BARLETTE
temps attendue comme un chef-d’œuvre.] « M. de la Barde nous prépare » une histoire latine, dans laquelle » nous devons avoir ou notre Salluste, » ou notre Virgile. » C’est ce que le père le Moine voulut bien apprendre au public, dans son Traité de lHistoire.
(C) ZL fit un livre de controverse contre l’opinion des protestans , touchant l'Eucharistie. | À propos de cela, je dirai ici qu'il s’appliqua plusieurs années avec beaucoup d’assiduité à examiner sur cette question le sentiment de quelques pères, et à composer un gros volume de profondes discussions :
mais, tout d’un coup, il lui monta dans la fantaisie d’abolir ce grand travail, de sorte qu’un beau matin il jeta au feu tout ce qu'il avait écrit là-dessus. C’est ce que j'ai oui dire à M. l'abbé de Brion, son petit-fils, chanoine de Notre-Dame de Paris.
(D) Joici ce que je veux ajouter à la remarque (C) de cet article. | Cela concerne son Traité de Controverse.
« Voici ce qu'il en écrit à un deses » amis, dans une lettre manuscrite, » datée de Soleure, du 3 de mars » 1665 : Libellum ad te de re seri& , » i1mO diviné mitto , quo tibi otii mei, » siculi prius negotit, ratio constet :
» in eo latinitatem nostram ne quæsi- » voris , quam de divinis scribendi at- » que disputandi genus vix patitur, » Son ami lui répondit quelque temps » après en ces termes : Restat ut de » Opusculo tuo Theologico gratias » agam : in hoc solitam elegantiam » tuam desideravi, neque verd tu ar- » gumenti severilatem excusa : quid » enim est tam contumax , quod nites- » cere, quid tam horridum , quod po- » liri amoænitate isté tu4 non possit ?
» sed nimirum ingeniis Helvetiis scri- » bebas. Cette réponse est datée du » 19 du même mois. On peut fixer par » ces passages l’époque du livre de » controverse à cetteannée 1663 (3). »
(3) Mémoire manuscrit de M. Lancelot.
BARLETTE( Gagri£L) , moine jacobin , se distingua vers la fin du XV*. siecle (A), par une manière de prècher beaucoup plus digne d’un farceur que d’un ministre de l'Évangile. Il était
né à Barlette (a), dans le royaume de Naples. Henri Étienne n’est pas le seul qui s’est récrié contre cette maniere de prêcher (è) , remplie d’une infinité d’explications basses , et tout-à-fait propres à inspirer du mépris pour nos plus augustes mystères : il s’est trouvé des catholiques romains qui n’ont pas épargné là-dessus Gabriel Barlette (B); et cela est beaucoup plus édifiant, et beaucoup plus glorieux aux Catholiques, que la peine que les dominicains se donnent de justifier ce prédicateur (C). Ses sermons furent imprimés à Venise l’an 1571, en deux volumes z#n-8°. *, On a mis dans le premier tome les sermons du caréme : l’autre volume contient les sermons de l’Avent, de la Pentecôte, de l’Ascension et des autres fêtes (c). Il était encore en vie lorsque les Turcs prirent Otrante, l’an 1480 (d).
Quelques-uns de ses amis l’ont voulu justifier, en disant qu'il n’est point l’auteur des sermons qui ont couru sous son nom (D).
(a) En latin Barulum.
(b) Voyez l’Apologie d'Hérodote, où l’on trouve quantité de morceaux de Barlette.
* Le père Échard, danssa Bibl. script. ord.
prædicatorum, ne cite point, dit Leclerc, d'édition antérieure à 1505; mais cette édition portant , Sermones recognili per, etc., il est à croire qu'il y a eu une édition antérieure. En effet, comme l'indique Joly dans ses Additions , D. Liron, au tome III de ses Singularités historiques , pag. 374 et suiv., cite une édition dont un volume ou une partie porte la date de 1502. L’épitre dédicatoire adressée par Benoît de Bresse à T. Cajetan, ne donnant aucune qualité à ce personnage, qui fut en 1500 procureur de son ordre, Liron en conclut que l'édition de 1502 n’est elle-même que la seconde, et que la première doit avoir été exécutée en Italie, de 1495 à 1500.
(c) Possevin, Appar. Sacri, £. I, p.610.
(d) Altamura , Bibliotheca ordinis prædicatorum, pag. 195.
(À) Ilse distingua vers la fin du XVe, siècle. | Altamura , dans sa Bibliothéque des Jacobins, place celuiei à l'an 1450 ; d’où paraît que Possevin ne s’est abusé que de deux cents ans. Gabriel Barletta, dit-il (1), IVeapolitani regni, Apulus , ordinis autem dominicani , theologus et concionator utilis , cum jfloreret anno 1250. Il ajoute que ses sermons furent imprimés plusieurs fois avant l’édition de Venise, de Pannée 1571.
(B) ZI s’est trouvé des catholiques romains qui ne l'ont pas épargné. ] Pierre de Vaucluse (2) a poussé vigoureusement Barlette, et lui a reproché nommément l’impertinence de sa réponse à la question, Comment la Samarilaine connut que Jésus - Christ était Juif ? Elle reconnut cela, ditil, à La circoncision. Il faut avouer ‘que ce critique n’a pas eu toute l’exactitude qui lui était nécessaire : car non-seulement il ne parle pas des deux autres marques auxquelles, selon Barlette, cette fenime reconnut que Jésus- Christ était Juif; mais il attribue aussi à Barlette d’avoir avancé qu’elle vit que Notre-Seigneur était circoncis ; or, il est certain que Bariette ne s’est pas exprimé de la sorte. Prima ad habitum quem portabat.…..; secunda quia Nazarœus in cujus capite novaculum non ascendit..….; lertia ratio ad circumcisionem : nullus alius populus erat circumocisus. Il ne servirait de rien à la justification de ce censeur de dire que l’on a pu inférer des paroles de Barlette ce qu’il lui impute; car ce qu’un homme dit ne doit jamais être confondu avec les conséquences qui peuvent naître de ce qu'il dit. Combien de choses échappe-t-il, non-seulement à un orateur, mais aussi à un auteur , dont il ne voit pas les conséquences les plus prochaines? Il est donc très-possible qu’en lui attribuant d’avoir dit ces conséquences, on lui impute ce à quoi ïl ne pensa Jamais. Il faut donc, si l’on veut critiquer exactement et de bonne foi, se prescrire cette règle :. Æc-
(x) Possevin, Apparatus Sacri, tom. I, folia 521, apud Altamur. , pag. 518. Cette faute ne se trouve point dans l'édition de Cologne , en 1607. On y voit pag. 610, cum floreret annp 147o,.
L À Valle clausô. C’est un nom de guerre sous lequel Théophile Raynaud s'est déguisé.