De Thou , Liv. XLVT, pag
(e) De Thou , là méme.
(A) Ia... publié divers ouvrages.] Un Commentaire sur Vitruve, qui fut imprimé à Venise, l’an 1567. Za Prattica della Perspectiva , imprimée au même lieu, lan 1559, et l’an 1968 (1). Catena græcorum Patrum in quinquaginta psalmos , latinè versa.
Aubert-le-Mire (2) , M. Moréri, M. Teissier (3), Konig, Paul Freher (4),etc., lui donnent le Commentaire sur les cinq Voix de Porphyre , et le Commentaire sur la rhétorique d’Aristote , dont j'ai parlé dans Particle précédent : mais comme le premier des commentaires fut imprimé l’an 1542, et le second l’an 1544, il est visible qu'ils ne sont point la production de notre Daniel Barbarus, né l'an 1528 (5). Freher, par une bévue tout-à-fait étrange , a dit que notre Daniel Barbarus, mort l’an 1569 âgé de quarante ans, avait obtenu du Pape Innocent VIII auprès duquel il était ambassadeur de Venise, le patriarchat d’Aquilée (6).
(x) Vossius, de Scient. mathem. , pag. 355 ei pag. 425.
(2) De Scriptorib. sæculi XVI.
(3) Teissier, Addit. a M. de Thou, tom. I,
(4) Freheri Theatrum Viror. illustr. , pag.
(5) C'est selon MM. &e Thou et Vossius.
(6) Freher. Theatr. Viror. illustr., pag. 1465.
BARBE , femme de l’empereur Sigismond , était fille de Herman comte de Cilia dans la Hongrie.
Sigismond avait été pris par les Hongrois, et mis sous la garde de deux jeunes gentilshommes dont il avait fait mourir le père.
BARBE
Pendant qu'ils le gardaient, il persuada à leur mere de le laisser échapper. Ce ne fut point sans lui avoir fait bien des excuses de la mort de son mari, et bien des promesses, Il lui promit entre autres choses d’épouser la fille du
comte de Cilia, proche parent de
cette veuve, et 1l exécuta cette promesse (a). [l eut là une femme
des plus extraordinaires que l’on.
vit jamais. Elle n’avait nulle honte de sa vie débordée. Ge n’est pas en cela que consiste sa grande singularité; 1l n’y a eu que trop de princesses qui se sont mises au-dessus du qu’en dira-t-on, à l'égard de leurs impudicités. Ce qu'il y eut d’extraordinaire dans celle-là ce fut l’athéisme (A), chose qui n’a presque point d'exemple parmi les femmes. Elle ne croyait n1 paradis ni enfer (B), et se moquait des religieuses, qui renoncent aux plaisirs de la vie, et qui mortifient leur corps. Sigismond se trouva mal marié encore par d’autres endroits, car sa femme Barbe s’engagea dans des complots avec quelques grands seigneurs de Bohème, pour le chasser du royaume, et pour se procurer un autre mari. Ïl découvrit cette trame, et condamna l’impératrice à une prison perpétuelle. Quand il fut mort, on la mit en liberté (b); et comme elle songeait encore à se marier, quelqu’un lui représenta l'exemple de la tourterelle, qui demeure seule toute sa vie , lorsqu'elle perd son premier mari. Si vous avez, répondit-elle, à me proposer (a) Æneas Sylvius , ir Addition. ad Anton. Panormitam de Dhüictis et Factis Alplionsi, lib. IT, num. 44, pag. 60.
(b) Ex Matthiæ Theatro histor. ia Sigismundo, pag. 098.