connu le poète yijuôvn 'i/Lf.ovof/.âiX'^vv x.a.1 'tx. -Trponhna-taiç Pancrates , qui reçut quelque présent toût' 'iTroiaui h iKKcin iifnKiL[/.iv (10). de l'empereur Haàrien j mais cela ne Illustres quidem viras et exercituuni forme point un grand embarras, il suf- duces provocatos singulare certamen fit de supposer que Pancrates était fort non detrectâsse alibi diximus. Cette jeune en ce temps - là , qu'il vécut matière serait très-propre pour un quatre-vingts ans , et qu'il mourut traité particulier 5 mais elle pourrait avant qu'Athénée fût parvenu à 1 an aussi être insérée comme un épisode 30 de sa vie. Vous trouverez par-là dans un autre ouvrage, et surtout par que rien n'empêche que celui-ci n'ait un auteur qui battait autant de pays vécu iusques à l'empire de Gordien. qu'Athénée en peu de temps , et qui Si M. de Tillemont se fût souvenu du aimait la rapsodie autant que lui. passage grec d'Athénée que j'ai cité , C'est pourquoi l'opinion de Vossius la vieillesse qu'il eût cru devoir don- n'est pas fort certaine, ner à cet écrivain lui eût paru plus (C) Il ne nous reste point de livre surprenante; car il le suppose^b/'fdg*^» plus mal traité qu'Athénée par les en se figurant seulement que son ou- copistes. ] On ne saurait compter les vrage fut écrit après la mort de Com- omissions, les transpositions, les mode , et la raison qu'il en donne est fausses leçons , vu leur grand nomqu' Athénée ap-tiit connu le poêle Pan- bre. Voilà des fautes qu'on peut im-
pourtant le désapprouver en consé- eux. 11 nous manque les deux pre-
quence du passage grec que l'on a vu miers livres , le commencement du
ci-dessus. N'allez point me dire que troisième , et la plus grande partie
ce n'est point Athénée qui se vante du dernier. Pour suppléer cette perte
d'avoir connu le poète Pancrates , et le mieux qu'il a été possible , on a
que ces paroles-là sont de Callixène impi'imé avec ce qui nous reste d'en-
le Rhodien , qu'il avait cité peu au- tier l'abrégé de ce qui s'est perdu ;
paravant. Cette supposition n'est car , comme je dirai bientôt , on a
point recevable. Casaubon a fort bien encore l'abrégé de tout l'ouvrage. vu que les paroles de Callixène man- (D) Toutes les éditions que l'on en
quent dans le livre d'Athénée (6); <iiO«t ïrès-J>wpar/rtt/«. ] La première
mais il a omis une très-forte raison de est celle qu'Aide Manuce donna l'an
(a) Qui fut luéVan 117.
(3; AlheOBUs , lib. I ,pag. i3.
(4) Idem , lib. XF , pag. 677.
(5) Tillemonl , Hist. des Empereurs, Um. II, pag. 8ag.
(6) Casiob. , iu Alljtn. , pag. gSS.
(7) 'Ev To7ç TTipi 'AXlÇctVtTiP »»'*?• In suit libris de Alexaiidrid. (Athen. , lib. XV , pag.
(8) Alben., lih. V,pag. an.
(d) Vossius, de Histor. grscis , pag. 282. (10) Alben. , lib. IV , cap. XIII , injin»'.
ATHÉNÉE
i5i4- Marc Musurus , Grec de nation, meilleur Athe'nëe qu'on puisse achel'assista de ses soins et de ses lumières, ter. M. Tabbé de -Marolles a traduit en Cependant comme ils n'avaient pas notre langue cet auteur erre. Je ne de bons manuscrits , et qu'ils n'eu- doute pas qu'il n'ait suivi comme son rent pas l'exactitude ne'cessaire en unique modèle la version latine , et corrigeant, il demeura une infinité qu'il n'ait commis beaucoup de fautes, de fautes dans leur travail. L'édition Je ne connais cet ouvrage que par le de Bâle , qui suivit celle-là , en i535 , Journal des Savans(i5). 11 est in-^°. , apud Joiinnem f^alderurn , in-folio, et fut imprimé à Paris, l'an 1680. par les soins de Jacques Bedrot , et de C'est la première traduction française Christien Herlinus , ne valut pas de l'original , et la dernière compomieux. Natalis Cornes osa bien se ha- sition du traducteur. J'ai ouï dire sarder à mettre en latin Athénée, qu'elle s'est si bien vendue , qu'on ne Personne n'ignore qu'il avait de l'éru- la trouve presque plus chez les libraidition. On connaît par sa Jlylhologie res , et qu'elle est d'une cherté excesqu'il avait fort lu et fort étudié ; mais sive *. Quant à ce qui a été débité comme il n'entendait rien dans la cri- touchant une traduction faite par tique ,il est certain que sa traduction Sanga , voyez ci-dessus les citations est du dernier pitoyable. C'est la pre- (i i) , (12) , et (r3). mière qui ait été publiée. u4nte omnes (E) Quelqu'un aidait fait un abrégé alios ( nam de Sangâ Roniano i^ereor de son ouvrage des Dipnosophistes. 3 ut credendutn sit Paulo Joi^io , ) la- Casaubon avoue de bonne foi que cet tinumfecitAilienœum{\i).Quaiiu'is abréviateur lui est inconnu, et (ju'il rumor spargeretur Sangam palricium n'en connaît, ni lenom, nile pays, ni le romanum , virum , ut aiunt , exiviiœ siècle (16). 11 le met néanmoins plus de doctrinœ, id prœstitisse (la). Casaubon 5oo ans au-dessus de lui , et il est bien ne marque pas en quel endroit Paul assuré qu'il le faut mettre au-dessus Jove a dit cela : c'est au livre de Pis- d'Eustathius (1^), parce qu'Eustathius cibus romanis. Voici ses paroles : s'est servi plus d'une fois de Fabrégé Sanga Romanus , poêla lepidus , cujus d'Athénée préférablement à l'original , beneficio jiOienceum Latinum legimus ce qui l'a fait tomber dans quelques (|3). Mais ces cinq dernières paroles fautes (18). Casaubon prétend que cet ne se trouvent point à l'édition de abréviateur était quelque granimai- Bâle , en i56i , per Henricum et Pe- rien , qui entreprit sur Athénée la truni Pernam , ce qui montre que même chose qu'Hermolaus avait en- Paul Jove avait reconnu qu'il s'était treprise sur l'ouvrage d'Etienne de trompé. Dalechamp, médecin célèbre, Byzance , et qui mérite qu'en certaidonna une seconde traduction , qui nés choses on loue son érudition , et vaut mieux que celle de Natalis Co- qu'en d'autres on blâme son manque mes , et qui aurait pu être beau- d'exactitude (19). Les manuscrits d'Acoup meilleure qu'elle n'est, si l'au- thénée étaient déjà fort corrompus , teur avait eu moins de pratique. Mais quand cet abrégé fut fait. Deux raicomme il s'attachait à sa profession , sons le prouvent: on voit dans l'abrégé et qu'il ne donnait à Athénée que le plusieurs corruptions semblables à temps que ses malades lui laissaient celles de ces manuscrits ; et l'abréde reste , il n'a point fait tout ce qu'on viateur avoue qu'il passe certaines pouvait attendre de lui, quoique pen- choses, parce qu'elles ont été falsidant près de trente années il ait con- fiées (ao). Casaubon avait le manusacré à cela tout le loisir qu'il pouvait scrit de l'abrégé (2 r). David Hoestrouver (i4).0n en est demeuré là. (,5) /)„ ao ma< 1680.
L'édition de Dalechamp , le grec d'un côté , le latin de l'autre , avec le volume des notes de Casaubon , est le
(11) Casaubon. , Pr«f. Animadv. in Aiben.
(12) Dalechampius , Epiit. dedic. Athenzi. (i3) Paulus Jovius , Pisclbus romanis, cap.
XXXI, pag. 104, édition, an. i53i, ex officind pae- 3 Frobenianii.
» Cela n'est plus; ii existe nne aalre trajuction française d'Athénée par Lefebvre de Villebrune, i';85-Qi , cinq volumes in-4°. : elle n'est pas estimée, étant inûdèle et très-mal écrite.
(16) Casaubon. Animadrers. in Atben. ,init.
(17) Idem, inPrcrfat. et mAnimadv., pag. 3. (i8) Idem, in Animadv. , pag^ i etx, (19) Casaubon. Animadvers. , in Aitea |
Ci4) Ex Prmfat. Casaubon. in Atben*Km.
(,2o) Idem, Prcefaiione. (ai) Idem, Animadv., initia.
5oo ATHÉNÉE.
chelius le lui enroya : il y manquait le premier livre et une partie du second , de sorte qu'on avait retranche' du commencement presque tout ce qui en avait été inséré dans les éditions d'Athénée , pour suppléer ce qui s'est perdu des Dipnosophistes.
(F) M. IHoréri s'est voulu mêler de
(G) Ce qu'il a dit., de deux autres personnes de ce nom est fort défectueux. ] Ce sont Athénée l'historien et Athékée le philosophe. M. Moréri débite que le premier Athénée a écrit l'Histoire de Sémiramis , et que cette histoire se trouve dans le deuxième livre de Diodore de Sicile , et que Mu-
parler de l'abrégé d'Athénée, et ret l'a décrite sans citer l'auteur. 11
s'est fort trompé. ] Voici ses paroles : faut être bien peu attentif, lors qu'on
Athénée a écrit un ouvrage desDipno- ne sent pas que ces paroles renfer-
sophistes en quinze litres , qu'Hcrmo- ment je ne sais quoi de contradictoire.
laûs de Byzance mit en abrégé , selon Suidas, ie ne dis rien de son péché d'omission : il est assez évident qu'il devait nous dire si ce que l'on a est l'ouvrage même , ou seulement l'abrégé qu'il nous annonce. Arrêtonsnous seulement aux. péchés de commission. 1°. Il est faux qu'Hermolaiis
Un historien met-il dans un petit coin de son ouvrage tout ce qu un autre historien a écrit sur un long règne , sur un règne lecond en evenemens r Un critique comme Muret pourrait-il enfermer dans un de ses courts chapitres (îS) toute la vie de Sémiramis ? Cela est absurde. 11 fallait donc s'ex-
de Byzance ait abrégé Athénée. 2°. 11 primer en cette manière , ou en quelest faux que Suidas le dise. 3°. Il est que autre semblable : Diodore de Sifaux que Suidas ait parlé d'aucun cile rapporte une action de Sémiramis, abréviateur des Dipnosophistes. Ca- et cite un auteur qui s'appelait Athésaubon me parut d'abord être la cause née. Muret rapporte la même action , de l'égarement, la cause, dis-je, très- sans citer personne. Conclure de là innocente ; car qui aurait jamais de- que cet Athénée avait composé l'hisviné que l'on broncherait sur ces pa- toire de Sémiramis , et par conséquent
rôles ? Putem confectam Constantinopoli ante annos quingcntos et ampliiis hanc epitomen ab aliquo grammalico , qualis fuit Hermolaus Byzantius , auctor eorum excerptorum quœ
qu'il doit avoir place entre les historiens , c'est aller trop vite : sur ce pied-là. Sénèque aurait fait l'histoire de presque tous les grands hommes; car il n'y en a guère dont il ne rap-
hodiè pro 'Eôvixôiv Stephani libris in porte quelque action , ou quelque sen
doclorum manibus versantur (22)- Mais j'ai trouvé dans la suite que c'est Charles Etienne , qui a trompé M. Moréri. Je pense que Volaterran est le premier qui a imputé faussement à Suidas d'avoir dit qu'Hermolaiis de Byzance avait abrégé Athénée. On releva cette faute de Volaterran dans l'édition d'Athénée de l'an i535, comme on peut l'apprendi'e sans consulter cette édition , pourvu qu'on jette les yeux sur la Bibliothèque de Gesner. Quelque aisé qu'il fût de ne pas tomber dans la même faute , puisqiie Gesner la marquait, il est sûr que Charles Etienne , Lloyd , et Hofman y sont tombés tout de leur long 5 et ils ont assuré , (|ui pis est , qu il ne nous reste d'Athénée que l'abrégé d'Hermolaiis Byzantin : Opus , quod ad nos sanc haudquaquhm integrum pen'enit ; ejus epitome ab Hermolao Byznntio Tantom relicta : authore Suidd.
(31) Idtm, Aclmndv. , pag. 3.
tence mémorable. Cela soit dit contre Vossius , qui , à tout hasard , met au nombre des historiens celui dont Diodore de Sicile fait mention ; mais il s'est bien gardé de dire positivement que cet Athénée ait fait l'histoire de Sémiramis.
A l'égard d'Athénée le philosophe , il est faux que Strabon , cité par M. Moréri, dise qu'il enseigna dans Rome la philosophie d'Aristote; qu'étant retourné chez lui il fut accusé d'avoir dessein de former une république , et qu'on l'arrêta. Voici ce que Strabon en dit (24) : « Athénée , phi- M losophe péripatéticien , natif de Sé- » leucie dans la Cilicie, eut part au M gouvernement , et fut démagogue » (a5) dans sa patrie, pendant quel-
(23) C'«< le Xyil<=. du yi*. livre variarum Lectionum. Moréri l'a cilé; mais on a mis celle citation à l'article (i'Atliénée, me'decin.
(24) Sirabo, lib. XIV , pas- 46i-
(25) Qu\l me soii permis d'employer ce mQt à In manière des Grecs , pour signifier ceux
ATRAX ou ATRACIA. 5oi
j) que temps. Ensuite il devint intime embouchure dans la mer lonien-
j. ami de Murcna, et s'enfuit avec lui „e (/j , passait par le pays des
w quand on eut découvert que Mure- Afp
j> na avait conspire contre Auguste. -Airaciens.
3> Il fut pris dans sa fuite ; mais l'em- (y^ ibidem, lib. IF , cap. II.
» pereur, ne le trouvant point coupa-
» ble, le mit en liberté. Athe'nëe re- (^) Les poètes se sont quelquefois
» tourna à Rome , et dit à ceux qu'il servis de lépithète Atracien , pour
» rencontra les premiers ces paroles signifier Thessalien.] Ce'neiis , qui
» d'Euripide : fut tué dans le combat des Centaures
.,,- „ - „ 1 , et des Lapithes , aux noces de Piri-
"^ "^ thous, est appelé Atracides par Ovi-
. ~ Ht de (i), non pas pour signilier qu il
» Atjrav 'i •. ri J'Ai
était uls a Atrax , car un peu aupara-
■n Je fiens de quitter l'antre des morts, vant on l'avait nommé fils d'Élatus
» et les portes de l'enfer. » On ne sau- (2) , mais pour signifier en général
rait comprendre l'origine de ces faus- qu'il était de Thessalie. Je n ignore
setés de M. Moréri , car il semble qu'il soit plus malaisé de gâter ainsi les choses , que de les rapporter telles qu'on les trouve.
qui par leurs harangues s'acquéraient un grand crédit sur le peuple et lui Jaitaient prendre telle ou telle résolution.
* Earjp. Hecaba, i>. I.
ATRAX ou ATRACIA (a), ville de Thessalie {b) , sur le Pénée, eutce nom à cause qu'Atrax , fils de Pénée et de Eura , la fit bâtir (c). Elle devait être considérable, puisque les poètes se sont quelquefois servis de l'épithète .Atracien, pour signifier Thessalien (A). Pline met les Atraciens parmi les peuples d'Étolie (d) , mais il ne faut pas in-
pas que selon d'autres auteurs (3) il était fils d'Atrax. Le même poète nomme simplement Atracis la femme de Pirithoùs.
Desine mirari posito quod candidà vino Atracis ambiguos traxil in arma viras (4).
11 lui donne ailleurs le nom propre Hippodamie ; mais il y ajoute l'épithète Atracis.
An fera centauris indicere bella coëgit
Atracis HcBinonios Hippodamia viros (5) f
Valérius Flaccus l'a désignée par les mots Atracia f^irgo (6).
On ne peut pas supposer qu'Ovide entend qu'elle est fille d'Atrax , on prouverait trop par-là. 11 faudrait aussi conclure qu'il a donné à Céneiis le. même père ^ mais il l'a fait fils d'Élatus , et il n'a point dit que Céneiis était frère de la mariée : omission impardonnable , s'il l'avait cru
imagine que
férer de là qu'il ait prétendu !« beau-frère de Pirithoiis,
parler d'un peuple ditïérent de Je crois qu'Apulée s'est i
celui quihabitaitla ville d'Atrax, le nom propre de la femme de Piri-
,., 1 ., . , rr>i 1- ^ , thous était Atracis-, car comme il
qu il attribue a la ihessalie (e). écrivait en prose , il ne l'eût pas ain-
Les confins des peuples et les di- si nommée , s'il eût su que ce mot-là
.*^* - Jl * A '^4-r.îf rrci^itn tcki-t i-^ti /-m iit-t/> iicrurj^
visions des provinces ont sou- n'était qu'un jeu ou qu'une figure
" ano-é Pt A\r><.\ \f TTvpinp poétique. Sic instar Atracis, dit-i"
ange, et amsi le même J" J^^^ (,isez e*) Pirithoï dispecta
qui appartenait en un disturbatœque nuptiœ. Béroalde a iorl
à l'Étolie , était censé bien compris qu'il s'agit là d'Hippo
canton
temps a
Thessalien en un autre temps.
La rivière Atrac , qui avait son
(a) Stepliao. Byzantin. , verbo' Aipa.^.
(b) Slralio , lib. IX , pag. 3o3.
(c) Steplian. Byzantin., l'erbo' ATpeL^.
(d) Pliuii Hisl. natur. , lib. IF, cap. II.
(e) Ibidem, cap. FUI.
(i) Ovidii Metamorph. , lib. XI f , cf. 209.
(2) Proies Elateia , ibid. , vs. 18g.
(3) \ntonini Libéral. Metamorph. , cap. XFIJ.
(4) Ovidii Amorum lib I, eleg. IF , vs. 7.
(5) Oïidius, Epist. HelensE , vs. 247-
(6) Valerii Flacci Argoa. , lib- /, vs. i4«.
(7) Apuleli Metamorph. , lii. IF, }>ag 3.«2 editionit anni 1G16.